Akira et Tokito
Chapitre 10 : Une photo de nous ?
Akira – (pensées : Bon voyons voir... Qu'est-ce que ça aime une fille ? (lecteurs masculins, prenez note) Le maquillage ? Non, elle en a pas besoin, elle est déjà très belle comme ça. Du parfum… Je crois qu'elle en a déjà, d'ailleurs il sent très bon (autrement dit, elle sent très bon). Des vêtements, les filles aiment faire les boutiques, les soldes, peu importe, c'est pareil ! Le centre commercial est à côté, j'ai qu'à l'emmener faire un tour, ensuite on ira manger quelque part… Mais où ? Je nous vois mal dans un grand restaurant très classe, en plus c'est pas dans notre budget (quand on aime on ne compte pas, mais quand même, pas la peine de se ruiner inutilement). Il faudrait un truc avec une bonne ambiance, pas trop coincé, sinon elle va pas aimer, une pizzeria ou un fast foot, ça me paraît bien, de toute façon je lui demanderai directement, ça ira plus vite. Et ensuite, c'est là qu'il faut trouver un endroit original pour passer l'après midi… La fête foraine ? Non, elle va dire que je suis un gamin… Rien que d'y penser, ça m'énerve ! Pourquoi je me casse la tête pour elle ! (parce que tu l'aimes, baka !) J'en ai marre ! On n'est pas honnête l'un envers l'autre, ni avec nous-mêmes, c'est irritant ! Je voudrais lui dire que je l'aime (ça me fait bizarre de penser ça, mais, maintenant je peux me l'avouer, je l'aime) mais j'y arrive pas ! À chaque fois que j'essaye de lui dire, ça ne sort pas et ça finit en dispute… J'entends l'eau qui coule… Elle est sûrement en train de se faire couler un bain… (rouge) Mais qu'est-ce que je m'imagine là ! Ça va pas ou quoi !? Elle avait l'air tellement bien dans son lit ce matin… Je me demande de quoi (ou de qui) elle rêvait… (de toi pauvre abruti). C'est la deuxième fois que je la vois nue… (il repense aux sources chaudes et rougit encore plus).)
Il est toujours en pleine réflexion quand une douce chanson lui parvient à l'oreille.
( De padre canela nació un niño, blanco como el lomo de un armiño, con los ojos grises, en vez de aceituna, niño albino de la luna. ¡Maldita su estampa, este hijo es un payo, y yo no me lo callo ! Luna quieres ser madre y no encuentras querer, que te haga mujer, dime luna de plata, ¿qué pretendes hacer, con un niño de piel, a~ah a~ah, hijo de la luna ? )
[Vous l'aurez peut-être reconnu, il s'agit du titre Hijo de la luna, du groupe Mecano.]
C'est Tokito, qui chante tranquillement dans son bain (je ne pense pas qu'elle continuerait à chanter si elle savait qu'Akira l'entendait). Il l'écoute donc chanter… longtemps… longtemps… il se rapproche inconsciemment de la porte de la salle de bain, comme hypnotisé par sa voix. Il finit par s'asseoir par terre, à côté de la porte. Il ne réalise pas encore que Tokito est en train de se sécher, et que, par conséquent, elle va bientôt sortir ; et il reste là, à écouter sa belle voix mélodieuse. Tokito finit de se sécher, enroule sa serviette autour d'elle, puis sort en chantonnant. C'est alors qu'elle remarque Akira, à ses pieds.
Tokito : – AKIRA !? QU'EST-CE QUE TU FAIS LÀ !?
Akira : – Je t'écoutais chanter… Tu chantes vraiment très bien, même sans musique.
Tokito : – T'étais pas plutôt en train de regarder par la serrure !?
Akira : – Pas du tout, je te l'ai dit, je t'écoutais chanter.
Tokito : – Et bien sûr, tu espères que je vais avaler ça ?
Akira : – C'est la vérité, donc oui, j'espère que tu vas me croire.
Tokito : – Je suis une fille, qui sort de son bain, et qui trouve un garçon assis devant la porte ! Avoue quand même c'est louche !
Akira : – Ah voilà, moi je te fais des compliments, et puis toi tu vas t'imaginer des trucs pas nets !
Tokito : – La ferme ! En plus tu mens et tu m'accuses de me faire des films ? Minable ! T'as pas honte !?
Akira : – Mais je te jure que j'ai rien fait ! C'est dans ta tête !
Tokito : – Arrête, tu t'enfonces !
Akira : – De toute façon, même si je l'avais fait, ça aurait été ma vengeance pour tout à l'heure, (quand tu matais mes fesses) mais comme je l'ai pas fait, il faudra que j'attende une autre occasion… Ceci dit, j'adore la tenue que tu portes en ce moment, elle est très sexy !
Tokito : (réalisant qu'elle n'a qu'une serviette autour d'elle, rougit +++) – Grrr ! C'est indécent !
Akira : – Arrête… C'est comme si t'étais en maillot de bain !
Tokito : – Je pourrais porter plainte pour harcèlement moral et sexuel !
Akira : – Moi pour incitation au crime, fausses accusations et attentat à la pudeur !
Tokito : – Pas mal, t'es blindé aussi ! Mais je te surpasse de loin, parce que je suis une pauvre jeune femme, harcelé par un homme vicieux et pervers, qui rentre la nuit dans sa chambre alors qu'elle est nue, et qui l'observe par le trou de la serrure quand elle prend son bain…
Akira : – Quoi !? C'est moi qui suis le plus à plaindre, je suis un pauvre gars qui est tombé amoureux d'une fille magnifique bien trop belle pour lui, qui lui annonce d'un ton fiévreux qu'elle va prendre son bain, qui l'accuse à tort de regarder par le trou de la serrure et qui se présente devant lui à moitié nue, avec comme unique vêtement une serviette de bain…
Ils se regardent, puis ils explosent de rire.
Akira et Tokito : (pensées : « Un pauvre gars qui est tombé amoureux d'une fille magnifique bien trop belle pour lui… »)
Tokito : (pensées : Il a dit ça… C'était pour rire de toute façon…)
Akira : (pensées : J'ai dit ça… C'est marrant… J'ai même pas réfléchi… Depuis que je me suis avoué à moi-même que je suis raide dingue d'elle, les mots sortent tout seuls, sauf quand c'est pour lui dire officiellement… Mais on ne dirait pas qu'elle a réalisé ce que j'ai dit… tant mieux.)
Tokito rentre dans sa chambre pour s'habiller et se faire belle (on se demande pourquoi ou pour qui…) pendant qu'Akira prend sa douche. C'est alors elle remarque un bout de papier sur son lit. Dessus, il est écrit :
« Que dirais-tu d'aller au centre commercial puis manger un morceau quelque part ? Akira »
Tokito : (pensées : Oh… C'est trop gentil… Évidemment que ça me plairait ! Tout à l'heure j'ai soutenu qu'il m'observait, mais au fond, je sais qu'il disait la vérité, je le taquinais juste… J'aimerais qu'on reste tous les deux, tout le temps… J'ai l'impression de rêver, et je ne veux pas me réveiller… (eh oui, même si elle n'en a pas l'air elle est très sensible) Peut-être parce que je l'aime…)
Elle sortit de son placard une minijupe army (avec des motifs militaires) que lui avait achetée Okuni, un mini haut à bretelles fines (je rappelle que c'est l'été et que donc, il fait très chaud dehors) et des tongs assorties. Pendant ce temps, Akira qui se sèche dans la salle de bain, se demande si elle a lu le petit mot, et surtout si son idée lui plaît. Il part dans sa chambre, s'habille et descend les escaliers (cet escalier plein de souvenirs) pour rejoindre Tokito qui l'attend en bas. Visiblement, elle est d'accord. Akira prend le porte-monnaie (Anna a bien pris soin de le laisser en évidence sur le buffet), et ils partent en direction du centre commercial. Ils rentrent dans quelques boutiques de vêtements, de montres, de chaussures, même de DVD, mais ils ne trouvent pas grand-chose de vraiment bien, jusqu'à ce qu'ils repèrent une boutique de cadeaux, de petites bêtises à offrir. C'est dans cette petite boutique qu'Akira repère un tableau en relief, représentant une barque sur la plage, avec du vrai sable collé sur le support, le tout sur un magnifique couché de soleil (vous voyez le truc).
Akira : – Regarde, il est sympa ce cadre.
Tokito : – Moui… c'est vrai qu'il est pas mal. (pensées : c'est qu'un tableau, pas de quoi en faire une montagne.)
Le vendeur : – Bonjour les tourtereaux !
Tokito : (rouge) – C'est pas ce que vous croy…
Le vendeur : – Vous regardez ce tableau !? Il est beau, pas vrai !?
Akira : – Euh… Oui.
Le vendeur : – Mais vous savez que c'est pas un tableau comme les autres !
Tokito : – Ah bon ?
Le vendeur : – Oui Mam'zelle ! Sur ce tableau, on peut incorporer une photo en fondu dans les vagues, d'une personne que vous aimez, ou même d'un couple, comme vous !
Akira : (rouge) – Euh… N…
Le vendeur : – Alors, ça vous intéresse !? EH ! AKITSUKI ! ON A DES CLIENTS POUR LE TABLEAU ALORS RAMÈNE TES FESSES !
Tokito : – Euh... C'est peut-être pas la peine d…
Le vendeur : – Mais si, mais si, ça vaut la peine, vous allez voir !
Akitsuki : – Oui !?
Le vendeur : – Les deux jeunes gens sont intéressés, je te laisse faire !
Akira et Tokito : (soulagés) (pensées : il a compris…)
À ces mots, l'homme sort un appareil photo énorme, une bête de technologie et, sans leur laisser le temps de dire quoi que ce soit, il pousse Tokito dans les bras d'Akira, leur dit « un truc drôle vite fait », et appuie sur le déclencheur. Quelques secondes après, le dénommé Akitsuki leur montre la photo qu'il a mise sur l'ordinateur. Malgré la méthode douteuse, elle est très jolie et très réussie. Tokito a les bras autour du cou d'Akira, ils se regardent en souriant, ils ressemblent à un couple.
Tokito : – Elle est bien… (rouge) (pensées : c'est bizarre l'effet que ça me fait ! Foutue photo !)
Akira : – On peut voir ce que ça fait, avec la mer ? (pensées : si seulement elle pouvait mettre plus souvent ses bras autour de moi !)
Akitsuki : – Bien sûr, c'est donc ce tableau là… Voilà.
On voit Akira et Tokito, souriant dans le bleu de la mer. C'est drôle, mais sur les vagues, leurs visages semblent plus solennels que sur l'original, ce qui correspond parfaitement au tempérament et au style du cadre.
Akira : – C'est sublime.
Tokito : – Si tu le dis…
Akira : – Ça a pas l'air de te plaire.
Tokito : – C'est à dire que…
Akitsuki : – Si vous voulez, je peux vous montrez comment ça sera une fois fini !
Tokito : – Bon… D'accord
Akitsuki : – Super génial, grâce à vous le patron va être fier de moi !
Tokito : – Mais, c'est rien…
Akitsuki : – En fait il doute de mes compétences de photographe…
Akira : – Il ne devrait pas !
Akitsuki : – Merci ! Vous êtes vraiment un mignon petit couple !
Akira et Tokito : (rouges) (pensées : ça recommence…)
Akitsuki : – Ça risque de prendre un peu de temps pour faire le transfert de l'ordinateur au tableau, vous avez le temps de faire un petit tour…
Tokito : – Akira, tu peux aller me chercher une glace, s'il te plaît ?
Akira : – Euh… Là tout de suite ?
Tokito : – Oui, s'il te plaît, j'en ai très envie, et puis, on ne sait jamais ce qu'il peut faire de cette photo, je reste pour surveiller !
Akira : – Si tu y tiens… (pensées : qu'est-ce qu'elle mijote encore…)
Akira sort de la boutique. Akitsuki imprime la photo fondue sur la mer bleue. Le cadre est truqué, il y a une partie détachable, celle de la mer, que l'on peut remplacer par une autre. Il y colle à la place celle d'Akira et Tokito.
Akitsuki : – Alors, qu'est-ce que vous en pensez ?
Tokito : – Pour être honnête, c'est pas trop mon genre… (pensées : mais il avait l'air de trouver ça tellement beau…) Mais bon… C'est joli quand même alors je vais le prendre. Et si vous pouviez faire un joli emballage, ce serait très gentil…
Akitsuki : – Je vois… Pas de problème !
Il emballe le tableau. Tokito le remercie, paye, (en plus il leur fait un prix parce qu'il les trouve trop mignons, tous les deux) et rejoint Akira, qui fait toujours la queue (eh oui, en été les glaciers ont du boulot).
Akira : – Bah, qu'est-ce que tu fais là ?
Tokito : – C'est plus la peine… (pensées : J'espères que ça va lui plaire, sinon, j'aurais fait tout ça pour rien !)
Akira : – Quoi ?
Tokito : – J… Je voulais te… Tiens ! (dit-elle finalement en lui tendant le paquet cadeau) C'est pour toi.
Akira : – Ah ! (sourire) Je vois… Merci… (il le déballe) Je le trouve vraiment très beau… (pensées : Elle l'a pris juste pour me faire plaisir… J'ai trop envie de la prendre dans mes bras… Mais j'ose pas…)
Tokito : (rouge) – Ça te plaît alors…
Akira : – Non, pas du tout, je le déteste ! (sourire qui tue)
Tokito : – Minable !
Akira : – Bien sûr qu'il me plaît, je vais l'accrocher dans ma chambre !
Tokito : – T'as intérêt ! (pensées : Il va avoir une photo de nous dans sa chambre… (rouge))
