[Merci à yunalesca01, tu es ma première Review, et ça donne envie de continuer !]


Blocages

« Femme debout ! »

Une voix désagréable surgissait des profondeurs cotonneuses de son sommeil, mais Bulma n'avait pas envie de l'écouter. Quoi debout ? Non elle voulait dormir ! … D'où venaient ces secousses désagréables ? Un tremblement de terre ?

« J'ai dit lève-toi sur-le-champ ! » Tonna l'intrus. Mais la seule réponse qu'il obtint fut un marmonnement inintelligible alors que la femme aux cheveux bleus se retournait dans son lit en cachant la tête sous sa couverture.

CRAC !

La gravité sembla se déplacer, et Bulma se sentit glisser le long de son doux matelas pour heurter rudement une surface froide et dure. Elle ouvrit brutalement les yeux.

Première seconde. Elle sortit sa tête de sous sa couverture pour regarder, interloquée, son matelas incliné.

Deuxième seconde. Elle baissa les yeux pour découvrir qu'elle était par terre, dans sa chambre, sa couverture en boule dans ses bras.

Troisième seconde. Ses yeux tombèrent sur un obstacle sur le sol à côté d'elle, et remontèrent vers le haut, de la paire de bottes à la paire d'yeux noirs qui la fixaient.

« IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIh ! »

Le hurlement suraigu obligea l'intrus à reculer d'un pas en grimaçant, tandis que la jeune femme agrippait sa couverture et tentait de recouvrir ses jambes. « Végéta qu'est ce que tu fiches ici ? Dégage de ma chambre immédiatement ! »

Mais ce dernier ne bougea pas, bras croisés et sourcils froncés : « Femme, il fait jour et les deux autres humains viennent de se lever. J'exige le dispositif de sûreté pour ma chambre sur-le-champ. »

Bulma le dévisagea un instant le temps de véhiculer l'information jusqu'à son cerveau encore engourdi par le sommeil. Puis elle tourna les yeux vers son réveil. Sept heures du matin. Le soleil d'été filtrait à travers ses volets fermés. Deux pieds de son lit étaient cassés. Et elle, elle avait dormi moins de quatre heures. Elle regarda à nouveau l'intrus dans sa chambre et fronça les sourcils. Tout ce qu'elle voulait c'était dormir... mais elle avait donné sa parole d'être une hôtesse exemplaire, et il avait un air menaçant qui la dissuada d'essayer de répliquer.

Par contre...

« Écoute, c'est pas très poli de rentrer comme ça sans frapper dans la chambre d'une jeune fille qui dort et de lui casser son lit.

-Hm ! Ricana le saiyan avec mépris. Je n'y peux rien si vos meubles sont si fragiles.

-Mais enfin ! Chez nous on frappe à la porte, pas sur les lits ! Et qui t'a permis d'entrer d'abord ?

-Écoute femme ! Tu m'as dit de venir te voir pour que tu fasses sécuriser ma porte, et je l'ai fait ! Maintenant mets-toi au travail !

-Ok j'arrive, soupira-t-elle. Mais la prochaine fois tu frappes à la porte ou tu demandes à un de mes parents de venir me chercher !

-Ne me donne pas d'ordre. Quelle différence ça peut faire, à part me faire perdre du temps ? Répliqua-t-il irrité.

-Ça change que ça s'appelle les bonnes manières, et que les invités ne rentrent pas sans permission dans la chambre des jeunes filles !

-Vos coutumes sont ridicules, remarqua-t-il. Si je voulais te tuer, tu crois vraiment que je m'emmerderais à attendre que tu sois isolée ou endormie ? »

Sur ces mots, Bulma le dévisagea surprise, toujours assise par terre sous sa couverture. Se moquait-il d'elle ? Ou bien le meurtre était-il la seule menace qu'il connaisse ?

« Quoi ? Demanda brusquement l'intéressé en remarquant qu'elle avait arrêté de parler. Si c'est tout ce que tu as à dire tu peux te lever et te mettre au travail. Tu me fais perdre mon temps idiote !

-Raah ça va ! S'énerva Bulma toujours assise au sol. C'est bon je t'ai entendu, tu peux partir, j'arrive !

-Partir ? J'exige que tu viennes sur-le-champ stupide femelle !

-Et j'arrive sur-le-champ stupide saiyan ! Laisse-moi juste... » Ses mots furent brutalement coupés alors qu'elle se retrouva debout suspendue par la gorge comme la veille.

« Femme, j'ose croire que tu avais présumé qu'il n'est pas très judicieux de m'insulter. Siffla-t-il d'une voix lente.

-Ce... C'est... C'est toi qui as commencé. » Hoqueta-t-elle. Sa respiration n'avait pas été coupée par la main gantée autour de son cou mais par une soudaine vague de terreur. Deux yeux noirs comme la nuit se plantèrent dans les siens et ne bougèrent plus.

Première seconde, elle refusa de baisser le regard. Non, peur ou pas, elle était dans son droit !

Une seconde

Deux secondes

Trois secondes. Elle cilla calmement pour réhumidifier ses yeux sans lâcher le contact visuel... et son adversaire sourit.

EIN ?! Bulma n'eut pas plus d'une fraction de secondes pour observer ce sourire que brusquement elle tombait à nouveau par terre et Végéta lui tournait le dos pour s'arrêter dans l'encadrure de sa porte, bras croisés et sourcils froncés.

« Bien. À l'avenir tâche de rester à ta place et arrête de tester ma patience. » Puis, comme Bulma ne répondait plus rien et ne bougeait pas du sol, il se retourna à nouveau, de plus en plus énervé : « Qu'est ce que tu fous femme ? Tu n'arrives plus à te relever ?

-J'attends que tu fermes la porte. » Répliqua-t-elle d'une voix froide, toute peur évanouie aussi vite qu'elle était venue.

Il la dévisagea un instant comme si elle était folle avant de rétorquer : « Et comment est-ce que tu comptes sortir de cette pièce si je ferme la porte, pauvre idiote ?

-Je m'habille avant de sortir, espèce d'arriéré !

-Tu es déjà habillée, imbécile d'humaine !

-Non ça ça s'appelle une chemise de nuit, ignare de saiyan. Maintenant tu me donnes dix minutes et je viens remplacer ta fichue porte tout de suite d'accord ? Tenta-t-elle avec un sourire hypocrite.

-Deux minutes.

-Huit

-Deux

-Sept

-J'ai dit deux.

-Et moi je te dis cinq et c'est ma dernière offre. Je ne sors pas de ma chambre en chemise de nuit ! »

Il fronça les sourcils avant de répondre « Quatre » Et il claqua la porte.

Enfin seule dans sa chambre, Bulma soupira. Elle ferait bien de fixer un verrou à sa propre porte aussi... Quoique c'était sans doute de bonne guerre : une intrusion pour chacun, égalité, remise en jeu...

Inviter un guerrier extraterrestre chez elle ne lui avait pas semblé si compliqué hier, mais si sa culture était à ce point différente, alors ils risquaient d'enchaîner les malentendus. Et avec un type ayant des tendances meurtrières, ce n'était pas souhaitable. Donc soit il fallait qu'il parte vite, soit elle allait devoir essayer de mieux le connaître pour éviter que ce genre de situations ne se renouvelle. Elle repensa au sourire qu'elle avait vu flasher sur son visage. Peut-être y avait-il un espoir après tout...

ooooo

Malheureusement, Bulma ignorait qu'elle avait même tort sur la signification de ce sourire.

Remontant les escaliers, Végéta s'énervait à l'idée d'avoir dû lancer un duel de regards à une créature aussi faible et insignifiante que celle-ci. Un duel de regards servait généralement à départager deux personnes de grades similaires pour déterminer qui était supérieur à l'autre (ce, bien entendu, quand il était nécessaire que les deux survivent afin qu'il reste l'un des deux pour obéir aux ordres). Lui-même avait rarement eu recours à ce genre de procédé dans sa vie, et n'en avait jamais perdu un seul. Et pour cause, une personne qui se sait inférieure évite ce genre de défi, la défaite pouvant être assez humiliante. Mais cette pathétique humaine avait eu l'audace de se croire son égale et de lui renvoyer son insulte. Il n'avait eu que deux choix : le coup de poing ou le duel de regards... Il avait simplement voulu épargner ses malheureux tympans (et les assiettes de légumes qu'on lui servait ici), et il la voulait aussi en état de faire ce pourquoi il était venu la chercher. Toute cette affaire pour une saleté de verrou !

Mais maintenant qu'il avait gagné, elle saurait certainement se tenir à carreaux face à lui. Il ricana à nouveau en revoyant la surprise dans ses jolis yeux bleus lorsqu'elle avait perdu. Elle avait cillé au bout d'à peine trois secondes. Misérable humaine !

Comment aurait-il pu se douter que ce qui avait surpris Bulma était son propre sourire victorieux ?

ooooo

Trois minutes plus tard, Bulma sortait de sa chambre en courant, vêtue des mêmes vêtements qu'elle avait portés la veille, à peine coiffée et non maquillée. Elle traversa le salon jusqu'au placard pour y chercher les caisses à outils destinées aux moyens travaux et y croisa sa mère qui la salua d'un air joyeux : « Bonjour ma chérie ! Bien dormi ?

-Pas assez pour tout te dire, lui répondit sa fille en l'embrassant, excuse-moi je dois filer, notre dernier invité a besoin de quelques travaux.

-Ah bon ? Et dis-moi, que t'a-t-il dit hier sur ma cuisine ? A-t-il mangé à sa faim ? Il n'a pas laissé un seul reste des deux repas d'hier, même pas le beurre, et je ne sais pas si j'ai fait assez de gaufres pour ce matin...

-Je lui demanderai maman. Promit Bulma en refermant le placard et se dirigeant vers l'escalier avec son précieux chargement.

-Tu peux aussi lui demander quelles confitures il aime ? Et s'il préfère le sucre-glace ou la crème fouettée ?

-Ok ! » Lui répondit une voix déjà lointaine.

Madame Briefs soupira et décida que, dans le doute, autant commander tous les accompagnements possibles pour les gaufres. Elle claqua des doigts et le robot ménager arriva.

ooooo

« Tu es en retard. » Déclara le saiyan d'un ton froid, adossé au mur à côté de la porte de sa chambre.

« Non, répondit l'humaine, j'étais en avance en sortant de ma chambre, mais je suis tombée sur ma mère qui me demande de te demander si tu préfères la confiture, la chantilly ou le sucre-glace sur tes gaufres pour le petit déjeuner.

-Je présume que tu es en train d'énumérer des noms de denrées comestibles ? Demanda-t-il d'un ton neutre, sa colère envolée à cette idée.

-Oui, il y en a que tu ne connais pas ? Répondit-elle innocemment.

-Aucune.

-Ah. Bon eh bien tu nous diras ce que tu as préféré aujourd'hui pour qu'on puisse te le servir une prochaine fois alors. » Sourit Bulma. Comme il ne répondait pas, elle s'approcha de la porte et posa au sol ses caisses à outils. « Bon, déclara-t-elle, pour ce verrou, dis-moi, tu veux quoi ? Il y en a des comme on t'a installé hier avec un seul loquet, il y en a qui bloquent aussi la porte en haut et en bas, il y en a qui donnent l'indication vers l'extérieur que la porte est verrouillée, il y a les systèmes à verrou ou à clef, sachant qu'avec le système à clef tu peux aussi verrouiller ta porte de l'extérieur mais il ne faut pas perdre la clef.

-Une clef ? Ironisa-t-il. C'est pathétique ! Vous n'avez pas encore inventé les verrouillages à codes ou à reconnaissance digitale ?

-Hum... Fit la terrienne en fronçant les sourcils. Ça dépend... Un bon verrou traditionnel ça s'entend quand on l'enfonce. Un digicode, je te pirate ça en cinq minutes et sans faire de bruit, dix minutes pour les systèmes les plus performants.

-Pas très performant dans ce cas...

-Si, c'est juste que je suis un génie ! Mais bon, si tu veux un digicode je dois pouvoir t'en trouver un après tout, c'est ton problème.

-Un système à clef fera l'affaire dans ce cas, » grogna Végéta peu enclin à l'idée que l'humaine puisse réellement être capable de pirater sa porte. « Le plus résistant que tu puisses trouver, et avec signalisation extérieure.

-Ok ! » Sourit la jeune femme en claquant des doigts pour demander à un robot ménager de lui apporter la pièce nécessaire pendant qu'elle sortait de la caisse à outils la hop-pop capsule renfermant un robot-ouvrier pour l'aider à retirer la porte de ses gonds et en scier une partie.

Alors qu'elle s'affairait à la tâche, une tâche trop simple pour ne pas être ennuyeuse pour le génie qu'elle était, Bulma se rendit compte que son hôte n'avait visiblement pas l'intention de partir. Elle y trouva une occasion pour tenter d'engager la conversation :

« Dis-moi. Qu'est ce que tu comptes faire maintenant ? S'enquit elle avec le ton le plus doux qu'elle put.

-Comment ça ?

-Eh bien, je ne sais pas... Tu semblais content que Frieza soit mort...

-Hmf ! Grogna-t-il. J'ai juste vécu une grande partie de ma vie à obéir aux ordres de ce lézard méprisable en attendant le jour où je pourrai le réduire en cendres. Maintenant il est mort. Je suis l'être le plus puissant de l'univers. Donc je vais prendre sa place et régner sur l'empire le plus grand et le plus puissant qui ait jamais existé. »

Elle interrompit un instant son travail pour le dévisager, mais à la plus grande frustration du guerrier, elle fronçait les sourcils au lieu d'avoir l'air effrayée. Une pitoyable créature en train d'effectuer des travaux de basse classe sur une porte pitoyable dans une maison de basse classe sur une planète pitoyable ET de basse classe, cette créature pitoyable aux yeux bleus le regardait en face, lui, le souverain de l'Univers, et elle n'avait pas peur ? Ridicule !

« Et Goku ? Murmura-t-elle enfin

-Hmf ! » Se renfrogna-t-il. Elle matquait un point. Karkarott serait ramené à la vie pour lui montrer la puissance d'un super-saiyan et qu'il trouve comment en devenir un lui-même. Ensuite il se battrait contre lui et il en sortirait victorieux. Après cela l'univers lui appartiendrait vraiment. Mais cela, il n'était pas près de le confier à une amie de son rival !

...Une amie... de son rival... Eh quoi ! Il n'était pas resté là par hasard, qu'est-ce qu'elle croyait ?

Cette sotte avait sûrement des informations de valeur à lui fournir... Quoique elle risquait sans doute de mentir... Mais pourquoi ne pas tenter ?

« Que peux-tu me dire sur Karkarott ? Grogna-t-il

-Sur Son Goku ? Eh bien comme je te l'ai dit, c'est mon meilleur ami et on a voyagé pas mal ensemble. On formait une bonne équipe tous les deux. Il était les muscles et j'étais le cerveau.

-Mais bien sûr ! » Marmonna-t-il, amusé par la facilité avec laquelle elle se mettait à parler.

« Quoique sur les débuts, c'était pas gagné, continua-t-elle, quand je l'ai rencontré c'était la première fois de sa vie qu'il voyait une fille... Je crois que je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi coincé ! Quoique non, pas coincé, niais je dirais, ou incroyablement innocent. Oui c'est ça ! Innocent ! Et aucun sens de la pudeur d'ailleurs... Quoique maintenant qu'il est marié, ça a l'air de s'améliorer, Chi-Chi a du lui enseigner un ou deux trucs de savoir-vivre. -Elle laissa échapper un petit rire- Hihi ! Même Yamcha qui avait peur des filles à l'époque savait au moins faire la différence entre un garçon et une fille ! » Et soudain l'expression de la terrienne se fit plus mélancolique et elle se tut alors qu'elle continuait de visser une pièce métallique sur la porte.

Végéta n'avait pas la moindre idée de qui étaient les personnes qu'elle venait de citer, mais il pouvait deviner. ''Tchitsi'' était probablement le nom de la partenaire de Karkarott, sans doute la mère du gosse qu'il avait vue la veille. Donc peut-être une cible intéressante pour affaiblir son ennemi. Quand au ''Yamutcha'', il lui semblait avoir déjà entendu ce nom quelque part... Mais comment ?

« C'est qui celui-là ?

-Qui ? Demanda Bulma en sortant de sa rêverie. Yamcha ?

-Celui-là.

-Ce... C'est... Enfin c'était mon petit ami... Mais il va revenir, on va le faire ressusciter. Affirma-t-elle avec conviction.

-Le petit chauve derrière qui tu te cachais sur Namek ? Il ne s'appelait pas...

-Non non ! Le coupa-t-elle gênée. Pas Krilin. Yamcha est mort avant qu'on aille sur Namek... Je... Nous... Enfin je suppose que tu avais compris qu'on était partis pour Namek pour trouver les dragon balls... pour... pour souhaiter la résurrection de nos amis morts... au... au combat que... enfin...

-Ceux qu'on a tués avec Nappa la dernière fois. » Termina-t-il abruptement. Ça paraissait logique venant d'une bande de minables pareils. « Trois d'entre eux étaient petits. Le gosse, le chauve et le pantin.

-Pourquoi petit ? Interrogea-t-elle sans comprendre

-Tu as dit ''petit ami''. »

Bulma manqua de laisser tomber le nouveau système de verrouillage que le robot venait de lui apporter et le regarda incrédule. Soit il venait d'essayer de faire un jeu de mot déplacé, soit il y avait un problème de langage. Elle opta sans aucune hésitation pour la deuxième option.

« Oui, j'ai dit petit ami. Mais pas petit dans le sens petit. C'est mon amoureux si tu préfères... Je sors avec lui... Mon compagnon...

-Je suppose que tu parles d'un partenaire d'accouplement ?

-Euh... C'est pas très romantique comme terme, et c'est un peu plus que juste ça...

-Tssss ! Ta race est vraiment pathétique !

-Quoi ? Répliqua la scientifique, tournevis à la main. Ta race à toi a trouvé mieux peut-être ?

-Hmf ! Siffla-t-il à nouveau. Nous sommes bien au dessus de ces considérations ridicules, humaine. J'en ai vu pas mal des races comme ça. C'est très pratique quand tu cherches des informations, il suffit de menacer de torturer la femelle ou la descendance.

-Arrête, c'est horrible ! S'insurgea Bulma

-Héhé, ricana l'homme en montrant les dents (notant la faiblesse des humains sur ce point), trop faible pour supporter d'entendre ce qui se passe dans ton univers, femelle ? Trop confortable sur ta planète paumée, bien isolée du reste du monde ?

-Juste dégoûtée d'en entendre parler avec autant de mépris. Avec une mentalité pareille, tu dois être complètement parano.

-Parano, moi ?

-Oui, il faut être parano pour mépriser les sentiments d'affection et d'amour.

-Qui t'a dit que j'avais peur, pauvre idiote ? J'ai dit que c'était un fardeau de s'attacher ! Et les saiyans ne s'attachent pas de toutes manières. » Il voulut ajouter que les saiyans étaient un peuple libre, mais se ravisa en se rappelant qu'il était lui-même réellement libre depuis à peu près... la veille... et qu'il était actuellement le dernier représentant pur-sang de son espèce. Pas très glorieux. Et d'ailleurs, pourquoi s'était-il mis à parler de lui alors que c'était elle qu'il cherchait à faire parler ?

« C'est triste. » Déclara simplement la femme avant de se lever de son ouvrage et de s'essuyer les mains sur un torchon de la caisse à outils. Puis elle commença à ranger son matériel.

« Tu ne t'imagines quand même pas pouvoir t'en aller comme ça femme ? S'énerva le saiyan

-J'ai fini Végéta. » Dit-elle simplement, avec un sourire en coin, tandis que le robot-ouvrier replaçait sur ses gonds la porte désormais à moitié métallisée.

« C'est pas trop tôt. » Répondit-il au bout de quelques secondes, sans jamais quitter son air renfrogné.

« Tiens, ta clef. Allons voir si le petit déjeuner est servi, je meurs de faim, déclara Bulma en ramassant ses caisses à outils. Dis, tu m'aiderais pas à porter une de ces caisses par hasard ? C'est un peu lourd, et un garçon fort comme toi... » Elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase qu'elle se retrouvait seule. Esquissant un rictus moqueur, son interlocuteur s'était envolé et avait glissé au dessus des escaliers la tête la première comme sur un toboggan, sans prendre le temps de fermer à clef la nouvelle porte de sa chambre.

ooooo

Un parfait pigeon. Songeait-il amusé. La femme aux cheveux bleus déblatérait des informations utiles plus rapidement qu'elle ne réfléchissait. Un peu irrespectueuse, mais peut-être utile.

Végéta suivit l'odeur agréable qui arrivait à ses narines et se retrouva à nouveau devant la large table de la salle à manger, mais déjà occupée par un autochtone, assis sur une chaise et complètement dissimulé derrière une feuille de papier gigantesque couverte d'inscriptions et d'images noires. Il fronça les sourcils et croisa les bras.

« Ah ! Fit une voix aiguë en provenance de la cuisine. Mais c'est notre cher Végéta ! Comment allez-vous très cher ? »

L'intéressé tourna lentement la tête pour découvrir la créature à l'expression angélique qui s'approchait de la table pour y déposer un plateau rempli de choses jaunes, fumantes, et sentant délicieusement bon. Ce fut l'odeur qui le fit garder son calme. Notre cher Végéta ? Cette servante n'avait certainement pas la moindre idée de qui il était... Et ne réagissait absolument pas à son regard assassin... Où peut-être n'arrivait-elle pas à le voir avec ses yeux presque fermés ?

« Oh, bonjour jeune homme. » Fit à son tour l'autochtone assis à la table, en abaissant sa feuille de papier pour le regarder. C'était le vieux de la veille. Le réparateur de vaisseaux. « Pardon je ne vous avais pas vu. Asseyez-vous donc ! Vous arrivez juste à l'heure pour le petit déjeuner. »

Végéta ne bougea ni ne répondit. Petit déjeuner ? La femme bavarde avait mentionné ce mot tout à l'heure avec des noms de denrées alimentaires. Les repas devaient avoir des noms particuliers ici. Mais il n'avait nulle intention de s'asseoir en compagnie d'une bande d'autochtones et de partager leur repas !

À cet instant, un son aigu ressemblant à un mélange entre un cri d'horreur et un gémissement de douleur, le tout épicé d'un chevrotement de terreur se fit entendre derrière lui. Intrigué, Végéta tourna la tête pour se trouver face à face avec un... une sorte de... petit félin (ou rongeur ?) volant aux yeux larmoyants. Celui-ci le dévisagea longuement comme s'il se trouvait face à son pire cauchemar (ce qui lui convenait d'ailleurs fort bien), et essaya plusieurs fois de prononcer des mots sans qu'aucun son ne parvienne à sortir de sa gorge.

« Quoi ? » Fit le guerrier d'un ton menaçant en lui affichant son rictus moqueur.

Quelque chose sembla se débloquer dans la minuscule tête de la créature, et il s'écria un mélange de mots incompréhensibles qui ressemblait à ceci : « TueurYamchaNon ! Assassin ! AssassinlàQuefailàicilui ? NonvengerpamouriramiYamchaaaa ! » Puis il fit demi-tour et s'enfuit sans demander son reste.

« Pua'r ! » S'écria la femme blonde. « Tu ne viens pas déjeuner ? »

Mais elle n'obtint aucune réponse. « Bon tant pis, déclara-t-elle joyeusement, je vais lui mettre une gaufre de côté pour quand il aura faim. Il ne faut pas lui en vouloir monsieur Végéta, son meilleur ami Yamcha est mort il y a quelques mois, et depuis il a des petits moments de déprime. »

Voilà qui était plus clair à présent, songea-t-il amusé.

« Bon, allez ! Continua la femelle inlassable. Asseyez-vous, les gaufres sont chaudes mais elles ne vont pas le rester. » Voyant qu'il ne bougeait pas, elle tira une chaise et posa une assiette devant. « Allez ! Ne faites pas votre timide voyons !

-Ma chérie, intervint l'homme attablé, c'est peut-être normal qu'il soit timide, nous n'avons même pas encore été présentés.

-Oh mais oui c'est vrai ! » S'écria celle-ci, une main devant la bouche. « Nous espérions pouvoir faire votre connaissance hier, très cher, mais Bulma nous a dit que vous aviez besoin de repos. Moi c'est Panchy, et je suis enchantée de vous accueillir chez nous.

-Bon, répondit Végéta d'un ton glacial. Que ce soit clair : je ne suis pas timide, je ne suis pas fatigué, et je ne suis pas enchanté. » Sur ce, il saisit la chaise et s'assit dessus pour démontrer son propos, croisa les bras et fit mine de les ignorer. Comment avait-il atterri ici déjà ? Ah oui, la bouffe...

Comme si ses pensées avaient été entendues, le plat de choses jaunes qui sentait bon se trouva déplacé à côté de lui.

« Très bien mon cher. Répondit la blonde aux yeux fermés. Servez-vous donc ! Que prenez-vous sur vos gaufres ? De la confiture ? Du sucre ? De la crème fouettée ? Moi je mets du beurre de cacahuètes !

-Maman, intervint la voix de l'autre terrienne qu'il avait sentie venir des escaliers, notre invité vient d'une autre planète, il ne connaît pas encore les noms des aliments que tu lui proposes. »

Végéta détourna la tête sur le côté avec un sifflement de dédain.

« Ah vraiment ? S'étonna Panchy. Oh mais c'est merveilleux alors ! Nous allons pouvoir faire des échanges culturels gastronomiques ! Tenez, ici ce sont les confitures, des fruits cuits dans du sucre, ici le sucre raffinné, et là le sucre glace... » Elle interrompit son énumération lorsque, sans un regard, le saiyan attrapa l'un des pots de confiture au hasard (fraise), le renifla, puis se saisit d'un couvert au hasard sur la table (qui s'avéra être son couteau) pour faire glisser le contenu du pot qu'il déversa directement dans sa bouche. En une seconde le pot était vide.

Hum... Trop sucré, songea-t-il en attrapant une ''gaufre'' et l'avalant d'une bouchée. Ça par contre c'était correct.

« Heureusement que j'arrive avant qu'il n'y ait plus de confiture ! » Commenta Bulma en s'asseyant à son tour à table après avoir rangé ses caisses à outils. « Papa, tu me passerais la confiture de framboise tant qu'il en reste s'il te plaît ?

-Oui, bien sûr » Répondit le vieil homme en tendant la main. Mais le pot qu'il s'apprêtait à prendre disparut sous ses yeux avant de réapparaître une seconde plus tard... vide. Entre deux bouchées de gaufres, Végéta ricana.

Bulma fronça les sourcils : « Eh ! Végéta ! Je l'avais demandée en premier ! Pourquoi tu as fait ça ? » Il ne lui prêtait aucune attention. « Eh ! Je te parle !

-Bulma ! Intervint sa mère. Laisse-le tranquille voyons ! Tu vois bien que ce beau jeune homme est affamé ! Et puis il reste un pot de framboise non entamé ici ! »

Le petit déjeuner se poursuivit ainsi en silence pendant quelques instants, jusqu'à ce que Végéta ne dépose, sans un regard, son plat de gaufres vide sous le nez de madame Briefs. Bulma fronça les sourcils, mais sa mère fut plus rapide : « Oh ! Quelle étourdie je suis ! Laisser un pauvre gentil jeune homme mourir de faim ! Je reviens tout de suite ! » Et deux minutes plus tard elle revint, portant deux plats identiques à celui qu'il avait vidé, tous deux remplis de gaufres.

« Si vous saviez comme ça fait plaisir d'avoir un invité avec un tel appétit ! Alors dites-moi, que pensez-vous des gaufres ? »

Il ne jugea pas pertinent de répondre, se contenta de lui arracher un des deux plats des mains et d'engloutir deux gaufres à la fois. Il avait bien fini par remarquer que les trois humains dont il partageait la table étalaient les produits sucrés sur leurs gaufres, mais il ne voyait pas l'intérêt de perdre son temps à cela. Et le fait qu'il engloutisse les pots de confiture d'une traite semblait énerver la fille aux cheveux bleus, ce qui était une raison de plus pour continuer comme ça.

« Oh ! Quelle joie d'avoir quelqu'un qui apprécie autant ma cuisine ! » Continuait la blonde. « Je vous avouerai que les pâtisseries sont ma spécialité. Si vous voulez je peux vous refaire des gaufres aussi souvent que vous le voulez. Quoique j'aimerais vous faire goûter mes crêpes demain, vous aimez les crêpes ? Ah non, que je suis bête... » Son monologue se poursuivit un long moment sans que personne ne l'écoute. Végéta venait d'entamer le second plat de gaufres lorsqu'il se rendit compte qu'elle avait cessé de parler et le dévisageait d'un air poli.

« Quoi ? Grogna-t-il.

-Je vous ai demandé quelle est la spécialité culinaire là d'où vous venez. »

Une seconde. Silence

Deux secondes. Bulma laissa échapper un petit rire.

Trois secondes. Sourire sadique sur les lèvres du tueur.

« La viande grillée. » Répondit-il d'une voix neutre avant de reprendre son attaque sur le plat de gaufres.

Bulma déglutit bruyamment en priant pour que sa mère ne...

« Oh comme c'est intéressant ! S'écria la blonde. Nous aussi nous faisons griller la viande parfois ! Quels assaisonnements mettez-vous ? »

Il y eut une longue pause durant laquelle le saiyan vida à la fois le dernier plat de gaufres et la bouteille de jus de fruits qui se trouvait sur la table. Puis il se leva et jeta à chacun un regard menaçant.

« Quelque coups pour attendrir la chair et puis on grille à vif. Je vous ferai tester un jour... Et ce sera avec plaisir. » Déclara-t-il avant de leur tourner le dos et de s'en aller.

Bulma le regarda partir, en tentant d'empêcher son bras tremblant d'étaler de la confiture partout sur son assiette. Une aura glacée entourait cet homme quand il parlait de tuer. Était-ce une menace de mort ?

« Oh regarde ma chérie, signala son père en lui tendant son journal, quelqu'un a réussi à mettre une boîte à hop-pop capsules dans une hop-pop capsule ! N'est-ce pas génial ?

-Oh ! Quel concept intéressant ! S'écria la mère. » Nul ne sut auquel des deux discours elle faisait référence.