Réponse aux reviews :
Moi : merci pour ce retour ! J'ai bien pris en compte la remarque sur les descriptions, j'essaye de faire plus long et plus complet à partir de maintenant :) n'hésite pas à me dire si c'est mieux comme ça. Le chapitre s'y prête particulièrement mais je continuerai ensuite.
Chapitre 4 : Recherche fondamentale
L'atrium du ministère de la Magie semblait être plongé dans une sorte de brume grise qui rendait les surface autrefois si brillantes et chatoyantes, ternes et maussades. L'ambiance générale était des plus sombres. Hermione n'avait jamais vu le ministère de la magie en heure de pointe mais Harry lui avait longuement décrit l'effervescence qui y régnait le jour où il l'avait traversé pour se rendre à son audience disciplinaire au début de leur cinquième année à Poudlard. Les groupes de sorciers qui discutaient joyeusement des nouvelles du jour avaient disparu, le marchand de journaux avait été remplacé par ce qui ressemblait à un stand distributeur de tracts, et bien entendu, la fontaine magique remplacée par cette immonde statue à la gloire des sorciers, qu'elle connaissait déjà. Des sorciers sortaient des cheminées en traversant les flammes vertes qui en jaillissaient de temps en temps, puis époussetaient leurs vêtements recouverts de suie avant de se dirigeaient sans relever la tête vers les ascenseurs pour rejoindre leurs bureaux. Les employés de ce nouveau ministère rasaient tellement les murs que personne ne la reconnu. Pourtant elle avait vite compris que son visage ne passait en général pas inaperçu. Mais les sorciers et sorcières du ministère avaient dû apprendre à ne pas trop regarder ce qu'il se passait autour d'eux pour ne pas avoir d'ennuis.
L'homme qui lui servait d'escorte la poussa en avant. Elle manqua de trébucher mais parvint à se redresser. Elle avança doucement, quelque peu hésitante sur le chemin à prendre. Elle scrutait discrètement les visages baissés des sorciers et sorcières qu'elle croisait, espérant reconnaitre un visage familier, mais la vision de tous ces inconnus aux airs blafards ne lui renvoya qu'un sentiment d'extrême solitude. Elle contourna la fontaine par la droite, passa prêt du stand qui distribuait des tracts sans pouvoir s'empêcher d'y jeter un œil. Elle tourna subrepticement la tête et baissa son regard vers les tas de papiers entassés sur le comptoir. Avec horreur, elle lut les mots inscrits en grosse lettres noires :
« Exécutions du mardi 5 aout 1998 : Dean Thomas – moldu infiltré ; Andrew Lowens – traitre à son sang ; Maxime Lowens – traitre à son sang »
Sous cette annonce funèbre se trouvait une liste de noms qu'Hermione n'eut pas le temps de lire. Elle sentit la baguette de l'homme s'enfoncer entre ses omoplates et l'entendit lui répéter d'avancer. Dean était vivant, il allait être exécuté le 5 aout. Hermione réfléchit quelques instants et calcula les jours passés depuis la bataille. Elle avait estimé son enfermement dans le cachot individuel à environ deux mois, puis était resté un mois dans la cellule où elle avait rencontré Charles et Sydney. Elle se tourna alors vers celui qui lui servait de garde du corps et lui demanda :
- Quel jour sommes-nous aujourd'hui ?
- Tait toi ! lâcha l'homme d'un ton bourru. Avance !
- S'il vous plait ? insista-t-elle.
- Le 5 aout ! Maintenant tait toi et avance !
Elle senti son cœur s'accélérer. Ces tracts indiquaient les exécutions journalières. Dean allait mourir aujourd'hui.
- A quelle heure ont lieu les exécutions ? demanda-t-elle à nouveau en se tournant vers l'homme.
- Silencio !
Hermione voulu parler à nouveau mais aucun son ne sortit de sa bouche. Elle regretta d'avoir posé la question, puis se dit qu'elle trouverait bien un moyen d'avoir son information. Elle arriva à l'entrée des ascenseurs qui parcouraient le ministère dans tous les sens, permettant aux employés de se rendre à leurs bureaux. Elle s'arrêta, ne sachant quel ascenseur emprunter, et attendit que son garde lui indique la marche à suivre. Elle le vit se poster à côté d'elle, la baguette toujours pointée vers elle en guise d'avertissement et se mis à attendre. Hermione regardait discrètement autour d'elle, cherchant quelque chose qu'elle ne savait pas définir. Le bruit d'un ascenseur se fit alors entendre et elle vit une lueur apparaître au fond de la cavité sombre qui s'enfonçait dans le mur devant eux.
Elle vit alors une cage dorée s'approcher avec fracas, pleine de sorciers collés les uns contre les autres, dans des positions qui, à la vue des expressions de gêne affichées sur leurs visages, ne semblait pas agréables. La cage s'ébranla et sembla ralentir, puis s'arrêta devant eux. Le garde qui accompagnait Hermione la tira violement sur le côté pour libérer le passage aux sorciers qui sortaient de l'ascenseur, manquant une nouvelle fois de la faire tomber. En se redressant, elle jeta un coup d'œil aux sorciers et sorcières qui sortaient de l'ascenseur et constatât qu'ils étaient tous vêtus comme son garde. Grands manteaux de cuir noir recouvrant une robe noire également, brassard de cuir torsadé au bras gauche et gants en cuir marrons.
Elle vit son garde les saluer de la main puis reporta son attention sur le groupe qui se dirigeait à présent vers l'atrium, les gardes semblaient escorter un homme habillé différemment. Celui-ci tourna la tête sur le côté, et Hermione le reconnu immédiatement, malgré son extrême maigreur et la pâleur de ses traits. Elle voulut hurler et se jeter sur lui, mais aucun son ne sortit de sa bouche et son garde la retint avec force. Le prisonnier tourna un peu plus la tête. En la voyant, son visage s'éclaira et se fendit d'un large sourire. Hermione hurla de toutes ses forces, tentant de briser le sortilège.
- DEAN !
Son cri perçant raisonna dans tout le hall, se répercutant sur les murs en pierre des couloirs qui quittaient le hall. Les gardes se tournèrent vers elle de surprise mais eurent le réflexe de maintenir Dean hors de portée. Son propre garde lui lança un nouveau sortilège et elle fut de nouveau incapable de prononcer le moindre mot. Elle sentait des larmes couler le long de ses joues en voyant son ami emmené de force vers sa mort, le fantôme de son sourire encré dans sa mémoire. Au moment où le groupe emmenant Dean à son exécution disparu derrière le mur, Hermione s'effondra au sol, ses jambes incapables de la soutenir sous le poids de sa tristesse.
Son garde lui empoigna le bras sous l'aisselle, la tira vers l'ascenseur mais elle tenta de se débattre. L'homme était trop fort, si bien qu'elle se cogna l'épaule contre le fond de l'ascenseur lorsqu'il la jeta violemment à l'intérieur. Elle le vit faire un signe à un sorcier qui voulait entrer dans la cage dorée avec eux mais ce dernier se ravisa en le voyant. Le garde enclancha le mécanisme et l'ascenseur s'ébranla. Elle sentit son estomac se soulever alors que la cage descendait dans les profondeurs du ministère à toute allure. Elle massa son épaule douloureuse en observant les étages défiler puis la voix glaciale annonça « Cachots et salles d'interrogatoire ». L'ascenseur se stoppa net dans un fracas de métal, projetant Hermione contre le mur. Elle ne voulait plus bouger mais le garde la tira à nouveau par le bras pour la sortir de la cage.
- Allez, avance ! lui lança-t-il avec mépris.
Malgré elle, elle fit quelques pas dans le couloir sombre éclairé par quelques torches qui diffusaient une faible lueur blafarde sur les murs de pierres brutes. Soudain, elle entendit un cri qui lui glaça le sang.
- Avance si tu ne veux pas que je t'emmène là-bas, murmura le garde qui s'était tourné vers elle.
- Où m'emmenez-vous ? demanda Hermione qui se surprit à pouvoir de nouveau parler.
- Tu le sauras bientôt !
Le couloir se divisait en trois longues allées bordées de portes sombres, desquels s'échappait parfois une faible lueur bleutée. Le garde la poussa vers le couloir de droite sans qu'elle puisse voir où menaient les deux autres. Elle passait devant les portes en bois, persuadée d'entendre des gémissements plaintifs s'échapper de certaines d'entre elles. Elle remonta ses bras contre sa poitrine pour se protéger comme elle pouvait du froid qui semblait venir de derrière les portes des cachots. Après quelques dizaines de mètres parcourus, le garde déverrouilla à l'aide de sa baguette une porte marquée d'une trace jaune lumineuse et poussa la jeune femme à l'intérieur.
Le cachot était aussi sombre et austère que celui de la prison d'Azkaban mais avait l'avantage de ne pas être humide. Les murs de pierres brutes étaient propres, malgré quelques marques sombres à quelques endroits qu'Hermione n'arriva pas à identifier immédiatement. Elle entendit la porte se refermer derrière elle, puis des bruits de pas indiquant que son garde repartait en sens inverse. Son regard balaya la pièce. Il n'y avait pas d'ouverture autre que la porte, ni rien qui permettrait de savoir l'heure du jour ou de la nuit. Une torche allumée dans un coin projetait la même lueur blafarde que dans le couloir et faisait danser des ombres étranges sur les murs. L'air était sec et froid, si bien qu'un petit nuage blanc s'échappait de la bouche d'Hermione à chaque expiration. Enfin, elle remarqua ce qui semblait être un lit placé dans le coin opposé à la porte, sur lequel se trouvait un vieux matelas moisi et une couverture rongée aux mites. Elle s'approcha du lit pour s'y assoir puis se ravisa en voyant l'état du matelas, mais la fatigues était trop intense et elle ne put s'empêcher de s'y écrouler.
Trois coups sourds frappés à la porte la réveillèrent en sursaut.
- Nom ! hurla une voix rauque à l'extérieur du cachot.
- Hermione Granger, répondit-elle d'une voix faible.
- Plus fort ! grogna la voix
Hermione se racla la gorge et se redressa pour que sa voix porte jusqu'à celui qui se trouvait dehors.
- Hermione Granger !
- Matricule 62456 ! lança la voix.
Puis elle entendit le bruit des pas s'éloignant à nouveau. Elle s'adossa contre le mur du cachot en soupirant. Qu'allait-on faire d'elle ? elle repensa à l'état cadavérique de Dean qu'elle avait croisé la veille. Dean… Il devait être mort à présent. Elle sentit les larmes couler à nouveau sur ses joues pour son ami. Elle pensa alors à Ginny qui était sortie avec lui quelques temps il y avait un peu moins de deux ans. Deux ans, cela lui semblait être deux vies.
Tout à coup, elle entendit à nouveau des bruits de pas dans le couloir. Elle tendit l'oreille et perçu une voix forte qui semblait être à quelques mètres de son cachot.
- Matricule ! fit la voix.
Elle n'entendit personne répondre, mais le bruit d'une porte qu'on ouvre raisonna dans le couloir. Une femme se mit alors à hurler. Son cri se répercuta contre les pierres du couloir.
- Allez sort ! lança la voix. Ne nous oblige pas à venir te chercher !
- Non ! répondit la femme. Laissez-moi ! Plutôt mourir que de répondre à vos questions !
Hermione avait maintenant l'oreille plaquée contre la porte de sa cellule, pour ne pas perdre une miette de ce qu'il se passait à côté.
- Sort où on va chercher ton frère ! répliqua la voix d'un ton ferme.
- NON ! hurla à nouveau la femme.
Dans son cachot, Hermione murmura pour elle-même :
« Je connais cette voix »
- STUPEFIX !
Le bruit sourd d'un corps qui s'effondre au sol fit vibrer les pierres de son cachot. Elle tendit un peu plus l'oreille et entendit deux hommes parler.
- A chaque fois c'est la même chose avec celle-là ! railla le premier.
- Elle ne va pas tenir longtemps c'est moi qui te le dit, répondit l'autre.
- Oh méfie-toi ! ils sont coriaces dans la famille ! Le frère c'est pareil !
- Et bien ils vont déguster un moment, comme tous les traitres à leur sang !
- Bon, tu l'emmènes, je vais chercher la 62456.
En entendant son matricule, Hermione recula d'un pas. Les pas se rapprochèrent et l'homme lança derrière la porte :
- Matricule !
Hermione ne répondit pas. Elle se blottit dans un coin de la cellule et attendit.
- Matricule ! répéta l'homme.
Mais son courage était trop fort pour elle. Elle inspira une grande bouffée d'air glacial et répondit :
- 62456 !
La porte pivota sur ses gonds et l'homme entra dans la pièce.
- Dehors ! dit-il en indiquant la sortie.
Hermione fit alors un pas en direction de la sortie et retrouva le couloir qu'elle avait quitté quelques heures avant. L'homme la conduisit jusqu'aux ascenseur puis la poussa à nouveau à l'intérieur. Après quelques secondes, elle se retrouva à un étage que la voix glaciale qui sortait d'on ne sait où indiqua comme :
« Recherche fondamentale ».
Hermione haussa les sourcils à l'annonce de l'étage mais les baissa immédiatement à la vue de la satisfaction qui se lisait sur le visage de son geôlier. Il la poussa en avant et la fit traverser plusieurs longs couloirs jusqu'à une porte grise.
Hermione entra dans une petite pièce qui comportait des grandes étagères sur lesquelles s'étalaient quantité de bocaux en tout genre, de fioles aux mixtures étranges, et d'instruments aux usages inconnus. Au centre était placée un fauteuil qui ressemblait au fauteuil qu'utilisait son père pour examiner les dents de ses patients, surplombé d'une grande lampe dans laquelle flambait une vive lueur blanche. Hermione eut un mouvement de recul en s'imaginant ce qu'on allait lui faire dans cette pièce, mais son garde la poussa à s'assoir sur le fauteuil de torture.
Il quitta alors la pièce en refermant la porte derrière elle, la laissant seule face à son imagination. Mais rapidement, la porte s'ouvrit de nouveau et une femme entra. Elle avait de longs cheveux blonds noués en tresse dans son dos, le visage long et fin, ses yeux profondément rentrés dans leurs orbites étaient entourés de cernes sombres. Ses lèvres quasiment inexistantes lui donnaient un ai effrayant, renforcé par sa longue blouse blanche qui lui tombait jusqu'aux genoux.
- Qui êtes-vous ? demanda Hermione d'une voix qu'elle voulait assurée.
- Matricule 62456, commença la femme d'une voix caverneuse, c'est la dernière fois que je vous demande de vous taire. Si j'ai à le refaire, ça sera la dernière chose que vous entendrez de votre vie.
Hermione remua sur son fauteuil, mais la femme agita sa baguette et elle se retrouva plaquée contre le dossier, incapable de bouger le moindre membre. Des liens en cuirs apparurent et se nouèrent autour de ses épaules, de ses poignets, de ses genoux et de ses chevilles. Elle sentit alors la pression sur son corps diminuer, mais elle ne pouvait toujours pas bouger. Elle était prise au piège.
- Je m'appelle Freya Dahl, dit alors la femme. Je suis responsable de la recherche fondamentale sur les nés moldus, en particulier responsable de comprendre comment ils font pour subtiliser la magie aux véritables sorciers. Vous êtes ici en qualité de cobaye pour mes expériences, je vous demanderai donc de vous taire et de faire exactement ce que je vous demande sans discuter. Dans le cas contraire, je vous enverrai directement en salle d'exécution. Suis-je claire ? Hochez la tête si vous avez compris.
Hermione hésita un instant, puis hocha la tête. Dahl la gratifia d'un sourire sans joie, puis tapota l'étagère la plus proche d'elle de sa baguette. Un des instruments en métal qu'Hermione avait aperçu en entrant vola alors jusqu'à Dahl qui le saisit d'une main.
- Je vous prévient, annonça-t-elle. Ça risque de vous faire mal.
Et elle se pencha sur Hermione qui hurla de douleur.
A suivre…
