Partie 1 : Le réveil d'Iruka Umino

« De quel droit puis-je me permettre de poser ma main sur ton doux visage… chuchota-t-il les lèvres tremblante, en alliant pourtant l'acte à la parole. Pourtant regarde. Regarde à quel point je ne peux pas m'en empêcher... À quel point tu me manques… À quel point j'aimerais t'embrasser… avant que tu ne partes... murmura-t-il en loupant quelques syllabes tant il avait pleuré la nuit dernière, en approchant son visage près du comateux. »

Il était si près qui pouvait sentir son faible souffle venir lui caresser ses lèvres qu'il avait libérer de son masque. Ce souffle qui s'éteindrait bientôt. Pourquoi l'a-t-il envoyé la bas ? Pourquoi n'est-il pas allé lui-même le rechercher ? Pourquoi Iruka devait mourir ? L'homme le plus gentil et respectable de Konoha allait mourir, et n'était peut être même déjà. Qu'est-ce qu'il s'apprêtait à faire au juste ? Embrasser Iruka ? Qui devait très certainement le haïr comme jamais ? Embrasser les lèvres d'une personne qui le détestait et qui allait mourir ?

« Mais quel pitoyable Hokage je fais… Hein, Iruka ? Ricana-t-il amèrement en se redressant, replaçant son masque devant ses lèvres quemandeuse d'un baiser qui n'arriverait jamais.

— Ka...Kashi... san... Articula difficilement l'être qui d'une voix absente et rocailleuse, se mit à s'agiter ensuite. »

Le prompteur se mit à s'énerver soudainement, sous les yeux impuissants de Kakashi. Diverses lumières se mirent à clignoter et d'étranges bips plus différents les uns que les autres s'étaient mis à alerter Sakura qui accouru dans la chambre.

« Sakura !

— Kakash'-sensei, quittez la chambre s'il vous plait ! »

Kakashi faisait les cents pas dans le couloir. Peut importait les regard des infirmières posées sur lui. Il était connu pour son sang froid pourtant à cet instant ce que l'on penserait de lui il s'en fichait. Iruka allait mourir demain. Tout ce qu'il voulait c'était rester près de lui. C'était égoïste, mais qui avait dit que Kakashi était un homme parfait ? Tout le monde oui… tout le monde l'adulait et le trouvait respectable pourtant lui se sentait abjecte.

« Tout va bien, il est réveillé ! S'exclama Sakura. Ses jours ne sont plus en danger. C'est… un miracle ! Kakashi-sensei ! Sanglota Sakura en courant vers Kakashi. »

Kakashi devina à ses mouvement qu'elle avait du avoir l'intention de lui sauter au cou avant de se figer, gênée. Alors il écarta simplement ses bras pour accueillir son ancienne élève.

« Kakash' Senseei ! Je suis tellement heureuse ! Souffla-t-elle en se blottissant contre lui. »

Kakashi le montrait rarement mais éprouvait beaucoup d'affection pour la seule et unique équipe de Genin qu'il avait formé. C'était sa seule et unique fierté. L'équipe 7. L'équipe qui avait sauvé le monde de ses erreurs. Alors il referma doucement ses bras autour de ses épaules.

« Iruka-Sensei va être fière de toi, Sakura

— Si j'ai sauvé son corps, alors vous, vous avez sauvez son esprit. Termina-t-elle en s'éloignant. Vous avez sauvez Iruka-Sensei, Kakashi-Sensei.

— Je te laisse le soin de prévenir Naruto. Fit Kakashi en levant le pouce d'un sourire trahi par ses paupières.

— Etes-vous sur de ne pas vouloir rentrer ? Il est fatiguée mais une petite minute ne »

La rose n'eut pas le temps de terminer sa phrase que l'Hatake s'en allait déjà en la saluant de la main de dos.

« A plus, Sakura ! N'oublie pas ce que l'on s'est dit !»

Iruka était réveillé, sain et sauf. Il n'avait alors plus aucune excuse pour transgresser ses fichues règles pour le moment. D'autant plus qu'il avait des doutes concernant la réaction de l'Umino s'il voyait entrer le responsable de tout son malheur.

Iruka était réveillé ! Il était en vie ! Il n'allait pas mourir !

Iruka était sauvé. ..Les larmes de joie moullaient furieusement son masque, en se remémorant les paroles de son ancienne élève. Il avait sauvé Iruka. Peut-être qu'il n'était pas si pitoyable finalement…

Kakashi ne dormit pas cette nuit. Il était bien trop excité de savoir l'Umino sortit d'affaire. Il en avait profité pour faire quelques centaines de pompes pour entretenir son corps. Plus question de rester les bras croisés dans son bureau. Hokage ou pas, à partir d'aujourd'hui il allait prendre ce rôle très au sérieux, et surtout, à sa façon.

Ses chiens qui l'avaient observé en silence tout le long de cet entraînement soudain et nocturne, avaient fini par s'endormir ensemble. Tous sauf Pakkun.

« Eh, Patron ?

— Oui ? Fit Kakashi en s'asseyant contre l'arbre tordu, essoufflé de s'être défoulé de la sorte, en retirant son masque.

— Le gamin aux Graffiti… il est… ? »

Kakashi se mit à sourire niaisement en direction de son plus vieil ami. S'il portrait un masque, c'était sans aucun doute qu'il ne savait pas contrôler ses émotions faciales.

« Il est vivant ! »

« Kakashi-san… chuchotait pour lui-même un homme brun dans une chambre d'hôpital. Il était là, hein Sakura ? Hier, quand je me suis réveillé… Kakashi-sama… Il était là ?

— Il… Il n'y avait personne Iruka sensei… mentit tristement Sakura. Vous vous êtes réveillé à une heure où les visites n'étaient pas autorisées, ajouta-t-elle en lui offrant une meilleure position grâce à l'oreiller. Comment vous vous sentez ? Demanda-t-elle en faisant rouler un plateau repas devant lui.

—…Je vais bien. Mentit également Iruka.

— Alors mangez. Reprenez des forces. Il y a beaucoup de monde qui attendent pour venir vous rendre visite. Fit Sakura en quittant la chambre.

Est-ce qu'il avait rêvé quand il avait entendu sa voix ? La caresse sur son visage qui l'avait fait papillonner, qui l'avait agréablement réveillé de ses cauchemars sombres, de ses ténèbres… ce souffle chaud et réconfortant, qui avait bichonné ses lèvres… tout ça n'était vraiment que le fruit de son imagination ?

«De quel droit puis-je me permettre de poser ma main sur ton doux visage…récitait Iruka en déposant sa main sur sa joue. Pourtant Regarde… Regarde à quel point je ne peux pas m'en empêcher... A quel point tu me manques… A quel point j'aimerais t'embrasser… Avant que tu ne partes… Continuait de réciter Iruka en faisant glisser ses doigts sur ses lèvres. Mais quel pitoyable Hokage je fais, hein, Iruka ? souffla-t-il en regardant le triste plateau repas de l'hôpital. »

« Kakashi sama… Kakashi sama…

— sjzdeh sama fghghghgh arrêter feaevbr m'appeler feauryv sama…

— Kakashi san ! »

Des paupières douloureuses d'une fatigue évidente peinèrent à délivrer les pupilles sombres d'un regard connu pour être blasé. Qu'avait-il fait pour mériter ça ? Il avait l'impression que les tonnes de paperasses qui étaient empilées autour de lui venait de s'effondrer sur ses épaules. Les lourdes paupières s'arrêtèrent à mi-chemin pour le laisser entrevoir celui qui venait d'oser perturber son sommeil. Cet être n'était autre qu'un homme à la queue de cheval qui avait l'étrange pouvoir de réchauffer les cœurs par sa simple présence.

« Iruka… Excuse-moi de m'être endormi… fit-il en relevant à peine sa lourde tête du bureau. Tu peux partir, le soleil se couche tu as déjà dépassé tes horaires.

— Vous n'avez pas à vous excuser. Votre charge de travail est démesurée par ma faute ! »

La semaine passée, Shikamaru était parti en vacances pour deux semaines dans le pays natale de sa compagne, et avait soumis l'idée d'engager Iruka pour le remplacer. L'Hatake avait tout d'abord refusé en intimant que Yurito ferait très bien l'affaire. En réalité, il ne voulait aucunement qu'Iruka qui sortait à peine de son arrêt maladie qui n'avait duré que deux semaines après son réveil, ne supporte la lourde charge du rôle de conseiller secrétaire du Hokage. Mais Shikamaru avait insisté sur le fait qu'Iruka ne pourrait pas reprendre tout de suite son rôle de professeur, la médecine du travail souhaitait établir un suivi psychologique pour confirmer qu'il serait toujours apte à s'occuper d'enfants après les traumatismes qu'il avait vécu. L'Hatake avait alors accepté la proposition de Nara en se disant que de cette façon, il pourrait veiller discrètement sur lui et contrôler justement sa charge de travail à la baisse.

« Qu'est-ce que tu racontes Iruka ? Grommela le gris en refermant ses yeux.

—Je sais que par ma faute vous avez encore plus de travail. Je suis conscient que je ne suis qu'un Chunin mais

—Je t'arrête tout de suite. Les histoires de rang tu sais très bien ce que j'en pense. Souffla le gris en se massant les tempes. »

Mais c'était sans compter le fait qu'Iruka était… pénible. Il quémandait sans arrêt du travail et le gris devait toujours trouver une excuse pour ne pas lui en donner.

« Alors expliquez-moi pourquoi votre bureau déborde alors que le mien est vide comme vous pouvez le constatez ? Rugit le l'être à la sombre chevelure en pointant du doigt son bureau qui était sur le côté de celui de son Hokage. »

En plus de cela, il avait également demandé à ce que le bureau d'Iruka soit dans le sien, et non dans celui de Shikamaru. Il voulait veiller sur lui, comme pour se confirmer à lui-même qu'il était encore bien vivant. Le voir tous les jours, quitte à ce que cela ne le fasse souffrir. Iruka s'y était au départ opposé, prétextant qu'il n'avait pas besoin qu'on le ménage et que s'il avait besoin de venir le voir, il avait des jambes pour marcher. Le gris avait donc fait appel à la ruse et avait prétexté que ce serait plus simple pour lui-même de le consulter en vue du nombre de dossiers qu'il avait à traiter. Cela avait eu l'air d'être suffisant pour le convaincre. Et c'est de cette façon que depuis trois jours, Kakashi et Iruka travaillaient ensemble dans le même bureau.

« Vous n'avez pas confiance en moi c'est ça ? fit Iruka en croisant les bras. Vous savez, je suis loin d'être stupide comme vous avez l'air de le penser, ce n'est

—Ce n'est pas ça ! Protesta le gris en relevant difficilement sa tête »

Pour le coup, au vu de son bandeau de ninja qui était positionné de travers, de sa chevelure qui en plus de défier comme à son habitude les loi de la gravité était emmêlée dans tout les sens, de ses cernes qui semblaient vouloir creuser plus loin que cela n'était possible, oui, il ressemblait sans équivoque à un épouvantail.

« C'est juste que…

— C'est juste que QUOI ? Rugit le brun en posant fermement ses deux mains sur le bureau, faisant sursauter celui qui commençait déjà à se rendormir. Regardez-vous ! Vous vous surmenez ! Vous vous êtes endormi sur votre bureau je vous rappelle ! Quand je suis arrivée en avance ce matin pour en profiter pour faire seul du rangement dans vos dossier, vous étiez déjà là ! Vous dormez ici toutes les nuits et ne me faites pas croire l'inverse ! Vos cheveux sont gras et emmêlés et vos yeux ressemblent à… A je ne sais pas ! Gromela le brun. Mais il ne ressemble pas à ce que des yeux devraient ressembler ! Et vous avez intêret à partir de cet instant à me confier la charge de travail pour laquelle je suis rémunérée ! Et permettez-moi d'insister sur le fait que »

Kakashi était encore groggy du sommeil qui l'avait happé sans qu'il ne se rende compte de rien. Il écoutait sans écouter la fureur du sermon d'Iruka. C'était bien la seule personne qui avait toujours osé lui tenir tête, sans pour autant être irrespectueux. Il avait cette étrange façon de se montrer tantôt trop respectueux, tantôt effronté. Cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas fait remonter les bretelles par ce dernier concernant sa santé. L'espace d'un instant il eu l'impression de retrouver son ami et esquissa un sourire nostalgique sous son masque qui ne passa guerre inaperçue.

« Qu'est-ce qu'il y a de drôle ? Vous ne vous rendez pas compte que pour protéger Konoha vous devez être en bonne santé ?! Vous…

— Cest juste que…l'espace d'un instant j'ai eu l'impression d'avoir retrouvé mon si précieux ami que j'ai perdu… Pensa Kakashi à voix haute, d'une voix absente et rocailleuse, avant de d'être rattrapé une nouvelle fois de force dans les bras de Morphée. »

Extrait du prochain chapitre :

Un papier jaune attira son regard alors que le roman fut ouvert à la page de garde.