Partie 2 - La stratégie de Genma Shiranui

Le senbon niché dans la bouche de Genma chuta au sol à la vision d'horreur qui les accueille.

« Qu'est-ce que... articula-t-il, incrédule.

L'odeur de sang se mêlé l'odeur de boue et de pluie. Cette odeur, ils ne là connaissaient que trop et la détestaient plus que tout.

— Ou est Sakura ? S'écria Naruto. Il faut un médecin, vite ! Pourquoi il n'y a pas Sakura ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? ! Pourquoi vous êtes seuls ? Où est le reste de l'équipe ?

— Naruto, calme-toi ! Demanda Genma en amenant pourtant sa main à sa bouche.

— Comment veux-tu que je me calme Genma ?

— On se calme vous deux ! Essaya de tempérer Raido. Il y a peut-être des ennemis on ne sait rien. Restez sur vos gardes ! Iruka, comment tu te sens ? »

Aoba était inerte, ensanglanté de toute part sur Iruka qui lui peinait pour ne pas perdre connaissance. L'on ne voyait plus très bien la couleur de leurs peaux tant elles étaient recouvertes de sang. L'Umino était assis contre un rocher et Aoba était allongé au sol, sa tête reposant lourdement sur ses cuisses. Ils avaient chacun l'une de leur main clouée ensemble d'un kunai dans le sol boueux. Le corps d'Iruka était sanglant de partout, ses bras, son torse, ses jambes, ses épaules... et Aoba était littéralement déchiqueté par plusieurs armes de lancer Ninja. On ne parvenait pas à distinguer d'où venait le sang, ni à qui il appartenait, ils étaient probablement mélangés entre eux. Il y en avait partout. Sur leurs jambes, sur leurs bras, sur leurs torses, sur leur visage... dans les cheveux du plus vieux, qui avait probablement laissé comme une trace de gros pinceau sur le visage d'Iruka.
Leurs vêtements n'étaient plus que cendre ou lambeaux et ne laissaient plus qu'apercevoir leurs peaux transpercées, griffées, déchiquetées, et même brulées par endroit.

Iruka essayait péniblement d'emmètre un son pour répondre à Raido, mais il avait la respiration sifflante, et son sang coulait comme une fontaine de sa bouche s'écrasant sur le visage d'Aoba, lorsqu'il essayait de parler. L'on ne voyait même pas de différence tant le visage de Yamashiro en était déjà recouvert.
Une mare de sang continuait de s'étendre autour de leurs deux corps, venant timidement caresser les pieds de l'équipe de secours.

« Iruka sensei... Iruka sensei ! IRUKA SENSEI ! Vous m'entendez ? Essaya d'articuler Naruto dans un sanglot difficilement dissimulé, en tombant à genou devant lui. »

Iruka fit un mouvement de tête.

« ...Est-ce qu'Aoba-san est vivant ? Tenta Naruto d'une voix qu'il essayait rassurante, bien qu'il ne sentît plus son chakra »

Iruka resta figé à la question puis finit par répondre faiblement non de la tête dans un sanglot qui lui fit cracher une coulée de sang le long de son menton.

« Na... Naruto... soupira Iruka dans un faible sourire.

— Iruka sensei gardez vos forces ! »

Naruto baissa les yeux sur Aoba. Il serra les poings.

Derrière eux, le trio avait le visage morne.

« Aoba est... mort... ? Articulèrent difficilement Genma et Raido à l'unisson.

— Iruka va s'en sortir ? Demanda Iwashi à Naruto.

— Il le faut ! C'est hors de question de perdre aussi Iruka sensei ! S'emporta le blond. Quelqu'un a-t-il les bases du Ninjutsu médical ? »

Personne ne répondit.

« Fait chier ! Fit Naruto la mâchoire serrée, son point s'éclatant contre les parois de la grotte.

— Bon, tout le monde se calme. Avait parlé Genma, de nouveau un senbon en bouche. Changement de plan, on ne retourne pas chercher Kakashi. Iwashi, tu t'occupes d'Iruka, tu fais tout pour stopper les hémorragies, on a une trousse de secours. Raido, tu pars trouver Sakura et les autres. Naruto, tu sais ce que tu dois faire. »

Ce dernier acquiesça de la tête en frappant sa main de son poing.

« Je vais faire mordre la poussière à celui qui a fait ça. ! »

Genma accompagna Raido jusqu'à l'entrée de la grotte.

— Retrouve les vite. Demanda Genma en collant son front contre celui du brun.

— Promis. Souffla ce dernier. Aoba ne voudrait certainement pas qu'Iruka ne le rejoigne trop vite.

— Fais attention à toi, ajouta Genma. Je ne suis pas certain qu'il voudrait qu'on le rejoigne maintenant non plus, ricana-t-il pour cacher sa voix qui s'était cassée.

— Pour qui me prends-tu petite tête ? répondit-il en décollant leur front. Prend soin d'Iruka... et d'Aoba... A tout à l'heure, fit-il en lui caressant une mèche de cheveux avant de sauter d'un bon renforcé au chakra. »

Le groupe s'était divisé en trois. Raido était parti avec un clone de Naruto en mode Sennin pour trouver rapidement le reste de l'équipe, grâce à la détection de chakra. Naruto était lui partit à la recherche de l'assaillant qui avait osé faire ça à Aoba-san et à son père de cœur.

Genma était resté comme convenu auprès d'Iwashi, Iruka et Aoba, un clone de Naruto était présent à l'entrée de la grotte pour faire bouclier sous la forme de la tête Kurama, par précaution.

« Aoba... chuchota Genma en retirant le kunai qui liait leurs mains, avant de l'allonger au sol un peu plus loin pour permettre à Iwashi de prodiguer les soins nécessaires au survivant. »

Après avoir retiré une à une les dizaines d'armes Ninja qui lacerait le corps de son défunt meilleur ami, Il prit un linge dans la trousse de secours et s'entreprit à ressuyer le sang sur son visage après l'avoir humidifié.

« Comment t'as fait ton compte pour mourir avant nous sérieux... chuchota le Tokubetsu la mâchoire serrée sur son senbon, retenant ses larmes de toute ses forces. Il lui retira ce qu'il restait de ses habits, recouvra son intimité d'une serviette propre après l'avoir chastement nettoyée elle aussi, et prit le temps de nettoyer tout ce sang. Ce sang qui ne coulait même plus, étant donné que son cœur ne battait plus. Son cœur qui ne battrait plus jamais. Son cœur qui s'était arrêté définitivement. Tout ce sang qui mêlé à la boue formait une pâte visqueuse à l'odeur de mort que Genma ne connaissait que trop bien. La vie de Ninja étant faite ainsi. Le cœur lourd, il déplia une sacoche mortuaire de leurs bagages après avoir terminé de laver soigneusement la totalité de son corps pâle. C'était triste à dire, mais ils y en avaient toujours dans les bagages spéciales missions de sauvetage, au cas où le sauvetage était un échec. Il aurait préféré ne jamais avoir à faire cela, mais ça y était... Il venait d'envelopper son meilleur ami dedans. Il venait de foutre son meilleur ami dans un vulgaire sac. Comment cela avait-il pu arriver ?

Le retrait du Kunai qui maintenait leurs mains liées n'avait même pas fait geindre Iruka qui ne sentait de toute façon plus rien dans son corps meurtri. Il avait essayé de s'interposer d'un mouvement à peine perceptible quand Genma avait porté Aoba pour aller l'allonger plus loin.

« C'est fini pour lui... fit tristement Iwashi en le déshabillant des lambeaux de vêtement qu'il lui restait. Je vais nettoyer et bander tes plaies maintenant. Vous devez vous accrocher Iruka...

— Lune...ette...

— De quoi ? Demanda Iwashi en nettoyant vainement les plaies les plus profondes qui se reteintait de rouge instantanément. Bordel...

— A...oba... Lu... répéta péniblement Iruka.

— Arrêtez de parler et concentrez-vous pour ne pas vous laisser partir. »

Mais Iruka était têtu et s'agitait ce qui ne rendait pas la tâche facile à l'autre Chunnin.

« S'il vous plait Iruka vous devez vous calmer... souffla-t-il en maintenant son torse meurtri pour recoudre comme il le pouvait une plaie béante qui s'étendait dans le bas de son ventre qui laissait s'échapper beaucoup de sang.

— Lunette... Aoba... geint-il en faisant marcher péniblement ses doigts en direction des lunettes du défunt, laissant un chemin de sang derrière.

— Tenez, dit Iwashi en plaçant les lunettes d'Aoba dans sa main, en terminant de recoudre la plaie qui lui tranchait le bas ventre de part en part. J'ai terminé celle-là, vous vous sentez bien ? Demanda Iwashi en lavant la serviette pour faire dégorger le sang, avant de se retourner pour continuer ses soins. Iruka ? ...Iruka ? Genma ! Iruka ne réagit plus ! S'écria Iwashi en se retournant vers lui, ses yeux tombant sur la scène macabre d'Aoba se faisant envelopper dans un sac mortuaire par son meilleur ami. Il s'imaginait déjà devoir envelopper Iruka, là-dedans.

Extrait du prochain chapitre :

« Tiens bon Iruka. Quand tu iras mieux, on ira se bourrer la gueule à la mémoire d'Aoba. ...A la mémoire du trio gay de Konoha, s'amusa-t-il.»