Disclaimers : Shin Kidousenki Gundam Wing, personnages et produits dérivés appartiennent à Sunrise, Bandai, Setsu Agency et aux parties associées.

Genre : UA, OS(s) courts plus ou moins de Saint-Valentin (mahahahahahaha ! hum, rire nerveux) qui m'est tombé dessus pendant que je regardais un type qui chantait atrocement mal dans The Voice... (qui a déjà repris et s'est fini XD)

Rating : T

Résumé ? Perturbation de train-train quotidien, étoile filante dans un ciel d'encre... XD

Micis ! A toutes les personnes qui ont posté un petit mot. Je vous réponds juste après avoir posté, sauf si vous ne mettez pas vos emails de contact, auquel cas je vous remercie chaleureusement ici !

Suite d'OS pour qui ? : Pour mon petit Hamster Américain que j'aime ! *gros, gros bisous* pour vous les lecteurs et Examineux qui pleurez en attendant les résultats : détendez-vous un peu !

Énormes dédicaces et bisous pour cet OS à : Naughty Luce, t'ai promis d'essayer avant juillet. On est avant juillet :D, à Petite NausS (reviens !) à Antocyane pour cette fic splendide qu'elle a écrite, le dernier OS de COLOCATION, chap 13, (mais je suis CRUCHE XD) - allez le lire si ce n'est pas fait *tampon Mithy approves* et je t'écrirai un oneshot. Et à Ayanena, dont la review m'a fait mourir de rire. Merci pour ton petit mot, je te souhaite des bishôs et te réponds dans la foulée.

Ça refait un bail, hein ? En même temps j'avais prévenu que ce serait euh chiant niveau emploi du temps, mais que je reviendrais ! *lève le poing* Mais bon, faut pas rêver, je ne sais pas quand je pourrais poster la prochaine fois. Croisez les doigts avec moi et cette-fois-ci, un peu plus fort :D !

Câlin Spécial : toujours aux Dame Lysa ainsi qu'à ma petite ensorceleuse !

Énormes câlins bis repetitas : mon petit hamster Américain que j'aime et qui me manque toujours, ma Lunanamoi... vivement le Japon, Fredka *envoi des ondes pour que tu aies de vraies vacances*, Lady Psy (Clto :D, tu nous manques, reviens :D)

Où je ne dis rien parce que... héhéhé c'est juste le chapitre XII :D


Naughty Neighbour

T

OS XII: Got to Get it

T

Cabinet des Docteurs Yuy et Cataloña, même jour, 17h

T

- Ah, le retour du Héros.

T

Quand Heero revint de l'hôpital, fourbu, Dorothy, occupée à l'accueil, lui proposa café et carré de chocolat.

Il faillit s'étouffer en voyant la provenance du paquet.

Et le nom de l'expéditeur.

Surtout le nom de l'expéditeur.

Et l'étiquette Jolly Jumper sur le ballotin.

T

- Tu le connais ?

- Ben... non ?

T

Dorothy haussa un sourcil.

Heero aussi, désignant l'étiquette qui était au ballotin chic l'équivalent d'un sparadrap sur une dent.

Apparemment au « Quatre Coins du Monde » on y croisait des chevaux blonds.

T

- Tu te fous de moi ?

- Ben non ? Il est passé au cabinet parce que son pharmacien n'a rien compris à ton écriture. Tu sais l'ordonnance con la mano ? D'ailleurs faut qu'on en parle.

- Et il t'offre des chocolats personnalisés parce que...

- J'ai déchiffré ton écriture. Et il a été con. Normal.

- ... et il t'offre du chocolat.

- Tu voulais qu'il m'offre quoi ? Une pince à épiler ? Il sait que je les mange, ces chocolats. Plus utile que d'offrir, au nom des convenances, des roses qui finissent par mourir et dont l'eau croupie et pue.

- ... Mieux vaut entendre ça que d'être sourd.

T

Le Docteur Cataloña haussa un sourcil haut.

Le Docteur Yuy secoua la tête, les yeux rieurs.

T

- Très bonne blague. J'apprécie ton humour naissant.

T

Yuy lui donna une petite tape derrière la tête.

Elle protesta pour la forme.

T

- Hey ! Au lieu de molester un faible cheval, tu ferais mieux de retourner à l'hôpital.

- Pourquoi faire ? J'ai fini, deux-trois trucs à régler ici et je vais aller m'écrouler dans mon lit.

- Euh... ce serait mal venu que tu y ailles, là. Tu as un rendez-vous important avec le cardiologue.

T

Le docteur Yuy fronça les sourcils puis...

T

- Quoi, c'est aujourd'hui ?

- Je le crains. Et il serait mal venu que tu n'y ailles pas. Moi c'est bon, j'ai fait ce qu'il fallait.

T

Le sourire de Dorothy était diabolique.

T

- Au lieu de rire bêtement, est-ce que quelqu'un s'est occupé de l'informatique ?

- ... reprends un chocolat, chouchou. Je t'aurais bien proposé mes seins mais tu t'en fous.

- Je veux un flingue.

T

Elle posa un regard impassible sur son entrejambe.

T

- T'as déjà un canon, mais tu t'en sers pas.

T

Le docteur Yuy la dévisagea, les yeux sombres, sombres, sombres...

T

- Tu comptes sur Mill' pour faire quoi que ce soit ?

- ...

- Le désespoir te va si bien...

T

... avant de prendre le reste du paquet,

T

- Hey, t'as pas le droit !

T

adresser à la jument un regard fou, meurtrier,

T

- ... Omae o korosu.

- *déglutit* Ok, bon ap' !

T

avant d'aller à son bureau d'un pas fulminant et claquer la porte, pour la forme.

Il gagna son siège de cuir et consulta son agenda bien trop rempli avant de sortir son portable, appuyant sur la touche « 3 ».

Et après deux sonneries...

T

- Oui Sushi d'amour ? Changement de programme ?

- Oui et non, je serais bien dispo dès demain après-midi. Seulement je rentrerai demain matin au lieu de ce soir.

- Une urgence ?

- Non, j'ai oublié le pot de retraite de J.

- Le vieux grigou a accepté de partir ? Remarque, il s'est bien résigné, la mort dans l'âme, à ce que tu ne suives pas sa voie malgré tes « prédispositions naturelles »

- C'était mon tuteur, mais je n'ai jamais eu l'âme d'un ficus. Je fais encore ce que je veux.

T

Le rire chaud de Trowa chatouilla son oreille à l'autre bout du fil.

Heero s'installa un peu plus confortablement dans son siège avant de poursuivre.

T

- Et il peut objectivement difficilement pratiquer des opérations à cœur ouvert avec une forme rare d'arthrose dégénérative à ce point avancée.

- Hmm oui Docteur Yuy...

- Ni les infiltrations, ni les interventions chirurgicales les plus pointues ne pourront lui rendre la dextérité indispensable à l'exercice du métier, hélas. On n'est pas dans « Moi, Chirurgien et Sexy »

- C'est vrai, le Docteur « Jay » Null est moche. Tu es ORL et sexy.

- De formation.

- Sexy de formation ? Et Médecin généraliste pour ton fan club. Quand je vois le nombre de patients qui n'ont pas spécialement de pathologies qui te concernent et qui te prennent en médecin traitant...

- Gain de temps. On a tous besoin d'un ORL... à un moment. Et avec les enfants...

- Gain de temps ? Je ne vois pas Dorothy avoir des hommes pour patients.

T

Heero cligna des yeux.

T

- Tu exagères.

- Je m'en fous. D'ailleurs elle vient aussi ?

- Non, elle n'a jamais vraiment eu affaire à lui et ne lui souhaite rien de particulier vu qu'elle s'en fout. Par contre elle lui a envoyé l'un des meilleurs scotch la garce, sachant qu'il les aime.

- Et toi tu as prévu quoi ?

- Du whisky japonais plus 50 euros dans le pot commun.

- Qui doit s'élever à 50 euros vu le capital sympathie de l'individu.

T

Claquement de langue sceptique.

T

- Il est très influent et participera aux colloques.

- C'est pas une retraite, ça. C'est un retrait du terrain.

- Voilà.

- Pourquoi le fêter alors ? De ce que j'ai vu de lui, c'est plus Halloween plus que G.I Jay.

T

Heero luttait contre le fou rire.

T

- C'est dans 8 mois Halloween.

- Bientôt 7 ! Alors ? Votre excuse pour fêter un faux départ ?

- Ben il sera moins là ? Et puis il a un bon fond.

- Je ne veux pas le savoir.

- Oh, urusei !

T

En vain.

T

- Tu rentres vers quelle heure du coup, Sushi d'Amour ? Tu vas bouncer si longtemps que ça ?

- Non, mais je me sens crevé. Le pot ayant lieu à l'hôpital, je préfère y dormir, vu que t'auras le temps de sortir et nourrir la terreur avant de partir. Je rentrerai vers 6-7 h histoire que le monstre ne me fasse pas « une guerre comme j'en ai jamais vue. » Du coup on arriverait presque en même temps ?

- Changement de programme, Sushi.

- ...

T

Oh merde...

Et ce n'était pas parce que plusieurs personnes essayaient de le joindre, les voyants rouges du standard noir clignotant un «décroche connard » silencieux.

T

- Mes interventions ont été reportées la semaine prochaine et je n'ai pas de consultations de prévu ce soir. Du coup vu que l'équipe est sur place et que c'est calme, ils m'ont dit de profiter pleinement d'un week-end mérité.

- C'est génial. Si je croyais aux signes, je dirais que là-haut on se ligue pour qu'on se croise tout le temps.

- Moi j'y crois mais là je te dis que c'est de la connerie. Je fais quoi dans la vie, Sushi ?

- Pas être là.

- On était donc programmés pour pas se rencontrer. Donc que l'on continue ainsi est tout à fait normal.

- On n'est plus à une demi-journée prêt, Trowa.

- C'est vrai. Y a que le toutou qui pourra en profiter. Du coup dors plus longtemps sur place, repose-toi et amène ton Sushi Body vers les 10-11h. Comme ça on ira manger direct.

- Tu choisis le resto et pour le reste on avisera.

- Piscine et ptet un ciné avant de se faire un Chinois à emporter ?

- Hmm... Excellente idée...

- Quoi, c'est le Chinois qui te fait cet effet ?

T

Hm... Wu Fei... apprécier les juments n'empêchait pas d'être appréciable.

T

- Un bon Chinois c'est top, tu sais, n'en fait pas tout un pâté impérial. Chez certains ils font même des bouchées Avocat-Crevette.

- Avocat-Gambas, s'il te plaît, quitte à ce qu'on parle de bouche... autant bien appréhender l'objet.

- Ça va, ce n'est pas comme si je disais de croquer un gros hamburger à pleines dents avec une toute petite...

- Quoique un bon gros steak haché entre deux tranches de vrai pain aux sésames toasté...

- Tu me fais rêver, Pumba.

- L'Amérique peut avoir du bon alors.

- Hm. Duo Maxwell est donc l'exception qui confirme la règle.

- Yuy ! J'essaie de te passer des lignes et j'ai pas que ça à foutre. Envoie le bonjour de ma part à Trowa et raccroche ce PUTAIN DE TELEPHONE.

- Je te laisse, la jument doit ovuler.

- Ouais. La pauvre.

- Elle ne va pas au pot, chacun sa merde.

T

Mais le sourire sur ses lèvres démentait un peu cette amertume.

T

- A demain, Sushi, gaffe sur la route et bises à la jument.

- A demain, Pumba.

T

Ils raccrochèrent sans que Trowa ne dise qu'il avait croisé Quatre.

Et c'était une vraie omission.

Non une dissimulation.


Même jour, 23h30, immeuble des Bi-Chauds :D

T

- Allez, au lit.

T

Quatre s'étira comme un chat, la journée avait été somme toute pas si désagréable.

Productive.

Il dormirait comme un porc d'abord, puis ferait une soirée bière et même cacahuètes, pour se faire pardonner, avec Duo et Wu Fei.

Pour faire bonne mesure il avait ramené du champagne.

Plein.

Avec des cacahuètes bios.

Pourquoi à chaque fois il fallait que l'autre soit là quand il faisait n'importe quoi ?

Pourquoi supportait-il si mal les jetlags ?

Au moins avait-il été intelligent une fois le stress professionnel passé : il avait mis mallette et blouson dans sa valise, le sachet de course bien attaché à la poignée rétractable.

La liberté de mouvement était appréciable, surtout en grandes surfaces.

L'ascenseur arriverait d'ici quelques secondes.

T

- Tu m'as manqué.

T

Ce frisson qui lui parcourt la nuque.

Tu ?

Faut dire que 2 fois à poil ou presque, ça crée des liens...

Certes, jetlagés, mais..

T

- Tro... ? 'S'est vu ce matin.

- Oui... et ?

- 'foutez-là ?

- J'ai promené le chien et oublié les poubelles. Du coup je les ai descendues. Et te revoilà.

- ...

T

... figé.

Par un voix dans son dos.

Cette voix, décidément...

Cette voix, décidée.

Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent.

T

- On est bien d'accord, on s'en branle, mais t'as demandé. C'est le moment de me dire que t'es hétéro.

- Je su...

- ...

T

... poussé puis pivoté dans l'ascenseur qui se referme sur eux, trolley, attaché-case et victuailles compris.

T

- Je suis...

- ...

T

La bouche consciencieusement lapée du bout de la langue, à chaque velléité de compréhension.

T

- Je... suis...

- Dis-moi.

T

Je suis...

Julien Lepeeers !

Soudainement plaqué contre la paroi, souffle coupé.

Lèvres happées, suçotées. Sans cérémonie

T

- Mais...

T

La voix de Quatre s'était faite rauque, rauque...

Le ton de Trowa était factuel. Professionnel. Clinique.

Le genre de maîtrise qui rendait dingue, l'avocat.

Dingue.

T

- Tu m'allumes depuis le début.

- Non. Vous êtes juste là quand je me déshabille.

- ...

- Cet immeuble a un gardien en vacances quotidiennes et...

T

La bouche de Trowa était sexplicite.

Ce que je fais à ta bouche... c'est ce que je veux faire à ton corps.

Le doigt de Quatre est sur la touche...

2.

T

- Tu pars demain... ça va pas le faire.

- Je...

T

M'en fous complètement, disaient les yeux, les mains de Trowa.

Un Trowa qui n'allait pas laisser passer une occasion de le clouer sous son poids.

De lui clouer le bec.

Ce que je fais à ta bouche, je vais le faire à ton corps.

Ni remords, ni regrets.

Saisir une opportunité.

Et en faire, une chance.

Les doigts du vétérinaire glissèrent dans les cheveux blonds alors que son bas-ventre imprimait un rythme lancinant à un autre.

Le vétérinaire avalait son souffle et lui donnait le sien.

Lui donnait sa langue pour qu'il la suce.

La reprenait, pour mieux le tourmenter.

T

- T'as pris des couleurs, ça se voit bien de près.

- J'ai pris.. un coup de soleil à Aspen et Dubaï n'a rien arrangé. *secoue la tête* Mais...

- *lèche le bout du nez* il y avait un pansement, là.

- ?

- Il y a une toute petite trace blanche. Il y en aura d'autres.

T

Sourire canaille, carnassier.

On avait beau être plus ou moins habitué au bon vieux jet-lag (moins que plus soit dit en passant)

Ça ne rendait pas immunisé au bon vieux jet-langue.

Quatre voulait redevenir Raberba mais..

Taylor ? ne voudra pas.

T

- Je suis désolé c'est un...

- J'm'en fous.

T

Bon, plus que vieux, soit dit en passant.

Bon...

Surtout avec ses mains sur ses fesses.

Avec sa bouche gobant son oreille à chaque frisson...

Comme un chameau sur sa feuille de salade ?

Heero...

T

- Chuis mort...

- Pas encore Raberba.

T

« Ding ».

T

- Faut que je descende, là.

- Je crois pas, non.

- ?

T

Le regard turquoise se fit dubitatif.

Personne ne lui parlait comme ça.

Personne.

Même avec un regard enfiévré et des fossettes.

Et des lèvres à tomber qui le frôlaient.

Et une odeur qui parlait à son sexe.

L'ascenseur se referma, pour poursuivre son ascension.

T

- Duo a une gastro carabinée.

- Oh merde...

- C'est le cas de le dire.

- Et vous le savez, parce que ?

T

Regard entendu

Et une phrase dite en même temps

T

- Murs en mousse.

T

Grand sourire de Trowa.

Yeux jetlagés inquiets.

T

- Il est malade depuis quand ? Y a-t-il quelqu'un avec lui ?

- Oui, Wu Fei. Décidément Duo ne connaît que des bombes.

- Et il est soigné par...

T

Il y avait un piège, naturellement.

Duo avait horreur des docteurs.

Regard tendu.

T

- Le Docteur Yuy.

- ... Il est docteur ?

- Tu ne le sais pas ? Tu donnes ta carte professionnelle à des inconnus sans contrepartie ?

T

Tu,

Tu

Tu...

T

- Je ne vous l'ai pas donnée. Vous m'en voulez ?

- Je t'en veux, maître.

- Path...

T

L'ascenseur s'ouvrit à nouveau et Trowa prit Quatre par le coude, l'entraînant lui et son trolley à son étage.

T

- Et... Je. Te. Veux.

- Tique. La jalousie est un défaut stupide.

- Je m'en contrefous. Tu peux y aller j'ai le cuir solide.

T

Et le cœur bien accroché...

- ... Je sais..

T

Plaqué contre la porte cette fois, la valise près de lui.

Les fauves pouvaient vraiment avoir des yeux de serpents.

Des yeux redoutables.

Hypnotiques.

Tac.

Un mot pour un mouvement de hanche.

Des doigts qui tirent doucement une chemise d'un pantalon.

D'autres, glissaient une clé dans une serrure.

T

- Parle, parle, parle, maître. Argumente. Objecte. Réfute. Récuse. Résiste.

T

Tu

Me

Tues...

La porte s'ouvrit derrière Quatre.

Un corps et une valise suivirent.

T

- Je peux pas faire ça.

T

Parle à mon cul, ma tête est malade.

T

- Voyons les choses du bon côté : je vais chanter sous la douche et tu pourras me faire taire sans avoir à te balader les miches à l'air dans le couloir.

- J'ai donc le droit de vous tuer ?

- Le droit de me faire, taire, oui. J'ai besoin du meilleur micro... pour exercer... mes talents de chanteur.

- ... Oh.

T

Cette créature était carnivore mais elle ferait une exception.

Elle dévorerait du légume.

Avocat-Gambas.

T

- Je vais te retourner, Quatre, Raberba, Qui que tu sois. Je vais te Jet-Baiser bien comme il faut et tu ne seras pas à l'Ouest, non.

- ...

- Tu ne sauras juste pas où tu te trouves. Mais tu seras un winner.

- ...

- This is the voiiice...

T

Bienvenue dans la tanière d'un fauve.

T

T

Pendant ce temps-là une horde de harpie en blouse blanche obligeait un Heero dépité à faire la chenille devant un Docteur J dubitatif.

La mine renfrognée de son protégé amena un rictus appuyé.

De dépit, sur le buffet improvisé, entre attraper un Jet 27 et J, il choisit de prendre le Jet 27 via air gobelet.

Au prochain tour de piste, lorsqu'il vit J se fendre d'un sourire narquois, il posa son gobelet vide.

Pour prendre la bouteille, pas assez remplie pour être saoul.

Et sourd.

T

- A, a, a la queue leu leuuuu ! Allez Jay, avec nous !

- Laisse mes fesses tranquilles, Sally et puis tu parles à Jay. Pourquoi tu hurles à MON OREILLE ? !

- Tu vois, Heero, si tu avais choisi la chirurgie cardiaque comme je te l'ai si souvent préconisé, tu aurais encore l'illusion que tu conserverais quelques décibels...

- Sally fume comme un pompier et elle est tabacologue.

- Hey ! Et je m'en contrefous !

- Il n'empêche que, Heero...

- Rien du tout.

T

Ils avaient eu cette conversation (ce monologue) mille fois.

Au tour suivant il descendit une grande partie de ce qu'il restait de Jet, agrippa le bras de son mentor frustré...

T

- Mais !

- Allez, Jay! Avec nous !

T

... avant de lui coller le reste de Jet 27 dans la bouche, façon biberon.

Au goulot !

Le boulot, ce serait pour plus tard.

Et le dodo, pour bientôt.

Et après...

Le week-end avec Tro.

T

T

Duo rêva de Quatre cette nuit-là.

Au point qu'il crut l'entendre.

Sa nuit fut tranquille pour la première fois depuis un petit moment.

La guérison était proche.


Chambre de Trowa Barton, le lendemain

T

Un roux échevelé, la joue droite reposant sur ses mains.

Vêtu de son sourire, allongé sur le ventre.

Les yeux fermés.

Alangui comme il était, il avait conscience que la nuit avait été savoureuse.

Il avait eu la présence d'esprit de verrouiller la chambre pour que la terreur n'y pénètre pas.

Il fronça les sourcils : il n'y avait pas d'autre présence dans son lit que la sienne.

Il ouvrit un oeil.

Quelle vue.

L'expression « parle à mon cul, ma tête est malade » devenait un objectif plus qu'une insulte.

Trowa se déplaça lentement, posant son souffle au creux des reins, à la naissance d'un élastique.

T

- Tu t'en vas ?

- J'enfile mon boxer, j'ai remis mes chaussettes, que conclus-tu ?

- « Question idiote »

- Tu vois quand tu veux.

T

Il voyait, oui.

Il touchait, à présent, le bout de sa langue s'insinuant dans le boxer, juste au niveau de la colonne.

L'avocat recula et le vétérinaire ne s'en offusqua pas.

T

- Tu dois partir ? C'est pas comme si tu avais un train à prendre.

T

La main que Trowa posa sur les fesses de Quatre fut chassée d'une pichenette.

L'avocat tournait toujours le dos.

T

- Oui, je retourne à mon pied à terre parisien. Si je tarde trop je m'endors.

- ?

T

Un soupir alors qu'il se penchait pour attraper sa chemise, au pied du lit.

Des dents se fichèrent dans sa fesse droite, recouverte.

Qui tournait le dos, donnait son dos.

Les expressions françaises avaient du bon.

Du très, très bon...

T

- Aller voir Duo avec les yeux du cul, comme il dit, c'est tendu.

- Duo sait que tu me plais, y a aucune ambiguïté. Je ne vois pas le problème.

T

L'avocat attacha sa chemise, laissant la bouche revenir sur son corps.

Sentant deux mains défaire ce qu'il s'évertuait à boutonner.

T

- Tu sembles frustré.

- Menu copieux et exigeant. Restent les restes. Reste, Raberba.

T

Raberba se dégagea, cherchant son pantalon.

Ah, contre la porte.

Il n'avait pas une seule fois regardé Trowa depuis le début de l'échange.

Il se pencha à nouveau pour récupérer le pantalon.

Et le lâcha.

Trowa s'était levé sans le moindre bruit.

S'était coulé contre son dos.

Avait effleuré son cou.

Avant de le retourner.

Ses cheveux étaient ébouriffés

Sa barbe auburn commençait à pousser.

Son rictus était là.

Et ses yeux étaient Amazone.

L'Avocat ouvrit la bouche, pragmatique, calme.

T

- Je me vois difficilement rester avec ton coloc' qui revient...

- ... en fin de matinée... il est 2 heures du mat'

T

Raisonnable.

Si raisonnable.

T

- ... et mon ami pour témoin. Pas deux fois.

- Trois et demie ce n'est pas deux, c'est vrai. « Que conclus-tu ? »

- Que je l'ai bien cherché. Et que tu m'as compris.

T

Ouais mais là, Trowa, avait l'égoïsme que l'on ne voudrait que du coeur mais qui était aussi, du corps.

Ce blond-là.

Ce bleu si semblable à la mer bordant l'île Maskali, merveille appartenant au Djibouti, merveille sous dictature.

Merveilles bleues qui lui rappelait sa vie semi nomade.

Il avait l'Afrique chevillée au corps.

Il voulait plonger en Afrique.

Encore.

L'avocat essayait de s'attacher.

Mais Trowa réussissait à le détacher.

Les pans s'ouvrirent, les doigts du Veto s'y accrochèrent.

Les mains de l'avocat enserraient les poignets.

T

- Ah ouais je t'ai cherché, trouvé. Ce soir je te lâche pas.

- Ma batte est si inoubliable, Trowa ?

T

Sushi d'Amour avait toujours raison.

Toujours.

Suivre ses émotions et si c'était bon, ma foi...

Sushi d'Amour viendrait plus tard et les émotions de Trowa lui disaient qu'il avait envie...

de recommencer.

Et recommencer.

Et recommencer.

Il aurait les couilles de prendre ce qu'il voulait.

Il en avait toujours eu.

T

- Je sais pas, j'ai oublié... mémoire de poisson rouge.

T

Trowa glissa ses jambes entre les siennes.

Quatre dévora ses lèvres.

T

- ...

- Rappelle-moi.

- Je n'ai pas ton numéro, Trowa.

- Rappelle-moi avec ton corps.

- Trohmm...

T

T

Quatre s'était fait prendre et Trowa s'était fait mettre, sur ce coup-là.

Sur ce coup de poker.

Tous les deux libres.

Tous les deux pris au piège.

Quatre était parti au petit matin sans un bruit, sans rien laisser derrière lui que son odeur, ses marques sur Trowa.

Trowa s'était réveillé seul avec le ventre en feu et un numéro de téléphone, arraché à un homme dur, dur, dur qui ne voulait pas crier, ne voulait pas être entendu.

Le souffle-cri d'un homme qui se consume est la cassonade sur une tarte aux pommes fines.

T

- OUAF !

- J'arrive, Sil' Bon chien.

- OUAF OUAF !

T

Trowa avait ajouté un supplément croquette à une terreur bien patiente. Puis il s'était douché rapidement et avait enfilé t-shirt col V noir à l'effigie de Pumba et un bas de jogging assorti qui devait être mignon mais qui sur lui était horriblement sexy.

Il avait alors aéré puis fait le ménage; il avait nettoyé mais pas plus que de raison.

Pas au point de rendre l'appartement suspect.

Puis il avait enchaîné un footing d'une heure avec une terreur ravie.

Il était revenu avec des croissants chauds et de quoi faire un brunch.

Trowa ne se sentait pas coupable de s'être assouvi, avec le consentement de Heero, pour la bonne et simple raison que celui-ci n'était en rien lésé.

Ce n'était pas comme s'il avait annulé leur week-end pour être avec Quatre.

Il avait besoin d'une douche, encore.

Lorsque la clé de Heero entra dans la serrure, le vétérinaire eut un pincement au coeur quand même.

Et lorsque leurs yeux se rencontrèrent, après que Heero ait caressé leur chien surexcité il lui fit un micro sourire.

T

- Hello. Je vois qu'on a eu de la chance.

- ?

- Je connais ton corps, Trowa. Je connais tes gestes. Et je connais tes yeux.

- C'était...

T

Même pas la peine de nier.

Toute vérité n'était pas bonne à dire ?

C'était toujours ça de pris qu'un mensonge éhonté.

C'était Heero et lui, ça. Ne jamais tourner autour du pot.

T

- Si tu dis « inattendu », je m'enquerrais auprès de Maître Winner de l'opportunité d'une plainte pour stupidité de haut vol. Et si c'est moi que tu prends pour un con, dans ce cas nous avons un vrai problème.

- Je ne pensais pas le croiser aujourd'hui, il avait dit... bref j'ai...

- ... suivi tes émotions.

- j'aurais plutôt dit érection. Tu n'es pas... ?

T

Heero dévisagea Trowa.

T

- Vous avez fait ça dans mon lit ?

- ? Ça va pas, non ?

- Une question stupide en emmène une autre. C'est la seule raison pour laquelle j'aurais pu t'en vouloir. Je me sens pas trompé, je me sens jaloux.

- Je suis...

- Je suis clairement jaloux de ton air satisfait et presque contrit de l'être et même si ma vie sexuelle en papier crépon me rend plus réceptif et parfois nostalgique... Ça ne me rend pas amnésique. T'es pas prêt à être sédentaire, je suis pas prêt à être nomade. Tu t'attendais à une scène, sérieusement ?

- ...

T

Non mais...

T

- Depuis le temps qu'on se connaît bibliquement, tu découvres que je ne suis pas une femme ? Un feu vert donné est acquis. Quand je te dis « fais-toi plaisir », ce n'est ni un sacrifice, ni de la résignation. Dégonfle un peu tes chevilles, Pumba, ta tête tape le plafond, c'est pour ça que tu dis des conneries.

- Je... pensais que je me taperais Winner quand les cochons voleront, c'est raccord. Tu ne m'en veux vraiment pas ?

- Non à moins que tu n'ai décidé de te marier et d'entamer une procédure pour me virer de notre appart'.

- T'es trop con.

T

Ils rirent de concert et Heero vint lui faire une accolade et Trowa en profita pour lui voler un long baiser.

Un baiser au goût de menthe, Silence à leurs pieds, leur faisant la fête.

Trowa était connement soulagé que leurs rapports n'aient pas changé, même si on était persuadé d'une chose, on n'était pas à l'abri de se tromper devant le fait accompli.

Ils avaient chacun eu des relations en l'absence de l'autre en se parlant de leurs rencontres respectives. Jamais ils n'avaient eu l'occasion de faire des rencontres chacun de leur côté, sur le même continent, d'où l'impression débile de marcher sur du verre pilé.

T

- Je ne te demande pas comment c'était, je le vois. Tu le revois quand ?

- Je n'en ai aucune idée.

- Tu supporteras d'être dans l'expectative ?

- ... Non.

- Je ne t'en ai jamais voulu. Ne t'en veux pas de ne pas t'en vouloir. Et ne m'en veux pas de ne pas t'en vouloir.

- Je t'en veux un peu de ne vraiment pas m'en vouloir.

- Pourquoi ?

- Parce que tu avais raison dès le début sur nous deux. Et que tu vas la ramener tout le temps.

- Tu annules notre week-end ?

T

Trowa lui lança un regard aussi franc qu'ahuri.

La meilleure des réponses.

La plus sincère.

T

- Bien. Parce que je suis là et je resterai. C'est pas négociable même pour un sacré Q.

- Et ce ne sera jamais négociable, Sushi d'Amour.

- Quand est-ce qu'on mange ?

- OUAF !

- Silence est d'accord avec vous, Docteur Sushi.


Hôpital de la Rose, quelques jours plus tard

T

Le Docteur Cataloña sortit de l'hôpital à une heure où les métros déclaraient forfait.

Il faisait un peu frisquet quand même. La fatigue accentuait les sensations.

Et fatiguée elle était après cette semaine folle.

Fidèle à sa promesse elle était venue voir son amie Lucrézia : gynécologue obstétricienne de profession, elle était venue s'assurer que l'accouchement s'était effectué dans les meilleures conditions.

On aurait dit que Lucky Luc' l'avait attendue pour finir le travail, attendu une présence rassurante parce que son mari, aux fraises, avait plus besoin d'être rassuré.

Les jumeaux étaient nés. Jane et William. Calamity Jane et Billy The Kid. La boucle était bouclée, la mère et les terreurs allaient bien et le papa était ravi bien que sous perf'.

S'étirant comme un chat, elle lutta pour ne pas s'endormir à la borne de taxi.

A cette heure-ci ils étaient très fréquentés, samedi 3h30 du matin c'était un peu hard.

Et elle était trop fatiguée pour prendre un bus de nuit.

Il y avait tout de même de la circulation : des voitures qui roulaient un peu trop vite, des scooters débridés qui se prenaient pour des motos, et même des vélos qui tanguaient, leur conducteur étant un peu bourrés.

Un léger mal de tête se faisait ressentir, le mal de tête de fatigue, celui qui rendait léthargique et particulièrement réceptive aux bruits.

Celui qui rendait particulièrement irritable et qui ne serait éradiqué que dans un lit.

Ou avec une bonne clope.

Elle avait arrêté de fumer mais là elle avait envie et elle en avait besoin.

Juste une, Heero.

Cigarette aux lèvres, elle chercha son briquet quand une mobylette passa devant sa borne de taxi, la faisant sursauter.

T

- Oh le con !

T

La mobylette repassa et s'arrêta devant la borne.

En fait ce n'était pas une mobylette.

Les yeux de la jeune femme s'écarquillèrent imperceptiblement en reconnaissant...

le casque.

T

- Mais que faites-vous ici ?

- Je vous retourne la question. Je travaille à l'œil du Cyclone. Ma rédaction se trouve dans le quartier.

- Oui ! D'où l'adresse indiquée sur le ballotin...

- Vous l'avez donc reçu.

- Ce n'était vraiment pas nécessaire.

T

Il ne releva pas.

Par contre il releva la visière de son casque.

T

- Et vous ? Vous êtes un peu loin de votre cabinet.

- Et je suis un peu près de l'hôpital. J'ai été plus ou moins superviser l'accouchement d'une patiente.

- Une femme d'honneur.

- ?

- Vous parliez à Rantanplan quand je suis venu et vous lui aviez promis d'aller voir Lucky Luc' après votre journée.

- C'était il y a deux jours. J'ai l'honneur en décalage horaire.

- L'accouchement a donc eu lieu aujourd'hui.

- ?

- « Si c'est pour ce soir, je passerais après la fermeture »

T

Le Docteur Cataloña aurait bien voulu le prendre pour un stalker ou un pervers sexuel...

Mais à aucun moment elle n'avait indiqué quelle était l'adresse de l'hôpital.

Il aurait pu chercher mais franchement ce serait un peu beaucoup.

Oui oui, c'était possible de penser ça après cette rencontre.

Objectivement, en certaines circonstances, elle ne serait pas contre voir le mâle partout.

Elle était fatiguée...

T

- Rappelez-moi votre fonction ?

- Je ne vous l'ai pas donnée. Je suis Grand Reporter.

- Grand Reporter ou mère maquerelle ?

- Ce n'est pas pareil.

- La maquerelle rapporte.

- Non, elle colporte.

- Que fait le reporter ?

- Il rapporte.

T

Elle secoua la tête.

Il poursuivit.

T

- Ce qu'il dit est en général vérifié, contrairement à la maquerelle qui ne prend pas la peine de le faire.

- Ah...

- Et ce sont des infos utiles. J'effectue mon métier avec rigueur.

- Tant mieux pour vos lecteurs.

T

Et non ce n'était pas une fan et ce n'était pas méchant.

Le Docteur Cataloña en avait oublié sa cigarette. Elle étouffa un bâillement.

T

- Il n'y a plus de transport et les taxis semblent fuir votre borne.

- Vous ne croyez pas si bien dire.

- Je peux vous déposer quelque part ?

T

Leurs retrouvailles étaient dues au hasard mais...

Elle avait reçu des chocolats.

Il se proposait de la raccompagner.

Elle pouvait décemment penser à une tentative de rapprochement.

T

- Quoi Monsieur Chang, vous n'habitez pas à deux pas ?

- Ah non, j'habite à Loin-Là-Bas-Dans-La-Banlieue. C'est à ça que servent les motos.

- Mais pour Monsieur Maxwell...

- Mon pied à terre quand je rentre de reportage, comme en ce moment. C'est à ça que servent les amis. Alors, je vous dépose quelque part ?

T

Elle secoua la tête et coinça sa cigarette derrière son oreille.

Peut-être était-il simplement gentil...

la noblesse existait encore chez les êtres humains.

Elle et Heero parfois perdaient la foi.

Quand on croisait au minimum un con par jour, il y avait de quoi être un peu blasé.

T

- J'aime assez les coïncidences mais... on ne se connaît pas, Monsieur Chang.

- Dans ce cas, aller boire un verre sans alcool en attendant la réouverture des métros ?

- Sans alcool ? C'est étonnant.

- Je conduis.

- Et vous êtes épuisé.

- Merci docteur, vous l'êtes aussi.

- ?

- Quoi, vous vous pensiez belle à 3h du matin après une journée de travail ? Ce n'est plus de la fatigue à ce stade.

- ...

T

Elle éclata de rire.

Il poursuivit, plus sérieusement.

T

- Vous n'avez pas mis de manteau. Vous êtes restée en blouse, c'est comme ça que je vous ai vue.

T

Et c'est pour ça qu'elle avait un peu froid.

Oula, elle avait oublié son manteau dans son placard.

Hmph.

T

- Rentrez chez vous, j'ai l'habitude.

- Et je n'ai pas pour habitude de laisser une femme seule et tombant de sommeil à une borne de taxi.

- Oh vous savez, les habitudes...

- Je peux vous prendre au mot ? Vous n'avez pas pour habitude de laisser les inconnus vous déposer quelque part ?

- Vous êtes impossible !

- Je suis d'origine asiatique et oui, très peu de clichés survivent en ce qui me concernent. L'honneur en fait parti.

T

Le Docteur Cataloña en venait à se demander si ce séduisant français d'origine asiatique répondait aux critères physiques de son cliché...

Oh qu'elle était vraiment, vraiment fatiguée.

T

- Votre ami peut se déshydrater avec sa gastro.

- Il semble guéri et de toute façon, il y a un médecin dans l'immeuble, non ? Il fera l'affaire le temps que je rentre. Il écrit mal mais il connaît son métier.

- Et vous lui faites confiance avec votre ami... sachant leurs rapports conflictuels?

T

Wu Fei avait donc bien déduit.

Elle et Yuy se connaissaient au-delà du cabinet.

T

- Un médecin qui retape une ordonnance et qui va au-delà de ses attributions professionnelles qui partage son cabinet et s'entend suffisamment bien pour connaître le voisinage de son collègue, lequel produit une ordonnance gratuitement et va jusqu'à faire quelques courses pour permettre au malade le plus chiant du monde de survivre ?

- Certes.

- Leur antagonisme et mon a priori négatif ne m'empêchent pas d'apprécier une situation ou un comportement.

- Déformation professionnelle ?

T

Il haussa les épaules.

T

- Je ne fais que mon travail.

T

Elle capitula.

T

- D'accord pour un verre sans alcool dans le coin.

T

Mais elle se sentait ivre.

T

A la fin de la soirée ils se vouvoyaient toujours et avaient les yeux qui arrivaient aux égouts.

Après plusieurs chocolat chauds et un petit-déjeuner, ils firent un crochet par l'hôpital où elle récupéra son manteau, sous les regards éberlués de ses collègues.

T

- C'est qui, çaaa ?

- C'est juste un ami, Sally.

- Il est...

- Tard. Bonne nuit !

- Ah ouais, bonne nuit... la jument va se faire plaisir.

T

T

Elle le raccompagna à sa moto, le métro étant un peu plus loin.

Il remonta la fermeture de son blouson et s'installa sur la selle.

Les automatismes pouvaient être stupides.

Wu Fei y penserait éventuellement après quelques heures de sommeil.

T

- Gaffe sur la route.

- Je gère. J'ai roulé en conflits armés, je peux m'en sortir ici.

- Blablabla... Je connais quelqu'un qui s'est cassé le bras en tombant d'une moto à l'arrêt.

- C'est ça la longue entaille sur l'avant-bras gauche ?

T

Déformation professionnelle.

Encore.

T

- ... Le monde est peuplé de cons qui gèrent et qui meurent bêtement.

- D'accord maman, j'envoie un sms pour dire que je suis bien rentré.

T

Donne-moi tes coordonnées, s'il te plaît.

Je te donne une bonne excuse pour le faire.

Elle secoua la tête.

T

- Ok.

T

Comment dire au revoir à quelqu'un auquel on a parlé de tout et de rien, de patients, de voyages, de reportages - et d'un peu de voisinage...

Comment dire au revoir à quelqu'un que l'on surnomme Jolly Jumper pour son amour inconditionnel du saut d'obstacle, son sarcasme incroyable et sa blonde crinière.

Comment dire au revoir à une personne que l'on a a priori aucune raison de revoir si ce n'était par envie ?

T

- Merci. Attendez... Voilà.

T

En profitant du fait que le reporter envoie un sms avec le numéro donné...

pour ajuster correctement son casque.

Elle baissa la visière et y posa un baiser.

T

- Bonne nuit Monsieur Daft Punk. Et merci.

T

Sortez casqués !

Parfois c'est con la prudence.

Elle reste incontournable et indispensable.

Même si elle n'est pas à l'abri d'une erreur de timing.

Par contre, là, la main gantée de cuir posée sur la blouse, bien au creux des reins en guise de « je vous en prie » valait tous les actes volontairement manqués...

toutes les lèvres sur la peau.

Il ôta sa main d'elle et démarra.

Il attendit qu'elle soit bien au métro pour accélérer.

T

En rentrant chez elle, elle lut le sms qui lui avait été adressé.

T

On va se revoir Jolly Docteur. On va se revoir.


Cuisine de Duo Maxwell, même jour, tard, très. Trop

T

Un Duo plutôt en forme, queue de cheval, bas de pyjama tartan vert, noir et bleu assortis aux chaussons « courtesy of Raberba Winner 4 ».

Torse nu sous un tablier blanc avec en lettres rouges : « Une belle gâterie, un bon gâteau, une belle connerie, un beau râteau » il s'affairait, concentré.

La reprise hier avait été horrible, horrible, les journées étaient longues, interminables.

Du boulot jusqu'au yeux, du retard sur les chantiers...

Mais entre ça et « Ass on Fire », le nouveau tube d'« Alicia Crise », il n'y avait pas photo.

Au boulot, ça aurait clairement pu être pire : après tout il aurait pu tout simplement ne pas avoir de travail. En revanche il se serait objectivement remis moins bien s'il n'avait pas été soigné de force : en règle générale il appliquait la méthode Coué en guise de traitement.

T

- This ass was on fiiiiire !

T

Duo fut tenté de fusionner avec sa console mais il n'avait qu'une parole, enfin, qu'une pensée.

Etre quitte coûte que coûte. Et le jeu 'Cooking Papa', ça se mangeait pas.

Il prépara donc méthodiquement son gâteau au vrai chocolat et aux amandes effilées, ne manquant pas de se faire engueuler parce que cuisiner à 3h du matin dans un endroit si mal insonorisé, ça ne rapportait que des engueulades, des coups de balais et autres tam tam sur le tuyau du radiateur.

Surtout un batteur mécanique dans un bol en plastique rigide, surtout quand on faisait blanchir un mélange oeuf-sucre basique - sucre vanillé par ses soins de sa cuvée spéciale « Wu Fei parfois fait du tourisme pour les copains ». Wu Fei qu'il voyait à peine en ce moment, avec leurs horaires décalés.

Oui oui, la gousse de vanille du vrai Madagascar qu'il avait enfermé dans un pot à confiture converti en pot de sucre.

Laissez faire le temps, il vous le rendra bien, rendra à votre plus pathétique yaourt ses lettres de noblesse.

Ne point trop en mettre dans un gâteau au chocolat, pour ne pas noyer la saveur.

T

- Non mais Master Chef c'est à la télé, connard !

T

Duo sortit une casserole en faisant un peu plus de bruit que nécessaire...

Mais il ne répondit pas plus, pour une fois. Il savait que s'ils commençaient à s'envoyer du bois vert, il apporterait le gâteau à ses collègues.

Et il fallait être correct, au moins une fois. Cet immeuble était une zone de non droit où on ne pouvait pas se doucher en rentrant chez soi sans se faire engueuler par les voisins. Fallait se coucher en puant le putois et tout sale pour faire plaisir mais ça n'allait pas être possible.

C'était pas toujours pénible, il fallait le reconnaître... et il n'avait pas tous les jours des horaires impossibles.

Heureusement.

Sinon…

T

- Ah merde, j'ai oublié de sortir le beurre du frigo.

T

Sinon quoi ? Il déménageait ? Pour aller où ? A quel prix ?

Serrer les dents, donc. Après il serait en déplacement toute la journée.

Une clé dans un mécanisme le sortit de sa concentration.

Une odeur légèrement citronnée chatouilla ses narines.

L'eau de toilette de Quatre qui se déplaça, jusqu'à lui embrasser la joue.

Duo se décala légèrement pour sentir le coin de ses lèvres sur les siennes.

Un tout début de barbe ?

Maxwell se tourna un peu plus.

Des cheveux savamment déstructurés.

Une chemise blanche, immaculée, cravate brique desserrée.

Un pantalon camel flirtant avec des chaussettes beiges qui squattaient les chaussons Homer Simpson du maître de maison.

Le reste devait être dans l'entrée, bordélique comme il était.

Mais bon, avec ces yeux-là... il pouvait tout faire

Surtout avec le sac qu'il avait dans les mains.

Du champagne ?

De la bière ?

DES CACAHUETES (certes, bio)

Amour éternel.

Duo finissait de casser le chocolat noir dans la casserole, une toute petite flamme lui chatouillant les fesses.

T

- Ah, te voilà enfin !

- Salamalecum mon ami, je vois que tu vas mieux.

- T'as eu Wu Fei récemment ?

T

Ouch. Erreur.

Raberba ne pouvait pas savoir qu'il était malade.

Erreur de débutant.

Mais tête presque à l'envers depuis deux jours...

Il pouvait toujours noyer le poisson sans boire la tasse.

Duo coupait beurre et le versa dans le chocolat presque entièrement fondu, remuant doucement à l'aide d'une cuillère en bois.

Il pouvait toujours mettre son index dans le bol pour empêcher Duo de mettre le nez dans ses affaires.

Hmm... c'était...

... des œufs et du sucre.

...

T

- Il y a quelques temps, oui.

- ...

T

Ce n'était pas un mensonge, c'était récent. Mais pas ces derniers jours.

Ne pas demander pourquoi.

Changer de sujet.

T

- Tu fais quoi ?

- Je fais du parachute, connard.

- Question idiote, je te l'accorde. Mais pourquoi ? Si t'étais contrarié, tu aurais fait un gâteau pour toi, celui-là ne t'es clairement pas destiné.

- Tu ne devineras jamais pour qui c'est.

T

Duo achevait donner à la préparation chocolatée une consistance lisse, parfaite.

Puis la versa dans le bol.

T

- Je suis trop fatigué pour deviner. C'est pour qui ?

T

Duo fit une chose qu'il ne faisait jamais, ce qui fit se demander à son ami s'il était devenu fou ou pire, s'il était mourrant.

Il chuchota, incorporant délicatement la farine tamisée au mélange, le rendant homogène.

T

- Pour remercier le Docteur Yuy. Wu Fei t'a pas dit ?

- T'as l'air à fond.

T

Quatre y mis le doigt.

C'était délicieux.

Il se prit une cuillère en bois sur les articulations.

Duo en profita pour préchauffer le four.

T

- Je l'ai profond, surtout. Ça m'emmerde de lui être redevable.

- Le principe du médecin c'est de te soigner.

- Ouais mais pas gratuitement.

- Ah parce qu'il t'a soigné gratuitement ?

- Putain, ouais.

- Cache ta joie, sérieusement, il a fait preuve d'altruisme. Ce type n'a pas un mauvais fond.

T

Duo versait la pâte dans le moule et grogna.

Raberba avait les yeux qui criaient « bol à lécher, par pitié »

C'était l'équivalent de « braguette »

T

- Mais moi non plus.

- Seulement avec lui t'es un mur. Tu me diras « c'est lui qui a commencé » mais faut bien terminer un jour.

- S'il n'était pas comme il était je ne serais pas comme je suis.

T

Quatre haussa un sourcil haut.

T

- Et si ma tante en avait, on l'appellerait mon oncle ?

- On l'appellerait Ursula Chorizo.

- ...

- Je suis d'un abord facile avec les gens sympas.

- Et tu fais quoi du connard qui t'a servi de mec ?

- Ben il était sympa au début.

T

Duo enfourna le gâteau, Quatre le regardant comme si c'était Mister France.

T

- T'étais surtout en dèche affective. T'avais tellement faim que t'as pris le radis qu'il avait dans le pantalon pour une poutre. La vérité fut difficile à avaler.

- ... C'est juste l'exception qui confirme la règle, Quatre.

- D'accord. Dans ce cas essaie d'être cordial avec Heero ?

T

Ceci eut le mérite de stopper Duo en plein nettoyage de son plan de travail.

T

- Ah c'est « Heero » maintenant.

- Bah ça l'est depuis toujours puisque c'est son prénom.

T

L'Américain fit volte-face, l'éponge à la main.

Il versa le liquide vaisselle dans le bol, sadique, arrachant un regard de Bambi arraché à sa mère à Quatre qui n'aurait pas de pâte crue.

T

- Tu pactises avec l'ennemi !

- Vous ne vous entendez pas mais j'ai aucune raison de faire comme vous.

- Et la solidarité ?

- Des clous.

- Notre amitié ?

- Des clous et 4 planches, espèce de vampire. A enterrer ta vie sociale, tu vas assécher ton concombre. Le beau a besoin de voir le soleil, tu sais, pour ne pas se flétrir. Et c'est l'adepte du bio qui parle.

T

Duo renifla et voulu s'attaquer à la casserole, mais Quatre avait été plus rapide.

Et avait l'air d'un terroriste avec une bombe au chocolat dans les mains.

T

- Les coups de soleil c'est pas bon pour ce que j'ai.

- Et les bons coups, alors ? Y a du potentiel ici.

- Pourquoi, t'as testé Trowa vu qu'il te kiffe ?

- J'ai des yeux et toi aussi. Dans cet immeuble, il y a du potentiel.

- Dans potentiel y a potence.

- Et dans potence y a pote. Et y a même pot. T'as du pot d'avoir un pote qui pense à ta pomme.

- C'est moi où tu veux que je me tape le doc ? Je suis pas désespéré à ce point. Si je sors, je lève !

T

Quatre s'attelait à nettoyer consciencieusement la casserole avec son index, ronronnant.

ça lui donnerait mal au ventre et c'était pas assez sucré.

A peu près 250 sur l'échelle du rien à foutre.

Il ronronnait en se léchant le doigt, l'odeur palliant au goût.

T

- Non mais t'es bien mignon, Duo mais d'une, tu sors pas ? Ta vie c'est pas « si je sors, je lève », mais « si je dors, je rêve ». On trouve sur son lieu de travail et j'y suis allé à ton boulot. J'en suis revenu desséché pénien. Donc ton voisinage semble la meilleure option.

- ...

- Et puis sérieux, faut être courageux pour venir te parler. C'est comme si on allait volontairement mettre ses doigts dans une prise.

T

Duo finissait de nettoyer, manquait plus que la casserole.

T

- C'est stupide, Quat'.

- Oui c'est stupide de venir te parler quand t'es comme ça.

- Toi, tu baises.

- Quoi ?

- Tu baises ou tu as baisé récemment. Tu débites les conneries d'un gars qui vide ses roupettes.

T

Quatre cligna des yeux sans lâcher la casserole.

Il s'en était mis sur la joue.

T

- Je peux tenir des propos...

- Tu baises.

- Mais...

- Je le vois parce que Raberba essaie de me parler mais je veux Quat. L'avocat il me baratinera QUETCHI ! Tu baises ! Et en plus t'as ramené des cacahuètes bio, du champagne et de la bière pour me soudoyer ! Salaud.

T

A ce stade il était vraiment inutile de nier, non ?

Raberba s'autorisa un rictus.

T

- Tu veux dire veinard ?

- Tu te fais Yuy ? Il est gentil, blablabla et ce matin il sifflotait. Et ce soir il m'insulte. T'es devenu nul au pieu.

- Non.

- Non t'es pas nul ?

- Non, tu le sais.

T

Duo se rapprocha de Quatre, le défiant du regard.

Voulant récupérer cette casserole parce que c'était sûr, bordélique au dernier degré comme était Raberba, il ne la laverait pas.

T

- Non il ne sifflotait pas ?

- Non plus, je n'étais pas là, j'en sais rien. Non je ne suis pas assez suicidaire pour dégoupiller ta grenade détestée.

- Et te faire dynamiter par le fauve, tu pourrais ?

- ...

T

Guilty as charged.

T

- Tu peux. Tu te fais Tro miam. C'est lui qui t'a dit pour ma gastro. T'as pas eu Wu ces derniers temps sinon tu m'en aurais parlé direct.

- Ok, je me suis fait Trowa.

- Salaud, tu prends toujours les plus comestibles.

- Je l'ai rencontré avant. Pour une fois. Mais ce n'est pas sérieux.

- J'espère que vous êtes sur la même longueur d'ondes parce que s'il me déteste à cause de toi, je te casse la gueule.

- Casse-moi le cul, ce sera plus agréable.

- Quat' !

T

Quat', surprenant Duo, vint lui mettre du chocolat sur le nez.

Duo essayait d'éviter la bataille parce que ce serait un carnage.

Faudrait ranger...

T

- Non mais s'il y a le moindre souci avec toi, si cette histoire te cause le plus petit préjudice, je surcompenserais tous tes manques. Je veillerais personnellement à ce que tu ne sois lésé en rien. Et...

- Et...

T

Sexy sexy.

T

- Et si les préjudices sont conséquents, je mettrais naturellement à ta disposition la puissance de feu du cabinet Winner, Winner & Raberba Winner 4 pour le briser. Tu es mon ami et tu ne subiras pas mes incartades.

- Tu fais peur, Quat'

- M'emmerder ou emmerder mes amis, mes frères, n'a jamais été une bonne idée.

- Je vais les subir les conséquences, Quat'...

- Hm ?

- Les murs sont en mousse... et j'ai pas rêvé de toi il y a deux jours, hein ? C'est toi que j'ai entendu et t'es pas venu parce que t'as eu peur que je te grille. Parlant de griller, faut que j'ajoute les amandes effilées pour qu'elles rôtissent bien.

- ...

T

Quatre répondit en ajoutant une lichette de chocolat sur le front.

T

- Il veut quoi Trowa en fait' ?

- Baiser. Et, c'est fait.

- Vous allez continuer ?

- J'en sais rien, ça fait deux jours et pas de nouvelles.

- Tu penses que c'est un oneshot ?

- Franchement ? Non, c'est un super coup.

- Et après ?

- ...

T

Quatre regarda son ami comme si soudainement ses seins avaient poussé.

Duo haussa les épaules.

T

- Non mais je demande, des fois que tu tombes sur un psychopathe qui va pleurer sur mon épaule quand tu seras en déplacement pro...

- T'as qu'à te le faire, ça le consolera.

T

Poker face de Raberba.

Sourcil très, très haut de Duo.

T

- Contrairement à toi, je vis là et mon voisin le fuckbuddy c'est pas un bon film en ce qui me concerne. Avec ma chance ça sent le bad trip alors garde-les pour toi tes idées de merde.

- ...

T

Quatre éclata de rire et vint lécher le chocolat au coin des lèvres de Duo.

T

- Non mais sérieux... vous avez discuté de l'après ? Je me méfie vraiment, vu le voisin que j'ai.

- Quel après ? Je suis à peine en France et quand j'y suis, je suis avec toi ou Wu Fei quand il est là. Lui vit 5 mois sur 12 ici. A part être des Plans Culs Réguliers - ce qui est très bien -, y a pas à chercher un après. Après c'est comme Avant. Après, c'est le présent.

- Et le changement, c'est maintenant.

- ...

- Mah, j'ai pas pu m'en empêcher !

T

Quatre se jeta sur un Duo hilare, faisant voler la casserole et hurler le voisin - et le chien - à pleins poumons.

T

- PUTAIN DE MERDE ! VOS GUEULES !

T

Ils rirent de plus belle, le gâteau promettant d'être une merveille, une délicieuse odeur s'échappant de son carcan de cuisson.


Même jour, le soir

T

Heero avait vraiment peu dormi avec ces cons qui faisaient mumuse dans leur cuisine.

Et la journée avait été interminable, et il avait croisé des cons, des connes, qui lui avaient rappelé à quel point l'humanité devait être éradiquée.

Heureusement qu'il pouvait se raccrocher à un petit quelque chose : le week-end avec Trowa avait été génial : resto, balade avec Silence, piscine, popote, discussions...

Un vrai sas de décompression.

Ils s'étaient vraiment manqué.

Trowa était encore plus excité depuis qu'il s'était fait plaisir.

Il en voulait encore : donner un peu d'eau à une terre aride la rendait assoiffée.

Compatibles comme seuls les plus incompatibles l'étaient.

Ni regrets ni remords.

Bon, ça ne les avait pas empêché de flirter à mort, suffisamment pour s'exciter mais pas assez pour être trop frustrant.

Ça ne les avait pas empêché de s'embrasser, de se caresser.

Ça ne les avait pas empêché d'avoir envie d'aller plus loin.

Mais ils n'avaient pas besoin d'aller plus loin.

Par contre Quatre avait quelque chose.

Restait à Trowa de voir ce qu'il en ferait, ce que Winner le laisserait en faire.

Un jour peut-être son Pumba serait le Simba de quelqu'un.

Pumba qui travaillait cette fois, à l'association plus que dans le cabinet.

Qui rentrerait tard mais qu'il ne raterait pas, puisqu'ils avaient tous les deux leur matinée.

Pour une fois.

T

- ...

T

Il était 22h.

Veste de cuir noir au pli du coude, chemise col mao blanche sur un jean brut,

Il cala son attaché-case sous son bras puis utilisa son pass pour entrer dans l'immeuble.

Il se dirigea vers sa boîte aux lettres et l'ouvrit : factures.

Et une petite enveloppe blanche avec écrit « Docteur Yuy »

En la tournant il y avait écrit « D. Maxwell »

Heero fut tenté de la déchirer mais la curiosité le poussa à ouvrir.

Il y trouva un carton et une clé.

« Merci »

T

- …

T

Au début Heero se demanda s'il n'était pas devenu fou.

Un merci de Maxwell. Il devait y avoir de l'héroïne dans le vaccin qu'il avait administré.

Mais c'était une clé de quoi ?

En regardant bien, cette clé ressemblait beaucoup à celle de sa boîte aux lettres.

En fait, c'était exactement la même clé, avec un numéro dessus.

Si elle n'avait pas été scotchée au message, Yuy aurait pu croire que c'était un accident.

Et si c'était un piège pour le faire accuser de vol ?

Il se voyait chez le juge « non mais vous vous rendez compte ? Il voit un mot avec une clé et il ouvre ma boîte aux lettres ? »

Heureusement qu'il n'avait pas retiré ses gants.

Du coup… sans empreinte, il peut ouvrir, des fois que l'autre soit suffisamment tordu pour avoir laissé quelque chose pour lui dans sa propre boîte.

Il était épuisé...

T

- …

T

Il ouvrit la boîte et vit qu'il y avait écrit, dans la porte « clé-serrure-un tour à gauche-remettre-clé-dans-enveloppe-puis-hop-dans-ma-boîte-merci »

C'était très compréhensible quand on était fatigué.

Devant lui, des factures sur une cloche en carton recyclé.

Sur cette cloche, un message « prends-moi grand fou, nan je blague »

Ce type était un psychopathe qui faisait parler les cloches.

Il prit néanmoins la cloche et « clé-serrure-un tour à gauche-remettre-clé-dans-enveloppe-puis-hop-dans-ma-boîte »

Après avoir mis cette fois-ci la clé dans la boîte de Duo Maxwell, il ouvrit la cloche.

Dedans, ce qui ressemblait à un gâteau au chocolat sous cellophane.

Sur le film alimentaire, 5 mots.

« Merci » (encore)

« Pas empoisonné :) »

« Bon Ap' »

...

...

...

Ô mon dieu... un SMILEY !

Un truc émanant de Maxwell... un truc qui était GENTIL, pas agressif... pas hurlant...

Heero Yuy n'était pas du genre à en faire des caisses, son métier ayant bien affûté son caractère naturel.

Mais il y avait de grandes chances pour qu'il soit mort, tout simplement.

Mais la mort ne sentait pas le chocolat.

Il palpa la bête : la consistance semblait idéale.

Il le huma : le chocolat lui chatouilla les sens.

Il allait le goûter.

Il était tard mais bon, peut-être était-il là ?

C'était de la folie mais bon.

Il frappa...

avec beaucoup plus de force qu'il ne l'avait prévu.

Il grimaça. Si Maxwell avait frappé chez lui comme ça, ça aurait bardé.

Mais il était un homme et assumerait.

T

- Maxwell, vous êtes là ?

- Non. En fait vous parlez à son fantôme qui essaie de dormir.

T

Ah, enfin le support habituel, même si le ton était à peine moins agressif que prévu.

De temps en temps les vagues n'étaient pas que des tsunamis.

T

- Fallait pas pour le gâteau.

- Fallait pas pour l'ordonnance ?

- Si.

- Alors fallait, pour le gâteau. Bonne nuit. Euh, z'avez refermé ma boîte aux lettres et mit la clé ?

T

Ah, c'était pour ça qu'il lui parlait presque normalement !

Il le prenait vraiment pour un con.

T

- Ze sais encore lire. J'aurais aussi bien pu vous la rapporter d'ailleurs. Comment vous allez faire pour ouvrir sans clé ?

T

A connard, connard et demi.

T

- J'ai un double. Toutes mes idées à la con sont maîtrisées.

- …

T

Un soupir.

T

- Écoutez on peut pas se blairer, mais on peut se rendre service. Moins on se voit, mieux on se porte, mon plan était infaillible jusqu'au « fallait pas » sur mon paillasson.

- Il n'était donc pas infaillible.

T

Il allait se prendre un connard ou un foutez-moi la paix, ou un combo...

Il sourit presque.

T

- Oh, foutez-moi la paix. Quitte à me déranger pour rien, parlez utile. Alors ce gâteau.

T

Le docteur fronça les sourcils, un rictus de fatigue amusé sur le visage.

Master Chef voulait savoir quand même...

Il aurait pu mentir...

Mais c'était pas le genre à faire du social hypocrite, il aurait pu dire « surtout à cette heure-ci » mais c'était plutôt « quelle que soit l'heure »

S'il y avait un truc qu'il partageait avec l'excité du bocal, c'était cette franchise excessive.

T

- Pas mangé.

- Il est pas bon ?

- Pas encore mangé.

- Ok, bonne nuit. J'ai sommeil, bordel.

T

C'était couru d'avance.

Le docteur allait repartir quand...

Non, il ne serait pas congédié et partirait le moment venu.

Celui qu'il avait décidé.

T

- C'est ridicule, y en a pour 15. On aurait pu partager.

- Non merci, je déteste les gâteaux au chocolat, si y a pas de cacahuètes, je m'en fous. Z'avez peur que je vous empoisonne, c'est ça ?

- Non mais...

- Vous proposez les vôtres de cacahuètes ?

- Hein ?

T

Un énième grognement et des pas lourds se firent entendre.

Ainsi qu'un pied vraisemblablement nu rencontrant un objet qui se fracassa contre le mur, le bruit ressemblant cruellement à un shoot de télécommande.

Mieux valait la télécommande que le pied.

T

- Putain de merde !

T

La porte s'ouvrit violemment.

Une furie au teint pâle et aux yeux injectés de sang, de fatigue, torse nu, musculature nerveuse, carpe diem sur le torse.

De beaux et trop longs cheveux partout, partout, dépassant la taille d'un bas de pyjama tartan.

Tombant sur un pied rouge-bobo qui deviendrait violacé.

Qui se rapprocherait des iris improbables du fou à la lumière du couloir.

Et le docteur cligna des yeux une fois, deux fois devant cette main accrochée à la poignée.

Devant cette bouche convalescente.

T

- Alors ? Vous les proposez vos cacahuètes ?

T

Devant cette bouche conne.

T

- ... OK, Bonne nuit.

- Hallelujah. G'night. Donnez-le au beau gosse roux si ça vous fait tant chier de bouffer un tout petit gâteau quand ça se prend tout le temps des menus grand slip. Vous vous foutrez de ma gueule le jour où on n'aura pas des murs en mousse.

- ... Vous appelez ça un petit gâteau ?

- Earth to Yuy, I'm part American.

T

Et la furie claqua la porte.

T

- Fucking Doc'. Pas idée d'emmerder des gens à pas d'heure pour leur dire des conneries. Sympathie dans ton fion. Plus jamais.

T

Le « petit » gâteau était un délice. Il adorait les amandes effilées en plus. Il rendrait service à Maxwell beaucoup plus souvent.

Enfin peut-être.

Éventuellement lui mettre des cacahuètes dans sa boîte aux lettres.

Et non, pas les siennes.

Il secoua la tête et rit sous cape, manquant de s'étouffer avec une bouchée.

T

- LA FERME !

T

Il rit de plus belle.

T

T

Tsuzuku OS XII

Ready 4 l'OS XIII ?


Prochain OS : ? Euh... Aucun pronostic, comme ça, toute surprise est une bonne ! Là on arrive dans la période où j'aurais encore moins de temps pour écrire. Mais comme je le dis souvent, j'aime écrire et partager. En tous cas je fais ce que je peux !

Je me marre bien avec cette fic, j'espère que vous aussi ! Et musclez un peu plus vos doigts parce que là ça fera 3 mois demain :D

B peluch' et merci !

Petite Mithy Survivor *Vogue la galère :D Mais ils avancent !*