[note de l'auteur] Bonjour les gens ! Alors déjà merci pour tous vos commentaires, je n'en espérais pas tant ! Je suis ravie que mon histoire vous plaise, et j'espère que ça continuera. N'hésitez pas aussi à signaler les points qui ne vous plaisent pas pour que j'évite de les refaire, ou si vous avez des conseils...

Bon, je n'en rajoute pas plus. Désolée pour le temps d'attente qui est dû à la longueur du chapitre (j'ai failli le couper en 2, aurais-je dû ?). Les personnages commencent déjà à vouloir faire des tours et des détours avant d'accepter d'en arriver là où je veux les emmener, et ils me mettent en désordre les étapes pré-écrites... Misère !

Bonne lecture !


Faites vos jeux

Trois quarts d'heure de programmation et une demi-heure de mécanique avaient suffi à fabriquer un plateau de jeu en hologramme intégrant toutes les fonctions nécessaires pour jouer au oorlog. Elle avait mis plus de temps que prévu pour fabriquer l'interface de sélection des pièces et des déplacements, lorsqu'elle s'était rappelé de deux choses : les nameks utilisaient un alphabet différent de celui utilisé sur Terre, et le détecteur de puissance de combat récupéré sur le corps de Raditz affichait les unités dans une écriture également différente de la sienne. Ce qui portait à croire qu'il y avait de fortes chances pour que Végéta ne connaisse pas non plus l'alphabet terrien, et que donc, l'interface du jeu devait être visuelle. De plus, cela permettrait à Bulma de jouer aussi avec les nameks.

Très fière, et l'esprit plein de rêves de vengeance, Bulma était retournée au salon pour y découvrir une table déjà à moitié débarrassée par les robots ménagers, sans plus la moindre miette de nourriture dessus. Évidemment ! Végéta ne l'avait pas attendue ! Le fourbe ! Comment faisait-il pour manger aussi vite ? Il y avait à manger pour tout un régiment sur cette table !

Qu'à cela ne tienne, elle avait gravi les escaliers à grandes enjambées jusqu'à la chambre de son invité malpoli... et trouvé la porte ouverte... Elle avait tout de même frappé avant de jeter un œil à l'intérieur, pour découvrir que la pièce était vide, ainsi que la salle de bain adjacente. Il était parti.

Non mais quel crevard ! Ragea-t-elle en tapant du pied et marmonnant une série d'insultes bien colorées. Aucune considération pour les autres ! Qu'allait-elle bien pouvoir faire d'un ingrat pareil ? Si elle le mettait à la porte il risquait de raser une partie du continent comme il l'avait promis, avec elle, sa famille et les pauvres nameks par la même occasion. Il l'avait insultée comme personne n'avait jamais osé le faire, et n'avait manifestement aucune intention de se faire pardonner. Il n'en avait tout simplement absolument universellement rien à foutre !

Sauf qu'il ne savait pas qu'il avait affaire à Bulma Brief.

Et que Bulma Brief la géniale ne laisse jamais tomber. De gré ou de force il allait bien devoir se socialiser un minium, et lui accorder sa revanche.

Et d'ici-là, elle n'avait plus qu'à s'entraîner...

En tournant les talons, elle jeta un dernier regard à la chambre. Si elle ne savait pas que quelqu'un dormait là, elle aurait pu croire que la chambre était inoccupée. Elle était aussi vide que plusieurs semaines auparavant lorsqu'elle l'avait mise à la disposition du saiyan. Sauf les draps, qui étaient repoussés au pied du lit... Le lit qui d'ailleurs était bizarre... Il semblait plus bas. Qu'avait-il fait ?

Les pieds ! Il avait coupé les pieds du lit !

Curieuse, Bulma s'approcha pour inspecter le meuble. Oui, sans aucun doute, les quatre pieds avaient disparu, laissant place à une trace noire comme si le bois avait été chauffé à forte température. Il avait dû utiliser son ki pour couper les pieds, devina-t-elle. Mais pourquoi ? Peut-être que les lits étaient comme ça chez lui ? Il n'avait tout de même pas le vertige ? Non c'était stupide.

Regardant autour d'elle, Bulma découvrit des morceaux de bois entassés lamentablement dans un coin de la pièce. Apparemment, il ne s'était même pas donné la peine de les jeter. Il s'agissait des pieds manquants du lit, mais deux d'entre eux étaient brisés au même endroit. Étrange...

Elle se remémora soudain son propre lit qu'elle avait dû remplacer le premier jour après son retour de Namek, parce que son très aimable invité saiyan avait donné des coups de pied dedans pour la réveiller... Cette fois-là aussi deux des pieds du lit avaient été brisés... Donc il avait cassé les pieds de son lit, et au lieu de venir en demander un nouveau, ou qu'on le lui répare, il avait coupé les pieds ? Ça se tenait.

OK. Mais comment avait-il fait pour briser les pieds d'un lit en bois massif de presque dix centimètres d'épaisseur ? Il n'avait tout de même pas donné des coups de pied dedans exprès ? Non, sinon le lit serait en miettes. Et s'il avait cherché à réveiller quelqu'un dedans... mais qui ? Peut-être avait-il un sommeil agité ? … Hum, la fois où elle l'avait vu dormir, il s'était retourné brusquement, et rien que cela avait fait trembler le lit... Peut-être...

Peut-être tenterait-elle de lui poser la question si l'occasion s'en présentait ?

Songeuse, et préparant déjà ses répliques pour la prochaine discussion (ou peut-être affrontement serait-il un terme plus juste ?), Bulma ramassa les morceaux de bois et sortit de la pièce. Théoriquement, et vu la routine qu'il avait prise, il allait revenir dans trois ou quatre jours. Elle avait tout son temps.

ooooo

Putain qu'est-ce que je fous là ? Je suis l'être le plus puissant de l'univers... Transformer en super-saiyan... Vaincre Karkarott... S'entraîner tranquille... Qu'est-ce que je fous ici ?.. J'ai faim... Plus que 68 jours terriens avant la réactivation des dragon balls... Super saiyan...

Tout en continuant de réduire consciencieusement peu à peu la banquise du pôle sud en miettes, jour après jour, et dans la pénombre permanente de l'hiver austral, Végéta réussissait de moins en moins bien à diriger ses pensées vers autre chose que ses sombres ruminations. Il avait attendu toute sa vie le jour où Frieza serait mort, et voilà que ce jour était arrivé, et qu'il n'avait qu'une envie c'était d'attendre avant de prendre le contrôle de l'univers. Attendre d'être plus fort, et attendre d'avoir affronté et vaincu son rival qui lui avait volé le coup final... Ce sur quoi il avait échoué. Rien que de se rappeler du nombre de défaites qu'il avait dû encaisser les derniers jours avant d'arriver sur Terre, il se mettait à crier de rage et pulvérisait l'iceberg avec lequel il était en train de s'entraîner. Ça ne marchait plus. Il résistait mieux au froid, la glace ne pesait presque rien même par blocs entiers, il avait du mal à se concentrer.

Même la nuit dans ses rêves la voix glacée de Frieza le poursuivait : « On dirait que tu as oublié combien je peux être terrifiant. »

Rageant à nouveau, il se concentra et envoya une énorme boule d'énergie vers la montagne la plus proche, de laquelle il ne resta plus qu'un cratère rempli de glace fondue. Cela ne le calma qu'un peu. Il n'était parti s'entraîner que depuis à peine deux jours, mais il avait déjà faim, sommeil, et besoin de se changer les idées. Apparemment, son corps se réglait lentement sur les cycles terrestres : il dormait moins longtemps, avait moins faim mais plus souvent. Si cela continuait, il allait finir par dormir toutes les nuits et manger aux mêmes horaires que les terriens... Pfff ! Quel temps perdu !

C'est à ce moment de ses réflexions qu'il se rendit compte qu'il était en train de voler en direction du bâtiment où il logeait...

Bon, après tout peut-être réussirait-il mieux à se concentrer quand il aurait l'estomac plein ?

ooooo

C'était une fin d'après-midi tranquille, et Bulma essayait laborieusement d'expliquer les règles du oorlog à ses camarades verts, tous confortablement installés dans le jardin intérieur. Ce n'était pas chose facile au vu de la complexité des règles d'une part, mais aussi parce que les nameks semblaient bizarrement moins intéressés par ce jeu que par n'importe quel autre jeu terrien.

Et c'était sans compter Kiki. Ce charmant animal domestique tournait depuis près d'une heure autour de Bulma en espérant jouer avec elle et tentant d'attirer son attention par tous les moyens possibles. Il entrait dans son champ de vision, bousculait sa chaise, courait autour de la table, puis revenait à côté d'elle avec son os dans la bouche en espérant qu'elle accepte de le lancer. Ce qui, au contraire, agaçait Bulma qui essayait de se concentrer pour saisir la profondeur de son nouveau jeu. Ne pouvait-il pas jouer avec les trois enfants namek qui depuis leur arrivée essayaient de l'approcher ? Mais non. Le tyrannosaure ne voulait jouer avec personne d'autre qu'elle.

Lasse, elle attrapa l'os pour la dixième fois de l'après-midi, et le lança aussi loin qu'elle put. Kiki partit aussitôt en courant après, faisant tout trembler sur son passage, les trois enfants namek sur ses talons. Bon, elle était tranquille pour 2 minutes. Elle retourna son attention sur le plateau de jeu en face d'elle et déplaça une de ses pièces avec laquelle elle attaqua l'un des pions de l'équipe adverse. Le namek assis en face d'elle plissa les yeux et lui lança un petit sourire fataliste. Les deux autres qui observaient le jeu d'un air très tendu hochèrent la tête de concert. Bulma sourit fièrement et s'appuya au dossier de sa chaise. Le jeu était complexe, mais passionnant. Si seulement son adversaire pouvait être plus rapide à jouer et plus offensif... Il mettait environ 5 minutes à réfléchir avant de jouer chaque coup...

Soudain, surgie de nulle part, une armure trouée lui barra la vue, avec vue imprenable sur de sublimes muscles abdominaux à peine cachés par une paire de bras croisés.

« Oua ! » Glapit-elle en frôlant la crise cardiaque. Et de surprise elle recula, ce qui eut pour effet de la faire tomber à la renverse sur le dossier de sa chaise. Une fois par terre, elle leva les yeux énervée vers la paire d'yeux noirs en face d'elle. « Végéta ! Qu'est-ce que tu...

-Qu'est-ce que tu as été foutre dans ma chambre, humaine ?

-Ein ?

-Ne m'oblige pas à me répéter, ton odeur empeste toute ma chambre, qu'est ce que tu as été y foutre ? »

Interloquée, Bulma le regarda un instant sans comprendre. Qu'est-ce qu'il avait ? Et que faisait-il là à une heure pareille ? On ne le voyait presque jamais en présence des autres, et il n'était encore jamais entré dans le jardin intérieur. Elle l'avait cherché dans sa chambre il y a deux jours... L'odeur ? Mouais, ça paraissait logique, Son Goku aussi avait un sens de l'odorat extrêmement développé.

« Bah je te cherchais bien sûr ! Répliqua-t-elle. Je ne vais pas jusqu'au cinquième étage pour faire un footing figure-toi ! Tu me dois toujours une partie de oorlog ! Ça ne se fait pas de poser un lapin à une jolie fille comme moi !

-Femme, au cas où j'aurais pas été assez clair, je t'ai dit que je n'ai pas envie de perdre mon temps avec tes conneries !

-Et moi il me semble t'avoir entendu dire que si j'étais en mesure de fabriquer un plateau de jeu digne de ce nom tu m'accorderais une revanche ! Riposta-t-elle en tentant de reculer sur ses coudes pour se dégager de sa chaise tombée.

-Ça n'explique pas pourquoi tu es entrée dans ma chambre, para-t-il.

-Bah, ta porte était ouverte. Si tu ne veux pas qu'on entre, je t'ai installé un verrou il me semble. Et ne dévie pas le sujet s'il te plaît ! Puisque tu es là, tu as bien le temps de faire une partie avec moi, non ?

-Hm ! Ricana-t-il. Non. »

Sur ce, Végéta tourna les talons, et s'éloigna vers la porte.

Il avait juste voulu savoir pourquoi sa chambre sentait l'odeur de l'humaine. Si elle y avait été pour chercher des informations sur lui, elle aurait rougi ou changé d'odeur ou ses paupières se seraient tendues. Là, elle disait la vérité. Maintenant qu'il avait sa réponse, il n'avait pas envie de rester une minute de plus en présence de tous ces hommes-grenouille, c'était trop tentant de les tuer.

Mais sa route fut bloquée par la patte d'un dinosaure carnivore d'environ dix mètres de haut qui le regardait droit dans les yeux avec grand intérêt.

ooooo

« Quoi ? Cracha Végéta. Tire-toi de mon chemin, le lézard, ou je vais te réapprendre ta place dans la chaîne alimentaire !

-Kiki, intervint Bulma inquiète (pour son tyrannosaure plus que pour le saiyan), Végéta est un ami, tu peux le laisser passer. »

Kiki attaquait tous les gens qui n'étaient pas entrés dans la maison pour la première fois en compagnie de Bulma ou de ses parents. C'était très pratique contre les voleurs. Sauf qu'apparemment, elle avait oublié de lui présenter Végéta...

Mais elle se trompait.

Au bout de trois secondes pendant lesquelles les deux prédateurs se sondèrent du regard, Kiki baissa la tête et déposa aux pieds du saiyan un os plus gros qu'un tibia.

« Ein ?! S'exclama Bulma

-Ein ? S'écrièrent en chœur les trois enfants namek qui avaient arrêté d'essayer de courir derrière le tyrannosaure pour rester à distance.

-Quoi ? » Claqua Végéta agacé.

Au bout de trois autres secondes, Bulma se mit à pouffer puis à rire sans plus réussir à se dissimuler : « Végéta, j'ai l'honneur de t'annoncer que Kiki veut jouer avec toi !

-Quoi ?

-C'est son os à jouer. Il veut que tu le lances pour qu'il aille le chercher. C'est incroyable, d'habitude il ne veut jouer avec personne d'autre que moi !

-Tu m'en vois ravi, ironisa-t-il. Moi qui croyais que vous aviez touché le fond avec les félins domestiques ! Fais tout de suite dégager cette ignominie de mon chemin si tu ne veux pas que je le transforme en brochette. J'ai faim.

-Du calme, du calme. Le moyen le plus rapide pour le faire partir c'est de lancer l'os.

-Hmf ! Ricana-t-il en croisant à nouveau les bras. Tu ne t'attends quand même pas à ce que je le fasse, j'espère ?

-Non, mais...

-Tant mieux. » Conclut Végéta. Une fraction de seconde plus tard, le gigantesque tyrannosaure perdait l'équilibre et s'effondrait lamentablement au sol alors que Végéta venait de soulever celle de ses pattes qui bloquait l'accès à la porte. Il posa la main sur la poignée puis se retourna, et regarda Bulma d'un air soupçonneux, comme s'il s'attendait à ce qu'elle fasse quelque chose. Elle s'apprêtait à lui demander ce qu'il avait, lorsqu'il posa sa question en levant un sourcil : « Tu me laisses partir sans m'emmerder cette fois ? »

Elle leva la tête d'un air fier et croisa les bras : « Ne t'inquiète pas, je préfère juste te laisser manger avant de te défier, sinon tu serais capable de dire que tu as perdu à cause de ton estomac.

-Dans tes rêves ! » Nargua-t-il en ouvrant la porte, sans prêter attention au pauvre tyrannosaure qui venait de se relever pour déposer à nouveau l'os à ses pieds, avec espoir. Végeta s'en fut.

Très fière d'elle-même, Bulma souriait d'un air maléfique en regardant la porte se refermer. Elle n'aurait tout de même pas donné cette facilité à Végéta d'être prévisible !

À côté d'elle, Kiki reniflait le mur d'un air perplexe, semblant se demander où était parti son nouvel ami. Elle se retourna pour reprendre sa partie avec ses amis nameks...

Ils étaient tous partis ! Seule sa mère arrivait en courant, mais trop tard pour faire la conversation au joli saiyan.

Évidemment... Songea Bulma en levant les yeux au ciel. Quelle bande de froussards ! Ils ne voyaient donc pas que Végéta était sous contrôle ? Elle maîtrisait parfaitement la situation !

Mais si enfin !

« Oh, il est déjà parti ? Regretta madame Briefs en arrivant près de sa fille

-Oui, il avait juste une question à poser. Répondit celle-ci d'un air neutre.

-Oh, quel dommage ! Il aurait tout de même pu en profiter pour passer quelques minutes avec nous ! Que peut-il bien faire de ses journées ce pauvre charmant jeune homme ?

-Maman ! Comment tu fais pour le trouver charmant ? Il n'a pas l'intention de passer du temps avec nous. il explore la Terre tout seul d'après ce que j'ai compris...

-Tout seul ? Mais comme c'est triste ! Tu ne lui as pas proposé de l'accompagner ? Tu pourrais lui faire une visite guidée, je suis sûre que ça vous rapprocherait de passer du temps ensemble !

-Maman, arrête avec ça ! Si il voulait passer du temps avec quelqu'un il le ferait savoir. Quand il a vu quelque chose qu'il ne comprend pas, il me pose la question et voilà ! Ça se voit pas que ce type est un solitaire ? Laisse-le un peu tranquille !

-Un solitaire ? Oh comme c'est mystérieux ! Ça donne envie d'en savoir plus sur lui, tu ne trouves pas ? » Taquina-t-elle.

Si bien sûr, songea Bulma, mais jamais elle ne le dirait à sa mère ! « Mauvaise idée maman. Oublie ça d'accord ? Ce type est un peu dangereux tu sais. » Et un peu dangereux était un euphémisme.

« Oui, je sais, mais je suis sûre que vous vous découvririez plein de points en commun ! Continua de s'enthousiasmer sa mère.

-Quoi ?! Non mais oh ! Qu'est-ce qui te fait dire ça ? Se vexa Bulma.

-Hohoho ! S'amusa la blonde. Ça se voit c'est tout ! Je ne sais pas quoi, mais Kiki l'a vu aussi.

-Kiki ? Toussa sa fille.

-Oui, tu ne trouves pas ça bizarre qu'il ait voulu jouer avec Végéta alors que d'habitude il ne veut jouer qu'avec toi ?

-Non mais je rêve, c'est ça ton argumentaire ? Maman, les dinosaures ne sont pas connus pour être des champions de logique ni de psychologie tu sais.

-Oh ? C'est que ce point commun est évident alors !

-Et c'est quoi d'après toi ?

-Euh...

-Tu vois ! La coupa sa fille. Il n'y a aucun point commun entre moi et cet asocial grognon ok ? »

Ceci dit, l'asocial grognon lui devait une revanche, et elle l'aurait.

ooooo

Ce fut exactement à la fin de son repas, comme si elle l'avait espionné, que la folle aux cheveux bleus revint à l'assaut. Munie d'une sorte de boîte plate avec une poignée de chaque côté. Elle s'assit à table en face de lui, une lueur de défi dans les yeux. Il ne daigna même pas la regarder en retour, trop occupé à finir le dernier plat sur la table (qui s'avérait être une entrée, puisqu'il avait commencé par le dessert, mais quelle importance ?).

Sans un mot, elle saisit les deux poignées de son dispositif et tira. Celui-ci se sépara en deux moitiés, et entre les deux apparut une sorte de damier en trois dimensions composé de triangles. Plus l'espacement entre les deux plaques grandissait, plus l'hologramme augmentait de taille proportionnellement.

« Alors, est-ce que le plateau de jeu ressemble bien à ça ? » Demanda Bulma, fièrement.

Il leva brièvement les yeux vers le dispositif. C'était le même que celui qu'il avait vu sur la table en face d'elle une heure auparavant lorsqu'il était entré dans le jardin intérieur. Et ça ressemblait effectivement à un plateau de oorlog. Mais si le plateau de jeu était correct, il se demandait combien de pièces différentes elle avait bien pu mémoriser. Pas toutes, c'était certain.

Quoi qu'il en fut, cette fille le faisait chier. Il n'avait pas envie de perdre son temps avec elle, même si le oorlog était connu pour aiguiser et distraire l'esprit à la fois. Elle n'était probablement pas de taille à lui offrir une réelle distraction de toutes manières.

« Dans quelle langue il faut te le dire, humaine ? Cracha Végéta. Tu-m'em-mer-des ! T'sin jiychtka Tsa ! Rlrlottosso uuyio !

-Oh ? C'était quoi ces langues-là ? S'intéressa-t-elle poliment.

-Universel, saiyan et cold. J'en connais deux ou trois autres aussi si jamais t'as pas compris.

-Universel ? Cette langue se parle ailleurs que sur Terre ?

-Comment tu crois qu'on parlerait la même langue sinon idiote ? J'ai autre chose à foutre que de m'amuser à apprendre toutes les langues locales des planètes que je traverse. Surtout si c'est pour les détruire.

-Ah oui, c'est logique... Songea-t-elle à voix haute. Je n'y avais jamais pensé, on ne parle pas d'autre langue sur Terre. Sauf peut-être dans quelques ethnies reculées, mais... Eh ! Où tu vas ? »

Végéta s'était levé et s'en allait d'un pas décidé vers sa chambre pour y faire une sieste avant de retourner s'entraîner.

Sauf que bien entendu, cette espèce de harpie ne le laisserait pas partir si facilement : « Bah ! Et ne me réponds pas surtout ! C'est vrai quoi, te gêne pas pour moi ! J'étais juste en train d'essayer de converser poliment, et tu t'en vas comme ça ? Non mais oh ! Pour qui tu me prends ?

-La question serait plutôt pour qui toi, tu me prends ! » Lança Végéta par dessus son épaule avant de s'envoler vers le haut des escaliers sans plus un regard.

Bulma resta seule à fulminer, assise à la table que les robots ménagers avaient commencé à débarrasser. Comment ça pour qui elle le prenait ? Il voulait le savoir ? Elle le prenait pour un gros malpoli asocial grognon bourrin terrifiant méchant aux yeux super-profonds et avec des abdos de fou ! ... Mais pour les yeux et les abdos ça ne comptait pas ! Elle aussi avait encore quelques atouts à jouer pour l'obliger à s'asseoir face à elle !

Goujat !

ooooo

Végéta se réveilla quelques heures plus tard au soir tombant, avec une nouvelle idée en tête. C'était son passage dans le jardin intérieur qui l'avait inspiré. Il avait jeté un coup d'œil rapide et mémorisé chaque détail. Tous les hommes-grenouille occupaient leur temps à des choses aussi ridicules qu'inutiles. Sauf un. Il avait reconnu, isolé des autres, le guerrier namek qu'il avait combattu sur Terre et qui avait été ressuscité sur la planète Namek. Assis en tailleur, à léviter à quelques centimètres au dessus d'une étendue d'eau, les yeux fermés. Et son ki variait sans arrêt d'intensité et de forme.

Méditer. Voilà une activité à laquelle Végéta ne s'était pas adonné souvent, étant d'une nature plutôt impatiente. Mais cela prenait tout son sens maintenant qu'il avait appris à ressentir les kis des autres êtres vivants, et le sien par la même occasion. De plus, si cette activité se pratiquait sur Terre, alors Karkarott devait être passé par là aussi. Donc cela devait avoir d'autres avantages qu'il se devait de découvrir.

Sans y réfléchir une seconde de plus, il avait sauté par sa fenêtre, sans déverrouiller la porte de sa chambre. Ce jardin extérieur semblait un endroit tranquille. Pas besoin de s'embêter à aller plus loin.

Il se trompait.

ooooo

Depuis sa dernière rencontre avec Végéta, Bulma calmait ses nerfs dans son laboratoire personnel. Ici, personne ne venait la déranger, et elle était en mesure de contenir son énervement en utilisant une partie de son cerveau génialissime pour fabriquer de nouvelles machines. Elle testait une nouvelle sorte de générateur pour reproduire l'énergie du ki à partir d'énergie électrique. Encore une fois, elle venait d'inventer un générateur extrêmement puissant, mais qui ne produisait pas la bonne énergie. Une bombe en sorte. À moins que son père n'ait envie d'inventer des machines nécessitant énormément de puissance, ceci ne servait donc à rien. Elle lui passerait le prototype.

Soupirant, Bulma ouvrit la cabine d'isolation de la machine servant à mesurer la puissance du ki dans laquelle était posé l'objet. C'était la même machine qu'elle avait créée pour y faire entrer les nameks et mesurer ce qui se passait lorsqu'ils utilisaient leurs pouvoirs pour se faire apparaître les vêtements qu'ils voulaient.

Les vêtements qu'ils voulaient ! Quelle chance ! Quelle machine merveilleuse ce serait de pouvoir reproduire ce pouvoir !

Songeuse, elle ramassa son prototype de générateur dans la cabine et l'éteignit. Peut-être pourrait-elle se créer un véhicule avec une hyper-propulsion avec ça...

C'est à cet instant que les capteurs de la machine (celle qui mesurait le ki) se mirent à grésiller et produire des étincelles. Surprise, Bulma leva les yeux, mais le phénomène dura trois secondes avant de cesser. Que s'était-il passé ? Elle avait bien éteint son générateur. Par contre, elle avait laissé la machine-détecteur allumée. Et la cabine d'isolation ouverte. La machine avait donc peut-être mesuré une puissance compatible... Ce qui n'expliquait pas pourquoi les capteurs s'étaient mis à grésiller.

Elle referma donc la porte de la cabine d'isolation et se dirigea vers son ordinateur pour en avoir le cœur net. Elle ne vit pas la deuxième série d'étincelles qui apparaissaient sur les capteurs.

Son écran d'ordinateur indiquait bien avoir enregistré une puissance, mais elle dût reconfigurer l'affichage des graphiques pour réussir à visualiser l'enregistrement : un pic d'énergie stable pendant trois secondes, et d'une puissance près de mille fois supérieure à celles qu'elle avait enregistrée sur ses cobayes namek. Pas étonnant que ses capteurs aient fait des étincelles !

En observant plus attentivement ses graphiques, elle découvrit que dix secondes plus tard, le même phénomène s'était produit de façon atténuée : il y avait eu un deuxième pic d'énergie beaucoup plus faible. Et un nouveau était en train d'être enregistré !

Étonnée, Bulma observa un instant les pics d'énergie qui s'enregistraient l'un après l'autre sur son ordinateur. Chacun durait trois secondes, et il s'écoulait dix secondes entre chaque. Et chaque pic était plus puissant que le précédent (à l'exception du premier qui avait été enregistré lorsque la cabine d'isolation était ouverte). Quoi ou qui pouvait bien émettre cette énergie ? Elle savait qu'elle ne pouvait pas mesurer l'énergie de Piccollo à cette distance, puisqu'elle était située dans un bâtiment isolé de la maison, et qu'elle ne l'avait jamais mesurée jusqu'alors.

Presque inquiète, elle jeta à nouveau un œil à sa machine, pour découvrir que les capteurs de ki produisaient à nouveau des étincelles. Peut-être pouvait-elle tout de même aller jeter un œil dans la maison ?

Pourvu qu'il ne se passe rien de mal !

Tentant d'oublier le goût acre qu'elle sentait dans sa bouche, elle éteignit la machine-détecteur, puis se dirigea d'un pas rapide vers le bâtiment principal de Capsule Corporation.

Une fois arrivée, Bulma glissa la tête dans l'entrebâillement de la porte qui menait au jardin intérieur, et y trouva les nameks et ses parents jouant au golf dans la partie prairie, Pua'r assis sur une branche et plongé dans ses réflexions, une bande d'enfants et de quelques adultes nameks occupés à jouer aux cartes avec beaucoup d'enthousiasme, et, tout au bout du jardin, cinq guerriers nameks qui s'entraînaient entre eux sous le regard sévère de Piccollo debout à côté d'eux.

Rien d'anormal.

Deux chiens se précipitèrent vers elle en aboyant gaiement pour réclamer quelques caresses. En les entendant, plusieurs personnes tournèrent la tête et l'accueillirent joyeusement.

« Coucou ma chérie ! S'exclama sa mère. Tout va comme tu veux ? Végéta a-t-il enfin accepté de jouer avec toi ?

-Non, pas encore, répondit Bulma en entrant dans le jardin. J'étais occupée dans mon laboratoire à tester une nouvelle machine.

-Ah ? S'intéressa son père en levant la tête de sa balle de golf dans laquelle il s'apprêtait à taper. Est-ce que tu avances pour ton idée de générer une énergie similaire au ki ? (son club de golf frappa dans le vide)

-Toujours pas, mais j'ai des enregistrements bizarres, alors je venais voir si tout allait bien.

-Oui, tout va bien ma chérie. Rassura madame Briefs.

-Des enregistrements bizarres dis-tu ? Demanda son père. De quelle nature ? (Il regarda par terre à droite et à gauche, cherchant, en se grattant la tête, sa balle de golf qui n'avait pas bougé)

-Je les ai enregistrés avec mon détecteur à ki, répondit Bulma, même à travers la cabine d'isolation, donc ça doit être très puissant. Je venais voir si ça ne venait pas d'ici.

-Ah bon ?

-Non, ça ne doit pas venir d'ici, répondit l'un des nameks.

-Non, ça vient de là-bas. Lança Piccollo depuis l'autre bout du jardin, et en pointant son bras dans une direction. Et si j'étais toi, j'éviterais d'aller voir. La plupart du temps, une personne dérangée dans sa méditation est de très mauvaise humeur. » Puis, sa phrase terminée, il lui lança un regard appuyé puis se retourna à nouveau vers les combattants qui reprirent leur entraînement.

« Ein ? Lança Bulma à son attention. Comment ça ? Qu'est-ce que tu veux dire ? » Il ne répondit pas. Elle tourna la tête vers les autres. Sa mère hocha les épaules, son père regardait d'un air perplexe la balle de golf à ses pieds, les nameks les plus proches souriaient d'un air d'excuse.

« Puisque vous êtes là mademoiselle Bulma, vous n'en profiteriez pas pour faire une partie de cartes avec nous ? Offrit l'un d'eux avec un grand sourire.

-Non, merci. Sourit-elle. Je vais essayer d'avancer encore un peu mes recherches, mais je repasserai plus tard ne vous en faites pas.

Elle songeait à ce qu'avait dit Piccollo. Ça venait de là-bas ? Ne pas déranger, méditation ? Mauvaise humeur ? … Donc Végéta était pas loin, dans cette direction, et en train de méditer ! Donc elle allait pouvoir aller le voir ! Parfait !

Sans plus un mot, Bulma ricana et sortit du jardin intérieur, plantant là toutes les personnes avec qui elle avait été en train de discuter. Elle s'arrêta dans le salon et claqua des doigts. Elle allait pouvoir mettre son plan en œuvre.

ooooo

Il la sentit parfaitement arriver. Il sentait tout, par le ki et par l'odeur. L'arbre derrière lui, l'herbe et le sol à dix centimètres sous lui, les nameks et les humains à l'intérieur de la maison, tous les terriens de la ville alentours, la faune volante au dessus... Merde, qu'est ce que c'était chiant de méditer !

Il ne bougea pas. Il tenta de se reconcentrer sur son propre ki. Ne pas ouvrir les yeux. Garder son calme et sa concentration. Gérer les flux, les amplifier, les diminuer, augmenter la puissance, la diminuer, augmenter, diminuer. Et tout sentir alentours.

Tout sentir, mais pas ces odeurs envoûtantes qui s'approchaient de lui. Qui s'arrêtaient à cinq mètres de lui. Se posaient sur le sol.

Végéta sentait l'odeur de l'humaine, et surtout celle de la nourriture. Il savait qu'elle s'était assise à proximité de lui, et qu'elle n'était pas offensive. Pas offensive ? Non ? Donc elle était juste là pour le faire chier ! Il avait déjà assez de mal à se concentrer comme ça, sans avoir cette bavarde à côté de lui ! Et encore moins de la nourriture ! Que faisait-elle d'ailleurs ? Pourquoi était-elle accompagnée d'une odeur aussi appétissante ? À moins d'avoir apporté un plateau entier de nourriture sucrée, comment était-ce possible ?

Crunch crunch crunch.

Ça sentait les fruits rouges et le sucre.

Végéta s'apprêtait à envoyer une boule d'énergie en face de lui sans y réfléchir davantage, mais l'un de ses yeux s'entrouvrit inconsciemment...

Ce n'était pas un, mais deux plateaux entiers recouverts de gâteaux fumants empilés en grandes quantités dans un équilibre précaire.

Et il n'allait tout de même pas pulvériser de la nourriture...

Même s'il aurait bien voulu pulvériser celle qui était assise dans l'herbe à côté du plateau, en train de manger un gâteau d'un air parfaitement relaxé.

« Humaine, dégage immédiatement. » Imposa-t-il d'une voix basse qui laissait poindre la menace contenue.

Elle tourna vers lui son large sourire et ses grands yeux bleus qui pétillaient de malice. Lentement, elle fit glisser vers lui l'un des plateaux, aussi loin qu'elle put : « Si tu en veux, n'hésite pas, je crois que j'en ai fait un peu trop pour moi. »

Elle se foutait de sa gueule ? Un peu trop pour elle ? Elle n'espérait tout de même pas lui faire croire qu'elle venait s'asseoir à côté de lui comme par hasard, avec une quantité de gâteaux importante comme dix fois la capacité de son estomac d'humaine, et qu'elle ne le faisait pas exprès ? « Qu'est-ce que tu veux ? » Aboya-t-il en ouvrant enfin vers elle ses yeux noirs.

« Ma revanche. Répondit-elle tout aussi franchement et soutenant son regard.

-Va te faire foutre.

-C'est pas très gentil de dire ça. » Remarqua-t-elle en prenant un deuxième gâteau dans le plateau resté près d'elle, et s'appuyant dans l'herbe sur son coude. « Tu sais...

-Je m'en fous, dégage.

-Allez. Tu donnes toujours l'impression d'être sur les nerfs...

-C'est le cas.

-Eh bien ça te ferait pas de mal de te détendre un peu alors ! D'ailleurs, c'est ce que tu as l'air d'être d'être en train de faire, donc je me suis dit...

-Je ne suis pas en train de me détendre, je médite imbécile ! Cracha-t-il. Je ne t'ai rien demandé, alors fiche le camp avant que je ne m'énerve vraiment. »

Elle le dévisagea un moment d'un air neutre, avant de sembler changer de tactique. Elle se déplaça prudemment vers le plateau qu'elle avait fait glisser vers lui, et pointa l'un des gâteaux. « Ça c'est des cookies, je ne pense pas qu'on t'en ait fait encore. C'est super bon. Ça c'est des muffins. Là des beignets à la framboise, mes préférés. Ici les beignets aux pommes, et là les tartelettes aux fraises. Ça c'est des brownies, là des mini meringues, et ça des petits gâteaux à l'amande amère, là à la noix de coco, et là au citron.

-Qu'est-ce que ça peut me foutre ? Claqua-t-il en tentant d'oublier son estomac qui se mettait à grogner.

-Disons que j'essaie de te faire découvrir les merveilles de la Terre. Répondit-elle d'un air innocent. Comme ça t'auras peut-être moins envie de la détruire. »

Ce fut le tour du saiyan de la dévisager d'un air sérieux. Une nouvelle négociation ? Une tentative de manipulation ? C'était dans sa nature semblait-il. Il détestait ça. Enfin, quand ce n'était pas lui qui manipulait les autres il détestait ça.

« Tu n'espères quand même pas m'amadouer avec de la bouffe, femme ? » Grogna-t-il. Ça c'était déjà fait, ajouta-t-il pour lui-même.

« Non, bien sûr, tu n'es pas assez bête pour ça. Concéda-t-elle sans lâcher son sourire séducteur. Mais ça me semblait un bon début pour te prouver que la Terre et ses habitants ont plus de valeur que tu ne sembles vouloir leur en accorder. » Ce disant, elle détacha son regard pour se retourner et prendre un troisième gâteau dans le plateau resté derrière elle, elle hésita un moment entre deux avant d'en choisir un, puis se retourna à nouveau vers lui. Bizarrement il n'avait pas encore répondu...

Ou peut-être pas si bizarrement après tout, puisqu'en fait il tenait un cookie dans sa main et le flairait avec méfiance. Il leva vers elle un regard sombre, bientôt suivi de son typique sourire carnassier : « La valeur de la Terre ein ? » Il engloutit le biscuit d'une seule bouchée, et le mastiqua trois secondes avant de l'avaler et d'ajouter d'un air pensif : « Ouais, je ne pense pas que je pourrais en tirer un très bon prix, mais je mettrais peut-être quand même au moins trois millions ou trois millions et demi de lingots... Peut-être qu'en la vendant en tant que planète-ressource à esclaves elle vaudrait dans les quatre millions... » Si elle voulait jouer à ça, tant pis pour elle.

Le regard qu'elle lui envoyait à présent n'avait pas de prix, il ricana. Telle était prise qui croyait prendre. Elle semblait tout simplement horrifiée : « Tu... tu vendrais la Terre ? Comme ça ? Pour de l'argent ?

-C'est ce que j'ai toujours fait. Répondit-il d'un ton neutre. Purger des planètes pour les vendre à d'autres une fois nettoyées. Quel dommage, ta race n'aura même pas le temps de passer à l'ère spatiale !

-Ça c'est toi qui le dis. Contra-elle en reprenant un peu d'assurance. Mais même si tu essaies de raser la Terre un jour, Goku ne te laissera pas faire.

-Pour l'instant il est mort. Constata-t-il.

-Oui, mais pas pour longtemps grâce à toi.

-Tsss ! Pour me laisser le plaisir de le re-tuer moi-même !

-Hm ! Même si c'est le cas – et excuse-moi mais j'en doute – ça me laisse le temps de te donner un peu plus d'estime pour la Terre.

-Avec des gâteaux empoisonnés ? Ironisa-t-il.

-Hein ? »

Végéta ricana, et passa de sa position assise en tailleur dans les airs à une position debout, sans décroiser les bras. « Tu pensais vraiment m'avoir avec une ruse aussi simpliste ?

-Quoi ? Mais non, je ne...

-Pauvre idiote, je t'ai dit que je savais détecter les poisons dans la bouffe ! Tonna-t-il en s'avançant vers elle.

-Mais enfin non ! J'ai pas mis de poison, espèce de parano ! S'écria-t-elle en levant les bras au ciel

-Ah bon ? Siffla-t-il d'un air moqueur en penchant son visage vers elle pour paraître plus menaçant. Et c'est quoi ÇA alors ? »

Elle suivit du regard la direction indiquée par son doigt : « Les gâteaux aromatisés ? Ben quoi ? »

Il soupira d'agacement. Si cette crétine d'humaine voulait jouer, elle allait perdre !

Il s'accroupit face à elle et tendit la main vers le plateau posé au sol. Il prit un des gâteaux empoisonnés, et le tendit vers elle avec un air plus maléfique que jamais : « D'après toi ils sont pas empoisonnés ein ?

-Bien sûr que non ! Pour qui tu...

-Eh bien vas-y, mange ! »

Première seconde. Regard surpris.

Deuxième seconde. Regard soupçonneux.

Troisième seconde. Regard de défi.

« Je les ai faits moi-même, répondit-elle, je sais ce qu'il y a dedans, mais si ça peut te rassurer... »

Elle leva la main vers le gâteau qu'il lui tendait, mais, de son autre main, Végéta lui saisit le poignet : « Pas d'arnaque, humaine. Si tu penses vraiment pouvoir manger ça sans crever ouvre la bouche ! »

Il vit une lueur de défi flasher dans son regard bleu.

Elle ouvrit la bouche.

Lentement, il avança le gâteau vers cette faible humaine assise au sol, en se demandant si elle allait se laisser crever par fierté où si elle avait une autre ruse prévue. Elle mordit dedans une aussi grosse bouchée qu'elle put, puis sans le quitter du regard, mastiqua et avala le gâteau : « Voilà, t'es content ou il faut que je mange le reste pour te rassurer ? »

Il ne répondit pas. Il comptait les secondes dans sa tête.

Puis il fronça les sourcils. Elle aurait déjà dû s'effondrer.

Sans prévenir, il colla le reste du gâteau contre la bouche de l'humaine. Elle l'accepta, le mastiqua, et l'avala sans répliquer. Il compta à nouveau. Rien.

« Je n'essaie pas de t'empoisonner Végéta. » Affirma-t-elle d'une voix posée.

Si, elle essayait vraiment de l'empoisonner ! Songea-t-il. Elle pouvait avoir un gadget scientifique dans l'estomac pour la protéger du poison ! Ou peut-être les humains y étaient-ils naturellement résistants ?

Puis soudain les yeux bleus s'écarquillèrent.

Pendant une fraction de seconde, Végéta crut que le poison avait finalement fait effet.

Sauf que une seconde plus tard, l'humaine parlait à nouveau : « L'amande amère !

-Quoi ? Claqua-t-il agacé.

-L'amande amère a la même odeur que le cyanure, un poison puissant ! C'est pour ça que tu as cru que j'essayais de t'empoisonner ! »

Il fronça les sourcils. Elle éclata de rire en s'appuyant à nouveau sur ses mains dans l'herbe. « Eh relax monsieur parano ! Ça n'avait aucun sens que j'essaie de t'empoisonner ! Si j'avais voulu le faire, je l'aurais fait dès le début au lieu de ruiner ma famille dans les achats de nourriture ! Et puis Goku s'est donné assez de mal à nous dire qu'il t'avait laissé partir la dernière fois, juste pour le plaisir d'avoir sa revanche contre toi ! C'est quand même pas moi, sa meilleure amie, qui vais le priver de ce plaisir ! Et en plus... -elle le regarda d'un air malicieux- à moi aussi tu me dois une revanche. »

Végéta rageait. Quel pouvait bien être l'intérêt d'un arôme au cyanure ? Elle se moquait de lui c'était certain ! Et elle osait lui parler de logique ! Quelle créature sensée ne souhaiterait pas la mort du terrifiant Végéta ? Et puis d'abord il s'en foutait ! Il se releva et lui tourna le dos. « Pour la dernière fois, humaine, fiche le camp. »

Son estomac grogna.

La nourriture sentait bon, et du coup il avait faim. Sale petite peste ! Il devait partir méditer ailleurs.

« Tu sais, intervint-elle, tu peux manger les gâteaux que tu veux, si tu n'as pas confiance en moi tu n'as qu'à éviter ceux à l'amande amère. »

De plus en plus agacé, il croisa les bras et ferma les yeux, espérant faire taire son estomac qui lui soufflait de s'envoler immédiatement au loin en embarquant les deux plateaux de gâteaux avec lui. Mais ç'aurait été céder.

Mue par un excès de bravoure devant son silence, Bulma se leva à son tour et s'approcha en tendant la main dans un geste de sympathie : « Allez quoi ! Tout le monde n'a pas forcément envie d'être ton ennemi tu sais. J'ai juste fait des gâteaux, c'était pour...

Aussi vite que ses doigts eurent touché son épaule, il se figea.

Elle eut une fraction de seconde pour sentir sous sa main un muscle dur et froid comme du métal, puis brusquement elle eut l'impression de prendre un bolide lancé à pleine vitesse dans le poignet.

« Vire tes sales pattes de moi espèce de créature répugnante ! » Cria le saiyan. Et la seule force de ses paroles et la soudaine violence de l'aura qui l'entourait suffirent à repousser Bulma au point de la faire tomber au sol. « Pour qui tu te prends ? Continua-t-il. Qu'est-ce qui a bien pu te faire croire que tu pouvais m'intéresser ? Comment tu comptes continuer à raconter que tu n'es pas qu'une pute avec ça ? Tu me dégouttes ! Vas...

-Non mais pour qui toi tu te prends ? Riposta, en se relevant, Bulma dont la colère était monté tout aussi vite. Je t'ai juste touché l'épaule !

-Justement ! S'emporta-t-il. C'est pas vrai, vous êtes toutes pareilles, vous les femelles ! À se croire tout permis ! Dans quelle langue il faut vous le dire ? Fichez-moi la paix ! Je ne suis pas intéressé ! Jamais intéressé ! Je n'ai qu'une seule drogue et c'est la guerre ! Alors vas te faire foutre ailleurs et ne t'avise plus jamais de me toucher !

-Je rêve où tu es en train de te monter tout un cinéma juste parce que je t'ai touché l'épaule ? Pas intéressé ? Tu n'es quand même pas en train d'imaginer que j'essayais de te faire des avances là ? Non mais quel obsédé !

-Et qu'est-ce que c'est censé vouloir dire d'autre imbécile ?

-Ein ? Non mais ça va pas bien dans ta tête ? Quand on met la main sur l'épaule de quelqu'un c'est juste pour essayer d'être sympathique ! Et il n'y a certainement pas le moindre sous-entendu là derrière ! Je te trouve bien présomptueux, là ! »

Il fronça les sourcils et croisa les bras pour tâcher de garder son calme : « Pour ton information, là d'où je viens, quand une femelle touche un mâle avec la paume de la main pendant plus de trois secondes, ça veut dire qu'elle est fortement intéressée pour s'accoupler avec lui. Si c'est une pute, ça veut dire qu'elle baisse ses tarifs.

-Que... Quoi ?! S'écria Bulma en devenant rouge écrevisse. Mais c'est quoi vos coutumes stupides ?

-Pfff ! J'en déduis que ta stupide race parle la langue universelle, mais que vous n'avez pas les codes gestuels.

-Non, à l'évidence. Se renfrogna-t-elle. Qu'est-ce que tu as été t'imaginer, là ? Non mais vraiment ! Une jolie fille digne comme moi ne...

-Bon, pour éviter tout malentendu à l'avenir, garde-toi de me toucher avec tes sales pattes. À quel code gestuel ça correspond sur Terre ? Que je sache.

-De quoi ? Faire des avances ? Non mais ça marche pas comme ça chez nous. Il n'y a rien d'explicite avant le premier baiser. Sauf si tu fréquentes une pute bien entendu...

-Tsss ! ''Baiser'' ! Décidément partout dans l'Univers, les gens n'ont que ce mot à la bouche !

-Euh, attends, je te parle bien du baiser pour embrasser ein ? Corrigea-t-elle.

-Embrasser ? C'est une technique de combat ça. Qu'est-ce que tu racontes humaine ?

-Comment ça une technique de combat ?

-Tu serres l'adversaire dans tes bras jusqu'à lui éclater tous les os de la cage thoracique et le faire cracher ses poumons. Quel est le rapport ?

-Aucun. Répondit-elle abruptement en tentant de dissimuler une moue de dégoût. ''Embrasser'' a un sens complètement différent chez nous. C'est un geste d'affection, tu dois bien connaître ça quand même ?

-D'affection ? Ricana Végéta. Comme c'est pathétique ! Non, jamais entendu parler, et apparemment je ne rate rien d'intéressant.

-D'accord, comme tu veux. De toutes manières, c'est pas avec moi que tu risques ce genre de chose. Vous en avez d'autres des codes gestuels à la con comme ça qu'il vaut mieux que je sache ?

-Qu'est ce que tu veux que je te réponde, stupide humaine ? Il y en a plein, et j'ai autre chose à faire de ma vie que de te les raconter. De toutes manières, ça ne servirait à rien, ta race est en sursis.

-Non mais oh ! Tu parles un peu vite là, monsieur le saiyan ! La race humaine se porte très bien, contrairement à la tienne.

-Bah ! Répliqua-t-il, absolument pas impacté par sa remarque. Que vaut un million d'insectes face à un seul dinosaure ?

-Les insectes n'ont rien à craindre du dinosaure, para-t-elle, si celui-ci n'ose même pas relever un défi intellectuel lancé par un seul des leurs. Sans aucun doute, cela veut dire qu'il se sens inférieur en intelligence. Il est donc inoffensif.

-Tu ne lâches jamais l'affaire, hein humaine ? » Nargua-t-il, voyant où elle voulait en venir.

Elle sourit et sortit un objet de sa poche, qu'il reconnut comme étant l'un de ces dispositifs pour stocker un objet plus volumineux en peu d'espace. Une capsule-truc. Elle appuya sur le déclencheur, et son plateau de oorlog holographique apparut au sol, déjà déplié, prêt à jouer. « Le gagnant peut emporter les deux plateaux de gâteaux, ça te dit ? Proposa-t-elle avec un clin d'oeil.

-Vu les quantités que tu as prévu, j'en déduis que tu sais que tu vas perdre.

-Aha ! Triompha-t-elle, les mains sur les hanches. Donc tu vas jouer contre moi !

-Non je n'ai pas dit ça stupide humaine.

-Mais si, tu l'as dit, stup... stup...éfiant saiyan.

-Stupéfiant ? Ricana-t-il. Vas-y répète !

-Oh non ! Seulement si tu gagnes contre moi mon gars !

-Ça m'a l'air amusant. Tâche de réussir à faire durer la partie au moins jusqu'à ce que j'aie fini les gâteaux. Si je m'ennuie, ou si l'une des pièce est mal programmée, je vais devoir trouver quelque chose pour passer mes nerfs, et ça risque de faire disparaître quelques villes de ta jolie planète... Tu es sûre de vouloir m'affronter ?

-Bien sûr ! » Répondit-elle, et ses yeux brillaient de malice et de fierté sur cette mini-victoire.

Esquissant un rictus moqueur, Végéta s'assit dans l'herbe face au plateau de jeu et commença à explorer l'interface de sélection des pièces. Il pensait qu'elle n'aurait pas réussi à recréer un jeu fidèle à l'original. Il se trompait.

Rayonnante, Bulma s'assit face à lui. Elle sortit d'une autre capsule son manteau, pour éviter d'être engourdie par le froid du soir tombant. Elle l'enfila puis commença à son tour à sélectionner ses pièces. Elle pensait être au bout de ses surprises pour la journée. Elle se trompait.

« Au fait, lança le saiyan en faisant se matérialiser ses premières pièces. Il paraît qu'on n'est pas capable de mentir quand on joue au oorlog et que l'on n'arrive pas à jouer tant que l'on n'a pas répondu. Et comme tu m'as défié ouvertement, tu n'as pas le droit de me poser une seule question, sinon tu as perdu. »

Elle jeta vers lui un regard étonné, et fronça les sourcils. Il avait mentionné cette règle, mais n'avait pas expliqué pourquoi.

Végéta ricana. Tout était calculé depuis le début, la façon dont il lui avait parlé du oorlog, comment il avait esquivé ses défis... Tout. Elle était prise au piège depuis le début, elle avait juste foncé dedans plus vite que prévu. Cette chieuse avait des informations de valeur, et elle allait tout cracher.

ooooo

Alors que la nuit et le jeu avançaient lentement, aucun des deux ne se posait encore ces questions qui les tourmenteraient pour les deux jours à venir.

Bulma se demanderait depuis quand il avait cessé d'essayer de l'étrangler pour obtenir ce qu'il voulait, que se serait-il passé s'il avait accepté les avances qu'elle n'avait pas eu l'intention de faire, qu'avait-il voulu dire par « je ne suis pas intéressé, jamais intéressé » et comment une digne jeune fille comme elle avait pu obéir si spontanément à un inconnu qui lui avait dit « ouvre la bouche » et « vas-y mange » ?

Végéta se demanderait à partir de quand il avait fini par manger les gâteaux sans plus s'inquiéter de la présence de poison, et comment cette humaine arrivait à lui faire perdre son temps sans qu'il ne la tue.

Et tous deux se demanderaient surtout quand ils en étaient arrivés à tolérer les provocations et insultes l'un de l'autre et à aimer y répondre. Et si ce n'était qu'un début ?