Voici le chapitre 3, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez ! Je suis curieuse d'avoir vos retours :)

Bonne lecture !

Chapitre 3 : La séparation

Une semaine s'était écoulée depuis l'arrivée d'Hermione dans sa nouvelle cellule, la jeune fille reprenait des forces et un rituel s'était installé entre elle et ses codétenus. Le matin, Sydney venait se glisser près d'elle pour discuter de choses et d'autres. Hermione lui racontait principalement ses aventures avec Ron et Harry quand ils étudiaient à Poudlard et Sydney commentait en lui racontant sa vie de née moldue. Puis, Charles venait prendre le relais pendant que Sydney prenait sa douche, les discutions s'orientant davantage sur l'avenir. Ce qu'ils feraient quand ils sortiraient d'ici, leurs projets à long terme, sans jamais émettre l'éventualité d'une mort prochaine quasi-certaine. Venait ensuite l'heure du repas, puis ils se lançaient dans une séance d'exercice pendant laquelle Sydney se faisait une joie de jouer les coachs. Hermione la remerciait tous les jours pour son inflexibilité sur le respect des positions à tenir pendant de longues secondes car, grâce à elle, la jeune fille sentait sa force revenir chaque jour un peu plus. Ils s'accordaient une heure de sieste, puis Hermione dispensait une sorte de classe à Sydney, tentant de lui apprendre le plus de choses utiles sur la magie classique. Sydney ayant fait l'école à la maison, il lui manquait certains aspects fondamentaux comme des connaissances basiques en histoire de la magie, en astronomie ou sur les créatures magiques. Cependant, elle était incollable sur l'arithmancie, la théorie des sortilèges et les potions. Elle étonna même Hermione lorsqu'elle lui récita des potions d'un niveau très avancé pour une étudiante de quinze ans. Venait enfin le soir où Charles les rejoignait pour continuer à discuter de choses du monde jusqu'à ce que Sydney s'endorme.

Charles se montrait plus qu'attentionné avec Hermione, prêt à sacrifier sa part du repas si elle se montrait un peu pâle. Cet aspect sauveur la dérangeait quelque peu, ne se sentant pas comme une demoiselle en détresse. Elle lui avait donc fait remarquer gentiment et il avait cessé de la regarder comme si elle manquait de tomber évanouie à chaque instant. Elle le trouvait si gentil avec sa cousine qu'elle ne pouvait pas lui en vouloir. En quelques jours, ils avaient créé des liens forts et la perspective d'être séparés d'un jour à l'autre rendait Hermione de plus en plus nerveuse. L'idée de se retrouver à devoir partager une cellule avec de parfaits inconnus ne la réjouissait absolument pas.

- Nous aussi étions des inconnus quand tu es arrivée la semaine dernière, lui fit remarquer Charles après qu'elle lui ait confié ses angoisses.

- C'est différent. J'étais au plus bas à ce moment-là. Vous m'avez aidé à me remettre sur pied. Je n'ai pas vraiment eu le choix que de vous faire confiance.

- Sympa.

- Tu me comprends, arrête de faire celui qui se vexe pour un rien.

- Je plaisante.

- Je sais !

Elle le gratifia d'un clin d'œil puis tourna son regard vers la cheminée.

- Tu feras la même chose avec les prochains qui arriveront, ajouta Charles en la voyant toujours inquiète. Tu t'occuperas d'eux pour qu'ils survivent et tu leur redonneras goût à la réflexion, comme nous l'avons fait pour toi et toi pour nous.

Hermione le regarda sans rien dire. Elle aurait voulu le remercier mais les mots restaient coincés dans sa gorge, incapables de sortir de peur qu'il ne s'arrête de parler.

- Tu nous as sauvés Hermione, reprit Charles sur le même ton. Tu as redonné le sourire à Sydney et tu m'as redonné espoir pour la suite. Quoi qu'il nous arrive quand nous serons hors d'ici, je ferai tout pour que l'on s'en sorte et que Sydney conserve cette joie que tu lui as insufflée.

Hermione sentit une larme glisser le long de sa joue. Elle ne la retint pas et apprécia la sensation de la goutte qui coulait jusqu'à ses lèvres. Elle vit Charles tendre la main et perçut le bout de son pouce essuyer ce sentiment d'impuissance face à leur situation.

- On s'en sortira, finit-il par dire dans un murmure.

Hermione baissa les yeux et observa Sydney qui dormait, pelotonnée au pied de son lit. Charles se leva et la saisit délicatement sous les jambes et derrière les épaules, puis la porta jusqu'à son propre lit. Elle ne se réveilla pas, se tournant simplement sous la couverture pour le reste de la nuit. Charles grimpa à son tour sur son matelas et dans la lueur orangée du feu, Hermione constata qu'il souriait.

Le lendemain, Hermione fut réveillée par un bruit sourd. Elle se redressa et observa la porte de leur cachot. Un homme entra en trombe et lança d'une voix rauque :

- Vous ! Debout !

Elle tourna la tête vers Charles et Sydney, que l'homme pointait de sa main gantée.

- NON ! hurla Sydney en se précipitant dans les bras d'Hermione.

L'homme la saisit au passage par le bras et la fit valser contre le mur. Charles s'élança vers elle mais il fut bloqué par le bras tendu de l'homme qui se dressa entre eux.

- Je vous conseille de vous préparer sans un bruit si vous ne voulez pas retourner d'où vous venez…

- Où les amenez-vous ? demanda alors Hermione qui se leva à son tour.

Elle entendit Sydney gémir de douleur alors qu'elle tentait de se relever, la main plaquée sur l'arrière de son crâne. L'homme se tourna vers elle et la dévisagea. Elle se sentit immédiatement mal à l'aise et regretta de s'être ainsi mise en avant. Mais l'attention de l'homme désormais sur elle avait permis à Charles de se glisser vers Sydney et de l'aider à se relever.

- Mais regarde qui est là, dit l'homme à celui qui l'accompagnait et qu'Hermione n'avait pas remarqué.

Un autre homme, plus petit et mince, passa la tête dans l'ouverture de la porte et observa Hermione d'un air mauvais. Son visage se fendit presque instantanément d'un horrible sourire, dégageant une rangée de dents jaunâtres.

- Hermione Granger en personne ! grinça-t-il.

L'autre éclata d'un rire rauque.

- Je ne savais pas qu'on avait des invités de marque ici … ajouta-t-il pour lui-même.

- Où les amenez-vous ? répéta Hermione avec toute l'assurance dont elle pouvait faire preuve face à deux hommes armés et visiblement hostiles.

Elle ne vit pas la main partir et n'eut pas le temps d'esquiver la gifle que lui assena le geôlier. Le choc la fit basculer en arrière. Elle fut projetée contre le mur, sa tête cognant violement contre la pierre. Elle sentit immédiatement un liquide visqueux et chaud couler dans son cou. Elle eut le temps d'apercevoir l'homme saisir Charles sous l'aisselle, puis tout devint noir.

Elle se réveilla avec une atroce douleur à l'arrière de la tête. Elle passa doucement sa main dans ses cheveux et sentit un amas de sang à moitié séché coller contre son crâne.

- Charles ? appela-t-elle en vain.

Personne ne lui répondit. Elle ouvrit les yeux et constata que la pièce était vide. Elle soupira et tenta de se lever, mais sa plaie la lança et lui fit perdre l'équilibre. Elle s'appuya contre le mur et ferma les yeux. Ils étaient partis. On les avait emmenés elle ne savait où pour leur faire elle ne savait quoi et elle n'avait aucun moyen d'agir. Comment les aider ? Elle ouvrit les yeux de quelques millimètres pour atteindre la table sur laquelle était posée la bassine remplie d'eau et y plongea une serviette propre. Elle s'assit sur le rebord du lit occupé il y a encore quelques heures par Charles, plaqua la serviette humide sur sa plaie et souffla pour ne pas hurler de douleur. Elle essuya le sang séché, la serviette se colorant bientôt d'une couleur rouge foncée. Elle réitéra l'opération jusqu'à ne plus sentir que la plaie propre sous ses doigts et retourna sur son lit. Il fallait qu'elle se repose et surtout vérifier que la plaie ne se réouvre pas. Elle ferma à nouveau les yeux mais entendit des pas dans le couloir, puis la porte s'ouvrir à la volée.

- Ah mais ils avaient raison ! lança une voix qu'Hermione reconnut immédiatement.

Elle se redressa et observa la femme qui se tenait devant elle. La jeune fille avait subi toutes ces années les railleries de sa bande et s'en était toujours accommodée, mais aujourd'hui c'était différent. Hermione était en position de faiblesse, sans baguette, à la merci de celle qui visiblement avait rejoint les rangs de l'ennemi.

- Bonjour Pansy, répondit calmement Hermione.

- Et bien ils ne t'ont pas loupée on dirait Granger ! railla son ancienne camarade de classe. Tu ne fais plus la fière maintenant ! Enfin tu es à ta place.

- Fais-moi sortir Pansy, tenta Hermione.

Elle ne savait pas pourquoi elle avait dit ça, mais l'idée que Pansy puisse peut-être se souvenir qu'elles étaient encore il y a peu des enfants lui paraissait plausible. Cette idée fut rapidement balayée par la réponse de Pansy qui leva le menton.

- Qu'est-ce que tu crois ? Le seigneur des ténèbres a gagné, Potter est mort et tu as ce que tu mérites sale Sang de Bourbe !

- Que faites-vous aux prisonniers ?

- Tu aimerais le savoir… répondit Pansy d'un ton plus que méprisant.

Elle cracha sur les pieds d'Hermione en guise de réponse et éclata d'un rire sans joie.

- Quand je vais raconter ça aux autres, ajouta-t-elle. Ça sera noël avant l'heure.

Et elle tourna les talons, claquant la porte derrière elle.

- PANSY ! hurla Hermione derrière elle, se précipitant sur la porte à nouveau close.

Mais l'ancienne Serpentard avait déjà quitté le couloir, son rire glacial résonnant derrière elle. Hermione s'effondra sur le sol, imaginant les pires atrocités qu'étaient en train de subir Charles et Sydney.

Plusieurs jours passèrent sans que de nouveaux prisonniers ne la rejoignent dans cette cellule transitoire. Cela faisait bientôt deux semaines qu'elle était ici et la solitude commençait de nouveau à se faire sentir. Elle avait récupéré un morceau de bois noirci par les flammes et entrepris d'écrire sur le mur au-dessus de son lit. Le plaisir de retrouver cette activité autrefois si apaisante n'était rien comparé à ce qu'elle avait pu vivre avec Charles et Sydney la semaine précédente, mais c'était toujours une maigre consolation. Hermione inscrivait sur la pierre les recettes des potions qu'elle connaissait par cœur, les formules magiques des sortilèges qu'elle aurait dû apprendre en dernière année à Poudlard, puis la chronologie des évènements de l'histoire de la magie qu'elle avait intégrée au fur et à mesure des heures de cours du professeur Binns. Bientôt le cachot entier fut recouvert d'écritures noires, mais elle ne put se résoudre à en effacer pour continuer à écrire, alors elle se mit à relire inlassablement ces écrits. De jour comme de nuit, à la lumière du feu, elle lisait à haute voix les listes d'ingrédients des potions, les formules des sortilèges, les dates et les évènements.

Des bruits de pas se firent à nouveau entendre, différents de ceux de l'homme qui lui apportait à manger. Hermione s'arrêta de lire et tourna la tête vers la porte. Etait-ce le jour où elle allait partir ? Cela faisait maintenant un mois qu'on l'avait conduite dans cette cellule et personne n'avait encore pris les places de Charles et de porte pivota sur ses gonds et Pansy Parkinson fit à nouveau son apparition.

- Qu'est-ce que tu veux ? demanda Hermione d'une voix rauque.

Pansy ne répondit pas et balaya les murs du regard. Elle leva sa baguette et, sans prévenir, prononça la formule :

- Tergeo !

Sous les yeux horrifiés d'Hermione, les écritures qui lui avaient tenue compagnie ces derniers jours s'évaporèrent, les murs retrouvant leur couleur grise et sinistre. Un sourire glacial fendait le visage de Pansy alors qu'elle voyait Hermione dépérir face à son geste.

- Qu'est-ce que tu fais là Parkinson ?

La voix fit sursauter Hermione qui tourna à nouveau la tête vers la porte. L'homme qui avait emmené Charles et Sydney se tenait debout derrière Pansy et l'observait avec méfiance.

- Oh rien, répondit Pansy de sa voix caverneuse, je m'amuse un peu.

- Et bien ne t'attarde pas, répondit l'homme. Je crois que Vikens te cherche.

Pansy pivota sur ses talons et passa la porte en sens inverse. Avant de disparaitre dans le couloir, elle tourna une dernière fois la tête vers Hermione et murmura :

- Tu n'auras pas le temps de penser là où tu vas…

Puis elle fila à toutes jambes en hurlant de rire. L'homme qui se tenait toujours dans la porte leva les yeux au ciel et murmura pour lui-même :

- Complètement cinglée celle-là…

Il s'avança vers Hermione et la saisit par le bras sans dire un mot. Il la tira vers la sortie du cachot, la poussa dans le couloir puis referma la porte derrière lui d'un geste de baguette.

- Avance ! lança-t-il.

- Où m'amenez-vous ? demanda Hermione implorante.

L'homme lui attrapa à nouveau le bras et la tira vers lui.

- Là où tu seras, je te conseille d'arrêter de poser des questions si tu veux survivre. Ce que je doute fort vu que tu es incapable de te taire !

Il la poussa à nouveau devant lui, pointant sa baguette dans son dos. Hermione avança sans savoir où elle devait s'arrêter, jusqu'à voir une nouvelle porte en bois trouvée d'une ouverture grillagée. Elle apercevait à travers la lumière du jour et commençait à sentir un courant d'air frais. Elle allait sortir d'ici ! La porte se déverrouilla alors qu'ils s'en approchaient et pivota toute seule sur ses gonds. Elle se retrouva en bas d'un immense escalier baigné d'une lumière blanche qui pénétrait par de petites ouvertures.

- Monte ! lança l'homme derrière elle.

Elle entreprit alors de monter les innombrables marches qui se dressaient devant elle. Le vent qui passait par les fenêtres sans vitres lui caressait le visage et elle profita de ce moment volé à ses geôliers. Après quelques minutes à grimper les marches en silence, elle arriva devant une nouvelle porte qui s'ouvrit par le coup de baguette de l'homme qui la suivait. Elle se retrouva enfin dehors et admira le spectacle qui s'offrait à son regard. La mer déchaînée faisait claquer les vagues contre la forteresse, le vent faisait vibrer les pierres et lui giflait le visage. Elle se tourna vers l'homme en attendant de savoir quoi faire et le vit lui attraper à nouveau le bras. Il la tira vers lui et elle fut soudain absorbée dans le néant.

Elle sentit ses poumons se vider alors qu'elle transplanait avec son geôlier, bientôt incapable de respirer. Quand elle sentit la pression diminuer autour d'elle, elle ouvrit les yeux et sentit ses pieds se poser sur le sol. Elle observa autour d'elle et reconnut immédiatement l'endroit où l'homme l'avait amenée. Un immense atrium où se pressaient nombre de sorciers en capes, pourvu de grandes draperies qui pendaient aux murs, représentant de puissants sorciers asservissant des masses d'hommes, de femmes et d'enfants sans défenses. Au centre, une grande fontaine reprenait le même schéma, les moldus écrasés par les sorciers. Au-dessus flottait en lettres dorées une inscription :

« La magie est puissance ».

A suivre...