RAR / MOI : Merci beaucoup pour ta dernière RV ça me fait extrèmement plaisir de lire ce genre de commentaires. Je vais donc continuer sur cette voie j'espère que la suite te plaira.
Chapitre 7 : Le plan de Malefoy
Hermione regardait la foule qui s'avançait sur le pont menant à l'entrée principale de l'école. Une masse compacte, vêtue de noir, menée telle des robots mécaniques par un être au visage de serpent, s'avançait silencieuse. Entre Voldemort et ses fidèles se tenait Hagrid. Autour du cou du géant étaient liées de lourdes cordes, tenues par des Magemorts qui l'empêchaient de s'échapper. Hermione regarda autour d'elle et constata que les survivants de la bataille s'étaient regroupés sur ce qu'il restait des marches qui menaient à la grande porte. Elle sentit Ron s'approcher d'elle, sa chaleur lui réchauffant quelque peu le cœur. Elle savait que si Voldemort se tenait devant elle, cela signifiait que le plan de Harry avait fonctionné, elle redoutait simplement le moment où on allait lui confirmer la mort de son meilleur ami. La main de Ron se glissa dans la sienne alors qu'elle entendait la voix de Ginny s'élever de la foule silencieuse.
- Qui est ce ? Neville ! Dans les bras de Hagrid, qui est-ce ?
Elle sentait la peur dans la voix de Ginny, cette même peur qui lui pressait le cœur comme une main invisible, puissante. Mais une autre voix s'éleva comme pour répondre à la question de Ginny. Une voix sifflante, horriblement aigue, provenant de la foule sombre qui s'était arrêtée à quelques dizaines de mètres devant eux.
- Harry Potter est mort !
- NON ! Hurla Ginny en se précipitant en avant.
Son père l'attrapa par le bras et l'empêcha de se jeter sur Voldemort qui d'un geste du bras, fit taire toute contestation. Hermione ferma les yeux, sentant la main de l'homme qu'elle aimait se refermer sur ses doigts tremblants. Elle sentit une larme couler le long de sa joue et ouvrit les yeux pour voir Malefoy descendre les marches pour rejoindre son maître. Elle le vit traverser les survivants, parcourir les quelques mètres qui le séparaient de Voldemort et étreindre celui qu'il appelait le Seigneur des Ténèbres. Harry l'avait sauvé, mais il rejoignait quand même celui qui était responsable de tant de haine, d'horreurs et de tristesse. Visiblement, Draco Malefoy n'avait pas compris l'importance de l'amour. Elle l'observa rejoindre ses parents dans la foule de Mangemorts alors que Voldemort exhortait les quelques survivants à le rejoindre. Son regard se détourna de Malefoy pour se poser sur le dos de Neville qui fit quelques pas en direction de Voldemort. Elle senti un vide se creuser dans son estomac alors que Ron esquissa un geste pour s'avancer à son tour. Elle le retint par une pression de la main et Ron se retourna.
- Attends, chuchota-t-elle.
- Attendre quoi ? répondit Ron à voix basse.
- Regarde, ajouta Hermione en montrant Neville d'un geste du menton.
Ron se tourna à nouveau vers Neville qui avait pris la parole. Son discours fit l'effet d'un feu d'artifice dans le cœur d'Hermione, remplissant immédiatement le creux qu'avait provoqué Neville en s'avançant vers Voldemort. Elle le vit tirer l'épée du chapeau et s'élancer vers la foule qui se tenait devant lui. Voldemort tira sa baguette et Neville fut projeté en arrière. Les mangemorts s'élancèrent à leur tour vers les survivants. Les maléfices fusèrent dans tous les sens.
Ron tenait toujours fermement la main d'Hermione qui le tira en arrière pour se replier dans la grande salle. Kingsley faisait tout son possible pour enchainer les sortilèges de protection mais les mangemorts étaient trop nombreux. Hermione entendit alors un grondement au-dessus d'elle. Elle leva les yeux vers le plafond du grand Hall et poussa un cri en voyant tout un pan du mur s'effondrer sur le petit groupe qui s'était formé autour d'elle et Ron. Elle sentit la main de Ron glisser entre ses doigts, puis sentit quelqu'un la pousser violemment sur le côté. Elle évita de justesse un tas de gravats qui s'effondra sur le sol dans un fracas assourdissant. Un nuage de poussière envahit alors le hall, filtrant la lumière du jour. La seule lumière provenait à présent des maléfices que les Mangemorts envoyaient à l'aveuglette à travers la poussière.
- RON ! Appela Hermione en vain. RON ! Où es-tu ?
Personne ne lui répondit. Le bruit assourdissant de la bataille couvrait le son de sa voix. Elle s'élança alors à travers la poussière, respirant à travers sa manche pour ne pas tousser. Elle grimpa les escaliers encore debout pour tenter de retrouver Ron.
- RON ! hurla-t-elle à nouveau.
Elle balaya du regard l'espace autour d'elle. Des cadavres non identifiés jonchaient les escaliers, des traces sombres sur les murs témoignaient de la violence des combats, des bruits sourds et lointains se faisaient entendre, des cris stridents se rapprochaient.
- RON !
Une nouvelle explosion éventra le mur auprès duquel elle se trouvait. Elle se précipita dans un couloir pour échapper à la vague de poussière qui submergea le peu d'air qu'il restait dans le grand hall.
- RON !
Elle se mit alors à courir. Evitant les pierres qui tombaient du plafond fragilisé par les combats, elle se retourna pour entrevoir une ombre derrière elle.
- RON !
Elle s'arrêtât en pleine course pour se retourner et affronter son poursuivant. Baguette levée devant elle, elle scrutait l'épais nuage qui obstruait la vue du couloir. Les bruits sourds des combats se faisaient de plus en plus lointains. Soudain, elle sentit quelqu'un la bousculer. Elle fit volteface et se retrouva nez à nez avec Malefoy.
Il la regardait, l'air apeuré, sa baguette pointée sur elle.
- Malefoy ! Lança Hermione d'une voix forte pour couvrir le bruit d'une nouvelle explosion. Aide-nous !
- STUPEFIX !
Quand Hermione leva les yeux vers le jeune homme qui se trouvait devant elle, ses souvenirs étaient plus frais que jamais. Une violente haine lui brula les poumons, prête à sortir et à se jeter sur celui qui était responsable de la mort de tant d'entre eux.
Maintenant qu'elle pouvait l'observer avec attention, elle constata que son visage avait changé depuis la bataille de Poudlard. Son regard de chien battu avait disparu, on ne lisait plus la peur sur son visage pâle mais l'assurance et le calme. Hermione ne put s'empêcher de penser à ce qu'il avait pu lui faire après l'avoir stupéfixée, quelles tortures avait-elle dû subir alors qu'elle était évanouie ? Quels maléfices lui avait-il jeté pour se venger de toutes les humiliations qu'il avait dû subir avant la mort de Harry ?
- Tu penses trop.
Même sa voix avait changé. Elle n'avait plus l'air traînant que Hermione détestait tant. Il semblait beaucoup plus sûr de lui et si peu enclin à la traiter avec respect qu'elle se demanda pour la centième fois depuis le début de la matinée ce qu'elle faisait là.
- Qu'est-ce que je fais là ? demanda-t-elle à son ennemi.
- Je t'ai sauvé la vie, répondit Draco en la fixant du regard.
- Tu aurais pu t'abstenir.
A sa grande surprise, Hermione ne reconnut pas sa propre voix. Elle était sarcastique et méprisante.
- Quelques semaines à côtoyer les mangemorts t'ont fait le plus grand bien à ce que je vois, s'amusa Draco en croisant les jambes devant lui.
Il porta son verre à ses lèvres et bu une gorgée du liquide ambré. Hermione remarqua qu'il portait une chevalière à son annulaire gauche, mais ne put distinguer ce qu'elle représentait. Son regard vers sa main n'échappa pas à Malefoy qui posa également ses yeux sur la bague en argent.
- C'est la chevalière de mon père. J'en ai hérité à sa mort.
Le ton sur lequel il avait dit ces mots était totalement en décalage avec la gravité de ce qu'ils annonçaient. Il avait l'air léger, détendu, presque détaché. Voilà la réponse à la question que se posait Hermione depuis le matin. Le père (et la mère ?) de Malefoy était mort.
- Cela semble t'attrister au plus haut point, lança Hermione toujours avec le même ton sarcastique.
Malefoy leva les yeux vers elle. Elle se sentait sondée de toute part par ses yeux gris, mais ne flancha pas et soutint son regard.
- Je propose qu'on reparte sur des bases saines, annonça Malefoy d'un ton solennel.
Il posa son verre, avança son visage vers Hermione et appuya ses coudes sur ses genoux.
- Je t'ai fait amener ici pour te sauver la vie, reprit-il. Comme tu l'as peut-être déjà compris, mes parents sont morts pendant la bataille. J'ai donc hérité du domaine et de toutes les responsabilités qu'incombent au dernier représentant de la famille Malefoy.
Au fur et à mesure qu'il parlait, sa voix descendait dans les graves et son visage s'assombrissait. Il continua d'une voix sombre et caverneuse.
- Toi Weasley et Potter m'avez sauvé dans la salle sur demande. Je me dois de vous rendre la pareille.
- C'est réussi ! cracha Hermione qui sentait le dégout et la haine remonter le long de sa gorge.
- Je n'ai rien pu faire pour Potter et j'ignore où est Weasley. Mais toi, j'ai pu te sauver. J'ai fait mon possible.
- Tu travailles au ministère, le coupa Hermione. Cela ne devrait pas t'être trop compliqué de demander où se trouve Ron…
- Le ministère de la magie n'est plus celui que tu connais, répondit Malefoy d'un ton sec. Les choses ont changé. Il n'y a qu'une poignée de mangemorts privilégiés qui ont accès à des informations aussi confidentielles. Je n'en fais pas partie.
Hermione fut surprise par le ton qu'employait Malefoy. Elle avait l'impression qu'il cherchait à se justifier de ne pouvoir rien faire pour Ron. Mais elle n'était pas dupe. Elle connaissait Malefoy et savait qu'il ferait tout pour retrouver les bonnes grâces de Voldemort.
- Et tu crois qu'héberger une née moldue chez toi va t'aider à rejoindre le club ? demanda Hermione d'une voix glaciale.
Malefoy la regarda d'un air inquiet, puis se redressa pour s'adosser au fauteuil.
- Si tu veux je peux te renvoyer d'où tu viens, répliqua-t-il. J'aurais fait mon possible pour te sauver et j'aurais la conscience tranquille.
- C'est juste un problème de conscience hein ? Pas du tout une volonté de sauver une vie.
- Ecoute, répondit-il d'un ton plus calme que celui auquel Hermione s'attendait. J'ai un marché à te proposer.
- Non.
- Attends au moins de savoir de quoi il en retourne, ajouta-t-il.
- Non.
Hermione était catégorique. Elle ne voulait pas traiter avec Malefoy. Pactiser avec celui qui l'avait enfermée, qui avait abandonner Ron à une mort certaine, qui avait laissé torturer Ginny, était pour elle impossible.
- Je t'explique quand même. Pour rentrer dans les bonnes grâces de Voldemort et de son cercle, j'ai besoin d'une femme.
Hermione ouvrit grand les yeux, ne s'attendant pas à une telle révélation. Elle voulut ouvrir la bouche pour parler mais Malefoy leva la main pour la faire taire.
- J'ai fait des recherches sur les familles de sang pur d'Europe et d'Amérique du Nord. J'ai contacté l'une d'entre elle, les Fawley, une branche des Fawley d'Angleterre qui a immigré en Amérique du Nord. Ils ont une fille, Mathilda Dorine Fawley, qui est une cracmol. Pour eux il est impensable que leur fille soit considérée comme une Cracmol, alors je leur ai proposé un marché.
- A eux aussi ? ironisa Hermione.
Malefoy la regarda d'un air sévère et continua.
- Ils ont décidé d'envoyer vivre leur fille dans le monde moldu de manière anonyme et nous avons convenu de faire croire que toi, tu serais leur fille qui se serait marié avec moi.
Hermione le regarda sans broncher. Plus aucun sarcasme ne lui venait en tête, elle n'avait pas envie de rire, ni de se moquer de lui. La peur lui saisit le cœur et serra plus fort à mesure que Malefoy dévoilait son plan diabolique.
- Ainsi, tu serais considérée comme une sang-pur, je pourrai te présenter à mes relations et entrer dans le club fermé des proches du Seigneur des Ténèbres.
- Qu'est-ce que j'y gagne moi ? lança Hermione.
- Je pourrai avoir accès à des informations que tu recherches, comme par exemple, où se trouve Weasley, ou ce que sont devenus tes amis.
Hermione le regarda de biais. Elle ne savait pas si elle pouvait lui faire confiance. Il saisit à nouveau son verre de Whisky et la toisa en attendant une réponse de sa part.
- Polynectar ? demanda simplement Hermione.
Malefoy compris et hocha la tête.
- Qu'est-ce que tu attends de moi au juste ? finit-elle par lâcher.
- Que tu te comportes en parfaite héritière d'une famille de Sangs-purs qui tiennent à leur statut et à leur rang. Que tu me fasses passer pour l'homme le plus heureux et que tu me hisses dans les hautes sphères du pouvoir. Que tu sois mienne et que tu m'obéisses en toute circonstance.
- Rien que ça ? répondit Hermione en ricanant.
Elle secoua la tête en visualisant tous les efforts que représenterait l'acceptation de ce marché. Impossible. Impossible.
- Tu rêves… crachat-elle plus pour elle-même que pour Malefoy.
- C'est ta seule option. Si tu refuses, je te renvoi dans ton cachot moisi où tu finiras par mourir des sévices que Dhal inflige tous les jours aux nés moldus, sans jamais savoir ce qu'il est arrivé à Weasley et aux autres.
Le nom prononcé de Ron fit jaillir une image de lui devant les yeux d'Hermione. Elle s'était jurée qu'elle ferait n'importe quoi pour pouvoir le revoir une dernière fois. Est-ce que n'importe quoi consistait en supporter Malefoy jour et nuit jusqu'à la fin de ses jours ?
- J'ai besoin d'une réponse, lança Malefoy, la sortant de ses réflexions.
- Sinon quoi ? tu appelles ton gorille dehors pour qu'il me tabasse à nouveau ?
Malefoy se leva d'un geste brusque et fonça sur elle. Il posa ses mains sur le dossier du fauteuil d'Hermione, l'obligeant à plaquer son crâne contre le dossier pour ne pas se cogner contre lui.
- Ecoute moi bien, sale petite sang de bourbe ! Tu es chez moi ici, c'est moi qui décide de tout. Tu n'as aucun droit, aucune valeur. Si tu m'ennuie je peux te tuer, personne ne viendra me demander de rendre des comptes. Alors je te conseille d'arrêter immédiatement tes petites remarques si tu ne veux pas finir sur la table de Miss Dahl. Je peux te garantir qu'elle sait faire preuve d'imagination quand il le faut.
Hermione sentait son cœur battre contre ses côtes. Le souffle glacé qui s'échappait de la bouche de Malefoy à quelques centimètres de son visage lui avait gelé le corps. Incapable de répondre, elle se contenta de hocher la tête pour lui signifier qu'elle avait compris.
Il se redressa, la libérant de son emprise et afficha un air satisfait.
- Bien, lança-t-il pour clore la conversation. Il me semble que nous avons un accord. Viens avec moi, je vais te montrer quelque chose.
Il lui tourna le dos et se dirigea vers la petite porte par laquelle Hermione était entrée. Hermione le regardait avec effroi, sentant une larme couler le long de sa joue. Elle s'essuya discrètement le visage d'un revers de la main et se leva pour le suivre. Mieux valait pour l'instant faire comme bon lui semblait, pour avoir le temps plus tard d'échafauder un plan d'évasion. Sans un mot, Malefoy la guida à travers le manoir, montant des escalier, empruntant des couloirs chargés de décorations compliquées. Au bout de quelques minutes, il poussa un porte sans serrure dont le mecanisme d'ouverture s'enclancha au contact de sa main sur le bois noir. Hermione le suivit et pénétra dans une minuscule pièce sans fenêtres, éclairée par de simples bougies posées sur des présentoirs fixés aux murs. Au fond de la pièce se trouvait une étagère contant des centaines de fioles identiques, toutes marquées d'un M. Elles contenaient le même liquide vert brillant à l'intérieur, illuminant le fond de la pièce d'une lueur verte. Malefoy fit un geste de la main pour indiquer à Hermione d'avancer, puis se décala pour la laisser passer.
- Il se trouve que Mathilda Fawley est une magnifique jeune femme, très élégante et discrète. Ca ne devrait pas te poser de problème non ?
Hermione compris alors que les centaines de fioles contenaient du Polynectar déjà prêt pour la transformation. Elle aurait voulu s'enfuir, mais elle savait que Malefoy tenait sa baguette dans sa poche, elle ne voulait pas risquer de mourir maintenant. Elle s'approcha de l'étagère, saisi une fiole au hasard, en retira le petit bouchon de liège, pencha la tête en arrière et versa le liquide scintillant dans la bouche.
A suivre...
