Hello, chers lecteurs !
Merci à Little-road, Sonata Fuling et Rachel Rekha pour leurs reviews. Et merci à Nathairy, ChrystelleB et out-of-nowhere 75 d'avoir mis la fic en Alert et Favoris.
Bonne lecture !
L'OUBLIÉE
À la Porte Noire
Deux jours plus tard, alors qu'il faisait encore sombre, Aragorn réveilla Lothril dans sa tente et demanda : "Comment va votre blessure ?"
"Je ne sais pas, laissez-moi voir", dit-elle, un peu groggy tandis qu'elle se levait.
Elle commença lentement à soulever le tissu. Elle le fait autant qu'elle put avant de dire : "Ça commence à tirer."
"Très bien. Vous avez vite guéri, alors. Cependant, nous laisserons les points de suture un peu plus longtemps. Puis-je les voir ?"
Elle souleva sa tunique et il a examina les points, qui n'avaient pas l'air de s'être déchirés. La blessure se refermait lentement, sans infection. Il hocha la tête et lui dit que cela semblait guérir lentement puis il prit congé en s'excusant de l'avoir réveillée aussi tôt. Elle lui a dit qu'elle savait qu'il était très occupé et n'émit aucune objection.
"Il fera un excellent roi", pensa-t-elle. Elle trouvait que plus elle passait du temps en Terre du Milieu, moins elle se souvenait des livres et moins elle avait à s'en rappeler.
Elle se rallongea, mais elle était maintenant trop éveillée pour se rendormir. Elle resta allongée un court moment puis décida de vérifier si ses dagues avaient besoin d'être aiguisées. Elle prit la pierre à aiguiser dans le paquetage de Legolas puis se mit à aiguiser ses couteaux. Cela lui prit environ quinze minutes. Elle les rengaina puis se mit à dénouer ses cheveux. Elle les laissa tomber dans son dos et les secoua. Ils étaient plus longs qu'avant son départ, et elle avait presque oublié de s'en occuper. Elle était en train de les brosser quand Legolas se réveilla.
"Bonjour !" le salua-t-elle.
"Quelle heure est-il ?" demanda Legolas.
"Je ne sais pas, mais le soleil n'est pas encore levé."
"Pourquoi es-tu éveillée, dans ce cas ?"
"Aragorn voulait vérifier ma blessure."
"Au milieu de la nuit ?" demanda-t-il avec scepticisme.
"Legolas, il est très occupé et je pense qu'il était debout depuis hier. Il voulait s'occuper de moi aussi tôt que possible."
"Je vois", dit Legolas. Il y eut du silence pendant un instant. "Tes cheveux sont très longs, maintenant."
"Quelle longueur ?" demanda-t-elle.
"Ils dépassent ta taille d'un bon centimètre."
"Vraiment ? Je crois que c'est un peu trop. Je devrais probablement les couper avant qu'il fasse bien jour. Je ne veux pas que ma tresse me frappe au visage quand je tourne", sourit-elle. "Les tiens aussi sont plus longs."
"Je sais", répondit Legolas. "Je te propose un marché, je coupe tes cheveux si tu coupes les miens."
"Très bien", répondit-elle. Elle prit sa dague et coupa sept centimètres de ses cheveux. Elle lui donna ensuite la dague et il lui en coupa huit centimètres. Ils avaient maintenant les cheveux qui tombaient quatre centimètres en dessous de leurs épaules. Elle tendit ses doigts vers ses cheveux et dit : "Je suis toujours un peu endormie, bonne nuit."
"Bonne nuit, je te réveillerai quand le soleil sera levé", dit Legolas.
Il s'assit près d'elle et se mit à jouer avec les boucles de ses cheveux. Lentement, elle s'endormit. Une fois qu'elle fut endormie, il la regarda avant de s'endormir lui-même.
Une demi-heure après que le soleil se fut levé à l'est, Legolas se réveilla de nouveau. Lothril dormait toujours profondément. Il la laissa dormir quinze minutes de plus que lui avant de la réveiller.
Ils empaquetèrent leurs affaires, Lothril tressa ses cheveux, puis ils aidèrent à démonter leur tente. Tandis que le matin était encore jeune, ils enfourchèrent leurs cheveux et se mirent en route. Avant midi, ils atteignirent Osgiliath. Ils étaient à huit kilomètres de l'extérieur de la cité, ils quittèrent ceux qui allaient à pied, et ils se hâtèrent avec tous les cavaliers en direction de Crossroads. Lothril ne faisait partie d'aucun des conseils, ce qui la réjouissait, aussi passa-t-elle beaucoup de temps inaperçu. Ce qui était en soi difficile. Le Seigneur Ténébreux la cherchait et n'aspirait qu'à la capturer et la torturer jusqu'à ce qu'elle devienne un spectre et une esclave soumise à sa volonté.
Ils continuèrent leur route, peu de choses furent dites avant la fin du voyage. Au deuxième jour de Crossroads, ils se heurtèrent à une forte vague d'Orques et d'Orientaux. La bataille n'eut guère de sens et l'on perdit un homme du Gondor. Lothril tua quatre Orientaux et réussit à ne pas tacher ses vêtements avec du sang, à son grand soulagement.
Le sixième jour, Aragorn dit qu'il voulait aller à Cair Andros, ils n'eurent donc pas à aller au Mordor. Certains acceptèrent volontiers l'offre, certains eurent honte de sa pitié et certains regardèrent Lothril et se dirent que s'ils ne pouvaient pas aller là où une fille désirait aller, quel genre des hommes seraient-ils ?
Chacun fut découragé et se sentit envahi par le mal et le désespoir, tous sauf Lothril qui savait comment la bataille finirait. Legolas était découragé par la bataille, mais pas la guerre. On voyait qu'il connaissait la fin de tout cela.
La nuit du 23 mars, Aragorn ordonna qu'on laisse quelques tentes et quelques hommes pour les garder, sous le conseil de Dame Lothril.
Le 24 mars, après un court voyage, ils campèrent dans la Vallée Morgal, sachant que la bataille viendrait demain.
Le 25 mars vint une brise froide du nord. Ils s'en allèrent à travers les monts stériles jusqu'à deux des plus grandes collines. Chacun savait que c'était de la folie, mais Sauron, regardant depuis sa tour sombre avec son grand œil, pensa que tout était pure folie.
"Les imbéciles", pensa-t-il. "Ils sont si stupides et fous de venir à ma porte avec si peu d'hommes en pensant pouvoir me défier et me vaincre", se moqua-t-il.
Il y avait Gandalf, Aragorn, Elladan et Elrohir, Eomer, Imrahil, Legolas, Gimli, Lothril et Pippin, avec une grande escorte, des trompettistes et des hérauts, des capitaines et des porteurs de bannières.
Lothril commença à se demander pourquoi diable elle avait osé venir, car elle le sentait s'approcher d'elle lorsque les hérauts crièrent de vive voix : "Sortez ! Que le Seigneur de la Terre Noire sorte ! Justice lui sera faite ! Car il a injustement fait la guerre au Gondor et volé ses terres. Le Roi du Gondor exige donc qu'il répare ses torts et y renonce à jamais. Sortez !"
Il y eut un long silence pendant lequel rien ne se passa, mais le Seigneur Ténébreux se rapprochait de Lothril. Elle commença à se sentir mal. Sa tête la lançait, sa volonté flanchait, elle ne savait plus quoi faire. Soudain, elle se souvint de la chanson de Finrod, chanté il y a de nombreux âges, devant le trône de Morgoth.
"Alors Felagund chancelant
entonne un chant de résistance,
il bataille dans chaque stance
où il dit les secrets, la citadelle,
la confiance et l'échappée belle;
aussi, métamorphose et ruse
contre les pièges et qui usent
l'écrou des portes des prisons.
Ainsi s'élève la chanson,
que Thu et Felagund adressent
usant les charmes d'Elfinesse…"
Et ainsi de suite. Puis elle se souvint des derniers mots :
"Et Finrod tomba devant le trône."
"Pas aujourd'hui", souffla-t-elle. "Pas aujourd'hui !"
Alors qu'elle pensait cela, la cruelle Porte Noire du Mordor s'ouvrit dans un retentissement métallique. Et vint le Lieutenant de la Tour de Barad-dûr. Il avait l'air horrible. C'était un homme vivant, Lothril ne pouvait pas le deviner, mais il l'était. "Je suis la Bouche de Sauron", dit-il d'une voix si étrange et rauque, pourtant elle était sinistrement faible et froide. "Y a-t-il dans cette bande quelqu'un qui ait autorité pour traiter avec moi ? Ou, en fait, qui ait assez de tête pour me comprendre ?"
Lothril bouillonnait de colère. Comment osait-il dire de telles choses en présence de Mithrandir et Aragorn ! Elle avait connu des camarades de classe ayant plus d'honneur et de dignité que ce démon. Il n'était pas digne de traiter avec eux, des camarades de classe ou Aragorn et Mithrandir. La Bouche de Sauron sentit sa colère et se recula un peu d'elle.
Il ne pouvait pas gérer à la fois la colère et de la jeune fille et Aragorn, aussi s'écria-t-il : "Je suis un héraut et ambassadeur, et nul ne doit m'attaquer !"
Oh, comme Lothril aurait aimé dire : "Qu'est-ce qu'il y a ? Tu ne peux pas gérer ?"' Mais elle ne le fit pas.
Elle réfléchit encore et encore, dans sa tête. Elle devint sourde à tout ce qui l'entourait, se concentrant seulement sur l'exaspération de la Bouche, qu'elle aurait aimé décapiter. Sauron était ennuyeux, mais il n'était pas un monsieur-je-sais-tout mal léché. La Bouche ne la regardait jamais, de crainte de rencontrer son regard pénétrant, mais il pouvait sentit la colère à l'état pur que son âme émettait.
La Bouche montra la chemise de mithril de Frodon et leur fit croire qu'il avait été capturé. Les cœurs de chacun se brisèrent, sauf celui de Lothril.
"Bon, bon ! Il vous était cher, à ce que je vois. Ou bien sa mission était-elle de celles que vous ne voudriez pas voir échouer ? Elle a échoué", dit la Bouche.
Lothril ne pouvait se retenir plus longtemps. "Menteur !" siffla-t-elle.
"Quoi ? Qui a dit cela ?" demanda la Bouche.
"Moi !" cria Lothril.
"Oh, toi, la petite elfe qui pense pouvoir tenir tête au grand Sauron. Il m'a parlé de toi, petite morveuse elfique."
"Et j'ai entendu parler de vous, l'ancien renégat ! Vous êtes un menteur. Vous n'avez pas notre ami !" Elle se tourna vers ses compagnons. "Il a été capturé le 13. Ses vêtements ont été pris tout comme sa chemise à Barad-dûr ! Il a échappé aux orques avec l'aide d'un grand guerrier elfique. La Bouche le sait. Le Seigneur Ténébreux le sait, mais nul ne sait ce qui leur est arrivé après cela ! Il marche encore, et il est libre ! Si ce n'était pas le cas, nous le saurions. Sauron l'aurait annoncé !" Elle se tourna vers la Bouche. "Ne niez pas cela, vous, sale traître ! Je dis la vérité et veillerai à ce qu'elle ne soit pas annoncée à votre maître", fit-elle. Elle dégaina brusquement son arc et tua la Bouche de Sauron, ainsi que ceux qui l'entouraient.
Tous la regardèrent avec stupéfaction. Elle n'avait quand même pas osé ! Aragorn ou Gandalf allaient la réprimander, quand elle se tourna vers eux et dit : "Frodon et Sam sont vivants. Maintenant, quittons les deux collines avant que Sauron n'envoie ses serviteurs."
Elle resta en esprit pour dire à Sauron deux mots : "Amène-toi !"
Puis elle se tourna vers Frodon qui se rapprochait de la Montagne du Destin. Par un certain miracle, elle pouvait encore l'atteindre. Elle défia le Grand Œil et dit à Frodon : "Tu dois te souvenir de ta mission ! Garde l'espoir ! Nous sommes tout près ! Tu n'es pas seul !" Puis elle revint auprès de ses amis.
Elle se tint à côté de Legolas dans la bataille encore une fois. "Je crois que tu t'es montrée trop hardie, Lothril", dit-il.
"Je crois que j'ai été calme trop longtemps. Je ne sais rien de mon destin dans cette bataille, mais cela ne m'inquiète guère. J'en réchapperai. Il faut se battre."
Les habitants du Mordor s'en vinrent précipitamment aux portes. Elle était en de front, attendant l'attaque. Elle entendit Aragorn et Gandalf crier depuis les collines : "POUR FRODON !" Juste une fois, puis leurs armées se heurtèrent.
La colère de Lothril était à son apogée, son courage plus grand qu'il ne l'avait jamais été. Elle se déplaçait de façon plus rapide et lucide que jamais auparavant. Personne ne pourrait la toucher, les Orques ne faisaient qu'essayer à cause de leur peur envers leur maître. Elle avait l'espoir le plus grand et la foi en tout cela, et elle en savait plus que tous les autres…
Entailler, tourner, frapper, bloquer, trancher…
Alors que la bataille se poursuivait, un groupe particulièrement mauvais d'Orques, plus grands et plus féroces que les autres, foncèrent sur Lothril. Elle ne pouvait pas les tuer, car l'un d'eux avait des gants de fer et il saisit les dagues de Lothril pour les jeter au sol. Elle ne put saisir son arc, car ils saisirent ses bras et ses jambes, l'empêchant de bouger. Elle lutta contre ses ravisseurs, mais en vain. Legolas la vit en mauvaise posture et voulut venir. Son esprit se tendit vers le sien et il cria : "Lothril ! J'arrive !"
"NON ! Reste où tu es, Legolas! Je m'en sortirai ! NE BOUGE PAS ! Ou tu mourras avant de m'avoir rejointe !" ordonna-t-elle et il obéit, bien qu'à contrecœur. Soudain, un troll lui fonça dessus et sa dernière chance de venir l'aider s'évanouit.
Elle sentit soudain quelque chose, quelque chose de mauvais. Qu'est-ce que c'était ? Elle tendit son esprit vers cela et se rendit compte que Frodon était en train de faiblir.
De désespoir, elle hurla mentalement : "FRODON ! NON, FRODON ! DÉTRUISEZ-LE ! DÉTRUISEZ-LE, FRODON ! NE RENONCEZ PAS, PAS MAINTENANT!"
Elle savait que même si le Seigneur Ténébreux l'entendait, il ne pourrait arriver à temps pour sauver son Anneau. Elle luttait contre ses geôliers de toutes ses forces et cria : "FRODON ! NE RENONCEZ PAS ! FROODOON !"
Elle devait se libérer, elle le savait. Elle se rapprochait de la porte à chaque seconde. Elle ne pouvait penser à ce qui se passerait si elle la franchissait. Son esprit s'affolait, on lui avait appris bien des choses à Valinnor, mais quelle chanson utiliser pour une telle situation, ça, elle l'ignorait. Finalement, au fond de son esprit, elle en trouva une qu'elle chanta d'abord d'une voix tremblante, puis d'une autre plus calme et forte, chantant ainsi une chanson de défi, d'espoir et de victoire.
La chanson était comme un acide aux oreilles des orques, mais ils étaient têtus et ne lâchaient pas prise. Plus fort, plus fort elle chanta et bientôt on put entendre la voix de Legolas puis celle d'Aragorn et enfin celle de tous les autres combattants. Le Seigneur Ténébreux entendit la chanson ce fut horrible pour lui. L'orque aux gants de fer la gifla, mais elle continua de chanter. C'était la seule arme qu'elle pouvait utiliser et elle allait s'en servir jusqu'à son dernier souffle ! Un orque plus faible, tenant sa cheville gauche, finit par plaquer ses mains sur ses oreilles. Elle utilisa son pied libre pour donner un coup de pied à l'orque à côté de lui et le frapper. Maintenant, ses deux pieds étaient libres et elle les planta dans la terre jusqu'à se retrouver debout. Elle faucha les pieds d'un Orque puis, de sa main libre, saisit une flèche et la planta dans le cou de l'orque aux gants de fer. Sauron dut voir qu'elle allait s'échapper, car d'autres Orques vinrent vers elle, avec l'intention de capturer. Elle prit son arc et les tua.
Maintenant, que faire ? Revenir auprès de ses amis serait du suicide, continuer serait de la folie. Soudain, elle sentit un changement, quelque chose de bon venait de se produire, l'Anneau allait être anéanti, elle le sentait ! Elle leva les yeux et vit les aigles qui arrivaient. Elle se força à rayonner comme jamais pour leur demander de l'aider. Elle entendit un cri puis Landroval se posa près d'elle. Il l'attrapa alors qu'un Orque s'approchait pour l'assassiner. Il la mit sur son dos puis se dirigea vers l'endroit où Gandalf et Gwaihir se tenaient pour discuter rapidement. Soudain, il y eut un tremblement de terre et Lothril se sentit heureuse, car elle savait ce qui venait de se produire.
"Gandalf, nous devons aller chercher Frodon et Sam maintenant !" dit Lothril tandis que ses pieds touchaient le sol.
"Je vous amènerai jusqu'à eux", dit Gwaihir.
Lothril et Gandalf montèrent sur le dos des aigles. Un autre aigle rapide, du nom de Meneldor, les suivit et tous volèrent vers la Montagne du Destin qui vomissait de la lave. Le cœur de Lothril battait la chamade. Où étaient Frodon et Sam ? Elle ne pouvait pas les voir et il faisait plus sombre tandis qu'ils approchaient de la Montagne du Destin. Soudain, Gwaihir les aperçut et fondit sur eux avec Landroval et Meneldor le rapide. Les larmes vinrent aux yeux de Lothril quand elle les aperçut enfin. Des larmes de joie de les voir vivants et des larmes de pitié, car ils avaient l'air mal en point. Sam avait beaucoup maigri, il était couvert de sang et de crasse, pourtant l'espoir demeurait dans ses yeux.
"Inébranlable jusqu'à la fin", pensa Lothril.
Puis elle regarda Frodon. Il avait l'air d'un homme brisé, ou d'un malade mourant qui s'en remettait enfin, ou du moins en avait assez l'air pour sourire faiblement. D'autres larmes argentées coulèrent sur le visage de Lothril. Elle sentit soudain quelqu'un entrer en contact avec elle.
"Meurs, garce d'elfe !" entendit-elle.
Mais on aurait dit la voix de quelqu'un entraîné au loin. C'était Sauron, son dernier acte, ses derniers mots. Elle prit cela comme un compliment, en fin de compte. Elle sentit des bras forts, invisibles et gigantesques le faire partir brusquement de Valinor. Elle sourit, car d'une façon ou d'une autre, elle savait que les Valars lui ôtaient sa puissance et le jetaient dans l'obscurité du néant jusqu'à la fin du monde.
Gandalf demanda à Gwaihir de ramener les Hobbits en Ithilien où les tentes du Roi étaient dressées.
"Très bonne prévision, Lothril", dit Gandalf mentalement.
"Je n'appellerais pas ça de la prévoyance, Mithrandir, mais de la sagesse rétrospective", répondit-elle.
Gandalf sourit tandis qu'il emmenait Sam pour le porter dans la tente. Lothril porta Frodon.
Comme le 20 octobre, pensa Lothril. Cette fois, il était beaucoup plus léger. Une fois que les deux furent installés confortablement, Lothril parla à Gandalf.
"Mithrandir, je vous demande de faire quelque chose pour moi. Repartez voir Aragorn et faites-le venir ici pour soigner Frodon et Sam. Dites aussi à Legolas que je vais bien et que je l'attends", demanda-t-elle.
Gandalf sourit à la fin de sa requête, mais dit solennellement : "Je le ferai, Dame Lothril." Il remonta Gwaihir et les trois aigles partirent.
Lothril se tourna vers Frodon et vérifia qu'il n'avait rien de mortellement grave. Elle regarda son doigt et arracha un morceau du drap blanc pour l'envelopper. Il se réveilla un bref instant et essaya d'ouvrir les yeux, sans succès.
"Où suis-je ?" demanda-t-il faiblement.
"Vous êtes en sécurité, Frodon. Endormez-vous", dit une douce voix.
Il accepta et s'endormit. Lothril regarda la cicatrice dans son cou, la marque de Shelob et se demanda si l'araignée était morte aussi. Mais ses pensées revinrent à Frodon. Elle jugea qu'il irait bien jusqu'à l'arrivée d'Aragorn puis se tourna vers Sam.
Sam était à moitié éveillé, et dit : "Où est Frodon ? Où est Frodon ? Est-ce qu'il va bien ?"
"Il va bien, Maître Samsagace. Vous êtes en sécurité, reposez-vous maintenant", dit doucement Lothril.
"Pas tant que je n'aurais pas vu M. Frodon", dit-il. Il retombait lentement dans le sommeil.
"Vous le verrez bien assez tôt. Dormez maintenant, Maître Samsagace", ordonna-t-elle doucement. Il avait moins envie de résister, mais il finit par céder. Elle les veilla jusqu'à l'arrivée d'Aragorn. Elle dit à Aragorn tout ce qu'elle pouvait se souvenir du voyage de Frodon au Mordor, espérant l'aider. Elle le laissa avec les hobbits et attendit l'arrivée des autres à l'extérieur de la tente. Après presque une heure, Aragorn sortit de la tente et dit que Gandalf et quelques hommes viendraient aussitôt qu'ils pourraient pour installer le camp.
"Y a-t-il quoi que ce soit que je puisse faire pour aider ?" demanda Lothril.
"Non, pas à l'heure actuelle", dit Aragorn. "Je suis heureux de voir que vous êtes sauve. J'ai vu les Orques vous emmener et je savais que je ne pourrais approcher. Ont-ils réussi à vous blesser ?"
"Je ne pense pas. Si je trouve des égratignures, je vous le dirai", sourit-elle. Soudain, les oiseaux firent irruption, entonnant une heureuse chanson pour proclamer la chute de Sauron.
Ce fut un son doux qui apporta la joie à tous ceux qui l'entendirent.
Note de l'auteur : Wow, Sauron a été vaincu. Bien ! C'était rapide. N'est-il pas étonnant comme quelques secondes peuvent changer le monde ? De toute façon, j'espère que cette bataille était meilleure que le Gouffre de Helm et que vous l'avez tous aimée. Comme toujours, reviewez, reviewez, reviewez !
