Partie 2 - Le réveil de Kakashi Hatake

C'est le bruit d'une porte qui se ferme qui avait réveillé l'Hokage de son sommeil. Combien de temps avait-il dormi encore ? À la vue de l'astre lunaire qui siégeait fièrement dans le ciel étoilé, il estima qu'il devait être dans les environs de vingt-deux heures. Les lumières du bureau étaient éteintes mais les rayons lunaires lui permirent tout de même d'apercevoir que son bureau était… vide. Ou diable était passé la montagne de travail qu'il devrait terminer ? Et que faisait cette couverture sur ses épaules ? Et d'où diable venait elle surtout ? Il redressa sa tête qui était jusque-là resté dans ses bras, et un livre à la couverture orange trônait fièrement là où habituellement siégeait son planning chargé. Le tome 1 d'Icha Icha paradise… comment avait-il atterri là lui aussi ? Il s'enfonça dans son siège en croisant ses jambes sur son bureau vide, tout en s'emmitouflant dans une chaude couverture qui dégageait une odeur agréable de jasmin.

Un papier jaune attira son regard alors que le roman fut ouvert à la page de garde.

« Je savais bien que vous ne résisteriez pas. Détendez-vous un peu ! 😊 »

Un tendre rictus s'échappa des lèvres du Hokage. C'était l'écriture d'Iruka. Il l'avait bien reconnu pour avoir travaillé à ses côtés ces derniers jours. Ses doigts se posèrent sur l'écriture à la fois douce et sévère, puis un long soupire s'échappa de lui-même alors qu'il referma brusquement le livre dans un bruit de claquement.

«Maa… C'est avec toi que j'aimerais me détendre…, chuchota-t-il en s'emmitouflant dans la couverture qu'il devina être la sienne, en refermant les yeux sur les flocons de neige qui tombaient dehors. »

Cette tendre attention lui embauma le cœur alors qu'il laissa une nouvelles fois les bras de Morphée l'étreindre dans le pays des rêves. Là où Iruka et lui n'étaient pas en froid depuis des nombreux mois…

« Iruka… »

Le reste de la semaine avait été semblable aux premiers jours. Kakashi n'avait pas pris au sérieux la remontrance de son subordonné et continuait à emmagasiner le plus de travail possible pour ménager Iruka. Il s'était même senti coupable de s'être montré si faible devant lui, cela ayant eu pour effet de lui inspirer de la pitié. Quand il s'était réveiller ce soir-là, Iruka avait terminé tout son travail et avait quitté à une heure très tardive par sa faute et c'était intolérable. Il avait alors encore plus redoublé d'effort et Iruka était de ce fait devenu encore plus pénible. Il s'en fichait pas mal, pour lui, ce qui était important, c'était qu'il se repose et passe le moins de temps à travailler à la tour Hokage. Alors peut importe s'il devait supporter les fureurs de ce dernier. C'était le dernier jour de la semaine et il avait ordonné à Iruka de partir en Week-end alors qu'il devait être à l'alentour de 19h00, c'était déjà même trop tard. Il avait encore râlé et Kakashi avait même dû hausser le ton, ce qui avait eu pour effet de le faire enfin faire. Il n'avait pas sa langue dans sa poche mais ce n'était que de la gueule, ses joues s'étaient même empourprées quand il avait lever le ton. Cela l'avait fait rire autant que ça l'avait exaspéré de le voir s'excuser en se penchant plus que de raison en exagérant sur les sama. Il l'avait ensuite vu partir avec Genma et Raido qui l'avaient invité. Il était soulagé de savoir que l'Umino allait enfin se détendre. Lui, avait un travail monstre à finaliser et un retard évident à rattraper. Sans doute qu'il allait encore passer la nuit ici… bien qu'aller boire un petit verre au fameux bar où il allait tout les soirs avec son ami Gai il y a quelques mois lui effleura l'esprit alors que minuit sonnait son dernier dossier.

« Quelque chose ne va pas Iruka ? Demanda Genma en sortant une énième bière de son frigo, apercevant le visage soudainement décomposé de son ami.

— C'est juste que… Aoba n'est pas là. Réalisa soudain le Chunin. »

Un silence pesant se mit à régner dans l'appartement de Genma et Raido. Genma se figea alors qu'il était en train de refermer la porte de son réfrigérateur, et Raido, qui allait reposer son verre sur la table basse se figea également. Aoba était mort, pensèrent le couple en terminant tristement leur action, le bruit du frigo se refermant accompagna le bruit du verre posé sur la table, brisant le silence religieux.

« Iruka… »

Genma s'assit alors entre son homme et Iruka dans le canapé et entoura ses épaules de son bras, en lui déposant une bière sur la table de son autre bras.

« Il était toujours là d'habitude… dit platement le professeur en regardant le sol, immobile, ses mains posées sur ses genoux. »

Le couple échangea un regard inquiet alors qu'Iruka se redressa de leur canapé.

« Je vais y aller. »

Le brun partit se chausser sans plus de mots.

— On va te raccompagner. S'interposa Namiashi.

« Non merci Rai, je… je dois rendre visite à quelqu'un, souri tristement l'être à la queue de cheval en resserrant cette dernière. Merci de m'avoir invité ce soir, c'était bon de vous revoir.

— Je comprends, souria à son tour l'être à la chevelure de sable en frottant son dos. Tu sais que tu pourras toujours passer nous voir quand tu veux.

— Passe lui le bonjour de notre part, d'accord ? Ajouta Raido en ouvrant la porte.

— C'est promis... Fit Iruka en quittant le lieu de vie de ses amis. »

« Cela fait un moment maintenant… souffla le brûlé en retournant s'installer dans son canapé, laissant le Ninja au senbon fermer la porte.

— Iruka vient à peine de se réveiller… répondit Genma en partant s'assoir sur les genoux du brun. Il n'a pas eu le temps de faire son deuil… »

Ce soir, Aoba Yamashiro était enfin monté au ciel. En paix d'avoir reçu la visite de son Ruru, qui était bel bien vivant. En paix d'être parvenu à sauver la vie de son être aimé.

Au sol dans une couche de neige, un être presque aussi pâle que cette dernière semblait endormi. Sans doute que son sommeil était mérité puisque rien ne parvint à le réveiller, pas même des bras le soulevant telle une princesse. Il avait juste grommelé quelque mot ressemblant à « arrêtez avec vos sama », qui avaient fait doucement rire celui qui l'avait ramené dans son lit pour le réchauffer.