Derek regarda le louveteau, le petit s'élança vers Stiles, atterrissant directement dans ses bras et l'étreignit sans aucune gêne. Il devait avoir environ neuf ans, peut-être dix et Derek pouvait se souvenir qu'à cet âge il se sauvait de toute étreintes que sa Meute, sa famille avait essayé de lui donner. Bien sûr aujourd'hui il le regrettait, mais il ne pouvait pas le savoir à l'époque.

Mais ce petit, ça ne semblait pas le déranger du tout et Derek se mit à penser que c'était peut-être juste quelque chose à propos de Stiles. Quelque chose à propos de Stiles qui attirait les jeunes et les âmes pures et innocentes. Ce petit. Isaac. Isaac semblait être attiré vers Stiles et ce n'était pas d'une façon sexuelle, c'est de la façon qu'un petit au cœur brisé se presserait contre son Alpha. Juste assied dehors, Isaac ne semblait pas vouloir s'éloigné de Stiles, réagissant aux nouvelles personnes, à la nouvelle situation en s'appuyant sur la personne qui lui procurait un sentiment de sécurité. Et cette personne n'était pas son Alpha, non, cette personne était Stiles.

Stiles avaient toujours attiré les gens dans le besoin semblait-il. Putain, des fois Derek se disait que c'était pour cela que Stiles l'attirait. Derek était un homme brisé et il s'émiettait d'une façon que personne ne pouvait imaginer, mais il y avait juste quelque chose à propos de Stiles. Il y avait toujours eu quelque chose à propos de Stiles. Ses frôlements accidentels brûlaient la peau de Derek et même s'il s'éloignait du contact en grondant, cela ne changeait pas le fait que ce contact éveillait quelque chose en lui à chaque fois. Et cela faisait peur à Derek, lui faisait plus peur qu'il ne voudrait jamais l'avouer parce qu'il n'était pas capable de s'imaginer autrement que froid et gelé à l'intérieur. C'était complètement en dehors de sa zone de confort.

Et pourtant, graduellement il découvrit que Stiles n'avait même pas besoin de le toucher pour adoucir la douleur des souvenirs. C'était son sourire. C'était la façon qu'il avait de faire sentir à quelqu'un qu'il était le seul dans la pièce, le seul sur lequel il avait l'intention de porter son attention. La manière qu'il avait de le faire sans effort, juste parce que c'était dans sa nature. C'était magnifique. Stiles était magnifique.

Derek ne l'était pas. Derek était plein de bords tranchants, il était rempli de souvenirs douloureux et de mots durs et il ne pouvait prendre la chance de ruiner Stiles. Il ne voulait pas ruiner la beauté de Stiles. Il ne le pouvait tout simplement pas. En même temps, il n'avait jamais vraiment été capable de se tenir loin.

Il s'était toujours senti égoïste et mauvais quand il voyait les sourires de Stiles, et qu'il les emmagasinait en lui, dans ses souvenirs. Il s'était toujours senti comme s'il commettait un sacrilège, altérant sa perfection; mais ça ne voulait pas dire qu'il pouvait s'en empêcher.

Alors cette fois-ci, comme toutes fois d'avant, Derek regarda de loin alors que Stiles soulevait le petit beaucoup trop facilement pour un humain. Une autre évidence que quelque chose à propos de Stiles n'était plus aussi innocent ou aussi fragile maintenant. Un rappel que Stiles avait aussi quelques bords tranchants dorénavant. Le petit éclata de rire et il n'y avait plus eu de rire comme ça dans la maison Hale depuis des années. Pas depuis Stiles. Derek ne pouvait pas expliquer pourquoi; parce que les gens riait, sa Meute riait, mais pas de cette manière. Pas avec cet abandon et cette absence total de soucis, pas avec des yeux qui brillaient et une joie totale s'inscrivant dans tout leur traits.

La Meute de Stiles – Dieu que Derek détester penser ça! – se tenait un peu sur le côté en observant et Derek remarqua qu'ils regardaient Stiles comme s'il était celui qui était en charge. Comme s'il avait un rang plus élevé. Peut-être que c'était le cas. Ça faisait du sens, parce qu'il n'y avait jamais rien eu à propos de Stiles qui avait été soumis. Même quand il s'était écrasé devant les menaces de Derek, il ne s'était jamais soumis. Il n'avait jamais exposé sa gorge, pas une seule fois. Et maintenant, maintenant il y avait quelque chose en regardant Stiles être un loup-garou qui fit penser à Derek que Stiles était un loup-garou exceptionnel. Ce à quoi Derek ne voulait pas penser c'était à ce Béta de tête, celui dont tout le monde parlait. Il ne voulait pas penser à la possibilité que Stiles exposerait sa gorge pour lui.

Tout comme Derek ne voulait pas rencontrer ce gars, Sax, celui avec qui Stiles couchait. Ça le rendait malade et il voyait rouge, ça lui donnait envie de s'arracher les yeux, juste pour voir si ça l'aiderait à se sentir mieux.

Une fois que Stiles déposa le garçon, même si le petit resta près, sans doute par instinct maintenant qu'il était en territoire étranger, les deux autres arrivants se rapprochèrent. Les deux passèrent leurs bras autour de Stiles en même temps, instinctivement, le marquant avec leur odeur. La femme était visiblement la mère du petit si on se fait à leur ressemblance. Tout les deux avaient la peau mate et les cheveux foncés, avec les pommettes hautes. Ils avaient presque une allure féline, mais ils se comportaient et avait l'odeur des loups.

Le mâle était plus court et avait une masse compacte, bâti comme Boyd avec juste un peu moins de poids. Il était tout sourire, mais il y avait quelque chose dans ses yeux qui disait clairement qu'il défendrait ses compagnons de meute sans aucune hésitation. Ses yeux restaient fixés sur l'enfant, s'assurant qu'il n'était pas en danger et Derek pouvait très bien comprendre cela. C'était la raison pour laquelle Lexie était à l'intérieur avec Allison et n'était pas sortie dehors.

Il se dit que cela en disait long qu'ils soient venu sur le territoire de Derek avec un louveteau. Il se dit qu'ils devaient vraiment être confiants dans leurs habiletés guerrières et il devait admettre que si les rumeurs étaient vraies, cette confiance était bien méritée.

La preuve de la position dominante de Stiles fut démontrée alors qu'il lécha leur gorge à tout les deux, rapidement, comme s'il en avait besoin alors qu'il goutait à leur peau avant de se blottir contre leur gorge, les marquant de son odeur. Cette vue fit mal à Derek parce que ça lui faisait réaliser à quel point les membres de cette Meute étaient près les uns des autres. Ils n'avaient pas été séparé pendant très longtemps et pourtant ils accueillaient Stiles comme sa propre meute aurait du le faire. Ils l'accueillaient comme si ça faisait des années qu'ils ne l'avaient pas vu et non pas des jours et cette dépendance, ce besoin montrait clairement à quel point les liens qui les unissaient étaient forts.

Ils étaient une famille et Derek se senti jaloux non seulement parce qu'il devait admettre que les liens de sa Meute n'étaient pas aussi fort – ils l'étaient, il ne disait pas qu'ils ne l'étaient pas, parce qu'ils l'étaient, mais ceux de la Meute de Stiles étaient à un tout autre niveau – mais aussi parce qu'il voulait avoir ce droit. Il voulait pouvoir être aussi près de Stiles sans avoir à se sentir honteux de quoi que ce soit. Il voulait être aussi confortable avec lui et que Stiles soit aussi confortable en retour.

Celui qui était arrivé en moto, Lee, se tint un peu à l'écart des deux autres alors qu'ils se détachèrent finalement de Stiles. Lee était surprenant dans le fait qu'il semblait parfaitement content d'être un peu à l'écart de sa Meute, demeurant avec la Meute de Derek alors que Stiles était accueilli. Derek ne manqua pas les regards protecteurs que Lee envoyait à Isaac; ni la façon dont Isaac avait été celui qui avait été présenté en premier. Il avait été remercié et accueilli pratiquement comme s'il avait fait parti de leur Meute et cela déstabilisa Derek.

Cette phrase que Stiles avait murmurée, «La Meute de Deux,» il ne savait pas pourquoi ça le mettait en colère. Il pensa que c'était parce qu'il ne la comprenait pas. Isaac faisait parti de sa Meute, Stiles avait fait parti de sa Meute, ils étaient plus que deux. Et pourtant Stiles avait insisté sur le fait qu'il n'avait jamais fais parti de la Meute de Derek et Isaac n'avait pas eu l'air de vouloir le contredire. En fait, il avait l'air d'être d'accord. Ce qui était stupide, parce que bien sûr que Stiles avait fait parti de la Meute. Il venait aux réunions de la Meute, flânait avec eux pendant les soirées de Meute, alors Derek ne voyait pas pourquoi il disait qu'il ne faisait pas parti de la Meute.

Il prit une note mentale de demander à Isaac plus tard, parce qu'il savait que Stiles ne lui donnerait pas une réponse directe. Ça l'ennuyait de le savoir sans l'ombre d'un doute.

La femelle fut la première à porter attention à Derek, ce qui était étrange si on tenait compte que la première chose que les loups devaient faire était de reconnaître un Alpha, que ce soit ou non leur propre Alpha. Mais aucun d'entre eux ne l'avait fait, ils ne lui avaient lancé que quelques regards en passant. Cette femelle par contre, elle ne fit que le fixer du regard jusqu'à ce qu'il commence à se sentir inconfortable, surtout qu'il avait l'impression qu'elle le jugeait ou quelque chose du genre.

Derek se demanda ce que ça voulait dire.

«Oh en passant les gars, il y a quelque chose que je pense que vous devriez savoir,» marmonna Stiles et puis texta ce que cette chose était apparemment si on se fiait au fait qu'ils regardèrent tous leur téléphone instantanément.

Les yeux de Lee s'agrandir un peu lors qu'il lu le message et regarda Stiles, «Mec, va falloir que dise ça à Maggie, je pense qu'elle était en train d'aiguiser ses griffes en s'en venant ici.»

«Merde,» murmura Stiles puis il se mit à taper frénétiquement sur son téléphone, visiblement à cette fille, Maggie et Derek se retrouva encore plus confus.

«Est-ce que tu es Derek?»

Il ne s'était pas rendu compte du fait que le louveteau était en face de lui avant qu'il se mette à parler. Il le regarda, surpris que sa mère l'ait laissé s'approcher aussi près de lui, même si Derek n'allait pas faire de mal à un louveteau. Les petits étaient précieux, ils devaient être protégés, c'est ce que ses parents lui avait enseigné.

«Hum… oui,» répondit-il, puisque qu'il ne pouvait pas vraiment mentir et qu'il ne voyait pas de mal à l'admettre.

Il put sentir l'ennui du louveteau presqu'instantanément. «Pourquoi tu n'aimes pas Stiles?» demanda l'enfant de la manière crue que seuls les enfants maîtrisent.

Derek eu à peine le temps d'enregistrer ce qu'il venait d'entendre avant que la panique de Stiles le frappe en vagues alors qu'il se lançait vers le louveteau, l'attrapant par la taille et le secouant un peu alors qu'il l'éloignait. «C'est quoi votre foutu problème les gars, arrêtez de partager de l'information que vous ne devriez pas partagez!» dit Stiles entre ses dents, mais son visage s'adoucit presque immédiatement lorsqu'il vit la moue de l'enfant.

Et Derek ne su pas ce que c'était sensé vouloir dire, mais ce qui était sûr, c'était que Stiles avait parlé de lui au moins un peu. D'une façon ou d'une autre, que ce soit une bonne chose ou non, Derek se surpris à sourire pour la première fois depuis longtemps.