Ce chapitre remplace le précédent chapitre 7 que j'avais essayé de poster. Je renonce à essayer de faire du texte, quitte à raconter quelque chose qui même à moi ne me plaît pas, et donc voici un tout petit chapitre qui va enfin me permettre de faire l'enchaînement sur la suite de l'histoire, pour qu'on ait (peut-être) enfin un peu d'action.
Merci à toi "Marine (Guest)" pour tes commentaires constructifs qui m'ont incitée à remodifier ce chapitre...
[Note de l'auteur] Bonjour !
Alors tout d'abord merci sincèrement pour toutes vos reviews, ça fait vraiment plaisir de vous lire et d'avoir du retour. Pour les questions posées :
-Pourquoi chi et pas ki... excellente question et faute d'orthographe corrigée ^^
-Un peu trop de grossièreté ? Ah oui, c'est possible. Mais concernant Végéta, je ne pense pas que ça décale énormément le personnage, il en dit tout de même, des gros mots. Pour Bulma par contre, c'est possible que j'en aie un peu trop fait.
-Pourquoi Pua'r dit "maître Yamcha"... eh bien dans la VOSTFR, il dit "Yamcha-sama", donc une grande marque de respect (je crois) absolument impossible à traduire en français, et qu'ils avaient sous-titré en "maître Yamcha", donc bon, puisque en français tout court ils l'ontjuste enlevé, finalement je vais faire pareil !
Au fait, j'ai enfin trouvé une image !
Sans un au revoir
« Allo ?
-Allo, Oolong ? Répondit une petite voix fluette
-Pua'r ! Comment ça va ?
-...
-Pua'r ?
-Oolong, il faut que tu reviennes. Je dois venger Yamcha.
-Venger Y... QUOI ?! Tu veux dire contre le saiyan ? Non mais ça va pas la tête ? Plus je suis loin de lui mieux je me porte !
-... Il a tué Yamcha, je dois le venger.
-Non mais t'es malade ? Pua'r, Yamcha se vengera très bien lui-même quand il serra ressuscité. Tu risques de te faire tuer aussi ! Réfléchis !
-...
-Pua'r ?
-Écoute, je n'en peux plus. Même Bulma et ses parents ont l'air de ne pas lui en vouloir. Maintenant il joue tous les soirs à un jeu de société bizarre contre Bulma ! Pauvre Yamcha ! C'est comme s'ils l'avaient oublié ! Ils ont accueilli son assassin ! Il faut faire quelque chose !
-Je sais, je sais Pua'r, mais sois patient, il finira bien par partir. Et rien ne nous empêchera de ressusciter Yamcha. Tu sais quoi ? Tu devrais venir nous rejoindre à la Kame House
-... Tu crois ?
-Mais oui, écoute, de toutes manières ça ne m'a pas l'air très en sécurité en ce moment avec Végéta et Piccolo. Ne reste pas là.
ooooo
Non, Bulma n'avait pas oublié Yamcha. C'est vrai qu'ils étaient un peu en froid ce jour maudit où il était parti combattre les saiyans pour sauver la Terre. Mais ça restait Yamcha. Son petit ami de toujours pendant plus de dix ans... Oh, elle avait bien eu quelques amourettes de passage lorsqu'ils se séparaient pendant plus de deux mois, lorsqu'il devenait trop insupportable, trop distant. Mais ils revenaient toujours ensemble. Toujours. Et ce jour-là, quand Pua'r lui avait proposé qu'elle épouse Yamcha quand tout serait fini, elle s'y était vraiment vraiment vue, des papillons dans le ventre et la tête dans les nuages.
Et puis il était mort. Son cœur avait saigné, Bulma avait pleuré.
Non, elle n'avait pas oublié Yamcha. Tous les soirs elle pensait à lui, l'étreinte de ses bras puissants lui manquait. Elle restait souvent de longues minutes à contempler, posée sur sa table de nuit, une photo d'eux deux datant de plusieurs années, se tenant tous deux par la taille avec un sourire radieux. Il lui manquait. Il lui manquait vraiment. Il avait toujours été à ses côtés, toujours là pour elle. Et voilà que les rôles étaient inversés. Elle était partie pour Namek, et, d'une manière ou d'une autre, avait réussi à ramener des dragon balls qui permettraient de le ressusciter. De ressusciter tous ses amis, ses guerriers. En tant que l'intelligence du groupe, Bulma se devait de veiller sur eux pour qu'ils puissent continuer à remplir leur mission de défenseurs de la Terre !
Non, elle n'avait pas oublié Yamcha. Elle comptait les jours elle aussi. Plus que 43 jours et on pourra ressusciter Krilin et Goku, et dans 173 jours, Yamcha...
Non, elle pensait bien trop souvent à Yamcha, son gentil guerrier rieur et timide. Probablement pas le plus fort des guerriers, loin de là même, mais ce n'était pas grave, elle le pousserait à s'améliorer encore pour qu'il le devienne... Pour qu'il ne se fasse plus tuer, et qu'il puisse la protéger comme il se doit. Et puis il était bien assez fort et gentil pour accepter de venir faire les boutiques avec elle, et porter tous ses sacs. Bien assez fort aussi pour la protéger contre les problèmes habituels qu'elle rencontrait sur Terre, il était le meilleur des gardes du corps dans les soirées d'échanges entre scientifiques où les menaces terroristes étaient fréquentes. Et puis ils passaient de bons moments tous les deux. Quand Bulma devenait exécrable, comme cela arrivait fréquemment lorsqu'elle n'avait pas eu sa dose d'adrénaline depuis longtemps, parfois il l'emmenait en voyage avec lui, visiter des contrées sauvages et inconnues, approcher le danger un peu plus près que dans leur vie citadine et monotone. Bulma avait toujours aimé le danger, surtout avec un guerrier à ses côtés pour la protéger.
Oui, elle pensait souvent à Yamcha, et il lui manquait. Mais pour autant, elle n'arrivait plus à en vouloir à celui que Pua'r voyait comme son assassin. Ce n'était plus la même personne, cet inconnu sombre, qui tous les soirs surgissait de nulle part dans la pénombre du salon, s'asseyait sur une chaise face à elle et, sans rien dire, commençait à déplacer les pièces du jeu de oorlog posé sur la table basse. Aucun « bonsoir » ni aucune autre sorte de formalité. Juste cet accord tacite entre eux.
Leur première partie avait duré plusieurs jours. Le premier soir, lorsque Bulma avait commencé à tomber de sommeil, frigorifiée dans le froid de la nuit avancée, endolorie d'avoir été assise sur le sol pendant des heures, Végéta s'était levé, et avait déclaré « Enregistre les positions des pièces et va dormir. Tu commences à m'ennuyer avec ta lenteur, humaine.
-Quoi ? Mais on n'a pas fini la partie ! Avait-elle protesté.
-C'est pour ça que je te dis d'enregistrer la position des pièces idiote. » Et puis il était parti.
Depuis, il était revenu tous les soirs. Sans mot dire, le regard sombre et les traits tirés en une expression implacable et illisible. Il s'asseyait face à elle, elle lui souriait mais avait cessé d'essayer de le saluer. Ils jouaient jusqu'à ce que les paupières de Bulma soient trop lourdes pour se soulever. Là il jetait vers elle un regard méprisant et ennuyé à la fois, puis claquait la langue et allait manger tandis qu'elle allait dormir. Le jour où la première partie s'était terminée, ils étaient tous deux restés un instant immobiles, dans un silence de plomb, comme surpris et déçus à la fois que ce soit fini. Puis ils s'étaient regardés, trois secondes, et sans mot dire, Bulma avait réinitialisé le jeu. Depuis, les parties s'enchaînaient comme des batailles dans une guerre qui n'en finissait pas. Tous les soirs.
Les seules phrases qu'ils échangeaient étaient lorsque l'un parvenait à tuer une des pièces de l'autre. La règle autorisait alors le preneur à poser une question. Une seule.
Et pour chaque question posée ou répondue, le mystère qui entourait cet homme semblait se dissiper et à la fois se densifier un peu plus. Il avait d'abord posé des questions sur les techniques utilisées par les guerriers terriens. Elle les lui avait décrites avec autant d'honnêteté et de précision possibles. Il écoutait attentivement en la fixant de son regard noir et perçant, parfois avec son sourire méprisant qui apparaissait sur le coin de ses lèvres. Puis il avait posé des questions sur les valeurs des terriens, très franches et directes : qu'est-ce qui serait capable de pousser un terrien à se sacrifier, qu'est-ce qui le rendrait prêt à se battre jusqu'à la mort plutôt que de se soumettre… Ses questions avaient d'abord déstabilisé Bulma, puis elle avait compris qu'il les posait à la fois pour savoir comment manipuler ses ennemis, et également, peut-être, pour éviter de commettre des erreurs diplomatiques (du moins, tant qu'il jugerait plus intéressant d'être nourri et logé à Capsule Corporation).
Elle, de son côté, avait aussi posé des questions sur ses valeurs et son histoire. À quoi ressemblait sa planète natale. Qu'est ce qui comptait le plus aux yeux d'un saiyan. L'histoire des saiyans. Les conditions de vie dans l'armée de Frieza. À quoi ressemblait sa vie avant... À chaque question il fronçait les sourcils, puis répondait, d'une voix neutre et d'une phrase aussi brève que possible.
Végéta ne comprenait pas vraiment où elle voulait en venir avec ses questions inutiles. Mais comme toute information peut avoir une chance d'être utilisée contre soi, il prenait bien garde à donner le moins de détails possible. Pourtant, il appréciait parler de l'histoire de sa race, de sa grandeur passée et de sa force incontestée. C'était la première fois qu'une personne d'une autre race semblait s'intéresser à ce sujet. Et la terrienne l'écoutait avec une attention réelle, ses grands yeux bleus rivés sur lui. Il n'arrivait pas à déchiffrer correctement ce regard. C'était comme si son intérêt était sincère et sans animosité. Insensé.
Cependant, avoir un adversaire digne de ce nom lui libérait l'esprit. Cette fille se révélait être une distraction utile. Vraiment utile. Elle n'avait aucune force physique, mais elle avait de l'esprit. Beaucoup d'esprit.
Il parvenait de nouveau à s'entraîner jusqu'à l'épuisement plusieurs jours de rang, l'esprit libre.
Libre.
Uniquement concentré sur les manœuvres tactiques qu'ils avaient effectuées la veille, et sur celles qu'il pourrait faire le soir-même. Après une partie, il s'envolait jusqu'au pôle sud où il lançait, frappait et émiettait sans relâche les icebergs et les montagnes enneigées, traversait la banquise la tête la première et retirait du fond de l'océan gelé des blocs entiers de roche glacée qu'il jetait dans le ciel et pulvérisait d'un rayon d'énergie. Il s'entraînait aussi à comprendre les techniques expliquées par l'humaine, et à les apprendre. Certaines semblaient intéressantes, mais malgré tous les détails qu'elle lui avait donnés, il lui était souvent impossible de reproduire une technique sans l'avoir vue en œuvre.
Et pour complexifier le défi, quand il revenait pour continuer la partie en cours, deux fois sur trois il n'avait pas dormi de la journée, une fois sur trois il venait de se réveiller. Et à chaque fois il mourrait de faim. L'enjeu était donc de garder l'esprit clair et concentré. Et sans que ça ne soit visible. Il avait perdu une fois un combat, il y avait très longtemps, face à quelqu'un qui savait masquer sa fatigue, il ne referait plus jamais la même erreur...
ooooo
Celui qui sait masquer sa fatigue peut modifier le cours d'un combat.
« Allez mon prince ! Ne me dis pas que tu es déjà fatigué ! » Défia, droite et fière, la femme saiyan qui se tenait devant lui.
À bout de souffle, les jambes flageolantes manquant de s'effondrer sous son propre poids, l'enfant lui jeta un regard furieux et serra les poings. Il avait encore un peu de force, mais à peine. Cela faisait deux jours qu'ils se battaient sans relâche. Sans boire ni manger. Et elle se tenait toujours face à lui, droite, mains sur les hanches, dans cette garde de combat si particulière que n'osent que ceux qui ont les réflexes aiguisés comme le fil d'un rasoir. Que n'osait que cette guerrière d'élite, la troisième de ses cinq entraîneurs personnels, la seule femme aussi.
Il grogna, et rassembla ses mains pour préparer son attaque. Il ne laisserait pas tomber.
Jamais !
Alors que la boule d'énergie commençait à se former entre ses doigts, la guerrière se mit à rire.
« Non mais c'est tout ce dont tu es capable mon prince ? Regarde-moi ça ! Le petit Végéta qui lutte contre la fatigue ! Comme c'est attendrissant ! Tu trembles tellement que je n'aurai même pas besoin de l'éviter ! Allez du nerf ! »
L'intensité de sa boule d'énergie faiblissait à mesure que le doute grandissait. C'était vrai, il était épuisé. Son adversaire en revanche, semblait avoir gardé des forces en réserve pour la fin du combat. Quelques minutes auparavant elle avait tout de même paru plus fatiguée que ça... Comment avait-elle fait ?
Il jeta un œil à sa boule d'énergie. Même s'il parvenait à viser correctement malgré sa fatigue, son entraîneuse n'aurait apparemment aucun mal à absorber l'impact...
À cet instant, une onde de choc vint renverser l'enfant, interrompant net le cours de ses pensées. Il parvint à garder son équilibre mais la boule d'énergie au creux de ses doigts s'échappa et alla bruyamment s'écraser contre le sol non loin de là, laissant un petit cratère aussitôt rempli du sable rouge typique des déserts de la planète Végéta.
« Tu baisses ta garde, mon prince ! » S'écria la guerrière, sévère, main tendue vers l'avant. « Ne quitte jamais ton adversaire des yeux, c'est moi qu'il faut attaquer, qu'attends-tu ? Attaque ! »
Déboussolé, le jeune prince resta un instant à regarder la saiyane face à lui, qui lui jetait son typique regard arrogant et plein de défi. Ses jambes lâchèrent, il se laissa tomber assis sur le sol. Et pour conserver son air digne, il tourna la tête sur le côté d'un air énervé, avant de marmonner : « Ça suffit pour aujourd'hui Aiya. »
Du coin de l'œil, il la vit alors réagir de façon complètement inattendue : elle avait laissé tomber son bras en souriant faiblement, puis s'était mise à trembler de tout son corps et s'était littéralement effondrée, comme une marionette dont on aurait lâché les ficelles.
« Aiya ? » S'étonna l'enfant en la regardant d'un air surpris.
N'obtenant pas de réponse, il se leva et s'approcha d'elle avec méfiance. Elle gisait au sol, le souffle court, ses jambes repliées sous elle, les yeux fermés.
« Eh ! Qu'est-ce qui t'arrive ? » Lança-t-il, debout à côté d'elle.
Elle sourit, et répondit dans un souffle : « Tu es très fort Végéta. À peine enfant tu fais déjà honneur à l'élite de notre race. Mais tu ne te méfies pas assez des apparences.
-Ein ?
-Regarde-toi, tu tiens debout, tu parles sans effort, tu aurais encore l'énergie d'attaquer, moi il ne me reste rien. Ça fait plusieurs heures que je te provoque pour que tu attaques n'importe comment et sans réfléchir, et que tu t'épuises. Et j'ai gagné. »
L'enfant la dévisagea de haut en fronçant les sourcils. Il hésitait entre la colère et la honte. Il aurait pu gagner, mais elle l'avait bluffé. Elle ajouta avec un petit rire : « C'était la leçon d'aujourd'hui. »
… Avant de s'endormir à même le sol.
Celui qui sait masquer sa fatigue peut modifier le cours d'un combat, voilà ce que lui avait appris Aiya.
ooooo
« Je me demandais, qu'est ce que c'est en fait, la légende du super-saiyan ? »
Interrompu dans ses pensées, Végéta leva les yeux du jeu de oorlog où l'une de ses pièces venait de se faire tuer, son regard noir rencontra le regard bleu de la terrienne.
« Même ça tu ne le sais pas ? Ironisa-t-il.
-Non, répondit-elle en souriant simplement, sur ma planète, on ignore tout des histoires de ce qui se passe dans l'espace.
-Tsss ! Pour ta culture, donc, le super-saiyan est un guerrier des légendes saiyan mais dont beaucoup d'autres peuples ont entendu parler. C'est un guerrier invincible et implacable, il n'a aucun point faible, il sème la terreur parmi ses ennemis et n'a aucune pitié pour eux. D'après la légende, il apparaît un super-saiyan environ tous les 3 000 ans. Un saiyan acquiert l'habilité à se transformer en super saiyan lorsqu'il a surpassé les limites de sa race. Il devient invincible, et on dit que seul un autre super-saiyan peut battre un super saiyan. J'en serai. Et je battrai ce clown de Karkarott. » Le fait d'être concentré sur un jeu où l'on ne peut pas mentir, plus la fatigue, l'avaient poussé à exprimer sa pensée spontanément. Mais cela n'avait pas d'importance.
Face à lui, la terrienne fronça les sourcils en le regardant. Il déplaça l'une de ses pièces, mais elle n'y prêta pas attention : « Attends ! Tu es en train de me dire qu'il apparaît un super-saiyan tous les 3 000 ans, que vous les saiyans êtes une race sans aucun sentiment... Et comme par hasard, c'est celui qui s'inquiète pour les autres qui se transforme ? Tu ne trouves pas ça un peu gros comme coïncidence ? »
À son tour il fronça les sourcils et la regarda : « Tu n'as pas à poser de question si tu ne m'as pas tué de pièce, humaine. »
Elle soupira et massacra l'un de ses pions avec une pièce maîtresse : « Tu ne trouves pas ça un peu gros comme coïncidence ? » Répéta-t-elle fermement.
Cette fois, il la regarda comme si elle était folle. Elle venait de provoquer une ouverture fatidique dans ses lignes de défense, tout ça pour lui poser une question ? « Mais qu'est ce que tu fabriques femme ?
-Tu n'as pas à poser de question si tu ne m'as pas tué de pièce, Végéta. Maintenant réponds-moi !
-Tsss ! Non.
-Comment ça ?
-Non, la coïncidence me paraît plausible, c'est le seul saiyan qui a eu la liberté de s'entraîner comme il le voulait pendant toute sa vie, tandis que nous autres faisions des missions stupides pour Frieza.
-Donc un saiyan qui a grandi libre dans un environnement favorable peut devenir affectueux, déduisit Bulma.
-Non, répliqua Végéta, Karkarott a grandi au sein d'une race de manipulateurs, c'est autre chose.
-Nous ne sommes pas des manipulateurs, Végéta. Et puis tu étais plus fort que Goku quand tu as débarqué sur Terre la première fois. Tu n'essaie pas de me faire croire que c'est une différence d'entraînement qui fait qu'il s'est transformé et pas toi ?
-Ça c'est encore une question, femme. »
Cette terrienne l'agaçait. Bien sûr qu'il avait tourné et retourné cette question dans sa tête pendant des jours entiers ! Cette conclusion à laquelle il était arrivé était la seule qui soit acceptable pour lui. Il ne pouvait en être autrement ! On lui avait conté la légende du super-saiyan toute son enfance, il savait ce à quoi était sensé correspondre ce guerrier légendaire, et cet idiot de Karkarott, avec ses beaux principes et son grand sourire, n'y correspondait pas ! Il y avait forcément autre chose !
Agacé, il se lança à l'assaut des défenses affaiblies de son adversaire. La partie se poursuivit quelques minutes dans un silence tendu, jusqu'à ce que Végéta ne tue une autre pièce de Bulma et ne pose une nouvelle question : « Et toi femme ? Tu es vraiment assez stupide pour croire que c'est la gentillesse ridicule de Karkarott qui lui a permis de devenir super-saiyan ? Tu as une hypothèse ? » Il n'aurait su dire s'il posait cette question par curiosité, par nécessité, ou pour se moquer d'elle.
Première seconde. Bulma leva les yeux du plateau de jeu pour poser sur lui un regard très doux, pensif.
Deuxième seconde. Elle cilla.
Troisième seconde. Elle regarda le sol à côté d'elle et soupira.
« Goku a sauvé la Terre plusieurs fois, c'est un homme entièrement dévoué à ce qu'il fait... pour s'entraîner... pour protéger la Terre... ses amis... même des gens qu'il ne connaît pas ! Tu sais, la première fois qu'il m'a sauvé la vie, on s'était rencontrés à peine quelques heures auparavant. Pour moi c'est parfaitement normal qu'il devienne le super-guerrier de ta légende, parce qu'il le mérite.
-Comment ça il le mérite ?
-Il le mérite, répéta-t-elle. Il se dévoue corps et âme pour les autres, il est le héro dont la Terre avait besoin. Et la Terre mérite bien un super-guerrier. »
À ces mots, le saiyan éclata de son rire méprisant. « Ahaha ! Femme, soit tu as un sens de l'humour douteux, soit tu es vraiment naïve ! Si tu savait combien de planètes j'ai rasées où on m'a présenté des soit-disant héros que j'ai balayés comme des insectes !
-Ce n'est pas le cas de Goku si je me souviens bien. Contra-t-elle.
-Peut-être. Répondit-il en s'assombrissant aussitôt. Mais reste que ton histoire de mérite ne tient pas la route.
-Si. Il le mérite. À quoi ça servirait d'avoir un tel pouvoir si ce n'était pas pour protéger ce qui compte pour soi ?
-Pour le plaisir du combat et de la victoire, pour dominer l'Univers, pour obtenir tout ce que tu veux, pour inspirer la crainte, l'envie... » énuméra Végéta nonchalamment.
Elle fronça à nouveau les sourcils : « C'est bien ce que je dis ! Il n'y a pas de mérite à toutes ces choses-là !
-Ah non ? Parce qu'il y a du mérite à protéger des faibles qui sont censés mourir ?
-Bien sûr ! Affirma Bulma. C'est ce qui montre ta noblesse d'esprit !
-Noblesse ? Ricana-t-il. Faiblesse tu veux dire ? Celui qui est fort n'a besoin de personne.
-Et celui qui est seul est un misérable. Répliqua-t-elle.
-Ah ? Et pourquoi ça ?
-Tue une de mes pièces et je te répondrai. » Proposa-t-elle avec un sourire malicieux. La percée faite dans ses défenses tout à l'heure s'avérait tragique pour elle. Si seulement elle pouvait réussir à renverser la situation, quitte à ruser... Et ça lui laisserait le temps de réfléchir à une réponse marquante pour ce vilain saiyan insensible.
« Sauf que c'est ton tour de jouer humaine. » Répliqua-t-il, comprenant parfaitement qu'elle cherchait à lui faire faire une fausse manœuvre pour sauver sa situation.
Elle fronça les sourcils et déplaça l'une de ses pièces. Immédiatement après, celle-ci se retrouva tuée par une des pièces téléporteuses de Végéta. Celui-ci lui adressa un sourire moqueur avant de reprendre : « Alors, pourquoi tu penses que celui qui est seul est un misérable ?
-Bon, soupira-t-elle, je suppose que tu ne vas pas comprendre ce que je vais te dire, mais je vais essayer quand même. Se soucier des autres n'est pas qu'une faiblesse. Sinon ça ferait longtemps que la race humaine se serait éteinte. L'amour et l'affection te donnent la force d'avancer, de continuer. C'est ce qui permet de se surpasser. Celui qui est seul perd cette force qui l'anime.
-Comme c'est mignon, ironisa le saiyan. Je pensais que tu allais dire quelque chose d'intéressant, mais tu sais, ce discours-là on me l'a déjà sorti plusieurs fois. L'union fait la force, l'amour fait vivre, et blablabla. Ce que tu ne comprends pas, c'est que ça ne me concerne pas parce que c'est une stratégie de survie destinée aux faibles !
-Hum, se renfrogna-t-elle en jouant l'une de ses pièces, mais toute stratégie est bonne à prendre, non ?
-Non, il y a certaines stratégies qui sont incompatibles. Répondit-il en jouant à son tour.
-Si c'est ton cas, alors je te plains. Tu ne sais pas ce que tu rates. » Elle déplaça une de ses pièces dans un but qu'il ne comprit pas.
« Vas te faire voir avec ta pitié à deux balles ! S'énerva-t-Végéta. Je suis très bien comme je suis ! Vos considérations pour les autres je les méprise, je les piétine, je crache dessus et j'en ris !
-Eh bien tu sais quoi ? S'énerva-t-elle à son tour. Vas te faire voir avec ton mépris ! Ma race à moi, avec ses considérations pour les autres, elle n'est pas en voie d'extinction, elle au moins !
-Tsss ! Si, mais vous ne le savez pas encore. » Répondit-il dans un sifflement mauvais tandis que ses pièces assiégeaient les défenses de Bulma.
« Attends, tu parles un peu vite, monsieur le saiyan, les terriens n'ont pas dit leur dernier mot ! » Défia-t-elle en décapsulant sa dernière pièce cachée. Une pièce cachée ne pouvait être ni jouée ni attaquée tant qu'elle n'était pas décapsulée -et donc dévoilée à l'adversaire- ce qui nécessitait un tour de jeu. Et cette pièce était de celles qui cumulent les bonus d'attaque en fonction des pièces alliées à proximité. Et toutes ses pièces restantes étaient à proximité. La démonstration parfaite.
« Tsss ! » Siffla simplement Végéta avant de se reconcentrer sur le jeu.
Tous deux savaient que la partie venait d'être prolongée d'au moins deux jours.
ooooo
Ce n'était plus qu'une question de jours avant la réactivation des dragon balls.
Cela ferait une centaine de jours pendant lesquelles il se serait entraîné (presque) sereinement tandis que Karkarott n'aurait pas progressé. Mais cela ferait-il une quelconque différence ? Que ferait-il une fois son rival ressuscité ? Que ferait Karkarott ?
Végéta n'en savait rien, mais il savait qu'il trouverait ses réponses dans les prochains jours, lorsque les terriens feraient leurs vœux au dragon de Namek.
Il aurait pu envisager d'exiger de ces faibles créatures qu'elles fassent exhausser ses propres vœux plutôt que les leurs, mais son plus profond désir n'était pas accessible par ce moyen. La terrienne avait un jour lâché l'information que les dragon balls ne pouvaient rien faire concernant la puissance d'un être plus puissant que leur concepteur (et heureusement d'ailleurs, sinon Végéta et Nappa n'auraient jamais eu l'occasion d'atterrir sur Terre). Il était donc impossible que le dragon lui permette de devenir super saiyan. Quant à l'immortalité, il ne voulait même plus y penser. Cette seule idée lui rappelait uniquement sa mort sur Namek. Douloureuse, humiliante, un gouffre de désespoir. S'il avait été immortel à ce moment-là, il se serait sans doute retrouvé privé de tous ses membres l'un après l'autre, les yeux crevés, et condamné à la torture pour l'éternité. Bref, s'il avait été immortel, ça aurait été encore plus douloureux et plus humiliant.
À ces dernières pensées, de rage, il jaillit la tête la première à travers la banquise, hors de l'eau glacée dans laquelle il était resté plongé pendant plusieurs dizaines de minutes, testant son apnée et sa vitesse en eau froide. Prenant de l'altitude, il contempla d'un regard vide le trou béant qu'il venait de former dans la glace. Puis il leva la main et lança une décharge d'énergie rageuse qui fit exploser banquise et continent en mille débris sur plusieurs kilomètres à la ronde. Puis il attendit, tout en reprenant son souffle.
Lorsque les dernières vagues eurent cessé de faire s'entrechoquer les débris flottants de millénaires d'histoire emprisonnés dans la glace, il ferma les yeux et les poings, puis jura et s'envola en direction du continent ouest.
Ça suffirait pour aujourd'hui. Il était temps de rentrer chez les humains, se changer l'esprit, manger et dormir. Il était un peu plus tôt que d'habitude, mais il se trouvait brusquement à nouveau incapable de se concentrer. Faire avancer la partie en cours d'un certain jeu de société contre une certaine humaine aux yeux bleus était son meilleur échappatoire à ses pensées noires.
Cela cesserait-il un jour ?
ooooo
Bulma venait tout juste de s'installer sur le canapé avec une encyclopédie sur le métabolisme en guise de lecture après une soirée calme. Les recherches de Bulma sur sa machine à vêtements, par contre, étaient au point mort. Elle trouverait la clé dans un de ces livres, elle en était certaine. En attendant, elle s'était intéressée un projet différent : un réfrigérateur encapsulable dont le contenu ne se périmerait pas tant que la capsule n'était pas activée. Au cas où quelqu'un aurait un jour à refaire des voyages interstellaires, cela éviterait le désagrément de la nourriture lyophilisée.
Elle commençait à se demander quel était ce goût de métal âcre qu'elle sentait dans sa bouche lorsque brusquement, la température de la pièce sembla chuter de plusieurs degrés. Surgie de nulle part, une main gantée jaillit de la pénombre et déplaça une des pièces sur le plateau de jeu face à elle.
TAK
« AAAAAH ! » S'écria Bulma, en sursautant comme elle le faisait si souvent. Son sursaut lui fit lâcher son livre qui s'écrasa au sol derrière le canapé, perdant la page qu'elle était en train de lire. « Végéta ! Non mais c'est pas vrai ! Arrête ça veux-tu ? Un de ces jours mon cœur va lâcher si tu continues à me faire peur comme ça ! Un peu de considération pour les dames tout de même ! »
Elle ne en reçut en retour qu'un sourire méprisant qui semblait dire « Vas-y crève, je m'en fous. ». Sauf qu'il ne répondit rien, ce qui étonna Bulma. Son regard noir qui la fixait avec intensité semblait un peu plus vide que d'ordinaire. Elle tourna la tête pour regarder la pendule. D'habitude il arrivait au moins une heure ou deux plus tard. OK, les deux ou trois dernières fois où il lui avait fait un coup similaire, elle avait fini par comprendre qu'en fait, c'était qu'il était d'une humeur massacrante...
Bon, donc la partie ce soir serait encore plus silencieuse que d'ordinaire, et son style de jeu plus agressif. Pas de problème, les quelques parties déjà terminées contre Végéta lui avaient appris qu'il était facile de tourner un style de jeu agressif à son avantage. Il devrait se calmer s'il ne voulait pas perdre. Haha ! Il ne jouait pas contre n'importe qui tout de même ! Elle était Bulma-la-géniale !
… à bien y réfléchir, ce jeu était vraiment addictif, songea Bulma en souriant et déplaçant une de ses pièces à son tour.
Le sourire de la terrienne le déstabilisait : non seulement elle n'avait pas peur de lui, mais en plus il y avait des moments comme celui-ci où elle semblait à l'aise en sa présence. Lui, le prince des saiyans, terreur de l'Univers, celui qui promettait une fin tragique à la race humaine. Absurde
Et sur cette dernière pensée, son esprit s'était enfin calmé de ses tourments du passé.
Les minutes s'écoulèrent comme des secondes dans un silence de mort tandis que le massacre faisait rage sur le plateau de jeu.
ooooo
Les jours s'écoulèrent comme les minutes dans une guerre devenue routine, un échappatoire pour tous les deux.
ooooo
« Parce qu'il est en vie. »
Ce moment fatidique resterait longtemps gravé dans les mémoires de tous : Un dragon reptilien gigantesque, une forte stature et des yeux rouges, et cette aura nocturne, lumineuse, frissonnante... magique. Un phénomène qui n'avait de plus incroyable que la nouvelle qui sortait de sa bouche : Son Goku était vivant.
Et ne souhaitait pas revenir pour le moment.
Cette annonce fut suivie de silence et de consternation, puis de cris, mais Végéta n'en entendait rien. Il avait compris. Il s'était fait avoir. Pendant qu'il profitait du confort de la Terre en pensant prendre de l'avance sur son rival, celui-ci continuait à s'entraîner, dans un endroit qu'il avait jugé plus digne que son propre pied-à-Terre. Et sans daigner lui accorder sa revanche.
Le tumulte de la discussion fut interrompu par le vacarme d'un vaisseau qui décolle. Lorsque Bulma se retourna, il était trop tard.
« Oh, constata son père, je crois que Végéta vient de partir avec notre vaisseau spatial. »
Seules les injonctions de Piccollo donnèrent à Bulma la force de continuer et formuler un dernier souhait au dragon de Namek. En elle-même, elle commençait juste à réaliser que cet homme, surgi brusquement dans sa vie quelques mois auparavant, et ayant vécu sous son toit pendant tout ce temps, était parti. L'euphorie de revoir enfin son petit ami de toujours parvint à peine à masquer la pointe de tristesse dans son cœur.
Insensible et indifférent, sans un au revoir, Végéta était parti.
ooooo
À plusieurs milliers de kilomètres de là déjà, alors que la rage commençait à s'estomper, un saiyan se plaquait la main contre le front. Il avait agi sur un coup de tête, mais il venait de voler un vaisseau spatial dont il devrait entièrement réapprendre les commandes, sans provisions, et à la poursuite d'un rival qui pouvait être n'importe où dans la galaxie... alors qu'il aurait pu menacer ces misérables de souhaiter au dragon de lui indiquer où était Karkarott, ou de le téléporter avec un vaisseau là où il était.
Mais sur son départ il n'avait aucun regret. L'univers était à lui, laissons cette planète à ces créatures faibles et manipulatrices... pour le moment.
Il avait enfin retrouvé la force. Il était parti.
