Bonsoir !

Je vous avoue que je ne suis pas parvenue à respecter la limite des 500 mots, bouhouhou. Je suis à une centaine de mots au-dessus... J'ai tout donné pourtant, mais je ne pouvais décidément pas écrire moins !

J'espère que ça vous plaira quand même.

Réponse aux reviews

Ly-Lyra : Tu n'imagines même pas à quel point ta review m'a touchée. Moi aussi, je me répète, mais merci... Je ne savais pas que tu suivais également mes autres fanfictions ! Je suis vraiment très heureuse de ce que tu me dis. Je t'avouerais que l'OOC me terrifie toujours un peu donc je fais de mon mieux pour l'éviter au maximum... Sur ce coup, c'est plus difficile pour moi, car je suis limitée en longueur (alors que j'ai généralement l'habitude d'écrire beaaaucoup trop, haha) ! Donc il y a forcément moins de caractérisation, moins d'introspection... L'évolution de la relation HPDM est hachurée puisque je n'en écris que des bribes, que des éclats... Donc peut-être que je ne maîtrise pas encore suffisamment l'exercice, mais je ne m'inquiète pas : après tout, il me reste encore 96 prompts à écrire donc d'ici là, il y a moyen que je progresse ! :') Encore merci pour tes petits mots en tout cas, merci, merci, merci.

Bonne lecture !


#3 TES MAINS

qui m'embrassent


2 avril 1995, Pré-au-Lard

Au début, il faisait beau comme en été. Les élèves flânaient dans les allées. L'instant d'après, quelques gouttes tombèrent sur les pavés, mouillèrent les cils et firent rire les filles. Puis, d'un coup, la chute s'accéléra. Les pas commencèrent à se presser un peu. La pluie s'abattit sur les toits et fit crier les filles. Tout le monde se mit à courir.

Harry courait derrière Hermione, Ron et Ginny. Leurs pas glissaient sur les pavés et ils riaient, viraient dans une rue puis à l'angle d'une autre. Les lunettes de Harry s'embuaient sous l'assaut des gouttes et de sa respiration. Il perdit de vue ses amis, tourna quand il ne fallait pas. Tant pis. L'eau s'immisçait sous le col de son pull et imprégnaient ses chaussettes. Il courut plus vite, cherchait un abri. Soudain, quelque chose l'arrêta. Un corps, un quelqu'un. Une main qui dut agripper sa manche pour le freiner, et que son élan fit déraper avec lui sur les pavés trop lisses. Ils se bousculèrent comme on s'emmêle.

- Oh, Potter ! râla Malefoy, relâchant et poussant Harry.

- Pardon, je fuyais la pluie, répondit bêtement Harry.

Malefoy eut un semblant de sourire.

- Je croyais que tu ne fuyais devant rien.

Ils se toisèrent en plissant leurs yeux. L'abattement des gouttes hachurait leur silhouette dans le regard de l'autre. Drago poussa encore Harry vers le passage couvert qui séparait une petite maison du salon de thé voisin.

- Après toi.

Tous deux se pressèrent sous la corniche bleue, loin de la fin du monde, à l'écart du désert des rues, à l'abri. Chacun s'adossa à un mur, et ils se toisèrent les yeux bien ouverts. Entre leurs pieds, l'eau ruisselait. La pluie martelait la pierre de ses échos violents. Les gouttes avaient taché le gris du cachemire de Drago.

Harry fut si content de le voir, tout-à-coup ! Alors il le lui dit.

- Je suis content de te voir.

Malefoy fronça les sourcils.

- On se voit tous les jours.

- Pas pour de vrai, dit Harry, mais le bruit de la pluie éclaboussait les mots. Toi, depuis deux semaines… C'est moi que tu fuis, n'est-ce pas ?

- Peut-être, admit Drago sans que ça ne le dérange.

- Pourquoi ? s'offusqua Harry. Je pensais–

- Arrête de penser.

Harry se tut. Drago n'ouvrit pas plus la bouche. Harry avait l'impression de monter un escalier et de rater chacune de ses marches. Il chutait en boucle, jamais de très haut, toujours assez pour avoir cet élan au cœur, ce rebondissement dans le sang. Derrière lui, derrière le mur, il percevait le bourdonnement des discussions ayant repris leur cours à l'intérieur du salon de thé. Devant lui, tout près, il y avait Drago qui sentait la pluie. Entre eux, peu d'espace mais comme une grande douleur, l'intrigue d'une lutte que Harry ne comprenait pas et qui fit grimacer Drago.

- Malefoy…

Malgré le trouble de l'eau, Harry entendit nettement la respiration de Malefoy se suspendre. Drago leva et tendit la main vers lui. L'empreinte de ses doigts couvrant l'empreinte de ses lèvres bouleversa Harry. Il devait parler, sa voix étant la seule corde qui le rattachait encore au réel, mais il n'avait littéralement plus que Drago à la bouche, Drago qui le gardait à l'écart, qui se tenait à l'écart. Ses doigts étaient mouillés et Harry avait envie de les embrasser. La tension sensible en Drago éveillait ses papilles.

Plus d'espace. Alors que Malefoy l'embrassait du bout des doigts, Harry sentit son nom se déposer partout en lui, à l'image de quelques gouttes d'irréel éclatant sur sa peau.


Prompt 35 ("Après toi")


...