Réponses aux Reviews :

MOI : Merci pour ta review. Harry est mort dans la forêt. Voldemort l'a tué. Il n'a pas survécu comme dans le livre.

Bonne lecture !


Chapitre 6 : Le Manoir Malefoy

Hermione se retourna dans son sommeil. Une vive douleur dans le bras la réveilla, une grimace brisant son visage encore paisible il y a quelques instants. Elle ouvrit doucement les yeux et tenta de se remémorer les évènements de la veille, mais elle fut momentanément happée par le décor qui s'offrit à ses yeux mi-clos.

Elle se trouvait dans une immense chambre aux murs sombres mais lisses et brillants. De grandes tentures recouvraient le mur à sa droite, représentant des scènes de batailles entre sorciers et ce qui semblait être des gobelins. En face d'elle se trouvait un meuble ouvragé doté d'un magnifique miroir, de nombreuses petites portes et tiroirs. Devant la coiffeuse était placée une chaise sur laquelle était soigneusement rangés ce qu'Hermione reconnu comme étant ses vêtements en haillons. Elle continua l'observation de la chambre vers la gauches, ses yeux se levant vers de lourds rideaux de velours verts qui semblaient occulter une fenêtre. Enfin à côté du lit à baldaquin dans lequel elle était étendue, on avait placé une table de chevet ouvragée assortie à la coiffeuse, sur laquelle se trouvait une lampe à huile qui semblait très précieuse. Elle se remémora les derniers instants dont elle se souvenait avant son réveil. On l'avait amenée au manoir Malefoy. Elle était chez les Malefoy ! Elle se redressa d'un geste brusque, oubliant ses blessures et ressentit immédiatement une nouvelle douleur dans le bras.

- Aïe !

Elle baissa les yeux vers son bras et constata qu'on lui avait bandé une partie du poignet et de l'avant-bras. Le bandage était propre et soigné, comme si un médicomage s'en était chargé. Elle releva les yeux vers les rideaux et décida de se lever pour découvrir ce qu'ils cachaient. Elle décala doucement ses jambes et posa les pieds au sol. Elle constata alors seulement qu'elle était vêtue d'une chemise de nuit en soie douce. Elle ne put s'empêcher de se demander qui l'avait changée la veille au soir. Elle chassa d'angoissantes pensées et s'avança doucement vers les rideaux. Elle les saisit fermement des deux mains et écarta les deux lourds morceaux de velours d'un geste vif. La lumière du jour lui sauta au visage, un courant d'air frais giflant sa peau nue. Elle découvrit alors le parc du manoir inondé de soleil. De majestueux paons albinos se réchauffant dans les rayons du matin, ignorant de petites fées qui voletaient autour d'eux pour les embêter. Hermione sentit une nouvelle fois un courant d'air qui lui donna un frisson. La fenêtre fermée laissait pourtant passer de l'air frais entre des grilles qui ne pouvait se fermer. Elle comprit alors l'intérêt des lourds rideaux de velours pour empêcher l'air froid de la nuit de pénétrer dans la pièce. Elle s'adossa contre le mur et contempla le jardin baigné de lumière mais sursauta en entendant un bruit dans la chambre.

Elle se retourna d'un geste brusque et se glissa par reflexe derrière le rideau. Elle entendit de petits bruits de pas précipités, sans pouvoir voir qui se trouvait dans la chambre. Elle attendit sans un bruit.

- Miss Granger ? Fit alors une minuscule voix.

Hermione n'osa pas répondre.

- Miss Granger, répéta la voix. Où êtes-vous ? Je suis Hoba, l'elfe de Maison de Maître Draco.

« Maître Draco ? » pensa Hermione.

- Je suis là ! lança Hermione en sortant de derrière le rideau.

- Ah, soupira l'elfe l'air soulagé. Que souhaitez-vous pour le déjeuner Miss ?

Hermione, ne s'attendant pas à un tel accueil, ne sut que répondre.

- Miss ? insista l'elfe.

- Des toasts grillés, de la confiture et un œuf, répondit finalement Hermione en espérant ne pas paraître ridicule.

- Bien Miss, répondit l'elfe en se courbant si bas que son énorme nez touchait presque le sol.

Il se retourna et quitta la pièce sans un bruit. Hermione tendit le cou pour tenter de voir ce qu'il se trouvait derrière la porte, mais l'elfe fut trop rapide et elle ne put qu'entrevoir la couleur du parquet du couloir. Elle se rapprocha de la porte et tourna la poignée, mais sans succès. Elle était bel et bien enfermée ici. Elle s'affala sur son lit en se demandant ce qui avait pu pousser Draco Malefoy à la ramener ici. Elle se demanda également comment il avait pu convaincre ses parents de l'héberger comme un hôte de marque, à l'exception près que ces derniers devaient surement avoir l'autorisation de sortir de leur chambre.

La poignée de la porte émis un grincement qui fit de nouveau sursauter Hermione. Elle vit alors un plateau rempli de toasts se diriger vers elle. Elle constata que de petits pieds se déplaçaient sous le plateau et entendit la minuscule voix de Hoba.

- Votre petit déjeuner Miss Granger.

L'elfe posa le plateau sur le bord du lit et s'éclipsa sans un bruit, mais avant qu'il n'ait pu refermer la porte derrière lui, Hermione lui lança :

- Hoba ! Merci.

Sa voix était douce et contenait toute la gentillesse dont elle était capable de produire en cette instant. L'elfe s'arrêta net en entendant ces mots mais ne se retourna pas. Il baissa la tête pour observer ses pieds et sans un mot de plus, referma la porte derrière lui.

Hermione contempla le plateau avec envie. Elle ne savait pas s'il était très prudent de s'empiffrer des victuailles proposées par un Malefoy mal réveillé. Mais son ventre hurlait de faim, elle ne put s'empêcher de saisir un toast grillé et de mordre dedans. Elle mâchât doucement comme si un quelconque poison se manifesterait au contact de sa bouche, mais elle ne sentit rien. Elle mastiqua un peu plus et attendit, mais toujours rien. Sentant que de toute façon, elle ne tarderait pas à mourir de faim, elle sauta sur le plateau et entrepris de tartiner consciencieusement chaque toast avec de la confiture. Elle dévora ses œufs, vida le pot de confiture et engloutit chaque toast sans en laisser une miette. Elle s'affala de nouveau sur son lit et profita de cet instant où elle avait le ventre plein.

En observant le plafond de son lit, elle repensa à Charles et Sidney. Elle se demanda où on les avait emmenés, s'ils étaient envire en vie, si eux aussi avaient pu bénéficier de l'aide d'un ennemi bienveillant. Ces réflexions furent interrompues par le bruit de la porte qui s'ouvrait pour la troisième fois. Hoba se glissa dans la chambre et s'inclina une nouvelle fois devant elle.

- Si Miss Granger veut bien me suivre pour que je lui montre sa salle de bain.

- Ma… commença Hermione. Ma salle de bain ?

- Oui Miss, répondit Hoba en se redressant. Maitre Draco a insisté pour que vous utilisiez la salle de bain bleue.

- Où est Maître Draco ? demanda Hermione d'un ton un peu trop brusque à son gout.

- Mon Maître vous attend dans le petit salon Miss, mais il souhaite que vous preniez un bain tout d'abord.

- ok, répondit Hermione qui regrettait à présent sa question. Je te suis.

L'elfe ouvrit alors la porte et sortit dans le couloir. Hermione le suivit d'un pas vif, hâtive de découvrir l'extérieur de sa chambre. Elle entoura ses bras autour d'elle pour se protéger du froid qui régnait dans le couloir malgré la chaleur extérieure de l'été. Elle avait les jambes nues, elle espéra au fond d'elle-même ne pas croiser quiconque à cet instant précis. Elle suivi l'elfe dans le couloir qui a son grand soulagement, ouvrit la porte d'une pièce qui jouxtait sa chambre. Elle pénétra alors dans une magnifique salle de bain recouverte de marbre bleu. Une immense baignoire montée sur des pieds en forme de pattes de lion trônait au centre, sur le côté était posé une vasque de marbre blanc sur un meuble en bois foncé, surplombée d'un grand miroir encadré dans du bois doré. Un paravent décoré de motifs japonais permettait de se changer discrètement à côté de la baignoire, et pour parfaire e magnifique tableau, une large fenêtre donnait sur les jardins baignés de soleil.

- Vos vêtements sont derrière le paravent Miss, couina Hoba en s'inclinant une nouvelle fois devant Hermione.

- Merci Hoba, répondit-elle en contemplant la salle de bain. Et je t'en prie, ajouta-t-elle en se retournant vers lui, appelle moi Hermione.

L'elfe s'inclina encore plus bas et grinça entre ses dents.

- Je ne peux pas Miss, Maître Draco l'a interdit.

- Alors si Maître Draco l'a interdit, ne le fait pas.

L'elfe la regarda avec de grands yeux et tourna les talons d'un geste maladroit. Il se précipita vers la sortie et claqua la porte derrière lui en couinant de surprise. Hermione soupira. Elle s'approcha de la baignoire et fit pivoter le robinet d'eau chaude. Un filet d'eau claire et fumante s'échappa alors du tuyau ouvragé et la baignoire commença à se remplir. Cela faisait de nombreuses semaines qu'elle n'avait pas pris de vraie douche, elle allait donc profiter au maximum de ce bain.

« Maître Draco pourra attendre » pensa-t-elle avec un rire sarcastique.

Elle ôta sa chemise de nuit et se glissa délicatement dans le bain brûlant. L'eau lui caressa la peau et Hermione se demanda si elle avait déjà ressenti une sensation aussi agréable. Elle se pencha sur la question et se rappela le cours de potion avec Slughorn en 6ème année. Il avait préparé un filtre d'amour qu'elle avait senti. Les odeurs lui avaient alors pénétré les pores et elle s'était soudainement sentie si apaisée et détendue. Elle pensa à Ron. Elle n'avait pas réussi à savoir où il était, mais son trop bref échange avec Ginny lui avait fait penser au pire. S'ils avaient été capturés, elle ne donnait pas cher de sa peau. Elle ne savait pas quel miracle Ginny était encore en vie, mais elle doutait fortement de la survie de Ron. Elle ferma les yeux et sentit une larme se mélanger aux gouttes d'eau qui perlaient sur son visage.

« NON ! » lança-t-elle à voix haute.

« Ron ne peut pas être mort, ce n'est pas possible » pensa-t-elle. Mais tout l'amour qu'elle lui portait ne pouvait la convaincre que son amant avait survécu à cette horrible guerre. Elle pleura alors pour la première fois à chaudes larmes depuis des semaines. Ces larmes qu'elle avait retenues au plus profond d'elle-même pour ne pas laisser paraître de faiblesse. Même devant Charles elle ne les avait pas sorties. Même en entendant la voix de Ginny elle les avait retenues. Mais ce matin, dans la vapeur du bain brûlant, elle ne pouvait plus les garder en elles. Les larmes salées se mélangèrent à l'eau fumantes et disparurent avec l'espoir de revoir un jour vivant l'homme qu'elle aimait.

Elle ne savait pas combien de temps elle était restée dans l'eau, mais la peau de ses doigts avait commencé à se friper. Elle entendit toquer doucement à la porte, puis la voix de Hoba traversa le panneau de bois.

- Miss ? tout va bien ?

- Je vais bien Hoba, je te remercie.

- Maitre Draco vous attend Miss.

- Dis à Maître Draco que j'arrive.

Appeler Malefoy de cette manière était tout sauf plaisant pour Hermione. Mais si elle voulait pouvoir obtenir quelque chose de cet elfe, il fallait jouer son propre jeu. Elle savait que Malefoy avait dû lui donner des instructions très strictes quant au comportement qu'il devait adopter avec elle. Mais elle caressait l'espoir d'être plus intelligent que lui, et de découvrir un détail qu'il aurait oublié. Elle prendrait le temps qu'il faut, mais elle découvrirait une faille dans les ordres donnés à Hoba par Malefoy, et en profiterait pour utiliser l'elfe contre lui.

Elle sortit de l'eau et se sécha à l'aide d'une serviette posée en évidence à côté de la baignoire. Elle passa ensuite derrière le paravent et découvrit les vêtements qu'elle allait devoir porter. Une robe noire cintrée à la taille, pourvue d'une ceinture dorée, recouverte d'une veste noire également. Elle se demanda si l'ambiance était toujours aussi sombre chez les Malefoy, puis se rappela le goût prononcé de son ennemi pour les costumes noirs qu'il portait souvent à l'école lors de leur dernière année. La robe était accompagnée d'une paire de collants semi-opaques et de chaussures à talon hauts. La qualité des vêtements ne faisait aucun doute, et une nouvelle fois, Hermione se demanda comment Malefoy avait pu convaincre ses parents de lui procurer tout ça pour elle. Elle s'habilla puis s'observa avec mépris dans le miroir. Ces vêtements portaient la mort et la trahison sur eux. Malefoy et sa famille étaient responsables de la disparition de nombre de ses amis et elle allait faire ami-ami avec eux ? son reflet la dégouta si bien qu'elle détourna le regard. Elle posa la main sur la poignée de la porte et l'ouvrit d'un geste vif.

Hoba l'attendait dans le couloir et lui fit signe de le suivre. Le cœur d'Hermione battait à tout rompre, ne sachant pas ce qui l'attendait dans le petit salon. Allait-elle subir une humiliation de plus ? Allait-elle devoir entrer au service de son ennemi ? Quelles atrocités lui réservait-on encore ?

Elle suivi Hoba à travers le manoir, en se rendant alors compte de la multitude de pièces qu'il contenait. Elle s'interrogea ce qui pouvait se trouver derrière chacune des portes fermées qu'elle dépassait, se demandant quand Hoba allait s'arrêter pour lui proposer d'entrer. Ils descendirent deux étages et traversèrent le hall d'entrée. Puis Hoba s'arrêta net et fit signe à Hermione d'entrer dans une pièce qui se trouvait à côté du grand escalier qui montait dans les étages. Hermione sentit son cœur tambouriner contre ses côtés lorsqu'elle poussa le panneau de bois pour entrer dans la pièce.

Draco Malefoy était assis sur un fauteuil en velours vert sombre, un verre de whisky à la main, le bras nonchalamment posé sur l'accoudoir. Un exemplaire de la Gazette du Sorcier lévitait devant lui grâce à sa baguette pointée vers le journal.

- Hum hum, tenta Hermione, ne sachant quoi faire.

- Assied toi, fit la voix de Draco.

Hermione vit son doigt pointer le fauteuil installé en face de lui. Elle hésita quelque seconde puis rassembla son courage et avança vers le fauteuil. Elle traversa la petite pièce en tentant de ne pas se tordre la cheville sur ses talons hauts, et s'installa dans le regarder sur le fauteuil de velours. Elle croisa ses jambes devant elle et se redressa pour paraître la plus rassurée possible.

Malefoy avait le visage caché par le journal lévitant devant lui. Il tournait son verre de Whisky dans sa main gauche et pointait toujours sa baguette vers le journal pour le maintenir en l'air. Hermione ne savait pas comment réagir face à cette situation plus qu'incongrue. Elle était sans défense, à la merci de son ennemi qui pouvait à présent reprendre son occupation favorite lorsqu'ils étaient à Poudlard, la torturer.

Elle se demanda où étaient ses parents, mais n'eut pas le temps de pousser sa réflexion plus loin. La baguette de Malefoy s'agita et le journal se plia délicatement en deux, puis alla de lui-même se poser sur le guéridon placé à la gauche de Malefoy, découvrant ainsi son visage.

- Bonjour Hermione, dit-il enfin d'une voix sombre.

A suivre...