[Note de l'auteur] Salut les ami(e)s ! Me voici enfin en vacances, et c'est avec joie (mais quelques difficultés) que j'ai repris l'écriture là où je l'avais laissée. Donc ce sera un petit chapitre pour cette fois-ci, le temps que je reprenne le coup de main. Je vous conseille aussi d'avoir quelques souvenirs de ce passage dans l'anime, car j'ai essayé de me baser dessus, mais je fais des élipses pour ne pas avoir à re-raconter ce qui a déjà été raconté.

Bonne lecture et merci encore pour votre soutien !


Retour sur Terre

Accoudée à la barrière du balcon sur lequel elle prenait un verre avec Yamcha, Pua'r et Oolong, Bulma soupira et détourna son regard du ciel bleu pour sourire à son petit ami.

« À propos, où pensez-vous que Végéta soit parti ? » Demanda-t-elle. Elle avait réussi à ne presque jamais mentionner ce nom sensible jusqu'alors, mais il y avait des moments tranquilles comme celui-ci où elle oubliait combien les autres le détestaient.

Yamcha le prenait toujours pour un voleur de vaisseau spatial et se complaisait à savoir le dangereux saiyan loin de la Terre. Oolong le prenait pour un sadique et tremblait de peur rien qu'à parler de lui. Quand à Pua'r il devenait subitement muet. Comment pouvait-elle essayer de leur faire comprendre qu'elle était sincère quand elle leur avait dit : « Si vous le connaissiez vous verriez qu'il a un bon fond ». Elle avait juste presque risqué de rendre jaloux Yamcha en reconnaissant qu'elle admirait le cran qu'avait Végéta pour avoir osé partir sillonner l'espace à la recherche de Goku. Mais c'était vrai pourtant...

Les indicateurs dans le laboratoire de son père indiquaient que le vaisseau parcourait régulièrement des distances impensables, mais, comme sa mère vint le lui rappeler à ce moment précis, il finirait bientôt par être en panne de carburant. Cela suffirait-il à le faire revenir ?

Était-ce une bonne chose qu'il revienne ? Parviendrait-elle encore à le faire se comporter pacifiquement ? Ou viendrait-il tous les tuer ? Aurait-il trouvé Goku ?

« Je vais chercher du thé ! » Annonça madame Briefs, laissant Yamcha regarder d'un air très perplexe sa petite amie. Absente, pensive, Bulma contemplait le ciel bleu d'un air inquiet.

Le silence ne fut rompu que quelques minutes plus tard, sous le bruit caractéristique du crash d'un engin aérien dans le jardin.

ooooo

Tous les codes y étaient. La mention de la douche chaude pour signaler que le pacte de non-agression était toujours valide s'il le désirait. Le contact physique pour tenter d'appuyer son autorité (à elle), mais du bout du doigt, pas de la paume pour ne pas agresser ses codes culturels (à lui). Le signal de s'éloigner du piètre guerrier à qui il aurait bien brisé la mâchoire en guise de salut. Et le rappel des règles de politesses auxquelles il était censé se conformer pour remplir sa part du contrat, en promesse implicite de nourriture abondante. Tous les codes y étaient. C'était comme s'il avait quitté la Terre la veille.

D'ailleurs Karkarott n'était toujours pas là.

Par contre il y avait ce type qui s'était tu immédiatement dès que la femme au parfum d'épices s'était avancée. Lui, Végéta s'en serait bien passé, surtout s'il n'était pas censé avoir le droit de lui casser la figure (ce qu'apparemment d'autres avaient fait longtemps auparavant au vu des cicatrices sur ladite figure). C'était ça le partenaire de l'humaine ? Quel était l'intérêt de gaspiller un vœu pour ressusciter ça ?

Tout en suivant Bulma la tête haute, Végéta enregistrait chaque détail, chaque petit changement qui avait pu avoir eu lieu depuis son départ. Sur les lieux flottait l'odeur d'un être humain supplémentaire (le balafré), ainsi que celles de cinq ou six animaux les nameks semblaient avoir quitté les lieux depuis un certain temps, car leurs odeurs (pourtant très marquées) avaient complètement disparu. L'humaine avait encore changé de coiffure et portait une jupe encore plus courte que tout ce qu'il l'avait déjà vu porter durant son premier séjour. Une odeur de métal brûlant se dégageait du bâtiment en extérieur où il localisait le ki du vieil inventeur. Et la blonde aux yeux fermés, pour la première fois, semblait enfin avoir eu peur de lui.

Arrivés dans le salon du bâtiment principal, l'humaine se retourna avec un sourire sur les lèvres : « Ça fait plaisir de te revoir ! Alors comme ça tu n'as pas trouvé de carburant de substitution dans l'espace ?

-Non, » Répondit-il en oubliant de s'étonner, et la dépassant pour se diriger vers l'escalier « Votre fichu système de réservoir recrachait tout systématiquement.

-Et heureusement ! Signala-t-elle en fronçant les sourcils. S'il n'avait pas vidangé, ça aurait pu faire exploser tout le vaisseau si tu l'avais démarré. Il faut... Euh, où est-ce que tu vas ?

-Prendre une douche comme tu l'as si judicieusement proposé, ironisa-t-il.

-Euh, oui mais attends, la chambre où tu étais a été occupée par d'autres invités entre-temps, et là elle n'est pas prête. Viens, il y a une salle de bains non privée par là. »

Ils étaient déjà arrivés au premier étage, et elle bifurqua vers le couloir de droite jusqu'à une petite pièce.

« Comment ça ma chambre a été occupée ? Grogna Végéta.

-Et pourquoi pas ? Claqua Bulma. Ça fait bien sept ou huit mois qu'on n'a plus de nouvelles de toi, et on n'avait pas la moindre idée de si tu reviendrais un jour. On fait ce qu'on veut de notre maison. Pour nous les affaires ont repris, et on reçoit souvent du monde, figure-toi. Et puis il n'y a pas beaucoup de chambres équipées d'un verrou pareil.

-Ah, comme quoi il y a des terriens qui font preuve de bon sens aussi. Commenta-t-il. Qu'est-ce que tu fabriques ?

-Bah je te cherche une serviette, lui répondit Bulma à genoux devant un placard. Tiens ! Ça t'ira ?

-Ça fera l'affaire. Répondit Végéta en lui prenant des mains l'immense rectangle de tissus absorbant qui faisait en effet plus que largement l'affaire. Au fait, le dispositif de commande de nourriture en claquant la langue, est-ce qu'il est toujours fonctionnel ?

-Euh, non, on l'a désactivé, je vais te remettre ça en place. Dois-je en déduire que tu comptes rester un moment ?

-Non, juste que j'ai faim. Répondit-il d'une voix agacée.

-Oh, eh bien c'est simple ! Répondit-elle joyeusement en sortant de la pièce. On était en train de prendre l'apéritif et on comptait faire un barbecue ce midi. C'est de la viande et des légumes qu'on fait griller au dessus d'un feu. Si tu veux tu peux te joindre à nous. On sera juste là-bas, sur le balcon au bout du couloir. Je vais demander aux robotd de m'apporter des stocks supplémentiaires pour que tu puisses manger à ta faim. »

À eux seuls, les mots viande et légumes avaient suffi à réveiller l'appétit du saiyan. Son visage se tordit en son habituel rictus et il pencha la tête de côté en signe d'approbation. Tant pis pour la présence des humains, s'il y avait de la bonne nourriture il irait... pour cette fois.

« Ne dis pas merci surtout... » Signala l'humaine en mettant les mains sur les hanches.

Mais pour toute réponse, Végéta ricana et lui ferma la porte au nez. Il ne se préoccupa même pas de chercher un verrou et commença à abandonner ses vêtements à même le sol tandis que la porte entamait un long monologue sur un ton de reproche. Lorsqu'il entra dans la douche et alluma le jet d'eau à température et puissance maximales, la porte se tut. Il souffla.

Aucun doute il était bien de retour sur Terre.

ooooo

« … Bon, à ce que je vois tu es toujours aussi dépourvu de manières, continuait Bulma en s'adressant à la porte de la salle de bains. Mais bon, comme je suis une bonne hôtesse, je vais quand même te trouver des vêtements propres, parce que bon, c'est pas pour dire, mais il me semble que tu portes la même loque depuis plus d'un an, là, quand même. Ça ne sert à rien de prendre une douche vu l'état de tes vêtements si tu les remets après, tu ne penses pas ?... Bon, si tu ne dis rien, j'en déduis que tu es d'accord. Tu as des préférences stylistiques ? … Non ? Tu ne dis rien ? Bon, donc tu es d'accord ! OK je reviens dans 10 minutes, je vais voir ce que je peux trouver pour toi... »

Ça ne servait à rien d'espérer obtenir une réponse apparemment. Il aurait pu faire un effort tout de même ! Quoique, il en avait fait ne serait-ce qu'un, lors de son arrivée, pour la suivre sans faire d'histoires ni casser la figure à son petit ami. Oui, il fallait positiver ! Il n'était pas revenu pour les tuer ! C'était déjà un bon début !

Elle retrouva au fond d'un tiroir la capsule dans laquelle elle avait rangé tous les vêtements que sa mère et elle avaient acheté en prévision du jour (qui n'était jamais arrivé) où leur hôte en réclamerait. Et là, un sourire machiavélique apparut sur son visage, lorsque, au milieu des vêtements sombres, elle retrouva la chemise rose. Eh ! Elle avait été bien inspirée ce jour-là ! Allez ! Elle était de bonne humeur aujourd'hui ! Et surtout, cela lui permettrait de prouver à Yamcha, Oolong et Pua'r qu'elle avait le dangereux guerrier sous contrôle. Elle était géniale !

Elle poussa discrètement la porte de la salle de bains où se trouvait son hôte, et ramassa les loques puantes qui traînaient au sol pour les jeter droit dans le conduit à linge sale qui se trouvait là, puis posa les vêtements propres sur le placard, l'indiqua à son hôte (plus par principe qu'en attente d'une réponse) et quitta la pièce. Dès qu'elle eut refermé la porte, elle s'arrêta un instant, soupira, puis sourit : elle n'avait pas pensé que la porte de la douche était presque transparente, et elle avait réussi à ne pas s'attarder sur ce détail... Mais elle n'allait pas s'en plaindre ! Un dos si musclé ça aurait été dommage de le cacher... Même si elle se demandait maintenant à quoi pouvait ressembler le torse... Songea-t-elle en rejoignant ses amis sur le balcon.

ooooo

La première chose qu'il avait aperçue en sortant de la douche avait été le sol propre sur lequel auraient dû se trouver ses vêtements. La première chose qu'il avait entendue avaient été les rires des terriens au dehors. Le lien avait été vite fait.

Et lorsqu'il avait appelé la terrienne pour obtenir des explications, la seule réponse qu'il avait obtenue avait été « Appelle-moi par mon nom, malotru ! ». Elle se permettait de lui tenir tête, elle avait eu l'audace de faire disparaître son armure, et en plus elle lui imposait de porter un de ces ridicules habits terriens trop colorés. Pourquoi ne la tuait-il pas déjà ? Ah oui ! Ce crétin de Karkarott était vivant... Et pour le moment, pour aussi humiliant que soit ce constat, il n'était pas de taille à lutter contre un super-saiyan.

Les sous-vêtements, le pantalon et les chaussures avaient étés faciles à enfiler, bien qu'à contre-cœur. Pour le haut (la chose rose) ce fut un peu plus compliqué. Le système d'accroche du vêtement consistait en une rangée de petits objets cousus sur une moitié du vêtement, qu'il fallait glisser dans des trous situés dans l'autre partie. Il avait faillit perdre patience rien qu'à essayer de boutonner la chemise, et envisagea de la laisser ouverte. De toutes manières, ce pauvre bout de tissu ne protégeait à l'évidence pas des coups. Ce n'était pas une armure. Donc ça ne servait à rien. Cependant il s'était ravisé et était parvenu tant bien que mal à fermer le vêtement correctement, à l'idée que l'humaine ne s'imagine qu'il n'en était pas capable, et pour des raisons de décence minimale, du moins le peu qu'il lui restait avec cette chose rose sur le dos.

Et voilà qu'il arrivait sur le balcon en traitant intérieurement l'humaine de tous les noms qui lui venaient à l'esprit.

ooooo

Elle était parvenue à le convaincre de rester à Capsule Corp un moment. Bulma le savait car il avait détourné la tête sur le côté d'un air rageur. Il était à nouveau coincé sur Terre en fait, au moins jusqu'à ce que le plein du vaisseau spatial soit fait, et que ses vêtements soient propres. Mais surtout, ses yeux s'étaient allumés lorsqu'elle lui avait précisé que se trouver à Capsule Corp était le meilleur moyen de savoir quand son rival serait revenu. Elle savait qu'il allait rester un moment, et elle en était tellement ravie qu'elle ne pouvait cacher son sourire : la présence du sinistre guerrier apportait un peu de piment dans sa vie monotone, un peu de frisson dans sa routine, et surtout, peut-être, l'espoir d'avoir de nouveau un adversaire au oorlog le soir.

Elle était tellement ravie, qu'elle ne remarqua pas tout de suite que Pua'r était devenu subitement muet et avait tant rapproché sa chaise de celle de Yamcha qu'on aurait pu les croire assis sur un même banc. Oolong, au contraire, s'était tellement éloigné de la table qu'il n'aurait plus été en mesure d'attraper son verre. Elle soupira, puis invita Végéta à s'asseoir, ce qu'il fit au bout d'un long moment, avec raideur et un regard assassin. Peut-être était-il de mauvaise humeur ?

« Bon, claironna-t-elle, que diriez-vous de passer à table ? Le barbecue est presque chaud. Qui veut manger quoi ? » Ce faisant, elle sortit de l'énorme glacière à ses pieds l'un des énormes plateaux jonchés de brochettes, de tous les types de viandes et légumes possibles et imaginables.

L'ambiance se détendit d'un bloc.

Alors qu'ils faisaient leurs choix, les uns en délibérant bruyamment et joyeusement, les autres empilant une grande quantité de nourriture crue dans leur assiette et en la lui tendant sans un regard, Bulma se trouva fascinée par un détail inédit : Végéta ne portait pas de gants. Elle n'avait jamais vu ses mains. Il avait des mains fines aux articulations légèrement cornées qui ne comptaient plus les coups de poing donnés dans leur existence. Ses doigts courts tapotaient nerveusement sur la table dès qu'il n'y avait plus de nourriture dans son assiette, en une rythmique aussi rapide que complexe. Une unique cicatrice blanchâtre courait du milieu de sa main gauche jusqu'entre l'annulaire et le majeur. Ses mains étaient donc relativement préservées comparées à son dos ou même à ses bras striés de multiples lignes plus ou moins pâles dépassant des manches courtes de sa chemise rose. Chemise qui, décidément, lui allait pas mal. Mais si !

Elle avait vu juste en parlant de nourriture car cela avait réussi à créer un pseudo-sujet de conversation. Pseudo-sujet car en fait, Végéta, qui mangeait plus vite que la viande ne cuisait, ne parlait que pour critiquer la lenteur de la cuisson. Yamcha tentait bien de défendre Bulma et de lui dire de se calmer, mais à chaque fois qu'il l'avait fait, la conversation s'était très vite envenimée. Végéta avait une façon de renvoyer les critiques à la figure de leur expéditeur avec une simplicité meurtrière, face à laquelle l'humour maladroit du pauvre Yamcha avait bien du mal à rivaliser. Plusieurs fois, Bulma avait dû intervenir et re-remplir leurs assiettes pour les faire taire.

Bref, tout se passait très bien.

Jusqu'à ce que, rendus à la moitié du repas, Végéta ne s'immobilise en fixant un point invisible sur la table. Il avait froncé les sourcils et son couteau s'était tordu dans sa main.

Un instant plus tard, c'était au tour de Yamcha d'écarquiller les yeux en s'immobilisant. Bulma songea un instant à une indigestion, mais n'eut pas le temps de poser de question. Végéta se leva brusquement, frappa du poing sur la table en faisant tomber la moitié de la vaisselle au passage.

Laissant un mot, un nom raisonner dans l'air et les esprits : Frieza !

ooooo

Ici se produit la première rupture temporelle de ce récit.

ooooo

En quatre heures de temps, il s'était produit plus de choses sur Terre que lors des quatre mois précédents. L'arrivée imminente de Frieza ainsi que d'un autre être encore plus puissant dont même Végéta ignorait l'identité le rassemblement des guerriers l'arrivée de Bulma qui craignait à la fois d'être à nouveau laissée derrière et à la fois (peut-être à juste titre) que les combattants ne se mettent à se battre entre eux si sa géniale personne n'était pas là pour calmer le jeu l'apparition d'un mystérieux guerrier dont la puissance de combat et la nature de saiyan frisaient l'improbabilité du zéro absolu la disparition du vaisseau extraterrestre et de ses occupants avec autant de facilité qu'ils étaient arrivés les annonces et les mystères du jeune homme le retour de Son Goku un combat « amical » entre les deux super-saiyans qui électrisa l'air par son intensité le départ de l'inconnu et l'annonce (par Piccollo qui par chance avait pu écouter la conversation entre Goku et le jeune homme) d'une mort imminente sous trois ans pour tout le monde (même pour Végéta qui n'avait pourtant pas prévu de rester sur Terre) et le choix (inconscient !) des combattants de s'entraîner pour lutter contre leur destin macabre et sauver la Terre au lieu d'anticiper et annuler la catastrophe à sa source et le retour de chacun chez soi pour débuter ledit entraînement. Quelle déception ! Ruminait Bulma au volant de son aérocoptère. Quoi ! Tant d'événements en une seule journée, tant d'amis qui reviennent, et tout le monde repart chacun dans son coin ? Sans fêter leurs retrouvailles et leur planète intacte ? C'était vexant ! Et l'on touchait à peine à la fin de l'après-midi...

À peine avait-elle atterri dans son jardin et encapsulé son véhicule que Pua'r et elle entendirent résonner un cri. Accourant, ils découvrirent Yamcha assis au pied du mur de la maison, juste en dessous du balcon où ils avaient déjeuné. L'air surpris et un peu assommé.

« Yamcha ! » S'écria-t-elle en cœur avec Pua'r.

Ce dernier, déjà debout, apparemment énervé et le regard tourné vers le balcon, s'immobilisa dans sa prise d'élan et croisa les bras en détournant le regard : « Ah vous voilà, vous avez été rapides !

-Que s'est-il passé ? Demanda Bulma.

-Oh rien, répondit-il sans la regarder, je viens juste d'arriver moi aussi.

-Ah bon ? Sourit Bulma.

-On t'a entendu crier. Ajouta Pua'r.

-Ah ça... Bougonna-t-il. Oh rien, j'ai juste essayé de faire remarquer à Végéta qu'il aurait pu nous laisser un peu à manger, ou au moins essayer de partager ce qui restait.

-Comment ça ? S'étonna Bulma. Tu veux dire qu'il mangé toutes les brochettes ?

-Oui.

-Sans nous ?

-Apparemment.

-Il n'a rien laissé ?

-Non, tout ce qui reste est dans son assiette.

-Et tu lui as dit ça ?

-Euh... Oui.

-Et il t'a fait tomber du balcon ?

-Hum... Ronchonna Yamcha. Je ne vois pas comment j'aurais atterri là autrement, Bulma.

-Tu t'es fait mal ?

-Mais non, je n'ai rien ! Ce n'est tout de même pas une petite chute qui...

-Ouf, le coupa Bulma, tout va bien alors.

-Hein ?

-J'ai dit tout va bien Yamcha. S'il ne t'a pas fait mal, c'est le plus important. Maintenant, évite d'aller lui chercher des noises pour ça d'accord ?

-Quoi ? Mais...

-Je m'en occupe.

-Mais Bulma...

-J'ai dit je m'en occupe. » Claqua Bulma en empruntant d'un pas ferme l'escalier qui menait à l'étage, laissant là Yamcha et Pua'r la regarder d'un air surpris.

« Il reste peut-être à manger dans le frigo... » suggéra Pua'r.

ooooo

« Femme, j'ai des questions. »

Végéta avait délibérément mangé lentement en attendant le retour de l'humaine. Il ne faisait pas confiance au guerrier ridicule, avait une question à laquelle ne pouvait pas répondre le vieux scientifique, et ne voulait certainement pas converser avec la blonde aux yeux fermés. Non pas qu'il eut réfléchi à tout cela : il s'était toujours spontanément adressé à l'humaine aux cheveux bleus lorsqu'il avait des question.

« Ça tombe bien, moi aussi. » Lui répondit sa voix féminine derrière lui. Il ne daigna pas se retourner, terminant d'avaler en même temps les deux dernières brochettes restant du repas de midi.

« Le vaisseau spatial, commença-t-il, imperturbable, possède une fonction de gravité variable, tu le savais ?

-Bien sûr ! Lui répondit la voix. C'est moi qui...

-Et pourquoi tu ne me l'avais pas dit ? » Cette fois, il se retourna pour appuyer sa question du regard.

« Hein ? Comment ça ? Comment est-ce que tu voulais que je te le dise ? Quand ? Pourquoi ?

-Parce que cette machine pourrait être un outil d'entraînement très utile. S'agaça le saiyan.

-Oh, ironisa l'humaine en portant les mains à ses hanches dans cette posture qui lui était si caractéristique, et comment est-ce que j'étais sensée savoir que tu aurais apprécié avoir cette information ?

-La vérité, dénonça-t-il, c'est plutôt que tu me l'as cachée.

-Je ne t'ai rien caché Végéta, s'agaça Bulma. Maintenant, si tu as d'autres questions, je peux y répondre sans problème, mais d'abord tu vas répondre à la mienne.

-Et pourquoi est-ce que je devrais répondre à tes questions ?

-Parce que c'est mon tour.

-Ah ? Parce que tu crois que...

-Pourquoi est-ce que tu as fait tomber Yamcha du balcon ?

-Je n'ai pas à te répondre.

-Si, parce que tu es chez moi. Et chez moi, on ne fait pas tomber les gens des balcons sans excuse.

-Je n'ai pas à m'excuser, s'acharna Végéta, implacable.

-Écoute Végéta, soupira Bulma, je ne te demande pas de t'excuser, je te demande pourquoi tu as fait ça ?

-Il faisait trop de bruit. D'ailleurs, ce n'est pas ma faute si ce minable n'a pas le moindre sens de l'équilibre, parce que, honnêtement, je ne l'ai pas touché.

-Oh, et comment tu expliques qu'il se soit retrouvé au pied du balcon ? Ironisa Bulma.

-Il n'a aucun réflexe. Expliqua-t-il.

-Donc c'est bien toi qui l'as fait tomber ?

-Non, moi j'ai juste secoué ma main dans le vide.

-Bon, ok, laisse tomber. Soupira-t-elle. Je te demande juste d'éviter de renouveler ce genre d'incident d'accord ? S'il te plaît. Yamcha habite ici.

-Le vaisseau de Karkarott est-ce qu'il était aussi équipé d'un dispositif à gravité augmentée ? » Enchaîna Végéta sans prêter le moindre intérêt au sermon de Bulma.

Ce qui ne fut d'ailleurs pas au goût de cette dernière : « Non mais tu m'as écoutée au moins ? Rouspéta-t-elle.

-Oui je t'ai entendue humaine, s'agaça-t-il. Toi par contre, est-ce que tu as entendu ma question ou bien je vais devoir me répéter ?

-Hmff... Siffla Bulma. Oui, Son Goku avait un simulateur de gravité dans son vaisseau. Il pouvait monter jusqu'à 100 fois la gravité terrestre, et oui, il s'est entraîné dedans avant d'arriver sur Namek. C'est ce que tu voulais savoir, je présume ? »

Végéta resta silencieux un instant, tentant de digérer cette nouvelle information. Il avait tenté de décrypter les symboles affichés sur l'interface du simulateur de gravité de son vaisseau. Le principal qu'il avait retenu était qu'il y avait 10 paliers. 10, pas 100.

« Et mon vaisseau... Commença-t-il.

-Le vaisseau que tu nous as emprunté est équipé d'un simulateur de gravité qui monte jusqu'à 10G, et si je ne m'abuse, tu t'en es pas mal servi.

-Et pourquoi dix ?

-Parce que c'est la puissance minimale qui était nécessaire pour pouvoir simuler la gravité terrestre dans l'espace malgré les orages cosmiques et autres champs de force que le vaisseau aurait pu traverser. Après, je ne sais pas pourquoi mon père a ajouté une interface permettant de modifier manuellement la gravité.

-Et le simulateur utilisé par Karkarott pouvait monter dix fois plus haut ? S'énerva Végéta en se levant.

-Euh, réfléchit-elle, oui, c'est la puissance qu'il avait demandée. Moi je... Eh ! »

Végéta s'était avancé droit vers elle jusqu'à planter son regard noir à vingt centimètres du sien : « Ma dernière question est plutôt une exigence.

-Ah ? S'étonna Bulma en reculant d'un pas.

-J'ai l'intention de m'entraîner ici si votre technologie minable est en mesure de me fournir des équipements adaptés... Commença-t-il.

-Bien entendu qu'on est en mesure de...

-Parfait, la coupa-t-il. Alors par contre je n'ai pas l'intention de m'entraîner dans cette tenue clownesque que tu as réussi à me faire porter, humaine. Donc tu as intérêt à avoir autre chose de plus adéquat à me proposer.

-Ah ? Tu veux des vêtements en fait !

-Bravo. Ironisa-t-il.

-Ça passerait mieux avec un s'il te plaît. » Remarqua-t-elle alors qu'un sourire malicieux se dessinait sur son visage.

Pour toute réponse, Végéta s'avança à nouveau vers elle, et se mit à grogner à la manière d'un chien de garde en la foudroyant du regard. Sa réaction, au lieu d'effrayer Bulma, la fit au contraire sourire davantage. Elle lui fit un clin d'œil avant de se tourner vers la porte par laquelle elle était arrivée et d'annoncer d'un ton léger : « Allez ! Viens par là ! J'ai ce qu'il te faut. »

La voyant s'éloigner, Végéta n'eut d'autre choix que de la suivre, non sans serrer davantage dents et poings si forts qu'on entendait les articulations craquer. Quelle femme insolente ! Dès que Karkarott serait mort, c'était sûr il l'étranglerait ! En premier ! Avec une seule main et en riant !

ooooo

Très fière d'elle, Bulma jetait des regards en coin à Végéta qui la suivait en la foudroyant du regard. Décidément, avec son charme ravageur elle parvenait même à amadouer les guerriers les plus dangereux et acariâtres ! Elle était vraiment la personne la plus belle et géniale de la planète Terre !

« Tiens, tu devrais pouvoir trouver quelque chose qui te convienne là-dedans. » Annonça-t-elle lorsqu'elle parvint enfin jusqu'au meuble dans le salon où elle trouva rangée la capsule contenant les autres vêtements destinés à son invité. Elle la lui tendit. « Prends ce qui te plaît, on avait acheté tout ça pour toi. »

Sans un mot, le guerrier lui saisit l'objet des mains. Son regard soupçonneux alternait entre elle et la capsule. Bulma croisa les bras fièrement. « Ne t'inquiète pas, il y a des vêtements normaux là-dedans, et bien assez jusqu'à ce que ton armure soit propre. Tu ne voudrais pas que je te la répare d'ailleurs ?

-Ne touche pas à mon armure. Lui répondit-il d'un ton neutre mais plein de menaces.

-Tsss ! Soupira Bulma. Comme tu voudras. Je vais demander aux robots de préparer ta chambre puisque tu comptes rester. Si tu ne peux pas attendre pour t'entraîner, tu peux aller te changer dans la salle de bains non privée. Et si tu as besoin d'autre chose, tu sauras où me trouver j'imagine ? »

Il ne daigna même pas répondre, se contentant de pencher la tête légèrement sur le côté. Puis il tourna les talons et s'éloigna, la tête haute et l'air digne.

« Eh Végéta ! » Elle venait brusquement de se rappeler d'une remarque qu'avait faite Krilin plus tôt dans l'après-midi.

Végéta se retourna et lui jeta un regard agacé : « Quoi ? »

Elle lui sourit en s'appuyant sur le meuble derrière elle d'un air nonchalant : « C'est vrai que tu es le prince des saiyans ? »

Il fronça lentement les sourcils, puis redressa encore plus l'échine et croisa les bras, puis enfin laissa percer sur son visage sévère son habituel sourire sadique : « Si je te dis oui, est-ce que tu vas enfin finir par avoir peur de moi, humaine ?

-Je ne sais pas, sourit-elle, donc c'est vrai ?

-Tssss ! » Siffla-t-il avait de disparaître en haut de l'escalier.

ooooo

Quelle femme insolente ! Il la tuerait il la tuerait il la tuerait ! Faisant disparaître sa voix chantante, son sourire chaleureux, son grand regard bleu, son insolence intolérable, et toutes ces autres petites choses qui faisaient que cette femme l'énervait tant, même si, d'un autre côté, elle l'intriguait. Sans aucun doute il la tuerait et ça serait jouissif ! Dès que Karkarott serait mort, il l'étranglerait !

Comment pouvait-il savoir où il en serait, trois ans plus tard, lorsque cela se produirait ?