[Note de l'auteur] Bonjour chers ami(e)s ! Voici juste un petit (long) chapitre, en espérant vous faire patienter jusqu'à la mi-septembre quand j'espère pouvoir poster plus régulièrement. Merci pour toutes vos reviews, ça donne du baume au coeur, vous éclairez ma journée !

Bonne lecture !


Vieilles routines, vieilles rancunes

Elle avait troqué l'assassin contre le protecteur, le type méprisant contre le garçon charmant, le méchant contre le gentil, l'inconnu contre son petit ami... Qu'est ce qui cloche ?

Allongée dans son lit, Bulma regardait la nuit étoilée sans parvenir à trouver le sommeil. L'après-midi avait été riche en rebondissements. L'annonce que Son Goku était finalement vivant, le départ de Végéta (qui avait volé leur vaisseau spatial au passage), la résurrection de Krilin, puis celle de Yamcha. Que des bonnes nouvelles, alors qu'est-ce qui n'allait pas ? Lorsque Yamcha avait fait son apparition, elle avait bien failli faire comme Pua'r et lui sauter dans les bras.

Tout le monde s'était rassemblé pour fêter leur retour. Enfin, tout le monde, sauf Chichi et Son Gohan. La femme de Goku avait, sans doute à juste titre, piqué une nouvelle colère et était restée probablement une heure seule dans le jardin à hurler des reproches en direction du ciel bleu. Les autres invités avaient vite pris la sage décision de la laisser tranquille, et avaient rejoint le jardin intérieur. Gohan avait semblé ravi de revoir Dende qui avait même réussi à lui remonter le moral. Tous deux avaient passé un long moment à discuter avec animation, à rire et à jouer, jusqu'à ce que Chichi ne fasse son entrée dans le jardin et ne déclare qu'ils devaient partir, que Gohan avait déjà perdu assez de temps comme ça dans ses leçons, et que de toutes manières Goku ne reviendrait pas aujourd'hui. Elle avait brèvement remercié Bulma et ses parents pour leur accueil, puis était partie, Gohan sur ses talons qui courait à reculons en lançant un « au revoir » précipité sur un ton d'excuse.

La soirée avait donc débuté sans eux. Tous s'étaient attablés autour d'un verre d'eau, de soda ou d'alcool pour écouter Krilin parler du combat sur Namek, et Yamcha de son entraînement auprès de maître Kaioh. Tous ignoraient ce qui s'était véritablement passé sur Namek dans le feu de l'action. Parmi les survivants qui auraient pu le leur raconter, Gohan n'avait pas eu l'occasion d'une discussion, et Piccolo et Végéta n'étaient pas les personnes les plus bavardes qui soient.

Pua'r n'en finissait pas de rire et de tourner autour de Yamcha. Ça faisait du bien de voir qu'il allait mieux. Assise à côté de lui, Bulma rayonnait. Elle avait réussi, elle avait ramené son guerrier à la vie, et bientôt tous ses amis seraient de retour et la Z-Team reformée. Ne manquerait plus que Goku.

Qui savait où il était et ce qu'il y avait trouvé pour avoir souhaité rester ? Nul doute qu'il reviendrait, mais quand ? À quoi cela servait-il à la Terre d'avoir un guerrier super-saiyan pour la défendre s'il n'était pas là ?

Végéta parviendrait-il à le retrouver ? Était-ce pour le tuer ?

Au fil de son récit, Yamcha avait fini par faire une pause pour demander à madame Briefs si elle n'avait pas quelque chose contre le mal de crâne.

« Toi aussi tu as mal à la tête ? Avait demandé Krilin.

-Ah ? Toi aussi ? S'était étonné Yamcha.

-Ouais, ça m'avait fait ça aussi la première fois que j'ai été ressuscité, avait répondu Krilin. Ça avait mis une journée entière pour partir.

-Un jour entier avec cette migraine de fou ? Eh ben c'est pas gagné ! Heureusement que ce n'est qu'une mi-graine parce que si c'était une graine entière ça serait vraiment insoutenable ! » Yamcha avait rit nerveusement avant de s'arrêter, coudes sur la table et tête dans les mains. Il avait murmuré un « merci » à la mère de Bulma qui leur avait apporté à tous deux un verre d'eau avec une pastille effervescente. Il avait bu une gorgée et avait remarqué à ce moment-là que son auditoire le regardait d'un air intrigué. Il ajouta : « Migraine. C'est un jeu de mot. Graine, mi-graine... Mi comme demi... Oulà, mais j'y pense ! Demi-graine ça fait beaucoup de migraines ! Haha ! Elle est bonne non ? »

Tout le monde avait rit par politesse, sauf Bulma qui n'avait plus qu'une question en tête : Depuis quand Yamcha faisait-il des jeux de mot ? Et nuls en plus... c'était certainement dû à son mal de crâne.

Au final, la soirée s'était terminée tôt. Le médicament semblait avoir fait peu d'effet à Krilin et Yamcha qui s'excusèrent. Krilin repartit avec maître Roshi et la tortue de mer, tandis que Yamcha rejoignit la chambre qu'il occupait habituellement à Capsule Corporation. En souhaitant bonne nuit à Bulma, il s'était excusé : « Désolé, on parlera plus demain c'est promis, mais ce soir je suis mort... Mort, moi qui viens d'être ressuscité, quelle ironie, haha ! ».

Quelques temps plus tard, les nameks avaient rejoint leur gymnase-dortoir, le père de Bulma était parti dans son laboratoire, tandis que sa mère s'en était allée dormir. Seule dans le grand salon, Bulma avait voulu prendre son livre et s'installer sur le canapé, mais son regard était tombé sur un plateau de jeu posé sur la table basse. Un plateau de jeu en trois dimensions sur lequel une bataille faisait rage, une partie inachevée. Bulma avait soupiré : aurait-elle jamais une occasion de la terminer un jour ? De dépit, elle avait enregistré la position des pièces, rentré le jeu dans sa capsule, puis était partie dormir.

Et elle se trouvait là, allongée les yeux ouvert, les yeux rivés vers les étoiles, tâchant d'interpréter ce sentiment d'anormalité qui l'empêchait de s'endormir. Elle s'était si vite habituée à calmer ses nerfs tous les soirs en mettant à l'épreuve son esprit de génie et ses talents tactiques... Et maintenant son adversaire était parti. Plus personne pour essayer de la terroriser. Et c'était pourtant sans doute une bonne chose qu'il soit parti. Sans avoir tué personne ni rien volé de valeur à part un vaisseau spatial, lequel elle avait toujours su qu'il le prendrait le jour où il partirait, tout comme elle avait toujours su qu'il partirait un jour.

Oui mais... elle s'était habituée à la présence du mystérieux saiyan, et à son aura de ténèbres et d'acier... Bien sûr elle était ravie de revoir son doux et tendre Yamcha, mais cela n'avait aucun rapport. Et tout de même, c'était un peu dommage que Végéta soit parti... Ils se seraient peut-être bien entendus, ils auraient pu s'entraîner ensemble même ?

Hum... Ou peut-être que non en fait...

Comment allait-elle annoncer à Yamcha que Végéta, le saiyan impliqué dans sa mort, avait séjourné ici-même durant tout ce temps ?

Il risquait peut-être de mal le prendre ?

Ce fut la première fois que cette idée lui vint à l'esprit. Juste à temps.

ooooo

« Bonjour Végéta. Le décollage s'est-il bien passé ? »

Interrompu net dans ses réflexions sur le fonctionnement des commandes du vaisseau, Végéta leva les yeux pour découvrir un écran qui venait de sortir du plafond, affichant le visage souriant du vieux scientifique terrien.

« Oh, constata-t-il d'une vois neutre, il y a un système de communication avec la Terre ?

-En effet, sourit le vieil homme, d'ici je peux voir l'état général du vaisseau spatial et vous avertir en cas de problème.

-Ah. Et il y a un problème ?

-Non, pour l'instant aucun, je venais juste voir si vous aviez des questions concernant l'usage des commandes. Je vois que le vaisseau est toujours pré-commandé en direction des coordonnées de Namek, mais vu l'état de la planète, vous risquez de vous retrouver dans un nuage d'astéroïdes.

-Je sais, répondit le saiyan. Y a-t-il un autre moyen de changer la destination que votre système de chiffres ? » Bien entendu qu'il savait où il allait, tout comme il comprenait la plupart des fonctions de ce vaisseau. Par contre, les fonctions affichées avaient été remplacées par ces stupides hiéroglyphes terriens, dans un système de coordonnées qui n'était manifestement pas le même que celui qu'il connaissait.

« Oui bien sûr. En appuyant sur ce bouton bleu vous pouvez changer l'affichage de l'écran, il vous affichera une carte de l'espace proche, en trois dimensions. Si vous souhaitez voyager par petits déplacements vous pouvez le faire via cette interface en touchant l'écran là où vous voulez vous rendre.

-Très bien. Ricana Végéta. Ça fera l'affaire. Comment est-ce qu'on active le pilotage manuel ?

-C'est le bouton carré en haut à gauche sur lequel il est écrit « pilotage manuel », les manettes de pilotage se mettront en place en face de ce siège. »

Végéta jeta un œil vers le coin en haut à gauche de la console. Il y avait là trois boutons carrés avec des sigles barbares inscrits dessus : « À quoi servent les deux autres boutons carrés ?

-Eh bien, il me semble que c'est écrit dessus. Le premier est le pilote automatique, et le dernier est le retour vers la Terre.

-Très bien, sourit Végéta en notant donc que le pilotage manuel était donc le bouton du milieu. Autre question, est-ce que vous êtes en mesure de changer la programmation du vaisseau de là où vous êtes ?

-Malheureusement non, c'est pour ça que j'ai fait les commandes aussi simples que possible. Toutes les données dont vous puissiez avoir besoin sont inscrites dans l'interface ordinateur.

-Mhm... Très utile en effet. Dernière question, cet écran est-il le seul avec lequel vous puissiez entrer en contact avec moi ?

-Euh, oui, pourquoi ?

-Parfait ! » Répondit le guerrier avec un rictus moqueur. Sur ce, il lança une boule d'énergie vers l'écran dont il ne resta que cendres et fils de cuivre.

Enfin seul dans son grand vaisseau rien que pour lui, Végéta ricana. Ces humains étaient décidément idiots ! Il venait de voler leur vaisseau, et la seule chose à laquelle ils pensaient c'était de lui expliquer comment s'en servir ! Bon, un tour des lieux s'imposait : il devait vite savoir s'il y avait des provisions, de l'eau, et de quelles autres modalités il disposait. Le vaisseau pouvait bien continuer sur la même lancée en attendant, il était censé mettre cinq jours terrestres à arriver là où s'était trouvé Namek, il avait donc le temps. Et c'était certainement aux environs de cette planète que Karkarott aurait pu trouver refuge. Sinon comment aurait-il pu s'échapper de la planète sans vaisseau ?

Se dirigeant vers le fond de la pièce où il avait repéré un escalier, Végéta passa devant le pylône central, et remarqua à cet instant que l'interface qui s'y trouvait s'était activée. Un gros bouton -certainement le bouton d'allumage du dispositif-, ainsi que deux boutons plus petits en forme de triangles. Un petit écran affichait un sigle de l'alphabet humain de la forme d'un bâton.

Haussant les épaules, Végéta continua son chemin vers l'escalier. Il avait tout son temps de découvrir de quoi il s'agissait.

À l'étage inférieur se trouvaient quatre pièces.

La première était un dortoir avec quatre lits dont deux absolument minuscules, la seconde était beaucoup plus petite et ne contenait qu'un seul lit de taille convenable.

La troisième était une pièce aux murs métallisés avec une table, un immense placard, et un de ces gros meubles blancs comme il en avait vus chez les humains, qui servent à conserver la nourriture au froid. Ce dernier était malheureusement vide, ce qui paraissait logique puisque personne n'avait prévu le départ de Végéta. Par contre, s'il faisait étape sur une planète quelconque, cela signifiait qu'il pouvait stocker de la nourriture fraîche pendant plusieurs jours sans risque de décomposition. Ouvrant le grand placard, il ricana à nouveau. Bingo ! Devant lui se trouvaient cinq jours de nourriture pour cinq personnes, en conserve ou lyophilisée, soit un repas léger pour lui. Ces humains avaient étés trop feignants pour vider le contenu non-périssable du vaisseau lorsque le décollage de celui-ci avait été annulé !

Ouvrant la porte de la troisième salle, Végéta cilla. Une salle de bains. Avec une baignoire ! Ouvrant le robinet le plus proche, il retira son gant et mit la main sous le jet. Deux secondes plus tard, il éclata de rire. Il était en possession du seul vaisseau spatial de l'Univers qui produisait de l'eau chaude ! Tout le confort de la Terre, mais sans les terriens !

ooooo

Bulma avait passé la matinée à retourner son laboratoire dans tous les sens à la recherche de son prototype de réfrigérateur-conservateur, lorsque l'écran sur son mur s'alluma. C'était sa mère qui lui annonçait depuis la cuisine que Yamcha était levé. Souriante, Bulma sortit de la pièce tout en se demandant où elle avait bien pu perdre cette fichue capsule.

« Salut Bulma ! Sourit Yamcha, attablé devant un petit déjeuner copieux, Pua'r à ses côtés.

-Salut Yamcha ! Répondit-elle. Ça va mieux ta tête ?

-Un peu, mais c'est pas encore ça, reconnut-il.

-Au moins tu es vivant, constata Bulma, et puis, si c'est dissuasif, la prochaine fois tu éviteras de mourir, ce sera mieux pour tout le monde.

-Euh, eh bien si j'avais pu l'éviter je l'aurais fait tu sais.

-Eh bien raté ! J'ai dû aller risquer ma peau jusqu'au bout de l'Univers pour te faire ressusciter tu sais ! Alors évite de me refaire le coup un jour OK ? » Bulma souriait d'un air triste, et Yamcha sourit en retour. Il se leva et la serra dans ses bras. « Tu m'as manqué Yamcha. » murmura-t-elle.

« Tu m'as manqué aussi. »

« Oh ! Comme vous êtes mignons tous les deux ! » S'exclama madame Briefs, surgissant dans la pièce avec un plat de gaufres à la main. « Ça fait vraiment plaisir de t'avoir à nouveau parmi nous Yamcha ! Ce n'est pas que je n'aimais pas le gentil jeune homme qui était là avant, mais il faut bien avouer que toi tu es tout de même plus communicatif ! À nous aussi tu nous as manqué. »

Dans les bras l'un de l'autre, Yamcha et Bulma se figèrent. Il lui jeta un regard interrogateur, auquel elle répondit par un regard d'incompréhension, avant de tourner la tête vers sa mère et de lâcher Yamcha : « Maman, de qui est-ce que tu parles là ?

-Mais tu sais ! Le gentil jeune homme avec qui tu as passé toutes tes soirées depuis ton retour de Namek.

-Quoi ? S'écria Yamcha

-Il est parti hier avec notre vaisseau spatial, continuait la blonde. Le pauvre, il devait être très triste que tu lui préfères Yamcha ! Mais...

-MAMAN ! Hurla Bulma en comprenant soudain de qui elle parlait. Combien de fois faudra-t-il que je te le répète ? On lui a JUSTE offert l'hospitalité, et il ne s'est RIEN passé entre lui et moi d'accord ?

-Attends, qui ça ? » Demanda son petit-ami.

L'hésitation de Bulma donna l'occasion à sa mère de reprendre la parole : « C'était un très beau jeune homme qui n'avait plus nulle part où aller après l'explosion de Namek, alors...

-Alors je lui ai offert l'hospitalité chez nous, continua Bulma pour éviter que sa mère ne l'enfonce plus avant dans une situation délicate, comme à tous les nameks. Et bien entendu, comme ma mère l'a trouvé à son goût, elle s'est imaginé que je sortais avec lui. CE QUI N'EST CERTAINEMENT PAS LE CAS ! -ajouta-t-elle à l'adresse de sa mère-

-Je vois. » Répondit Yamcha en se détendant légèrement. Il connaissait l'enthousiasme exagéré de madame Briefs. « Il y avait donc d'autres gens sur Namek qui ont été ressuscités ?

-Euh... Eh bien oui. Je t'avouerais qu'on a tous été surpris, mais bon, puisqu'il était coincé sur Terre aussi il n'y avait pas de raison que j'invite les nameks et que je le laisse tout seul livré à lui-même sur une planète inconnue.

-Oui, je comprends.

-Comment s'appelait-il déjà ce beau jeune homme ? » Continuait la mère de Bulma, pensive. « Bejid... Begé...

-Végéta. » Lui répondit une voix fluette mais ferme.

Première seconde. Bulma et Yamcha se tournèrent vers Pua'r qui s'était élevé dans les airs à leur niveau, le regard indéchiffrable.

Deuxième seconde. « Ah oui ! S'exclama la blonde. Végéta c'est ça ! Charmant prénom pour un charmant jeune homme ! »

Troisième seconde. Bulma regarda Yamcha qui regarda Bulma. Son teint pâle rivalisait avec celui qu'il avait lorsqu'il était mort.

« Vé... Vé... Vévé...

-Il n'est plus notre ennemi, affirma Bulma en sentant venir l'affrontement.

-Vég... ressuscité... Namek... ici invité... charmant...

-Oui, bon, ça va. Il n'y a que ma mère pour le trouver charmant !

-Ce... C'est une blague ?

-Non. Répondit Pua'r.

-Mais attends. Demanda Bulma. Comment ça se fait que tu ne le savais pas ? Tu n'étais pas sensé être au courant de tout là où tu étais avec maître Kaioh ?

-N... Ne... Il nous répétait les informations essentielles, c'est tout.

-Attends, c'est Végéta qui a trouvé la solution pour qu'on puisse ramener Krilin et Goku à la vie (enfin, si Goku avait été mort) ! C'est pas une information essentielle ça ?

-Il ne nous a pas dit qui avait eu cette idée ! Maintenant, est-ce que tu es en train de me dire que tu as offert l'hospitalité à Végéta, le saiyan qui a débarqué sur Terre pour tous nous tuer ?

-Un saiyan pour nous tuer ? S'étonna la mère de Bulma. Ce charmant jeune homme ?

-... Oui et non. Répondit Bulma après un silence. J'ai offert l'hospitalité à celui qui s'est allié à nous contre Frieza, celui qui a sauvé la vie à Gohan sur Namek et permis de ressusciter Krilin. Et celui qui doit une revanche à Goku.

-Et tu ne t'es pas rendu compte que tu invitais un assassin sanguinaire et un tueur de sang froid sous ton toit ? S'exclama Yamcha. Il est responsable de ma mort ! Tu te rends compte ?

-Un assassin de sang froid ? Répéta madame Briefs, stupéfaite.

-Bien sûr que je me rends compte ! Se fâcha Bulma. Et tu sais quoi ? Le grand meurtrier Végéta s'est retrouvé coincé sur Terre alors qu'on n'avait presque plus aucun guerrier pour nous défendre. Et mine de rien, grâce à moi il n'a tué personne !

-Meurtrier ? Répétait la blonde.

-Grâce à toi ? S'étonna Yamcha en haussant un sourcil. Qu'est ce que tu...

-J'ai juste habilement négocié, comme tout grand génie que je suis ! La meilleure hospitalité de la Terre et la meilleure nourriture en échange de quoi il ne blessait et ne tuait personne !

-Négocié qu'il ne tuerait personne ? S'étonna madame Briefs.

-Hum... Fit le guerrier avec une grimace de désapprobation. Et comment a-t-il fait pour partir finalement ?

-On avait un vaisseau spatial prêt au lancement dans le jardin... Des soit-disant renforts pour Namek qui heureusement ne sont pas partis.

-Oui ! S'écria Pua'r. Il a volé le vaisseau spatial !

-Volé notre vaisseau ? Parce qu'il ne reviendra pas ? J'avais fait des crêpes... Déplora la mère de Bulma.

-Eh ben il avait l'air reconnaissant de votre hospitalité à ce que je vois ! Ironisa Yamcha. Pourquoi est-ce qu'il n'était pas parti plus tôt ?

-Il attendait Goku comme nous tous. Il voulait vraiment une revanche, c'est sûr. C'est pour ça qu'il a filé en apprenant que Goku était vivant. Je pense qu'il est parti à sa recherche.

-Eh bien ! Espérons que Goku lui mettra une bonne raclée quand il le trouvera ! Ça lui apprendra à terroriser les gens !

-Attendez. Intervint madame Briefs. Je ne comprends pas. C'est un charmant jeune homme très timide et discret qui adore notre cuisine. Pourquoi parlez-vous d'assassin ?

-Tu ne leur avais pas dit, ein ? Demanda Yamcha à Bulma.

-Non, inutile, j'avais la situation en main. Et je te répète qu'il n'est plus notre ennemi.

-Un ennemi ? Répéta la blonde.

-Ce psychopathe ? Répliqua Yamcha. Tu pardonnes vraiment vite Bulma ! Que tu l'aies invité pour l'empêcher de tous vous tuer, je peux comprendre. Mais de là à ne plus le voir comme un ennemi, tu m'inquiètes.

-Oh ça va ! Je sais ce que je fais ! Tu n'as pas discuté avec lui, toi !

-Oh mon dieu ! S'exclama madame Briefs. Ça veut dire que ma petite fille adorée a passé des soirées entières en tête à tête avec un assassin ?

-Et l'assassin de Yamcha en plus. Termina sombrement Pua'r.

-KOWAAAAAAA ?! S'écria Yamcha. Qui... que... quoi... comment ça des soirées en...

-Attends ! L'interrompit Bulma. Avant que tu te mettes à imaginer des trucs dégueulasses laisse-moi te répéter qu'il ne s'est rien passé entre nous ! On discutait.

-Vous discutiez ? Fit-il d'un air en haussant un sourcil.

-Oui ! Tu n'as pas idée du nombre de malentendus qu'il peut y avoir d'une culture à l'autre. Donc il me posait des questions sur ce qu'il voyait sur Terre pour mieux nous comprendre. Et j'ai même réussi à apprendre un ou deux trucs sur lui.

-Ein ? Mais à quoi ça sert de savoir des trucs sur lui ?

-Bah à mieux se comprendre voyons ! Répondit Bulma. Je veux dire, c'est pas inutile de savoir que pour un saiyan, le mot embrasser correspond à une technique de combat.

-Euh... Attends tu me fais peur là... De quoi est-ce que vous avez parlé ?

-Des saiyans qui n'ont pas de cœur, qui ne tombent pas amoureux, et qui en sont fiers.

-Et comment vous en êtes venus à parler de ça ?

-Euh... J'essayais de lui expliquer pourquoi j'avais fait tout ce chemin pour te faire ressusciter. » Tenta-t-elle en levant vers lui ses grands yeux bleus.

Et ça marcha. À cette réponse, l'expression de Yamcha s'adoucit enfin. Après un moment, il ajouta : « Je comprends. Tu as été très courageuse Bulma. Ça n'a pas dû être facile pour toi.

-Oh, ça va. Répondit-elle nonchalamment. Franchement il y a pire comme fréquentations. Oh ! -le visage de la jeune fille venait soudain de s'éclairer- Et puis il m'a appris un nouveau jeu de société, c'est génial ! Il faut que je te montre !

-Un jeu ?

-Oui ! Ça s'appelle le oorlog, répondit Bulma. C'est encore plus tactique que les échecs ! Là d'où il vient, il arrive que deux dirigeants fassent une partie pour s'épargner une vraie guerre !

-Comment ça tu as fait un jeu avec Végéta ? Répéta Yamcha abasourdi.

-Oui ! Viens je te montre ! »

Sur ce, Bulma le saisit par le poignet et le tira de force vers le canapé. Il parvint juste à attraper le plat de gaufres avant de la suivre, Pua'r sur leurs talons. Derrière eux, près de la table, madame Briefs restait immobile : « Nous avons accueilli un méchant sous notre toit ? »

ooooo

Après une durée inconnue d'entraînement acharné dans la grande salle du vaisseau spatial, sans support à frapper ni aucun obstacle à détruire, Végéta se décida enfin à s'accorder une pause le temps de se remplir l'estomac. L'écran affichant une carte de l'espace lui indiquait qu'il en était aux deux tiers du chemin jusque là où s'était trouvé la planète Namek.

Descendant dans la cuisine, il ouvrit le placard et commença consciencieusement à vider un à un tous les pots qu'il contenait. La nourriture lyophilisée avait clairement moins bon goût que la nourriture fraîche sur Terre, mais c'était tout de même meilleur que ce qu'il avait connu à une époque. Dommage que ce soit froid, songea-t-il en mordant dans une poignée de fines baguettes de blé sec et croustillant, qui s'avéraient être des pâtes. Les boissons par contre étaient pas mal. Très sucrées. Enfin, celles qui étaient de couleur bleue. Les rouges dégageaient une odeur d'alcool, il n'y avait donc pas touché.

Vers la fin de son repas, il avait repéré au sol, dans un coin de la pièce, une hop-pop capsule. Curieux, il la ramassa, mais se garda bien de l'activer. Elle portait l'odeur de l'humaine aux cheveux bleus... Il avait déjà vu les humains faire sortir d'énormes véhicules de ces petits mécanismes. Comme il ne savait pas ce qu'elle contenait, et que la pièce était assez petite, il ne voulait pas courir le risque d'endommager son vaisseau. Il essaierait de l'ouvrir quand il atterrirait sur une planète pour y trouver des vivres.

Atterrir sur une autre planète, il le fit dès le lendemain, après une courte sieste et quelques heures d'entraînement. C'était une petite planète couverte de prairies et sans habitants civilisés. Les voyageurs de l'espace de passage s'en servaient régulièrement de garde-manger, ce qu'il pouvait dire en observant quelques cratères plus ou moins recouverts d'herbe et des tas de déchets et d'os à proximité de ceux-ci.

L'atterrissage de son vaisseau le surprit. En effet, celui-ci mit un temps fou pour ralentir la chute vers la planète, déplier des pieds d'atterrissage, et se poser en douceur. Sans laisser le moindre cratère. Peut-être que les humains n'avaient pas envie de laisser des cratères là où ils atterrissaient, ou bien peut-être que leurs vaisseaux n'étaient pas assez résistants pour supporter l'impact, s'interrogea-t-il en ouvrant la porte. Cela pourrait être utile s'il voulait faire une arrivée discrète, mais sinon, il faudrait qu'il trouve un moyen de désactiver cette fonction. Un vaisseau atterrissant si lentement était une cible facile.

Après s'être rempli l'estomac d'un énorme cétacé pêché dans le minuscule océan, Végéta avait rempli réfrigérateur, placard, et tout un coin de la cuisine de viande et de fruits. Puis, juste avant de partir, il tenta d'activer la capsule qu'il avait trouvée sur le sol. L'objet qui apparut devant lui lui fit hausser les sourcils.

ooooo

À plusieurs millions de kilomètres de là, Bulma se plaqua la main contre le front. Cela faisait quatre jours qu'elle cherchait la capsule dans laquelle elle avait enfermé son prototype de réfrigérateur, et elle ne se rappelait que maintenant où elle avait bien pu la laisser ! Le but était de pouvoir conserver de la nourriture fraîche en état de cryogénie tant que le réfrigérateur était encapsulé, donc l'endroit logique pour placer un tel réfrigérateur était le vaisseau spatial ! Elle avait voulu regarder les dimensions de la cuisine afin de fabriquer un prototype qui y apparaisse sans danger et qui soit de taille optimale... Elle avait complètement oublié ce détail lorsque Dende avait accouru en lui annonçant que les Dragon Balls venaient de s'activer. Son précieux prototype était donc certainement parti dans l'espace avec Végéta...

Le problème, c'était que la fonction de décryogénisation n'avait pas encore été installée... Si Végéta la trouvait il aurait une drôle de surprise...

ooooo

Contemplant au travers d'un petit hublot les derniers restes de ce qui fut la planète Namek, Végéta jura. Ni planète ni lune à proximité directe, et une seule autre planète tellurique gravitant encore entre les trois soleils. Le super-saiyan aurait-il réussi à voler dans le vide intersidéral en retenant sa respiration sur des milliers de kilomètres pour atterrir sur cette boule de roche stérile ? Ce n'était peut-être pas inimaginable venant de celui qui avait tué Frieza. Sauf qu'il n'y avait nulle part où aller après.

S'il avait réussi à partir plus loin -et c'était forcément le cas puisque Végéta était là depuis des heures à se concentrer pour rechercher l'énergie de son rival- alors il avait trouvé un vaisseau. Et s'il avait trouvé un vaisseau alors quelqu'un l'aurait vu. Et si quelqu'un l'avait vu alors quelqu'un pouvait parler. Il fallait trouver ce quelqu'un. Un super-saiyan ne pouvait tout de même pas passer inaperçu !

Et quitte à devoir retourner à la civilisation, autant joindre l'utile à l'agréable, songea-t-il. La planète la plus proche comportant une base militaire de l'armée de Frieza était FUBGH-45, du moins, s'il se repérait correctement sur la petite carte de l'Univers affichée par son vaisseau. Une petite visite de courtoisie s'imposait. Il avait toujours rêvé d'écraser sous ses bottes quelques stupides larbins de Frieza.

ooooo

La vie à Capsule Corporation avait repris un cours paisible. Les nameks avaient récupéré leurs Dragon Balls en les faisant revenir vers eux par lévitation, malgré les insistances de Bulma pour utiliser son radar et partir à l'aventure les retrouver. Ils préféraient les faire revenir à eux sous forme de pierres plutôt que d'attendre une année namekienne entière sans savoir où elles étaient.

La bonne humeur de Yamcha égayait tout le monde, et Pua'r et Oolong étaient de retour pour la plus grande joie des enfants nameks. Bulma avait appris à Dende comment utiliser le téléphone, et celui-ci passait souvent de longues minutes à discuter avec Son Gohan. Elle avait même réussi à influer auprès de Chichi pour qu'elle et son fils viennent leur rendre visite une journée ou deux pour que les deux enfants puissent se voir. Ce n'était pas comme si le gentil et aimable petit Dende pouvait avoir mauvaise influence sur son précieux Gohan...

Entre elle et Yamcha... Eh bien ça ne se passait pas si mal. Elle était heureuse de le revoir, et il était heureux d'être en vie et avec elle. Mais c'était... à la fois pareil qu'avant et différent... Ils restaient ensemble par habitude, s'embrassaient comme on dit bonjour, se disputaient comme on dit au revoir. Et en même temps c'était différent depuis qu'il était revenu d'entre les morts. Parce qu'il voulait profiter de la vie au maximum. Parce qu'il voulait faire ce qui lui plaisait. Parce qu'il faisait des jeux de mot tous plus nuls les uns que les autres. Parce qu'il sortait de plus en plus souvent avec ses amis. Parce qu'il appréciait ouvertement la compagnie d'autres demoiselles, surtout quand elles riait à son humour. Et parce que Bulma ne pouvait rien lui reprocher de tout cela à part ce dernier point.

De son côté, elle avait l'impression d'avoir changé aussi depuis Namek. Son père la voyait plus investie que jamais dans de nouvelles inventions. Elle recherchait sans cesse le défi intellectuel et les prouesses techniques. Elle était peut-être un peu plus calme, plus posée, et pourtant... Elle savait pertinemment qu'elle s'investissait autant dans le travail pour tromper son ennui. Aucun namek ni Yamcha n'avaient, malgré toutes leurs bonnes volontés, réussi à représenter un défi quelconque pour elle au oorlog. La plupart d'entre eux n'était toujours pas parvenue à retenir les règles ! Et son père n'avait jamais aimé les jeux de société. Ils étaient donc revenus sur des jeux de société plus terrestres, plus simples. Et elle s'ennuyait. Elle avait l'impression de n'avoir plus personne sous la main capable de lui offrir un défi digne de ce nom. Une simple partie de oorlog contre un adversaire sombre et mystérieux avait réussi à la maintenir calme et posée pendant plus de quatre mois. Maintenant qu'il était parti, elle piquait des colères régulières et n'avait plus personne sur qui passer ses nerfs. À part Yamcha, sur qui elle passait sa frustration d'une autre manière, exigeant de lui qu'il lui fournisse sa dose d'adrénaline fréquemment. Cela semblait lui convenir... la plupart du temps.

Et le départ des nameks, quelques mois plus tard, ne fit qu'amplifier la monotonie.

La maison semblait plus vide que jamais malgré la centaine d'animaux qui y vivait. Madame Briefs avait erré sans but dans le jardin intérieur pendant des jours après leur départ, cherchant une fleur à arroser, une carte de jeu à ramasser. Monsieur Briefs jouait au golf tout seul, ayant oublié d'inviter ses quelques collègues qui jouaient si souvent avec lui auparavant. Piccollo était parti le même jour que tous les autres nameks. Bulma s'enfermait dans son laboratoire sur des projets fous et sortait en soirées avec Yamcha ou faire les boutiques avec ses amies... Pour passer le temps...

ooooo

Où es-tu parti Karkarott ?

Arpentant sans relâche toutes les bases militaires de la galaxie, une seule question revenait sans cesse dans l'esprit de Végéta. La galaxie entière tremblait désormais à l'évocation d'un fléau invisible, qui frappait sans prévenir une base militaire après l'autre, ne laissant jamais aucun survivant. On racontait que la Mort elle-même s'amusait à frapper sans prévenir pour punir ceux qui avaient fauté. Et l'affolement général était d'autant plus accentué qu'aucun ordre clair ne provenait de la haute hiérarchie. Comme si Frieza était occupé ailleurs, à d'autres choses plus importantes que son armée qui se faisait lentement décimer sans aucune chance d'y remédier.

Attablé dans un coin sombre d'une taverne miteuse, sur une planète qui n'était autre que sa prochaine cible, Végéta ricana à entendre la serveuse clamer haut et fort ces ragots, avant de se ré-assombrir aussitôt. Même une telle réputation, dont il aurait dû s'enorgueillir, ne lui apportait pas la moindre satisfaction face au fait qu'il ne parvenait pas à retrouver Karkarott, le troisième classe qui lui avait volé sa victoire, le saiyan qui avait terminé le travail qu'il avait lui-même échoué.

« Quoi mon mignon ? Ça te fait rire ce que je raconte ? C'est vrai pourtant ! » Ne daignant pas lever les yeux vers la serveuse saiyanoïde qui venait de s'accouder à sa table, Végéta recommença à engloutir le contenu verdâtre (mais chaud) de son assiette.

« Qu'est-ce qui te faisait rire, dis-moi ? » Continua la créature à la peau vert-clair et aux cheveux rouges, en s'avançant un peu plus. « C'est parce que tu en sais plus que moi ou parce que tu as peur qu'on soit la prochaine cible ?

-Hmf. Siffla le saiyan. Peut-être que c'est justement ce que je sais.

-Oh... Et que sais-tu d'autre monsieur le savant ?

-Bien plus que tu n'en sauras jamais, stupide femelle.

-Oh, vas-y je t'écoute. »

Il ne répondit pas, trop occupé à manger. Elle s'acharna : « Tu es arrivé ici il n'y a pas longtemps n'est-ce pas ? Tu dois avoir des nouvelles de l'extérieur. Est-ce que tu sais pourquoi le seigneur Frieza n'envoie pas ses troupes de choc contrer ce fléau invisible ? Est-ce qu'il est au courant ? Est-ce qu'il nous abandonne ?

-Oui. Non. Oui.

-Hein ?

-Écoute femelle, tu sens mauvais et tu gâches mon repas, alors je vais être clair : dans une heure et demie, il n'y aura plus que des cadavres sur cette planète, c'est la vitesse moyenne avec laquelle j'ai décimé toutes les bases précédentes. »

La créature cilla et le regarda un instant sans mot dire, puis fronça les sourcils, avant de répondre d'une voix neutre :

« Très drôle...

-Tsss ! Pense ce que tu veux mais casse-toi. Tu sais quoi ? C'est ta dernière chance de courir chercher le seul vaisseau du spatioport que je n'ai pas saboté. Et si tu arrives à t'échapper et que quelqu'un te croit, tu pourras leur dire que tu as vu le fléau invisible et qu'il t'a dit qu'il ne s'arrêterait pas tant qu'il n'aurait pas trouvé ce qu'il cherche. Et n'espérez pas les forces spéciales Ginyu, j'ai porté le coup de grâce à quatre de ses membres et le dernier va finir sa vie de la manière la plus lamentable qui soit sur une planète perdue. »

Son intimidation eut l'effet désiré, car la créature recula d'un pas, tétanisée. L'odeur de la peur et de la sueur. Elle cilla : « Tu... Vous... Non tu bluffes. C'est méchant de me faire peur comme ça.

-Hmf crois ce que tu veux, ricana le tueur, mais il te reste 1h28 minutes. Depuis le début je m'amuse à laisser un vaisseau spatial intact au cas où un petit lâche réussirait à s'enfuir pour aller colporter des rumeurs, mais jusqu'à présent, tous ceux qui ont fui je les ai retrouvés suicidés sur le spatioport ou cachés dans les bâtiments à trembler comme des feuilles. »

Son interlocutrice recula à nouveau d'un pas : « Vous... Non tu mens... » Elle recula encore.

« Hey ! Hareyn ! On n'a plus rien à boire par ici ! » Lança un insectoïde à l'autre bout du bar.

La serveuse tourna la tête d'un air paniqué, puis regarda à nouveau vers Végéta qui mangeait tranquillement. Elle prit une longue inspiration, et murmura d'une voix tremblante : « Qu'est-ce que tu cherches ? »

Végéta fronça les sourcils, et daigna pour la première fois lever les yeux pour rencontrer son regard : « Un saiyan du nom de Karkarott. Il me doit quelque chose.

-Un saiyan ? Ne me dis pas que tu massacres des millions de gens pour poursuivre un singe ? Et puis il n'y a plus de saiyan...

-Si, lui et moi. » Répondit Végéta d'une voix vide.

Elle ne comprit pas la menace et se mit à rire en faisant voleter ses longs cheveux rouges : « Un saiyan ? Toi ? Mais où est ta queue de singe ? Les saiyans ont une queue ! On dit même qu'ils font des merveilles avec...

-Tout compte fait crève. » Acheva-t-il, terminant à la fois son assiette et sa conversation d'un geste de la main nonchalant.

À la première seconde, la taverne devint soudain silencieuse après le bruit d'une petite détonation.

À la deuxième seconde, la serveuse contempla d'un regard vide le trou béant qui remplaçait sa poitrine.

À la troisième seconde elle s'effondra. Et soudain la calme petite taverne sombra dans désordre affolé.

Du coin de l'œil, Végéta remarqua la deuxième serveuse, peau rouge et cheveux verts, se lever précipitamment des genoux d'un soldat pour s'enfuir par la porte. « Herayn ! » Cria ce dernier trop tard pour la retenir. Le saiyan ricana et passa au travers du plafond du bâtiment pour se percher sur le toit, savourant la panique qu'il venait de provoquer. La créature affolée se dirigeait en courant vers le spatioport. Aucun doute, les deux serveuses étaient une paire télépathe, et celle-ci avait donc tout entendu de sa conversation avec l'autre. Parfait, au moins il n'aurait pas parlé pour rien.

Bon, il était temps de passer aux choses sérieuses. Un petit rassemblement de soldats armés commençait à se former au pied du bâtiment, et quelqu'un lui cria de descendre sagement... Ce qu'il fit en riant. Il n'y aurait aucun survivant.

Quelques mètres plus loin, dans le spatioport, sous les bruits des détonations d'énergie et des cris d'agonie, une créature aux cheveux verts pleurant des larmes de panique tentait frénétiquement d'ouvrir une à une les portes des petits vaisseaux stationnés là. À son toucher, chaque vaisseau se brisait en deux comme s'il avait été fendu par une lame invisible, manquant de l'écraser à chaque fois. Elle trouverait le seul en état de marche juste avant l'arrivée des premiers déserteurs. Le combat était trop inégal, même à mille contre un. Ce serait le message qu'elle transmettrait aux généraux de l'armée de Frieza. Ces derniers enverraient une armée d'élite pour stopper le saiyan fou, et de cette armée ne resterait bientôt plus qu'un immense charnier à l'odeur de chair et de fer.

Nul ne pourrait stopper Végéta dans sa quête. Mais aurait-il décimé le dernier des naïfs adorateurs de Frieza avant d'avoir trouvé la moindre piste de Karkarott ? À moins qu'il ne s'en lasse avant ?

ooooo

« Je m'en fiche de ton match de baseball, tu viens faire du shopping avec moi !

-Mais Bulma, on y est déjà allés il y a trois jours, et tu as dévalisé la moitié des boutiques de la ville ! Se défendit Yamcha.

-Justement, il me reste encore l'autre moitié !

-Tu ne trouves pas que tu as déjà assez d'affaires comme ça ? S'étonna-t-il

-Ce n'est pas la question ! Je m'ennuie et j'aime faire du shopping. Tu viens avec moi ! »

Yamcha dévisagea un long moment la furie bleue qui se dressait devant lui. Elle était intransigeante lorsque ses nerfs lâchaient, et c'était le cas. Dans ces moments-là, elle n'avait plus aucune considération pour les autres, et ne cherchait qu'un moyen de se changer l'esprit. N'importe quel moyen.

Elle avait toujours été ainsi : tantôt douce et souriante, prête à faire la fête et à rire, tantôt instable, exigeante et implacable, une vraie force de la nature. Mais ses crises n'avaient jamais été aussi fréquentes que ces derniers temps, depuis qu'elle n'était plus adolescente. Maintenir une relation saine avec elle lui demandait de plus en plus d'énergie, et il avait besoin d'air. De plus, son équipe de baseball avait besoin de lui dans une heure à peine, et il ne voulait sous aucun prétexte les laisser tomber. Pourquoi cela devait-il lui arriver maintenant ? Comment pouvait-il continuer à concilier sa petite amie et ses amis, sa vie active ?

« Écoute Bulma, si tu veux, ce soir je t'emmène au restaurant sur une petite île paradisiaque à l'autre bout de la Terre, qu'est-ce que tu en dis ? Tu ne veux pas venir me voir jouer ?

-Je m'en fiche de tes matchs de baseball, répliqua la jeune fille au regard implacable, tu ne cours même pas à pleine vitesse et je m'ennuie. Je ne veux pas attendre ce soir, je veux bouger tout de suite.

-Mais je ne peux pas les laisser tomber quand même !

-Et moi ? C'est moi que tu laisses tomber Yamcha ?

-Mais enfin je ne te laisse pas tomber ! C'est juste que...

-Tu sais quoi ? Le coupa Bulma. C'est ça ! Laisse tomber ! Puisque je ne peux pas compter sur toi, vas-y à ton match, et tu peux bien rester dormir dans ton stade ou dans les vestiaires, je m'en moque ! »

Et sur ce, jeune femme redressa la tête d'un air fier, tourna le dos à son petit-ami abasourdi, et s'en alla d'un pas rapide. Yamcha resta à nouveau sans voix tandis qu'elle s'éloignait vers sa maison. Elle en sortit quelques minutes plus tard, une capsule en main qu'elle jeta au sol pour révéler un nouveau véhicule ressemblant à un hybride entre une moto et un boomerang. Elle jeta un dernier regard lourd de reproches à son guerrier avant de lui lancer : « Eh bien vas-y à ton match ! Ne fais pas attendre tes précieux amis ! »

Sur ces mots, elle enfourcha la machine comme une moto, démarra le moteur, puis, dans une onde de choc, s'éleva dans les airs et s'élança à toute vitesse vers l'ouest.

Yamcha soupira : il aimait Bulma, mais comment était-ce possible d'avoir une relation normale avec cette femme ?

Déjà rendue à plus d'un kilomètre, Bulma soupira également : elle aimait Yamcha, mais comment était-ce possible d'avoir un petit-ami aussi peu compréhensif ?

Avec un peu de chance, l'adrénaline de la vitesse calmerait ses nerfs. Cette nouvelle machine construite avec le générateur qu'elle avait conçu à la base pour sa machine à créer des vêtements (dont la construction était toujours au point mort) était plus puissante que tous les précédents véhicules qu'elle avait construits. Voyons combien de fois elle parviendrait à faire le tour de la Terre avant de se sentir fatiguée.

ooooo

« Eh ! Étranger, ça te dit une petite partie ? »

Végéta s'ennuyait. Il en avait vite eu assez de poursuivre les misérables lambeaux de l'armée de Frieza. Pas le moindre défi qui en vaille la peine. Il l'avait surtout fait pour le plaisir et les informations. Et n'en avait pas vraiment obtenu d'ailleurs... Il s'était entraîné seul sur quelques planètes désertes, montant sa puissance jusqu'à les détruire totalement, ou s'entraînant à voler d'une planète à une autre. Si elles était proches, c'était possible même sans être super-saiyan. Il s'était concentré aussi, durant des journées entières. Et soudain, comme un flash, une énergie surpuissante et typiquement saiyan surgissait du fin fond de l'Univers et disparaissait instantanément. Il sautait dans son vaisseau et s'y dirigeait aussi vite que ne le pouvait le moteur. Parfois il lui semblait l'atteindre, en être très proche. Et puis soudain, l'énergie débordante surgissait d'un autre bout de l'Univers. Soit Karkarott le faisait tourner en bourrique, soit les passages intersidéraux transportaient aussi le ki, le faisaient rebondir ou qui savait ?

Et donc, il s'ennuyait. Lorsque l'envie l'en prenait, il rejoignait la civilisation le temps de prendre un repas chaud et à peu près cuisiné. Rien de similaire avec ce qu'il avait eu sur Terre, mais moins monotone que la viande et les fruits qu'il accumulait sans cesse dans son vaisseau. Le deuxième réfrigérateur s'était avéré être pire qu'un surgélateur. Très efficace pour conserver de la nourriture très fraîche, mais le problème était qu'elle restait... très fraîche... même pour lui, mordre dans un fruit cryogénisé avait été difficile. Il avait donc fini par le vendre au premier revendeur qu'il avait croisé, en échange d'une quantité honorable de pièces de monnaie locale. La nourriture achetée avec de l'argent sur les planètes commerçantes était tout de même meilleure que celle obtenue par échange de tickets dans les bases militaires.

Et il se trouvait donc là, savourant un petit repas chaud et ruminant ses idées noires, dans un coin de taverne sombre où l'on ne viendrait pas l'ennuyer. S'il lui restait un peu d'argent quand il aurait mangé à sa faim, il irait voir s'il ne pouvait pas trouver quelqu'un pouvant lui fournir du carburant. Il avait remarqué que la jauge de son vaisseau avait fortement baissé. Récemment, la barre de jauge était descendue en dessous d'une barre qui semblait marquer un palier de limite. Il y en avait trois de la sorte, et tous semblaient indiquer un niveau de criticité du manque de carburant. Plus étonnant, depuis qu'il avait passé ce premier seuil, les lumières de son vaisseau étaient plus faibles, et s'éteignaient dès qu'il n'était plus dans une pièce. Le vaisseau semblait fonctionner à l'économie d'énergie, mais c'était ridicule, pourquoi ce dispositif ne fonctionnait-il pas en permanence ?

« Noble étranger ! Pardonne-moi si je semble insistant mais je cherche un adversaire pour jouer contre moi. Ça ne te tenterait pas par hasard ? »

Tiré de ses pensées, Végéta leva son regard sombre vers l'étranger qui s'était adressé à lui avec cet accent si particulier. Un bipède à la peau bleue tout de noir vêtu et encapuchonné. Il avait un crâne aussi gros que le reste de son corps, des yeux aux pupilles de félins et un sourire de carnassier, pas de nez. Un t'sinzplin. Cette espèce était connue pour deux raisons : ces gens savaient lire dans les pensées directes de ceux qui les regardaient, et ils étaient les meilleurs escrocs de l'Univers.

Il considéra la proposition un moment. Il s'ennuyait de détruire, il s'ennuyait de chercher sans trouver. Peut-être qu'un petit entraînement de l'esprit ne lui ferait pas de mal après tout ? Et puis il pourrait y trouver d'autres avantages... Il ricana : « Qu'est-ce que tu as à proposer, t'sinzplin ?

-Oh, je vois que tu connais ma race. Serais-je assez audacieux pour oser te demander la tienne ?

-Saiyan, mais tu viens déjà de le lire dans mes pensées. » Répliqua Végéta, loin d'être dupe.

« En effet, prince Végéta, répondit le télépathe en haussant des sourcils inexistants. Ce serait un honneur pour moi d'affronter un adversaire qui ose accepter mon défi en sachant que je possède ce pouvoir.

-Dans ce cas j'espère que tu as sur toi le jeu auquel je pense. » En réalité, il y avait toujours eu une chose qui avait amusé Végéta chez les télépathes, c'était le fait de ne pas avoir besoin de leur parler et de leur donner des ordres par la pensée, et également la possibilité de les duper en se mettant à fonctionner instinctivement : ils ne lisaient que les pensées ou images formulées clairement.

Le t'sinzplin cilla. Il venait d'entendre cette dernière pensée qu'avait eu Végéta, mais celui-ci n'avait pas clairement formulé dans sa tête le nom du jeu auquel il voulait jouer. Le seul jeu suffisamment complexe pour valoir son attention.

« Je ne joue qu'au oorlog. » éclaircit Végéta à voix haute, sans se départir de son rictus moqueur.

« Oh. Répondit l'étranger. C'est un jeu risqué que tu joues là, saiyan.

-Si tu te dégonfles, tu ne m'intéresses pas, télépathe.

-Non, non, je ne me dégonfle pas, noble étranger, au contraire je bouillonne d'anticipation. C'est très rare que...

-C'est normal, tu es un escroc. Maintenant ne me fais pas perdre mon temps et entame les négociations, je sais que les gens de ta race ne jouent pas pour le plaisir.

-Bien, bien. Répondit la créature en s'asseyant face à Végéta. C'est très amusant, c'est moi le télépathe et c'est toi qui m'anticipes...

-Combien ?

-Hum... J'ai à disposition assez d'argent pour remplir toute cette pièce du carburant de ton choix. Même un vaisseau aussi puissant que le tien n'a pas besoin d'autant n'est-ce pas ?

-Ha ! Depuis combien de temps tu lis dans mes pensées ? » Répliqua Végéta, absolument pas étonné.

« Une heure.

-Forcément... Et que demandes-tu en échange ?

-Ton vaisseau. »

Végéta sourit. Cet alien était un sombre idiot s'il pensait qu'il allait risquer de se séparer si facilement de son précieux vaisseau spacieux avec garde-manger et salle de bain. Mais avant qu'il ait pu formuler une réponse (que par ailleurs, le télépathe avait déjà entendue), il fut interrompu par un énorme plat de nourriture posé bruyamment sur la table. Une énorme femelle arachnoïde jeta un regard noir au t'sinzplin puis à Végéta : « Si j'étais vous, monsieur, je n'accepterais pas son offre, ce type est un télépathe qui dépouille tous les gens de passage. Il a ruiné des vies.

-Je suis au courant. Répondit Végéta. Et croyez moi j'ai ruiné bien plus de vies que lui. » Ce disant, il fit bien attention à regarder son adversaire dans les yeux. En deux secondes de paroles, il lui montra du sang, des cris, de la chair, des cadavres. Le t'sinzplin déglutit bruyamment. Végéta continua à l'adresse de la tavernière : « Dois-je comprendre que vous aimeriez vous débarrasser de ce type ?

-Oh oui, répondit l'arachnoïde sur un ton amer, si seulement la loi nous autorisait à le virer de notre auberge, il arrêterait de ruiner nos clients, et nous avec. Ne jouez pas contre lui monsieur.

-Oh, au contraire, ça devient intéressant. Qu'est-ce que vous me donneriez si je fais en sorte qu'il ne revienne jamais ici ?

-C'est très noble de votre part, étranger, mais vous prenez un gros risque dont je ne veux pas être responsable.

-Laisse de côté ton beau discours, répliqua Végéta. Je te demande si tu serais prête à me servir à manger gratuitement et à me fournir des provisions pour quelques jours.

-Euh...

-Si je puis me permettre, intervint le t'sinzplin (qui suivait l'échange d'un œil intéressé), j'aimerais vous informer madame que vous n'avez pas assez dans votre cuisine pour que ce noble étranger puisse manger à sa faim ne serait-ce que ce soir. »

Végéta se contenta de jeter un rictus moqueur à l'étranger qui s'était assis face à lui avant de répliquer : « Oui, c'est une négociation contre une autre. Je n'en ai rien à faire qu'il reste là à arnaquer vos clients pour l'éternité, mais moi je repars ce soir. ».

La tavernière arachnoïde cilla, mais ne réfléchit pas plus de quelques secondes : « Faites comme vous voulez étranger, répondit-elle, je peux m'arranger pour vous nourrir ce soir jusqu'à ce que vous soyez rassasié, mais pas les provisions. Et assurez-vous de pouvoir me payer même si vous perdez.

-Marché conclu donc ! » Conclut le saiyan en retournant son attention vers le t'sinzplin en face de lui. « Bon, j'espère que tu as de bons arguments pour ne pas te faire tuer sur-le-champ, crâne-bleu. »

L'étranger perdit son sourire : la négociation se retournait lentement contre lui, et il avait beau lire dans les pensées de cet adversaire, il lui était difficile de le contrer. « J'ai dit que j'avais de l'argent à disposition, pas que je l'avais sur moi. Si tu me tues, noble prince saiyan, tu ne pourras toujours pas t'acheter de carburant.

-Épargne-moi tes noble prince, crâne-bleu, la flatterie ne prend pas sur moi.

-Comme tu voudras étranger. Veux-tu toujours jouer contre moi pour avoir une chance de gagner mon argent ?

-Tu espères négocier ta vie en échange ?

-Non, sourit le t'sinzplin. Ton vaisseau.

-Hum, tu as intérêt à proposer mieux parce que ta vie et ton argent ne valent pas la moitié de mon vaisseau.

-Et si j'avais assez d'argent pour t'acheter des provisions de nourriture pour plusieurs jours en plus de ton carburant ? Je sais où on peut s'approvisionner.

-Est-ce vraiment le cas, t'sinzplin ?

-Oui, étranger.

-Me le promettrais-tu une fois la partie commencée ? Répliqua Végéta. On ne peut pas mentir au oorlog.

-Me promettrais-tu la vie sauve en échange ? Si je perds je jurerai de quitter cette planète à tout jamais.

-Hum, tu me promettras de devenir ouvrier dans les mines de la planète Mith-ryll, ça m'amuse plus de t'imaginer une fin minable, sinon je préfère te tuer. »

Un silence s'ensuivit, pendant lequel le télépathe soupesait le sérieux de son adversaire qui menaçait de le tuer sur un ton de plaisanterie. Il avait pensé trouver un bon pigeon perdu dans ses sombres pensées, disposant d'un vaisseau spatial qui vaudrait très cher à la revente. Il était tombé sur un sadique qui avait réussi à faire peser une vie dans la balance. Il n'avait plus le choix : « Avons-nous un accord alors ?

-C'en est un, de toutes manières je ne perds jamais. » Ou presque, songea-t-il.

« Ou presque. » Répéta le télépathe en retrouvant son sourire. Il sortit de sa poche une petite boîte qu'il étira dans les trois dimensions pour former un plateau de jeu de oorlog conventionnel.

« C'est ça. Répondit Végéta. Mais presque n'inclut pas les escrocs de basse classe.

-Qui donc alors ? Interrogea subtilement le t'sinzplin.

-Tu poses beaucoup de questions pour un télépathe. »

Sur ces entrefaites, ils prirent leurs engagements respectifs : une vie sauve et un vaisseau spatial, contre la richesse de toute une vie et une fin d'existence dans les mines les plus dangereuses de ce système solaire. Puis la partie commença.

Le t'sinzplin se défendait bien. Il était un adversaire très correct, mais il se fiait beaucoup trop à son pouvoir de lire dans les pensées. Or Végéta jouait d'instinct, ou les yeux fermés, ou pire, il joua une attaque frontale sans aucune stratégie masquée, qui fit essuyer de lourdes pertes à son adversaire. Ils avaient convenu de ne se poser aucune question, car n'y voyant pas d'intérêt et ayant tous deux des informations à cacher. La famille arachnoïde travaillant dans la taverne suivait le déroulement de la partie à une distance respectueuse. Il fallut moins de deux heures à Végéta pour remporter la partie.

Face à lui, le t'sinzplin devint peu à peu si pâle qu'il semblait gris. Il semblait si misérable que Végéta ne put s'empêcher d'enfoncer le clou : « C'était un peu pitoyable comme performance pour un escroc professionnel. J'ai joué contre une pute sur une planète paumée où ils ne sont même pas passés à l'ère spatiale, et honnêtement elle jouait mieux que toi ! »

Le télépathe le dévisagea longuement d'un air apathique et sembla surpris : « Elle est belle.

-De quoi ?

-Ta Dame. Elle est belle. Depuis des heures que j'observe tes pensées c'est la première fois que je les vois s'adoucir. Je me suis trompé en te prenant pour un condamné.

-Un condamné ? Qu'est-ce que tu racontes comme conneries ?

-Un condamné, C'est comme ça dans mon peuple que l'on appelle ceux qui n'ont plus d'âme, qui ne voient plus la beauté du monde. Ce sont des victimes faciles pour nous car ils n'ont rien à perdre et sont prêts à tout pour un peu de lumière.

-Hnn ! Erreur fatale pour toi ! Pour qui est-ce que tu t'es pris pour croire me mettre dans une case, moi ?

-Tu vas y retourner n'est-ce pas ? Demanda le t'sinzplin sans répondre aux remarques acides du saiyan.

-Où ça ?

-Sur sa planète. Elle est jolie par tes yeux. Ta Dame...

-Je n'ai pas parlé de dame, idiot...

-Tu l'admires. Je n'ai pas de honte à avoir qu'elle soit plus forte que moi. Je suis même honoré que tu aies comparé vos parties à la notre. »

Végéta le regarda un instant, surpris pour la première fois de la soirée, avant de détourner les yeux par mesure de précaution : « Je sais que tu ne peux lire que les images et les pensées, le reste tu l'as inventé. »

« Peut-être. Peut-être que j'ai deviné juste. Seul l'avenir te le dira, prince des saiyans. Comme promis tu trouveras l'argent nécessaire à tes achats dans le vaisseau spatial X9BZ violet garé au bout du deuxième spatioport. Voici la clef. Je te souhaite de retourner rejoindre ta Dame et d'apprécier le temps qu'il te reste. Mon temps à moi est écoulé. » Sur ce, il sortit d'une de ses multiples poches une arme de poing, visa sa tête, et tira.

Végéta eut juste le temps de saisir son assiette encore pleine de légumes et de reculer pour éviter la giclée de sang jaune qui suivit la détonation. Puis il regarda le corps au sol avec dédain avant de se diriger vers une autre table pour finir son repas. Encore un faible, un lâche qui n'avait pas la force ou la patience d'affronter un destin sombre en attendant une éclaircie. Un condamné.

ooooo

Yamcha avait changé.

C'était maintenant un fait auquel Bulma essayait de s'habituer et qu'elle essayait en même temps de contrer. Dans les derniers mois, elle avait tout fait pour que leurs disputes ne terminent pas à nouveau sur une rupture. Et lui, qu'avait-il fait ? Rien ! Il s'était contenté de vivre, béatement, comme un bienheureux, qui s'imagine qu'il peut garder pour lui la belle Bulma Briefs en faisant des blagues incompréhensibles et en se laissant draguer par d'autres filles, parfois même sous son nez ! Bon d'accord, il avait fini par comprendre qu'il devait ralentir sur les blagues, mais elle était toujours obligée de le tirer par l'oreille dès qu'une autre fille commençait à lui faire des avances.

Rhaaaa ! Pourquoi n'était-il pas comme elle voulait qu'il soit ? Où était parti son sauvage bandit du désert qui fuyait les filles ? Ce type qui vivait chez elle était trop gentil, trop simple, et manquait d'esprit... Mais qui d'autre que lui pouvait lui convenir à elle ? Elle méritait un guerrier, un guerrier Z c'était un fait. Goku était marié et trop gamin dans son attitude. Krilin avait un peu d'esprit mais il était trop petit et pas franchement sexy. Tenshinhan était pas mal, mais il avait un œil en trop et des goûts vestimentaires douteux. Chaozu... euh, petit, gamin et blanc... Piccollo était vert, et asexué de toutes manières. Gohan avait 5 ans, et elle ne voulait pas savoir l'âge de maître Roshi. Yamcha était fort, gentil, serviable, et sexy. De quoi avait-elle besoin de plus après tout ?

« Bulma ? »

Tirée de ses pensées, l'intéressée penchée sur un montage de composants électroniques se retourna sur sa chaise pour faire face à la porte d'entrée de son laboratoire : « Oui papa ?

-Excuse-moi de te déranger, je me demandais seulement si tu te rappelais les seuils d'économies d'énergie que tu avais programmés pour les véhicules habitables ?

-Pour la consommation de carburant tu veux dire ? Oui, pourquoi ?

-Parce que je m'inquiète pour le vaisseau de Végéta, lui répondit monsieur Briefs.

-Comment ça ? Tu as entré l'algorithme d'économies d'énergies dans le vaisseau spatial ?

-Oui, bien évidemment. Mais je ne l'ai pas retravaillé. À l'origine le vaisseau était juste sensé faire un aller-retour vers la planète Namek, pas faire le tour de la galaxie.

-Tu veux dire qu'il commence à manquer de carburant ?

-Eh bien oui, il a passé le premier seuil il y a quelques jours.

-Hum... Réfléchit Bulma. Le premier seuil, ce n'est pas trop grave, ça n'impacte que la lumière, la ventilation principale et la vitesse de propulsion.

-Oui, je sais, mais c'est le deuxième dont je ne me souviens pas. Depuis ce matin, le niveau de carburant a énormément baissé. Apparemment les pompes d'évacuation du réservoir se sont mises en marche automatiquement plusieurs fois.

-Ah. Répondit la jeune scientifique. Il a dû essayer de faire le plein mais n'a pas trouvé le bon carburant.

-Oui, je le pense aussi. Mais en plus depuis hier, la génératrice de gravité qui est dans le vaisseau a été montée au maximum.

-Comment ça au maximum ? S'étonna Bulma.

-Ce n'est rien comparé à ce que j'avais installé dans le vaisseau de Goku, répondit son père, mais la génératrice de ce vaisseau-là peut monter à une gravité de 10 fois celle de la Terre.

-Oh ! C'est étonnant que Végéta ne l'aie pas mise en marche plus tôt ! Je parie que ça fait de très bonnes conditions d'entraînement pour un combattant comme lui. Et si Goku en avait une aussi, ça paraîtrait logique...

-Oui, mais ça consomme pas mal de carburant... Je crains qu'à une telle vitesse de consommation, il ne dépasse le deuxième seuil d'ici cinq ou six jours.

-Ah, dommage, constata Bulma. La génératrice de gravité doit être comptée parmi les appareils de catégorie 2. Quand il aura passé ce seuil d'économie d'énergie, elle sera désactivée.

-Ah ? S'étonna son père. Tu veux dire qu'il se retrouvera en apesanteur ?

-Euh, oui, répondit-elle. Tant qu'il sera dans l'espace en tous cas... Sinon laisse-moi réfléchir... En catégorie 2 il doit y avoir la ventilation de sécurité, les stabilisateurs de secousses, le four, toutes les prises électriques, et l'extinction automatique des boutons de commande au bout de trois secondes de non-activité.

-Mhm. Réfléchit le vieux scientifique. Et en catégorie 1 ?

-S'il passe le dernier seuil d'économie d'énergie ? Il y a... » Alors qu'elle formulait sa phrase, les yeux de Bulma s'ouvrirent en grand comme si elle calculait l'arrivée d'une catastrophe imminente : « Les trains d'atterrissage ne seront plus fonctionnels, le frigo s'éteindra et... il n'y aura plus d'eau chaude... »

Elle tourna vers la fenêtre un regard inquiet.Dans ces moments-là, elle il lui semblait voir apparaître un regard. Une paire d'yeux noirs et sombres comme une nuit sans étoile, un regard sévère et implacable. Où es-tu parti Végéta ?

ooooo

Maudit Karkarott. Maudits terriens. Maudit vaisseau. Maudites machines. Maudits vendeurs incompétents.

En apesanteur aux commandes de son vaisseau spatial, Végéta pestait. Les vendeurs de tout un système solaire avaient été incapables de trouver un carburant similaire à celui qu'utilisait ce vaisseau, et tout ce qu'ils avaient pu essayer de verser dans le réservoir en avait été recraché immédiatement par la machine. L'ordinateur central s'était mis à afficher de nombreux symboles étranges qui ne lui avaient été d'aucune aide. Il avait alors essayé d'activer diverses fonctions dans tout le vaisseau, allant même jusqu'à toucher aux boutons sur l'interface du pylône central. Il avait alors eu l'incroyable surprise de constater un doublement, puis triplement de son poids. Il était resté stupéfait pendant plusieurs minutes.

Là. Sous son nez. À portée de main. Pendant des mois. Un augmenteur de gravité. Le défi dont il avait besoin.

Rageur, il avait laissé tomber la recherche de carburant et avait décollé vers un autre système solaire, désert. Là, il s'était entraîné pendant des jours sans relâche, cherchant par là à rattraper le temps perdu à jouer avec des glaçons et des cailloux alors qu'il avait cette machine incroyable sous la main. Comment n'avait-il pas pu le savoir plus tôt ? Karkarott disposait-il d'un dispositif similaire sur son vaisseau ? La gravité pouvait-elle monter plus haut ? Comment la terrienne aux cheveux bleus avait-elle pu ne pas lui en parler ? Sale manipulatrice !

Et comme si la situation pouvait encore empirer, l'entraînement à gravité augmentée n'avait été que de courte durée, car quelques jours plus tard, elle s'était éteinte. Il avait d'abord cru à une surchauffe, jusqu'à repérer la lumière rouge clignotant sur le tableau de bord : il avait passé un deuxième seuil d'économie de carburant. La situation devenait critique.

Depuis, il avait donc repris ses entraînements sur des planètes solitaires et ses séances de concentration à la recherche du ki de Karkarott. Il n'avait rien trouvé. Pendant des jours entiers il avait à nouveau sillonné l'espace de planète en planète, de système solaire en système solaire, d'un bout à l'autre de la galaxie, anéantissant parfois une des dernières bases de l'armée Universelle de Frieza au passage. Les planètes avec.

Et puis la jauge avait passé le troisième et dernier seuil de niveau de carburant.

Plus d'eau chaude. Il avait d'énormes stocks de nourriture séchée, l'arrêt du réfrigérateur ne l'inquiétait donc pas plus que cela... Mais l'eau chaude, c'était intolérable ! Pas sur SON vaisseau ! Maudits terriens avec leur carburant introuvable ! Et maudit Karkarott toujours indétectable ! Si ça se trouvait, depuis tout ce temps il était rentré sur Terre !

Si ça se trouvait.

Si ça se trouvait...

Que lui coûtait un passage rapide sur Terre ? Karkarott y retournerait forcément à un moment, et même si ce n'était pas le cas, Végéta pourrait faire le plein de carburant et de provisions appétissantes. Peut-être même profiter une fois ou deux de leurs délicieux plats aux multiples odeurs ? Peut-être même soutirer quelques informations à la folle au parfum d'épices marins et fruités ?

Rageant d'essayer de se trouver des arguments pour se justifier alors qu'il avait l'impression de ne simplement pas avoir le choix, Végéta avança la main à contrecœur vers le troisième bouton carré indiqué par le vieux scientifique : retour vers la Terre.