Disclaimers : Shin Kidousenki Gundam Wing, personnages et produits dérivés appartiennent à Sunrise, Bandai, Setsu Agency et aux parties associées.

Genre : UA, OS(s) courts plus ou moins de Saint-Valentin (mahaha ! qui m'est tombé dessus pendant que je regardais un type qui chantait atrocement mal dans The Voice... (quoi y a eu 2 The Voice ? :D)

Rating : T

Résumé ? Perturbation de train-train quotidien, étoile filante dans un ciel d'encre... XD

Micis ! A toutes les personnes qui ont posté un petit mot. Je vous ai déjà répondu, ça fait si longtemps, sauf si vous ne mettez pas vos emails de contact, auquel cas je vous remercie chaleureusement ici !

Suite d'OS pour qui ? : Pour mon petit Hamster Américain que j'aime ! *vivement bientôt* et pour vous ! Pour vous souhaiter avec un poil d'avance, une super année 2016 et pour la commencer avec des sourires;

Énormes dédicaces et bisous pour cet OS à : Naughty Luce *Moins d'un an !*, à Petite NausS (oui, MA Petite NausS :p) à Antocyane (reviens !) Et toujours à Ayanena, oui, pour ses reviews qui donnent une pèche folle et qui motivent, même quand le temps se fait peau de vache, peau de chagrin :D

Câlin Spécial : toujours aux Dame Lysa, oui je cours (tant mieux, avec mon entorse grave, je claudiquais :p) après le temps. Mais le message de mon post précédent reste vrai : je pense bien fort à toi, ainsi qu'à ma petite ensorceleuse !

Énormes câlins bis repetitas : à ma Lunanamoi, Fredka (reviens !) Lady Psy (Clto :D, reviens bis, ter :D)


Naughty Neighbour

T

Samson & Attila

Dubaï, Hotel Al Toubab, 2 heures du matin

T

Raberba Winner travaillait d'arrache-pied dans le salon ultra chic d'un hôtel 5 étoiles.

L'Hôtel Al Toubab alliait avant-gardisme à tradition.

Si la forme et la décoration résolument design argent, bleu, noir, crème rappelaient un vaisseau spatial...

T

- Bonsoir, maître.

- Bonsoir.

T

... le service était effectué à la perfection par des sosies d'Alfred Pennyworth qui n'avaient hélas pas la moitié de son charisme.

Date de péremption largement dépassée. Rien à grignoter.

Il avait besoin de toute sa concentration pour travailler.

Mais s'il faisait potiche, il pensait à ses envies.

T

- Excellent, ce champagne.

- ... N'est-ce pas ?

T

De la pisse de rat.

Mais qu'est-ce qu'il faisait là...

Quelques jours plus tôt, à la même heure, il était dans de beaux draps.

Dans de bons draps.

T

Vêtu d'un élégant costume croisé beige assorti aux chaussettes, d'une chemise pourpre qui flattait sa peau au hâle entretenu par ses nombreux déplacements et de derbies JM Easton camel, Raberba subissait depuis quelques jours le non-sens permanent :

- porter des chaussettes par 40 degrés à l'ombre avec une clim' chaude

- s'empêcher de transpirer en grande partie parce que cela donnait une mauvaise impression

- parler fusion-acquisition à quelqu'un qui semblait ne vouloir fusionner qu'avec sa personne. Ce n'était même pas flatteur, c'était insultant. Être payé à ne rien foutre pouvait être amusant si et seulement si ça ne lui faisait pas perdre de temps.

T

- Santé.

- Santé.

T

Ils trinquèrent.

Le temps, c'était de l'argent, en l'occurrence là, de l'argent en moins.

Il soupçonnait Iria d'avoir voulu se débarrasser de ce soi-disant contrat en or qu'elle devait « intégralement superviser ».

Elle reconnaissait « tout simplement que sa connaissance du marché était supérieure et qu'au vu des nouveaux contrats apportés par son seul talent, il était tout simplement impensaaaaaable qu'il ne prenne pas toute sa place dans cette nouvelle négociation. Il serait plus à même de rassurer le client sur les procédures et donc lever les freins »

Elle l'avait eu tout simplement avec des flatteries à deux balles et une invitation dans son resto bio chic préféré avec du champagne millésimé.

Depuis qu'il était arrivé, il n'avait pu la joindre que par mail, curieusement.

À ses « tu t'es foutue de ma gueule ? C'est pas un client, c'est un prospect » elle répondait un laconique : « alors, ça avance ? »

..

Le steward black et taillé juste ce qu'il fallait, rencontré lors de leur voyage à Aspen, avait précisé qu'il serait à Hawaï « d'ici peu »

La localisation Bouille Book d'Iria indiquait Honolulu.

Garce. Il se vengerait.

Mais pour l'instant...

T

- Il est issu du domaine de mon futur partenaire, T. R. Champagne.

T

De la pisse de rat avec des bulles.

T

- Il a du caractère.

- Il est absolument dégueulasse, maître.

T

Raberba faillit recracher, mais il était bien trop rodé pour pouvoir le faire.

Les yeux perçant l'observaient, impassibles.

T

- Nombreux clients vous désavouent, dans ce cas.

- On sait comment ça se passe. On investit en com. On prend une star pour dire que c'est bon et tout le monde l'achète. Mais vous... amateur de grands crus... l'achèteriez-vous ?

T

Et dire qu'il aurait pu prendre du bon temps avec ses amis, il ne les voyait pas assez souvent pour avoir le temps de se faire chier.

Quatre fit mine de savourer.

Ferma les yeux.

Botta en touche.

T

- Non parce qu'il n'est pas à vendre. Il est à partager. Il est à « échange de bons procédés », selon le mode de transaction choisi.

- Si...

T

Et de poursuivre, sans attendre.

T

- Si je ne m'abuse, vous n'êtes pas en phase d'action mais de réflexion, vous avez étudié des propositions qui vous semblent inadaptées et vous peinez à voir ce que vous gagnerez dans ces négociations. Votre compagnie est saine, vous n'avez pas besoin de cette transaction pour vendre. En revanche pour un meilleur rayonnement à l'international...

- ...

T

Son interlocuteur lissa les plis imaginaires de sa blouse fluide ivoire et de son pantalon de smoking noir, tout ouïe.

T

- Si vous avez la moindre ambition, vous devez l'envisager.

- Je dois envisager d'associer mon nom à une merde pour gagner plus d'argent ?

T

Ah, dit comme ça...

Mais pour avoir goûté le liquide vaisselle gazeux du groupe Unique Champ'...

Les deux trucs donnaient une haleine à décoller le papier-peint.

Même combat.

T

- Vous devez associer vos fonds. Vos forces. Et réduire vos faiblesses par la même occasion. Votre nom sera associé à une grande maison.

- ...

- Une marque prestigieuse rejoint une grande enseigne. La presse ne regardera pas au détail. Vous ferez partie de la même maison, chacun dans son appartement. Autonome et puissant.

- C'est possible ?

T

Un air sceptique derrière des lunettes sévères.

Un regard turquoise pénétrant.

T

- Bien sûr. Enfin, c'est ainsi que je ferais. Dans l'intérêt de mon client.

- Les cabinets jusqu'alors consultés ne cessent de me parler des avantages pour moi, comme si l'autre me faisait l'aumône.

T

Time for the kill, comme dirait Duo.

Est-ce que ça avançait avec le bon docteur ?

S'étaient-ils entretués ?

T

- Hmm. Dans ce cas laissez Winner, Winner & Raberba Winner représenter vos intérêts. Nos honoraires sont exorbitants. Soyez assuré qu'en nous engageant, personne ne croira à une quelconque charité de notre part.

T

Rire surpris.

T

- ... Je vais y réfléchir.

- Je vous laisse ma carte. Vous permettez ?

T

Quatre tendit sa coupe à sa proie, prit son portefeuille et en sortit 2 cartes par inadvertance.

T

- Tenez.

- Mer...

T

Pour la première fois son interlocuteur sortit de son laconisme permanent.

T

- Vous connaissez Chang Wu Fei ?

T

D'accord, il avait vu les stylettos noirs vertigineux, d'accord, il avait vu les boobs.

Mais pour la première fois dans la voix de son interlocuteur, il vit...

une interlocutrice.

T

Quatre fronça les sourcils.

Il allait avoir besoin de boire.

Et tant pis pour l'haleine. Ce n'était pas comme s'il allait embrasser...


Paris, appartement de Trowa et Heero

Le lendemain, 12h40.

T

Heero rentra de voyage à pas d'heure et s'était réveillé bien trop tôt.

Son corps ne connaissait hélas pas la grasse matinée.

T

- Wouaf !

- Hn. Trowa va te sortir.

T

Le colloque était assez intéressant. Les nouvelles vertus de l'endoscopie » c'était l'équivalent de l'IPoire 6, pour les IPoires, enfin, euh, les fans d' IPoire. Pour les non initiés c'était « et moi je collectionne les mines de critérium 0.25 de 5,5 cm à pointe biseautée ». Vous sentez le « rien à foutre, c'est quoi ce truc de psychopathe » ? Bienvenue dans la vie du Dr Yuy.

Sauf que le dit docteur plaisait et donc, l'ennui et l'incompréhension se disputaient au bovin dans le regard de profanes qui le prenaient pour un mannequin du salon de l'auto perdu dans un colloque de chirurgie.

T

Alors ce matin quand Zombie Trowa, nu (aaaaah), ah non, chaussettes de tennis (oooooh), mèche en berne, yeux collés par deux permanences d'affilée, lui avait demandé :

T

- 'kaeri 'shi mour. C'ment c'tait ?

T

Il avait répondu.

T

- Comme une coloscopie.

- 'Kay. C'fé ?

- Café.

- Wouaf !

- 'Ro va te sortir.

T

Quand on venait assister à un congrès à Nice, c'était 2 jours au soleil pour certains. Pour Heero c'était bêtement pour apprendre de nouvelles techniques.

Quand on se retrouvait à donner un loooong complément d'information lors de plusieurs sessions sous les regards haineux & admiratifs des organisateurs...

Quand on se retrouvait à être un peu trop sollicité sans rémunération aucune...

Quand on n'avait au final pratiquement rien appris...

oui oui c'était bien ça : il s'était fait mettre.

Il était donc revenu sur les rotules avec une patience infinitésimale.

Il avait besoin d'une bonne douche et d'un bon café pour le réveiller, pas envie de manger, juste d'émerger.

T

- C'fé.

- ... k'so

T

Il était donc parti prendre sa douche... et s'y était endormi. Il avait fermé les robinets et collé son front contre le mur carrelé. Y était resté ventousé... Avant de glisser lamentablement.

Le fantasme de la savonnette et du gel douche venait de mourir en même temps que son coccyx.

T

Il était sorti courbatu avec un slip du dimanche - comprendre, le parfois tristement célèbre « c'est celui qui était dans la salle de bain, j'ai la flemme d'aller dans ma chambre et hey au moins il est propre ! »

Mais bon, celui-ci tenait plus du boxer échancré, noir sur la partie gauche, fesse incluse, piqué de fleurs de cerisier stylisé sur toute la partie droite... fesse incluse, en un sexy « vous êtes ici ». Sortie de bain assortie.

T

Heero soupçonnait fortement Trowa qui niait tout en bloc : chaque fois qu'il revenait de voyage, chaque fois qu'il était en mode slip du dimanche, c'était systématiquement le même « slip du dimanche » qui était disponible.

Trowa était du genre à aimer que l'on porte ses cadeaux.

Le métis ne supportait pas d'être au ralenti et cette impression de n'avoir aucune maîtrise.

A chaque fois qu'il clignait des yeux, 30 minutes à 2 heures s'écoulaient.

La faim le fit émerger d'une énième faille temporelle à 12h45. Il était dans le salon.

Et c'est plein d'espoir qu'il se dirigea à nouveau vers la cuisine, Pumba - qui sera nettement mieux réveillé n'est-ce pas - ayant promis de cuisiner l'un de ses plats préférés.

Enfin plein d'espoir...

T

- ...

T

Il secoua la tête désabusé, retourna à la salle de bains avant de se rendre à nouveau en cuisine, les mains chargées.

T

- Hn.

- Oooof. 'Ci. P'koi ? 'Chaud!

- Tu peux pas cuisiner à poil, Trowa. A moins que t'ai prévu un sauté de saucisse.

- 'Ci. Pas oublié m'promesse, t'sais ?

T

Et à le regarder là avec son sourire en coin, dans le peignoir vert qu'il avait plus ou moins emprunté à un hôtel sénégalais et en chaussettes pourries, préparant la popote.. le métis avait toutes les raisons d'y croire.

Sauf que là Trowa avait les yeux plus bridés que les siens.

Le vétérinaire n'avait même pas remarqué son slip du dimanche.

Heero renifla : il avait le radar à journée de merde en mode sirène.

Il lui apporta un grand verre d'eau fraîche, bu cul-sec.

T

- Un coup de...

- Non, file. C'est bon, Sushi, chuis réveillé.

T

Heero passa derrière lui pour resserrer la ceinture de son peignoir.

Il colla brièvement ses lèvres sur un coin de barbe de quatre jours.

T

- Hmm merci...

- Hn. Tu piques.

- Trop aimable.

T

Au fur et à mesure que le temps passait...

T

- T'es sûr que...

- Ro', t'es toujours comme ça quand je cuisine. Un vrai gamin. Va te poser un peu, laisse faire le boss...

T

... le médecin se décomposait.

T

- Non, mais...

- Oh, tu me saoules ! *riant* Mets le couvert, Heero, c'est bientôt prêt.

T

Le docteur posait la dernière assiette sur la table quand le téléphone sonna.

T

- Je suis occupé. Tu peux y aller ?

- Ok.

T

Heero n'avait pas vraiment menti. Il était occupé à essayer de retourner dans la cuisine sans trop éveiller les soupçons.

Il profita donc de la distraction pour filer au pays des casseroles.

T

- Allo ?

- Allo Trowa ? C'est Léna, ça va ? Vous avez une petite voix, peut-être que vous couvez quelque chose ? Il fait chaud en ce moment, mais le matin est plutôt frais, des fois qu'on soit découvert, qu'on transpire, et que la fenêtre est ouverte, on n'est pas à l'abri d'un petit coup de froid !

- ...

- Mais bon, suis-je bête, réflexe d'infirmière, vous avez un médecin à la maison, il saura s'occuper de vous... d'ailleurs il est là ? C'est pour mes neveux.

- Un instant, je vais voir s'il est là.

T

Trowa coupa le micro, regarda à gauche et à droite et s'approcha d'un Heero... dépité qui essayait désespérément de redonner vie à des pâtes fades et trop cuites.

T

- Allo ? Allo ? J'entends rien ? Allo ? J'entends rien !

T

Ah ça, le Pumba il avait tenu sa promesse...

Double peine, Double-Penne. Trowa en avait fait deux fois plus parce qu'il les adorait. Le métis adorait les penne pimentées. Et là, panne de penne all'arabiata.

Sel, poivre, herbes de Provence... rien n'y fit. Le goût revenait mais la consistance rendait le tout immangeable.

Heure du décès : 13h07.

Même Silence, reniflant ce qui aurait dû être un bon repas, avait couiné en s'éloignant de la cuisine, comme une âme en peine.

Il avait préféré ses croquettes, c'était dire le traumatisme.

Le métis prit un air ennuyé quand il vit le téléphone arriver, mettant au défi Trowa de faire le moindre commentaire sur sa présence.

Il mima.

T

- C'est qui ?

T

Trowa chuchota.

T

- C'est...

- Allo ? Trowa, vous êtes là ? Roh, faut vraiment que je change d'opérateur. Allo ?

T

Le regard de Sushi d'Amour, de déçu pour les pâtes, passa à meurtrier.

Au point que Silence pleure doucement, ressentant les ondes négatives.

Venant lécher ses maîtres successivement.

Ou peut-être avait-il envie de sortir ?

Trowa écarquilla imperceptiblement les yeux avant de secouer la tête.

Heero se détourna sans un mot, accordant des funérailles expéditives à ses pâtes molles.

Trowa rouvrit un micro... qu'il n'avait pas coupé.

T

- Je pensais l'avoir entendu mais c'est le chien. Je lui dirais vous de rappeler.

- Mais il n'aime pas le téléphone, il ne me rappelle jamais !

- Il vous enverra un mail, alors.

- Ça prendra trop de temps.

- Ou laissez-moi directement le message sauf si c'est d'ordre médical ?

- Ce n'est pas médical... et comme il n'aime pas le téléphone... bref, je le croiserai à l'hôpital. Merci pour votre aide, Trowa ! À bientôt !

T

Heero essaya de ne pas s'énerver.

Il essaya, vraiment.

T

- ...

- ...

-...

- Omae o korosu.

T

Et Trowa, pâlit.

Du japonais...

Heero avait dû le menacer de mort deux fois.

La première fois c'était quand il l'avait malencontreusement saoulé en cinquième année de médecine.

Il était en plein examens et n'avait jusqu'ici pas compris comment il avait réussi.

Avec une écumoire ça restait impressionnant, même si c'était mignon.

T

- ...

- Il t'a toujours pas appelé ?

- J'ai pas appelé non plus.

- Se retenir c'est stupide. T'es ailleurs. T'as raté tes pennes et tu ne rates jamais tes pennes.

- Ah les péné je...

- Urusei.

T

Un couinement d'un bac à croquettes.

T

- Pas toi ! *à Trowa* Tu m'as mis une dosette de déca. T'as failli me passer Réléna.

- ...

- T'as failli me passer Réléna. Tu. As. Failli. Me. Passer. Réléna. J'ai réussi à oublier qu'on exerçait dans le même hôpital... j'ai même réussi à ne pas la voir à la fête de J. C'est mon Voldemort à moi, je n'en parle jamais... et toi tu me la passes ?

T

Heero et son écumoire se rendirent à l'évier : objectif vaisselle.

Passoire, ustensiles et casserole allaient souffrir.

Trowa lu lança un regard qui signifiait : « on a un lave-vaisselle »

Le regard de Heero lui répondit : « on va pas l'utiliser pour 3 conneries » et « j'ai besoin d'avoir un truc dans les mains, aux temps que ce ne soit pas ta tronche »

T

- Elle a dit que ça concernait ses neveux... au début.

- On s'en fout, je suis pas pédiatre ? C'est une énième excuse pour me parler de notre amour impossible.

- ...

- Ce n'est pas comme si elle n'était pas infirmière. Elle aurait eu besoin d'un truc, elle aurait demandé à un doc sur place, elle est sympa quand elle ne drague pas. Mais là non, c'est pas possible, quoi. Alors le Winner tu vas le voir, j'en ai rien à foutre.

- Et tu ne te dis pas que le boulot...

T

Le Docteur Yuy était entré en mode « mission »

Mission humanitaire.

Un soldat qui usait frénétiquement de la brosse à vaisselle.

C'était plus dangereux qu'une écumoire.

T

- Là tu vois « je me dis que le boulot » mais quand je te revois regarder ton portable... « je me dis que Winner », ok ? Le boulot tu ne peux rien y faire si ce n'est pas y aller. Double winner. Pragmat-yuysme.

- Mais...

- Tu connais l'hôtel ?

- Euh... Non.

T

Heero rinça sans excès et posa le tout dans le vaisselier avec une exaspération à peine contenue.

T

- Vu que le Pumba il a les corones dans les penne, il n'appellera pas directement le concerné.

- Mais...

- Je m'en fous. Demande au taré, il doit savoir.

- Attends, t'as l'air de dire que je vais claquer du fric pour aller à Dubaï quand le seul week-end complet que j'ai c'est là, avec toi et que je le lâcherai pas ?

- A quoi tu me sers si tu ne sais même plus préparer mes pâtes et que tu ne remarques même pas mon slip du dimanche ?

T

Le vétérinaire écarquilla les yeux.

Il était passé à côté de ça ?

Heero fit volte face, la brosse à vaisselle à la main, menaçant.

Ou pas.

Profiter d'un Pumba qui a l'estomac vide.

T

- ...

- Je te dis pas de partir maintenant, ma sympathie a ses limites. Je dis que t'as des Miles à écouler et que vu tous les déplacements que tu fais, ton voyage sera gratuit. Je dis que puisque tu bosses comme un forcené et que les extras sont sur tes propres deniers, ton prochain week-end, tu le prends, tout court.

- Mais t'es pas sérieux...

T

Le regard se fit meurtrier.

Et le rire sadique.

T

- T'as essayé de m'empoisonner parce que tu penses avec ton pénis et je ne suis pas sérieux ? Tu veux que j'appelle Winner, là, pour voir si je suis sérieux ?

- ...

- Vis ton truc à fond, rapporte-moi un souvenir, reviens en forme pour me faire des vraies pâtes. Mais Réléna, RELENA ? C'est le coup de grâce. Tu ne t'approches plus de la cuisine avant d'avoir recouvré tes esprits. Tu t'approches plus de moi avant d'avoir vidé ton sac, couilles comprises.

T

...

Heero rangea brosse, éponge et liquide vaisselle dans les bacs prévus à cet effet.

Puis il s'essuya les mains et prit le téléphone de celles de son colocataire.0

T

- Qu'est-ce que tu fais ?

T

Heero leva les yeux au ciel.

T

- Je commande une pizza.


Banlieue parisienne

Même jour, 17h00

T

*Nuiiits d'Arabiiiiiiie mille et unes foliiiiiiiiies*

T

Deux corps sur leur flanc droit, l'un derrière l'autre.

L'un nu, l'autre en long t-shirt, un drap blanc recouvrant leurs reins.

Un portable sonne.

Longtemps.

Jusqu'à la messagerie.

T

- Hmm... ?

- ...

T

Mais pas de message.

Un ronflement.

Deux.

Dix.

Puis.

T

*Nuiiits d'Arabiiiiiiie mille et unes foliiiiiiiiies*

T

Les oreilles anesthésiées se dressent comme elles peuvent.

La diction se cherche et les doigts tâtonnent.

Les doigts sont arrêtés par une main douce.

Deux mains gauches entrelacées.

T

- 'Phone.

- M'fous. D'rpos. Toi au'si.

T

Et la sonnerie s'arrête.

Quelques secondes de répit.

Puis.

T

*Nuiiits d'Arabiiiiiiie mille et unes foliiiiiiiiies*

T

La diction se trouve en même temps que la conscience.

T

- Décroche.

- C'est pas le boulot.

- Éteins alors.

- Non. Peux avoir une urgence boulot.

- Tu m'emmerdes.

- T'as éteint ton portable, toi ?

T

*Nuiiits d'Arabiiiiiiie mille et unes foliiiiiiiiies*

T

- ... Tu m'emmerdes.

- Oui *sourire* Dors.

T

Un baiser sur un manteau de cheveux.

Mais quand on n'avait plus sommeil...

T

*Nuiiits d'Arabiiiiiiie mille et unes foliiiiiiiiies*

T

- Oh c'est bon. Qui que ce soit est mort.

T

Un bip de réception d'appel.

T

- A...

- Ah ! Enfin tu décroches ! Quand tu mets aussi longtemps soit t'es en « reportage fin de mois, sujet bidon », soit tu triques. Ou ton smartphone a fait le grand plongeon dans la cuvette. Ouf.

- ...

- Alors c'est tout ce que tu racontes ?

- ...

T

Wu Fei posa les lèvres sur la tempe du docteur, murmurant à son oreille le prénom de l'importun.

Apparemment il avait murmuré un peu fort.

T

- Ouais c'est Cat' ! Wu Fei, mon ami, mon frère, mon étoile du berger, mon sauveur. C'est complètement surréaliste mais à l'autre bout de la Terre, je trouve quelqu'un qui est super fan de toi, enfin, de tes reportages.

- ...

- Ma future cliente rêve de te rencontrer. Elle m'a saoulée toute la nuit avec toi. Cet entretien vous permettrait d'échanger, tu lui apporterais un director's cut aux reportages engagés que tu as effectué et pendant qu'elle boira tes paroles, je viderai son carnet d'adresse et son compte en banque...

- ...

T

Le déclic pour essayer de reprendre le téléphone.

Mais sa compagne ne l'entendait pas de cette oreille.

Ça devenait intéressant.

T

- Je sais que tu es un gentleman mais bon elle est mignonne... elle a les macarons et le corps de princesse Léia et la personnalité de Dark Vador. Je t'encourage pas mais à mon avis vu la groupie que c'est, si tu disais oui, elle ne dirait clairement pas non.

- ...

- Donc voilà, t'es célibataire, fais péter le millefeuille, elle se détendra et tout le monde est gagnant ! Wouhou !

- ...

T

Wu Fei s'agita frénétiquement pour récupérer le téléphone.

La paume d'une main coquine sur son entrejambe l'en dissuada.

Fallait le prendre avant

Le reporter fut pris d'une quinte de toux sonore.

T

- Allez, Fei pas ta fiotte. Me semble que t'avais aucun déplacement de prévu là. Je vais t'envoyer un aller-retour aux petits oignons en business class pour venir me rejoindre : on entrera en phase finale de ce contrat de merde et on boira des coups entre hommes, Une Nichols a une sacrée descente ! Et euh prière de momentanément oublier tes enquêtes sur les émirats s'il te plaît, le temps que je fasse affaires. Tu sais que je t'aime, hein ?

- Hmm...

T

La main sur l'entrejambe se fit sadique.

Les dents de Wu Fei se fichèrent sur une épaule nue et aspirèrent doucement.

Il y aurait un suçon, là.

T

- Grogne pas, c'est temporaire. J'aurais bien invité Duo mais Gastro, Gastro maaaaan bosse. Oh, le vol est après-demain matin à 10h30. Dans l'idéal, hein, mais si tu ne peux pas, tu peux repousser jusqu'à une semaine, après elle s'en va, c'est mort. Elle est pas belle, la vie ?

- Quand on est mourant, la vie on la trouve encore plus belle, c'est sûr.

- ... Oh.

T

L'homme au bout du fil eut le souffle coupé, légèrement.

Wu Fei avait changé de voix, elle était féminine même si elle restait grave.

Et le téléphone était à présent sur haut-parleur.

T

- Parce que vous êtes mourant, maître Winner. Voyez-vous le pronostic vital du millefeuille est loin d'être engagé. Celui de vos dents, en revanche, est on ne peut plus critique.

T

Wu Fei eut un fou rire silencieux qu'il cacha tant bien que mal dans le cou du Jolly Docteur.

Mais Quatre ne sembla pas désarçonné. Bien au contraire.

T

- ... Alors ça y est ? Wu Fei est enfin pris ? Avec ses goûts de luxe, vous devez être parfaite.

- Vous avez peur ? Vous avez raison.

T

La voix de Quatre se fit suave.

T

- Je suis avocat, très chère.

- Je suis docteur, très cher.

- Je peux facilement vous faire incarcérer.

- Il faut des éléments pour pouvoir le faire. Je vous aurais tué de mort naturelle avant que nous les trouviez. Bonne chance.

T

L'avocat éclata d'un rire joyeux.

T

- Wu Fei ! Je l'aime, celle-ci ! Duo a raison !

T

L'asiatique souffla.

T

- Duo ?

- Oui il t'a dénoncé. Quand j'ai demandé de tes nouvelles, il m'a dit qu'il avait à peine de tes news, que t'avais sûrement été kidnappé par, je le cite, un alien à boobs avec des sourcils détecteurs de métaux, que si je le croyais pas, d'aller voir ta fiche kikipedia ! Une nouvelle comme ça et tu me le dis même pas ? Traître !

T

Dorothy raccrocha le téléphone, hilare et coupa le son du portable de la « discorde ».

Puis d'un ample mouvement elle renversa le reporter sur le dos et vint s'installer à califourchon sur le pauvre homme, coinçant son corps entre ses cuisses.

Son immense chevelure blonde tombant sur une épaule nue... comme le reste de son corps.

Les stores étaient ouverts, le soleil se couchait.

Le regard de Wu Fei était brûlant.

T

- Je n'y suis pour rien.

- Je sais.

T

La voix était rauque.

Il posa les mains sur les hanches nues.

Elle les plaqua au matelas, le long du corps.

T

- Je n'ai rien demandé.

- Je sais.

T

Wu Fei essaya d'onduler sous elle.

Elle sera plus fort.

Des années d'équitation donnaient une force incroyable dans les cuisses.

Il se mordit la lèvre.

T

- Mes potes sont barrés.

- Je sais.

T

Il réussit à dégager ses mains.

Et à glisser les doigts sous le t-shirt, pour effleurer ses seins.

Elle les attrapa, impitoyable, pour les plaquer cette fois au-dessus de la tête du jeune homme.

Ployant son propre corps dans la manœuvre.

T

- Je vais pas à Dubaï ?

- Tu en doutais ?

T

Wu Fei haussa un sourcil. Il pouvait aussi bien y aller sans séduire, Raberba ne plaisantait jamais avec le travail.

Elle frotta doucement son corps, tout doucement.

Il y réfléchirait.

Sa bouche glissa contre une oreille rougie.

Réfléchir à quoi ?

T

- ...

- Je suis pas jalouse. Du tout. Mais je partage pas... Du. Tout.

- Je vois.

T

T

Et il inversa leurs position, dévora sa bouche, son corps.

C'était dingue ce qui leur arrivait. Dingue. Mais c'était réel.

La vague était là, aux temps surfer.

Le smartphone de Wu Fei affichait silencieusement un message.

Il venait de recevoir un e-ticket pour les émirats arabes unis.

T

Mes potes t'aiment déjà.


Une heure plus tard, chez Duo Maxwell

T

Duo rentra du travail absolument fourbu. Les absents avaient toujours tort et il avait beaucoup de chose à rattraper, mais tant mieux, mieux valait ça que ne pas avoir de job.

Version officielle.

Version officieuse il en avait maaaaaarre, il voulait des vacances. Mais pour avoir des vacances il fallait travailler et quand on était son propre patron, dans les premiers temps ben... on ne pouvait qu'en avoir marre.

Après une bonne douche il avait enfilé un pantalon de pyjama à rayures, tongs noires aux pieds et une serviette nouée sur ses cheveux mouillés, le tout assorti, merci Quatre.

Carpe diem sur le cœur.

Ding dong !

T

On ne pouvait pas le laisser finir son jambon-beurre ?

T

Ding dong pam pam pam !

T

On sonnait et frappait énergiquement à sa porte?

A cette heure ? Ok il était 18 heures, mais quand on rattrapait son retard, ça devenait compliqué d'être en forme après euh midi.

Vis ma vie de vieux.

Il regarda à travers le judas.

Chignon bas, cape de cachemire rose poudré, minaudière vermeille, jeans brut et bottes à talon aiguille taupe ?

A cette heure-ci c'est une voisine, une pétition ou une secte.

Cette voisine-là il ne l'avait jamais vu sinon il s'en serait rappelé.

Elle était magnifique pour un témoin de Jéhovah.

Il ouvrit la porte, des fois qu'elle ait des travaux à faire.

En plus elle sentait bon.

T

- Bonjour, vous êtes trop beau ! Ça fait si longtemps que je voulais vous rencontrer !

- Je...

T

Elle avait une mitraillette dans la bouche.

Il ne pouvait que mordre son sandwich.

Elle le dévorait du regard.

Il finit son sandwich en 5 secondes.

Elle lui tendit la main pour qu'il la serre.

Il s'exécuta. Ses doigts sentiraient le jambon.

T

- Hmm... On ne s'est que trop peu parlé au téléphone. Je sais, je débarque à l'improviste, c'est le choc, c'est sûr, vous sortez de la douche, je comprends, je comprends. Hmm... je comprends. Et vous sentez bon, c'est Maxe Provocation, c'est ça ? Laissez le charme agir ?

- ... C'est le gel douche de mon coloc. J'étais en rade.

- Il vous va bien. Vous me reconnaissez ?

- ?...

- Je veux dire, ma voix ?

- ...

- Mais oui c'est moi ! C'est Réléna ! Mais appelez-moi Léna, les amis des amis des amis de mon frère sont mes amis ! Absolument ra-vie de vous voir en vrai. Ce torse caressé par la lumière du plafond... cette pointe de caramel sur des plaquettes de vanille... hmm on en mangerait.

- ...

T

Elle ronronnait.

Elle posa l'index sur...

T

- !

- Carpe Diem hein ? Chiche ?

T

Super entreprenant ce témoin de Jéhovah.

Purée, il jetterait le Maxe Machin dans une poubelle à 200 bornes c'est pas possible.

Qu'est-ce qu'elle faisait là ? Elle avait reniflé la porte ?

Elle ôta son doigt, il avait été bien trop anesthésié pour pouvoir le faire.

T

- ?!

- Mais je m'égare. Désolée d'arriver comme ça mais je passais dans le coin, j'ai fini ma journée mais je sais que Heero est rentré, j'ai vu son planning. Je sais qu'il préfère se reposer et je respecte ça, c'est normal, il a un métier difficile, des horaires de chèvre, un caractère de bouc mais dieux du stade merci, pas l'haleine, tout ça, tout ça... mais j'ai ab-so-lu-ment besoin de lui parler. C'est une question de bébé ou de mode !

T

Duo cligna des yeux.

Une fois.

Deux fois.

Puis.

T

- De quoi ? C'est le père ?

- Non si seulement. Enfin pas si seulement, ce sont les jumeaux de mon frère, son ami, il est secrétaire médical de son cabinet, d'ailleurs c'est là-bas qu'il a rencontré ma belle-sœur, c'était si romantique, elle venait faire un renouvellement de pilule...

- ...

- Bref Heero ne répond pas et j'ai une urgence vi-tale. L'avenir de ces bébés en dépend.

- ...

- Trowa ?

T

Et dire qu'il commençait à éventuellement tolérer son voisin...

C'était lui qui avait généré ça ?

T

Duo sortit la clé de chez lui et ouvrit un peu plus la porte, Réléna reculant.

Puis il referma la porte, s'assura que la serviette était bien positionnée sur sa tête et prit la jeune femme par le poignet.

Puis il tira doucement, comme on emmenait un enfant récalcitrant, mais pas trop.

Il l'emmena vers l'escalier de service.

Elle rougit.

T

- Mais... je ne suis pas venue pour ça... ou alors vite fait, que je puisse parler à Heero après.

T

Il ne répondit pas.

Ils descendirent un étage, la main toujours sur le poignet de l'intruse.

Ils arrivèrent devant une porte bien connue pour l'un, inconnue pour l'autre.

Il lâcha son poignet et frappa.

T

- Hello sexy. C'est quoi cette manie de se balader torse poil ?

- Je sais pas, Trowa, j'ai l'habitude de me doucher nu et de me balader en pyjama chez moi. J'ai pas l'habitude qu'on vienne me saouler avec les histoires de bébé des autres. Vous vous plaignez ?

- Moi non...

- Oh, Vous êtes pas Trowa ?

- Non. Vous avez confondu porte 1234 et porte 3124.

- Hmm dommage. Quoique non, le vrai Trowa est...

- Réléna. C'est vous qui l'avez laissée entrer dans l'immeuble ?

T

Ce ton froid, exaspéré.

Elle souffla bruyamment en pénétrant dans l'appartement sans cérémonie.

Duo resta sur le pas de la porte.

T

- Oui ben Heero si tu répondais au téléphone, je serais pas là. Sympa ton entrée, on a les mêmes goûts. Je suis rentrée par la porte, en même temps qu'un livreur et après je me suis trompée d'étage. On s'en fout non ?

- Grave.

- Merci Sexy Bagnard.

- Hey!

- Bref, je suis là pour une urgence bébé. Môssieur Heero, parrain de mes neveux, participes-tu aux cadeaux ou as-tu acheté les tiens ? Si tu participes, c'est à quelle hauteur ? Et j'ai besoin d'un avis sur la couleur. C'est important, je dois commander aujourd'hui pour bénéficier d'une remise.

T

Duo les regarda comme s'ils étaient tous fous.

Puis haussa les épaules, leur tourna le dos pour rentrer chez lui.

La serviette se dénoua, entraînant le silence dans sa muette chute, les cheveux restant miraculeusement en place.

Même Réléna ne parlait plus.

Même sans les voir, il en en était sûr :

personne ne regardait la serviette.

T

- ...

- ...

- ...

T

Duo se pencha pour la ramasser, avant de se redresser pour la nouer plus fermement sur ses cheveux.

Son pantalon de pyjama glissa un peu dans la foulée.

T

Un petit cochon chuchota à un Sushi.

T

- Ça, tu vois, c'est à peu près ce que j'ai vu de lui.

- Hn. Quand il arrête de l'ouvrir, y a moins d'interférence visuelle.

- Tu regardes avec tes oreilles, toi ?

- C'est mon côté féminin qui s'exprime.

T

Un mouvement de nuque exaspéré et rebelote, la crinière mouillée se libéra de nouveau, cette fois recouvrant le dos nu, les reins, l'horrible pyjama.

Il attrapa la serviette avant qu'elle n'arrive au sol.

Il la posa autour de ses épaules, dégoûté, se tournant vers l'absence de bruit, son regard accrocha un regard bleu foncé.

Une odeur de citron sur un voile de musc.

T

- Quoi ?

- Hn. Sympa le pyjama. Il est où le boulet ?

- ... Fuck you, Attila.

- ?

- Ben Attila le Hun. Il dit hn tout le temps !

- ...

- ...

- ...

T

Chacun choisit, sans se concerter, d'ignorer cette sinistre blague.

Réléna revint donc à ses moutons.

T

- Heero ! Alors ? Bébé ? Couleurs ?

- ...

T

Deux secondes de réflexion, puis...

Une porte de sortie ?

T

- Je vous raccompagne.

T

Duo lui lança un regard peu amène.

T

- Je suis déjà dehors, imbécile.

- Chez vous.

- Pardon ?

T

Le Docteur Yuy fit quelques pas et se planta devant son patient.

T

- Vous sortez à peine d'une gastro-entérite. Vous êtes presque nu, la peau mouillée, vos cheveux gouttent. Tro, donne-moi ton peignoir.

- Mais, je suis nu.

- Ça te dérangeait pas tout à l'heure. Réléna en a vu d'autres, elle est infirmière.

-...

- Ok, je vais donner ma robe de chambre, ça ira plus vite.

T

En bon professionnel, avec un sens du sacrifice hors du commun, le Docteur Yuy posa son saut-de-lit directement sur les épaules de son patient, couvrant la chevelure, action qui génèrerait...

Arrêt sur image.

Heero haussa un sourcil.

T

- Quoi ?

T

Réléna essaya de ramasser sa mâchoire et pourtant c'était une professionnelle.

Duo battit des paupières.

Trowa secoua la tête.

T

- Surprise, surprise...

- ?

- Même en ayant l'habitude, te voir presque nu c'est quelque chose.

- Tu t'en foutais tout à l'heure de mon slip du dimanche.

T

Trowa bougonna.

T

- Mais j'avais pas mangé...

- Et si je m'y étais pas collé, on aurait une intox alimentaire.

- ... Le slip du dimanche ? Ça ?

T

Réléna essayait vaillamment de maintenir sa mâchoire inférieure en place.

Mais cette dernière lui disait gentiment « va te faire foutre »

Duo fronça les sourcils.

Et le vétérinaire répondit, magnanime.

T

- Oui, il fait ressortir l'oiseau rare. Et quel oiseau...

T

Heero leva les yeux au plafond.

Tiens, une petite araignée. Il ne pensait pas avoir chez lui l'IRM de Réléna.

Et celle de Pumba par la même occasion.

T

- Trowa, ce n'est pas parce que c'est ton cadeau qu'il faut en faire des caisses.

- ?

- Je suis docteur. Je suis anatomiquement normal.

T

Duo le détailla brièvement avant de secouer la tête.

T

- Hey, Tro. Les humains sont des animaux, hein ?

- Ouais, en plus crétins.

- Ok. T'es bien chirurgien vétérinaire ?

- Yep.

- Tu peux piquer ton pote cte plaît ? Il est malade, il dit des conneries. Faut abréger ses souffrances. Je suis pour l'euthanasie des cons.

T

Heero eut un reniflement outré.

T

- ?! Gratuitement en plus !

- Ben soit vous cherchez les compliments, soit vous êtes malade. Le docteur là il a une putain de cataracte.

- Je vous ai soigné à travers une porte. L'image est bonne.

- L'image elle est floue, ouais ! On s'en fout de ma porte.

T

Trowa observait l'échange animosi-cal avec gourmandise.

Réléna dévorait littéralement Heero des yeux.

T

- Vous êtes pas anatomiquement normal. Anatomiquement normal sorti de magazine sans photoshape ça n'existe pas. Après chacun ses goûts. Point.

- Il a raison, Su... Heero.

T

Oh, Trowa se délectait...

Réléna... calculait.

T

- Bon, elle est où la languette ?

T

Les trois hommes la regardèrent sans comprendre.

T

- Sortez de vos grottes, on a le même âge à vue de bit... nez. Vous connaissez pas la pub Flambon ? Les flancs nappés de caramel qu'on trouve bons jusqu'à ce qu'on goûte des vrais ? On tire la languette et on démoule, dans la pub le caramel coule au ralenti...

T

Réléna ferma les yeux sur un public consterné, elle s'imaginait clairement le caramel couler lentement sur le torse de Heero pour mieux le lécher.

Elle soupira.

T

- et dans la vrai vie c'est naze. Mais pas toi, Heero.

- ...

- ...

- ...

- Alors ? Et le striptease c'est pour quand ?

T

Pour toute réponse Heero posa la main sur l'épaule de Duo.

T

- Je vous accompagne pour m'assurer que vous ne ferez pas un malaise.

- Et mon strip-tease !

- C'est n'importe quoi.

- C'est n'importe quoi, Réléna ?

T

Elle eut un regard qui disait clairement : IL ME PARLE !

Elle passa en mode professionnel lubrique.

T

- Le Docteur Yuy a raison, Sexy Bagnard. Ce n'est pas n'importe quoi. La non assistance à personne en danger s'applique pleinement puisque nous savons soigner. Vous sortez bien d'une gastroentérite d'après le docteur ? Et vous êtes bien venu fortement découvert et... humide...

- Ça reste n'importe quoi.

- Je ne prends aucun risque. Allons-y.

T

La porte se referma derrière un Jack Russell qui trottinait derrière son maître...

Suivi d'un « tu comptes le soigner comment sans ta sacoche ? T'as tous tes instruments dans ton slip ? » pour finir dans un cri du cœur :

- Mais tu ne m'as pas dit ce que tu voulais !

T

Trowa posa une main sur l'épaule de Réléna.

T

- Je pense qu'il s'en fout.

- Dans ce cas, je prendrais le plus cher.

- Tant que ce n'est pas le plus moche. Parce que la maman, elle ne s'en foutra pas, elle. Je préfère dealer avec un lion mécontent qu'avec une maman.

T

Réléna se racla la gorge.

T

- Vous n'avez pas tort. Heero aurait dû me dire que mon frangin était plus son type que moi...

- Je vois pas ce qui vous fait dire ça.

- C'est contagieux la cataracte. Il s'appelle comment déjà Sexy Bagnard ?

T

Trowa éclata d'un rire franc.

T

- Je pense qu'on va se dire « tu ».


Devant chez Duo, même heure.

T

- C'est quoi ce délire. Vous me faites quoi, là ?

- Laissez-moi entrer. Je peux pas rester en slip dans le couloir. Et je vais pas récupérer ma robe de chambre sur votre pas de porte, ce serait un transfert de problème.

T

Sisi il pouvait, mais si c'était pour saboter son image auprès de clients potentiels... il ne pouvait pas dire à Quatre fais ce que je dis...

Un seul constat : oh puis merde.

Duo maugréa :

T

- Hmph.

T

Il ouvrit la porte et le docteur entra derrière lui.

Ainsi qu'un toutou.

T

- Wouaf !

- C'est n'importe quoi cette journée...

- Silence !

T

Duo vit rouge.

Mais il ne vit pas le chien.

T

- Non mais ça va pas de me dire de fermer ma gueule chez moi ?

- Non ! Urusei !

- Wouaf !

T

Duo arma le poing.

Heero l'attrapa de justesse, claquant la porte avec son dos.

T

- Non, je parle à mon chien.

- Je vais te suicider, connard.

T

Difficile de suicider quelqu'un d'à moitié nu avec un toutou truffant vos jambes.

Un toutou qui regardait son maître et... son voisin avec adoration.

Peut-être voyait-il un nouveau compagnon de jeu ?

T

- Wouaf !

T

Les animaux sentaient les gens bons.

Et Duo sentait le jambon de son sandwich. Et le jambon c'était dangereux, toxique pour les toutous.

Mais tellement bon.

Peut-être que le toutou sentait le danger.

T

- J'ai essayé d'en placer une la dernière fois mais vous m'avez envoyé chier. Mon chien s'appelle Silence. Alors je lui dis de la fermer autrement pour qu'il comprenne.

- Si vous le dites, Weedman.

- Je ne fume plus. Regardez son collier.

- Wouaf wouaf !

T

Le docteur lâcha le poing de son patient récalcitrant.

Le dit patient recula de quelques pas, s'accroupit et tendit la main pour que soi-disant « Silence » puisse le renifler.

Il remua frénétiquement la queue en aboyant gaiement.

Tout fou !

T

- ... C'est en chinois espèce de radin. Ils donnent des colliers au lieu des calendriers dans votre resto horrible ?

- ... C'est du japonais... et c'est son prénom en kanji. Le collier doit être devant-derrière. Replacez-le doucement.

T

Duo s'exécuta de mauvaise grâce.

Un Silence apparu.

... si si, un silence pouvait se voir. On n'était pas à une débili euh incongruité près.

T

- ... N'importe quoi.

T

Le voisin se décolla de la porte, levant les yeux au ciel pour la énième fois.

T

- On parle bien du mec qui met un gâteau dans sa boite aux lettres, là ?

- Vous appelez un Silence... vous l'engueulez aussi s'il vous répond ? Avouez que vous étiez bourré.

T

A peine. Ils fêtaient son anniv' mais ça, il n'allait pas lui dire.

Heero bougonna.

T

- Au départ je voulais l'appeler Jack Russell...

- Mais pourquoi ?

T

Heero lui lança un regard qui signifiait clairement : « ça se voit pas » ?

Mais l'autre ne lui accordait aucun regard, Silence étant ben trop occupé à vouloir attirer l'attention de son nouveau jouet chevelu.

T

- C'est un Jack Russell. On cherchait un prénom et là on en avait deux. On l'aurait surnommé JR ou Junior. Mais il était pas réceptif.

T

Duo secoua la tête d'un air entendu.

Merde, il n'était pas sourd.

T

-... Vous étiez bourré. Ton maître a fait un blackout, pépère : il a oublié qu'il était shlass.

- Wouaf !

- On était fatigués. Je rejoignais Trowa pour les vacances. Il était en mission en Afrique du Sud. Il finissait sa journée quand un automobiliste a débarqué avec Sil'. Tout petit, dénutri, une patte et une canine cassée. Sans vaccin ni collier. Personne pour le réclamer. Il l'a opéré et soigné. On a improvisé.

T

Le médecin lui lança un regard bleu impassible dans lequel Réléna aurait cru déceler un soupçon de cette sensibilité toute masculine qu'elle recherche tant quand elle a envie de consommer.

Elle aurait penché la tête sur le côté en lui disant que c'était trop mignon cette part de douceur tout en lui lançant un regard pas dupe.

Le voisin jouait avec un chien extatique, lui adressant des sourires normaux, sans ironie aucune.

Des sourires nus comme sa peau sous la robe.

T

- Poor little guy...

- ...

T

Un sourire en coin, juste taquin.

Et un haussement de sourcil.

Il ne regardait plus le chien.

T

- ... Mais vous étiez arrachés, faut juste l'avouer.

T

Oui mais non !

Là il était en train de...

En train de... quoi ?

Vouloir gagner des points ?

Oui, pour avoir des relations de voisinage moins tendues, pour ne pas retomber dans le statu quo.

Si Pumba le voyait...

Heero fit les cent pas dans l'entrée, Silence sur ses talons.

T

- Il ne répondait à aucun nom, il alimentait migraine et jetlag avec ses aboiements, à un moment j'ai dit « Silence » Il a aimé. C'est resté.

- Wouaf !

- Et... ?

- Et après on a fêté ça.

T

Duo cligna des yeux.

Une fois.

Deux fois.

Puis rejeta la tête en arrière et éclata de rire.

T

- Ils sont fous tes maîtres, hein pépère ?

- Wouaf !

- Bon, je préfère cette folie-là aux ta gueule chez moi.

- J'ai bien essayé de vous le dire mais vous donneriez des cours à un âne.

T

Ils marchaient sur un fil. Un fil ténu, tendu, électrique.

Les mots pouvaient être foudre ou disjoncteur.

Au moins semblaient-ils ne plus avoir les pieds mouillés.

Pour commencer à s'entendre... il fallait peut-être commencer par s'écouter.

T

- Excusez-moi de vomir mes tripes.

- Des excuses, toujours des excuses.

T

S'ensuivit un petit silence presque gêné, que Duo interrompit en se relevant, non sans avoir planté un bisou sur le front de Silence.

Le silence avait un front.

Il secoua la tête et sourit doucement, se déshabillant lentement.

Les longs cheveux redevenaient visibles sur la peau nue, n'étant plus cachés par la robe.

Heero avait les yeux sur le carpe diem sur son cœur.

Duo lui tendit son saut-de-lit.

T

- A un moment faudra bien remonter chez vous. Elle lâchera pas l'affaire.

- ...

T

Le docteur lui lança ouvertement un regard qui signifiait : « je ne peux pas fuir en claquettes » et « il est que 19h »

T

- Je euh compatis, elle a failli défoncer ma porte. Mais moi demain, je réveille carrément les poules à ma première pause.

T

Oui il n'avait aucun tact.

Mais il avait une esquisse de sourire.

La journée avait été longue et il reprenait très tôt le lendemain.

Il réaliserait peut-être ce qui était en train de se passer, le chemin parcouru.

Plus tard.

Là il voulait pioncer.

T

- Je bosse à 13h00 demain.

- Je compatis plus. Cassez-vous.

T

Heero soupira en enfilant son saut-de-lit, avec un voile de musc, de citron et de peau.

Un maître immobile n'étant plus drôle, Silence fila explorer l'appartement, ventre à terre.

T

- Pas de pompes. Pas de clé de bagnoles.

- Pour les mettre où ? Sert à rien de fuir. Elle viendrait vous chercher par votre slip du dimanche déterminée comme elle est.

- Ne lui ouvrez pas ?

T

Duo haussa un sourcil.

T

- Pour que les voisins me fracassent ? Elle est trop jolie - et elle fait bien trop peur - pour qu'on l'emmerde. Elle est dangereuse, c'est pour ça que vous êtes là !

T

Ah, la mauvaise foi...

T

- Non, c'est parce qu'elle s'est présentée sans être invitée.

- Et si je l'invite à venir, vous faites quoi ?

- Je vous hais.

- The truth hurts. Grow a pair! Et choisissez bien les cadeaux, vous êtes leur père de substitution. Et c'est la môman. Mahaha.

T

La lumière du plafond faiblissait, accrochant son mince faisceau à des iris épuisés.

Leur donnant un éclat surnaturel.

T

- ...

- Quoi ?

- Vos yeux ne sont pas normaux.

- J'ai pas fumé. Je veux toujours pas vous cacher parce qu'elle sait où j'habite. #conscience.

T

La lumière tressauta.

Les iris se fragmentèrent en un surprenant camaïeu de violet.

Le Docteur Yuy était factuel : cette explosion de couleur... tant de nuance dans un seul regard était étonnant.

T

- Vous avez un regard démentiel.

T

Duo fronça les sourcils.

T

- Je vous ai dit que j'avais pas refait de gâteau.

- Je ne vous baratine pas, je constate. Paraît que je suis anatomiquement anormal.

T

C'est vrai qu'une phrase sincère pouvait être surinterprétée.

Il allait falloir qu'il se remette, fallait pas confondre sincérité et séduction, même si la sincérité pouvait séduire.

T

- Ok j'ai des yeux bizarres. Mais c'est pas la première fois que vous les voyez.

- D'aussi près sans s'entretuer ? Sans hurlements ni postillons ? Si.

T

En étant épuisés et énervés...

Ils avaient réussi à exploser sans trop de dégâts.

Duo haussa les épaules.

T

- C'est la lumière de l'entrée, elle donne des mirages. Elle a fait Réléna me toucher. Elle ferait passer mes tongs pour des choco BN.

- ...

T

Le regard violet prit l'intensité du laser.

T

- Et à cette distance, avec cette lumière bizarre je reconnais que vos yeux s'éloignent de mon Coin-coin WC fraîcheur sport.

T

... pour se rapprocher d'un vortex.

Mais ça, il ne l'avait pas dit.

Une ordonnance et un gâteau pouvait ne pas empirer les choses.

Pour la première fois, les deux avaient fait un pas en arrière sans chercher à se sauter à la gorge.

Pour la première fois ils ne répondaient pas coup pour coup. Quelques mois auparavant les postillons ne seraient jamais passé.

Duo aurait peut-être pitié de lui, pour le laisser chez lui alors qu'il irait dormir...

Il renifla.

Une fois.

Deux fois.

Puis...

T

- Wouaf !

- ...

- OH PUTAIN DE BORDEL DE MERDE, Yuy ! La lumière elle fera jamais passer le popo de votre clebs pour des pépitos ! Plus jamais ! 'Spèce de Trou de Balle !

T

En moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, Duo :

- remercia le sac de son sandwich laissé par terre sur lequel le chien avait fait ses besoins

- gronda le dit chien en lui faisait quand même un bisou

- remit chien et sac à popo de fortune à son propriétaire

- les mit dehors en claquant bruyamment la porte.

- En postillonnant.

T

Heero et Silence clignèrent des paupières.

Un pas en avant...

Mais le toutou remuait la queue.

A l'étage du dessus 2 nouveaux amis trinquaient, hilares.

T

T

Tzusuku OS XIV

Radis 4 OS XV ?


Prochain OS : ? Euh... Aucun pronostic, comme ça, toute surprise est une bonne ! Wooouh un chapitre avant 2016 ! J'avais dit dans moins d'un an ! *fière*

Croisons les doigts ensemble pour le prochain.

Je me marre bien avec cette fic, j'espère que vous aussi !

Et oui ça avance tout doucement, mais ça avance vraiment :D Quand on se déteste, il faut s'apprivoiser. Et ça vient. Et peut-être... est-ce là :D

Un peu de fatigue, un bon gâteau et Réléna, le cocktail molovetov ? Tous les protagonistes ont été présentés... quoique tous ? Il en manque un, même si on en a légèrement parlé.

Bonne fêtes de fin d'année et BONNE ANNÉE si vous la lisez en 2016 ! Tout plein de bonheur pour vos pommes (vos poires, et vos scoubidous :p)

B peluch' et merci !

Petite Mithy *Nawakiste Crutch Walker + Happy New Year*