Disclaimers : Shin Kidousenki Gundam Wing, personnages et produits dérivés appartiennent à Sunrise, Bandai, Setsu Agency et aux parties associées.

Genre : UA, OS(s) courts plus ou moins de Saint-Valentin (Cupidon casse son arc et ses flèches et les lance sur Mithy, qui ne peut pas les éviter) qui m'est tombé dessus pendant que je regardais un type qui chantait atrocement mal dans The Voice... (quoi y a eu 2 The Voice ? :D)

Rating : T

Résumé ? Perturbation de train-train quotidien, étoile filante dans un ciel d'encre... XD

Micis ! A toutes les personnes qui ont posté un petit mot. Je vous ai déjà répondu, ça fait si longtemps, sauf si vous ne mettez pas vos emails de contact, auquel cas je vous remercie chaleureusement ici !

Suite d'OS pour qui ? : Pour mon petit Hamster Américain que j'aime ! *gros, gros bisous et HAPPY BIRTHDAY avec un jour d'avance :D* et pour vous ! Parce que comme dirait Céline Dion ben je ne vous oublie pas.

Énormes dédicaces et bisous pour cet OS à : Naughty Luce *ET PAF, la suite*, à Petite NausS (reviens !) à Antocyane (je te l'écrirai ce oneshot, je te le promets !) Et toujours à Ayanena, en espérant qu'elle a pu aller au Japon :D. Et Kittyfree ! Je suis super contente que tu sois encore là !

Câlin Spécial : toujours aux Dame Lysa, le temps me manque mais je pense à toi, ainsi qu'à ma petite ensorceleuse !

Énormes câlins bis repetitas : à (re) mon petit hamster Américain que j'aime et qui me manque toujours, je termine la kiné en août et je te confirme que ce sera good pour les vacances ! ma Lunanamoi, Fredka, en souhaitant que tu aies du temps pour toi, Lady Psy (Clto :D, reviens Léon, j'ai les mêmes à la maison :D

Random Rant : Devinez quoi ? J'ai pas le temps mais hey, équation.

Que donnent :

- une (énième) connasse qui mâte son portable au lieu de regarder devant elle,

- une petite Mite qui fait un pas de côté pour pouvoir l'éviter,

- un joli petit bruit de brindille cassé,

- une cheville qui part sur le côté ?

Alors, alors, ça donne quoi ?

La suite d'une fic bien sûr ! (et une immobilisation qui heureusement se termine bientôt. Parce que ne pas poser le pied à terre c'est chiant. Aller à cloche-pied au petit coin, c'est chiant. Faire le lac des cygnes pour se laver, c'est chiant. Se faire appeler Petit Gourou par sa famille chaque fois qu'ils vous voient vous déplacer en bondissant, c'est ch... drôle (parce qu'ils se marrent, les chameaux. Chameau, c'est salaud en langage bourré, sisi :p)

Une entorse grave et beaucoup de chance, pour ceux qui s'inquiètent. Du Kinémignon (c'est comme le filet mignon sauf qu'il a pas besoin d'être cuit pour être comestible. C'est pas comme s'il ne m'avait pas vu il y a quoi... 1 mois ?) et donc de la rééducation mais j'ai la "chance" d'être assez sportive, d'avoir une bonne hygiène de vie et de pouvoir déjà remarcher sans avoir mal.)

Ranting à part, au moins ai-je le temps de corriger et poster et donc voilà !

Je poste la suite au bout d'un an, vous avez appris à croiser les doigts avec les narines :D

Allez, voici la suite de Naughty Neighbour. Et oui, ça progresse :D


Naughty Neighbour

T

Danger Nurse (à l'anglaise ou alors)

Danger : Nurse ! :D

T

Le lendemain matin

Couloir menant à l'appartement de Duo Maxwell, 4h du matin

T

Un ascenseur se ferme derrière un homme exténué.

Un couloir traversé en portant sa fatigue sans traîner les pieds, baskets jaunes un peu délacées.

Pas de bruit, pas de bruit.

Mettre la clé dans la serrure, un clic léger.

Entrer, cogner un sac trop lourd contre une porte blindée. La refermer doucement.

S'arrêter. Écarquiller les yeux.

Lever le nez. Sentir. Sourire.

T

- ?!

T

Poser sa besace sur une étagère fictive: chez lui c'était à gauche, et là, pas.

Craquer ses lombaires - et son jeans - en voulant la rattraper.

Retrouver l'équilibre et dans l'élan, taper un vide-poches, l'empêcher de tomber in extremis.

Tendre l'oreille. Pas de mouvement. Quitter l'entrée.

Quelques pas silencieux, éviter un divan, un coussin, un chausson.

T

- ... !

T

Déraper sur l'autre, en embuscade.

Se tordre la cheville. Ne pas tomber.

Arriver enfin à la cuisine.

Se retenir de justesse au mur.

Pas de bruit, pas de bruit.

Se retourner l'index.

T

- ...

T

Chut.

Se mordre la lèvre inférieure, faire un pas de côté.

Cogner le pied d'un tabouret.

Le retenir de justesse.

Peu de bruit, peu de bruit.

Se redresser, taper la hanche contre un coin de table.

Râper la doublure de son blouson noir.

...

Rester Zen.

Se redresser, piétiner son lacet.

Chute sur les fesses.

Un boom.

Un clic.

T

- Tu m'emmerdes Wu Fei.

- ...

- T'aurais mis la lumière, t'aurais fait moins de bruit en n'essayant de ne pas de faire de bruit.

- ...

T

Des longs cheveux lâchés sur des épaules nues, fouettant un pantalon de pyjama tartan.

Des pieds nus.

Des gros yeux.

Une batte de base-ball.

T

- Je sais que t'as pensé à la beauty sleep de qui -dort-sur-le-divan mais dans le vide-poches y a une lampe torche, putain. C'est pas comme si tu le savais pas.

- ...

T

Un coccyx douloureux.

Un genou gonflé.

Un œil noir brillant.

T

- Ma compassion elle est pour mes gars qui vont me voir débarquer tout à l'heure avec mon « nouvel-avis-d'imposition » face parce qu'un connard de pote m'a coupé le sommeil.

-...

T

Une tempe qui tressaute.

Un regard violet au plafond.

T

- ... C'est bon, tu peux hurler.

- PUTAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAIN DE MERDE !

- ... Ça va mieux ? Tu vas pouvoir pioncer et moi aussi ?

- ... AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH

T

Duo tendit l'oreille, résigné.

Un ange passa.

Deux.

Dix.

Le reporter fronça les sourcils, dubitatif... mais son estomac grogna.

T

- Un ptit dej avant d'aller te coucher ?

T

Duo tendit la main à Wu Fei pour l'aider à se relever.

T

- Tu as fait ton gâteau au chocolat. Ça sent dans tout l'étage.

- Yep.

- Il en reste ?

- Non, mais tu vas être content, y a des bananes, du pain, du fromage et des yaourts bio sans lactose. Tu vas pouvoir faire ton ptit dej équilibré de merde, Quat' a fait les courses avant de partir.

- Winner est un homme sans honneur. Échange volontiers banane contre gâteau au chocolat.

T

Duo éclata d'un rire bref.

T

- Si ça peut te consoler il en a pas vraiment mangé. C'était pour remercier le voisin. Je sais qu'il kiffe les moelleux au choco, je la joue correct.

- ... C'est peut-être pour ça que ton voisin n'a rien dit tout à l'heure.

- J'avoue, je pensais qu'il aurait pété une durite là, après ta Coccyx Song. Ou il est ptet pas là.

T

Wu Fei renonça au café, il voulait conserver son sommeil. Par contre l'odeur de bon chocolat lui donnait faim.

Dépité, il prit une banane sur la table, l'éplucha et mordit dedans.

T

- En fait c'est toi l'homme sans honneur.

- ?

- Et me remercier moi d'avoir été chercher tes médocs ?

T

Duo leva les yeux au plafond.

T

- C'est vrai ça, comment te remercier ? Oh mais je suis con, je l'ai déjà fait !

- ?

- T'aurais pas rencontré un doc aux gros lolos et aux sourcils détecteurs de métaux, des fois ? Aloors ?

T

Wu Fei mordit dans sa banane.

T

- On s'est revus par hasard il y a quelques jours. L'hôpital où elle exerce n'est même pas à dix minutes de la rédac.

- Super. Et ?

- On a bu un verre et je l'ai laissée au métro. Depuis on n'a pas eu l'occasion de se reparler.

- Ah, elle était conne. J'avais un super feeling et c'est une pouffe. Je pensais que ça matchait grave. Dommage.

T

Le reporter prit un air légèrement absent, lissant les plis imaginaires de son polo gris.

T

- Ce n'est pas une pouffe.

- Alors elle puait de la gueule ? Un plan amitié ? Tu l'as pas ramenée, OK mais no news depuis. Elle a un herpès télépathique ou quoi ? C'est contagieux la connerie ?

- J'avais des obligations professionnelles et elle aussi.

- Mais t'es pas sérieux, Fei... t'as sauté sur une mine à ton dernier reportage. Tu crois que tu trouves Roswell à tous les coins de rue ?

T

Elle avait beau avoir des sourcils créatifs, elle restait une femme.

T

- ? Roswell n'avait pas de sourcils.

- « Je te kiffe et donc je te zappe » Normal.

- Je ne l'ai pas zappée et... attend, elle n'a pas appelé non plus. Ça marche dans les deux sens.

T

Duo lui lança un regard dépité.

T

- Quel sens ? Ça n'a aucun sens ton truc. Elle sait que t'es à côté ?

- ...

- ... T'as de la chance que Quat' soit pas là sinon t'aurais pris cher. Sans déconner... Tu la kiffes, elle te kiffe et toi t'as des obligations pro ? Tu la laisses avoir des obligations pro ? Mais pourquoi tu nous as pas invité à ton mariage, salaud ?

- ?

- Excuses à la con, absence de cul... perso le riz je préfère le bouffer que l'avoir dans la gueule.

- ...

- J'ai raison ou pas ? Leçon du jour : reporter et fiotte c'est pas incompatible.

T

Wu Fei lança sa peau de banane sur Duo...

T

- Je. Ne. Suis. Pas. Une. Fiotte.

T

... qui l'attrapa au vol

Il la lui relança vicieusement en pleine tête.

Le reporter l'ôta de son visage aussi dignement que possible.

T

- T'as les coucougnettes qui chantent Bamboléo, Fiotte-Man.

- Je n'ai pas les coucougnettes qui chantent Bamboléo.

- Aux temps pour moi, elles chantent Djobi Djoba. Même Quatre il a conclu. M' enfin, c'est Cat', quoi, il a pas les corones en PQ.

T

Wu Fei lui décocha un regard hautement dubitatif.

T

- ...

- Je te vois venir avec mon célibat, mes choix de merde. Vas-y, moi j'assume. J'assume clairement que si j'étais à ta place, l'obligation pro de mon mec s'appellerait Duo Maxwell.

- Je fais ce que je veux ou pas ?

- Depuis quand ? C'est de qui déjà : « Blabla reporter de guerre, blablabla certitude : la vie est trop courte pour se faire chier. Quitte ton connard de mec ?»

T

L'Asiatique bomba le torse.

T

- Un visionnaire. Un génie. Tu ne l'as pas jeté assez tôt.

- Quat' et toi êtes mes Jiminy Cricket. Je suis ton Dudidon.

- Hmph. Ce n'est plus Dudidon, c'est Cul-cul-pidon.

T

Duo haussa les épaules.

T

- Et toi, avec tes conneries, tu seras Cocupidon, OK ? Bombesque, Fun, Futée... Tu crois qu'elle va rester longtemps sur le marché ? Ou alors ...

- ...

T

Duo s'approcha de lui et vint lui donner un petit coup de batte de base-ball sur les fesses.

T

- ... tu fais ton coming-out et je me propose tout naturellement de te dépuceler. C'est vraiment ce que tu veux ? Faut le dire, tu sais ?

- Non mer...

T

Wu Fei s'interrompit et rejeta la tête en arrière, pris d'un immense fou rire.

T

- Allez plus d'excuses, fonce et si ça marche je te ferais même un gâteau aux pommes.

- ... Rajoute une tarte au citron sans meringue.

- Ça marche.

- Et des cookies.

- OK.

- ...

- ...

- ...

T

Un ange repassa.

T

- Alors, tu te la Fei quand ?

- ...

- Lui Fei surtout pas le coup de la panne ! Rester sur la béquille c'est pas drô... arck

- Ta gueule, Duo.

T

Mais Wu Fei avait les yeux qui brillaient.

Il était fatigué, toujours.

Il était très heureux d'être rentré.

Et Duo se retrouva avec une peau de banane sur la tête.


Appartement de Heero et Trowa, même jour, 7 heures du matin

T

Heero, cheveux en bataille, torse nu et caleçon écossais rouge consultait l'agenda de son smartphone à table, prenant un petit déjeuner équilibré consistant en :

- un thermos de café

- un énorme gâteau au chocolat., dont il terminait la troisième part.

T

Son coloc, gros smiley jaune sur boxer noir et sourire de tigre, attrapa la dernière bouchée du gâteau avant qu'elle n'atteigne ses lèvres.

Ou plutôt... il attrapa la main de Heero pour mettre le moelleux directement dans sa bouche.

T

- Wow... c'est clairement pas le parpaing de ton resto chinois préféré. Tu sens le chocolat...

T

Trowa posa la joue contre celle du docteur brièvement, puis l'embrassa dans le cou pour lui dire bonjour.

Il le contourna pour enfin s'asseoir devant lui, posant son smartphone près de son assiette.

Heero ne le quitta pas des yeux alors qu'il se découpait une grosse part de gâteau.

T

- Mélangé à l'odeur du café, c'est juste... hmm... Ça parle à mes papilles...

- ... et à Popaul.

- ?

- Tu bandes.

- ?

- Je ne savais pas que les smileys avaient un nez.

T

Regard appuyé qui le fit relever les yeux de l'écran de son portable.

Leurs yeux s'accrochèrent...

Puis Trowa rejeta la tête en arrière et éclata de rire.

T

- T'as pas tort.

- Déjà debout ?

- Ben je te dis au revoir. T'es absent deux jours, non ?

- Hn.

- Mais j'ai de quoi compenser un peu. D'où vient cette merveille ?

- Tu me croiras jamais.

T

Trowa battit des cils.

T

- Quoi ? J est sorti tout nu d'un gâteau au GHB, il t'a présenté sa bougie fripée pour que tu la souffles et plus tard Dorothy t'as appris la bonne nouvelle : tu as enfin accepté de lâcher l'ORL pour la chir cardiaque ?

- ... OK, tu vas me croire alors. Le taré a fait un gâteau pour me remercier de lui avoir fait une ordonnance.

T

Le regard du vétérinaire se fit lubrique, mordant dans sa part avec gourmandise.

Le docteur suçotait ses doigts chocolatés.

T

- Wow. Et comment tu l'as su ? T'es passé chez lui faire ta B.A de médecin, nu sous ta blouse ? Il est venu ici, à poil sous son tablier, avec son gros rouleau à pâtisserie ?

- Arrête le fantasme, Pumba.

- Si on peut plus rêver...

- De toute façon il a la reconnaissance pragmatique. Il voulait comment il a dit déjà ? « Me remercier en limitant au maximum nos échanges »

- C'est pour ça qu'il a fait un gros gâteau. Un gâteau c'est pragmatique.

- Je te sens sceptique.

T

Trowa leva le nez de son portable, prit la thermos et se servit un café.

Heero était déjà pourvu.

T

- Moi j'ai le sex-matisme. Tant que je peux le bouffer après, le marketing... voilà. Alors ?

- Il voulait tellement pas me voir qu'il a mis le gâteau dans sa boîte aux lettres.

- Dans sa boîte ?

- Il ne pouvait pas le mettre dans la nôtre, il n'avait pas a clé. Ce n'était pas logique.

- C'est vrai. *pouffe*

- Et donc en rentrant hier soir j'ai trouvé une enveloppe dans notre boîte avec la clé de la sienne + un petit mot cordial avec des instructions.

- ... Cordial ?

- Je sais, Tro. Du coup j'ai été directement le voir.

- ... Pour limiter les échanges il repassera... le mec s'est donné du mal pour ne pas te voir et toi t'y vas ?

T

Sourire de chat.

T

- Un cyclothymique a mis un gâteau dans sa boîte aux lettres à mon intention.

- ... Objectivement, il y a de quoi être sceptique.

- Voilà. Je voulais tirer ça au clair

- Ah, si tu voulais tirer... je comprends que ça n'ait pas pu attendre le lendemain. Enfin une bonne excuse.

- Pumba.

T

Et le dit Pumba d'admettre, plus ou moins magnanime.

T

- Sisi je comprends la gravité du problème. Je vois ça d'ici : « Le serial killer avait un gâteau ». Directement sur NRJ 12. Alors, heureux ?

- Il m'a envoyé chier sans même ouvrir en me demandant si le gâteau était bon. J'avais pas goûté, je venais de monter. Il m'a dit que je servais à rien.

- Je l'aime ce mec. Il est génial.

- J'ai proposé de partager son gâteau. C'était débile, il y en avait pour dix. Et là il a ouvert.

- Ah... là ça devient intéressant.

- Il était torse nu. Les cheveux lâchés, les yeux injectés de sang.

- Le sang aurait dû être plus bas.

- Dans le pied qu'il a cogné en ouvrant la porte ?

T

Le Vétérinaire haussa un sourcil très haut, Heero se resservant une petite part pour la route.

T

- A quoi tu sers, Sushi d'amour ? Et le bisou qui guérit tout ? Le petit massage au chocolat ?

- Il déteste les gâteaux au chocolat. Je peux le donner au « beau gosse roux » mais lui s'en fout.

T

Un coup d'œil rapide à son téléphone puis Trowa mordit avec appétit, moqueur.

T

- C'est toujours la faute des beaux gosses roux.

- Je lui ai quand même dit « fallait pas » il m'a répondu « fallait pas » et il a claqué la porte en me traitant de connard. Fin du fantasme.

T

Trowa écarquilla les yeux, semblant déglutir.

Heero reprit ses réflexes de docteur, tout en savourant son moelleux, comme une femme au régime le « fameux » carré au chocolat quotidien.

T

- Quoi ?

-... J'ai mangé le gâteau fait maison d'un mec qui te déteste...

- C'est ça...

- ... qui a refusé de manger sa propre création...

- ... tout à fait...

- et qui en plus sortait de gastro ?

- Quoi ? T'as senti un supplément pépite suspect ?

- Non, non...

T

Le docteur se leva et administra une tape derrière la tête du gros malin.

T

- T'essaie juste d'avoir plus de gâteau c'est ça ?

T

Le brun-roux pivota légèrement, de sorte à pouvoir poser ses lèvres chocolatées sur le ventre du docteur, murmurant tout contre.

T

- Je pense à ta ligne, Sushi d'Amour.

- Arrête de penser.

T

Trowa se recula légèrement sur son siège, leva la tête, le regard menthe sur une bouche un rien chocolatée.

Avant de plonger dans le bleu.

Vous prendrez bien un After-Eight avec votre curaçao ?

T

- OK, j'arrête. Je vais arrêter de penser que moi, si je veux limiter les échanges, je ne me sers pas de mes murs pour savoir ce qui peut faire plaisir à quelqu'un dont je me fous.

- ...

- Moi, si je veux limiter les échanges, je laisse courir parce que la reconnaissance, je m'en fous. Et si j'ai un certain sens moral sous cette tignasse...

- Arrête les anaphores, Pumba, ça me rappelle quelqu'un.

T

Le docteur lécha un reste de chocolat au coin de ses lèvres.

Trowa continua, impassible, Heero lui caressant les cheveux distraitement.

Essayant peut-être de le distraire.

T

- Je me contente de payer les honoraires. Je donne donc 23 euros et basta.

- C'est pas remboursé dans ce cas, Pumba.

- Mettons qu'il soit radin ou pauvre. Il a clairement cherché à te faire plaisir. Et c'est réussi. A toi de voir si tu veux retourner au status quo...

- ...

- Ou si tu veux le retourner lui.

T

Heero eut un rictus séducteur, continuant à masser le cuir chevelu.

Et l'autre ronronnait.

T

- On va se calmer cinq minutes. Je ne vais pas me monter le biscuit pour un gâteau.

- Tu ne nies pas.

- Qu'il est cyclothymique mais ni si idiot, ni si fondamentalement moche que ça ? Bien sûr.

- Il est génial et tu commences à le voir. Tu vas finir par le plaquer contre le mur.

- Un rapport de bon voisinage, cordial. Ça, ça m'irait éventuellement. Plus reposant. Moins dangereux.

T

Le beau vétérinaire secoua la tête.

T

- Hmm... voyons. Tu manges du gâteau au chocolat au petit déj. Tu lèches tes doigts, tu te ressers, tu m'allumes à fond et inconsciemment. Tu caresses mes cheveux. Tu souris en me racontant qu'il t'a envoyé chier quand tu sors du boulot, ce que t'avais jamais fait jusque là. Rapport... cordial. Mon cul.

- C'est dans ta tête. C'est pas parce que tu te tapes le pote du voisin que je dois faire pareil.

- Bien sûr que si. Même avec les yeux de Dracula c'est une bombe.

- Un gâteau va pas me rendre suicidaire. C'est pas le gâteau au GHB de J.

- Tu diras ça à ton sourire, tu le verras dans la salle de bain. Va te raser, tu piques.

- Et toi appelle-le, tu triques.

- Hein ?

T

Le sourire de Heero se fit ravageur.

T

- Tu n'arrêtes pas de jeter des coups d'œil à ton portable.

T

Trowa cligna du regard.

T

- Là, je te regarde ?

- Parce que je te distrais.

T

Il posa les lèvres sur ses cheveux.

Heero Yuy était diabolique.

Il recula de deux pas. Et Trowa fronça les sourcils.

T

- Pourquoi j'appellerai ? Il ne m'a pas appelé.

- C'est un peu la raison pour laquelle tu devrais l'appeler. Parce qu'il n'appelle pas. Et que t'as envie de lui parler.

T

Le vétérinaire leva les yeux au plafond.

T

- Arrête-toi à « lui »

- Dans ce cas bouge-toi.

-?

- T'as pas envie de lui parler. T'as juste envie. Pour faire, faut le voir. Faut même le toucher.

-...

T

Heero haussa un sourcil.

T

- T'as envie ou non ?

- Oui.

- Et pour le faire, faut le voir, non ?

- Y a le phone.

- Pourquoi, t'as pas envie de lui parler, si ? Et le visio c'est sympa mais ça remplace pas une pipe. Alors.

- Heero...

T

Heero.

Pas Sushi d'Amour.

Sushi qui savoure.

T

- Ça fait combien de temps que vous ne vous êtes pas parlé ?

- Quelques jours. Mais bon, là il doit être à Dubaï.

- Et il revient quand ?

- Je sais plus... dix jours ?

- ... Vu ton planning, le sevrage va être compliqué.

- N'abuse pas non plus.

T

Pumba avait les yeux qui criaient braguette.

Le Docteur se dirigea vers le frigidaire.

T

- Hn. Je ne parle pas de ton ego qui est infini, mais de ce qu'il y a plus bas.

- Et c'est moins infini, c'est ça ? Tu t'en es jamais plaint, Sushi d'Amour.

- Et je ne m'en plaindrais jamais. En revanche... si je me réfère à l'emploi du temps que tu as installé sur le frigo pour ces prochains jours,

- ...

- je peux dire avec certitude... que le petit écureuil que tu es trouvera difficilement du temps pour bichonner son gland.

- Un Pumba ne peut pas se transformer en écureuil.

- La frustration sexuelle peut transformer n'importe qui en n'importe quoi, Pumba.

- Et c'est pour ça que t'es pas cool avec moi : t'es frustré.

T

Heero lui fit un sourire purement sexuel.

T

- Mais complètement. Seulement, à la différence de toi, j'aurais plus de temps pour faire quelque chose. Enfin, quand je reviendrais de colloque.

- C'est dégueulasse.

- Hn... oui. Mais on va se recroiser dans la semaine, tu me feras tes fameuses pastas pour me remercier d'avoir partagé le gâteau, d'ici là, ça ira peut-être mieux.

T

Heero revint vers Trowa, coupa une grande part de gâteau et la lui tendit.

Il lui tapota l'épaule.

T

- Bonne chance, Jim. Tu en auras besoin.

- Hmph. Toi aussi.

- Hn.

- On devrait pas te donner de gâteau au chocolat. Ça te rend sadique.

T

Heero partit se doucher en riant sous cape.


Bureau de Dorothy Cataloña, même jour, 13h30

T

Le téléphone sonnait encore, ça n'arrêtait pas.

Hilde, la petite nouvelle, écoutait bien les consignes : elle ne transmettait pas les appels, elle prenait les messages.

Bon, elle commettait quelques erreurs, les noms de famille avaient quelques fautes et parfois il lui fallait faire des recoupements avec les numéros de téléphone pour savoir quel patient avait appelé. Et si c'était un nouveau patient ben... il rappellerait ?

Objectivement rien de méchant pour le moment.

Entre les mises en attentes et autres, le téléphone chantait tout le temps.

Là, sa ligne directe venait de sonner et elle ne décrochait pas.

Hilde avait donc pour mission de reprendre l'appel au standard.

De toute façon au bout de cinq sonneries, si Dorothy ne répondait pas, l'appel basculait directement sur le standard.

Sauf que dès qu'il basculait, le téléphone cessait de sonner.

Pour sonner à nouveau sur sa ligne directe.

Une fois.

Deux fois.

Dix fois.

A la énième sonnerie, Dorothy craqua et au bout du fil l'importun pourrait virtuellement claquer des dents, vu le froid sidéral qui lui tomberait dessus.

T

- Docteur Cataloña.

T

Ou pas.

T

- Dotty? Oh my God she's alive! Aliive! Enfin tu décroches ! Mill fait un meilleur boulot avec les appels quand même. Vous les embauchez comment vos CDD, sérieux ?

T

Par piston.

Dorothy sentit un sourire mâtiné d'exaspération étirer ses lèvres.

Le premier sourire de la journée.

T

- ...

- T'es là ? Mais oui t'es là, je t'entends respirer ! Dotty... *prend un ton de circonstance* je suis ta mère !

- Tu fais un piètre Dark Vador. Mais comme lui tu as un pet au casque. Parole de motarde.

- Tant que je ne fais pas une piètre amie, ça me va trèees bien. Ça va, toi ? Je t'ai loupée à la maternité, ça fait longtemps !

- On s'est vues il y a deux semaines.

- Il peut se passer des trucs en deux semaines, Dotty ! La preuve : je suis rentrée de vacances et je suis tata !

- C'est vrai ça, félicitations. Ça va, toi ?

T

Léna.

Réléna Peacecraft, petite sœur de Rantanplan, belle-sœur de Lucky Luc', Tata Gâteuse de Calamity Jane et Billy The Kid.

Réléna Peacecraft, une beauté blonde aux yeux lagon, au corps de naïade, à la tête bien faite.

Une de ses meilleures amies.

La seule qui l'appelait Dotty sans trembler, appellation qu'elle abhorrait. .

T

- Merci ! Je suis dé-bor-dée. J'ai à peine le temps mais je le prends pour appeler les copines.

T

Réléna parlait beaucoup, énormément.

Mais elle n'appelait jamais vraiment pour appeler.

Jamais.

T

- Moi aussi je suis débordée, ça n'arrête pas de sonner. On s'appelle plus tard.

- Allons, allons, vu que personne ne décroche t'as un peu le temps de bosser ! A moins que t'attendes un appel urgent ?

- ...

- Alors juste le temps de prendre de tes nouvelles, ça te fait une ptite pause aussi, cinq minutes t'en as besoin, ta joie de vivre est communicative là, j'ai envie d'écouter du James Blunt. Alors tu respires la poussière de ton bureau, tu écoutes les oiseaux chanter à travers ta vitre fermée, tu parfais ton bronzage à la lueur des halogènes...

- ...

T

Elle allait avoir besoin d'un café.

Mais... elle n'en avait pas pris de la journée ? Pourtant...

T

- Tu te prends un café, mais oui, celui que tu as laissé au chaud sur son socle et qui explique en partie pourquoi tes factures d'électricité sont astronomiques, tu te prends un bon carré de chocolat qui ne tombera jamais ailleurs que sur tes seins et je te hais, tu abaisses ton fauteuil de cuir en mode semi-allongé. Et là, c'est l'extase.

- ...

T

Et aussi difficile que cela pouvait être à croire...

C'était vrai.

Elle avait besoin de souffler, elle était débordée.

Elle était un rien contrariée.

Elles se connaissaient bien, peut-être trop.

T

- Alors, quoi de neuf ?

T

Elles s'étaient rencontrées au lycée, en Terminale, à la fin de l'été.

Les deux meilleures élèves de la classe.

Les déléguées. Souvenirs d'époque.

Une queue de cheval stricte et une salopette noire sur un top blanc dont la pointe du V indiquait sans la dévoiler, la source de promesses tenues. Des Écrase-Merdes aux pieds.

Des rubans roses dans les cheveux, une veste en jeans sur une robe à bretelles blanche à fleurs roses et des mouchoirs tout aussi roses dans un décolleté en mousse, pour l'autre. Les mêmes Écrase-Merdes.

L'une allait faire médecine, gynécologie obstétrique, l'autre, l'IFSI, puis un Master au titre important, dont la spécialité était « la coordination des parcours complexes de soin ».

Les deux incarnaient l'excellence, le sérieux, le professionnalisme.

Et pourtant...

Réléna n'avait pas un grain, mais carrément toute la plage.

Dorothy sourit même s'il ne lui restait plus de chocolat.

En revanche la première gorgée de café était agréable.

T

- Que du vieux.

- Ah bon ? Sally m'a dit que tu baisais.

T

Dorothy manqua faire une fausse route.

T

- Sally va un peu vite en besogne.

- Elle m'a décrit un mec super beau, avec son casque de moto sous le bras. Un asiatique bien bâti aux yeux et cheveux noirs, profonds. Un peu comme Heero...

T

Réléna Peacecraft.

Coordinatrice, organisatrice, carrée.

Déterminée. Obtenait pratiquement toujours ce qu'elle voulait.

Une main de fer, dans un gant de fer, dans un autre gant de fer, dans un gant de velours.

Un soupir.

T

- Heero est brun aux yeux bleus.

- Si je m'arrête à Asiatique bien bâti, tu vas me contredire aussi grosse maligne ?

- Bon, tu as raison.

- Et donc ? Tu comptais m'en parler quand ?

- Je comptais éventuellement en parler si ça devenait sérieux. Là c'est juste fun.

- Et donc c'est un bon coup ?

- Léna ! Où est ton romantisme ?

T

Léna répondit du tac au tac.

T

- Dans mon c... cœur. Dans mon cœur, oui. Oui j'en ai, je ne suis pas que bassement calculatrice contrairement aux apparences.

- Tu parais innocente, Léna.

- Tant mieux ! Mon cœur est pur ! Je suis sexuellement romantique, OK ? Ça ne m'empêche ni d'être sexuelle, ni d'être romantique. Raconte ! Nourris la romance en moi ! Il embrasse bien ?

- ... Je n'en ai aucune idée. S'il embrasse comme il me regarde alors je vais dire oui.

T

Le ton de Réléna se fit dépité.

T

- ... Alors tu vas surtout arrêter de parler, tu vas tester puis me faire un rapport complet ! J'espère pour toi qu'il avait un herpès la dernière fois, sinon c'est ridicule. Fais-moi vivre par procuration avec un Asiatique canon ! C'est quoi son petit nom, déjà ?

- Je te l'ai pas donné.

- Hm... Sally m'a dit que le mec lui faisait penser à un reporter qui passe dans les émissions politiques sur des chaînes que personne ne regarde. Elle aime bien ce type d'émissions mais moi ça me barbe. Fiu Mei Xiang, un truc comme ça.

- Wu Fei Chang.

T

Piégée.

Réléna soupira doucement.

T

- ... OK. Vu que tu te fous autant que moi des émissions politiques... soit il lui ressemble et il est beau à temporairement oublier ses principes - parce que tu vas oublier tes principes à la con Dorothy.

- Parce que t'as regardé ?

- Évidemment. Soit c'est lui et en plus d'être beau, il serait intelligent et aurait un sens aigu de la justice.

- Ah.

- Et puis sa page Kikipédia a été modifiée il y a moins d'une semaine. Il paraît qu'il est en couple avec un médecin.

- Il a une page Kikipédia ? Tu sais que ça peut dire n'importe quoi, ces trucs.

- Sérieusement, Dorothy. Tu vas me dire que c'est une coïncidence ?

T

Ben non parce que ça passerait pas.

T

- OK. Je ne suis pas au courant pour la page Kiki, mais oui, j'ai bu un verre une fois avec lui. On doit se revoir mais pour le moment, rien de plus.

T

Le soupir de Réléna se fit cette fois rêveur.

T

- Comment tu l'as rencontré ? Je le vois mal venir au cabinet pour un frottis.

T

Dorothy ricana.

Et lança tout doucement l'opération « changement de sujet »

T

- En fait il venait faire décrypter l'ordonnance d'un de ses amis, Heero ayant eu le malheur de ne pas la taper.

T

Réléna soupira, pleine de compassion...

T

- Aïe... mais un jour vous comptez renouveler votre parc informatique ? Ça fait cinq ans que je connais Heero et tout autant de temps qu'il rencontre le même problème.

- ...

T

... ou pas.

Dorothy ne prit pas la peine de rectifier, d'expliquer que l'ordonnance avait été établie à domicile.

D'expliquer que Mill avait une mémoire de poisson rouge pour ce qui était du renouvellement du parc (ou il n'avait simplement pas le temps et donc pour lui, ça ne rentrait pas dans la catégorie des urgences)

Que pour éviter à Heero de perdre définitivement patience avec son frère, qu'il appréciait pourtant, elle avait accéléré la manœuvre.

T

- D'ailleurs parlant de lui, comment il va ? J'essaie désespérément de le joindre et je n'y arrive pas.

T

Opération changement de sujet réussi.

Il suffisait d'introduire une pincée de Heero dans la conversation et magie ! La conversation de départ passait à la trappe !

T

- T'as son planning à l'hôpital, tu sais qu'il est en colloque deux jours.

- Mais même quand je suis son planning, je n'arrive pas à le joindre... à croire qu'il m'évite !

- Tu laisses l'objet de ton appel sur son répondeur ?

- Je préfère que ce soit de vive voix. Si je ne savais pas qu'il avait un emploi du temps de fous, je me dirais qu'il me filtre. Et s'il me filtre autant qu'il me le dise en face !

T

Dorothy haussa un sourcil que Réléna ne pouvait pas voir.

T

- Si je me rappelle bien, à l'un de mes anniv, bourrée, tu lui as roulé une pelleteuse et tu l'as invité à finir chez toi.

- Ah, notre première rencontre... d'ailleurs, tant que je te tiens : je suis désolée d'avoir voulu partir avant la fin de ta fête. Mais il était trop beau, tu comprends ?

T

Dorothy pouffa.

T

- Et quand il t'a repoussé gentiment, tu en as profité pour lui mettre une main au panier magistrale en lui disant qu'il serait le père de tes enfants ? Il t'a répondu que tu étais une vasectomie vivante.

- On est bien d'accord, il ne peut pas me filtrer pour ça. C'est vieux !

- Et la fois où...

- On a travaillé ensemble depuis ! A plusieurs reprises ! Water under the bridge! C'est une question d'emploi du temps et ça devient chiant. Va falloir que je le vois. D'ailleurs faut que je te demande aussi, c'est une question de protocole.

- Réléna... tu devrais vraiment faire de la politique.

- Pourquoi ?

- Tu es effrayante.

- Merci. Ça me touche venant de toi.

T

Réléna Peacecraft, infirmière déjantée à la beauté et l'intelligence incontestables, célibataire, sans enfants, manipulatrice, sadique, adorable... un mélange parfaitement improbable de Gisèle Bündchen et Freddy Krueger.

Amis et ennemis l'appelaient...

Ma Dalton.

Heero lui donnait un autre nom.


Parking de l'immeuble, même jour, 21h30

T

Duo en jeans, Teddy noir ouvert sur un polo bleu, jeans-baskets noirs et sac de sport.

La reprise s'était bien passée, il y avait quelques retards sur certains chantiers.

Rien de neuf sous le soleil mais quand même...

Ses collègues étaient heureux de voir revenir le boss.

Surtout pour dealer avec les clients flippé.

Arrivé devant l'ascenseur, il s'apprêta à sortir la clé qui l'activait du parking quand il entendit :

T

- Et merde.

- Ooohf

T

avant de se faire plaquer contre les parois.

Il éviterait une bosse de justesse (ainsi que l'accident de travail, bordel il avait un peu besoin de ses mains)

T

- Désolé.

T

Le bourrin sentait bon. Et sa voix lui était familière.

Il recula de quelques pas, Duo se retourna.

T

- Hmm... Pas grave.

- Duo ?

T

Non, Han Solo, patate.

Veste fauve ouverte sur une chemise blanche, à peine froissée.

Jeans brut, derbys bordeaux.

Un Trowa n'ayant visiblement pas les yeux en face des trous, lui était rentré dedans.

Façon de parler.

T

- Ben ouais j'habite là ! C'est l'effet Cat, hein ?

T

Trowa hissa difficilement le sourcil droit de 2 millimètres.

T

- J'ai opéré quatre chattes et je me suis tapé leur maîtresse.

- Les veinardes.

T

Le vétérinaire cligna des paupières gonflées.

Des petites rides d'expression donnaient encore plus de charme à son regard vert.

Un début de barbe...

La fatigue pouvait rendre des mecs déjà sexy, aphrodisiaques.

Épuisé et épuisant de sex-appeal.

Mais il ne riait pas, même un peu.

Ne cherchait pas à charmer.

T

- Pas vraiment.

T

C'était la première fois que Duo le voyait un jour « sans ».

A la différence de son coloc, là, l'affreux-disiaque.

Il espérait clairement qu'il ne se transformait pas en Huylk quand il passait des journées de merde.

Un connard ça va, c'est quand ils sont plusieurs que c'est problématique.

Et il espérait ne pas en avoir été un sur le coup, que la journée ait été juste merdique, pas tragique.

T

- Oh.

- Non, t'inquiète, les chattes se remettent doucement. Juste leur maîtresses qui étaient à ça de lâcher des billets dans mon slip pour que je m'occupe exclusivement d'elles.

T

Ah, ouf.

Duo ne résista pas.

T

- C'est sûr, attirer les vieilles chattes ça craint. T'as qu'à être moche, aussi.

T

Admirez l'artiste.

Placer un "tu" de l'amitié qui n'était pas là la dernière fois malgré un petit nom, "Hot Patate".

Ça c'est de la stratégie ! Des fois que l'autre lui aboie dessus, au moins il pourrait se le mettre dans la poche.

Pourvu que Cat' ne le mette pas en kit. Ou inversement. Il serait obligé de tuer un mec bien.

Remarque : s'il faisait du mal à Quatre, ce serait plus un mec bien.

Code d'honneur des potes.

Code d'honneur des potes, code d'honneur des potes...

Code d'honneur des compotes, ouais !

Fallait vraiment être con pour se mêler des affaires de cul d'un coup !

Mais quand le coup était le voisin... y avait de forte chance de l'avoir dans le fondement.

T

- Franchement j'aurais préféré, qu'on me laisse bosser. La journée a été longue.

- T'es Véto, non ?

- Ouais.

- Et t'as pas de droits ?

- ...

- ...

- ...

T

Trowa éclata d'un rire las.

Enfin.

T

- Dehors.

- Je sais ! Faut juste que j'arrive à mon étage, d'abord.

T

Duo eut un sourire engageant, contagieux.

Le vétérinaire étira enfin les lèvres.

T

- Je suis vraiment mort. J'ai mis deux jours à percuter.

- Ben non, le premier truc que t'as fait, c'est me rentrer dedans.

- Hmm... C'est le premier truc agréable que j'ai fait aujourd'hui. Quoique non, c'est pas vrai. J'ai mangé ton gâteau au petit dej.

T

Ah... là il le reconnaissait !

Suffisait d'une bombe pour en désamorcer une autre.

Il suffisait d'une pause Duo pour repartir du bon pied.

Trowa aurait ruminé et Silence serait venu le consoler, Heero étant en déplacement. Il serait de retour le surlendemain.

Quand des pétasses hélas contributrices de son association se croyaient tout permis, avec des journées qui n'en finissaient pas, Trowa avait du mal.

Il devait les ménager autant que possible car ils auraient toujours besoin de donateurs.

Mais pas à n'importe quel prix. Ce genre de truc lui donnait envie de repartir en Afrique plus tôt que prévu.

T

- Ravi que ça t'ai plu.

- Pas qu'à moi. Heero a dévoré. Tu sais il ne mord que sur demande. Et je suis sûr que toi aussi.

- ?

- T'as laissé ton gâteau dans ta boîte et il est venu quand même. Et personne n'est mort.

- Il a l'esprit de contradiction.

- Et toi non ? Le gâteau de l'amitié...

- La Gastro de l'amitié, ouais. Bonne soirée, Hot Patate.

T

Mais Duo souriait.

Il était difficile de s'accrocher à une animosité de moins en moins présente.

Comme un rêve qui s'échappait au lever du jour.

Trowa s'effaça pour laisser Duo sortir... ou pas. Il retint la porte de l'ascenseur, pour ne pas le laisser filer.

T

- Au fait ?

- Yep ?

- Des nouvelles de Quatre ?

T

Duo plongea son regard indigo dans celui du Vétérinaire.

Insondable.

Le regard bleu-violet était si intense que Trowa en lâcha la porte.

Duo appuya sur le bouton pour maintenir les 2 pans ouverts.

T

- Vite fait, il bosse à mort. Il est en mode low pro. La négo est serrée.

- Low Pro?

- Low Profile, appels presque inexistants. Concentré. En mode boss, quoi. T'étonnes pas s'il t'appelle pas.

- Je m'étonne pas. Je demande.

- T'as son phone. Demande-lui.

- Il a mon phone.

- OK. S'il m'appelle, je lui rappelle... qu'il a ton tel. *clin d'œil* See ya.

- Je...

T

Mais Duo était déjà parti.

L'Ascenseur se ferma sur un Trowa aux paupières clignotant façon warning.


Au même moment, Bureau de Dorothy Cataloña.

T

Dorothy était épuisée.

La journée était interminable.

Le téléphone sonna.

Cette fois c'était son portable.

De guerre lasse, elle installa son oreillette bluetooth et décrocha, ôtant les épingles de son chignon.

Les démêlant de ses doigts pour se détendre.

Elle fit glisser ses cheveux sur une épaule et s'appuya de nouveau contre le dossier de son fauteuil de cuir.

Elle ferma les yeux.

T

- Docteur Cataloña.

- Hello Jolly Docteur.

T

Ça faisait quelques jours qu'ils ne s'étaient pas parlé.

Wu Fei n'avait pas envoyé de sms depuis le "on va se revoir" et elle non plus.

Le travail, le temps. La bêtise ?

T

- Wu Fei. Que me vaut l'honneur ?

- Une invitation à dîner.

T

Ils ne se devaient rien, après tout.

Et Dorothy de découvrir...

T

- Quand ?

- Ce soir.

T

Que ne rien se devoir n'empêchait rien.

Encore moins l'envie.

Ça avait même tendance à l'attiser.

Elle se redressa, posa la main sur son épaule et entrepris de s'étirer la nuque.

T

- Épuisée. Une autre fois, peut-être ? Pas de bonne compagnie, là, je vais aller me coucher.

- Raconte.

T

Le tutoiement sans cérémonie.

Là, maintenant. Tout de suite.

T

- Oh. Pas grand-chose. Des conneries.

- Raconte.

T

La voix est mâle et douce, forte, rassurante.

Sexy.

Sa main quitte sa nuque, elle se recale contre son siège.

S'installe plus confortablement.

Ferme les yeux un peu plus fort.

T

- Beaucoup de travail c'est tout.

T

Deux mains sur ses épaules, apaisantes.

Une oreillette à son oreille.

Un souffle à l'autre.

T

- Raconte.

T

Des lèvres sur le cou.

Elle sursaute, il raccroche.

T

- Wu Fei...

- Hmm ?

- Tu sens le poulet ?

T

Les lèvres sur la jugulaire.

T

- Le poulet boucané, s'il te plaît.

-?

- Tu m'as dit que tu adorais ça quand on a été boire un verre. Tu as aussi dit qu'on ne se connaissait pas suffisamment pour dîner ensemble dans un lieu inconnu.

- Tu te rappelles de ça ?

T

Dorothy secoua la tête.

T

- C'était il y a quelques jours à peine. Tu m'insultes femme.

- Non, je m'informe.

- Et moi je t'informe, puisque c'est mon métier, Jolly Docteur, que...

- Que ?

T

Des lèvres qui remontent jusqu'au lobe d'une oreille pour la mordiller doucement.

T

- ... si tu n'as rien de prévu là, maintenant, tout de suite, je te propose de faire connaissance... et dîner dans un lieu que tu connais par cœur.

- Tu triches...

- Non, je t'écoute. Et je m'adapte. Tu peux dire non, tu sais.

T

Si la montagne ne venait pas à Mahomet...

T

- Ah... tu fais les choses comme ça, toi ?

- Je suis spontané et sans artifice.

- Et tu es vraiment célibataire ?

T

Wu Fei tourna le siège vers lui puis posa les mains de chaque côté du visage de Dorothy.

Et il plonge son regard d'obsidienne sur elle.

Plongea, plongea encore.

Il pencha la tête légèrement sur le côté sans la quitter des yeux.

Elle haussa un sourcil

Il sourit. De ce petit sourire franc, sensuel, en coin, là.

Elle était perdue.

Elle était perdue à « Connard Chang » de toute façon.

T

- Non.

T

Et il attrapa sa lèvre inférieure.

T

- Et toi ?

- Hmmoi ?

- Tu l'es ?

T

Dorothy éclata de rire contre sa bouche.

Elle noua les bras autour de son cou et se colla à lui pour mieux le dévorer.

Pour le rendre fou.

Les mains du reporter se faufilèrent dans la blouse, glissèrent sur ses hanches.

Le poulet, sécurisé dans son sachet isotherme, reposait sur une console, prêt à être déguster.

Plus tard.

T

T

Tzusuku OS XIII

Radis 4 OS XIV ?


Prochain OS : ? Euh... Aucun pronostic, comme ça, toute surprise est une bonne ! J'espère plus tôt qu'un an en tous cas, sûrement, puisque je dois ralentir le rythme, j'aurais forcément un peu plus de temps pour effectuer les corrections.

Je me marre bien avec cette fic, j'espère que vous aussi ! Et musclez un peu plus vos doigts pour les croiser parce que là ça fait à peine plus d'un an :D

Keep the faith !

B peluch' et merci !

Petite Mithy *Nawakiste Crutch Walker*