Un équilibre nommé Gai Maito


-Kakashi...

-...Gai

Gai. Même si c'était dur de l'admettre, heureusement qu'il avait Gai auprès de lui. C'était peut-être la seule personne qui le voyait encore comme étant simplement Kakashi Hatake.

-Qu'est-ce que tu fais ici, Gai ?

Le regard de la panthère de Konoha s'arrêta lui aussi sur le mémorial de Konoha.

-Je viens régulièrement me recueillir depuis la mort de Neiji.

Depuis combien de temps il n'était pas venu se recueillir déjà ? Assez longtemps pour ne jamais avoir croisé son rival, qui venait maintenant souvent depuis deux ans. Lamentable, il était lamentable.

-Tu es trempé, Kakashi... Depuis quand tu es là ?

Un haussement d'épaule se fit entendre en guise de réponse, devant les sourcils froncés de la panthère de jade.

-Ça fait des semaines que tu sembles comme éteint. Il s'est passé quelque chose ?

Flash-back.

C'est la chute d'un morceau de mur humide sur le sol qui avait sorti le Rokudaime de son sommeil. Vraiment, il faudrait qu'il rénove cette maison un jour. Il avait ouvert péniblement les yeux, avec la douleur crânienne d'une gueule de bois. Il était bien décidé à rester bien au chaud sous les couettes, à se remémorer certains passages agréables de la veille.

Konoha était au point mort. La totalité du village avait fêté le mariage du Héros de Konoha. Le reste de la population qui n'avait pas été convié l'avait aussi fêté de leur côté. Fort heureusement, Suna était présent pour assurer son administration pendant plusieurs jours.

« Bonjour, Parc 17h00. Umino Iruka »

C'est le message qu'il avait reçu par une invocation d'oiseau quand il s'était décidé à sortir de son lit. L'affichage brisé de son four l'avait alors alerté qu'il était 16h45. Il ne savait pas réellement si cet engin était encore à l'heure mais il s'était dit qu'il devait se dépêcher quand même. Il n'avait pas envie d'être en retard.

La veille, il s'était passé quelque chose d'extraordinaire avec un subalterne qu'il avait alors décidé de surnommer « petit effronté de Konoha », et l'optique de le revoir lors d'un rendez-vous au parc l'avait soudainement rendu adolescent. Même s'il n'avait jamais vraiment vécu une adolescence normale, il s'était dit que l'orchestre qu'il ressentait dans sa poitrine était assimilable à celui d'une Sakura-chan de douze ans observant son Sasuke-kun ténébreux. Et ce n'était pas la pluie ou l'orage qui allait l'empêcher de le retrouver. La simple perspective de le revoir était plus forte que le grondement du tonnerre.

La chute fut rude. Pas la chute de l'arbre fendue sous la foudre comme si elle avait été là pour rendre la nouvelle encore plus fatale, mais celle de son cœur lorsqu'il avait entendu distinctement Iruka dire « Vous n'êtes pas quelqu'un que je ne puisse aimer ».

Fin Flash-back.

-Oui, je n'ai pas besoin de réponse de ta part pour savoir qu'il s'est passé quelque chose. Dans ces moments-là, il n'y a qu'une seule solution pour retrouver le moral mon cher rival. Et cette solution c'est...

-Un défi, avait coupé Kakashi, le regard sincère et determiné.

L'alcool coula à flot.

-T'en es à combien ? Je m'arrête là.

-Trente-huit... La même pour moi.

-Haha ! Avoir entamé l'été de ma jeunesse me réussit ! L'écart est grand, car je viens d'atteindre l'honorable nombre de quatre-vingt-six verres !

-Je parlais de bouteilles.

-Quoi ?

-Fallait compter en verres ?

-Attends, il suffit de savoir combien il y a de verres dans une bouteille.

Le serveur qui passait par là aurait préféré ne pas passer par là.

-Puisque je vous dis que ça dépend des bouteilles.

-Jeune serveur printanier, permettez-moi de vous dire qu'il vous manque inexorablement la fougue de la jeunesse. Avait répondu Maito Gai d'un ton grave et dramatique, les bras croisés sur la poitrine et le visage se déplaçant avec négation.

-Je... Je ne suis pas sûr de bien comprendre...

-Il veut dire que vous ne vous entrainez pas assez à apprendre vos bouteilles par cœur. Avait traduit l'Hatake d'un ton ouvertement désinvolte.

-Aaaah ! Kakashiii ! Mon cher rival ! Voilà une argumentation digne de la fougue de la jeunesse ! Fit la panthère de Jade en pointant le pouce en l'air devant un sourire éclatant.

Le patron qui passait par là aurait préféré ne pas passer par là.

-Donc si Rokudaime sama a bu quinze bouteilles de ça, dix bouteilles de ça, trois bouteilles de ça, quatre...

La calculette qui passait par là aurait préféré ne pas passer par là.

-C'est donc avec un score de cent quatorze verres contre quatre-vingt-six que la victoire se fait mienne. Avait statué Kakashi.

L'addition salé fut posée, et le défi de regard débuté.

-C'est le perdant qui paye. Avait alors décrété le gagnant en quittant le bar les mains dans les poches.

L'idée avait germé en quittant le bar. Le but étant de rejoindre le mont aux Hokage le plus vite possible par la seule force des bras. C'est comme ça qu'ils s'étaient retrouvés là-bas, allongé l'un à côté de l'autre à la belle étoile.

-Kakashi, cette fois, j'ai gagné...

-Faut dire que tu passes tes journées à marcher de cette façon maintenant.

-Tu sais ce que ça veut dire ?

-Que tu as laissé ton fauteuil roulant au bar ?

-Non, que j'ai gagné un défi de plus que toi ! Il serait temps pour toi d'entamer la fougue de...

-Négatif, tu oublies toujours le même défi.

-De quoi tu parles ?

Kakashi s'allongea sur le flan pour chuchoter quelques mots dans l'oreille de Gai. Ce dernier s'était relevé debout sur une jambe en exprimant sa colère fougueuse.

-On était enfant Kakashi, ça ne compte pas ! Aujourd'hui, je suis sûr qu'elle est plus grosse que la tienne !

-Ça, on ne le saura jamais. Avait rie Kakashi en se remettant debout face à lui. Du coup, vu qu'on ne peut pas vérifier, on est encore ex-aequo !

-Et bien on va vérifier ça maintenant !

-Non ! Sans façon !

Gai aurait préféré que l'écureuil qui passait par là, ne passe jamais par là.

-Je t'avais vient dit qu'elle avait la taille d'une noisette. Même l'écureuil a confondu.

-Ce n'est pas juste. Ça fait atrocement mal. Sanglotait la panthère de Jade.

-Du coup, j'ai encore gagné ! Et j'ai une victoire d'avance. Ça t'apprendra. Réjouis-toi de ne pas l'avoir perdu. Avait répondu Kakashi les bras croisés dans la nuque, en prenant la route du départ. On va rechercher ton fauteuil ?

Cette idée-là avait cette fois-ci germée après être entré par effraction dans un certain bar pour récupérer un certain fauteuil roulant. Ils s'étaient alors regardés d'un air entendu comme si cela avait été une évidence.
Le but étant cette fois-ci de tracter Kakashi affalé sur Gai, lui-même affalé dans sa chaise roulante, à toute vitesse dans tout Konoha grâce à l'escouade des crocs traqueurs.
Les rivaux les plus célèbre de Konoha s'étaient bien amusés, surtout lorsqu'ils avaient dû prendre des virages serrés pour éviter shuriken, kunai louches, casseroles et divers objets contondants qui avaient été délibérément jetés en leur direction en provenance des fenêtres. C'est vrai qu'ils avaient pas mal crier. Et c'est vrai qu'à cette heure-ci, personne n'était censé jouer aux musher dans les rues du village.

-Plus jamais ça, patron, on n'est pas des chiens de traineaux. Avait suffoqué Pakkun à plat ventre avant de disparaître dans un écran de fumée comme le reste de l'escouade.

Ils s'étaient alors apprêtés à se dire au revoir sur le pas de la porte de Kakashi.

-Dis, au fait, tu peux m'expliquer ce qu'il s'est passé ?

-Maa... Comme je n'ai plus l'âge d'avoir des peines de cœur, disons qu'il ne s'est rien passé. Avait répondu l'épouvantail en posant ses mains sur les épaules de son vis-à-vis. Merci d'être là, Gai. Tu seras mon rival adoré pour moi aussi, à jamais. C'est toi qui maintiens l'équilibre dans ma vie.

Ses yeux se plissèrent, signe qu'il souriait.

-KA-KAKASHIIIII !

L'étreinte fut celle d'un amour fougueux printanier. La panthère de Jade en fauteuil roulant, sa tête emplie de larmes s'était tout naturellement étreinte sur le bassin de son rival.

-G-Gai... avait balbutié Kakashi, en resserrant ses bras autour de son cou avec hésitation.

-Kakashi, n'oublie jamais que je t'aime d'un amour estival sans faille. Avait-il renchéri en frottant sa tête amoureusement contre un endroit ou un ami n'est justement pas censé frotter sa tête amoureusement.

-C-C'est un peu bizarre là... Gai ! ... Kakashi soupira d'exaspération et ajouta dans un sourire sincère. Je t'aime aussi, va.


Extrait du prochain chapitre :

"-Mais qu'est-ce que tu racontes Iruka. Bien-sûr qu'on est ami. J'aime à croire qu'on est ami depuis bien plus longtemps même.

-Eh bien je préfère que l'on ne le soit plus."


Voilà pour la deuxième partie du deuxième chapitre :)

J'espère qu'il vous a fait un peu rire car la suite sera moins amusante. En tout cas je me suis bien amusée à imaginer les scènes, en même temps, avec Gai, faut bien que ce soit amusant.

Vous préférez la totalité du prochain chapitre dans une semaine ou bien une moitié en milieu de semaine prochaine comme je l'ai fait cette semaine ? Dites-le-moi :)

Je pensais aussi mettre un petit extrait du prochain chapitre à chaque fin de chapitre. Ça vous tente ?

Bien à vous,
Sweetysamaa