Note de la traductrice : j'ai réussi à traduire ce chapitre le jour suivant, pfiouh ! J'ai réussi un sacré tour de force, je suis plutôt fière de moi. Je vais un peu souffler, j'espère que vous êtes satisfaits et que vous trouverez des réponses à vos questions dans ce nouveau chap' ! ^_^

Merci à LegolasKili, Eclipse1995 et Xukette pour leurs reviews. Et merci à Xukette et Shiobhan44 pour avoir mis ma fic en Alert et Favoris.


L'OUBLIÉE

Pourquoi Lothril est morte

Note de l'auteur : la mort de Lothril doit être expliquée.

Legolas resta immobile pendant un temps qui lui sembla aussi long que plusieurs Âges. Il ne pouvait accepter le fait que Lothril était morte. Les larmes continuaient de couler le long de son beau visage. Il ressentait un chagrin tel qu'il n'en avait jamais connu auparavant. Il n'avait pas ressenti une telle perte à la mort de Gandalf ! Il baissa les yeux vers elle, elle était si pâle ! Il tendit doucement la main et remit une mèche de ses doux cheveux châtains derrière son oreille froide.

L'autre elfe descendit faire part de la triste nouvelle à la Communauté. L'atmosphère de la Lothlorien s'était assombrie à la mort de Gandalf, à présent on pleurait Lothril.

Legolas tenait toujours sa main. Non, cela ne pouvait être vrai, cela ne se pouvait tout simplement pas ! Pourquoi l'aurait-on amenée ici pour qu'elle meure ? Cela n'avait aucun sens. Il eut juste la force de crier à l'adresse d'Elbereth : « Pourquoi ? » Sa mort était plus dure à accepter que celle de n'importe quel autre elfe. Il savait que si un elfe mourait, il était possible de revoir ce dernier, une fois qu'il aurait navigué vers l'Ouest, mais en serait-il de même pour elle ? Et s'il ne la revoyait jamais ? Cette idée était un poids de plus pour son cœur.

Il n'en pleura que davantage. Il ne l'avait connue que quelques mois, il s'était attaché à elle et maintenant, elle était partie. Pour toujours. Il ne croiserait plus jamais son regard. Il ne reverrait jamais son sourire. Il ne l'entendrait plus jamais prononcer son nom. Il serra sa main, embrassa ses doigts froids puis les pressa contre sa poitrine. Des larmes argentées continuaient de tomber le long de son visage. Il commençait à comprendre comment un elfe pouvait mourir de chagrin. C'était la seule chose dont il avait encore envie, mourir et la rejoindre, qu'importait où elle se trouvait…

Il se pencha et embrassa son front glacé. Tandis qu'il s'exécutait, il sentit le corps de la jeune fille trembler légèrement. C'était à peine perceptible, mais il l'avait senti malgré tout. Que signifiait cela ? Il n'eut pas le temps d'y réfléchir, car la chaleur revint dans son corps. Sa poitrine se mit à se soulever et s'abaisser. Il leva les yeux vers son visage et le vit reprendre des couleurs ! Était-ce possible ? Ses grands yeux bruns papillonnèrent. ENFIN !

« Legolas, pourquoi pleurez-vous ? » lui demanda-t-elle en s'asseyant, notant ses yeux rougis par les larmes. Il était si heureux de la voir en vie qu'il ne répondit pas. Au lieu de cela, il la serra contre lui en priant pour que ce ne soit pas qu'un cruel rêve. Un grand sourire apparut sur son visage. Elle répondit à son étreinte tandis qu'il disait : « Je vous croyais morte ! » Sa douleur s'était changée en joie !

Combien de temps ils restèrent dans cette position, nul ne le sut, mais cela dura longtemps, et ce fut l'un des moments les plus heureux et apaisants de leur vie. Ils se sentaient à la fois en sécurité et heureux. Legolas savait à présent combien la mort pouvait faire mal et combien la vie était merveilleuse.

Lothril pouvait sentir le cœur de Legolas battre la chamade dans sa poitrine. Elle ressentait quelque chose qu'elle n'avait jamais connu auparavant, c'était un peu de ce sentiment étrange que Legolas lui inspirait…

De même que Lothril pouvait sentir les battements du cœur de Legolas, il pouvait sentir celui de la jeune fille. Cela lui apportait la certitude que ce n'était pas qu'un cruel rêve.

Après quelques minutes, ils se séparèrent.

« Nous devons dire aux autres que vous allez bien », sourit Legolas. Il restait des traces de ses dernières larmes sur son visage. Elle les essuya.

Près d'eux, Galadriel et Celeborn les observaient. Quand ils avaient entendu Legolas crier, ils avaient accouru pour voir ce qui n'allait pas. Quand ils virent ce qui se passait, Galadriel se tourna vers Celeborn et sourit. Dès qu'ils eurent rompu leur étreinte, le couple s'approcha.

« Je suis heureuse de voir que vous allez bien, Lothril », dit Galadriel.

Lothril sourit. « Dame Galadriel, seigneur Celeborn, je vous remercie d'avoir veillé sur moi pendant mon voyage. »

Les trois elfes la regardèrent avec l'air perplexe.

« Voyez-vous », expliqua-t-elle, « j'étais morte, dans le sens où mon esprit était parti à Valinor. C'est une longue histoire et j'aimerais la raconter à tout le monde en même temps, donc si nous pouvions attendre que la Communauté nous rejoigne… »

À ce moment, tous arrivèrent avec Aragorn à leur tête, ce dernier affichant un grand chagrin jusqu'à ce qu'il aperçoive la fine silhouette de Lothril debout au milieu de Galadriel, Celeborn et Legolas. Chacun parut choqué lorsqu'il la vit. Ils la croyaient morte !

« Quoi ? » souffla tout le monde. Celeborn ordonna qu'on apporte des chaises pour tout le monde. Ils s'assirent et Lothril commença son récit.

« La dernière chose dont je me souviens quand j'étais ici, c'était l'obscurité. Quand j'ai rouvert les yeux, j'ai vu que je me tenais debout devant deux trônes. Deux grands personnages y siégeaient, Elbereth et Manwë. Avant que je puisse parler, Manwë commença à m'expliquer pourquoi j'étais là. Il me dit que j'étais là pour devenir ce que j'étais censée être. Mi-elfe, mi-Maia. Il m'expliqua que quatre Maias et quatre elfes étaient restés en ce monde pendant de nombreuses années, autrefois. Le monde connaîtrait de grands changements, mais ils ne partiraient pas. Les rebelles furent démasqués, on leur accorda la vieillesse et la mort en punition pour leur soulèvement. Ils eurent des enfants qui eurent à leur tour des enfants. Ces deux races s'unirent, mais ne donnèrent pas naissance à des humains. Enfin, ils naviguèrent vers l'Ouest ou moururent en tant que mortels. Et les années se poursuivirent jusqu'à ma naissance. Chaque enfant né de cette lignée a le choix entre rester tel qu'il est, ou devenir ce qu'il devrait être, et tous ont le choix d'une vie mortelle. Je suis la seule à avoir pris un autre chemin. Je suis la dernière disposant de ce choix. Je n'ai pas vraiment compris tout cela, mais rien dans ce monde étrange ne m'attirait. Alors je suis revenue.

Quand il eut fini d'expliquer, Elbereth prit la parole. Elle dit qu'à partir de maintenait, je serais différente. Ce fut une sensation étrange que je ne peux vous décrire. Après cela, plusieurs elfes et quelques Maias m'emmenèrent et commencèrent à m'apprendre des choses que j'aurais appris si j'avais vu le jour à Valinor ou en Terre du Milieu. Maintenant, c'est comme si j'avais toujours vécu ici.

Je retournai finalement voir Elbereth et elle me dit que mon corps était resté en arrière, avec une forte fièvre. Elle dit que toutes mes faiblesses et mes défauts humains étaient en train de brûler. Après un certain temps, j'ignore quand exactement, ils me renvoyèrent ici. Je crois que j'ai ressenti de la fatigue puis que je me suis endormie. Quand j'ai ouvert les yeux, j'étais de nouveau ici. Voilà mon histoire. »

Chacun resta silencieux un instant, tant c'était incroyable, pourtant elle était là. Elle faisait une tête de plus et semblait plus belle, non, elle était magnifique ! Elle avait l'allure des grandes dames elfes, comme Galadriel, si ce n'était plus. Pourtant, elle était toujours la même. Plus tard, Sam dirait qu'elle avait plus l'air d'être elle-même qu'elle ne l'avait jamais été jusque-là.

« Alors, vous allez rester ici ? » demanda Frodon.

« Malheureusement, non. Manwë m'a dit que je devrais repartir pendant un an. Il dit qu'il y a quelque chose que je dois faire là-bas avant que je puisse rester et je dois m'assurer du fait que j'ai vraiment envie de rester. Je repartirai quand tout ça sera fini, et me déciderai si je veux rester ici ou dans mon monde. »

Chacun parut triste en entendant cela. Et si elle décidait de rester dans son monde d'origine ? Elle savait ce qu'ils pensaient, aussi dit-elle : « Je suis presque certaine que j'ai envie de rester ici. » Leurs visages s'éclairèrent à nouveau, celui de Legolas peut-être plus que les autres. Galadriel et Celeborn prirent congé. Une fois ces deux derniers partis, la Communauté offrit à Lothril de nombreuses étreintes. Tous lui dirent combien elle leur avait manqué et comme ils avaient été chagrinés en croyant qu'elle était morte.

« C'est bon de savoir que vous faisiez du souci pour mois, mais par pitié, qui que vous soyez, serrez-moi moins fort à la taille ! J'ai du mal à respirer ! »

« Oh, désolé ! » dit une petite voix. Était-ce Sam ? Finalement, chacun descendit du talan et retourna au pavillon préparé à leur intention.

Pendant leur séjour, Legolas et Lothril se promenèrent souvent. Parfois avec Gimli, parfois avec un des Hobbits. Chaque fois que Gimli était avec eux, Lothril demandait à Gimli de lui apprendre la langue des Nains. Il aurait refusé si elle ne l'avait supplié et même menacé de lire ses pensées s'il refusait (c'était pour rire, mais il ne l'avait pas réalisé). Il n'aimait pas l'idée qu'elle entre dans sa tête, aussi accepta-t-il de lui apprendre les bases et quelques expressions, ce qui était vraiment tout ce qu'elle voulait savoir.

De temps à autre, Lothril passait la soirée avec la Communauté. Lorsqu'elle le faisait, Legolas l'imitait. Alors que tous deux s'en allaient, les autres se regardèrent avec un regard commun. Ils savaient ce qui se passait entre eux, peu importait si les deux jeunes gens en question en avaient conscience ou non.