Surprise ! Voilà le chapitre six ! Condensé, préparez-vous, ça bouge sacrément ! Plein de choses se passent, en bref, l'histoire commence vraiment à partir de là.

Je n'ai pas eu beaucoup de reviews pour le chapitre précédent (enfin je publie sur deux sites, sur l'un j'en ai simplement eu deux..) bon j'étais un peu triste, mais surtout j'en ai besoin pour me guider dans l'écriture ! Même si l'histoire est prête dans ma tête, certaines choses changent lorsque vous me dîtes ce qui vous déplaît, ou mieux, ce que vous adorez ! Au passage je remercie encore ceux qui ont laissé leur petite trace en commentant :-)

Bref j'espère que vous ne serez pas trop déçus/bouleversés par l'action un peu omniprésente de ce chapitre. C'est un tournant de l'histoire !

Je n'en dis pas plus, bonne lecture à vous chers amis !

Chapitre Six

Où il est question d'un bar, d'une agression et d'une valise.

Aux lueurs chaudes du coucher de soleil, je marchais dans une des nombreuses rues fréquentées de Tokyo, haletante, tentant d'économiser le moindre mouvement. Dans quelques jours nous allions être en été, pourtant, le temps avait pris de l'avance. Depuis une semaine environ les températures étaient montées en flèche, si bien que nous étions proches de la canicule annoncée pour une grande partie de l'été. Je croisai mon reflet dans une vitrine et m'arrêtai un instant. Mes joues étaient en feu. J'avais tant bien que mal attaché mes cheveux trop courts pour une queue de cheval, et certains s'étaient glissés hors de mon élastique pour se coller à ma nuque, en sueur.

Bon sang, je ressemble à rien. Ou plutôt si, je ressemblais à une fille qui venait de courir un marathon en étant habillée pour sortir le soir. C'était un des rares débuts de soirée où j'acceptais de sortir avec Ino. Seulement histoire de faire passer le temps avant d'embaucher pour la nuit au combini. Mes vacances d'été commençaient tout juste, et je prenais mon service la nuit, désormais, de plus, aujourd'hui était exceptionnel puisque c'était un des rares jours où Ichiraku était absent, parti à la recherche de nouveaux produits dans les montagnes japonaises. Je pris une grande inspiration. En vérité, « pour le plaisir » ou « pour faire passer le temps » n'étaient pas les seules raison qui me poussaient à sortir ce soir.

Je sortis une bouteille d'eau de mon sac en jetant un dernier coup d'oeil à la vitrine. J'avais enfilé un débardeur fin, rouge et ample, que j'avais rentré dans un short haut noir. Ne voulant pas me fatiguer plus, j'avais désobéis aux conseils d'Ino en ne mettant pas mes chaussures ouvertes à talons mais les plates. Je soupirai, en repensant à la discussion téléphonique que j'avais eu avec elle un peu plus tôt.

J'étais avec mes deux meilleurs amis de la journée, mon ventilateur et mon verre d'eau, lorsqu'Ino m'appela. Je décrochai mollement, craignant le pire à cette heure tardive.

-Saki, tu ne peux pas ne pas venir avec moi ce soir.

Je levai les yeux au ciel en souriant.

-Si je peux, la preuve : je ne viens pas avec toi ce soir.

-Parfait, mais je te préviens, tu loupes ta chance de voir ton Sasuke !

J'avalai mon verre d'eau de travers avant de me mettre à rire.

-Tu ne sais plus quoi inventer pour me faire sortir ?

-Sauf que je ne rigole pas !

Mes sourcils se froncèrent.

-Qu'est ce que tu racontes ?

-J'ai sous mes yeux le journal et-

-Quoi, toi avec un journal ?

Elle se mit à rire.

-Non mais écoute, c'est Tenten qui m'a dit que ce soir il fallait sortir au Red bar.

C'était un bar branché de Tokyo, dans le quartier de Shibuya.

-Elle m'a dit, continua-t-elle, d'acheter le journal et que j'y verrai l'article dont elle parlait.

Je la laissai déblatérer puisque pour l'instant, il n'y avait rien qui m'intéressait dans ce qu'elle disait. Ou du moins, rien en lien avec Sasuke.

-Alors j'ai feuilleté, et là BAM, dans les pages tendances, une soirée spéciale au Red bar !

Je soupirai

-Oui, ils en font tout le temps. Ino où veux-tu en venir ?

-Mais le thème de cette soirée, Sakura !

Mon esprit tendit à faire un lien.

-C'est une soirée spéciale kendoka !

L'image de Sasuke en tenue traditionnelle noire illumina mon esprit.

-Ton Sasuke en fait, non ? Et c'est écrit « le fameux club de kendoka de Tokyo passera une chaude soirée au Red bar avant de partir à travers tout le Japon pour une saison de tournois » ainsi de suite ! Tu vois !

-Mais-

-Ne discute pas ! Tu es près de ton armoire, là ?

Et voilà comment j'en étais arrivée à porter ce short haut, moulant et noir qu'elle m'avait un jour forcé à acheter car j'avais des « jambes de rêve ». Elle avait réussi par téléphone à me faire enfiler ce large débardeur particulièrement décolleté, et rouge puisqu'elle qualifiait cette soirée de « brûlante ». Foutaises. Je repris ma marche, plus calmement après avoir également reprit ma respiration. Comme si cette soirée allait être placée sous le signe de la malchance, j'avais loupé le dernier train qui emmenait jusqu'à Shibuya, de peu, j'avais donc couru, transpiré, et marché sans m'arrêter, ce qui expliquait l'état lamentable dans lequel je me trouvais, ayant perdu tout possible sex appeal.

Je consultai l'heure sur mon portable puis décidai tout en continuant ma marche de m'éponger la nuque avec un mouchoir. Je poussai un lourd soupire et admirant le coucher de soleil percer à travers les grands buildings de Shibuya. Pour arriver à destination, je devais traverser un de ces gigantesques passages piéton que je détestais prendre, ayant l'impression de sortir en colonie et d'être étouffée par les autres.

Quelques minutes plus tard, je reconnu l'agitation habituelle de Shibuya qui s'était ajoutée à l'agitation habituelle autour des bars. J'étais arrivée. En prenant une grande inspiration, je revis le visage souriant de Sasuke lors de notre dernière rencontre au milieu du printemps. Qu'est ce qu'il me manque.. Je sortis mon portable de mon sac à main pour appeler Ino, elle répondit immédiatement. Mon cœur commençait à battre la chamade alors que je n'avais pas encore franchie l'entrée.

-Bouge pas Saki, je sors te rejoindre ! Il y a un monde fou.

-Je sais... répondis-je en raccrochant.

Plusieurs sentiments se mélangèrent en moi lorsque je vis la foule devant le bar, les gens se bousculaient pour entrer. En distinguant quelques filles plutôt bien habillées, je ne pus m'empêcher de penser que ce soir si Sasuke était vraiment là, j'aurais de la concurrence. Peut-être ne me reconnaîtrait-il pas, peut être que je découvrirais qu'il a une copine et peut-être même que-

-Sakura !

Ino couru vers moi en agitant le bras. En retrait derrière elle je vis Tenten à qui je fis un signe de la main. C'était une amie d'Ino que j'avais rencontré dès mes premiers jours à Tokyo. Elle était brune et avait la manie d'attacher ses cheveux en deux chignons enfantins. Elle avait aussi constamment des déboires sentimentaux et passait sa vie à les raconter à Ino, elles se complétaient bien sur ce point là. Mais alors qu'Ino elle, cherchait l'homme de sa vie, Tenten en avait un bien définit, qui s'appelait Neji. J'avais eu l'occasion de le voir une ou deux fois et contrairement aux goûts d'Ino, j'avais nettement préféré ceux de Tenten puisque ce garçon avait un certain charme. Un brun aux cheveux longs, du genre ténébreux qui ne parle pas et- bordel, comme Sasuke.

-Tu en as mit du temps, s'exclama Ino en me prenant dans ses bras, j'ai cru que tu ne viendrais jamais !

-Oui, j'ai loupé le dernier train désolée.

Tenten s'approcha et me fit une bise sur la joue.

-Ca fait longtemps, Sakura !

-Oui, soufflai-je dans un sourire.

Tenten était donc ce genre de fille dans une continuelle souffrance amoureuse. J'avais eu le malheur de lui demander pourquoi, un de ces rares soirs où je sortais dans les bars avec Ino. Saoule, elle m'avait expliqué d'une manière très floue qu'elle était follement amoureuse d'un même garçon depuis ses douze ans, qu'ils avaient longtemps suivit le même cursus et qu'il était froid, distant, ce genre de choses, qu'elle craquait quand même pour lui et qu'ils s'étaient déjà embrassés, des fois elle pensait qu'ils sortaient ensemble alors que non, et le reste, je ne l'avais pas compris. Juste un « mais je ne suis rien d'autre que sa meilleure amiiiie » qu'elle avait hurlé en pleurant. Peu après elle était partie vomir sur le trottoir d'à coté.

-Alors, prête ? Me demanda Ino dans un grand sourire.

J'eus un rire nerveux.

-Je te préviens, lança Tenten, il y a de sacré canons là-dedans !

Sasuke..

Il me manquait atrocement et avait creusé un trou béant dans ma poitrine, qui ne se refermait désormais que lorsque je le voyais.

-Allons-y ! S'exclama Ino

Je les observai un instant. Tenten avait gardé sa coiffure en chignons mais ceux-ci étaient ébouriffés et lui donnaient un air sauvage qui s'accordait avec sa courte robe kaki. Ino, fidèle à elle-même avait enfilé une jupe courte et moulante noire, qu'elle avait assortie d'un haut bleu marine largement ouvert dans le dos.

Je la rejoignis d'un pas pressé pour lui glisser à l'oreille « je te préviens, si Sasuke n'y est pas, je m'en vais ! » auquel elle répondit par un simple rire.

La température extérieure devait être de vingt-huit, et lorsque je rentrai dans le bar, une vague brûlante me souffla au visage, nous venions de passer au moins à trente-cinq degrés. La musique se fit plus forte, agressive, les lumière rouges, oranges, jaunes m'éblouissaient et j'avais le désagréable sentiment d'avoir déjà vécu cette scène autrement.

-On meurt de chaud ! M'exclamai-je aux filles.

-Les garçons sont là-bas ! Répondit Tenten.

Je compris bien vite qu'elles avaient déjà réservé une table lorsqu'elles s'assirent à cette dernière, qui donnait vue direct sur la grande tablée des garçons du kendoka. Ils étaient tous habillés de noir, certains étaient de dos et je tentai de reconnaître la coupe semi iroquoise de Sasuke. Je plissai les yeux pour faire abstraction de la désagréable luminosité. Soudain, Tenten m'agrippa le bras.

-Regarde, là-bas !

Mon cœur s'accéléra quand l'espace de quelques secondes je crus qu'elle me parlait du garçon pour qui je craquais et qui me manquait tant. Je suivis son doigt du regard mais au bout ne se trouvait pas Sasuke. Je lançai à Tenten un regard étonné.

-Mais regarde, c'est Neji !

Je poussai un lourd soupire, qui aurait pu être le plus bruyant du monde, personne ne l'aurait entendu. Oui ok, y'a ton mec qui n'est même pas vraiment le tien, mais est ce que tu sais à quel point je m'en fiche ?

Ino se mise à rire, un verre était soudainement apparu dans sa main. Je baissai la tête, un verre se trouvait sous mes yeux. Je n'avais vraiment aucune envie de boire.

-Qu'il est beauuuu, souligna Tenten.

Ma pauvre, si tu voyais Sasuke. Je bus une gorgée dans le simple but de me désaltérer, mais l'alcool me brûla juste la gorge. Je ne pus m'empêcher de jeter un coup d'oeil dans la direction du dieu vivant de Tenten. Je le vis de profil, un verre à la main, parler d'une façon neutre à un de ses amis. Il n'égalait certainement pas le charme de Sasuke, mais il en avait tout de même. Une fille s'approcha de lui en lui tendant un verre, souriante.

-C'est qui, cette grognasse ?!

Tenten venait de se lever de son tabouret. Ino la fit se rasseoir bien vite et je pus assister, amusée, à la scène d'un garçon froid et mystérieux qui rejette une fille. Le « Neji » en question fit un geste de la tête signifiant « non » et montra son verre, avant de tourner la tête vers son précédent interlocuteur et négliger de fond en comble cette fille naïve. Je me tournai vers mes amies.

-Tenten, demandai-je, pourquoi tu ne vas pas le voir ?

Elle me fixa, les yeux ronds. Puis soudain, comme pour me faire amèrement regretter mes paroles, elle s'effondra sur la table en pleurs. Une fois de plus, ma meilleure amie se pencha vers elle, et me fit un signe de la main voulant dire « tu es folle, pourquoi tu en parles ! » Très vite, entre des sanglots, j'entendis Tenten s'essouffler dans un « on s'est disputééééés » Et tout aussi vite, elle bu son verre cul sec. Sérieux.. Une peur incertaine s'empara de moi en imaginant qu'un jour je puisse devenir ce genre de fille avec Sasuke. Tout sauf ça.

Je me mis alors à scruter les garçons du club de kendoka. Beaucoup semblaient profiter de cette soirée pour draguer, certains avaient même ramené leurs armes de combat pour frimer. J'imaginais Sasuke adossé dans coin de la salle, un verre dans la main, l'autre dans sa poche, son sourire ravageur aux lèvres mais pour une autre fille que moi. Mon cœur se serra. Non, je ne deviendrai pas comme Tenten. Soudain, je sentis une goutte de sueur perler dans ma nuque. A croire qu'aujourd'hui, j'avais une facilité à transpirer de parties du corps qui ne transpirent habituellement que lorsqu'on fait un jogging. Bon sang, de l'air !

Je me penchais rapidement vers Ino pour lui crier un « je reviens ». Elle me lança un « n'en profite pas pour t'échapper ! » en continuant de consoler Tenten. Je me levai de mon tabouret, ayant dans les secondes auparavant essayé de m'imaginer un chemin que je devrais suivre pour être le moins embêtée jusqu'au bar. A ce moment là, je demanderai au barman où se trouvent les toilettes, où j'irai gentiment me rafraîchir. Allez, courage ! Je m'élançai. Un serveur failli me percuter avec son plateau pleins de shooters, et je dus même déranger un couple qui se bécotait puisqu'au moment où j'avais prévu mon itinéraire, ils ne s'embrassaient pas encore et c'était prévu que je passe entre eux. Je m'approchai dangereusement du coin du club de kendoka, et une odeur parfaitement virile s'empara de mes narines, à croire qu'ils étaient sponsorisés par la même marque de déodorant. Finalement, je pus rejoindre un coin de bar où il n'y avait personne.

Je poussai un lourd soupire en m'y accoudant. Rapidement, je regardai à ma droite, deux filles regardaient dans ma direction en se parlant. C'est quoi, leur problème ? Je distinguai de leur discussion un « il est vraiment beau, mais qu'est ce qu'il semble inaccessible ! », et un « il est seul, il ne s'ennuie pas ? »

mon sang se glaça au moment où je compris que ce n'était pas moi qu'elles regardaient mais bien une personne dans mon dos. Un garçon, seul, beau, semblant inaccessible. C'était Sasuke, j'en étais maintenant sûre. Il fallait que je me retourne en douceur, qu'il ne comprenne pas qu'il me manque, et que j'ai tous les jours plus envie d'être avec lui. Je pris une grande inspiration, pour regarder en face de moi, il n'y avait aucun barman, j'étais dans de beaux draps. Sans trop comprendre pourquoi et par une pulsion de mon inconscient, je tournai la tête vivement vers ce que je croyais être Sasuke.

Mon excitation retomba à plat aussitôt. Et je fus d'autant plus gênée lorsqu'après m'être rendue compte que ce n'était pas Sasuke, je réalisai que ma réaction avait été beaucoup trop brutale, je venais d'attirer l'attention de cet autre garçon seul, beau et inaccessible. Il tourna la tête vers moi, et me lança un regard qui disait simplement « quoi ? ». Rapidement, entre deux pics de gêne monstre, je réalisai en plus qu'il portait la tenue du club de kendoka. Je l'observai le plus vite possible avant de décider de tourner la tête tout aussi brutalement. Il avait les cheveux courts, et je ne savais pas si c'était la luminosité qui l'avait voulu mais sa chevelure semblait rouge. Ses yeux semblaient verts, un peu comme les miens, plus clairs ou plus foncés je ne savais pas trop, mais j'avais surtout noté le contour de ses yeux, noir. Ma vision périphérique était capable de dire qu'il avait une sorte de tatouage, semblant rouge lui aussi, sur le front. Ténébreux, je sais pas, mais effrayant, plutôt.

Alors que nos regards s'étaient brièvement croisés, j'avais juste eu l'impression de le déranger plus qu'autre chose. Était-ce possible de déranger quelqu'un juste en le regardant ? Mais mon corps tout entier fut brouillé par un sentiment douloureux. J'étais déçue. Sasuke n'était pas là, c'était maintenant évident, et cela me confortait dans mon idée qu'il me correspondait d'autant plus qu'il n'était pas du genre à sortir stupidement dans les bars pour suivre la tendance. Je soupirai, dépitée, en posant mon menton sur ma main.

Et si cette fois, je ne le revoyais vraiment pas ?

Lourdement, je sentie des présences se poster près de moi, tandis que le barman n'était toujours pas revenu. Une forte odeur d'alcool s'installa, et même si mon esprit me disait de ne pas le faire, mon visage pivota sur la gauche au même moment où des cris imbibés d'alcool retentirent. Deux garçons musclés venaient de s'affaler sur les épaules du garçon aux cheveux rouges à coté de moi.

-Cheeeef, cria l'un d'entre eux, pourquoi est ce que vous ne vous amusez pas !

L'idée que ce garçon, qui ne semblait pas si grand que ça, puisse être le « chef » du club de kendoka me sembla plutôt étrange et conforta l'idée, que je ne croyais pas vraiment, et selon laquelle il ne fallait jamais se fier aux apparences. Ce gars est chef du club de kendoka ? Il sembla profondément ennuyé par le taux d'alcoolémie de ses camarades et bu une gorgée de son verre. La même odeur de déodorant exagérément viril s'empara de mes narines, ce qui me fit tourner la tête vers ma droite en grimaçant. En rouvrant les yeux, ces derniers tombèrent face à face avec ceux des deux filles en admiration devant le garçon tatoué de gauche. Je rêve où elle me pulvérisent du regard ? Je fronçai les sourcils.

L'une avait les cheveux mi-longs châtains et tandis que l'autre les avait longs et bruns. Celle-ci prit la parole.

-Excuse-moi mais, tu ne commandes rien ?

La façon rabaissante dont elle avait posé sa question me fit froncer les sourcils un peu plus.

-Non, pourquoi ? Répondis-je.

Cette fois, la fille aux cheveux châtains s'abaissa vers moi pour répondre.

-Alors est ce que tu pourrais partir, dans ce cas ?

J'ouvris de grands yeux. Est ce que ça se faisait vraiment, de demander ce genre de choses ?

-Tu nous bloques la vue.

Elle avait pointé son doigt derrière moi. Je me retournai brièvement pour me rappeler que le « chef » du club de kendoka était accoudé à quelques centimètres de moi. Ce bar n'était en vérité qu'un refuge pour fans hystériques de beaux garçons. Je rougis en me rappelant les raisons qui m'avaient poussées à venir.

-Vous le connaissez ? Ne pus-je m'empêcher de demander.

Je vis sur leurs visages une lueur désabusée, comme si elles étaient décidées à me prendre de haut.

-Sérieux, tu ne le connais pas ?

La fille au carré se tapa même la paume contre son front. Je lâchai un simple « non » en les fusillant du regard.

-Non mais c'est Gaara ! LE garçon le plus beau sur terre !

Je fus incapable de retenir un rire. Même un garçon attirant me paraissait être pathétique face à Sasuke. Alors si on me parlait du plus beau garçon sur terre, je ne pouvais que penser à lui.

-Il n'est pas simplement beau, ajouta l'autre, il est aussi le plus doué de sa génération en kendoka! En plus, il est irrésistiblement ténébreux.

Je soupirai avant de tourner la tête à gauche, ce qui attira une deuxième fois le regard de ce « Gaara » vers le mien. Je n'eus pas le temps de capter ce que j'y voyais que je sentis alors quelque chose me prendre le poignet, brusquement je retournai le visage, le regard froncé. C'était encore une des deux filles, qui se montrait cette fois-ci violente.

-Maintenant, dégage ! Lança-t-elle.

Je me dégageai vivement de son emprise.

-Je n'ai pas d'ordre à recevoir d'une gamine hystérique !

Il est évident que je pétais complètement un plomb. J'avais chaud, je transpirais, Sasuke n'était pas là et me laissait dans un manque sans nom, je devenais susceptible en amour comme Tenten, et en plus de ça, une idiote avec un carré châtain commençait à me prendre sévèrement la tête.

-T'as dit quoi là ?!

Elle se releva de son tabouret, menaçante. J'en fis de même alors que je me surprenais moi-même à une telle agressivité. La véritable personne en moi faisait définitivement surface.

-J'ai dit que t'étais qu'une sale idiote hystérique pour un garçon inintéressant ! M'étais-je exclamée, pointant un doigt sur son nez.

-Qu- Sale pute !

Elle élança sa main droite vers mon visage. La différence entre elle et moi était qu'elle commençait à être complètement alcoolisée et que moi, j'étais sobre, juste totalement en colère. Je pus de justesse retenir sa main de violemment frapper ma joue, mais elle eut le reflex de lancer son deuxième poignet, qui alors que je venais de la pousser en arrière, pu atteindre ma joue qu'elle griffa d'un coup, jusqu'au sang.

-Connasse ! S'écria-t-elle.

Elle était plus petite que moi, visiblement complètement saoule et la rage grandissait sur son visage alors que je venais de la repousser une seconde fois et qu'elle manqua de tomber en perdant l'équilibre. Sale tête brûlée.

-Baisse d'un ton, répondis-je.

Elle voulu s'élancer vers moi une seconde fois mais je fus plus rapide qu'elle, je pris son verre d'alcool tout juste rempli et lui lançai au visage. Elle ouvrit grand la bouche, ayant l'air de ne pas avoir réalisé ce que je venais de lui faire. Son amie s'écria un « ooh ! » Mais recula, comme effrayée par moi.

-Putain mais c'est quoi ton problème pour agir comme ça, s'époumona-t-elle, t'es mal baisée ou quoi ?! En même temps vu comment t'as l'air coincée, ça m'étonnerait pas que t'ai jamais connu un gars !

Mon cœur se serra, et une pulsion élança mon bras vers elle, au moment même où elle prenait elle aussi de l'élan pour me frapper. Soudain une force nous stoppa toutes les deux. Et une partie de la salle fut brusquement silencieuse. Pour la deuxième fois, on venait de me bloquer le poignet, je me dégageai avant de regarder qui venait de nous interrompre. Le garçon de tout à l'heure, « Gaara » s'était interposé et nous regarda l'une après l'autre. A la différence que la fille en face se sentit atrocement mal à l'aise et que moi, ma colère ne voulait pas redescendre.

-Gaara !cette salope elle-

-Stop.

Sa voix était douce mais concentrait une force phénoménale et très influente, qui fit reculer une partie de ma colère aussitôt.

-Se battre ici est inutile, ajouta-t-il.

Pourquoi, se battre ailleurs c'est mieux ? Cette soirée s'annonçait des plus mauvaise, même si je n'allais la passer qu'au combini. L'idiote aux cheveux châtains me lança un regard meurtrier, que je pris de haut, chose que je n'avais pas l'habitude de faire mais qui eut l'air de faire son effet.

-De toute façon, ajoutai-je, je n'ai rien à faire ici.

Je pris mon sac d'une main serrée, avant de me dégager de cette situation inutile. La silence régnait d'une façon désagréable et au fur et à mesure que j'avançais, les gens se poussaient pour me laisser passer et pour que je puisse sortir de cet endroit. J'entendis la voix d'Ino s'écrier un « Sakura ! » auquel je répondis un « laisse tomber, je t'appelle » sans me retourner, et qu'elle pu entendre grâce à ce silence toujours présent.

D'une façon tout à fait désagréable, je remarquai alors que la chaleur à l'intérieur du bar était désormais la même que celle de l'extérieur. Bordel. Je poussai un violent soupire, une brise rassurante pu me rafraîchir, mais ce ne fut pas suffisant. La nuit commençait à tomber, ce que je réalisai au même instant que je réalisai la forte douleur de ma joue. A la première vitrine je m'arrêtai pour regarder mon reflet, flou. Ce que j'y vu était loin d'être esthétique, une griffure en sang qui partait en diagonale de ma joue. Elle me brûlait, et la chaleur n'arrangeait rien.

Respire, Sakura. Il fallait que je me calme. Si seulement Sasuke avait été là, rien n'aurait été pareil.

Je me remis à marcher en tentant de stabiliser ma respiration. « Putain mais c'est quoi ton problème pour agir comme ça, t'es mal baisée ou quoi ?! En même temps vu comment t'as l'air coincée, ça m'étonnerait pas que t'ai jamais connu un gars ! » Je tentai d'effacer cette phrase de ma mémoire mais c'était impossible. C'est comme si cette idiote avait lu sur mon visage tout ce qu'elle venait de dire. Alors comme ça j'ai l'air coincée ? Je voulu me rassurer en me disant que j'étais toujours mieux qu'elle qui se contentait de baver devant le moindre agissement d'un garçon, mais dans un douloureux pincement au cœur, je réalisai que je n'étais en définitive pas mieux. Qu'était devenue ma vie ? Avant, elle était monotone, les jours se ressemblaient tous, je n'avais rencontré personne, ou du moins pas de garçon, et tout avait basculé lorsque j'avais découvert l'existence de Sasuke.

Cet imbécile. Je me sentais incapable face à mes sentiments, dépendante. Qu'avait-il fait de ma vie ?

Je vis alors une entrée de bar devant laquel une masse de gens étaient agglutinés, similairement à l'entrée du Red bar. Non, pas encore ! Les lumières s'allumèrent au moment où le soleil disparu derrière les immeubles et que le ciel devenait sombre. La chaleur redescendit quelque peu et mon esprit décida seul d'emprunter une ruelle sombre pour éviter la masse de gens. Je commençais à connaître Tokyo, et je venais de rentrer dans le périmètre d'un kilomètre carré que je connaissais bien. A l'instant où je franchis l'entrée de cette ruelle sombre, un sentiment d'insécurité s'empara de moi. Ca va, Sakura, il y a que dans les films que ça arrive les agressions dans les ruelles sombres.

Je pris mon inspiration et me mis à marcher plus vite. Quelle idée de porter un short haut et court avec un décolleté ? Bon sang ! Je vis à quelques mètres devant moi deux silhouettes, plutôt masculines, adossés chacun sur un mur, face à face. Qu'est ce que je fous là?Vite Sakura, fais demi-tour ! Mon cœur s'accéléra mais alors que je vis les deux garçons qui m'avaient repéré me regarder, ma fierté voulu que mon regard soit fixe au loin et que je ne m'arrête pas, que je ne perde pas la face et que je range ma peur. Après tout, j'avais bien tenu tête à une gamine et avait commencé à me contre elle, ces deux-là ne devaient être que deux garçons qui cherchaient un peu de fraîcheur. Ou des gars qui dealent et qui vont te poursuivre de peur que tu les dénonces. Mon cœur battait douloureusement vite au moment où je passais entre eux. Je n'avais jamais autant regretté d'être une fille et d'avoir essayé de me mettre en valeur ce soir. Une aura particulièrement négative s'était dégagée, mais ce fut rapide, et je poussai un soupire de soulagement en n'entendant pas de réaction.

Ce fut cependant de courte durée. Un sifflement parvint à mes oreilles. « Hey ! Plutôt pas mal ! »

Mon sang se glaça. Mes jambes commencèrent à trembler, alors même que je tentai de marcher plus vite. Je n'entendais plus que le bruit de mon cœur battre dans mes tempes. Ils se mirent à rire, leurs rires me parurent lointain, était-ce parce que je n'entendais que mon rythme cardiaque ou parce qu'il s'étaient arrêtés ? Je priai que ça soit la seconde option . Mais ma chance semblait m'avoir quitté pour toujours, puisqu'après avoir entendu des pas qui me suivaient, une seconde voix masculine résonna. La ruelle semblait interminable.

« Fais pas ta timide, voyons ! » D'autres rires. « On va pas te faire de mal, au contraire !»

Des frissons me parcoururent le corps, j'allai me mettre à pleurer au moment où je sentais l'adrénaline se déverser dans mes veines. Je n'avais jamais eu de rapports sexuels, et je préférais ne jamais en avoir plutôt que d'être touchée par l'un de ces garçons dont je n'avais même pas vu le visage nettement. Je me mis à marcher plus vite, la sortie de la ruelle n'était plus loin et bientôt j'allais retrouver l'agitation de Tokyo que j'apprécierai certainement pour la première fois. Plus vite, plus vite !

Haletante, j'arrivai à la sortie de la ruelle, je n'étais plus loin du combini. Je n'osai cependant pas me retourner pour voir si ils me suivaient toujours, si je m'arrêtais, je tomberais sous mes tremblements. L'agitation qui m'avait l'espace de quelques instants tant manquée m'entoura de nouveau, mais mon cœur ne voulait pas se calmer. Plus jamais je ne passerais dans une ruelle. C'est presque en courant que j'avais atteint la porte d'entrée du combini, et surtout en larmes. Je ne me retournai pas un instant et m'arrêtai seulement à la caisse, essoufflée, séchant mes larmes pour qu'Ayame ne les trahisse pas.

-Mon Dieu Sakura ! Ta joue !

J'en avais oublié ce bout de soirée catastrophique. Je tentai de reprendre ma respiration, en sueur.

-Mais qu'est ce qu'il se passe, tu as couru ?

Elle se pencha vers moi avant de sortir de son sac un paquet de mouchoir, en prendre un et me tamponner le front avec. Elle se mit à me regarder avec insistance, sans rien comprendre.

-Non, rien, je te raconterai, soufflai-je.

Elle soupira en passant son avant-bras sur son front et me regarda avec un air de pitié alors que j'attrapai un élastique qui traînait pour vainement attacher mes cheveux que j'avais détaché avant de rentrer dans le bar.

-Je vais monter me rafraîchir avant de prendre mon service, finis-je par annoncer.

Je me redressai, essayant de contrôler mon rythme cardiaque qui n'arrivait, lui, pas à cacher son traumatisme d'avoir failli passer à la casserole.

-Euh, marmonna Ayame.

Je me stoppai pour me retourner vers elle, je n'aimais vraiment pas ce « euh » qui sortait de sa bouche. Je la vis rougir.

-En fait, tu tombais particulièrement à pic...

J'analysai rapidement la situation, son sac était inhabituellement posé sur le comptoir, non, elle n'allait quand même pas en profiter pour...

-J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle, ahah...

Son rire trahit sa nervosité. Je soupirai profondément en lui lançant un regard désabusé. Elle soupira à son tour.

-J'ai eu mon père au téléphone, il a trop peur pour nous et préfère qu'on ferme le combini pour la nuit.

J'avais donc rangé cette annonce dans la catégorie « bonne nouvelle » puisqu'elle écourtait cette folle et atroce soirée que j'avais passé.

-Cependant..

Son regard devint fuyant.

-Pourrais-tu me rendre un service ? Un grand service ?

Sa façon abusive d'appuyer sur le « grand » me fit soupirer une nouvelle fois.

-Oui ? Répondis-je finalement.

Son visage s'illumina.

-En fait, j'avais un important rendez-vous que j'ai été obligée d'annuler.. Il ne reste plus que deux heures à tenir le combini, pourrais-tu t'en charger ?

Nonnnn je veux juste rentrer et prendre un bon bain, là ! Je ne pus m'empêcher d'imaginer un visage d'homme avec femme et famille sur ce « rendez-vous ». Je soupirai violemment. Elle venait de prendre son sac en main, je n'avais pas le choix. J'avais deux heures à tenir ici, toujours dans ces fringues, toujours en ayant chaud. Elle posa sa main sur mon épaule, j'eus un sursaut.

-Merci Sakura, je te revaudrai ça !

Je lui fis un faible signe de la main en la voyant partir. Je savais qu'elle ne me le revaudrait pas, Ayame était comme ça. Je passai ma main sur ma joue au moment où je ne vis plus ma collègue. C'était douloureux, et je ne pouvais pas enlever le sang, en rentrant chez moi, dans ma salle de bain. J'allais avoir l'air d'une pauvre fille qui n'a rien à faire à la caisse d'un combini.

Une heure et demi passa, j'avais toujours les mêmes habits. Un seul client était passé et n'avait rien acheté. J'avais chaud et mon cœur ne voulait pas se remettre à battre normalement. J'avais observé la nuit tomber et maintenant qu'il faisait noir, j'étais telle une petite fille livrée à elle même face aux monstres de sous son lit, la nuit.

Je passai doucement ma main sur mon front, il suait malgré la climatisation, le stress agissait sur mon corps comme une longue promenade de plusieurs heures sans s'arrêter. Je pris mon portable, Ino avait essayé de me joindre plusieurs fois, mais je n'avais le courage de rien faire , surtout pas de la rappeler. Je frissonnais encore à l'idée que ces deux possibles agresseurs m'aient peut être suivi. Je me mit à ronger un de mes ongles en regardant dehors, chose que je ne faisais jamais. Et si il m'arrivait quelque chose ? Qui pourrais-je prévenir ? Ayame ne répondait jamais aux appels dans la minute, Ichiraku était trop loin, Ino probablement saoule...

Une vague de panique s'empara de moi. Comme si cela pouvait me rassurer, les mains tremblantes, j'allai dans le répertoire de mon portable.

S, S... Sasuke, Uchiha Sasuke.

J'avais toujours son numéro, mon cœur s'apaisa. Je revis son expression si douce de la dernière fois, c'était il y a tellement longtemps... Ma poitrine me fit souffrir, mon souffle s'accéléra et devint irrégulier.

Putain.

Une larme perla le long de ma joue à toute vitesse. Je m'empressai de l'essuyer, mais d'autres arrivèrent, tombant de mes cils après s'être accumulées aux coins de mes yeux, alors que je ne voulais pas me laisser à pleurer pour un garçon, pour ce garçon, cet idiot qui me manquait.

Doucement, je repris mon calme, en fixant son numéro. J'avais la possibilité de le joindre, je suis sûre qu'il le savait. Je ne savais pas si il l'avait fait exprès, non, Sakura, arrête de délirer à la fin ! Mais même si ça n'avait pas été volontaire, j'avais la possibilité de forcer le destin. J'avais juste à appuyer sur ce bouton vert en signe de téléphone, et en quelques secondes sa voix atteindrait mes oreilles.

J'allais le faire.

NON ! Idiote !

Je me pris la tête entre mes mains, voilà que maintenant, je me battais avec moi même. Cela ne servirait à rien de l'appeler, je n'aurais rien à lui dire. Mais je ne pus m'empêcher de laisser mon portable allumé sur ce contact, sur son numéro.D'un soupire je m'approchai de l'entrée, cela ne coûterait rien au combini si il fermait quelques minutes plus tôt que prévu ? J'observai les alentours, pour voir si de possible clients approchaient. Je fus étonnée de ne voir personne, la ville était déserte, à croire qu'ils étaient tous allé au Red bar comme l'imbécile de tout à l'heure. Je sortis dans la rue et me mis face à la porte après avoir actionné un bouton qui ferait descendre lentement le store en fer. Celui-ci n'était presque jamais descendu, puisque le combini était constamment ouvert. C'est pourquoi après dix centimètres il se bloqua, rouillé, me forçant à aller chercher une perche, ce que je fis.

Je le descendis un peu plus à la force de mes bras, puis alors qu'il était à la moitié, je me rendis compte que je n'avais pas sorti les poubelles.

-Quelle conne, soufflai-je. Décidément...

Je pris dans l'arrière boutique deux gros sacs poubelles noirs, lourds, que je devais sortir dans la mini cours, pour qu'Ayame avant de prendre son service, les mette dans la rue au moment où les éboueurs passent. C'était une technique de dernière minute pour ne pas que les poubelles « indisposent les clients ». Aussi devait-on laisser le moins de temps possible la caisse sans surveillance, les sortir plus tôt était fatalement indispensable.

Je me baissai en sortant du combini, j'avais trois mètres à faire. Je regardai si il n'y avait toujours personne susceptible de voler dans la caisse, puis en voyant que la rue était toujours vide, je sortis rapidement. Le coin de la cours intérieur était toujours très sombre, ce qui fit accélérer mon rythme cardiaque.

Je déposai les sacs l'un à coté de l'autre avant de me relever et de passer mon avant-bras sur mon front en soufflant lourdement. Je n'avais plus qu'à ranger la caisse, fermer le combini et monter me coucher tranqui-

-C'est gentil de nous avoir attendu, ma jolie.

Soudain, alors que ma vision ne s'était pas encore adaptée à la nuit, je sentis une main serrer et tirer mon poignet violemment, immédiatement tout se rattacha dans mon esprit et alors que la panique coulait à flot dans mes veines, je compris qu'on m'avait suivit. Je tentais de me débattre alors qu'une deuxième main attrapa mon autre bras. Une odeur désagréablement masculine s'empara de mes narines, mon cœur allait exploser alors que je reconnu la voix d'un des deux garçons qui m'avaient suivis tout à l'heure. « Ooh, on se calme poupée, ne me force pas à devenir violent ! »

Un cri sortit de ma gorge alors que je tentai avec toute ma force de me dégager une dernière fois tandis que pour mieux me contrôler il collait mon corps au sien. Je m'élançai en lui donnant un coup de pied dans ce que j'espérais être ses bijoux de famille. Alors que je sentais mes membres s'endolorirent les uns après les autres, mon corps entier s'écroula au sol tant j'avais pris de l'élan, mais j'étais enfin libérée.

-Qu-Salope !

Il s'écroula lui aussi.

Mes yeux se remplirent de larmes alors que mon corps tentait de se relever pour être plus rapide que mon agresseur et pouvoir lui échapper. Une puissance incertaine se dispersa dans mon corps et avec une détente que je ne me connaissais pas je poussai sur mes jambes pour me relever et partir en courant. En quelques secondes, chancelante, j'arrivai devant l'entrée du combini, la vision troublée, je me pris le rideau de fer en plein front mais m'empêchai de tomber grâce à cette même volonté. Durant ce laps de temps très court, je ne fis pas attention à ce qui était autour de moi, tout mon corps me faisait mal, mon cœur battait douloureusement et mon instinct de survie surpassait le reste.

J'entendis mon agresseur pousser des grognements de douleur.

-Je vais te coincer contre un mur, tu vas passer un sale quart d'heure !

Mais alors que je venais de réussir à rentrer, je me concentrai seulement sur mon objectif. Je le voyais, il était là, sur le comptoir. Mon portable, le numéro de Sasuke, il fallait que je l'appelle, la rue était déserte, j'étais seule, sur le point de me faire violer, tabasser, peut être même tuer. J'éclatais en sanglots, paniquée, en arrivant au comptoir, je jetai un bref coup d'oeil derrière moi, d'une main tremblante j'attrapai le portable avant de m'accroupir derrière le meuble dans l'espoir de me cacher. Je vis faiblement le nom de Sasuke, et aussi vite j'appuyai sur la touche verte. Il était ma seule chance. Je collai l'objet à mon oreille, tentant de faire cesser mes sanglots pour qu'il me comprenne si il décrochait. Je me surpris à prier, chose que je n'avais jamais fait. Les deux « bips » qui suivirent mon action furent les plus longs de mon existence, se mélangeant d'une manière parfaite à l'écho de mon rythme cardiaque.

-Sasuke, Sasuke, Sasuke... Soufflai-je, paniquée.

Après la quatrième sonnerie, au moment où j'imaginais passer à la casserole par ce garçon qui me rattraperai à un moment ou un autre, j'entendis un bruit, la chance me souriait, il décrocha.

-Oui ?

J'éclatais en sanglot une nouvelle fois, l'émotion me prenait à la gorge.

-Sasuke, Sasuke ! aide moi, viens, vite ! m'écriais-je.

Soudain, et dans une brutalité intense, je me fis de nouveau tirer violemment par le bras, j'étais juste auparavant accroupie face à l'entrée, je compris vite que la personne qui venait de violemment me soulever était l'autre agresseur, le deuxième garçon de la ruelle sombre. Mon portable tomba au sol.

-SASUKE ! AU SECOURS !

Au moment où ces derniers mots sortirent de ma bouche, mon ravisseur me projeta contre le mur en me lançant un « ferme-la ! » et je le vis prendre mon portable pour le jeter dans la boutique, il s'explosa au sol. J'essayai de m'échapper, en criant, vite je me rendis compte que cela serait inutile, et une autre vague de panique m'étouffa lorsque je réalisai que mon front saignait abondamment. Je vivais un cauchemar, dont je ne me réveillerai sûrement jamais. L'homme réussit à me rattraper. Lorsque j'essayai de pousser un cri de détresse une seconde fois, il plaqua sa main contre ma bouche. Son ami le rejoint bien vite, alors qu'il me menaçait avec un couteau.

-Elle s'agite beaucoup cette salope, tu trouves pas ? Lança le premier.

-Si elle crie une nouvelle fois, je l'égorge, répondit le deuxième.

Mes larmes coulaient sans cesse de mes yeux, pleurer était maintenant la dernière chose que je pouvais faire. Le premier garçon sortit un bout de tissu de sa poche, il me bâillonna avec ce dernier, m'attacha durement les poignets ensemble et derrière mon dos, puis ils me forcèrent à m'asseoir contre un mur. Mon seul espoir était maintenant qu'ils aient décidé de ne pas me violer dans l'immédiat.

-Oh, Dosu, on fait quoi, maintenant ? Demanda le premier agresseur, en me regardant. J'aurais bien une idée... Continua-t-il, le regard sur ma poitrine.

Le regard trouble, je vis le second agresseur, « Dosu » tourner dans le combini, son long couteau en main, une partie de son visage caché par des bandes blanches. Il éteignit la lumière principale, je compris vite que c'était pour que personne n'ait en tête de rentrer. Il me regarda, les bras ballants, et pencha la tête. Il était effrayant, et semblait moins humain que l'autre, c'était la tête pensante. Il se mit accroupie en face de moi, bien trop près, j'étais répugnée, si ça continuait j'allais vomir. Je lui lançai un regard meurtrier qui le fit rire.

-Tu vas nous ouvrir la caisse, le coffre, et nous prendrons tout ce qui a de la valeur.

Il releva mon menton avec un de ses doigts sales, je tournis la tête violemment dans un sens pour ne pas avoir à lui faire face. D'autres larmes glissèrent sur mon visage, se mélangeant au sang de mon front qui avait lui aussi coulé. Il mit son couteau son mon menton, qui toucha la peau de mon cou et il pencha la tête de nouveau, me fixant, sans émotion.

-Tu n'as pas l'air de comprendre l'enjeu.. C'est l'argent, ou ta vie. Souffla-t-il

-Ooh, on va pas la tuer, quand même ? Demanda l'autre.

-La ferme, Zaku, si il le faut, on l'égorge.

Mon corps se remit à trembler, rapidement, je jetai un coup d'oeil à ce qui restait de mon portable. Il se mit à rire d'une manière diaboliquement cruelle.

-Tu ne crois quand même pas qu'il va venir.. rigola-t-il.

Sa phrase déclencha un autre flot de larme, celles-ci étaient haineuses. Il se releva.

-Dépêchons-nous.

Je le vis se diriger vers la caisse et faire un signe à « Zaku » qui se ramena immédiatement vers moi et me releva brutalement en me tirant d'un bras. Mon corps entier me faisait souffrir. Toujours en me tenant le bras, il m'approcha vers la caisse, et me poussa sur cette dernière avant de détacher la prise de mes poignets.

-Ouvre-la, ordonna le premier.

Je tentai de me débattre, de crier, mais cela ne servait à rien. Il me secoua, comme si cela allait y faire quelque chose.

-OUVRE, il a dit !

Je tentai de me débattre une nouvelle fois, mais celui appelé « Dosu » pointa sa lame sur mon cou une nouvelle fois, ce qui me stoppa immédiatement, il exerça une pression et s'arrêta avant que la lame ne déchire ma peau.

-Tu es plutôt têtue.. Mais moi aussi.

Il se retira avant de faire quelque pas vers l'arrière boutique, où se trouvait le coffre. Je ne connaissais pas le code, ils ne me croiraient pas, j'allai y passer.

-Zaku, tiens la tranquille le temps qu'elle décide de son sors, je vais récupérer ce qu'il y a de précieux ici.

Sans que j'ai le temps de sauter sur l'occasion, le premier agresseur saisit de nouveau mes poignets pour les attacher. Un sourire vicieux se dessina sur son visage, avant qu'il ne me plaque brusquement contre le mur. J'essayai de crier à travers mon bâillon, mais un son audible seulement par lui sortit. C'était inutile, ses intentions étaient claires. Mais je ne pus m'empêcher de continuer à crier et je tentai de lancer ma jambe comme la première fois, geste qu'il réussit à intercepter.

-Non, pas cette fois, tu es coincée.. souffla-t-il.

Je regrettai une fois de plus amèrement ma tenue, même si la sueur l'avait recouverte, elle ne le motivait que plus dans ses intentions de me violer. Il m'attrapa le menton et tapa ma tête contre le mur pour m'immobiliser, et au même moment, je sentie sa main remonter le long de ma cuisse alors qu'il venait de coller son corps au mien. Le dégoût me fit crier une fois de plus, j'étais déchirée de l'intérieur, et j'allais l'être de l'extérieur. Il agrippa mes fesses d'une manière douloureuse alors que je tentai vainement de le frapper, et sa main sale, ses doigts répugnants remontèrent jusqu'à ma poitrine. Non, non, nonnnnnn

Alors que je n'entendais plus que mon coeur battre douloureusement dans mes tempes et que mon corps était en train d'être salît par un moins que rien, une force immense retira mon agresseur de contre moi. Mes jambes chancelèrent, je glissai contre le mur pour tomber au sol, à bout de force.

Mes yeux se remplirent de larmes, lorsque toujours aussi violemment, je vis Sasuke attraper mon agresseur et le plaquer sur le mur non loin de moi. « Zaku » poussa un cri de surprise et bientôt de douleur, il était incapable de faire le moindre mouvement, Sasuke le maintenait avec précision et force. Il le retourna pour le plaquer face au mur et dos à lui.

Il souffla un « espèce d'enfoiré » plein de haine, et alors que ma vision se troublait de larmes, je distinguai mon sauveur prendre les deux bras de l'homme, les rejoindre, et alors que ce dernier commençait à crier d'une souffrance de plus en plus forte, Sasuke tira vers lui d'un grand coup et un bruit, un craquement fort et sourd résonna. L'agresseur poussa un cri déchirant, strident, avant de s'écrouler au sol, inconscient. Je vis à toute vitesse « Dosu » essayer de se faufiler par surprise, pointant son arme blanche.

-S-Sasuke ! M'écriai-je, la voix tremblante.

Avant que je n'ai prononcé la dernière syllabe, Sasuke avait basculé sur le coté, s'était saisi de l'arme blanche et l'avait retourné contre le garçon qui tomba au sol. Il poussa un cri de frayeur, avant de tendre les bras en signe de paix.

-J-je ne voulais rien à la fille !

Sasuke n'entendit rien, il se baissa sur lui et après l'avoir attrapé par le col, il colla son arme contre son cou.

Il allait trop loin. Il fallait que je l'arrête, il allait le tuer, un meurtre au combini après un deuxième braquage raté, c'était la fin pour Ichiraku, et il ne fallait pas que ça arrive. Je tentai de me relever, même si mes jambes ne répondaient qu'à moitié. Je me dirigeai vers lui, il se retourna brusquement alors que je m'appuyai au comptoir pour ne pas tomber.

-A-arrête.. soufflai-je, pleurant.

Il fronça les sourcils violemment.

-Ne te mêle pas de ça.

-T-tu ne peux pas le tuer, je t'en prie, écoute-moi Sasuke je-

Je me stoppai dans ma phrase immédiatement en voyant que Dosu s'élançait. Il profita de ce moment d'inattention pour voler l'arme de Sasuke, ce que ce dernier ne compris qu'en perdant le couteau. Il allait le poignarder, je l'avais vu dans ses yeux comme un éclair, il allait tuer Sasuke, je ne pouvais pas le laisser faire. Je criai un « Sasuke ! » avant de m'élancer à mon tour, sans comprendre, pour protéger le garçon que j'aimais. Je le poussai, prit sa place en criant, en pleurant.

Il y eut un silence.

-Sakura !

Sasuke, à terre, écarquilla les yeux, sa bouche s'entrouvrit et il fixait mon ventre. Au moment où je compris que son regard ne regardait pas mes yeux, une douleur déchirante s'empara de mon abdomen. Je baissa doucement la tête, par peur de tomber face à ce que je ne voulais pas voir. Mon corps se vida de toutes ses forces, à la vitesse à laquelle mon sang coulait hors de la plaie, je n'eus plus la force de résister, mes yeux se fermèrent, je n'entendis plus aucun son, je ne sentis plus la douleur, je ne sentis plus rien.

–-

« il lui faut du repos, maintenant », « êtes-vous un proche ? », « elle va s'en sortir, oui, elle devrait se réveiller bientôt »

Cette fois m'était inconnue, elle s'était ajoutée au noir total qui m'entourait. Un bruit de porte me fit comprendre que mon oreilles étaient en lien avec la réalité, que je n'étais qu'à un contact du monde réel, que je n'étais pas morte, même si cette douleur dans ton mon corps, centrée sur mon ventre, me faisait penser le contraire.

J'entendis une respiration. Était-ce la mienne ? Non, je me sentais respirer, et ce n'était pas le même rythme. Quelqu'un était donc près de moi ? Mon cœur s'accéléra, je pouvais le sentir, j'étais maintenant certaine d'être en vie. Il fallait que j'ouvre les yeux, que je vois, que je vive.

Ma volonté me fit ouvrir les yeux. Le contact avec la réalité fut violent, douloureux, beaucoup trop vif, mes yeux furent brûlés par la lumière du jour. La respiration près de moi était maintenant nette. Je me poussai à tourner la tête, malgré mon mal au crâne, j'avais enfin réussi à ouvrir les yeux en grands.

La surprise fut de taille. Je découvris un décors de chambre d'hôpital, sous mes yeux, mais surtout je vis Sasuke, assis sur une chaise en bois, les bras croisés. Son regard croisa la mien, j'y vis la surprise, mais il resta impassible en même temps, il ne montrait pas ses émotions. Il poussa un lourd soupire et ses lèvres s'étirèrent légèrement, était-il content ?

-Enfin réveillée, souffla-t-il en me regardant.

J'hochai la tête, souriante, en guise de réponse. Il était enfin près de moi, nous étions seuls, calmes, il n'avait pas disparu dans la nature comme d'habitude. Mon cœur était comblé.

Doucement, regardant autour de moi je revécus la scène avec les agresseurs. Je revoyais l'autre commencer à me toucher, Sasuke l'arracher de moi, lui briser les bras, être à deux doigts de tuer l'autre agresseur, puis à deux doigts de se faire tuer, je me revois courir, le pousser, il tombe, je prends le coup à sa place, je saigne, je souffre, je tombe, je suis inconsciente.

Les larmes envahirent mes yeux de nouveau. C'était un véritable cauchemar.

-Tu ne vas pas recommencer.

Sasuke était toujours assis et me regardait, calme.

-Si..bafouillai-je, si tu n'avais pas été là je-

-On s'en fiche.

Il regarda par la fenêtre. Il n'avait pas envie d'en parler.

-Tu as des points de sutures, reprit-il, tu vas devoir rester ici au moins une semaine.

Je séchai mes larmes, mon bras était douloureux.

Sasuke était mon sauveur.

-Merci.. Soufflai-je.

Il ne répondit rien, un silence s'installa, il n'était étrangement pas gênant, il était agréable, j'avais envie de rester comme ça, avec lui près de moi encore de longues heures.

Une infirmière arriva bien vite, m'expliqua l'intervention que j'avais subis, que Sasuke avait appelé une ambulance vers minuit et demi, qu'il était onze heures du matin et que la police était sur les lieux. Elle ajouta un « vos proches attendent à l'extérieur, les visites sont normalement interdites. » Elle lança un regard à Sasuke qui fronça les sourcils.

-Nous avons accepté qu'il reste et-

-Je vais partir, de toute manière, coupa-t-il.

Un silence apparu une fois de plus avant que l'infirmière ne reprenne, je ne l'écoutais que d'une oreille, j'étais trop occupée à fixer ma couverture et à penser que je ne voulais pas risquer de le perdre une nouvelle fois. Je l'entendis vaguement m'expliquer mon future régime alimentaire, qu'il faudrait faire attention, ce genre de choses, elle repartit, annonçant que dans quelques minutes elle laisserait entrer mes proches.

Je soupirai.

-Eh bien... Ajoutai-je

Sasuke se releva. Non !

-Et- et toi ?

Ses yeux se posèrent dans les miens au moment où il glissa ses mains dans ses poches.

-Je n'ai rien, répondit-il.

Je vis son tee-shirt plein de sang. Ses bras avaient des marques de sang que seule une douche pouvait enlever, son bermuda blanc était maintenant rouge/marron et sur sa joue droite une large marque de sang avait séché. Il n'avait aucune blessure. C'était mon sang.

-Sasuke, tu- !

Il soupira et regarda au loin, fronçant les sourcils.

-J'ai cru que tu allais mourir.

Mon cœur se serra.

Une larme coula sur ma joue, je l'essuyai rapidement, je ne voulais plus qu'il me vois pleurer. Son regard avait plongé de nouveau dans le mien, profondément. Je me sentis rougir. Il regarda une dernière fois au loin, fronça violemment des sourcils et s'approcha de moi.

-Sasuke, dis-je, je suis vraiment désolée de-

Il s'approcha encore, et encore. Il posa sa main sur mon lit comme pour se soutenir, et se rapprocha une fois de plus, il était beaucoup trop près pour que ça soit normal, c'était étrange, mon cœur allait exploser. Son visage était à quelque centimètres du mien, son regard était profond et toujours froncé.

-Tu m'as fait peur, ne refais jamais ça, idiote.

Ma poitrine entière me faisait souffrir tant mon cœur battait à tout rompre, il était si proche, je sentais son souffle sur mon visage, et aussitôt que sa phrase fut finie, il se pencha sur moi et posa ses lèvres sur les miennes. Sasuke m'embrassa. Il effectua une pression supplémentaire de sa bouche sur la mienne, sa main se posa sur la rambarde du lit à coté de ma tête, il s'écarta légèrement mais mes lèvres rappelèrent les siennes, nos respirations s'entremêlèrent, et ma main, lourde de douleur, trouva sa place dans ses cheveux. Mes lèvres étaient amoureuses des siennes, je ne voulais plus le laisser partir. Je sentis le souffle de sa bouche caresser mes lèvres, alors que je compris que sa respiration s'était aussi emballée. Dans un dernier contact doucement délectable il s'écarta de moi.

Je me sentis rouge, nos regards se croisèrent, il se tourna et après avoir passé sa main dans ses cheveux comme ma main un peu plus tôt, il soupira.

-Désolé.

-A-attend !

Il se retourna, les sourcils froncés, mais d'une manière différente, comme si il était véritablement désolé. De quoi pouvait-il l'être ?

-Je dois y aller.

Il se retourna, dos à moi, et il partit.

-Sasuke !

Il ne revint pas, me laissant seule avec mes sentiments, mes lèvres déjà en manque des siennes.

–-

Deux semaines s'écoulèrent. Ichiraku était venu me voir, Ayame aussi, elle s'était mise à pleurer, mais certainement moins qu'Ino, qui semblait la plus navrée et désolée de ce qui m'était arrivée. Elle était venue me voir tous les jours. Un policier que je ne connaissais pas était aussi venu pour me raconter ce qu'il s'était passé par la suite. Les deux agresseurs avaient essayé de s'échapper, l'un portant son ami inconscient et aux bras cassés, mais il s'est finalement rendu à l'hôpital pour le faire soigner, c'est là qu'ils les ont retrouvés et arrêtés. Ichiraku était revenu en catastrophe et cherchait un moyen de rendre plus sûr le combini. J'étais en congés maladie pendant mes vacances, mais alors que je m'apprêtais à sortir de l'hôpital, je devais encore passer des journées à rester allonger le temps que ma paroi abdominale se reconstruise entièrement.

Sasuke n'était pas revenu me voir, je n'avais plus de portable pour le joindre et il m'avait encore une fois de plus laissée seule, à la différence que cette fois-ci, il m'avait embrassé sans raison. Mon cœur était rempli d'un doux sentiment chaleureux à chaque fois que j'y repensais, mais je ne supportais pas l'idée qu'il se soit enfui. Aussi avais-je prévu d'aller le voir dès que je pourrais.

Aujourd'hui était donc le grand jour de ma sortie, et c'était aussi un grand jour de solitude. Personne ne pouvait venir me chercher, non pas que j'avais besoin de quelqu'un, mais ils étaient tous occupés au travail, Ino y compris, qui s'était excusée mille fois de ne pas pouvoir être présente. J'allais donc sortir et prendre un taxi pour rentrer chez moi. J'avais une cicatrice au front et au ventre, ainsi que quelques contusions sur le reste du corps.

Ma valise était prête, et j'étais affreusement contente de quitter cet endroit morbide. Alors que je venais de finir de m'habiller, je sortis dans le couloir pour appeler un infirmier qui m'aida à descendre ma valise jusque dans le hall, cette dernière que je fis rouler jusqu'à la sortie.

Je fus immédiatement assommée par la chaleur qui n'avait visiblement pas baissée et de laquelle j'étais protégée à l'intérieur.

Je passai mon poignet sur mon front en soufflant. Il y avait quelques taxis, il ne me restait plus qu'à en trouver un pour rentrer chez moi. J'en repérai un rapidement pour m'approcher en faisant un signe de la main. Soudain, un garçon interféra dans mon champs de vision, courant et faisant de grands signes avec ses bras. « Eeeeeeh ! » C'est qui cet idiot ? Il court vers moi ou je rêve ?

Je fis mine de ne rien voir et continuai à marcher, mais il arriva près de moi en continuant de crier. Il s'arrêta à quelques centimètres de moi quand il vit que je m'arrêtai pour lui. Je le regardai, haussant les sourcils. C'est quoi son problème ? Il posa ses mains sur ses genoux, complètement essoufflé. Il se releva, se gratta la tête en rigolant.

-La valise, donnez-la moi !

Il était grand, blond aux yeux bleus, et avait des marques sur les joues ressemblant à des moustaches de chat. Son visage me disait quelque chose, mais j'étais incapable de retrouver.

-Pourquoi ? Répondis-je, fronçant les sourcils.

Il haussa les sourcils à son tour.

-Bah, je vais vous aider !

Je le revis courir au loin pour venir me voir, et ne je ne compris vraiment pas en quoi tout cela pouvait être logique.

-Je n'ai pas besoin de vous ! Répondis-je.

Je n'avais surtout pas besoin d'un gars fou qui poursuit les gens pour tenir leur valise.

Je repartis. C'était quoi, ce fou ? Les gens à Tokyo étaient tous plus bizarres les uns que les autres.

Je me dirigeai rapidement vers le premier taxi en stationnement.

-Eeeeeeh ! Attend !

Je me retournai, pour le voir me courir après, non seulement il me harcelait, mais il s'était aussi mit à me tutoyer. Je me mis à marcher encore plus vite, mais je ne pouvais pas courir, lui, si. Arrivée au taxi, il m'avait rattrapé et ouvrit le coffre de la voiture pour ma valise et l'y mettre. Je ne comprenais plus rien. Le chauffeur de taxi sortit.

-Besoin d'aide ? Demanda-t-il.

-Oui, pour me débarrasser de lui !

-Quoi ?!

Il s'indigna. Je ne pourrais donc jamais être tranquille ? Il se mit à faire de grands gestes en expliquant qu'il était là pour m'aider, des choses dans ce genre. Soudain, je compris. Il était fou. C'était comme le fou du village, au bout d'un moment, il me laisserait tranquille. Je soupirai.

-Vous allez où ? Demanda le chauffeur en rentrant dans sa voiture ?

Je lui répondis, en m'installant à l'arrière et fermant la porte. Brusquement, l'autre porte arrière s'ouvrit, et je vis le garçon blond s'installer à coté de moi en poussant un soupire de satisfaction.

-Mais c'est quoi, ton problème ?! Lui demandai-je

Il eut un rire.

-Mais rien, je suis là pour t'aider !

Il fallait que quelqu'un me débarrasse de ce fou. Je me penchai pour m'adresser au chauffeur.

-Faite-le sortir !

Il se pencha à son tour, comme moi.

-Je vais au même endroit qu'elle, je vous paierai le double !

Je vis le chauffeur hausser les épaules et tourner la clé pour démarrer.

-Quoi ?! Eh !

Je me retournai vers le blond en me collant à la fenêtre.

-C'est pas juste ! Je ne t'ai rien demandé !

Il se mit à rire joyeusement, comme si tout était normal, et je dû me le coltiner jusqu'à l'arrivée. Le chauffeur nous donna le prix, et pour me débarrasser de cet idiot, je sortis, le laissant payer pour nous deux, et le double. Je pourrais maintenant demander à Ichiraku de me débarrasser de lui.

Je pris ma valise et me dirigeai vers le combini.

-A-attend !

NON ! Il me suivait encore, je ne cherchai pas à l'éviter et me plantait face à lui, chose à laquelle il ne s'attendait visiblement pas.

-QUOI, à la fin ?

Il soupira après s'être gratté la tête et souffla à lui même un « je savais que ça allait pas être facile tout ça... »

-De quoi tu parles ? Insistai-je, désireuse de comprendre.

-Ecoute, que ça te fasse plaisir ou non, j'ai pas le choix !

Voilà que maintenant il parlait de choses sans qu'elles n'aient aucun sens. Ce n'était visiblement pas ma journée, aujourd'hui encore. Je fronçai les sourcils. Si il continuait à me suivre comme ça, j'irai le dénoncer à la police.

-Tu es qui, au juste ? Demandai-je

Il soupira une seconde fois, laissant tomber son visage. Puis comme si il changeait d'humeur comme de chemise, il releva sa tête blonde et me regarda sérieusement.

-Je m'appelle Naruto et.. En fait je suis ton garde du corps.

–-

Oh la vache, à une heure de mon départ en vacance j'arrive à clore ce chapitre ! Qui l'eut cru ? Non franchement ! Chose promis chose dû ! J'espère que la fin n'était pas trop brusque, trop rapide, si c'était le cas, j'en suis désolée ! Je ne vais pas avoir le temps de me relire donc j'espère que quelques fautes d'inattention ne se seront pas glissées.. Je vous avez dit que ça bougerait à ce chapitre ! Alors, avez-vous compris le rôle de Naruto, d'où il vient etc ? Les choses sérieuses commencent désormais le triangle amoureux ! Alors je n'aurais qu'une seule requête.. PLEIN de reviews. PLEIN PLEIN PLEIN ! Pour mon anniversaire qui est bientôt, si vous avez aimé ce chapitre, si vous n'avez pas aimé, dîtes-moi tout ! Des longues, courtes, denses, brèves, peu m'importe, je veux juste votre avis !

Je vous embrasse, et le plus important, c'est de vous remercier de me lire. Cette fic n'existerait pas sans vous ! Je précise aussi : ce chapitre était plein d'action, peut être un peu trop, un peu violent, tout ça tout ça, mais ça se « recalmera » par la suite, par là j'entends n'allez pas croire qu'une mouche m'a piqué et que maintenant dans tous les chapitres il y aura des trucs improbables, je tiens à rester réaliste ! Voilà voilà, je crois avoir fini. Je vous dis à bientôt, encore merci à vous, et bonne vacances !

PS : si vous avez des questions, des incompréhensions, n'hésitez pas à demander, c'est toujours avec un immense plaisir que je vous réponds !

Auk.