PDV Claire:

Au moment où je posais la question, l'air de la pièce qui déjà était lourd, devint suffoquant. Embry, Sam, Emily et Jared se jetèrent des regards d'interrogation.

Je me redressai un peu, et demandai:

- J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ?

Emily jeta un regard à Sam, et me dit:

- Non, ne t'inquiète pas, elle fit une pause et reprit, en parlant des légendes, nous avons l'habitude de faire des feux de camps où les anciens racontent les… légendes, et justement, il y a un feu ce soir, et tu pourrais venir, si tu le veux, et si tu te sens assez en forme bien entendu.

Je réfléchis quelques instants et finit par répondre que j'étais d'accord, puis je demandais à Emily si je pouvais rentrer chez moi, ce qu'elle accepta.

Au même moment, Quil entra dans la maison, et dès que nos regards se croisèrent, une envie monstrueuse de me jeter dans ces bras me tirailla le ventre.

- Claire, il faudrait qu'on te raccompagne, je ne veux pas que tu te sentes mal à nouveaux, et que… enfin… tu retombes dans les pommes, s'inquiéta Emily.

- Je peux te raccompagner, me proposa Embry, mais Emily lui bloqua le passage de son bras en disant:

- Pas de problème, accepta Quil sans la moindre hésitation.

Nous nous dirigeâmes vers la fin du chemin de la maison de Sam et Emily qui débouchais sur la route principal en direction de La Push.

Je fixais mes pieds, avec l'impression de mettre pris un coup de massue sur le crâne. Quil non plus ne parlait pas. Mais que je failli me casser la figure, en me prenant les pieds dans une racine, Quil me rattrapa par la taille avant que je ne touche le sole.

Nos regards ce croisèrent, et le monde ce déroba sous mes pieds (au sens figuré), et je me perdis dans son regard chaud, ses beaux yeux chocolat.

Je ne sais pas combien de temps nous restâmes comme ça, perdue dans le regard l'un de l'autre, mais quand un oiseau s'envola d'un arbre juste à côté de nous, nous nous retournions vers l'origine du bruit, et nous nous redressâmes d'un bond.

Quil, gêné, ce frotta la nuque, et moi, je me transformai en tomate farcie.

- Euh, alors tu viens au feu de camp de ce soir ? Me demanda Quil alors que nous repartions en direction de chez moi.

- Ah, euh, oui, je crois.

- D'accord, répondit-il toujours gêné.

Nous finîmes par arriver chez moi, après ce qui me parue une éternité.

Je sortais mes clefs de ma poche, et m'apprêtai à ouvrir, quand Quil me freina dans mon action:

- Je suis vraiment content que tu sois revenu, enfin tout le monde est content de te revoir… mais je suis le plus heureux, me dit-il la tête baissé.

Moi, je passais de tomate farcie, à incendie de forêt.

- J'ai trop hâte de te voir ce soir, me sourit-il en embrassant ma joue et en repartant en direction du centre-ville.

Je rentrai dans la maison, fermai la porte et me laissai glisser le long du panneau de la porte, un sourire plaqué sur les lèvres.

Je finis par me ressaisir, me relevai, et me jetai littéralement sur l'évier de la porte de la cuisine pour me passer de l'eau sur le visage pour être sûre, de ne pas ressembler à un feu de cheminée quand mes parents arriveront.

Quelques heures et 4 aspirines plus tard.

J'étais dans ma chambre en train d'enfiler un jean noir, un chemisier à bretelle, et je suis quasiment prête pour la soirée feu de camp. J'attrapais mon petit sac à dos où j'y avais rangé mon livre, un carnet et un stylo.

J'enfilai ma veste en jean et partais en direction de la voiture de mon père où il m'attend à 'intérieur.

Je montai dans la voiture, et mon père démarra en direction de la falaise où allai ce dérouler le feu de camp.

- Donc c'est un feu de camp ? C'est ça ? Me demande mon père pour lancer la conversation.

- Mmm mmm.

- Je vais mettre le feu à la maison, je vais me jeter dans un puits, me dit mon père mais je ne l'écoutais que d'une oreille et je répondis:

- Trop cool, c'est génial.

Il me secoua la cuisse et je sursautai.

- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qui se passe ?

- Rien du tout, tu n'étais juste plus avec moi, tu devais être partie sur la Lune.

- Mouais, très certainement.

Nous finîmes par arriver à la falaise, où Emily m'attendais pour me conduire jusqu'aux abords de la falaise.

Je me jetai, littéralement, hors de la voiture, saluai d'un signe de la main mon père et me précipitai vers Emily.

- Salut, s'exclama Emily en me serrant dans ses bras, tu as l'air d'aller mieux.

- On va dire ça, murmurai-je alors que nous commencions à nous diriger vers le feu de camp.

Quil me fit signe, et un coup d'œil à Emily, me confirma d'y aller.

J'avançais vers Quil, et m'asseyais à ses côtés sur un rondin de bois.

- Salut, murmura-t-il avec un sourire.

- Salut, murmurai-je à mon tour.

Je revenais quelques années en arrière, Billy me racontant les histoires, les légendes Quileute.

Le vieux Quil paraissait très vieux, mais il était toujours là.

Billy ouvrit la bouche et commença le récit:

- Les Quileute ont toujours été un petit peuple. Nous n'avons cependant jamais été éradiqués de la surface de la Terre, grâce à la magie qui coule dans nos veines depuis la nuit des temps, même si notre capacité à changer de forme n'est venue que plus tard. Car, au commencement, nous étions des esprits guerriers.

Les légendes me transportèrent, c'étaient tellement beau, tellement magique, tellement envoûtant, tellement… j'en perdais mes mots.

Une sensation bizarre s'empara de moi, l'impression d'être observé.

Je tournai mon visage vers Quil et croisais son regard chocolat.

Un courant d'air froid vint me glacer jusqu'aux os, je me mis à trembler.

Quel idiote, j'aurais du me couvrir plus, on était à La Push quand même.

Une grande chaleur me réchauffa, Quil venait de poser son bras autour de mes épaules, je m'appuyais contre lui pour pouvoir me réchauffer un maximum.

Je ne préférais pas me poser de question sur la chaleur qui émanait de Quil, si je me mettais à y réfléchir, ma migraine reviendrait au grand galop.

Plus tard, oui, j'y penserais plus tard.

Je restais là à écouter les légendes qui avait rythmé mon enfance, appuyé contre Quil qui me servait de chauffage.

- Claire, c'est terminé, me murmura une voie.

Je relevai la tête, j'étais tellement hypnotisé par les histoires (et mes pensés) que je ne m'étais même pas rendu compte que les légendes étaient terminé.

Je sentis le rouge me monter au joue alors que tout les regards étaient fixé sur moi.

- Euh… qu'est-ce que… qu'est-ce qui se passe ? Bafouillai-je en rougissant encore un peu plus.

Emily se leva et vint s'asseoir à côté de moi, je sentis Quil se décaler.

- Je pourrais savoir ce qui se passe ? Demandai-je à ma cousine en lui jetant un regard plein de questions informulés.

- C'est un peu délicat, commença ma cousine en attrapant ma main. Il y a quelque chose que tu dois savoir, je ne vais pas t'en parler, parce que je ne suis pas la mieux placée pour en parler, mais Quil lui il le peut. Mais il ne faut pas que tu t'inquiètes, d'accord.

Je fronçai les sourcils, mais acquiesçai.

Quil se leva et je le suivis.

J'étais un peu paniqué, juste un tout petit peu, ouais, non en fait j'étais complètement paniqué.

Nous avançâmes sur la falaise en silence, jusqu'à ce qu'il n'y est plus d'arbre, et juste le vide qui s'étendait jusque dans l'océan.

Quil s'arrêta quelques pas devant moi, je fis de même.

Il se retourna vers moi, un air inquiet sur le visage.

- Claire, il faut que tu saches quelque chose d'important.

Je fronçai les sourcils.

- D'accord.

- Mais il ne faut pas que tu es peur, c'est délicat. J'aurai voulu te le dire il y a longtemps déjà, quand tu étais venu l'été de tes cinq ans, mais tu étais petite, et tu n'aurais pas compris, ou tu aurais été effrayé, et de toute manière Emily s'y était opposée. Puis le temps est passé, et tu n'es jamais revenu, jusqu'à maintenant. Emily préférerait qu'on attende encore un peu, mais je pense que tu es prêtes à le savoir. Quil me jeta un regard inquiet. Il ne faut pas que tu es peur.

J'acquiesçai.

- Reste là, me confia-t-il en passant derrière un arbre.

Je fis ce qu'il me dit, et fixai l'endroit où il venait de disparaître.

Un bruit bizarre raisonna, et un immense loup marron sortit du bois.

Je poussai un hurlement et tentai de reculer mais le précipice s'étendait derrière moi.

Je me recroquevillai par terre alors que le loup s'allongeait en face de moi en posant sa tête sur ses pattes.

Je me ressaisi peu à peu.

- Quil ? Murmurai-je dans un souffle.

Le loup bougea la tête comme pour acquiescer.

Je soufflai un coup.

Je me relevai doucement et m'asseyais sur mes genoux tout laissant mon regard plongeai dans les yeux profonds du loup. Dans les yeux profonds de Quil.

Je tendis la main vers Quil avec hésitation, il releva légèrement la tête, j'enfonçai mes doigts dans l'épaisse fourrure du Loup.

Le loup tira la langue, comme pour montrer qu'il aimait ça.

Je souriais.

Un grognement sourd résonna à notre droite, à la lisière de la forêt.

Quil se redressa sur ses pattes et se plaça devant moi en se mettant à grogner à son tour.

Ce qui arriva ensuite fut comme dans un rêve, comme si je regardais tout ça de loin.

Quelque chose sortit des bois, on aurait dit un humain couverts de cicatrices des cheveux noir emmêlés tombant sur ses yeux, ses yeux rouges, rouges sangs.

Quil grogna d'avantage en se plaçant en position de défense.

Moi, je reculai, mais fus vite bloqué par la falaise.

L'homme aux yeux rouges se jeta sur Quil, qui le repoussa d'un coup de pattes.

L'homme recommença à se jeter sur Quil, jusqu'à ce que Quil s'effondre par-terre car l'homme aux yeux rouges avait passé ses bras autour de son ventre.

Quil gémit, et fut éjecté loin de moi, trop loin.

L'homme aux yeux rouges s'approcha de moi, doucement, un sourire carnassier collé sur les lèvres.

Quil se releva en gémissant, mais s'effondra à nouveau, un hurlement de loup sortit de sa bouche.

Il appelait du renfort.

L'homme aux yeux rouges se rapprochai, de plus en plus.

Du coin de l'œil, je vis Quil se relever en grognant.

Mais c'était trop tard, il était trop mal en point donc trop lent. Il fallait que je me décide, soit cet homme s'approchait un peu plus, soit…

La deuxième option s'offrit à moi alors que l'homme aux yeux rouges approchait sa tête de mon cou.

Je me laissais tomber en arrière, j'eus juste le temps de voir d'autres loups arriver et se jeter sur l'homme aux yeux rouges alors que mes cheveux me fouettait le visage pendant que je sombrais, un peu plus chaque secondes me rapprochant de l'océan.

J'entendis qu'on hurlait mon prénom au moment où je m'engouffrai dans l'eau glacé.