[Note de l'auteur] Salut les ami(e)s. Nous voilà repartis pour un nouvel épisode. J'espère qu'il vous plaira, malgré quelques personnages peut-être un peu parasites que je me suis sentie obligée de rajouter.

J'ai posté ce chapitre un peu sous l'impulsion, donc s'il reste des incohérences ou des fautes d'orthographes n'hésitez pas à me le signaler !

Un graaaaaaaaaaaaaaand merci pour toutes vos reviews !


Respire

« Eh ! Bulma ! Tu ne m'avais pas dit que vous hébergez un bodybuilder en ce moment !

-Ein ? » S'étonna Bulma en se retournant pour suivre le regard de son interlocutrice.

Elle et ses amies étaient toutes trois installées dans le canapé du salon et buvaient un verre en discutant, lorsque July avait soudainement fixé son regard sur la porte d'entrée tout en touillant sa cuillère dans le vide à plusieurs centimètres de son verre. Peu de temps après, elle avait repris ses esprits et réussi à parler. D'un même mouvement, Maï et Bulma s'étaient toutes deux tournées dans la même direction, mais n'avaient aperçu que la porte de la cuisine se refermant.

« Comment ça un bodybuilder ? Demanda Bulma en regardant à nouveau son amie.

-Mais oui ! S'enthousiasma celle-ci. Un beau mec, musclé comme je n'en ai jamais vu d'aussi musclé, torse-nu en plus ! Il était juste là à nous regarder ! Petit et brun avec une coiffure bizarre. Je n'ai pas rêvé non ? Ce n'est pas Yamcha ?

-Petit torse-nu coiffure bizarre... Réfléchit Bulma. Oh ! C'est Végéta que tu as dû voir passer ! Ce n'est pas un bodybuilder... » Quoique...

« Oh ! C'est qui ce Végéta ? » Demandèrent d'une même voix July et Maï.

En effet, depuis une ou deux heures qu'elles étaient là à discuter (elles discutaient toujours avant d'aller danser), elles n'avaient fait que de parler de shopping, de mode, et de l'ingratitude des hommes envers elles. Le reste tel que l'actualité sur l'imminence de la destruction du monde, les voyages intersidéraux de Bulma ou la récente embauche de Maï pour le travail de ses rêves, n'étaient que des sujets de conversation dispensables. Toutes trois ne se voyaient pas souvent, étant plutôt d'un tempérament indépendantiste. Elles préféraient donc s'en tenir aux sujets de conversation les plus intéressants.

Et les personnalités résidant à Capsule Corporation n'avaient jamais été, jusque-là, un sujet jugé intéressant. Jusque-là.

« Végéta ? Répondit Bulma d'un air désintéressé. Euh... Alors en résumé c'est un prince d'une nation très très lointaine qui est venu ici pour profiter de notre technologie, que nous avons gracieusement mise à sa disposition. Il s'entraîne aux arts martiaux. » C'était le discours qu'elle avait préparé pour les invités qui ne manqueraient pas de séjourner à Capsule Corporation durant les trois ans où Végéta serait là (s'il restait tout ce temps sans les tuer, bien sûr). Une bonne façon de faire passer le fait pour aussi normal que possible. Leur raconter que c'était l'un des assassins extraterrestres qui avaient débarqué sur Terre pour la détruire près de deux ans plus tôt, cela aurait seulement plus suscité leur intérêt. Alors que la visite d'ambassadeurs et autres grands dirigeants cherchant à nouer des alliances avec la firme des géniaux inventeurs, cela n'avait rien d'inhabituel.

« Ah, répondit Maï que cette réponse ne surprenait pas le moins du monde. Et qu'est-ce que vous y gagnez en échange ? Il y a des minerais intéressants dans son pays ?

-Euh... Des minerais non, mais nous espérons un échange de connaissances. Ils ont des technologies très étonnantes là d'où il vient. Des radars et des armures notamment. » Bien entendu, depuis quatre jours qu'elle avait mis les affaires de Végéta à laver, l'armure était propre. Mais Bulma avait été tellement fascinée par le matériau qu'elle avait voulu faire quelques petits tests dessus. Rien de bien méchant bien sûr. Et de toutes manières, son propriétaire était introuvable, elle ne pouvait donc pas la lui rendre.

« Je vois, fit Maï. Une alliance à long terme en fait ?

-Oui

-Et est-ce qu'il a une petite amie ce beau jeune homme ? » Demanda July en regardant à nouveau en direction de la cuisine. July était aussi frivole et impulsive que Maï était aussi sérieuse et réfléchie. Un bel équilibre dont Bulma était le barycentre. Enfin, du moins c'était ainsi qu'elle se voyait.

« Euh... Non. Je crois qu'il m'a dit que le fait d'être en couple n'est pas dans sa culture.

-Ah ! Ils sont tous libertins là-bas ? S'enthousiasma July. Je peux peut-être aller tenter ma chance avec lui alors ! Oh ! À moins que tu n'aies déjà des prévisions pour lui Bulma ?

-Qui ? Moi ? Non mais ça va pas ! Tu sais bien que je suis avec Yamcha !

-Oh ma pauvre ! Ça doit être dur d'avoir une telle masse de chair qui vit sous ton toit et que tu n'as pas le droit de goûter. À ta place j'aurais laissé tomber Yamcha...

-July ! Protesta Maï. Ce n'est pas parce que tu n'es pas capable de te stabiliser que tu dois nous encourager à faire pareil ! » Maï était en couple depuis bientôt dix ans, mais le plus surprenant était qu'ils n'avaient jamais rompu depuis tout ce temps. Pas une seule fois, pas une seule petite journée... Lorsque la relation amoureuse de Bulma était au beau fixe, elle plaignait son amie qui devait avoir une vie bien monotone. Lorsque cette relation devenait houleuse, comme elle l'était à présent, Bulma jalousait Maï au plus haut point.

C'était exactement l'inverse pour July. Fière de son succès auprès des hommes, elle n'avait jamais réussi ni souhaité retenir un garçon plus de deux mois, et se réjouissait de sa vie sans entraves et riche en découvertes. Bulma lui enviait son insouciance et sa liberté tout comme elle voyait son instabilité comme un manque de maturité.

« Tu as raison. Déclara July en se levant. Puisque tu n'y vois pas d'objection Bulma, je vais me présenter à ce beau mec. Oh ! Je sais ! On pourrait l'emmener danser avec nous ce soir non ? »

Bulma, soudainement inquiète, s'était également levée pour tenter d'intercepter son amie, mais s'arrêta à cette dernière remarque. Puis elle se mit à pouffer. Puis elle éclata de rire. « Tu veux emmener Végéta danser avec nous ?

-Eh bien oui, pourquoi pas ? Protesta July. C'est plus intéressant d'aller danser s'il y a des beaux mecs pour danser avec nous ! On part bientôt et on va y rester toute la soirée ! Ce serait plus facile pour moi de le draguer si il venait avec nous ! »

Bulma hésitait. Elle hésitait parce qu'elle voulait voir la tête du guerrier si on l'invitait vraiment à aller danser, mais d'un autre côté, elle craignait pour la survie de July, et qui plus était, elle n'était pas sûre d'avoir envie d'autoriser quelqu'un à aller... euh... importuner Végéta. Ce n'était pas qu'elle s'inquiétât pour la tranquillité de ce maniaque du combat, mais... hum... mais voilà !

« Euh, July... Commença-t-elle. Dis-toi juste qu'il est venu jusqu'ici pour s'entraîner. C'est le deuxième jour qu'il a sa salle d'entraînement personnalisée et il pousse déjà la technologie au maximum... Je veux dire, il doit être très fatigué et très pris dans ses pensées, donc ne lui en veux pas si il...

-Oh ! Le pauvre ! Alors il a besoin d'une pause ! » S'enthousiasma July avait de s'en aller d'un pas leste vers la salle à manger où retentissaient à présent des bruits de couverts.

Bulma soupira, puis adressa un regard à Maï qui semblait dire au moins je l'ai prévenue, puis tourna les yeux vers le côté, ce qui semblait dire je suis curieuse de voir ce qui va se passer... Maï lui renvoya un sourire complice puis se leva à son tour.

Toutes deux suivirent discrètement leur amie.

ooooo

« Salut ! Je m'appelle July. »

Végéta était occupé à vider un plat rempli de légumes jaunes qu'il reconnut comme étant des pommes de terre.

« Et toi c'est comment ? »

Végéta posa le plat vide sur la table et attrapa le plat suivant, rempli d'un liquide gluant très odorant qu'il se mit à boire. Trop salé. Mais c'était normal puisque ce liquide était censé aller sur les pommes de terre, ce qu'il n'avait pas jugé utile de faire.

« Bulma dit que tu es ici pour t'entraîner à te battre. Ça doit être très fatigant. »

Le plat suivant contenait du riz, avec des tranches de poisson disposées sur le dessus.

« Mais en même temps, ça doit en valoir la peine. Tu as vraiment le physique d'un sacré guerrier. » Continuait de roucouler la voix sur sa gauche.

Un plat rempli de tomates, et un autre de salade. Végéta fronça les sourcils. Quelle était cette nuisance qui osait tenter de le distraire de son repas ?

« Eh ben dis donc ! Tu as un de ces appétits toi ! C'est impressionnant ! »

La voix se rapprochait, ainsi que le parfum. Un parfum qui semblait vouloir imiter celui des affreuses fleurs grimpantes qui entouraient la maison.

« Ça ne te gêne pas si je te tiens compagnie ? Demanda la voix alors que le son d'une chaise que l'on tire se fit entendre à côté de lui.

-Si. »

Quatre secondes de silence s'écoulèrent, durant lesquelles Végéta termina ses légumes. Puis un petit rire retentit dans son oreille gauche.

« Eh mais tu as une jolie voix ! Parle encore s'il te plaît ! »

Végéta termina d'avaler sa dernière bouchée de viande avant de tourner lentement la tête vers l'intruse. À deux mètres de lui se trouvait une terrienne aux longs cheveux roses ondulés, aux yeux jaunes, sans aucun muscle ni aucune réserve énergétique (probablement malnourrie) et en trop petite tenue pour ne pas être louche, qui lui souriait en battant des cils artificiels.

« Dégage, tu me déranges. » Ordonna-t-il froidement avant de retourner son attention sur son repas.

« Oh ! Tu es de mauvaise humeur là ou bien tu es comme ça tout le temps à jouer les gros durs ? »

Tiens, un autre plat de viande pas encore vide.

La chaise à côté de lui racla à nouveau le sol, et la voix continua en changeant d'altitude : « Moi j'aime bien les hommes qui jouent les gros durs. On les croit méchants, mais en fait au lit ils finissent doux comme des agneaux... »

La viande met plus de temps à manger que les légumes... La faute aux os à ronger...

« Oh, mais peut-être que ce sujet te gêne ? Si c'est le cas, dis-le moi, je ne veux pas t'embêter, je cherche juste à faire connaissance. Ou peut-être aussi que tu veux garder ces informations pour toi. J'aime les hommes qui réservent des surprises...

-Eh bien je t'en réserve une très désagréable si tu ne me fous pas la paix dans la demi-seconde ! » La coupa Végéta en lui jetant son regard le plus assassin, appuyé par le morceau de viande presque sanguinolent coincé entre ses dents. Qui était cette humaine insignifiante et trop bavarde pour se croire le droit de déranger son repas ?

« Oh ben dis-donc ! Tu as l'air sur les nerfs toi ! Il ne faut pas t'énerver comme ça ! Tu devrais plutôt en profiter non ? Il y a une jolie fille qui vient te tenir compagnie !

-Idiote ! Même si j'avais un passe-temps aussi ridicule et inutile que de m'intéresser aux jolies femelles, j'aurais déjà bien plus intéressant que toi à portée de main ! Maintenant fiche le camp avant que je ne te découpe en pièces ! Ta puanteur et ton bruit polluent mon repas ! » Pour appuyer son avertissement, Végéta planta son couteau au travers de l'iguane rôti qui trônait dans le dernier plat de viande.

Cette réponse parut un temps décontenancer l'intruse. Les traits de son visage passèrent tour à tour de la surprise à l'offuscation, puis au soupçon, et enfin à cet air malicieux et tellement énervant qu'ont ces personnes qui croient tout connaître de la vie.

« Oh, toi, tu n'as pas dû avoir de petite amie depuis longtemps, je me trompe ? Ou alors tu as un gros problème actuellement dans ta vie et tu as besoin d...

-Femme ! » S'écria Végéta en se levant si brutalement qu'il en renversa sa chaise et se tournant vers le couloir qui menait au salon. « Je sais que tu es cachée derrière ce mur, alors je te préviens : si tu ne me débarrasses pas de cette nuisance dans les trois secondes, tu peux dire adieu à notre pacte ! »

Le visage intrigué de Bulma émergea prudemment de derrière la porte.

Puis elle sourit en s'avançant : « Eh ! Calme-toi Végéta ! Je sais que July est un peu collante, mais elle voulait simplement faire connaissance avec toi.

-Oui c'est vrai ! Appuya celle-ci. Qu'est ce qui... »

Végéta grogna et croisa les bras : « Je n'en ai rien à foutre, débarrasse-moi de ça immédiatement. Si je le fais moi-même tu auras un tas de cendres à balayer. » Il voulut détourner le regard pour appuyer son mécontentement, mais ses yeux louchèrent sur la tenue que portait l'humaine au parfum d'épices : une petite robe bleue assortie à ses cheveux, très courte et généreusement décolletée qui laissait peu de place à l'imagination concernant ses formes harmonieuses. Pourquoi une tenue aussi inhabituelle ? Comment voulait-elle qu'on ne la prenne pas pour une...

Bulma continuait d'avancer lentement en le fixant, comme si sa présence pouvait le calmer, ce qui, à bien y réfléchir, était le cas. « Ne t'inquiète pas. De toutes manières on s'apprêtait à y aller, n'est ce pas July ?

-Ah bon ? Déjà ?

-Bien sûr ! Répliqua Bulma. Tu trouveras bien un autre beau mec là-bas qui voudra danser avec toi. Et je crois que Végéta -elle lui lança un regard appuyé- essaye poliment de te dire qu'il préférerait être tranquille ce soir. Mais si on part trop tard tous les bons danseurs seront déjà pris !

-Oui c'est vrai ! Se réjouit July en se levant de sa chaise. Mais... -ajouta-t-elle en jetant un regard timide au saiyan- Tu ne voudrais pas venir danser avec nous par hasard ? »

Elle ne reçut en réponse qu'un grognement menaçant. Végéta continuait de regarder Bulma qui s'interposa : « Bon, c'est un non on dirait. Viens July, ne faisons pas attendre les cavaliers qui en valent la peine ! » Sur ce, elle tourna les talons, ce qui rompit enfin le contact visuel. Son amie la suivit promptement, prenant à peine le temps d'ajouter : « Tant pis pour toi alors ! À la prochaine ? »

Juste avant de disparaître dans le couloir, Bulma se retourna vers Végéta et lui adressa un clin d'œil complice : « Désolée pour le dérangement monsieur l'asocial, bon appétit ! ».

Végéta resta un moment à regarder le couloir vide, les bras croisé et l'air perplexe. La stupidité des terriens dépassait l'entendement. Heureusement pour la nuisance aux cheveux roses, il avait mal partout après avoir réussi à s'entraîner à 300 G sur les deux dernières heures de la journée, et il avait uniquement envie de manger puis d'aller dormir. S'il l'avait tuée, il aurait au mieux dû perdre beaucoup d'énergie à se disputer avec l'humaine aux cheveux bleus, et au pire risqué de déclarer ouvertement les hostilités avec tous les terriens.

Bah ! Songea-t-il en haussant un sourcil. Autant en profiter tant qu'il avait la paix et que le repas était chaud !

Instinctivement, il se doutait qu'on ne le laisserait pas tranquille bien longtemps.

ooooo

En traversant le couloir, July et Bulma croisèrent Maï appuyée contre le mur, les bras croisés et l'air amusé, dans la posture de quelqu'un qui sait quelque chose que les autres ne savent pas.

« Qu'est-ce qu'il y a ? Lui demanda Bulma.

-Attends, je te dirai ça dehors. On y va si j'ai bien compris ? »

Toutes trois prirent leur manteau et s'installèrent dans la voiture-capsule de Bulma qui démarra sans plus attendre, en direction de leur lieu de danse favori (du moins, qui était leur favori à l'époque lointaine où toutes trois sortaient plus régulièrement).

« Alors qu'est-ce qu'il y a ? Redemanda Bulma à l'adresse de Maï.

-J'aurais déjà bien plus intéressant que toi à portée de main. Répondit celle-ci d'un air malicieux.

-Quoi ?

-C'est ce qu'il a dit. Ton invité. Quand July lui a dit qu'il pouvait profiter de la présence d'une jolie fille, il a dit : Même si j'avais un passe-temps aussi inutile que de m'intéresser aux jolies femmes, j'aurais déjà bien plus intéressant que toi à portée de main. » En toute bonne littéraire qu'elle était, on pouvait faire confiance à Maï pour retenir des phrases particulières.

« Ah ! Eh bien ça doit être moi ça ! S'exclama fièrement Bulma.

-Ce type est un ingrat. Se plaignit July.

-Il n'aurait pas un faible pour toi ton invité, par hasard ? Demanda Maï, sceptique.

-Quoi ? Pour moi ? Végéta ? Noooon ! » Bulma se mit à rire. « Par contre, je sais tenir les hommes sous contrôle grâce à mon charme. Et concernant ce type, c'est bien utile. Parfois il a des réactions imprévisibles et il pourrait être dangereux. Mais je suis trop géniale pour le laisser en arriver là. Si ça se trouve, je t'ai sauvé la vie July !

-Oh ? J'aime bien les hommes dangereux ! » Sourit celle-ci.

Pour une raison inconnue, Bulma se sentait fière.

ooooo

Elles rentrèrent chez elles à trois heures du matin, toutes trois satisfaites d'avoir dansé tout leur saoul et fait sortir les yeux des orbites de nombreux garçons. July avait récupéré quatre numéros de téléphone et s'était fait raccompagner chez elle par un cinquième homme. Maï avait passé deux heures au téléphone avec son petit-ami en cherchant à deviner quelle était la fameuse surprise qu'il lui réservait à son retour, et dont elle avait parlé à Bulma et July pendant la moitié de la soirée. Bulma, quant à elle, se prenait pour la reine de la piste de danse et ne s'était arrêtée que pour boire quelques gorgées, au plus grand désespoir des pauvres garçons qui lui tournaient autour mais qui s'épuisaient l'un après l'autre à danser avec elle (que des fainéants !).

Aussi, Bulma était lessivée lorsqu'elle se gara enfin devant Capsule Corporation après avoir déposé Maï chez elle. La maison était silencieuse. Ses parents étaient sans doute couchés depuis longtemps, Végéta l'était probablement aussi car la salle de gravité était éteinte, et Yamcha n'était pas encore rentré (sa chambre était vide). Sans plus attendre, Bulma profita de ce rare moment de calme et de paix d'esprit pour aller soulager ses pieds endoloris dans un bon bain chaud.

Elle était à peine allongée depuis dix minutes au milieu des bulles qu'on toqua à sa porte.

« Bulma ? Tu dors ? » Demanda une voix familière.

« Yamcha ?

-Oui.

-Entre. »

Elle entendit la porte de sa chambre s'ouvrir puis se refermer, puis le visage de son petit-ami se faufila par la porte de la salle de bains. Il souriait :

« Je viens juste de rentrer. Je venais juste voir si tu allais bien.

-Très bien, répondit-elle à travers les bulles, et toi ta soirée ?

-C'était sympa. Répondit-il en s'approchant. On a bien rigolé, et je me sens mieux. Je suis désolé pour les méchancetés que je t'ai dites l'autre jour.

-Je te pardonne alors. » Répondit-elle en souriant à son tour. C'était tout ce dont ils avaient eu besoin pour aller mieux. Une soirée chacun de son côté. Eux qui avaient toujours été collés ensembles, avaient besoin d'air.

« Ouf ! Rit-il. Tu me rassures !

-Alors, s'enquit-elle, tu as réfléchi ?

-Réfléchi ? À quoi ?

-Je ne sais pas. Insinua-t-elle. À nous peut-être ?

-Oh ! Ça ! Je pense toujours à toi Bulma !

-Et qu'est-ce que tu te dis ?

-Que c'est difficile de s'entendre avec toi, répondit-il avec un clin d'œil, mais que tu en vaux la peine.

-Comment ça c'est difficile de s'entendre avec moi ? C'est méchant Yamcha ! Et ce n'est pas vrai ! C'est toi qui ne sais pas t'y prendre !

-Mais... Se défendit-il. Non... Je... C'est-à-dire que... Ce que je voulais dire c'est... L'important c'est que tu en vailles la peine !

-Bien entendu que j'en vaux la peine ! N'importe quel mec verrait ça ! C'est tout ce que tu te dis quand tu penses à moi ?

-Non, bien sûr... J'ai de la chance d'être avec toi. Tu es très belle et très intelligente... Je...

-Et donc ? Demanda-t-elle avec insistance.

-Et donc... Eh bien je suis content d'être avec toi et qu'on se soit réconciliés. » répondit-il décontenancé.

Bulma soupira. Il y avait du progrès, mais ce n'était pas la réponse qu'elle espérait. Manifestement, Yamcha n'était pas prêt. Peut-être pourrait-elle essayer d'en insinuer plus ? Le tenter ? Cela faisait tout de même plus de dix ans qu'ils étaient ensemble, et à part rompre et se remettre ensemble, leur couple ne montrait pas la moindre tendance d'évolution. Et dire que Yamcha, pendant la première année où ils avaient été ensemble, n'avait pas cessé de parler de mariage, et qu'à cette époque c'était elle qui avait fuit l'idée !

« Et comment se passe ton entraînement ? Demanda-t-elle en tâchant de manifester un intérêt réel.

-Oh ça... Répondit-il. Eh bien, je fais ce que je peux. Je n'arrive pas à croire que ce taré de Végéta s'entraîne sous gravité. Déjà à m'entraîner toute la journée dehors j'ai tous les muscles des dos et des bras qui me tiraillent, je ne vois pas comment il tient plus d'une heure. Peut-être qu'il dort dans sa salle d'entraînement ?

-Ne dis pas de bêtises Yamcha ! Fit Bulma en riant malgré tout. On a mis des capteurs d'alerte. Si il reste allongé plus de dix minutes la gravité se coupe.

-Héhé ! Alors c'est une histoire à dormir debout !

-Yamcha ! » Le rouspéta-t-elle gentiment. Mais le cœur n'était pas dans le reproche, et tous deux continuaient à sourire. Yamcha profita de ce moment de pause pour faire rouler ses épaules, signe que ses muscles étaient réellement endoloris.

« Tu voudras un massage quand j'aurai fini mon bain ? Proposa Bulma.

-Oh ? Vraiment ? Avec plaisir ma douce ! » Son regard venait soudain de s'illuminer. Avec les années, Bulma était devenue experte pour soulager les muscles de son guerrier, et savait masser n'importe quelle partie du corps avec une précision digne de la grande scientifique qu'elle était. Mais récemment, la mauvaise humeur avait trop empêché ce type de rapprochements, ce qui leur manquait à tous deux.

« Va prendre une douche aussi, le temps que je sois prête. Je t'attendrai. » Ordonna-t-elle en souriant à nouveau.

Lorsqu'il revint quinze minutes plus tard, vêtu uniquement d'un pantalon large, Bulma était dans son lit à lire un livre. Elle le fit s'installer sur le ventre, et commença d'une main experte à malaxer un par un les muscles du dos de Yamcha.

« Tu ne trouves pas qu'on est bien tous les deux ? S'enquit-elle.

-Si bien sûr. Répondit-il dans un murmure.

-Et puis ça va bientôt faire 14 ans qu'on est ensemble maintenant.

-Oui.

-Il faudra fêter ça. Continua-t-elle.

-Ah ? Si tu veux. Concéda-t-il.

-C'est dans deux mois. On a le temps d'organiser quelque chose de grandiose si on veut.

-Pourquoi ? Gémit-il (sans doute plus à cause du massage que de la conversation) Quatorze ans c'est pas un compte rond...

-Oui mais... on peut quand même décider d'organiser quelque chose d'intéressant tu ne crois pas ? Je veux dire, ça fait longtemps qu'on est ensemble...

-Oui. » Répondit-il d'une voix étouffée, sans comprendre ce qu'elle cherchait à insinuer. Il allait falloir essayer sous un autre angle d'approche.

« Est-ce que tu restes dormir avec moi ce soir ? » Demanda-t-elle d'une voix enjôleuse.

Pas de réponse.

« Yamcha ? »

Pas de réponse.

Il s'était endormi.

Quel incapable !

ZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZ

Il ronflait.

Quel crétin !

…...

Tu tu tutu bip !

Bulma s'apprêtait à frapper Yamcha lorsque le son de son téléphone portable, posé sur sa table de nuit, l'interrompit. Qui pouvait bien lui envoyer un message à quatre heures du matin ?

Curieuse, elle oublia son ingrat de compagnon ronfleur et saisit l'objet qu'elle activa.

Sur l'écran, brillant dans un petit encadré gris, la narguait toute l'ironie du monde, matérialisée en pixels noirs formant les mots suivants :

« Nouveau message de : Maï

C'est le plus beau jour de ma vie ! Il m'a demandée en mariage ! »

ooooo

Végéta dévorait son repas sans enthousiasme, réfléchissant à peine au goût de la nourriture qu'il engloutissait. Cela faisait maintenant quatre jours qu'il s'entraînait dans la salle de gravité et il parvenait à présent à tenir debout sous 300G, à se déplacer et presque à courir. Il était temps de commencer un entraînement plus sérieux, mais comment le faire sans personne à tuer, sans support à détruire, et dans un espace aussi exigu ?

Il n'avait pas l'intention de traiter son organisme avec douceur. Il lui fallait progresser, et vite. Trouver un moyen de s'entraîner aux frontières de la mort. C'était le meilleur moyen de progresser efficacement. Mais la machine à gravité était bridée à 300G, et son corps commençait à le supporter. Il lui fallait trouver autre chose. Un défi supplémentaire à relever.

Sa fourchette piquait sans but dans son assiette vide alors qu'il pestait, envisageant de retourner dans l'espace chercher un souffre-douleur sur qui s'entraîner. Visualiser des ennemis imaginaires ne l'aiderait pas à progresser suffisamment vite, cette idée ne lui convenait pas, à part pour s'échauffer. Il lui fallait quelque chose qui représente une réelle menace.

Il n'était probablement pas la seule personne de mauvaise humeur ce jour-là. La porte d'entrée s'ouvrit à la volée et l'insupportable voix de l'humaine au parfum d'épices résonna dans toute la maison alors qu'elle criait vers l'extérieur : « Tu n'es qu'un sale ingrat Yamcha ! C'est non tu m'entends ? J'en ai assez que tu voies d'autres filles et je n'en ai rien à faire que ce soient soit-disant juste des amies. C'est non ! Si tu vas à cette soirée, tu fais tes bagages avant ! »

Puis la porte claqua si fort que les murs semblèrent trembler, et le son de pas lourds résonnèrent dans le couloir alors que le minuscule ki hérissé de piquants s'approchait.

Arrivant dans la salle à manger, l'humaine s'immobilisa et fronça les sourcils en apercevant Végéta qui grimaçait à cause de l'agression auditive qu'il venait de subir. Stupide humaine ! Songea-t-il en lui jetant un regard lourd de reproches. Ne pouvait-elle pas le laisser réfléchir en paix ?

Sa réaction ne fut pas visible, car elle resta parfaitement immobile et sourcils froncés à le regarder pendant plusieurs secondes, avant d'avoir une sorte de déclic et de continuer son chemin, s'engouffrant dans l'escalier. Sa réaction n'avait pas été visible, par contre elle était parfaitement perceptible remarqua-t-il perplexe. Son ki, plus agressif qu'une pelote d'épingles, avait brusquement semblé couvert de lames de rasoir parallèles, et puis avait retrouvé une forme plus « normale », juste agité de vagues comme une houle. Qu'est-ce qui venait de passer par la tête de cette humaine ?

Bah ! Tant qu'elle le laissait tranquille, il n'en avait rien à faire ! Si elle recommençait à crier comme ça en sa présence, il n'était pas sûr d'avoir encore envie de chercher à manifester sa bonne volonté pour rester pacifique chez ces fous d'humains ! Si ce n'était pas pour la salle de gravité...

Rageur, il attrapa le dernier plat contenant encore de la nourriture, et commença consciencieusement à le vider tandis que ses pensées fusaient sur un moyen de s'entraîner plus efficacement. Si au moins il n'avait pas en permanence ces accès de colère à maîtriser, il ne serait pas obligé d'interrompre son entraînement aussi souvent !

Lorsque ces pensées lui revenaient, amenant avec elles des images de Frieza riant et celles de deux super-saiyans qui n'auraient jamais dû exister, il se trouvait obligé d'arrêter son entraînement pour se calmer. S'il ne le faisait pas, il aurait pulvérisé sa précieuse salle d'entraînement en moins de temps qu'il n'en aurait fallu pour le dire. Alors il faisait des pompes, des abdominaux, des flexions, et même des tours lents sur lui-même en volant (exercice délicat) pour ramener son esprit à la discipline. Il fallait qu'il puisse s'entraîner sans pensée parasite. Uniquement focalisé sur son but. Devenir plus fort. Et dépasser la limite qui lui permettrait d'achever son objectif. Celui auquel il était destiné. Il le pouvait.

CHTAK !

L'entrée d'un objet dans son champ de vision le tira de ses réflexions.

Un objet posé sur la table. Une sorte de boîte avec deux poignées opposées.

Deux petites mains saisissaient ces poignées. La boîte se séparait en deux parties. Entre les deux apparaissait un plateau de jeu en hologramme. Il connaissait bien ce plateau.

Il fronça les sourcils et leva les yeux vers l'odeur d'épices en face de lui. Son regard rencontra une paire d'yeux bleus aussi sévères qu'un océan sous la tempête.

Puis la femme parla : « Je te préviens je suis de mauvaise humeur, alors je n'ai pas envie de négocier avec toi. J'ai besoin de penser à autre chose alors tu vas jouer avec moi. » Le ton était sec et sans appel. Pour qui se prenait cette misérable humaine ?

« Tu n'es pas en mesure de me donner des ordres femme, répondit-il d'une voix froide. Je n'ai rien à faire de ton humeur et je ne suis pas à ta disposition. Et je déteste être dérangé quand je mange.

-De un, répliqua-t-elle, implacable, je ne te donne pas un ordre mais un conseil. De deux tu n'as rien à faire de mon humeur, mais par contre toi aussi tu aurais bien besoin de respirer un peu et penser à autre chose. Ça fait deux minutes que tu restes là à regarder ton assiette vide en tordant de plus en plus tes couverts ! Et de trois, dis-moi si tu as encore faim, mais là il me semble que tu as tout mangé. »

Agacé, Végéta regarda la table devant lui pour constater qu'en effet, il avait tout mangé et que ses couverts étaient tordus. Il nota également du coin de l'œil le jeu de orloog posé devant lui. Une partie était déjà engagée dessus dont il se rappelait soudain tous les détails. C'était la partie qu'ils n'avaient jamais terminé à cause de son départ précipité dans l'espace, plus d'un cycle terrestre auparavant.

Détournant la tête sur le côté d'un air de dédain, il siffla : « Ça ne te regarde pas femme. Je n'ai pas l'intention de perdre mon temps dans des futilités. J'ai des buts plus importants dans la vie.

-Comme regarder ton assiette vide ?

-Sale petite insolente ! Tu... »

La sale petite insolente en question, n'ayant manifestement rien à faire de l'opinion de Végéta, venait de déplacer une pièce du jeu et de s'asseoir face à lui, un sourire de défi sur le visage.

Inconsciemment, et même avant le réflexe de se lever pour étrangler cette créature pathétique, s'était déclenché un autre réflexe : celui de calculer les déplacements suivants. En réalisant cela, il se mit à enrager davantage : cette petite peste était en train d'essayer de le manipuler !

« Qu'est-ce que tu veux ? Demanda-t-il sèchement.

-Juste jouer. Répondit-elle en soutenant son regard.

-Trouve quelqu'un d'autre !

-Tu es le seul à représenter un vrai défi pour moi au orloog.

-Moi tu ne m'en apportes aucun.

-Ah non ? Le tenta-t-elle.

-Hmf ! » Se renfrogna-t-il. Bien sûr que si elle en était un, mais il n'allait tout de même pas le reconnaître ! De plus, elle venait d'effectuer une manœuvre très risquée en déplaçant son spadassin à cet emplacement. Tout ce qu'il avait à faire pour écarter la menace, c'était de déplacer son téléporteur ou son herobrine... Eh ! Non ! Il avait plus important à faire que de jouer avec cette stupide femelle ! Il se leva.

« Au fait, intervint-elle, ton armure est propre si tu veux la récupérer. »

Surpris par ce changement de sujet, il leva la tête : « Eh bien il était temps ! Où est-ce que tu l'as mise ? »

Il ne reçut en réponse qu'un sourire malicieux qu'il détesta immédiatement.

« Réponds ! Imposa-t-il.

-Dis-moi, éluda-t-elle, c'est vraiment un matériau incroyable cette armure ! Les saiyans devaient être de grands scientifiques en plus de grands guerriers...

-En quoi ça peut bien t'intéresser ? Cracha-t-il. Rends-moi mon armure !

-Eh bien, je me dis que si j'en savais un peu plus sur ce matériau, je pourrais te la réparer, ou même t'en fabriquer une autre.

-Et pourquoi tu ferais ça humaine ?

-Dis-moi si je me trompe. Je pense que ce ne sont pas des saiyans qui ont fabriqué cette armure, parce que les hommes de Frieza qu'on a vus sur Namek portaient les mêmes. Je pense aussi que si tu avais eu un fournisseur avec qui tu t'entendais encore, tu ne serais pas revenu de l'espace avec ta pauvre armure trouée. Et je pense que tu n'as pas envie de te présenter devant les androïdes ni devant Goku dans cette loque, ni de porter une tenue terrienne. Donc je me disais que ça pourrait t'intéresser de savoir que je suis disposée à te fabriquer une nouvelle armure, une qui n'aurait plus de lien direct avec Frieza, mais qui continuerait à ressembler à ce que tu portes. »

Il tourna la tête sur le côté avec dédain : elle avait raison sur tous les points. « Tu n'as pas répondu à ma question femme. Je t'ai demandé pourquoi ?

-Parce que je veux que tu saches que si tu as besoin d'un coup de main de la part d'un scientifique, moi et mon père sommes disposés à t'aider. Répondit-elle en appuyant son propos en se penchant en avant et le regardant droit dans les yeux.

-Et moi, ce que je veux savoir, c'est ce que tu espères en échange ! Je n'ai aucune intention de vous épargner ni toi ni ta famille quand je déciderai d'anéantir l'humanité !

-Alors écoute-moi bien toi ! S'agaça-t-elle. Je ne suis pas une lâche, et je ne pactise pas avec mes ennemis. Je ne te demande pas ta protection, et je ne m'abaisserai pas à te supplier de m'épargner si demain tu redeviens un fou furieux ! J'ai mon honneur moi aussi monsieur ! Simplement, je ne te considère pas comme un ennemi.

-Tu as tors. » Répondit-il en serrant poings et dents.

À cet instant, ils étaient tous deux debout, les deux mains appuyées sur la table, et penchés en avant l'un face à l'autre, se défiant du regard.

« Et toi tu aurais tors de ne pas envisager notre soutien. Répliqua-t-elle fièrement. Non seulement je pourrais te faire une nouvelle armure, mais je pourrais aussi te fabriquer un détecteur de puissance de combat comme tu avais, ou du matériel pour t'entraîner. Même des robots pour se battre avec toi !

-Tu... » Il s'interrompit net. Des robots ? Pour s'entraîner ? « C'est ridicule. Comment est-ce que tu envisages de pouvoir fabriquer une machine suffisamment solide pour m'aider à m'entraîner ?

-Si ça t'intéresse, je relève le défi. » Répondit-elle avec un sourire carnassier.

Végéta se mit à ricaner, de son rire mauvais. Cette idiote venait peut-être de lui apporter la solution qu'il lui manquait ! « Tu as conscience que tout le matériel que tu pourrais me fournir pourrait me servir, et que ça pourrait se retourner contre toi et les tiens ?

-Bien entendu ! Répondit-elle fièrement. Je sais toujours ce que je fais !

-Et quel est ton intérêt à cela ? »

À cette question, elle baissa les yeux. Il réalisa alors que leurs visages s'étaient trouvés à seulement quelques centimètres l'un de l'autre, et il recula légèrement la tête pour respirer. L'air était saturé de ce parfum d'épices et d'océan.

Puis elle sourit et laissa échapper un petit rire avant de lever à nouveau vers lui ses grands yeux brillants de malice : « Tu veux une réponse sincère ? »

Il fronça les sourcils, tâchant de décerner le piège dans sa question. Puis elle pencha légèrement la tête sur le côté, indiquant un objet posé à côté d'eux. Il tourna la tête. Puis la retourna face à elle en grognant. Elle lui renvoya son immense regard plein d'espoir et de défi. Le plateau de orloog.

« Tu te fous de ma gueule ? Cracha-t-il.

-Non » Répondit-elle en souriant.

Première seconde. Il la regarda en grognant, presque en montrant les dents.

Deuxième seconde. L'humaine cilla, et il entendit son rythme cardiaque s'accélérer.

Troisième seconde. Il sourit de ce petit succès, et tourna fièrement la tête sur le côté.

Là, du coin de l'œil, il analysa rapidement l'emplacement des pièces de orloog, et en trouva une qui pourrait tuer l'une de celles de Bulma. Il la déplaça, puis tourna son regard triomphant face à l'humaine qui lui faisait face : « Alors, femme. Quel intérêt peux-tu bien avoir à me proposer du matériel ? »

Elle sourit, puis s'assit sur une chaise. « Je... Je pense que j'essaie de te prouver que... même faibles, les terriens peuvent être honnêtes et dignes de confiance... Que tu pourrais y trouver ton compte. Tu trouveras certainement ça naïf de ma part, mais... peut-être que je crois que... Tu n'as pas besoin de nous voir comme des ennemis... Nous ne cherchons pas à être tes ennemis. C'est ton choix, à toi seul, mais j'essaie de te faire savoir que peut-être... tu n'as pas besoin de redevenir un ennemi un jour. » Tout en parlant, elle avait très discrètement déplacé une de ses pièces sur le plateau de jeu.

Il la contempla avec tout le mépris de l'univers. « Idiote ! Tu t'imagines vraiment pouvoir faire de moi un allié avec tes techniques de manipulation sournoise ?

-Mais c'est pas vrai ! S'agaça-t-elle. Combien de fois il faut te le répéter ? J'essaie juste de te faire voir ce que les terriens ont de positif à t'offrir. Si tu choisis de t'opposer à nous, au moins tu sauras ce que tu perds. Pour moi ce monde a une valeur inestimable. Et je compte bien te le prouver. Donc ceci est ma proposition monsieur l'extraterrestre : si tu as besoin d'un soutien scientifique, tu as à ta disposition les deux plus grands génies de la Terre. À toi de voir si nous valons ta considération ou pas. »

Il la dévisagea longuement, à la fois amusé et intrigué. Cette fille n'avait pas la moindre force de combat et pas la moindre chance de survie face à lui. Par contre elle avait une grande force de conviction et beaucoup de cran en plus de son insolence ! Il ricana. Puis se rassit sur sa chaise. Et déplaça une pièce de jeu à son tour.

Elle sourit.

Un sourire sincère.

Un joli sourire.

ooooo

Yamcha et Pua'r, immobiles à l'entrée de la salle à manger où ils se trouvaient maintenant depuis près de deux minutes, observèrent, effarés, le saiyan passer d'une posture menaçante à une posture presque... pacifique... Et s'asseoir face à Bulma, qui souriait.

Un sourire sincère.

Un joli sourire.

Yamcha détourna le regard, et d'un air crispé, fit signe à Pua'r de le suivre. Il montèrent les escaliers et ne s'arrêtèrent qu'à sa chambre. Une fois la porte fermée, Yamcha cogna du poing contre le mur. Cela laissa une trace d'impact qu'il contempla longuement avant de soupirer, et de s'asseoir par terre contre le mur.

« Yamcha... Commença son ami.

-Je suis en train de la perdre, Pua'r. Même un taré comme Végéta arrive à la faire sourire, et moi je n'y arrive plus. Qu'est-ce que je peux faire ? »