«Aww c'est mignon, tu penses vraiment que tu fais parti de cette Meute, n'est-ce pas?» demanda-t-elle, riant et un horrible sourire se forma sur ses lèvres, «Mon cœur, t'en fait pas parti, tu es comme un animal de compagnie, un petit trophée humain.»
Stiles grimaça dans le rétroviseur au souvenir qui venait de surgir, mais il réussi à ne pas trop perdre le contrôle. Il ne voulait pas risquer d'abimer son bébé en laissant sortir ses griffes ou faire un quelconque dommage. Inspirant profondément il stationna la jeep le plus près possible de chez le fleuriste. On était samedi, alors c'était assez achalandé, mais il croisait les doigts et espéra ne pas rencontrer quelqu'un qu'il connaissait, ou au moins personne qu'il ne voulait pas rencontrer.
Suçant sa lèvre inférieure il sorti de la jeep et se passa une main dans le cou comme c'était devenu son habitude. Il était peut-être devenu beaucoup moins hyperactif, mais il avait développé plein de petits tics qu'il faisait s'en même s'en rendre compte. Il en avait développé encore plus dernièrement, mais ça c'était parce qu'il avait essayé d'arrêter de fumer. Il avait commencé à fumer parce qu'il était stressé et étant donné que d'autre membre de la Meute fumaient aussi, il n'avait pas arrêté. Ils avaient tous pris la résolution d'arrêter en même temps au Nouvel An. Il commençait à se dire que les deux prochaines semaines risquaient de lui faire faire une rechute.
Peu importe si Maggie allait lui botter les fesses.
La femme qui travaillait chez le fleuriste ne le reconnu pas, mais elle lui sourit comme s'il était son meilleur ami et il sentait que c'était que c'était un sourire sincère, et pour une quelconque raison, ça l'aida à se relaxer. Il répondit à son sourire et il discuta avec elle pendant qu'elle lui arrangeait deux bouquets. Toutes les fleurs du bouquet pour sa mère étaient jaunes, la couleur des rayons de soleil, la préférée de sa mère. Et il demanda à la fleuriste de faire un bel arrangement pour Mme McCall puisqu'il ne connaissait pas ses goûts.
C'était dispendieux, mais ça ne le tracassait plus vraiment maintenant. Ils avaient l'argent de la Meute, beaucoup d'argent. Au début il s'était plaint qu'il ne devrait pas avoir le droit de le dépenser mais Maggie lui avait asséné une claque derrière la tête pour penser comme ça. Il faisait parti de la Meute, ce qui leurs appartenait était à lui, et vice versa. Dans les limites du raisonnable, bien sûr. Et ce n'était pas comme si Stiles ne contribuait pas au fond communautaire, mais être enseignant n'était pas le job le plus payant.
Mais ça lui donnait des vacances vraiment cool par exemple.
Stiles adorait l'été, surtout l'été avec la Meute, mais il l'aurait aimé peu importe où il était parce que c'était la saison favorite de sa mère. Il paya les fleurs et remercia la femme, essayant de ne pas rire du fait qu'il venait seulement de réaliser que son nom était Flora – un peu ironique non? – et il retourna dehors au soleil.
Ça l'amusait toujours autant que le fait d'être devenu un loup-garou avait réglé son problème de coup de soleil, parce que sa peau guérissait presque instantanément. Alors bien qu'il ne bronzait jamais, il n'avait plus besoin d'écran solaire non plus. C'était le paradis. Ses doigts parcoururent délicatement le capot de sa jeep et il mit les fleurs sur le siège du passager, faisant le tour de son véhicule il sentit une main l'attraper par le collet.
Sa première réaction fut de paniquer, pensant que c'était Scott ou Derek, mais après avoir pris une grande respiration il réalisa que l'odeur n'appartenait pas à quelqu'un qu'il connaissait. Malheureusement, il ne le réalisa qu'après avoir été poussé dans une ruelle. Il se remit sur pied et fronça les sourcils car il avait de la boue sur son t-shirt et il allait devoir se changer avant de se rendre chez les McCall. Il montra les dents à l'homme qui était devant lui, qui était assurément un loup-garou si on en jugeait par sa bouche qui était pleine de crocs et son odeur caractéristique.
Stiles se rendit compte qu'il portait aussi l'odeur de Derek et de Scott, de gens qu'il connaissait alors que l'autre lui sauta dessus. C'était presque trop facile de l'éviter, de l'attraper par la gorge alors qu'il se retournait et de le plaquer contre le mur de l'allée. L'air évacua les poumons de l'autre loup-garou et Stiles ne put s'empêcher de rire, il s'était toujours senti faible et sans pouvoir quand il habitait Beacon Hills, le nouveau sentiment qui l'habitait était étrange et bienvenu.
«Alors, ce n'était pas très gentil tout ça, n'est-ce pas?» demanda-t-il, penchant un peu la tête, sachant qu'il mangeait un peu ses mots à cause de ses crocs, mais le message était assez clair. «J'étais là, à me soucier de mes propres petites affaires et te voilà, un petit chiot bien mal poli.»
C'était bizarre d'être agressif alors qu'il était loin de sa Meute et si proche du territoire de l'autre loup. Le loup à l'intérieur de lui-même lui envoyait un avertissement, et il se sentait nerveux.
«T'es sur notre territoire, j'ai le droit de te dire de partir,» lui répondit l'autre, sifflant un peu parce que Stiles avait toujours la main autour de sa gorge.
Stiles renifla. «Ouais, parce que tu fais tellement un beau travail,» répliqua-t-il, «Et si tu n'étais pas aussi con, tu saurais qu'ici, en ville, c'est un terrain neutre, ce n'est le territoire de personne. Si j'allais me promener dans les bois, tu aurais le droit de m'arracher la face ou ce que tu veux, mais présentement, tu n'as pas ce droit.»
Sur ce, il se débarrassa de l'autre gars comme d'une poupée de chiffon, reconnaissant des entrainements éreintant que Lucy a imposés à la Meute. Ils étaient seulement une petite Meute, ils avaient besoin de savoir se défendre. Évidement, à l'époque c'était plus, «Merde, pourquoi tu nous fais courir comme ça!?» plutôt que, « Merci Luce, ça va être pratique!» Stiles allait lui envoyer un texto plus tard pour la remercier, malgré que ce ne serait peut-être pas une bonne idée, elle paniquerait et obligerait Rory à les conduire jusqu'ici.
Il embarqua dans sa jeep et sorti son téléphone de sa poche et regarda ses messages. Il avait plusieurs messages d'encouragement et de support des membres de la Meute, mais celui qu'il voulait vraiment voir c'était celui de Maggie. Il l'avait textée pour lui parler de la nouvelle relation de son père.
OMG sérieusement! Est-ce que tu la connais? Elle a l'air de quoi? Est-ce que tu vas la rencontrer?
Et seulement cinq minutes après qu'elle ait envoyé le texto et qu'il l'ait regardé, elle avait déjà envoyé un deuxième message : STILES!
Maggie était parfois vraiment impatiente.
Oui, je c c qui, c la mère de Scott. Ca va etre bizar parcq je vai diner la. G des fleur pr elle.
Il avait à peine eu le temps de mettre la clé dans le contact qu'il recevait déjà une réponse.
Seigneur, combien de fois il va falloir que je te le dise? Utilise ta grammaire! Et merde, pour vrai? Est-ce que tu vas être correct pour le diner? Et ne pense même pas à ne pas y aller, ton père aurait le cœur brisé, mais ne panique pas.
Il grimaça en regardant le texto et avant qu'il pense à une réponse, un autre message arriva. Il s'y attendait un peu par contre, parce que Maggie faisait toujours ça.
Et n'oublie pas de respirer…
Il sourit et écrivit un court texto disant qu'il le promettait et qu'il irait bien. Il sortit du stationnement et se dirigea dans la direction familière de la maison de Scott. Il avait seulement fait des sandwichs pour lui et son père plus tôt, et avec son métabolisme de loup, il était déjà affamé. Mais il arriverait trop tôt s'il se rendait directement là-bas, alors il fit un petit arrêt pour acheter une bouteille de vin et un café.
Il but le café beaucoup trop rapidement et pendant une seconde il fut tenté d'ouvrir la bouteille de vin parce qu'il commençait à avoir une petite crise de panique en approchant de la maison de Scott. Même s'il doutait sérieusement que ce soit encore la maison de Scott. Finalement il prit son téléphone et se promena dans sa liste de contacts sans même regarder, sachant que c'était son téléphone de Meute – oui, oui il avait un téléphone de Meute en plus de son téléphone normal – et il appela quelqu'un au hasard. Qui se serait au bout du fil n'avait pas d'importance, c'était un membre de la Meute.
«Hé mec, qu'est-ce qui se passe?»
Stiles relâcha son souffle bruyamment au son de la voix de Lee, se sentant un peu coupable parce qu'il savait que Lee était sur sa moto et qu'il avait dû arrêter sur le bord de la route pour pouvoir répondre. Puis il se laissa aller à sa panique, parlant à un millier de kilomètre à l'heure pendant un bon dix minutes avant de finalement reprendre son souffle. À l'autre bout de la ligne, Lee gloussa bassement et dit à Stiles de respirer, ce qui semblait être l'opinion générale sur ce qu'il devait faire.
Après, ils parlèrent de choses et d'autre, de la route qu'il restait à faire pour Lee, de différent souvenirs ou des autres membres de la Meute. C'était calmant, plus que ça aurait dû l'être, mais Stiles ne s'arrêtait plus à ça maintenant.
«Merci,» marmonna-t-il après avoir dit qu'il devrait raccrocher car il allait être en retard pour le diner, «désolé d'avoir flippé comme ça.»
«Il n'y a pas de problème,» répondit sincèrement Lee, « Appelle moi quand le diner sera terminé, tu me diras comment ça a été. Appelle-moi pendant, si tu as besoin.»
Stiles sourit, «Je vais faire ça. Sois prudent.»
«Toi aussi.»
Il était toujours en train de se dire d'être pruden. Il ne se souvenait pas quand ils avaient commencé à se dire au revoir de cette façon. Mais présentement cela semblait logique avec toute la distance qu'il y avait entre lui et sa Meute. Prenant une grande respiration, il redémarra la jeep, souhaitant presque être dans sa nouvelle voiture pour pouvoir faire une bonne impression avant de décidé que c'était stupide.
Il se dit que c'était ironique que ce soit Highway to Hell qui joue dans les hauts parleurs quand il reprit la route.
