Deux chapitre en deux jours ? OMG c'est Noël avant l'heure !
Bonne lecture !
Chapitre 18 : Un biscuit pour le thé
Hermione sentit ses joues rougir alors qu'elle s'enfonçait un peu plus dans l'eau brûlante du bain.
- Il n'y a pas la place pour deux dans cette baignoire ! lança-t-elle avec force pour que Draco l'entende de derrière la porte.
- Je n'ai pas dit que je voulais te rejoindre dans le bain… mais si tu insistes…
Elle pouvait imaginer son large sourire derrière le panneau de bois, rien qu'au ton sur lequel il avait prononcé ces mots. De quoi avait-elle envie en cet instant ? Ce qui était sûr, c'est qu'elle était bien incapable de répondre à cette question. Sentir à nouveau les bras puissants de Draco la saisir et presser son corps contre le sien n'était pas une perspective déplaisante mais était-ce le moment de penser à s'envoyer en l'air alors que l'homme qu'elle aimait croupissait en prison ? Elle avait mis des semaines à ne plus s'en vouloir la dernière fois. Combien de temps lui faudrait-il cette fois ci.
- Entre, finit-elle par dire d'une petite voix. Mais pas dans le bain.
Elle se recroquevilla sous la mousse en le voyant apparaître à nouveau dans l'encadrement de la porte. Elle savait que ses joues s'étaient à nouveau tintées d'un rouge vif, mais elle s'en fichait. Il agita sa baguette pour faire apparaître un confortable fauteuil à côté de la baignoire, sur lequel il s'installa. Il avait l'air nonchalant quand il leva les jambes pour les poser sur le rebord de la baignoire.
- Je pensais que tu dormais, dit-elle pour enfin briser le silence pesant qui s'était installé entre eux.
- Non, j'ai observé le jardin.
Le cœur d'Hermione manqua un battement. La température de l'eau sembla chuter de plusieurs degrés malgré la vapeur qui s'en échappait toujours. Elle fit semblant de rien et tenta de garder un air assuré.
- Et alors ? tu y as vu des choses intéressantes ?
- Il fait nuit. On ne voyait rien.
Hermione soupira de soulagement. Même si elle ne craignait rien, elle n'avait pas envie de confronter Draco sur la visite de Charles. Il bascula sa tête en arrière et soupira. Hermione posa alors la question restée au bord de ses lèvres depuis des semaines.
- Quand pourra-t-on agir pour libérer Ron et Ginny ?
Draco releva la tête et la fixa d'un air sombre. Ses iris tantôt argentées, tantôt noirs avaient à présent perdu tout éclat. Ils étaient simplement gris, comme les pierres sombres qui formaient les murs de sa prison.
- Tant que nous ne sommes pas mariés, je ne peux rien faire.
- Alors marions nous !
- Tes amis ne nous facilitent pas la tâche je te signale !
- MES amis hein … répondit-elle après un moment de silence.
Elle n'avait pas voulu cacher l'amertume de sa voix et visiblement, Draco l'avait bien entendue.
- Si Amycus continue à nous mettre des bâtons dans les roues, commença-t-il d'une voix étonnamment douce, nous ne pourrons pas aider Weasley et sa sœur. Donc dis-lui de se calmer, lui et sa bande, pour qu'on puisse à notre tour agir.
- quel est ton plan alors ? demanda-t-elle sincèrement intéressée.
- Ecoute…
Son ton était devenu hésitant à présent. Hermione savait pertinemment ce qu'il allait lui répondre, alors elle décida de prendre les devants.
- Si tu ne me fais pas confiance tu peux le dire tout de suite. Ça sera plus rapide.
- Je te fais confiance. C'est juste que je n'ai pas envie qu'il t'arrive quoi que ce soit.
- Il ne m'arrivera rien. Dis-moi quel est ton plan ?
Il l'observa en silence quelques secondes puis bascula de nouveau la tête en arrière.
- On devra les faire exécuter.
- QUOI ? s'indigna Hermione en se redressant si vite qu'une vague d'eau brulante déborda de la baignoire.
- C'est la seule façon de les atteindre. Les geôles des prisonniers en attente d'exécution sont nettement moins bien gardées que celles d'Azkaban ou pour les expériences. Si on veut avoir une chance de les sortir de là, il faudra les faire transférer dans les cellules réservées aux condamnés à mort.
- et si on échoue ? ricana Hermione. Ils mourront !
- On n'échouera pas. On va se faire aider.
- Par qui ? singla Hermione alors incapable de contenir sa colère face au danger que représentait le plan de Draco. Tu as des amis mangemorts qui ont rejoint la résistance ?
- Non, répondit-il simplement. J'ai moi-même rejoint la résistance.
Avant qu'Hermione n'ai pu répondre, il s'était déjà levé et s'apprêtait à quitter la pièce, mais Hermione se leva en éclaboussant à nouveau le sol d'eau brulante.
- Ah non ! tu ne vas pas t'en aller à nouveau.
Elle s'enveloppa d'une serviette et se faufila derrière lui pour lui barrer le chemin. Il baissa les yeux vers elle lorsqu'elle se planta devant lui pour l'empêcher de sortir. Elle sentait son regard glisser sur son corps comme les gouttes d'eau le long de sa peau mouillée.
- Pourquoi tu ne m'en as pas parlé ? demanda-t-elle, sévère.
- Tu ne m'as pas demandé.
Hermione soupira d'exaspération face à la perspective d'avoir un nouveau dialogue de sourds avec Draco.
- Il faut dire que quand je t'ai posé la question la dernière fois, je n'ai pas senti une grande envie de ta part d'en discuter. Et comme je ne suis pas en position de force ici, j'ai préféré m'abstenir.
- Tu crois que ça me fait plaisir de voir que la seule chose qui te meut ici c'est la perspective de retrouver Weasley ? lâcha Draco dans un souffle.
Alors elle avait eu raison. Il était bel et bien jaloux.
- Tu plaisante ? s'indigna Hermione face au caprice puéril de l'homme qui se trouvait face à elle. Tu me fais une crise de jalousie alors que Ron et Ginny sont en train de mourir en prison ? Tu ne penses pas qu'il y a comme un décalage ?
Draco ne répondit rien. Il s'appuya contre le cadre de la porte et l'observa en silence. Il semblait réfléchir à la situation mais ne laissait paraître aucun penchant pour une solution en particulier. Déçue, Hermione se retourna pour retourner dans sa chambre mais elle n'avait pas fait deux pas qu'elle sentit qu'on la retenait par le bras.
- Je suis désolé, soupira Draco dans son dos.
Hermione se retourna et lui fit face à nouveau.
- Je n'arrive pas à faire la part des choses entre ce que je dois faire pour que tu ailles bien, ma position au ministère, et mon devoir de sauver tes amis.
- Alors laisse-moi t'aider ! supplia Hermione. Ne t'enferme pas seul dans ce plan !
- C'est trop dangereux…
- C'est sûr que je n'ai jamais vécu de guerre, ni survécu à une plusieurs batailles, je n'ai jamais infiltré le ministère, jamais…
- Je SAIS que tu es capable de tout ça Hermione ! Mais j'ai peur.
Il avait l'air si sincère dans ses paroles qu'Hermione ne put ajouter un mot de plus.
- Va t'habiller, je ne veux pas que tu attrapes froid, finit-il par dire en lui déposant un baiser sur le front.
Le lendemain matin, Hermione se réveilla de bonne heure. Le jour tardait à faire son apparition mais le bruit des volets battants au vent avait eu raison de son sommeil profond. Comme à son habitude, elle descendit les escaliers menant à la cuisine pour se préparer un petit déjeuner. A sa grande surprise, elle trouva Hoba en pleine activité de préparation de biscuits pour le thé.
- Qu'est ce qu'il se passe ? demanda-t-elle d'une voix encore endormie.
- Oh Miss ! répondit l'elfe de sa voix couinante. Je ne vous avais pas vue. Vous désirez un petit déjeuner ?
- Non je m'en occupe. Pourquoi ce plateau ?
Elle désigna d'un signe de tête un grand plateau en argent sur lequel était disposé une théière et plusieurs tasses en porcelaine.
- Maître Draco m'a demandé de préparer tout le nécessaire pour recevoir des invités cet après-midi, et comme nous n'avions plus de gâteaux, je me dois d'en préparer à nouveau.
- Des invités ? s'inquiéta Hermione. T'a-t-il dit de qui il s'agit ?
- Non Miss, simplement que c'était des gens importants.
Oubliant son petit déjeuner, Hermione remonta les escaliers quatre à quatre et s'engouffra dans le couloir menant à la chambre de Draco. Elle frappa à la porte.
- Oui ? fit la voix grave de Draco derrière le panneau de bois.
Elle poussa la poignée et entra dans la chambre. Des bougies allumées de part et d'autre de la pièce diffusaient une lueur dorée sur les lourdes draperies vertes et argents recouvrant les murs de pierres brutes. Draco était installé sur son lit, occupé à lire des parchemins qui s'entassaient sur les couvertures.
- Qui sont ces invités qui viennent cet après-midi ? demanda Hermione sans autre forme de politesse.
Draco releva la tête et l'observa d'un air étrange.
- Ma tante et des bureaucrates du ministère, répondit-il en se replongeant dans ses papiers.
- Pourquoi tu ne m'en as pas parlé avant ?
- Parce que je ne le savais pas avant. J'ai envoyé un message à ma tante hier soir et elle ne m'a répondu que ce matin. Et avant que tu ne me demande, ajouta-t-il en relevant une nouvelle fois la tête, c'est à propos du mariage.
- Du mariage ? s'étonna Hermione.
- Oui. J'ai réfléchi hier soir, et je pense que nous devons accélérer les choses. Si tout va bien, nous pourrons nous marier le week-end prochain.
Le week-end prochain … Dans une semaine, elle pourrait avoir enfin accès aux informations permettant la libération de Ron et Ginny. Cette pensée illumina instantanément le visage d'Hermione qui ne put s'empêcher de sourire.
- Je vois que la nouvelle te réjouit, constata Draco. Je ne peux qu'imaginer pourquoi.
- Tu sais très bien ce que ce mariage signifie pour Ron et Ginny, ne fais pas comme si tu ignorais pourquoi j'avais accepté de venir ici au départ.
- Je ne l'ignore pas, répondit-il simplement. J'imagine que tu auras l'esprit bien plus tranquille une fois que tu auras quitté l'Angleterre avec eux.
Hermione se figea. Draco avait toujours le nez dans ses parchemins et semblait se satisfaire de l'effet provoqué.
- Je pensais que … commença Hermione.
Draco lâcha ses parchemins et se leva pour s'approcher d'elle.
- Tu pensais que j'allais te demander de rester ici avec moi ? dit-il avec un sourire triste. Et te faire vivre comme une recluse, à ne pas pouvoir mettre le nez dehors ?
- Je ne sais pas… répondit Hermione en baissant la tête.
- Oh mais si tu veux tu peux rester !
Il avait l'air d'un enfant fier de sa blague. Hermione ne put s'empêcher de sourire à l'idée de quitter l'Angleterre avec Ron et Ginny, mais une partie d'elle avait envie que Draco les suive.
- Pourquoi tu ne viendrais pas avec nous ? finit-elle par demander en relevant les yeux vers lui. Plus rien ne te retiens ici.
- Je ne sais pas, hésita-t-il. Tu sais… vivre en tant que fugitif avec les Weasley, c'est bon pour toi ou Potter. Mais moi, je suis fait pour la vie de château.
- C'est ridicule ! s'indigna Hermione tout en s'approchant de lui. Tu ne vas pas risquer ta vie ici tous les jours et participer à ces horreurs alors que tu pourrais t'échapper avec nous pour continuer la lutte dehors !
- Tu sembles très préoccupée par mon sort, dis-moi… répondit-il dans un murmure alors qu'ils n'étaient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre.
- Figure toi que oui, admit Hermione sans le lacher des yeux. Je n'ai pas envie de te savoir seul ici face à tous ces mangemorts.
- Tu auras des scrupules à partir sans moi ?
Il avait maintenant le visage au-dessus de celui d'Hermione qui avait dû lever la tête pour soutenir son regard argenté. Elle sentait son souffle sur son front et la chaleur, que son corps diffusait autour de lui, lui pénétra la peau.
- Je peux ? demanda-t-il doucement en glissant sa main dans le cou d'Hermione.
Elle acquiesça d'un signe de tête et ferma les yeux quand elle senti les lèvres de Draco se poser sur les siennes. Ses mains glissèrent sous le t-shirt de Draco qui frissonna en sentant le froid sur sa peau.
- Tu as froid ? demanda-t-il
- Non, plus maintenant.
Hermione se laissa emporter par la chaleur de leur baiser, et décida qu'elle penserait aux conséquences plus tard. Les remords viendraient bien assez tôt.
La matinée fila à toute vitesse sans qu'Hermione ni Draco n'aient envie que sonne midi. Pourtant, quand Hoba frappa à la porte vers quatorze heures passées, ils durent se rendre à l'évidence. Il fallait se lever.
- Tout est prêt pour le thé Maitre, couina Hoba en s'inclinant pour ne pas voir le spectacle qui s'offrait à lui dans la chambre.
- On arrive, répondit Draco. Prépare-toi à accueillir nos invités.
- Oui Maître. Voulez-vous que je range la chambre Maître ?
- Plus tard ! Nous avons à faire.
- Oui Maître, répéta l'elfe avant de s'éclipser discrètement.
Hermione sorti de sous la couette et constata les dégâts. La chambre était en effet sens dessus dessous. Des vêtements jonchaient le sol à côté de meubles renversés sur le côté. Une draperie pendait lamentablement, les gonds qui la maintenaient habituellement au mur ayant été arrachés. D'un coup de baguette, Draco répara les dégats et chaque objet qui n'était pas à sa place ou cassé se rangea tout seul. Bientôt, un tas de vêtement pliés attendait sagement sur la commode redressée.
- Il faut nous préparer, les invités arrivent bientôt, dit-il en enfilant un caleçon.
- Tu comptes leur faire accepter un mariage express ? demanda Hermione en fouillant dans la pile de vêtement à la recherche de son pyjama.
- Surtout en petit comité. Je n'ai pas envie que la moitié des mangemorts du pays se retrouvent face à nous.
Un élan de tendresse envahi alors Hermione. Toute la reconnaissance qu'elle n'avait pas su exprimer à l'égard de Draco la submergea d'un coup, et incapable de lui résister, elle lui sauta dans les bras.
- Merci… murmura-t-elle en le serrant contre elle.
- De rien ? répondit Draco étonné par cet élan d'affection.
- DRACO ?
Hermione et Draco s'écartèrent soudainement et échangèrent un regard inquiet.
- DRACO NOUS SOMMES ARRIVES !
- Ma tante ! lâcha Draco en regardant le sol.
- Déjà ? s'inquiéta Hermione.
- Tout va bien se passer ne t'en fait pas, dit-il d'un ton rassurant en regardant Hermione dans les yeux. J'ARRIVE TANTE BELLA ! Habille-toi, et n'oublie pas le polynectar. Je t'attends en bas.
Il enfila sa robe de sorcier, agita sa baguette pour se coiffer et fonça hors de la chambre, laissant Hermione seule. Discrètement, elle sorti de la chambre de Draco pour retrouver la sienne, vérifiant à chaque angle de couloir qu'elle était bien seule. Arrivée dans sa chambre, elle s'habilla en quelques secondes et attrapa deux fioles de potions : l'une qu'elle but d'un trait, et l'autre qu'elle glissa dans la poche de sa robe. Elle observa son reflet dans le miroir de sa coiffeuse, inspira un grand coup pour se détendre, et sorti de la chambre.
A suivre...
