Chapitre 11

« Grenat ?! C'est bien toi ? Mais qu'est-ce que tu fais ici ? »

Beleth attrapa sa fille par les épaules, les mains tremblantes. Elle avait complètement oublié les personnes qui se trouvaient autour d'elle. Seule lui importait la petite fille qui se tenait devant ses yeux.

Grenat, ici ? Pourquoi ? Comment ? Elle était censée être à Dagda, sous la garde de Flayn ! Pourquoi était-elle à Fhirdiad ?

Beleth serrat Grenat contre elle pour être bien certaine qu'elle ne rêvait pas. Non, elle était bien réelle ! Grenat la regardait de ses yeux bleu très brillant. Elle était légèrement pâle et la fatigue se lisait sur son visage, mais elle semblait aller parfaitement bien. Beleth repoussa sa capuche pour caresser ses mèches de cheveux… noirs ?

« Qu'est-ce qui se passe ? s'écria-t-elle à se tournant vers ses deux mystérieux accompagnateurs.

— On a été attaqué, fit alors la voix de Flayn. »

La jeune femme rabattit sa capuche et s'avança vers Beleth et Grenat. Comme la fillette, elle était trempée jusqu'aux os et portait les stigmates d'un long voyage.

Beleth se sentit défaillir en écoutant Flayn.

Attaquées…

Grenat et Flayn avait été attaquées…

À Dagda ? Mais par qui ? Des milliers d'hypothèses lui traversaient le cerveau, mais seules deux lui paraissaient véritablement plausibles : Les Serpents des Ténèbres ou bien… l'Église. Mais comment ? Elle avait tout fait pour laisser le moins de traces possible ! Elle n'avait pratiquement eu aucun contact avec Fódlan depuis son installation à Àtha et elle savait que Flayn prenait aussi toutes les précautions nécessaires. Comment auraient-ils fait pour découvrir qu'elle se cachait à Dagda ? Auraient-ils suivi Flayn ?

« Des hommes cherchaient à les emmener avec eux de force, expliqua alors l'autre silhouette en s'approchant. Je passais par là et quand j'ai reconnu Flayn, je me suis dit qu'elle avait l'air en bien mauvaise posture, donc je suis intervenu. »

Cette voix lui disait quelque chose. Ce n'est que lorsqu'il fut suffisamment près qu'elle put distinguer ses traits sous la capuche, mais Dimitri fut plus rapide qu'elle.

« Claude ? s'exclama-t-il. »

C'était bel et bien le roi d'Almyra qui se tenait devant eux, dont le regard avait su garder l'étincelle alerte qui le caractérisait tant. Ce soir, on pouvait toutefois se rendre compte à quel point il était préoccupé par la situation. Beleth oublia une fraction de seconde la gravité de la situation, tant elle était surprise de retrouver Claude incognito à Fhirdiad.

« Désolé d'arriver à l'improviste, Dimitri, s'excusa ce dernier en s'adressant à son ancien camarade de classe. Je sais que je vous mets dans une position délicate, mais étant donné le contexte, les amener à Fhirdiad me paraissait le meilleur choix.

— Qu'est-ce qui s'est passé exactement ? l'interrogea Beleth sans laisser le temps à Dimitri de répondre.

— Comme je vous l'ai dit, je me promenais dans les rues d'Àtha quand j'ai entendu du fódlien. Je suis donc allée voir et j'ai aperçu un groupe s'en prendre à Flayn. J'ai réussi à les faire partir, mais je les ai mises à l'abri au cas où ils reviendraient et…

— Ils ont tout détruit, professeur ! intervint Flayn. La boutique, les meubles, le matériel… et ils ont également pris tout ce qu'ils pouvaient. »

Beleth avait la sensation de recevoir une dizaine de coups sur la tête. C'était un mauvais rêve, un cauchemar ! Sa boutique vandalisée… Sa fille et Flayn attaquées… ce qu'elle craignait le plus s'était produit ! Elle était tellement paniquée par cette nouvelle qu'elle ne remarqua pas que Félix, Dedue et Gustave observaient la scène, médusés. Ou que Dimitri regardait Grenat comme s'il voyait un revenant.

« Ce n'est pas l'endroit pour parler de ça, trancha Dimitri. Venez dans mes quartiers, on sera plus à l'aise pour discuter.

— Serait-il possible également d'avoir quelque chose à manger ? s'enquit Claude. J'avoue ne pas avoir fait beaucoup de pauses et nous mourons de faim ! »

Beleth prit sa fille dans ses bras et commença à avancer. Elle l'avait bien observé et à son immense soulagement, elle n'avait pas l'air blessée. Elle semblait souffrir uniquement de fatigue, mais cela n'empêcha pas la petite de regarder autour d'elle, les yeux écarquillés de surprise. Pour elle qui n'avait toujours que la boutique d'Àtha et ses maisons aux alentours, se retrouver dans un si grand château avait de quoi tenir éveillé.

Des cheveux noirs…

Passée la stupéfaction, Beleth dut reconnaitre que c'était là une excellente initiative. Cela atténuait sa ressemblance avec Dimitri. L'ancien mercenaire sentit un frisson lui parcourir l'échine.

Dimitri…

Mais elle chassa bien vite ses craintes. Le plus important à l'heure actuelle était de savoir ce qui s'était passé à Àtha et qui avait osé s'en prendre à sa fille et à Flayn.

Ils se retrouvèrent tous dans le salon jouxtant le bureau du roi. On avait fait porter des potages et des boissons chaudes, ainsi que des couvertures sèches pour permettre aux rescapés de se réchauffer et un grand feu flamboyait dans la cheminée.

« Ah ! Ça fait du bien ! s'exclama Claude après avoir fini sa soupe. Merci encore. Je sais que l'on arrive vraiment à l'improviste, mais j'apprécie votre hospitalité.

— Peut-être que pourriez-vous m'expliquer en détail ce qui s'est passé maintenant ? héla Beleth.

— Mes excuses, professeur. Vous êtes inquiètes, j'en ai conscience. Je vais tout vous raconter. »

Claude commença à narrer les événements. Il se trouvait à Dagda pour un voyage diplomatique et désireux de visiter ce mystérieux pays, il avait fait une halte à Àtha. Tandis qu'il se promenait discrètement dans les rues de la ville, il avait entendu des éclats de voix en fódliens. C'est là qu'il avait perçu un groupe d'hommes et de femmes attroupées aux abords du comptoir, cherchant à faire sortir de force les occupants. Il avait alors reconnu la voix de Flayn et était intervenu. Gêné par ce témoin imprévu, les assaillants étaient repartis, mais l'instinct de Claude lui avait dicté qu'ils ne s'arrêteraient pas là et il décida de mettre Flayn et Grenat à l'abri, le temps que les choses se calment.

« Et quand nous sommes revenus à la nuit tombée, la boutique avait été mise à sac, conclut-il. »

Beleth se pressa la tête dans les mains. Perdre tout ce qu'elle avait construit ces dernières années lui faisait mal, mais l'inquiétude qu'elle ressentait face à cette attaque faisait passer cela au second plan.

« Qui ? demanda-t-elle. »

Elle vit clairement alors Flayn et Claude échanger un regard gêné.

« Qui ? répéta-t-elle à haute voix.

— Ils prétendaient avoir été envoyés par l'Église… et Seteth, répondit Claude.

— Quoi ? »

La révélation eut l'effet d'une bombe dans la pièce.

« Impossible ! s'écria Gustave. Jamais l'Église ne s'abaisserait à commettre une telle bassesse !

— C'est vrai ! affirma Flayn. Professeur, vous devez me croire ! C'est un mensonge ! Jamais mon frère n'ordonnerait une chose pareille ! »

Admettons. En vérité, Beleth voulait bien reconnaitre que Seteth n'avait rien à voir avec cet événement. Il était incapable de faire quoi que ce soit qui puisse mettre Flayn en danger et quand bien même il souhaiterait la ramener au monastère, il n'utiliserait pas des méthodes si extrêmes ! L'Église, en revanche…

« Mais si ce n'est pas l'Église, intervint Félix, alors qui a pu faire ça ?

— Et surtout qui savait où vous trouver, renchérit Dimitri. »

Cela aussi, c'était une vraie question. Seteth lui-même ignorait qu'elles vivaient à Dagda ! Comment ces agresseurs avaient-ils pu les retrouver ? De plus, pour avoir invoqué le nom de Seteth afin de convaincre Flayn, ils devaient nécessairement être en lien avec l'Église. Or, Beleth n'imaginait personne au sein de l'institution tentée de faire du mal à la « sœur » de Seteth. Est-ce que ces hommes et femmes pouvaient faire partie de l'Église Occidentale ? C'était une possibilité, mais même si les relations entre ces deux institutions étaient apaisées, elle ne voyait pas en quoi s'en prendre à Flayn pouvait servir leurs intérêts.

« Je me demande s'il s'agit d'une coïncidence, dit Dedue de sa voix profonde. »

Tous se tournèrent vers lui. Le Duscurrien s'expliqua.

« C'est la première fois que le professeur revient en Fódlan depuis sept ans et Flayn et sa fille sont attaquées. Je me demande s'ils avaient décidé d'agir depuis longtemps et attendu que le professeur soit suffisamment loin afin qu'elle ne puisse pas intervenir. »

L'intervention de Dedue était criante de pertinence. Elles n'avaient jamais eu aucun souci en sept ans, depuis qu'elles s'étaient installées à Dagda. Même les banals voleurs les laissaient en paix. Comme par hasard, au moment où elle rentrait à Fódlan, les deux filles étaient prises pour cibles. Non, c'était bien trop gros pour être une coïncidence. Cela ne pouvait signifier qu'une seule chose. Ce n'était pas elle, Beleth, qui était visée, mais Flayn. Ou pire. Grenat. Et cela voulait dire que la raison qui l'avait poussé à revenir en Fódlan… l'affaire Leuclit, n'était qu'un coup monté pour l'éloigner de chez elle.

Instinctivement, Beleth prit la main de sa fille et la serra de toutes ses forces. Oh ! Que n'avait-elle pas des nouvelles de Yuri ! Cela faisait plus d'une semaine qu'elle avait quitté l'ancienne capitale impériale et son mutisme commençait vraiment à l'inquiéter.

Grenat, occupée à mâchonner son morceau de pain, écoutait attentivement ce que les adultes se disaient. Elle ne comprenait pas tout, mais elle avait saisi suffisamment de choses pour s'être rendu compte que la situation était grave.

Le silence s'installa et on n'entendit plus que le crépitement des flammes dans la cheminée. L'atmosphère était chargée des questions que soulevait cet événement. Des hypothèses plus que des réponses étaient pensées, mais aucune des personnes présentes, pas même le roi, n'osait les formuler en voyant leur ancien professeur prostrée et tenant la main de la fillette comme si elle craignait qu'on allât le lui arracher.

« Yuri… dit tout à coup Beleth. »

Elle releva la tête.

« Avant de quitter Enbarr, j'ai demandé à Yuri s'il pouvait envoyer un de ses hommes prévenir Flayn que je ne rentrerais pas tout de suite.

— Quand l'attaque a-t-elle eu lieu ? demanda tout à coup Félix à Flayn.

— Heu… bredouilla la jeune femme. Il y a un peu moins d'une semaine, je dirais.

— Vous êtes venus si vite.

— J'avoue avoir demandé à ma fidèle wyverne de nous transporter jusqu'ici, reconnut Claude. Elle est bien plus rapide qu'un cheval et c'était aussi plus sûr. Rassurez-vous professeur, ajouta-t-il en captant le regard effaré de Beleth. Votre fille était parfaitement harnachée à ma selle, elle ne risquait rien.

— On voit plein de trucs de là-haut ! renchérit la fillette. C'est comme si les gens et les maisons étaient comme des jouets.

— J'ai quitté Enbarr il y a dix jours. Vous n'avez vu personne ? interrogea Beleth.

— Non, professeur. Personne n'est venu. Peut-être que nous l'avons raté… »

Un doute prit subitement Beleth. Elle était certaine que Yuri avait pu dépêcher son homme le plus rapidement possible, probablement peu de temps après qu'elle soit partie d'Enbarr. Il était tout à fait concevable qu'il ait pu manquer Flayn et Grenat pendant qu'elles fuyaient, mais selon ses estimations, il aurait dû avoir largement le temps d'aller à Àtha. Donc soit, il avait eu du retard, soit il lui était arrivé quelque chose. Aucune des options ne la rassurait.

« Il y a beaucoup de questions que nous nous posons, soupira finalement Gustave, mais je crois que nous sommes tous le coup de l'émotion. De plus, le roi Claude, Flayn et la petite Grenat doivent être épuisés. Si Sa Majesté l'autorise, je propose que nous poursuivions demain.

— Je pense que c'est raisonnable, confirma Dimitri. Claude, Flayn, je vais vous faire préparer une chambre.

— Ne faites rien de trop solennel pour moi, dit Claude. Je ne suis pas censé être ici. D'ailleurs, je compte repartir demain à la première heure. J'ai pu soudoyer ma garde personnelle pour qu'il me laisse tranquille quelques jours, mais si je tarde trop, leur indulgence atteindra vite ses limites.

— Mais vous risquez de vous épuiser ! s'écria Gustave.

— Ne vous en faites pas pour moi, j'ai l'habitude ! déclara-t-il dans un éclat de rire. »

Beleth songea que Claude devait donner bien du fil à retordre à ses gardes du corps.

L'ancienne professeur fut la première à quitter le salon, Grenat dans ses bras. Toutes ces émotions l'avaient épuisée, mais elle tentait de faire bonne figure de sa fille qui ouvrait toujours des yeux stupéfaits.

« Tu dois être fatiguée, murmura-t-elle à la fillette.

— Un peu, reconnut Grenat. Dis maman, ici, c'est là où t'as grandi ?

— Fódlan est l'endroit où je suis née et où j'ai grandi en effet. Mais Fhirdiad et ce château sont des lieux que j'ai seulement visités. Ils ont une importance particulière pour moi.

— C'est à cause des gens qu'on a vu ? Ce sont des amis à toi ?

— C'est cela. Ce sont mes anciens étudiants et ils sont devenus à présent des amis. »

Elle entra dans sa chambre, plongée dans l'obscurité. Après avoir posé Grenat sur le sol, elle alluma les quelques chandelles disposées ici et là, à l'aide de sort de feu.

« Tu vas dormir avec moi, ce soir. Comme quand tu étais toute petite.

— Maman…, y'aura pas de méchants ici ? »

Beleth se tourna vers la fillette. Elle avait une expression de grande inquiétude qui serra le cœur de sa mère.

« Non, Grenat, la rassura-t-elle en attirant sa fille contre elle. Il n'y a pas de méchants ici. Je serais là pour te protéger et tant que tu seras entre ses murs et dans cette ville, personne ne te fera de mal. »

La petite fille hocha la tête, un sourire aux lèvres, réconfortée par les propos de sa mère. Beleth espérait qu'elle avait raison et que Grenat ne risquait réellement rien à Fhirdiad. Si seulement elle avait le moindre indice sur ces mystérieux agresseurs… Elle caressa les cheveux de Grenat dont la couleur inhabituelle l'interloquait.

« Qu'est-il arrivé à tes cheveux ? demanda-t-il.

— Monsieur Claude a dit que c'était mieux que je les aie comme ça, expliqua-t-elle. »

Une initiative de Claude ? Étonnamment, cela ne la surprenait pas. Il était terriblement perspicace. Il n'avait pas dû mettre bien longtemps à comprendre que Grenat était la fille de Dimitri au vu de leur ressemblance physique. Elle fut reconnaissante au roi d'Almyra pour cette précaution même si elle doutait que cela soit suffisant.

Épuisée par ces jours de cavalcade, Grenat s'endormit sitôt que sa tête se posa sur l'oreiller. Beleth la borda en lui chantonnant une chanson, celle-là même qu'elle avait entendue de la bouche de Rhea des années auparavant, que Sothis disait avoir écrite. Beleth n'aimait pas particulièrement cette chanson, parce qu'elle était extrêmement liée à Rhea, mais c'était la seule qu'elle connaissait et elle semblait apaiser Grenat.

Flayn entra alors dans la pièce, ayant troqué sa robe trempée et sale contre une plus sèche. La jeune femme affichait un regard coupable.

« Je regrette tellement, professeur ! s'exclama-t-elle à voix basse. Je suis vraiment désolée que ce soit arrivé je…

— Calme-toi, Flayn. Tu n'y es pour rien, voyons !

— Peut-être bien que si ! Professeur, je vais souvent en Fódlan. On a très bien pu me suivre ! »

Beleth avait envisagé cette éventualité. Quand bien même, elle n'estimait pas Flayn responsable.

« Ce n'est pas de ta faute, Flayn, tenta-t-elle de l'apaiser. Toi aussi tu as été menacée. Je ne peux pas t'en vouloir pour cela. Tu étais là pour Grenat et tu l'as rassuré, c'est plus que suffisant pour moi. »

Beleth se leva pour passer un bras autour des épaules de Flayn qui ressemblait plus que jamais à la petite fille à laquelle dont elle avait l'apparence. Elle culpabilisait réellement de ce qui s'était passé. À force de mots, elle parvint à la calmer. Flayn s'endormit dans le lit à côté de Grenat. Elle aussi était exténuée par la fuite. Beleth fut tentée de les rejoindre, mais malgré la fatigue, elle se sentait incapable de trouver le sommeil.

Qu'allait-elle faire maintenant ? Elle n'en avait pas la moindre idée. Sa boutique avait été saccagée, les agresseurs avaient sans doute pris tout ce qu'ils pouvaient emporter et il ne devait plus rester grand-chose. Retourner à Àtha était par ailleurs risqué. Rien ne disait qu'on ne surveillait pas leur retour. Fuir, mais pour aller où ? Si on l'avait retrouvé à Dagda, on la retrouverait partout ailleurs. Rester à Fhirdiad ? Mais avec quelles conséquences pour Grenat et Dimitri ? Et pour le Royaume ? Et après que devait-elle faire pour protéger Flayn et sa fille de leurs poursuivants ? S'il s'agissait des Serpents des Ténèbres, elle pouvait espérer trouver du soutien, mais si c'était l'Église…

Incapable de trouver le sommeil, elle souhaita marcher dans les jardins. Il pleuvait toujours, mais elle était de ceux qui pensaient que la pluie pouvait éclaircir les idées. Elle jeta un regard à Grenat et Flayn, endormies.

Tout ira bien. Le château est bien protégé.

Attrapant sa cape, elle quitta la pièce et se retrouva dans le long couloir seulement éclairé par de faibles torches.

« Est-ce que c'est ma fille ? »

Beleth sursauta en entendant la question qui l'avait transpercé en plein dans le dos.

Dimitri se tenait là, à l'ombre d'un pilier. Il regardait Beleth d'un œil neutre, mais sa voix était glaciale. Beleth resta quelques secondes bouche bée.

« Réponds-moi, insista-t-il. Est-ce que c'est ma fille ?

— Dimitri, je… »

Elle ne trouva pas les mots. Non, pas comme ça ! Ce n'était pas comme ça qu'elle voulait le lui dire !

« S'il te plait, Dimitri… Pas ce soir. Je te dirais tout, mais…

— Je te demande juste un mot : oui ou non. Est-ce qu'il s'agit de ma fille ? »

Elle était au pied du mur, sans nulle échappatoire. Beleth serra les poings et ferma les yeux, pour se donner de la contenance, pour ne pas regarder Dimitri en face.

« Oui. »

Elle attendit… un cri, un reproche, n'importe quoi. Au lieu de cela, quand elle rouvrit, elle vit Dimitri la fixer de ce même air neutre. Puis, il fit volteface et s'éloigna dans le couloir, avec seul le bruit de ses pas résonna sur la pierre pour l'accompagner.

Blabla de l'auteure

Bonjour !

Voici le chapitre 11 de Brumes Rougeoyantes. Directement à la suite de chapitre 10 et à l'arrivée surprise de Grenat. Ses deux accompagnateurs sont Flayn, sans surprise, et... ce cher Claude. Même s'il n'est pas central dans mon histoire, je voulais le faire apparaitre de temps et temps et il me semblait la personne indiquée pour conduire Grenat et Flayn à Fhirdiad.

Peut-être que certains d'entre vous seront surpris de voir que Claude appelle Beleth "professeur" chez moi. Je sais qu'en anglais, il l'appelle Teach et que beaucoup aime ça, mais voyez-vous, j'ai joué avec les voix en japonais et en japonais, Claude appelle Beleth "sensei" donc "professeur". Donc je suis restée fidèle à la version originale (et en plus j'aime pas Teach).

Dimitri aura compris tout seul que Grenat et sa fille et confronte une Beleth bien mal à l'aise. Comme pour l'arrivée de Grenat, ce passage était quasiment déjà écris avant même que je commence l'histoire. Et je suis plutôt contente de la retranscription. Pas de grandes explications mais soyez patient, ça arrivera très rapidement ^^.

Commence ici réellement le début de l'intrigue avec les menaces qui veulent s'en prendre à la jeune Grenat. Et ça met du temps à apparaitre XD. En fait, je n'ai pas encore commencé les confrontations. Pour tout vous dire, je stagne un peu dans l'écriture en ce moment, mais ça va revenir ^^.

D'ici là, je vous souhaite une bonne lecture et à la prochaine,

Bises, Sheena.