Note du traducteur : Merci à PaulinaDragona, Little-road et Neiflheim pour leurs reviews. Et merci à Yzeute-la-chose, Sissi72-me et Narcisse203 d'avoir mis ma fic en Alert et Favoris.


L'OUBLIÉE

Les ennemis se rencontrent

Pendant presque une minute, tous restèrent figés et surpris, mais quand ils virent le cortège se diriger vers la forêt, ils les suivirent. Tandis qu'ils traversaient l'étrange forêt, Legolas et Lothril furent plusieurs fois tentés de partir en courant vers les arbres. Legolas voulait pourquoi et comment ils étaient arrivés ici Lothril voulait rencontrer un Ent. Chaque fois, Lothril était celle qui se ressaisissait et les ramenait tous les deux en arrière. Une fois de l'autre côté de l'étrange forêt, tous virent trois Ents et aussitôt, Legolas et Lothril s'éloignèrent en courant.

"Legolas ! Lothril ! Ce n'est pas encore le moment !" s'écria Gandalf. À contrecœur, tous deux firent demi-tour.

Le voyage vers l'Isengard fut normal, excepté le fait que la nuit où ils quittèrent le Gouffre de Helm, Legolas et Lothril eurent une conversation télépathique après que tout le monde se fut endormi.

"Legolas, tu te souviens de ce que tu m'avais chuchoté. J'aimerais faire ça, en fait, mais pas tant qu'il se passe tant de choses autour de nous. Ça ne marcherait pas", dit-elle.

"Tu as dit que tu ne ferais jamais ça, pourtant", répondit-il.

"Je plaisantais. Tu me connais !"

"C'est vrai. Donc, quand penses-tu pouvoir faire cela ?"

"En tenant compte de ce qui se passe actuellement ? Plus tard, je dirais, mais si tu as changé d'avis entretemps…"

"Alors, cela peut-il se faire plus tôt ?" dit-il.

"Oui, exactement."

"Que dirais-tu…" Il réfléchit un moment. "… de le faire quand les choses se seront calmées ?"

"Cela ne se fera pas avant que tout soit terminé."

"Oh", comprit-il avec une note déception. "Peut-être demain soir ?"

"Non, au plus tôt, le treize mars."

"Pourquoi ? Qu'est-ce qui se passera, ce jour-là ?"

"Tu verras !" dit-elle par la pensée. Elle se retourna et lui adressa un sourire machiavélique.

"Alors, c'est sûr ?"

"Disons que c'est ce qui est le plus probable, très cher. Je ne peux rien promettre. Ça dépend de beaucoup de choses."

Il soupira puis lui dit mentalement : "Bien, je suppose que c'était une demande ridicule, si on tient compte des circonstances."

"Un peu ridicule, mais ça ira mieux à long terme."

"Maintenant, pour changer… au lieu de faire ce dont je parlais, pourquoi ne pas se détendre ?" suggéra Legolas.

"Oui, certainement. Et la nuit du treize sera parfaite."

"Bon. On pourra donc le faire plus tard, comme prévu."

"Oui !" sourit-elle. Elle mit sa main sur son épaule gauche, ce qui le fit tressaillir. Elle sentit que quelque chose clochait, même s'il portait une cape. "Legolas, qu'est-ce qui ne va pas avec ton bras ?"

"R… Rien de sérieux", répondit-il.

"Arrête, ça a l'air sérieux. Enlève ta chemise", ordonna-t-elle. Il enleva sa cape et malgré le manque de lumière, elle vit que la manche de sa chemise était souillée par un liquide rouge foncé. Une fois sa chemise enlevée, elle vit une entaille profonde et plutôt ancienne. Elle posa son index sur la blessure et la parcourut sur toute sa longueur. "Quand t'es-tu fait ça ?"

"Hier, pendant la nuit. Je m'étais retourné quand un orque a réussi à me blesser au bras. J'ai déjà vu pire", dit-il.

"Peut-être, mais si l'arme était empoisonnée ?" demanda-t-elle.

"Non, tu crois ?"

"Oui. Ne bouge pas. Ça va un peu piquer", lui dit-elle avec douceur. Une croûte s'était formée sur la plaie et lorsqu'elle gratta dessus, cela le brûla. Elle regarda de plus près la blessure ouverte et vit des taches noires dedans. Elle s'occupa de son bras pendant presque vingt minutes. Un peu de poison avait commencé à agir dans son sang. Tandis qu'elle le soignait, il sursauta à plusieurs reprises, mais n'émit aucune plainte. Elle réussit à enlever assez de poison pour que la blessure ne lui plus fatale.

"Bien, mel nin, tu te sentiras peut-être mal demain, mais tu guériras. Tu as de la chance que j'ai remarqué cela. Tu serais mort en une semaine si je n'étais pas intervenue", lui fit-elle la leçon d'une voix joyeuse.

"J'aurais vraiment fini par trouver la mort ?" demanda-t-il en ouvrant grand les yeux.

"Oui", dit-elle avec sérieux. "C'était pour cette raison que je devais me battre au Gouffre de Helm, sinon je n'aurais pas pu te sauver", dit-elle plus pour elle que pour lui.

Le jour suivant, alors que midi était passé, ils arrivèrent en Isengard et furent accueillis par Merry et Pippin. Legolas, Gimli et Aragorn furent ravis de voir leurs deux amis sains et saufs. Lothril fut également heureuse de les revoir. Une fois que tous eurent rencontré Silvebarbe, Aragorn, Legolas, Gimli, Lothril, Merry et Pippin s'installèrent dans une grande salle et prirent le déjeuner. Pendant ce laps de temps, chacun répondit à des questions et raconta l'histoire de son voyage. Quand ils eurent fini et que tous furent sortis pour profiter du soleil, Lothril dit : "Je suis heureuse de voir que vous êtes sain et sauf, même si vous avez une mauvaise mine !" Et elle serra chacun des deux Hobbits dans ses bras. "Avez-vous reçu les rêves que je vous avais envoyés ?"

"Ils venaient de vous ? Je me demandais d'où venaient ces rêves si agréables ! Ils nous ont aidés à tenir le coup avec ces orques répugnants !" la remercia Merry.

"Je suis heureuse d'apprendre qu'ils vous ont aidés", sourit-elle.

"Il y a une chose que je me demande : qu'est devenu Langue de Serpent ?" demanda Gimli.

Pippin continua d'expliquer tout ce qui s'était passé, mais Lothril n'y prêta guère attention puisqu'elle s'en souvenait déjà. Elle se demanda comment les choses se passaient pour Frodon et Sam. Elle les aurait bien cherchés, mais elle jugea que c'était dangereux pour elle de le faire maintenant.

"J'espère que le mal qui était en mouvement dans la Comté est fini maintenant, sinon il serait au-delà de notre portée à présent. Enfin, j'en parlerai à Gandalf", dit Aragorn.

"En parlant de lui, je me demande ce qu'il fait", dit Merry. "Allons jeter un coup d'œil. Vous pouvez entrer dans l'Isengard à présent, en tous cas, Grand-Pas, si vous en avez envie. Mais ce n'est pas une vue bien réjouissante."

Les six passèrent sous un tunnel en ruine et arrivèrent sur un monticule de pierres d'où ils purent regarder Orthanc. Lothril trouvait que cela ressemblait aux images de la Floride, après le passage d'un ouragan ou une inondation locale. Elle émit un sifflement léger pour exprimer son étonnement.

Soudain, Legolas prit la parole : "Voilà Gandalf, et Théoden avec ses hommes ! Allons à leur rencontre !"

"Faites attention en marchant !" l'avertit Merry. "Il y a des dalles branlantes qui pourraient basculer et vous projeter dans un puits si vous n'y prenez pas garde."

Ils tracèrent prudemment leur chemin en direction des cavaliers. Leur allure était lente, car les pierres étaient gluantes, certaines craquaient ou bougeaient sous leurs poids.

Gandalf les salua. "Sylvebarbe et moi, nous avons eu quelques discussions intéressantes et nous avons fait des plans. Nous avons tous pris un repos bien mérité. À présent, il nous faut repartir. J'espère que vous autres compagnons, vous vous êtes reposés aussi et rafraîchis."

"Oui", dit Merry.

"Nous avons une dernière tâche à accomplir avant de partir ou plutôt est-ce la mienne. Il faut que je fasse une visite d'adieu à Saroumane. C'est dangereux, et sans doute inutile mais il le faut. Ceux d'entre vous qui le désirent peuvent m'accompagner – mais faites attention ! Et pas de raillerie ! Ce n'est pas le moment."

Ils tracèrent leur chemin jusqu'au pied d'Orthanc. Il était noir, et le rocher luisait comme s'il était mouillé. Les nombreuses facettes de la pierre aux arêtes aiguës stupéfiaient presque Lothril. Une fois Gandalf descendu de selle, il demanda à Aragorn de venir avec lui. Alors Théoden, Gimli, Legolas, Lothril et Eomer décidèrent de venir aussi. Ils gravirent l'escalier et une fois en haut, Gandalf frappa à la porte avec son bâton et cria : "Saroumane! Saroumane! Sortez, Saroumane !"

Pendant un instant, il n'y eut aucune réponse et Pippin commença à se demander s'il était toujours là ou non. Finalement, Grima ouvrit une fenêtre et demanda qui était là et ce qu'ils voulaient. Lothril voulut désespérément répondre : "Scout girls ! Nous vendons des cookies pour gagner nos insignes du mérite !" Mais elle savait que, en plus du fait ce n'était pas le moment, la plaisanterie ne ferait rire personne. La voix suivante qu'elle entendit fut celle de Saroumane. Elle ferma son esprit, ainsi elle ne risquait pas d'être ensorcelée par sa voix.

Pendant le laps de temps où Saroumane parla, elle ne ressentit rien. Elle entendait ce qu'il disait, mais il n'avait aucun pouvoir sur elle. Elle se demanda si Legolas était affecté. Elle était devenue assez forte pour bloquer un charme et parler à quelqu'un en même temps. Elle entra dans l'esprit de Legolas et le vit luttant pour stopper la magie qui essayait de s'y infiltrer. Elle l'aida du mieux qu'elle put, ce qui demanda plus d'énergie que ce qu'elle avait prévu au départ. Les paroles de Galadriel lui revinrent à l'esprit. Lothril les écouta tandis qu'elle aidait Legolas à résister à Saroumane. Elle entendit le discours d'Éomer et tendit son esprit vers lui pour l'encourager. Elle quitta ensuite l'esprit d'Éomer et fit de même pour Théoden afin de l'aider. Elle savait qu'il luttait aussi. Soudain, elle entendit son nom et sentit expulsée des deux esprits qu'elle protégeait.

"Et en ce qui vous concerne, dame Lothril ? Êtes-vous avec ces gens ?" demanda Saroumane avec la voix la plus mélodieuse qu'elle eut jamais entendue.

"Oui, y voyez-vous un inconvénient ?" répondit-elle tout simplement.

"Non, certainement non. Pourtant, ne pensez-vous pas que vous seriez plus à votre aise avec des alliés qui égalent votre pouvoir ?"

"Oui, c'est pour ça que je suis avec eux."

Saroumane parut confus puis il dit : "Alors pourquoi vous tenez-vous ici avec ces gens ?"

"Oh, Saroumane, vous m'amusez ! Je suis alliée avec les Maia et les Valars qui sont à Valinor, pas avec vous et votre imbécile de maître ! "

Il émit une lumière horriblement éblouissante et pleine de mépris. Comme elle l'exaspérait ! Il aurait aimé plus que tout au monde lui porter un coup mortel, mais il savait qu'il ne pourrait pas. Saroumane reporta son attention sur les autres. La conversation finit par arriver à terme et tous s'en retournèrent à la porte de l'Isengard.

Ils venaient de la dépasser quand Sylvebarbe et douze autres Ents vinrent vers eux en marchant à grands pas. Treebeard parla à chacun d'eux, les deux derniers étant Legolas et Lothril.

"Ainsi, vous avez parcouru tout le chemin depuis la Forêt Noire, mes bons Elfes ?" demanda-t-il. "C'était autrefois une très grande forêt !"

"Ce l'est encore. Mais pas assez pour que nous qui y demeurons nous nous fatiguions jamais de voir de nouveaux arbres", dit Legolas. "Lothril et moi-même serions extrêmement heureux de voyager dans la Forêt de Fangorn."

Les yeux de Sylvebarbe brillèrent. "J'espère que votre désir se réalisera bientôt."

"Pourrons-nous amener une troisième personne ?" demanda Legolas.

"Tout elfe qui viendra avec vous sera le bienvenu !"

"Le troisième n'est pas un elfe, mais Gimli, que voici", dit Legolas. Malheureusement, la hache de Gimli glissa de sa ceinture et tomba bruyamment sur la pierre. Lothril eut un léger mouvement de recul.

"Houm, hm. Un nain et un porteur de hache. Vous me demandez beaucoup, Maître Elfe", dit Sylvebarbe. "Voilà une étrange amitié."

"Oui, elle peut sembler étrange, mais tant que Gimli vivra, je n'irai pas seul à Fangorn. Sa hache n'est pas destinée aux arbres, mais aux cous d'Orques, ô Maître de la Forêt de Fangorn. Quarante-deux, il en a tranché dans la bataille", dit Legolas.

"Hou ! Voilà qui est mieux ! Dans ce cas, il est le bienvenu", dit Sylvebarbe. Legolas, Lothril et Gimli sourirent.

Les adieux furent prononcés puis tous partirent.

Le groupe s'éloigna de l'Isengard pour entrer dans la vallée. Le chemin se fit lentement, mais ils étaient enfin en mesure de s'en détourner le temps de se reposer. Lorsqu'ils le firent, Lothril en profita pour venir en aide aux pauvres Frodon et Sam. Une fois qu'ils se furent arrêtés, Lothril savait que Pippin regarderaitle palantír, mais que pourrait-elle y faire ? Rien. Argh ! Comme cela l'énervait.

Mais aussi, elle savait que Pippin en apprendrait plus, aussi la frustration finit-elle par la quitter. Comme ces pensées traversaient son esprit, elle mangea un peu. Une fois le dîner fini, elle s'allongea au sol à côté de Legolas. Il s'endormit rapidement elle ne pourrait pas, mais elle décida de s'y forcer. Combien de temps elle dormit, elle ne le sut, mais soudain, elle entendit un cri perçant émis par Pippin. Elle fut la première à se lever et courir vers le Hobbit.

Legolas entendit le cri et sentit Lothril bouger. Il se leva, mais Pippin était déjà entouré de gens. Lothril recula vers Legola et chuchota : "Prépare-toi à partir."

Legolas lui adressa un regard curieux.

"Attends juste quelques minutes, tu verras", répondit-elle.

Quelques minutes après que Pippin eut tout raconté, Gandalf parla avec Aragorn. Soudain, Gandalf s'agenouilla et présenta la pierre de vision à Aragorn. Aragorn l'accepta et Legolas dit pour lui-même : "Le roi reviendra bientôt ."

Comme Gandalf disait à Theoden et Aragorn de se hâter jusqu'au Gouffre de Helm, une ombre arriva. Les mains de Lothril se posèrent sur ses temps qu'elle pressa. Elle recula légèrement tandis qu'une attaque la prit. Elle ne pouvait plus parler. Il était venu trop vite. Elle ne pouvait que se défendre. Quant aux autres, une terreur froide les envahit, excepté pour Gandalf et peut-être Legolas.

Le moment passa quand Gandalf cria : "Nazgûl ! Le messager du Mordor ! Ils ont passé la rivière ! EN SELLE ! EN SELLE ! N'attendez pas l'aurore ! Que les rapides n'attendent pas les lents ! EN SELLE !" Et sur ces mots, il appela Gripoil. Pippin monta rapidement avec l'aide d'Aragorn sur le cheval puis lui et le magicien s'éloignèrent.

Merry et Aragorn les regardèrent partir à toute vitesse au loin. Tous les autres se préparaient. Ils parlèrent brièvement puis se préparèrent à partir. Legolas et Lothril, déjà prêts, aidèrent Merry et Aragorn.

Dans leur hâte, Lothril se tourna vers Legolas et dit : "Je sais ce qui arrivera, pourtant j'ai peur. Et je crains de ne pas savoir qu'est-ce qui m'effraie comme ça."

"Ne t'inquiète pas, je serai à tes côtés jusqu'à la fin", lui assura-t-il. Il lui donna un léger baiser puis monta sur son cheval.


Note de l'auteur : Ainsi se termine Les Deux Tours. J'espère que vous avez aimé ce chapitre. Comme toujours... reviewez ! Vous vous demandez toujours de quoi ils parlaient quand Legolas chuchotait ? MWAHAHAHAHA ! Je le révélerai bientôt !