Note de la traductrice : Salut !
Mille pardons d'avoir été si longue ! Mais j'ai eu un coup de flemmardise pendant les vacances, sans parler du fait que ce chapitre est atrocement long et difficile à traduire.
Merci à Little-road, Estelle et PaulinaDragona pour leurs reviews. Et merci à Miss Sarah90, FaenaFiliana, Mystis-Blue et Alecto Mcphee pour avoir mis l'histoire et mon profil en Alert et Favoris.
Sans plus attendre, bonne lecture !
L'OUBLIÉE
Les Dunedains et les Morts
Note de l'auteur : OUI ! Le Chemin des morts ! J'ai attendu pour arriver à ce chapitre! J'espère qu'il vous conviendra et j'espère que vous l'aimerez ! Mais ce sera un loooong chapitre, alors accrochez-vous ! Plus de citations, car j'AIME la façon dont Tolkien décrit le chemin des Morts et je ne pouvais pas l'enlever. Comme toujours, les réponses sont les bienvenues ainsi que les REVIEWS !
Gandalf et Pippin s'en allèrent. Tous étaient prêts à partir sur leurs chevaux.
"Il reste donc cinq membres de la Compagnie", dit Aragorn. "Mais nous ne partirons pas seuls comme je le pensais. Le roi est maintenant prêt à partir. Il va à Minas Tirith, quant à moi…"
"Vous n'irez nulle part seul", dit Legolas. "Lothril, Gimli et moi-même irons avec vous n'importe où."
"Mais tout est obscur devant moi", dit Aragorn. "Une heure depuis longtemps préparée approche."
"Peu importe, Aragorn, nous vous suivrons de toute façon", dit Lothril.
"Et moi ?" demanda Merry. "Je n'ai pas encore servi à grand-chose mais je ne veux pas être écarté, comme un bagage à récupérer quand tout est terminé. Je ne pense pas que les Cavaliers voudront se soucier de moi à présent. Bien que, naturellement, le roi ait dit que je devrais m'asseoir à son côté quand il arriverait à sa demeure, pour tout lui dire de la Comté."
Lothril sourit.
"Vous ne serez pas abandonné derrière, Meriadoc je vous l'assure ! Et votre route suit celle du Roi Théoden."
Merry sourit. Quelques minutes plus tard, chacun avançait vite dans la nuit. Ils n'allèrent pas bien loin quand Théoden recula pour se mettre au niveau de Lothril.
"Dame Lothril, je n'ai pas eu le temps d'écouter votre histoire à Médusel, et je souhaiterais l'entendre maintenant. Je crains que je ne puisse avoir une autre chance ", dit Théoden.
"Comme vous voudrez, roi Théoden", dit-elle. Elle commença rapidement son histoire elle ne sut combien de temps cela dura avant que les Dunedains arrivent. Tandis qu'elle parlait, les yeux de Théoden se remplirent d'étonnement et de stupéfaction.
Une fois qu'elle eut fini, elle dit : " Dame Lothril, vous êtes une grande dame en effet ! Je n'avais jamais entendu une histoire comme la vôtre auparavant !"
Elle allait répondre, quand Théoden fut rappelé à l'avant. À peine l'eut-il rejoint qu'on cria halte. Les cavaliers se retournèrent puis saisirent leurs lances et leurs épées. Aragorn fit coucher Merry au sol après l'avoir fait descendre de selle. Il tira son épée puis se tint près du roi. Lothril resta sur son cheval, car elle savait ce qui approchait.
Éomer attendit jusqu'à ce qu'ils soient à cinquante pas puis cria : "HALTE ! Qui chevauche en Rohan ?"
"Rohan, avez-vous dit ?" demanda un cavalier. "C'est un mot heureux ! Nous cherchons ce pays en toute hâte depuis bien loin !"
"Vous l'avez trouvé", dit Éomer. "Qui êtes-vous et pourquoi l'avez-vous cherché ?"
"Je suis Halbarad Dunadan, Rôdeur du Nord. Nous cherchons un certain Aragorn fils d'Arathorn, et nous avons entendu qu'il était en Rohan."
"Et vous l'avez aussi trouvé !" cria Aragorn. Il rengaina son épée et donna ses rênes à Merry. Il s'avança et salua Halbarad. "De toutes les joies, voici la plus inattendue !" Il se tourna vers les autres et dit : "Tout va bien ! Voici quelques hommes de ma propre parenté !" Il se tourna vers Halbarad et demanda : "Combien êtes-vous ?"
"Trente. Ce sont là tous les parents que nous avons pu rassembler en hâte. Mais Elladan et Elrohir nous ont accompagnés. Nous avons chevauché aussi vite que nous l'avons pu après l'arrivée de votre appel", répondit Halbarad.
Aragorn eut un grand sourire à la mention d'Elladan et Elrohir, mais quand il fut question de l'appel, il se tourna pour jeter un coup d'œil à Lothril avec étonnement.
Elle secoua la tête.
"Ce n'était pas moi !" lui dit-elle.
"Galadriel !" chuchota-t-il pour lui-même. Alors il demanda : "Théoden, les miens peuvent-ils nous accompagner ?"
"Si ces parents vous ressemblent en quelque façon, ils sont plus que bienvenus !" dit Théoden. Les trente se joignirent à la compagnie et les cavaliers repartirent.
Elrohir se mit au côté d'Aragorn et dit : "Je vous apporte un message de mon père : les jours sont courts. Si tu es pressé, rappelle-toi les Chemins des Morts."
"Mes jours ont paru trop courts pour réaliser mon désir", répondit Aragorn. Il vit que Halbarad portait quelque chose enveloppé dans un tissu noir serré de nombreuses lanières. "Qu'est-ce que cela, Halbarad ?"
"Un cadeau de la Dame de Fondcombe", sourit-il. Il savait qu'Aragorn connaissait cette personne. "Et elle vous envoie aussi un message. Les jours sont maintenant courts. Ou notre espoir vient, ou la fin de tout espoir. Je t'envoie donc ce que j'ai fait pour toi. Adieu, Pierre elfique !"
Elladan, entre-temps, se mit au côté de Lothril et dit : "Mon père et Arwen vous envoient également un message. Mon père a dit : Rappelez-vous ce que je vous ai dit. Ne cherchez pas de grands actes à faire ou éviter, faites juste votre devoir. Et ma sœur a dit : Je te salue, Lothril, mon amie ! Sois prudent et souviens-toi que nos pensées vous accompagnent toujours, toi et Frodon ! Dis-le-lui pour moi, s'il te plaît. Et personnellement, je vous informe que tous les elfes sont au courant pour vous et Legolas. Soyez prudente avec lui, Lothril, je le connais depuis longtemps. C'est un vilain farceur", plaisanta-t-il.
"Je l'ai remarqué", sourit-elle. Legolas, qui chevauchait à côté d'elle sur la gauche, la regarda avec l'air particulièrement innocent. Elle se pencha pour le frapper au bras. "Ne pense même pas à quoi que ce soit, prince ! N'oublie pas que je peux lire dans tes pensées !"
Le reste de la nuit se poursuivit en voyageant et en discutant. La nuit était avancée et l'Est gris quand ils sortirent enfin de la Combe du Gouffre et revinrent au Fort le Cor. Ils se posèrent là, se reposèrent et tinrent conseil.
Quand ils descendirent de selle, Lothril s'occupa Merry à la place d'Aragorn. Elle posa le Hobbit à terre et lui donna sa couverture pour dormir. Elle n'en avait pas besoin, elle était largement éveillée.
Merry ne s'autorisa à dormir que quelques heures avant d'être éveillé par Legolas. Legolas et Gimli lui parlèrent un peu de la bataille qui avait eu lieu la nuit précédente. Lothril s'éloigna un peu, observant les gens qui s'agitaient et se préparaient pour les jours de chevauchée à venir. Elle entendit tout à coup Gimli prononcer son nom.
"Qu'en pensez-vous, ma dame ?" demanda Gimli avec un chaleureux sourire.
"À quel sujet ?" demanda-t-elle, cessant de songer.
"Si les jours de paix et de liberté reviennent, explorerez-vous les cavernes avec moi et Legolas ?"
"Si je le peux, Gimli", répondit-elle.
Le pauvre Merry était fatigué et plutôt morose. Lothril s'assit à côté de lui. "Comment ça va ce matin, mon cher Merry ?"
"Pas aussi bien que je le voudrais", dit-il avec un large bâillement. "Je n'ai pas eu beaucoup d'heures de sommeil hier dans la nuit et Pippin me manque."
Elle hocha la tête. "Je pense pouvoir vous aider avec Pippin, mais je n'en suis pas sûr."
"Je ne comprends pas ce que vous voulez dire."
"Vous n'avez pas à comprendre. Tout que je dois savoir est si vous désirez avoir confiance en moi et si vous pouvez suivre mes instructions ?"
"Oui", répondit-il lentement.
Elle entra aussitôt dans son esprit. "Soyez patient pendant un instant", dit-elle mentalement tandis qu'elle cherchait Pippin. Elle le trouva bientôt et créa un pont entre les deux Hobbits. "Soyez brefs tous les deux. Je ne sais pas pendant combien de temps je peux tenir."
"Pip ?"
"Oui ?"
"C'est très étrange."
"Je suis d'accord."
"Où êtes-vous, Pip ?"
"Je ne sais pas et Gandalf est trop préoccupé en ce moment pour répondre à mes questions."
Merry eut un rire bref. "Prends soin de toi, Pip."
"Merry, penses-tu que je te reverrai ?"
"Je… Je ne sais pas."
"Vous vous reverrez", intervint Lothril.
"Bien, au revoir Merry, fais attention", dit Pippin.
"Au revoir, Pip. Sois prudent aussi", dit Merry.
Soudain, Pippin entendit Gandalf chanter quelque chose et Merry entendit le bruit d'hommes se préparant à partir, et Lothril fut légèrement étonnée de ce qu'elle venait d'accomplir. Elle commença à se demander pourquoi elle semblait être la seule à pouvoir faire ces choses. Cependant, elle ne savait pas ce que les cinq magiciens avaient fait au fil des ans, et elle soupçonnait fortement Mithrandir d'avoir mentalement défié Sauron et probablement Saroumane. Elle se rendit alors compte que l'on n'avait pas consigné tous les actes des sages.
Quand ses songeries eurent cessé, elle alla à l'endroit où Legolas et Gimli se tenaient en pleine conversation.
"Oui, Legolas, ce doit la Dame Galadriel qui a envoyé la Compagnie Grise. Maintenant, que n'avons-nous pas souhaité voir quelques-uns des nôtres ?" demanda Gimli.
"Je ne pense pas qu'il en viendrait. Ils n'ont nul besoin de partir en guerre au loin elle s'avance déjà sur leurs propres territoires", répondit Legolas.
Les quatre commencèrent à se promener et discuter de la bataille. Comme ils marchaient, Lothril posa la main sur le bras de Merry.
"Oui, Merry ?"
"Merci de m'avoir laissé parler à Pippin. Je suis sûr qu'il vous remercierait aussi s'il le pouvait."
"Ce n'est rien, Merry."
Ils ne se furent guère éloignés quand on les appela pour le repas de midi. Ils rentrèrent au château et s'assirent, Legolas à côté de Lothril. Pendant tout le repas, lui et Lothril discutèrent mentalement. Ils finirent plus vite que les autres et prirent congé en disant qu'ils allaient informer Aragorn qu'il était presque temps de partir. Ils rejoignirent l'endroit où se trouvait Aragorn. Ils étaient environ à quatre portes de la pièce où il se trouvait quand Legolas s'arrêta.
Lothril fit un pas de plus puis se retourna. Legolas avait une lueur étrange dans ses yeux.
"Quoi ?" demanda-t-elle.
Il s'approcha d'elle et, sans un mot, la prit dans ses bras et l'embrassa.
"Ce n'est ni le moment ni l'endroit, Legolas", dit-elle.
"Le moment et le lieu sont trop loin pour attendre", répondit-il.
Elle hocha la tête. "C'est vrai. C'est vrai", soupira-t-elle.
Il hésita un moment avant de parler, comme s'il hésitait. "Tu semblais hésiter à répondre à ce baiser. Pourquoi, mel nin ?"
"Je … je ne sais pas. Je ne sais pas. Pardonne-moi", répondit-elle. Elle baissa les yeux, troublée par quelque chose.
Son visage prit l'air soucieux puis il demanda : " Lothril, mel nin, qu'est-ce qui ne va pas ?"
"Rien, rien du tout", répondit-elle en échappant à ses bras.
"Si, il y a quelque chose", dit-il en levant son visage pour l'obliger à le regarder. "Dis-moi, s'il te plaît", demanda-t-il doucement.
Elle soupira. "Legolas, je suis juste un peu nostalgique c'est tout."
"Nostalgique de ton époque ?" demanda-t-il. Il cachait sa crainte du mieux qu'il pouvait.
"Eh bien…" dit-elle. Soudain, elle parut un peu bouleversée. Pas assez pour pleurer, mais assez pour en ressentir l'envie. "J'ai l'impression de ne pas avoir ma place ici. D'une certaine manière c'est le cas, mais en même temps ça ne l'est pas." Elle posa la main gauche sur son front en un geste de frustration.
"Lothril, que veux-tu dire ?" demanda-t-il doucement.
"Rien, c'est ridicule. Je pense que je suis juste fatiguée, c'est tout. Tout ce dont j'ai besoin, c'est d'une longue nuit de sommeil agréable dans un lit", répondit-elle.
"Ridicule ou pas, cela te trouble et je pense que tu devrais me dire ce que c'est", dit-il.
"Très bien", soupira-t-elle. Embarrassée, elle rougit légèrement. "J'ai l'impression de ne pas avoir d'endroit que je peux appeler chez moi, ici. Je ressemble à une vagabonde. Je suis Lothril d'un endroit qui n'existe pas encore, fille de parents qui ne sont pas encore nés. Ces deux choses suffisent à me donner l'impression d'être une étrangère", dit-elle en tournant son visage vers son épaule. Elle ne voulait pas qu'il voie combien elle était rouge. Elle se sentait vraiment idiote. Une enfant idiote, ridicule et elle se détestait pour cela.
"Je pense que tu as tort. Tu es Lothril de Mirkwood, la fille de Valinor. Un titre des plus nobles que beaucoup de rois n'auront jamais. La plupart des Maia n'ont pas de parents; ils ont été créés et c'est tout. C'est également le cas avec les elfes des premiers temps", dit-il.
"Oui, mais j'ai des parents et ils ne sont pas encore nés. Sais-tu combien cela est bizarre ?"
"Non", dit-il. Il fit une pause avant de dire : "Lothril, si tu souhaites repartir à l'époque d'où tu viens, je n'essaierai pas de te persuader de rester. Je veux que tu sois heureuse et comblée par-dessus tout"
Une petite larme s'échappa de l'œil de Lothril.
"Legolas, tu es trop bon avec moi. Et ne t'inquiète pas, je ne veux pas y retourner, surtout maintenant. Je t'ai dit que j'étais juste fatiguée, ce qui fait que je suis dans cet état", le rassura-t-elle.
"Si tu es fatiguée, peut-être devrais-tu aller dormir tout de suite", lui suggéra-t-il.
Elle secoua la tête. "Non, ce n'est pas le moment. En plus, je pense que ma fatigue cessera si tu m'embrasses", sourit-elle. Elle passa les bras autour de sa taille et l'embrassa doucement. "Là, c'est bien mieux que dormir. Je pense que je serai en pleine forme, maintenant."
Ils sourirent tous les deux et restèrent enlacés jusqu'à ce qu'ils entendirent une porte s'ouvrir. Aragorn et Halbarad en sortirent. Aragorn avait changé en apparence, à tel point que Legolas et Lothril eurent pitié de lui.
"Legolas, les Rohirrims se préparent-ils à partir ?" demanda Aragorn. Sa voix sonnait aussi lasse que l'air qu'affichait son visage.
"Oui", répondit Legolas.
"À l'heure où nous parlons, le Roi prépare son cheval", dit Lothril. Les quatre sortirent pour se rendre à l'endroit où se trouvaient les autres. Tandis qu'ils marchaient, Gimli, Elladan et Elrohir rejoignirent le cortège.
"Estel, tout va bien ?" demanda Elrohir.
"Oui, je pense ainsi", répondit Aragorn. Les jumeaux le regardèrent avec l'air soucieux ils ne l'avaient jamais vu avec l'air aussi épuisé, mais ils devinaient ce qu'il était en train de faire et se dirent que tout irait bien.
Ils marchèrent jusqu'à Théoden, assis sur Nivacrin, et Merry sur Stybba. Tous les deux furent frappés par l'expression d'Aragorn.
Lothril grimaça soudainement. Un mal de tête, ou quelque chose qui y ressemblait, venait de la frapper de plein fouet, mais c'était en fait l'œuvre du Mordor. Sauron essayait de violer son esprit. Elle était une menace pour lui et une grande source de tracas. Même de loin, il pouvait sentir qu'elle traversait une période de faiblesse et il avait décidé d'en profiter. Lothril le savait et elle se battit durement contre cela, mais à la fin, elle fut forcée de chuchoter à Legolas : "Guide-moi."
Alors son esprit s'évanouit. Bien qu'elle ne put ni penser, ni voir ni entendre, elle pouvait toujours ressentir la douleur de l'attaque. Elle attendit qu'elle passe pour se reposer un peu avant de revenir dans le monde des vivants.
Entre-temps, Legolas avait ramené Lothril contre lui et la fit s'assoir. Malgré leur objectif et le danger qui rôdait, Halbarad et Gimli ne purent s'empêcher de regarder Lothril. Aucun ne put s'empêcher de penser qu'elle ressemblait à un cadavre. Halbarad n'avait jamais vu une telle chose auparavant et Gimli n'y avait jamais prêté beaucoup d'attention. Après un court moment, les regards à la dérobée se changèrent en fixations. Aragorn leva les yeux et remarqua les deux jeunes gens qui semblaient ailleurs. Il regarda Legolas. Ce dernier la regarda, elle, puis sourit devant l'expression curieuse des deux hommes.
Soudain, Lothril ferma lentement ses yeux. Ils restèrent fermés pendant une seconde, puis ils s'ouvrirent. Lothril prit conscience que Halbarad et Gimli la regardaient fixement. Elle se contenta de sourire et dit : "Salut". Puis elle regarda au loin.
Aragorn et Legolas se mirent à rire. Comme Aragorn riait, un peu de sa tristesse disparut, ainsi que la fatigue qui l'avait envahi. "Merci, Lothril", dit-il. "J'en avais besoin."
"De rien", sourit-elle. "Maintenant, que disiez-vous ?" demanda-t-elle pour retourner au sujet présent.
"Comme je disais, je n'ai aucun secours à envoyer, il faut donc que j'y aille en personne. Le chemin le plus rapide pour y aller par les régions côtières passe par le Chemin des Morts.
"C'est un nom funeste", dit Gimli. "Les vivants peuvent-ils suivre pareille route sans périr ? Et même si vous passez par là, que pourrait un si petit nombre pour parer les coups du Mordor ?"
"L'héritier d'Isildur peut l'utiliser. Les fils d'Elrond m'ont envoyé un message de leur père me disant que je devais me rappeler les paroles du voyant et les Chemins des Morts."
"Quelles étaient les paroles du voyant ?" demanda Legolas.
Aragorn dit : "Ainsi parla Malbeth le Voyant, du temps d'Arvedin, dernier roi de Fornost :
Sur la terre s'étend une longue ombre,
Des ailes de ténèbres atteignant l'ouest.
La tour tremble, le destin approche
Des tombeaux des rois. Les morts s'éveillent
Car l'heure est venue pour les parjures :
À la Pierre d'Erech ils se tiendront de nouveau
Et ils entendront un cor retentir dans les montagnes.
De qui sera-ce le cor ? Qui les appellera
Du gris crépuscule, les gens oubliés ?
L'héritier de celui à qui ils prêtèrent le serment.
Du nord, il viendra, la nécessité l'amènera :
Il franchira la Porte des Chemins des Morts."
"De sombres voies, sans nul doute, mais pas plus sombres que ne sont pour moi ces hampes", dit Gimli
"Si vous voulez mieux comprendre, je vous invite à m'accompagner. Car cette voie, je vais maintenant l'emprunter. Mais je n'y vais pas de gaieté de cœur seule la nécessité m'y oblige. Je veux donc que vous ne veniez que de votre plein gré, car vous y trouverez en même temps un dur labeur et une grande peur, sinon pis", dit Aragorn.
"Je vous accompagnerai même jusque dans les Chemins des Morts et à quelque fin où vous puissiez me mener", dit Gimli.
"Moi aussi, je viendrai, car je ne crains pas les morts", dit Legolas.
"Je viendrai aussi", dit Lothril.
Aragorn eut un sombre sourire avant de continuer. Il résuma l'histoire de la création des Chemins des Morts. Une fois finie, il se leva et dit : "M'accompagne qui veut !" Et il dégaina son épée. "Je cherche les Chemins des Morts et la Pierre d'Erech ! M'accompagne qui veut !"
Legolas, Gimli, Lothril et le reste de la compagnie se levèrent et suivirent Aragorn hors du château. Lothril monta Leofa, Legolas et Gimli montèrent Arod et Aragorn monta son cheval Roheryn, que les Dunedains avaient amené du nord. Alors, Halbarad souleva un grand cor et souffla une note qui se répercuta dans le Gouffre de Helm. Ils s'éloignèrent en descendant la Combe avec un grand bruit et tous les hommes qui laissés sur la Chaussée ou dans le Fort les regardèrent avec stupéfaction.
La Compagnie Grise traversa la plaine à grande vitesse pour atteindre Edoras où ils furent salués par Théoden puis Éowyn. Lothril était toujours très fatiguée et mangea un dîner rapide avant de s'endormir tandis que tous les autres parlaient. Elle venait de s'allonger sur une large couche posée sur le sol, quand elle sentit quelqu'un s'approcher d'elle. Le pas de cette personne était fort léger, ce qui laissait le choix à trois personnes : Elladan, Elrohir et Legolas. Elle n'attendit guère longtemps avant d'entendre une voix dire : "Puis-je te rejoindre ?"
"Oui, Legolas, tu peux", répondit-elle.
Il s'assit près d'elle, déposa un baiser sur ses lèvres puis s'allongea à côté d'elle, si près que cela en fut touchant. Elle sourit puis plongea dans un profond, très profond sommeil. La preuve qu'elle en avait fort besoin. Legolas resta éveillé un peu plus longtemps, car il réfléchissait. Il l'aimait, plus que toute autre chose. Il s'appuya sur un bras et regarda son visage. Il espérait sincèrement qu'elle se réveillerait demain, en meilleure santé. Il comprenait, d'une certaine façon, ce qu'elle ressentait. Plus d'une fois, il était parti pendant des semaines combattre, sans jamais dormir, des araignées, des orques, ou d'autres formes maléfiques envoyées par le Nécromancien. Cependant, il revenait grincheux. Plus d'une fois, lorsqu'il était revenu, sa mère l'avait vu dans un piètre état et dit : "Bienvenue à la maison, mon vieux magicien. Va te baigner puis te coucher et réveille-toi en tant qu'elfe." Il ne pouvait alors s'empêcher de sourire quand elle disait cela. Une fois, elle l'avait même dit en présence de Mithrandir. Il n'avait pas souri, mais ses yeux avaient scintillé. Comme Legolas passait près du magicien, celui-ci avait chuchoté : "Considérez cela comme un compliment." Ainsi était sa mère et l'effet qu'elle faisait à son entourage. Personne ne pouvait garder l'air sérieux avec elle longtemps.
C'était l'une des choses qui l'avaient attiré chez Lothril en premier lieu. Elle riait et pouvait faire rire d'autres elle était sérieuse quand c'était nécessaire, mais jamais outre mesure. Tandis qu'il y pensait, son sourire s'élargit. Enfin, il émit un soupir de contentement puis il s'allongea, mais au lieu de poser les mains sur son torse, il prit une des mains de Lothril et la tint ainsi toute la nuit.
Plus tard, quand les jumeaux et Aragorn s'approchèrent du lit, ils les virent et sourirent. Ils pensèrent tous la même chose : ENFIN ! Il mérite d'avoir quelqu'un dans sa vie. Cela semblait être l'idée de tous ceux qui le connaissaient.
La lune était descendue, l'étoile du matin avait apparu et sur la rive orientale du monde on pourrait voir les premières traces de lumière, cependant on ne pouvait pas voir le soleil. Aragorn et la plupart des Dunedains se préparaient tranquillement à partir. Legolas entendit leurs pas calmes et se réveilla, tenant toujours la main de sa belle Lothril. Il s'assit et la regarda elle était toujours profondément endormie.
"Lothril, lève-toi. Nous devons partir", dit-il doucement.
Elle ne bougea pas.
"Lothril !" s'exclama-t-il un peu plus fort.
Sa tête bougea légèrement.
"LOTHRIL!" cria-t-il. Tout le monde lui jeta un coup d'œil pour comprendre la raison qui le faisait crier.
Elle cligna lentement des yeux et le regarda.
"Bonjour. Si tu veux réveiller quelqu'un, tu devrais parler un peu plus fort", dit-elle tranquillement.
Legolas roula des yeux.
"Lève-toi, nous devons vite partir."
Il se leva et lui tendit la main. Elle l'accepta et fut bientôt debout. Tous deux prirent leurs arcs et leurs carquois, puis ils sortirent pour rejoindre Arod et Léofa, qui les attendaient fidèlement. Tandis qu'ils se préparaient à partir, Éowyn s'approcha d'Aragorn. Elle était vêtue comme un cavalier, avec une épée et elle portait une coupe. Tous deux burent dans la coupe de la séparation, puis il dit : "Adieu, Dame Éowyn, je bois à la prospérité de votre Maison, à la vôtre et à celle de tout votre peuple. Dites ceci à votre frère : au-delà des ombres, nous nous rencontrerons de nouveau !"
Lothril, Legolas et Gimli crurent qu'elle pleurait tandis qu'elle demandait : "Aragorn, vous voulez partir ?"
"Oui", répondit-il.
"Puis-je chevaucher avec vous comme je l'ai demandé ?"
"Non, Madame. Car cela, je ne pourrais l'accorder sans l'agrément du roi et de votre frère et ils ne reviendront que demain. Mais je compte à présent chaque heure, voire chaque minute. Adieu !"
Elle tomba alors à genoux et le supplia, mais il lui dit qu'il ne pouvait pas et lui prit la main pour la faire se lever. Il lui baisa la main, sauta en selle et partit, sans se retourner. Seulement, ceux qui le connaissaient pouvaient voir la douleur qu'il portait en lui. Lothril eut pitié d'elle en tant que Jennifer, elle aurait plaidé sa cause et souhaité être celle laissée derrière, mais en tant que Lothril, elle comprenait mieux sa situation critique. Lothril n'avait aucun désir de partir en guerre pour obtenir la gloire et l'honneur que cela entraînait, comme le souhaitait Éowyn, mais elle comprenait la frustration qui pouvait consumer quelqu'un ignorant ce qui se passait réellement en temps de guerre. D'une certaine façon, elle comprenait ce qu'Éowyn traversait, même si cela ne lui était jamais arrivé.
Éowyn regarda Aragorn s'éloigner loin puis Lothril.
"Quelle femme elfe chanceuse. On la laisse partir à la guerre, vers l'honneur et la gloire, mais pas moi. Elle a un seigneur elfe qui l'a laissée partir, et on l'autorise à faire ce qu'elle souhaite. Comme je regrette de ne pouvoir faire de même !" pensa Éowyn.
Éowyn se dit qu'elles pourraient devenir amies, si jamais elles survivaient à cette guerre. Elle sentait le grand pouvoir que Lothril essayait de cacher, de même qu'elle sentait la grandeur d'Aragorn. Elle la sentait aussi chez son oncle et son frère, peut-être était-ce pour cela qu'elle les aimait tant. Elle était attirée par le pouvoir et souhaitant partager cela. En un sens, elle les enviait tous. Bien qu'elle puisse sentir la grandeur chez ceux qui l'entouraient, elle ne pouvait la sentir en elle, en aucune façon. Peut-être était-ce pour cela qu'elle voulait se joindre à la bataille, pour trouver ou prouver la force et la grandeur en elle. L'honneur, la gloire et la renommée seraient des récompenses chanceuses si elle venait à combattre. La sévérité et la fierté qu'elle affichait constamment n'étaient qu'un écran de fumée, afin que son entourage ne sache ce qu'elle ressentait réellement.
Lothril semblait l'avoir senti, et peut-être était-ce pour cella qu'elle la comprenait et avait pitié d'elle. Les pensées de Lothril, cependant, se détournèrent bientôt de la Dame du Rohan en pleurs pour se tourner vers le Chemin des Morts et ce qui arriverait là-bas.
Comme ils s'éloignaient, Legolas lui demanda mentalement : "Comment te sens-tu, ce matin ?"
"Beaucoup mieux qu'hier, merci. Toute la fatigue est partie, pour l'instant."
"C'est bon à entendre."
La lumière était toujours grise quand ils atteignirent Dimholt. Une impression de crainte les saisit comme ils passaient. Dans des ténèbres telles que même Legolas, Lothril, Elrohir et Elladan ne pouvaient longtemps supporter, ils trouvèrent un creux ouvert à la racine même de la montagne. Et, en plein dans leur chemin, se dressait comme un doigt du destin une grande pierre isolée.
"Mon sang se glace", dit Gimli.
Tous les autres demeurèrent silencieux. Le moindre son alla mourir sur les aiguilles de pin humides. Les chevaux refusèrent de passer la pierre semblable au doigt, aussi les cavaliers descendirent-ils de selle et les menèrent à la bride. Ils plongèrent au fond du ravin et là, ils se tinrent devant un mur de rocher vertical, et dans ce mur la Porte Ténébreuse s'ouvrait devant eux comme la bouche de la nuit. Des signes et des figures se trouvaient là et plus tard, Lothril en parlerait pour demander ce que cela pouvait être. La compagnie fit halte et Lothril sentit le flot de crainte qui s'échappait de la porte comme de la vapeur grise. Le cœur des hommes perdit courage, mais pas celui de Legolas et des jumeaux. Le cœur de Lothril s'arma de courage. Elle avait, en un sens, vu le jour à Valinor et, comme la plupart de tous le diraient, était morte. La Mort n'avait aucune emprise sur elle comme un homme (car ç'aurait de la sottise ou ne pas prendre conscience de son immortalité) et il n'y avait plus de terreur en elle maintenant.
"C'est là une porte néfaste et ma mort est inscrite au-delà. J'oserai néanmoins la franchir mais aucun cheval ne voudra entrer", dit Halbarad.
"Mais il nous faut pourtant y aller, et les chevaux doivent donc en faire autant. Nous aurons besoin d'eux de l'autre côté. Suivez-moi", dit Aragorn, puis il s'éloigna.
La force d'Aragorn et ses origines furent révélées en cet instant où tous les Dunedains et leurs chevaux les suivirent. Cependant, Arod et Leofa, même s'ils étaient des chevaux nobles, n'avaient pas le même amour pour leurs cavaliers que celui que les chevaux portaient aux Dunedains ils n'entrèrent pas. Ils se tinrent là, tremblants et suant de peur. Legolas et Lothril leur couvrirent les yeux, puis chantèrent quelques mots. Quand Lothril eut fini, elle embrassa le museau du cheval et l'entraîna à l'intérieur.
Elle jeta un coup d'œil en arrière et vit le nain qui claquait des genoux. Elle ne voulut le perdre et dit : "Vous vivrez, venez maintenant avant que la torche d'Elladan ne soit plus visible." Le nain entra à contrecœur et courut rattraper la torche qu'il avait vue. Il la dépassa et heurta le dos de Lothril.
Tandis qu'ils marchaient, Gimli regarda derrière lui et sut d'une façon ou d'une autre que les morts les suivaient. Alors, il regarda devant lui et vit Lothril, rayonnant faiblement, mais aucune lumière de torche ne la touchait. C'était la preuve qu'elle avait été touchée par la mort. Elle vit les ombres d'hommes et les vit tels qu'ils apparaitraient à Valinor.
Le cortège ne fit une pause qu'une fois, quand Aragorn trouva les os d'un ancien roi du Rohan, son squelette portant une armure. Comme Aragorn parlait, Lothril se retourna et vit une grande foule derrière eux. Elle tapa l'épaule de Legolas lui dit de se retourner. Il le fit.
"Je ne vois rien", dit Legolas en elfique.
"Vraiment ? Pourtant, je vois des formes d'hommes, nombreux et grands. Ils suivent et chuchotent leurs noirs desseins contre nous, mais ils savent qui nous mène et ce que le voyant a raconté, aussi ne peuvent-ils nous faire du mal."
"Ce doit être parce que tu es morte en Lothlorien et que tu es une Maia."
Elle hocha la tête tandis que le froid la mort vint éteindre leurs torches. Maintenant, tous pouvaient voir la jeune fille briller faiblement dans l'obscurité. À la fin, la volonté d'Aragorn et la lumière de Lothril furent les seules choses qui protégèrent la Compagnie Grise de la folie dans l'obscurité et les ténèbres.
Soudain, tous entendirent le clapotis de l'eau et ils virent une lumière grandir devant eux. Ils arrivèrent enfin au bout de ce mauvais chemin et se tinrent devant la partie haute d'une grande vallée avec en bas une route entre des falaises à pic. Une fine partie du ciel était visible au-dessus d'eux, et ils purent voir les étoiles.
La Compagnie remonta en selle et le pauvre Gimli revint près de Legolas. Legolas se retourna pour parler à Gimli, mais il s'arrêta, car il vit les morts.
"Les Morts nous suivent. Je vois des formes d'Hommes et de chevaux, et de pâles étendards semblables à des lambeaux de nuage, et des lances comme des gaulis dans une nuit brumeuse d'hiver. Les Morts nous suivent", dit Legolas.
"Oui, ils ont été appelés", dit Elladan.
"Alors, vous les voyez maintenant !" dit Lothril avec un sourire sinistre. Legolas hocha la tête en guise de réponse.
Ils sortirent de ce que les hommes appelaient la Racine noire, mais aussi connue comme la Vallée Morthond. Soudain, Aragorn cria, sans regardant derrière lui.
"Amis, oubliez votre fatigue ! Forcez, maintenant ! Forcez ! Il nous faut être à la Pierre d'Erech avant la fin de ce jour, et le chemin est encore long !" Et il se remit en route. Ils continuèrent, à travers les champs des montagnes puis un pont, sans s'arrêter. Avec effort et rapidité, ils s'éloignèrent jusqu'à ce que leurs chevaux trébuchent sous le coup de la fatigue. Finalement, quand il fut presque minuit, ils arrivèrent à la Colline d'Erech.
Au sommet de celle-ci se tenaitune pierre noire, parfaitement ronde et à moitié enterrée. Ce qui en dépassait du sol avait la taille d'un homme. Aragorn descendit de selle et se tint près de la pierre, puis il cria d'une grande voix :
"Parjures, pourquoi êtes-vous venus ?"
Une voix répondit, mais elle semblait lointaine. "Pour accomplir notre serment et trouver la paix."
"L'heure est enfin venue. Je me rends maintenant à Pelargir sur l'Anduin, et vous allez me suivre. Et quand tout ce pays sera débarrassé des serviteurs de Sauron, je considérerai le serment comme accompli vous aurez la paix et partirez à jamais. Car je suis Elessar, l'héritier d'Isildur de Gondor !"
Sur quoi, il dit à Halbarad de déployer le grand étendard qu'il avait apporté. Il était noir et s'il portait quelque devise, elle était cachée dans l'obscurité. Cette nuit-là, chacun dormit à côté de la pierre, et y trouva un bon repos. La peur des Ombres fit néanmoins passer à certains une nuit blanche. Lothril, cependant, n'était pas inquiète au sujet des Morts et elle était si fatiguée qu'elle ne tarda pas à s'endormir. La plupart des Dunedains qui la regardaient la trouvèrent fort chanceuse de pouvoir dormir, ou folle d'ignorer l'existence des morts.
L'aube vint, froide et pâle. Aragorn se leva aussitôt et mena la Compagnie Grise en avant. Sa volonté les unissait tous. S'il y avait eu d'autres hommes en plus des Dunedains du Nord, ils ne l'auraient jamais suivi. Ils continuèrent jusque dans le Lamedon puis Calembel-sur-Ciril.
Le jour suivant, il n'y eut aucune aube. Ce jour-là, Lothril sentit un poids tel qu'elle n'en avait jamais connu. Elle savait que c'était le jour où Frodon arriverait à la croisée des chemins avant d'entrer en Mordor. Elle lui envoya le message d'Arwen et lui dit de garder espoir. Alors la Compagnie Grise s'enfonça dans l'obscurité de la Tempête de Mordor et fut perdue à la vue de tout mortel mais les Morts la suivirent.
Note de l'auteur : c'est le chapitre le plus long que j'ai jamais écrit ! J'espère que vous l'avez apprécié. Comme toujours, reviewez !
