[Note de l'auteur] Salut les amis ! Désolée pour l'attente, mais re-voilà un gros chapitre, que j'ai tenu à peaufiner. C'est le moment de se remettre en tête l'épisode 124 (ou 55 si vous préférez dragon ball Kaï). Quoique il y aura moins d'élipses que la dernière fois... Bon, je vous laisse découvrir.
Merci beaucoup à celles d'entre vous qui ont tenu à commenter même si le chapitre précédent était peut-être un peu plus ennuyeux.
Pertes et fracas
trois-cent quarante-cinq, trois-cent quarante-six, trois-cent quarante-sept
Les gouttes de sueur s'écoulaient sur son visage avec lenteur, irritant sa peau, des joues et du front, par les paupières et jusqu'au bout de son nez d'où elles tombaient l'une après l'autre pour agrandir la flaque au sol. Jamais Végéta ne s'était senti aussi misérable d'être aussi épuisé après un aussi petit nombre de pompes, que depuis qu'il s'entraînait sous cette maudite gravité. Le fait de peser, non pas 18, mais plus de 30 tonnes, réparties jusqu'au bout des doigts et amplifiés par le moindre de ses mouvements, cela le vidait de son énergie, et il devait concentrer la totalité de son attention dans ce mouvement seul.
Trois-cent... quarante-hui, trois-cent... quar...
Il s'effondra sur le sol, manquant de se briser le nez dans sa chute. Tous les muscles de son dos hurlaient, tout comme ceux de ses bras, ceux de son torse étreignaient douloureusement ses côtes comme des lianes étouffantes. Même sa nuque le lançait à cause du poids de sa tête à tenir au dessus du vide. Relève-toi ! Combien de fois s'était-il déjà retrouvé dans cette situation ? Et maintenant qu'il était à plat-ventre sur le sol, sa respiration devenait pénible et laborieuse, les poumons écrasés sous son propre corps. Relève-toi ! Que valait-il, là, par terre, baignant dans sa propre sueur, s'il n'était même pas capable de se relever ? Relève-toi ! Comment espérait-il surpasser Karkarott s'il restait ainsi, étalé comme une loque ? Relève-toi ! Une loque ! Relève-toi ! Relève-toi !
Il tenta à nouveau de pousser sur ses mains pour soulever son corps du sol. Relève-toi ! Sa vue se brouilla, mais il tint bon. Rassemblant son énergie, il poussa un cri et s'arracha du sol qui cherchait à le retenir prisonnier. Il n'était pas un faible. Il était le prince des saiyans. Et un saiyan affronte les ennemis debout, droit et fier.
Et il était debout.
La salle entière semblait baignée d'une lueur rouge sous la force de la gravité. Sa vue ondulait. Sa tête lui donnait l'impression de contenir un tourbillon de gaz. Si ses bras avaient besoin d'une pause, ses jambes fonctionneraient.
Il se reposerait plus tard.
ooooo
« Dis-moi Bulma, qu'a-t-on comme matériau assez léger et résistant pour supporter une gravité extrêmement élevée et plusieurs impacts ? »
Absorbée dans la conception de sa nouvelle invention, Bulma cilla, puis déposa son crayon pour se retourner vers son interlocuteur. Son père ne cessait pas de lui rendre visite depuis le début de la journée.
La veille, durant la partie de orloog, Végéta avait ''manifesté son intérêt'' pour avoir des robots d'entraînement. Elle en avait parlé avec son père le matin-même, et tous deux s'étaient réparti les tâches entre la demande de leur invité et les projets mineurs d'un côté, et le projet majeur de l'autre. Capsule Corp avait récemment signé un contrat pour inventer un nouveau matériau de construction, capable de se reformer d'un bloc lorsqu'il était fissuré. Le but était de construire des bâtiment pour les zones hautement sismiques du Continent Ouest, qui, s'ils tenaient aux tremblements de terre, ne seraient pas endommagés avec le temps, les fissures se refermant d'elles-mêmes.
Après discussion et quelques croquis sur la table du petit déjeuner, Bulma et son père avaient convenu que ce nouveau matériau devrait être de type organique. Et donc, que ce devrait être Bulma qui s'en chargerait, monsieur Briefs ne s'étant que peu intéressé à la biologie.
Ainsi, c'était ce dernier qui avait accepté de concevoir les robots d'entraînement pour Végéta, et les autres petits projets de la société.
Sauf que les machines de combat n'étaient pas sa spécialité non plus, car il y voyait mal un intérêt pour le bien public. C'était d'ailleurs la raison pour laquelle Capsule Corporation ne concevait jamais d'armes, à part Bulma pour sa collection personnelle.
Aussi, depuis le début de la journée, il rendait fréquemment visite à sa fille, pour le plus grand plaisir de celle-ci qui ne s'était jamais autant sentie utile.
« Tu as essayé le cardoranbium ? Lui répondit-elle.
-Oui, trop lourd. Une construction un peu trop massive tombe en miettes avant que je ne simule la moindre secousse.
-Ah. Et... Le polymère qu'on a inventé il y a deux ans ? Celui en alliage avec de l'aluminium ?
-Le EZ135 ? Bonne idée, je vais essayer. Merci ma chérie.
-De rien papa. »
Bulma sourit en retournant à ses schémas de fonctionnement. Les mécanismes cellulaires étaient bien plus complexes que la mécanique et la physique, pour des résultats souvent alétoires, mais il y avait certainement un moyen de les mettre à profit pour en faire un matériau de construction. Elle en était à son dixième croquis lorsque son père revint : « Dis-moi, as-tu conçu des armes plus puissantes que le WEA72 ? J'ai peur que ça ne suffise pas...
-Bien sûr papa ! Tu cherches quel type ? Plutôt dégâts physiques, tir à distance, dommages énergétiques ?
-Euh... je ne sais pas. Qu'est-ce que tu conseilles contre un guerrier ?
-Dommages énergétiques. Répondit-elle sans réfléchir. J'avais dessiné un modèle qui s'appelle WZZ11, il est sur la base de données.
-Merci bien. »
Elle ne comprit son erreur que le lendemain.
Il était onze heures du matin lorsque son père vint lui demander de l'aide pour réparer la salle de gravité à cause d'un ''léger problème'' sur son prototype de la veille. Les murs de la salle étaient transpercés de trous gros comme le poing, là où les plaques de métal qui servaient d'isolant avaient fondu. Logique. Il avait suffi à Végéta d'esquiver les tirs du robot d'entraînement pour que ceux-ci atteignent les murs. Et évidemment, au bout d'un moment, l'un des tirs avait fini par griller l'un des nombreux câbles qui se trouvaient derrière, et la gravité s'était coupée. Il leur fallut une heure à deux pour réparer les dégâts et rendre la machine à nouveau fonctionnelle. Lorsqu'ils sortirent de la pièce, discutant de possibilités techniques d'amélioration, ils croisèrent Végéta, appuyé contre l'un des pieds de la capsule spatiale, bras croisés.
« Vous en avez mis du temps. Grogna celui-ci. J'espère que cette machine tiendra plus d'une heure cette fois-ci. J'ai un entraînement à suivre, moi.
-Eh bien vas-y, retourne t'entraîner ! Répliqua Bulma. Ne te dérange pas à nous remercier surtout ! »
Le soir-même, monsieur Briefs avait créé trois prototypes supplémentaires pour intercepter les tirs les uns des autres. Le lendemain, ce furent donc quatre tas de ferraille méconnaissables que Végéta vint déposer dans son laboratoire, à onze heures du matin, en se plaignant de la trop faible mobilité des robots et de la faiblesse de leurs tirs. Il disait cela bien qu'ayant une énorme trace de brûlure sur le flanc droit, qui d'ailleurs avait disparu le lendemain lorsqu'il se mit à tester les prototypes suivants, munis d'un système anti-gravité et plus offensifs.
Cette dynamique d'innovation se poursuivit durant deux semaines, tandis que Bulma progressait sur la problématique de son matériau de construction auto-réparant. Chaque jour, Végéta venait déposer les débris des robots d'entraînement un peu plus tard au laboratoire de Monsieur Briefs. Chaque jour avec de nouvelles exigences.
Cela commençait à agacer Bulma lorsqu'elle entendait son père en parler. Si elle avait su que Végéta leur demanderait autant de temps de travail pour des gadgets qu'il détruisait dans la journée, elle aurait sans doute hésité avant de lui proposer un tel soutien scientifique. Cet ingrat ne manifestait pas la moindre reconnaissance ni le moindre respect pour leur travail. Au contraire, il en demandait toujours plus ! Un véritable obsédé du combat !
Elle ne voyait pas encore ce que manifestait réellement le guerrier au travers de ses exigences toujours plus grandes : il avait sans le savoir basé tous ses espoirs de progrès sur leur seule technologie et leur faisait confiance pour relever les défis qu'il leur posait. Et puis, comment pouvaient-ils savoir à quel point leurs inventions étaient dignes des attentes du guerrier alors que celui-ci les réduisait systématiquement en miettes ? Comment pouvaient-ils savoir qu'en fait, il les détruisait volontairement dans ses accès de rage, et non plus accidentellement comme pour les premiers prototypes ?
ooooo
… Lumière...
Mal au crâne.
Serrer les paupières. Tourner la tête.
Une surface dure. Pas confortable. Pas d'oreiller.
Mal au cou.
… Froid...
Bouger les doigts.
Mal aux bras.
Une surface dure, pas confortable. Pas de couverture.
Mal au dos.
… Faim...
Entr'ouvrir les yeux.
Lumière, mal au crâne, refermer les yeux. Pas confortable.
Allongé sur le sol de sa chambre, Végéta grogna son mécontentement. Ce n'était pas la première fois qu'il se réveillait par terre. La veille, il était sorti de la chambre de gravité longtemps après la tombée de la nuit, parvenant à peine à marcher droit. Il s'était senti léger comme une plume et pourtant tenait à peine debout. Ainsi, il était certain de s'endormir vite et sans trop songer à toutes les choses déplaisantes auxquelles il songeait trop souvent. Des histoires de troisième classe super-saiyan et de mourir tué par une boîte de conserve mécanique.
Si quelque chose devait le tuer, ce serait l'entraînement.
Il avait senti sa tête tourner dangereusement, conséquence habituelle de trop d'effort physique et d'un manque de sucre, il s'était donc traîné sans attendre vers sa chambre pour se ressaisir sans inquiétude. Dans un endroit où personne ne le verrait s'agripper le crâne entre les deux mains.
Il avait refermé la porte derrière lui et soupiré.
C'était son dernier souvenir avant de se réveiller là, sur le sol de sa chambre, couvert de sueur séchée et les rainures du sol imprimées sur le torse et la joue.
Il s'assit péniblement, le mal de crâne disparaissant au fur-et-à-mesure que ses yeux s'habituaient à la lumière, au profit des douleurs musculaires et d'une horrible crampe d'estomac. Une bonne douche brûlante et un bon repas sauraient régler ces problèmes mineurs.
Il sourit et se leva péniblement pour se diriger vers sa salle de bains. Au moins il avait bien dormi.
ooooo
Deux semaines s'étaient écoulées depuis la mise en service de la chambre de gravité, et les prototypes de robots d'entraînement ne semblaient toujours pas évoluer vers un modèle stable. Végéta les détruisait en une journée ou deux, et réclamait ensuite un changement radical sur l'une ou l'autre de leurs multiples fonctions. L'innovation majeure consistait en leur nouvelle compétence à se renvoyer les attaques énergétiques comme une balle, jusqu'à frapper leur expéditeur. Ils interceptaient ainsi tout éventuel projectile dangereux pouvant endommager la chambre de gravité. Depuis lors, Bulma et son père étaient n'avaient plus eu besoin d'intervenir aussi souvent sur la machine...
Yamcha s'entraînait toujours dans le jardin, mais s'était éloigné de la zone donnant sur la rue pour éviter une nouvelle crise de nerfs de la part de sa petite-amie. Son humeur s'assombrissait de jour en jour, surtout lorsqu'il croisait Végéta par inadvertance. Le regard qu'il lui jetait alors était indéchiffrable. Plein de reproches, de désapprobation, de rancune et de méfiance. Du moins, c'était ce que Bulma croyait y lire. Elle l'avait surpris une ou deux fois à interrompre son entraînement pour regarder en direction de la chambre de gravité. Une fois aussi, elle se rappelait l'avoir entendu discuter avec sa mère (mieux valait rester en bons termes avec la personne qui faisait les gâteaux), et expliquer en riant qu'il ne sentait plus ses épaules ni ses pieds à force de s'entraîner sans relâche. C'était le moment qu'avait choisi Végéta pour traverser la salle à manger, sans doute en direction de sa chambre. Il était luisant de sueur, couvert de bleus violacés et de marques de brûlures rouges. Il n'avait rien dit, les avait à peine regardés. Mais Yamcha s'était tu. Que valait-il, lui, à se plaindre alors que le fou qui s'entraînait sous 300G contre des robots mortels, ne disait rien ?
De son côté, madame Briefs s'enthousiasmait tous les jours dans la cuisine sur de nouvelles recettes, plusieurs heures durant, charmée d'avoir deux guerriers de si bon appétit faisant honneur à ses plats. La terreur qu'elle avait manifesté à l'égard de Végéta s'était depuis longtemps évaporée aussi vite qu'elle était apparue. À ses yeux ne subsistait plus qu'un charmant jeune homme musclé et toujours torse-nu, avec un regard sauvage, et manifestant un acharnement admirable pour améliorer encore plus sa condition physique dans le but de sauver le monde, contre elle-ne-savait-plus-quoi.
Tous les soirs, Végéta semblait sortir de la chambre de gravité dans un état pire que la veille, et ne faisait rien de plus que manger, se doucher et dormir. Bulma avait à nouveau tenté de l'inciter à jouer au oorlog, mais avait systématiquement fini ses argumentaires en parlant à une chaise vide ou à une porte fermée. Ses tentatives pour essayer de vérifier qu'il n'était pas blessé ou de lui donner un tube de crème contre les brûlures s'étaient d'ailleurs, à son plus grand mécontentement, soldées par les mêmes résultats : une remarque désobligeante et puis plus personne.
Bulma ne comprenait pas un tel acharnement à l'entraînement de la part des deux guerriers qui vivaient sous son toit. Sa proposition de tuer le docteur Gero semblait si simple en comparaison ! Et contrairement à ce que semblait penser Krilin, elle était convaincue que Végéta n'était plus une menace imminente. Alors pourquoi ? C'était dimanche aujourd'hui, et les deux hommes continuaient de s'entraîner comme tous les autres jours de la semaine. Comme si leur vie en dépendait ! Bon, d'accord, elle en dépendait, mais ils avaient tout de même trois ans devant eux, non ? Quoique, c'était surtout Végéta qui était à blâmer pour son obsession à l'entraînement. Yamcha s'entraînait probablement surtout pour éviter de faire tâche à côté du saiyan... Peut-être même aussi pour éviter d'être avec elle ! Autant il était motivé pour sortir en soirées avec ses camarades du baseball et toutes ses fans, autant avec elle, il ne parvenait même plus à avoir une conversation sans dispute ! Bien sûr que non elle ne cherchait pas à le priver de vie sociale ! C'était lui qui exagérait !
Lui !
Soupirant, Bulma leva pour la énième fois les yeux au ciel en tentant de se changer les idées, et de se re-concentrer sur la lecture de son magazine (elle au moins, elle ne travaillait pas le dimanche : elle s'instruisait). Mieux valait les laisser s'entraîner après tout, puisque quelque part sur Terre, un savant fou était peut-être déjà en train de construire les androïdes tueurs annoncés par le mystérieux jeune homme du futur.
L'un après l'autre, ses deux parents la rejoignirent pour partager quelques pâtisseries, tout juste achetées par Madame Briefs. Cette dernière s'était d'ailleurs à nouveau lancée dans une explication comme quoi Végéta était un jeune homme charmant, et sembla soudain avoir une idée lumineuse : « Mais bien sûr ! Bulma, que dirais-tu que je t'arrange un rendez-vous avec lui ? ».
Bulma écarquilla les yeux, n'osant croire ses oreilles : elle avait beau répéter à sa mère qu'elle était avec Yamcha et qu'il n'y avait rien entre elle et Végéta, cette dernière s'acharnait à y croire !
Renonçant à s'expliquer pour la énième fois, ce qui lui aurait rappelé à quel point son couple battait de l'aile en ce moment, Bulma se contenta de lâcher : « Laisse tomber maman ! » et d'attraper la pâtisserie la plus proche. Elle ne voulait rien avoir à faire avec aucun de ces deux ingrats de combattants pour le moment.
Mais le sort en avait décidé autrement : l'explosion retentit trois secondes plus tard.
ooooo
Une lumière aveuglante. Un grondement du tonnerre, puis une forte secousse. Un coup sur le crâne, d'une puissance inouïe. Le dos, les bras et tout l'arrière du corps roués de coups. Le corps emporté dans une chute au travers d'une paroi en pierre. Ou deux. Ou trois. Puis le silence. Plus rien que la douleur et un corps immobilisé, écrasé sous une pesanteur nouvelle. Une pesanteur étouffante et aux multiples tranchants.
Merde...
Des pierres sous lui. Des pierres sur lui. Des pierres appuyant sur son crâne. Des pierres autour de ses bras. Des pierres contre son nez. Pas d'air. Il faut sortir. Mais où est l'extérieur ?
Une voix appelle son nom. L'extérieur est par là. Il faut respirer, il faut survivre. Retourner au combat.
Faisant appel à toutes les forces lui restant, Végéta souleva celui de ses bras qui répondait encore. Vers l'extérieur, vers l'appel. Son bras émergeant des décombres fut rapidement suivi par sa tête, puis son corps : il respirait. Il était vivant. Il était libre ! Hors de ce qui aurait pu être sa tombe...
Quelle sombre impression de déjà-vu...
« Tu es vivant ? »
La voix douce le fit lever la tête. C'est là qu'il s'aperçut qu'il n'était plus seul : le minable et la belle au parfum d'épices étaient là, et le regardaient, stupéfaits comme s'ils voyaient un fantôme.
Était-il un fantôme ? Non, certainement pas. Pas avec une telle douleur lancinante dans l'arrière du crâne, un bras cassé et tous les muscles du corps qui crient grâce. Il fallait qu'il se redresse. Il n'était pas seul, et s'il était vivant, alors il était vulnérable et devait le masquer.
« Évidemment. » Répondit-il.
Il eut à peine trois secondes de répit pour sécuriser sa posture, malgré un sens de l'équilibre qui manquait à l'appel, avant que la voix de la femme ne revienne à la charge, mais en criant cette fois : « Non mais à quoi tu joues ? Un peu plus et tu faisais sauter ma maison ! »
Il voulut lui lancer une réplique cinglante. Il voulut lui cracher dessus du haut de son mépris. Il voulut, mais il s'écrasa au sol.
Aïe...
« Végéta ! » S'écria la voix soudain inquiète.
En un instant, des bras soulevaient sa tête, éloignant la blessure des gravats pour l'installer sur un support doux et chaud. Une main fine se posait sur son torse. Le parfum d'océan le submergeait. Que faisait-elle ? Ne pouvait-elle pas le laisser en paix, le temps qu'il se remette ? Pourquoi envahissait-elle son espace personnel ? Il détestait être dérangé pendant son entraînement ! « Occupe-toi de tes affaires ! » Lança-t-il sur le ton le plus menaçant possible. Mais sa voix à ses oreilles sonna à peine plus fort qu'un murmure. « Tu m'empêches de m'entraîner.
-Qu'est-ce que tu me parles d'entraînement ? Regarde un peu dans quel état tu t'es mis ! » Répliquèrent les yeux bleus qui luisaient comme un clair de lune.
Quoi, quel état ? Un peu de repos et il n'y paraîtrait plus rien. Il devait retourner s'entraîner, et vite ! « Ces blessures ne sont r... Rien du tout... Je s... meilleur des saiiyya... Je... surp... K... karott. » Avec chaque mot il s'essoufflait davantage. Il fallait qu'il s'éloigne vite.
« Mais oui, mais oui, répondit-elle doucement. Des salades, de la soupe, des carottes, tu auras tout ce que tu veux, mais pour l'instant tu vas m'écouter... » [note de l'auteur : j'ai essayé de conserver le jeu de mots d'origine, où Bulma ne comprend pas ce que bafouille Végéta.]
Pour qui se prenait-elle, à lui parler si doucement, et s'imaginer pouvoir lui donner des ordres ? La peau de sa poitrine, sous les doigts de l'humaine, semblait le brûler. Il fallait qu'il s'en aille.
Tout de suite.
Son bras gauche brisé hurla lorsqu'il tenta de s'appuyer dessus.
Puis tout devint noir.
ooooo
« Végéta ! » S'écria Bulma en se penchant vers le saiyan qui venait de tenter de lui échapper pour s'effondrer immédiatement après. « Végéta ! Réponds-moi ! »
Il ne bougeait plus.
Non !
Par réflexe, elle posa la main sur le côté de la gorge du guerrier, et, à son plus grand soulagement, détecta un pouls. Laborieux, mais bien vivant.
« Il est vivant ! S'écria-t-elle en se retournant vers Yamcha. Vite ! Il faut l'emmener à l'infirmerie ! … Yamcha ! Qu'est-ce que tu fabriques ? »
Yamcha restait immobile, le regard vide.
« Yamcha ! » Hurla-t-elle en sentant la panique et les larmes monter.
Il cilla.
« Ne reste pas planté là idiot ! Viens m'aider ! » Elle tenta de soulever le corps de Végéta par les épaules. C'est là qu'elle remarqua le sang dégoulinant de sa main gauche, celle qui avait soutenu la tête de Végéta. Même une partie de la manche de sa robe en était imbibée.
La pierre sous la tête du saiyan se teintait de la même couleur pourpre, à une vitesse effrayante.
« Oh merde ! Il est blessé ! » Elle tenta de localiser l'origine de l'hémorragie. Son corps était griffé de partout, mais ce flot de sang semblait venir de sa tête, sous ses cheveux. Là !
Elle plaqua une main très fort contre la blessure, et l'autre contre son front pour maintenir sa position.
« Yamcha ! » Cria-t-elle, cette fois avec fermeté. « Soit tu cours chercher la trousse à pharmacie pour que je lui fasse un bandage et qu'on le porte à deux, soit tu prouves que tu es aussi fort que tu le prétends et tu le traînes par les épaules jusqu'à l'infirmerie. Tu choisis l'un ou l'autre, mais TU TE BOUGES TOUT DE SUITE ! »
La provocation et le hurlement semblèrent enfin sortir Yamcha de sa stupeur. Il cilla. Puis ses mains tressaillirent et son regard perdu rencontra celui, sévère, de Bulma. Puis il prit une mine décidée et s'avança vers elle. Il saisit le guerrier inconscient au niveau des épaules et le souleva.
« Doucement. » Intervint-elle en se levant à son tour pour continuer de bloquer l'hémorragie avec ses mains. « Il est déjà assez blessé comme ça.
-On ne pourrait pas en profiter pour l'achever ? » Demanda-t-il nerveusement.
En réponse, Bulma le foudroya du regard : « Ce n'est pas le moment de faire tes blagues stupides Yamcha ! Dépêche-toi un peu ! »
En passant dans le hall d'entrée, ils croisèrent monsieur et madame Briefs, qui se dirigeaient tranquillement vers l'extérieur en discutant des causes probables de la secousse qui venait d'avoir lieu. Tous deux restèrent figés en voyant passer cet étrange convoi.
« Oh mon dieu ! » S'écria la mère en laissant tomber sa tasse de thé pour plaquer ses mains sur sa bouche, tandis que le père haussait un sourcil d'un air curieux. Bulma les sortit immédiatement de leur attentisme.
« Papa, est-ce que tu peux monter préparer le lit de l'infirmerie, des bandages et du désinfectant ? On a une hémorragie à traiter au plus vite. Maman, tu peux appeler le médecin ? On va avoir besoin de lui. Végéta doit avoir plusieurs fractures.
-D'accord. » Répondirent les parents à l'unisson en rejoignant leurs postes respectifs.
Ce fut donc Bulma qui traita en premier les blessures du saiyan. Elle désinfecta, recousit puis banda la plaie sanguinolente à l'arrière de son crâne, puis lava et désinfecta toutes les plaies visibles sur sa peau, pansant les plus profondes. Elle n'aurait jamais cru pouvoir toucher autant la peau de Végéta qui semblait abhorrer les contacts, et, en fait, elle s'en serait bien passé au vu des conditions... Et surtout, elle avait à nouveau cette impression bizarre... Cette impression que, lorsqu'il était vulnérable, il fallait prendre soin de lui, le protéger... L'homme de métal redevenu homme.
Le médecin, mandaté d'urgence par une madame Briefs à demi paniquée et à demi en larmes, avait répertorié pas moins de cinq côtes fracturées (dont une deux fois) et trois de plus fêlées, deux fractures au bras et poignet gauche, et deux de plus sur ses doigts. Sans compter un magnifique traumatisme crânien.
« Impressionnant... » Commenta monsieur Briefs en s'adressant à son chat. « Tu te rends compte, toi ? Il vient de se prendre toutes les poutres en métal et l'enveloppe en béton de la capsule de gravité sur la tête, à une gravité de 300G, et il n'a que quelques fractures ! C'est tout bonnement incroyable, tu ne trouves pas ? »
ooooo
Le médecin repartit trois heures plus tard, laissant un Végéta toujours inconscient, branché sur un masque à oxygène et divers outils de mesure. Les trois membres de la famille Briefs restèrent encore un moment dans la chambre, espérant peut-être voir leur invité blessé ouvrir les yeux et les remercier pour leurs soins, mais bien sûr il n'en fut rien.
Après le départ de ses parents, Bulma ne put se résoudre à tourner les talons. Végéta s'était mis à parler dans son sommeil. Le pauvre ! Même inconscient, sa volonté de devenir un super-saiyan le hantait. Goku le hantait. Et sans doute aussi le jeune homme du futur. Ceux qui étaient parvenu à un stade que lui-même ne parvenait pas à atteindre.
Et pourquoi ? Elle voyait bien les efforts et la détermination qu'il mettait chaque jour dans son but. Elle n'aurait su dire pourquoi il n'y parvenait pas, mais elle savait que cette même question le taraudait. Il était même allé jusqu'à la lui poser, à elle la misérable humaine pour laquelle il n'avait pas la moindre considération.
Et elle lui avait répondu qu'il ne le méritait pas.
Était-ce sa faute, alors, sa faute à elle, s'il se trouvait dans cet état aujourd'hui ? Parce qu'il se trouvait dans un tel état de désespoir qu'il était prêt à risquer sa vie pour parvenir à son but ? Pour le mériter ?
Il était si seul.
Il n'avait personne sur qui compter. Personne à protéger. Il était si seul qu'il en était venu à s'adresser à elle pour chercher une réponse à ses questions. Il n'avait personne qui s'inquiète pour lui...
À part elle.
Revenant sur sa décision de rejoindre sa famille, Bulma choisit de s'asseoir à la table proche du lit de Végéta. Il fallait bien quelqu'un pour veiller sur lui.
ooooo
Végéta se réveilla longtemps après la tombée de la nuit, en sursaut, mû par une volonté nouvelle de continuer à s'entraîner et devenir super-saiyan. D'abord soulagé d'avoir enfin échappé à son cauchemar, il se demanda ensuite où il était, et sentit une présence à côté de lui.
Ce qu'il découvrit en tournant la tête le laissa perplexe.
Pourquoi ?
Les humains avaient pansé ses blessures, l'avaient installé dans un lit, et voilà que l'humaine parfumée était restée à son côté à ne rien faire.
Pourquoi ?
Il n'avait rien fait pour eux. Et rien l'intention de faire... Et elle. Pourquoi était-elle là ? Pourquoi avait-elle réagi comme elle l'avait fait ? Elle avait paru inquiète... pour lui ? Et maintenant... elle veillait sur lui ? Non, c'était ridicule, elle attendait probablement son réveil pour lui reprocher d'avoir endommagé la chambre de gravité !
Je ne te considère pas comme un ennemi.
C'était ridicule ! Quel intérêt pouvait-elle avoir à vouloir l'aider à progresser, mais aussi à le sauver alors qu'elle aurait eu la possibilité d'aggraver ses blessures, à lui l'extraterrestre venu sur Terre pour en tuer tous les habitants ? Sans aucun doute, cette humaine avait un problème ! Ou peut-être faisait-elle semblant en espérant l'attendrir -lui !- ? Mais qui continuerait de faire semblant de s'inquiéter pour une personne inconsciente ?
Tu n'es pas obligé de redevenir notre ennemi un jour.
Il était si confus qu'il en venait à se demander jusqu'où elle avait bâti sa stratégie, si vraiment elle cherchait à faire de lui -lui !- un allié. Elle était une redoutable stratège, mais pas assez stupide pour croire que lui, Végéta, fier prince des saiyans, aurait jamais un intérêt quelconque à rester sur cette planète paumée pour la défendre. Ou si ?
Il n'eut pas le temps d'y penser davantage alors qu'une vague de fatigue le submergeait à nouveau. Peut-être qu'il s'était blessé un tout petit peu plus qu'il ne l'avait pensé ?
ooooo
Bulma était plongée dans ses calculs lorsque Végéta se réveilla à nouveau, le lendemain de l'accident. Après avoir passé la nuit endormie sur la table à son chevet, elle s'était autorisé à peine une heure pour se doucher, remaquiller et changer, puis elle était retournée à l'infirmerie avec son bol de céréales dans une main, et son carnet de calculs dans l'autre. Elle avait du travail en retard.
« Quelle heure est-il ? » Demanda une voix grave, un peu enrouée, à côté d'elle.
Elle sursauta, puis se retourna vers le saiyan qui la dévisageait d'un air suspicieux. « Oh ! Végéta ! Tu es réveillé ! Quel soulagement ! On a bien cru que...
-Je t'ai demandé quelle heure il est. »
Bulma le dévisagea un instant, perplexe, avant de sourire, rassurée de retrouver son invité apparemment avec tous ses esprits, et toujours aussi incisif. À défaut d'être agréable, c'était rassurant. « Bientôt onze heures du matin. Répondit-elle doucement.
-J'ai faim. Conclut-il en tentant de se lever.
-Eh ! S'écria-t-elle en s'approchant mains en avant. Ne bouge pas ! Tes blessures sont encore fraîches, ça serait mieux que tu restes alité encore au moins aujourd'hui !
-C'est hors de question ! Répliqua-t-il en cessant malgré tout sa tentative. J'ai faim !
-Oui, bien sûr, sourit-elle. Je vais t'apporter à manger tout de suite. Mais toi, tu ne bouges pas, compris ?
-Hnn, ricana-t-il, et comment est-ce que tu comptes m'en empêcher, humaine ?
-C'est très simple, répondit celle-ci avec un sourire conspirateur, si tu ne restes pas dans ton lit, je ne t'apporte pas ton repas que ma mère a préparé rien que pour toi.
-Je peux très bien aller le chercher moi-même.
-Où ça ?
-En sifflant tes robots...
-Raté ! Tu risques juste de te déplacer dans la maison pendant une heure en mourant de faim pour rien. Maintenant tu restes bien sagement là, et moi je vais te chercher ton repas. »
Sur ce, elle se leva, s'étira, puis tourna les talons et quitta la pièce en lui jetant un sourire entendu.
Depuis quand avait-elle le culot de le traiter comme un enfant ? Et pourquoi diable restait-il là, sagement dans son lit, à attendre qu'elle revienne avec sa ration ? C'était hors de question !
Il voulut s'appuyer sur ses bras pour se lever... Mais son bras gauche était solidement ligoté au reste de son corps. Hum... Apparemment il était fracturé en plusieurs endroits, et ce bandage semblait la manière terrienne de maintenir un os en place le temps qu'il se ressoude naturellement... Mieux valait ne pas le déchirer.
Il réussit malgré tout à s'asseoir... Mais parvint à peine à maintenir son équilibre dans cette position tant sa tête lui tournait comme si elle était remplie d'un fluide tourbillonnant. Il avait vraiment dû se manger un méchant coup sur le crâne, ou sinon, ces humains l'avaient drogué ! Ouch ! Apparemment il s'était brisé quelques côtes aussi ! Pourvu que la salle de gravité soit encore fonctionnelle ! Où irait-il s'entraîner sinon ?
Il en était rendu à soutenir sa tête avec sa main droite lorsque l'humaine revint, poussant devant elle un chariot-étagère débordant de nourriture qui embauma immédiatement la pièce.
« Urg ! Attends ! » S'écria-t-elle en se précipitant vers lui. Elle saisit l'oreiller de Végéta et le positionna contre le mur derrière lui. « Quel impatient ! Le houspilla-t-elle. Tiens, appuie-toi comme ça, tu pourras manger plus facilement.
-Femme, arrête de me traiter comme un gamin, ou ce sera la dernière chose que tu feras dans ta vie. » Menaça-t-il en s'exécutant malgré tout.
« Mais oui mais oui. Répondit-elle en ajustant l'oreiller. Tu es le plus fort, tu es le plus méchant, et tu vas devenir le plus puissant des super-saiyans. Mais en attendant tu vas reprendre des forces. »
En réponse, il la foudroya du regard, lui envoyant tout son mépris, et son dégout. Il voulait la tuer. Sauf qu'elle était maintenant retournée derrière le plateau de nourriture, et qu'il avait faim. Quelle lâche de prendre ainsi de la nourriture en otage ! Elle le lui paierait !
Bah ! Songea-t-il en commençant sans un mot à engloutir (tandis que l'humaine monologuait) les grands volumes de soupe, salade et carottes mis à sa disposition, tâchant d'oublier la douleur dans sa cage thoracique à chaque déglutition. Et puis non ! Il avait plus important à faire de son existence que des vengeances inutiles contre une terrienne insignifiante ! Il mangerait puis retournerait s'entraîner !
C'était sans compter les dix-huit doses de somnifère diluées dans le dessert.
ooooo
Il se réveilla à la tombée de la nuit. Même Bulma n'avait pas calculé qu'il se réveillerait si tard, ce qui lui laissait supposer que l'organisme du saiyan avait volontairement prolongé le sommeil pour se réparer. Cela faisait trois heures qu'elle veillait à nouveau dans l'infirmerie, attendant qu'il se réveille. Il était hors de question qu'elle le laisse retourner s'entraîner et ruiner tous ses efforts pour le soigner ! Mais elle avait une sorte d'intuition qu'il risquait de le faire...
Elle n'était pas dupe.
De plus, son père avait entrepris de réparer la chambre de gravité aussi vite que possible, ce en quoi elle l'avait aidé après que Végéta se soit rendormi. La partie supérieure de la capsule d'entraînement serait reconstruite avec le prototype de matériau que Bulma était en train d'inventer, celui qui se re-soudait après avoir été fissuré. Au rythme auquel elle voyait travailler son père, il était possible que la chambre soit réparée sous deux jours ! D'ici là, il fallait qu'elle convainque Végéta de se reposer. Elle était inquiète.
La technique du somnifère ne fonctionnerait plus. Il n'était pas du genre à se laisser avoir deux fois par une même stratégie. Et s'il réalisait ce qu'elle avait fait, elle n'était pas sûre de parvenir encore à sauver sa peau.
« Quelle heure il est ? » La voix du saiyan, toujours aussi rauque et sèche, la fit à nouveau sursauter.
Elle se retourna en souriant : « Ah ! Tu es réveillé ! Tu as dormi toute la journée. »
Il haussa un sourcil, d'un air suspicieux, mais ne trouva rien à redire. Il sembla préférer changer de sujet : « Qu'est-ce que tu fais ici ?
-Eh bien j'attendais que tu te réveilles !
-Et pourquoi tu ne m'as pas réveillé ?
-Pourquoi j'aurais fait ça ? Dans ton état, dormir est la meilleure chose à faire !
-J'ai perdu une journée entière d'entraînement. Grogna-t-il en se redressant.
-Eh ! Intervint-t-elle. Attends, qu'est-ce que tu fais ?
-Je m'en vais. Claqua-t-il.
-Et où est-ce que tu espères aller comme ça ?
-M'entraîner. » Il était à présent assis sur son lit et la défiait du regard, comme pour lui intimer le silence.
Bulma se leva à son tour et lui fit face, mains sur les hanches : « Oh non tu ne vas pas t'entraîner ! Pas avant d'avoir mangé, pris une douche, et que j'aie vérifié comment guérissent tes blessures et changé tes bandages ! »
Elle espérait à demi le voir sourire. Espoir futile et dérisoire ! Au lieu de cela, il s'assombrit brusquement, fronçant les sourcils en plissant ses yeux noirs débordant de menaces de mort : « De quel droit t'imagines-tu pouvoir me donner des ordres terrienne ? Je sais très bien m'occuper de moi-même ! » Il s'était levé et avancé vers elle pour mieux appuyer sa menace d'un regard noir. Elle nota également qu'il venait de placer sa main valide sur les côtes de son côté gauche, là où il avait le plus de fractures. Montrait-il les dents par colère ou par douleur ?
Elle avait juste envie de l'assommer le temps de changer ses bandages et de vérifier qu'il allait bien. Mais on ne critique pas Bulma Briefs impunément. Elle tint ses positions et répliqua : « Ah oui ? Eh bien désolés de t'avoir ramassé à demi mourant au milieu des ruines de la capsule de gravité qu'on avait eu tant de mal à te construire ! Je trouve ça très ingrat de ta part d'oser nous dire que tu sais t'occuper de toi-même après ça ! Si tu tiens tant que ça à mourir, vas le faire ailleurs que chez moi !
-Sale insolente ! Garde tes critiques pour toi, je n'en ai rien à faire. Occupe-toi de tes affaires. Je vais m'entraîner. » Sur ce, sans laisser à Bulma le temps de lui répondre, Végéta envoya de sa main droite une boule d'énergie qui fit exploser la fenêtre, et s'envola par celle-ci.
Lorsque Bulma retira ses bras dont elle avait couvert son visage pour se protéger de l'explosion, une silhouette sombre s'envolait au loin. « Quoi ?! S'écria-t-elle en se précipitant vers la fenêtre. Non mais c'est pas vrai ! Végéta reviens ici tout de suite ! Reviens ici j'ai dit ! Non mais quel idiot ! »
Elle resta un long moment à pester par la fenêtre, criant aux nuages ce que le saiyan était trop loin pour entendre, jusqu'à ce que sa colère s'estompe et s'évanouisse. À court de mots, elle soupira, puis se retourna pour regarder le lit d'infirmerie vide. Une couverture rejetée au pied du lit, un désordre de câbles médicaux et un masque à oxygène au sol. Dans quel état était-il parti ?
Elle était inquiète.
Un raclement de gorge la fit se retourner en sursaut.
Yamcha se trouvait dans l'encadrure de la porte, les bras ballants en signe d'honnêteté et de non-agression. Son front et ses bras luisaient de sueur, signe qu'il venait juste d'interrompre son entraînement qui avait dû être exténuant. En fait, depuis l'explosion, il avait attendu désespérément un moment où il pourrait parler à Bulma.
« Oh. Yamcha. » Fit-elle avec un sourire forcé. Le moral n'y était pas.
Il lui sourit en retour. Un sourire faible, comme triste. « Salut Bulma. Je venais voir si tu allais bien... »
Il lui tendait l'hameçon, elle mordit immédiatement : « Non, ça ne va pas. Cet imbécile de Végéta est retourné s'entraîner ! Il ne m'a même pas laissé inspecter ses blessures et refaire ses bandages ! Quel crétin ! Il va se refaire mal ! » Répondit-elle d'un ton amer en se mettant à tourner en rond.
Ce fut le silence de son interlocuteur qui lui fit à nouveau s'arrêter et lever les yeux. Yamcha regardait dans sa direction mais sembler regarder plus loin en même temps.
« Quoi ? » Claqua-t-elle, détestant les silences.
« Je... Commença-t-il hésitant. Je ne... Enfin merde, Bulma ! Depuis quand tu t'inquiètes autant pour un type comme lui ? » La question était sortie brusquement comme on lâche un fauve.
Bulma ne comprit pas : « Comment ça depuis quand je m'inquiète ? Et pourquoi je ne m'inquiéterais pas ? Yamcha, il a failli se faire tuer, tu te rends compte ?
-Et alors ?
-Comment ça et alors ? Ce n'est pas drôle Yamcha ! Il aurait vraiment pu mourir !
-Sans doute, et honnêtement ça ne m'aurait pas dérangé ! Claqua Yamcha en montant le ton à son tour.
-Quoi ? Non mais tu ne manques pas de culot toi ! Végéta vit ici, avec nous !
-Justement, c'est bien ce qui m'ennuie ! Répliqua-t-il. Il vous bouffe la vie Bulma ! Et moi je ne supporte pas de croiser tous les jours un type qui a ordonné ma mort en riant ! Ce type est un psychopathe Bulma ! Et toi... Toi tu... Tu...
-Tu es très mal placé pour dire ce genre de choses Yamcha. S'assombrit Bulma en croisant les bras. J'ai besoin de te rappeler la première fois qu'on s'est rencontrés et les raisons pour lesquelles tu as fini par venir avec nous ? Heureusement qu'on est passés outre, tu ne crois pas ?
-Ce n'est pas la même chose. Répondit Yamcha en détournant le regard.
-Ah bon ? Moi je ne vois pas de différence Yamcha. Tu refuses de reconnaître que Végéta a changé.
-Je vois bien qu'il a changé, mais pas au point que je le trouve sympathique, désolé. Pour moi ce type est toujours un danger public. Ça n'explique pas tout Bulma. C'est toi aussi qui as changé.
-Toi aussi tu as changé Yamcha. » Répliqua Bulma en passant à côté de lui pour sortir de la pièce. Elle en avait assez de cette conversation. Elle avait besoin de soutien, pas de reproches. « Et tu sais quoi ? Il y a des jours où je ne te reconnais plus. »
Yamcha la laissa passer en la suivant du regard : « Où est-ce que tu vas ?
-J'ai des réparations à faire. Lança-t-elle sans se retourner. Sur la chambre de gravité ! »
ooooo
Végéta revint le lendemain soir. Non parce qu'il était exténué, mais surtout parce qu'il avait faim. Surtout.
Les glaciers du pôle sud avaient depuis longtemps cessé de représenter le moindre défi pour lui, mais dans sa condition, cela avait constitué suffisamment de difficultés pour occuper son corps et son esprit, loin de l'agitation quotidienne de la capitale ouest et de ses inventeurs fous.
Il pénétra dans la maison, encore dégoulinant de neige fondue, et la moitié de ses bandages arrachés. Comme à son habitude il claqua la langue pour que les robots lui servent à manger tandis qu'il allait se doucher. Mais il constata bientôt que les robots n'avaient pas fait que lui servir de la nourriture, ils avaient également averti l'humaine de son retour. Celle-ci arriva peu avant qu'il n'eut fini son repas, d'un pas vif et décidé, mains sur les hanches.
Il grogna en gardant le regard tourné sur son repas pour signaler qu'il n'avait aucune intention de discuter, mais ce fut inutile, car elle n'entama pas la conversation.
Elle se contenta de se placer derrière lui, et de le regarder de gauche à droite et de haut en bas. Il tenta de l'ignorer, mais au bout de quelques minutes, sa présence restait toujours aussi dérangeante, et son parfum donnait l'impression que la nourriture était plus fade en comparaison.
« Qu'est-ce que tu veux ? » Finit-il par claquer, agacé, en se retournant vers elle d'un air mécontent. Depuis quand posait-il des questions au lieu d'envoyer les gens se faire voir ?
Bulma lui répondit d'un sourire hautain avant d'annoncer : « Dix minutes. »
« Quoi dix minutes ? » S'agaça Végéta, sentant venir une arnaque.
« Je négocie dix minutes pour changer tes pansements. J'ai pas l'impression que tu saches le faire toi-même d'après ce que je vois.
-Occupe-toi de tes affaires ! Tonna-t-il.
-Justement ! Répliqua-t-elle. Tu vis ici alors tu vas me faire le plaisir de te laisser soigner ! Regarde-moi ça ! Tes pansements sont trempés et pleins de sang alors que tu sors de la douche ! Et celui-là a disparu ! Celui-là aussi... Mais où est-ce que tu es allé t'entraîner bon sang ? »
Il ne jugea pas utile de réitérer son injonction, et se contenta donc de lui signaler, par un regard noir, qu'elle avait tout intérêt à lâcher l'affaire sur-le-champ.
Mais elle eut une réaction plutôt imprévue : elle sourit. « Allez ! On sait bien que tu es très fort et tout ça, mais tu n'as tout de même pas envie que je croie que tu as peur de moi ?
-Quoi ? Menaça-t-il en mordant à l'hameçon.
-J'ai dit que je vais finir par croire que tu as peur de moi. Répondit-elle fièrement. Comment expliques-tu que tu aies fui aussi vite hier, en refusant de te laisser soigner ?
-Femme, je n'ai pas...
-Ou alors, continua-t-elle, peut-être que justement tu as peur de te faire soigner ? Goku a horreur de ça, lui. Et il a une véritable phobie des seringues. Peut-être que c'est une caractéristique commune des saiyans alors ? »
Il se leva, menaçant. Il se doutait qu'elle essayait de le manipuler dans but obscur, et il avait bien l'intention de faire cesser cette conversation avant qu'elle n'y parvienne : « Femme, ne me compare pas à ce clown. Je ne te permets pas...
-Parfait ! Coupa-t-elle en s'éloignant brusquement après avoir appuyé son index sur le torse du saiyan. Dans ce cas suis-moi à l'infirmerie. Je te promets de ne pas t'embêter plus de dix minutes, et que tu guériras plus vite. »
Puis ce fut comme une impression de déjà-vu, alors qu'elle se retourna pour constater qu'il n'avait pas bougé, et qu'elle le houspilla : « Qu'est-ce que tu attends ? C'est malpoli de faire attendre une dame ! »
À la première seconde, il serra les poings et dents, méditant la méthode d'assassinat la plus adéquate.
À la deuxième seconde, la douleur dans son bras convalescent (dont il avait aussi serré le poing) et ses côtes lui rappelèrent que cette option était... hum... potentiellement trop lourde d'impacts indésirables pour un bénéfice mineur.
À la troisième seconde, il se ressaisit dans sa posture fière, versa dans son assiette le contenu des deux plats non encore consommés, puis emboîta le pas à l'humaine, sa nourriture à la main.
Cette peste avait plutôt intérêt à éviter de lui faire perdre son temps, il n'était pas d'humeur à discuter et comptait bien retourner s'entraîner dès que possible. Il avait trop dormi la veille.
Il la laissa changer ses bandages sans mot dire, assis sur le lit d'infirmerie. Elle, en retour, entama une sorte de monologue interrompu par de longs silences pendant lesquels elle restait les lèvres pincées en une fine ligne qui marquait sa concentration tandis que ses mains expertes changeaient les bandages avec vitesse et dextérité. « Non mais regarde-moi ça ! C'est du sable ? Comment tu as fait pour mettre du sable dans tes bandages ? Tu es allé à la plage ? Tsss ! Attention ça va piquer, je désinfecte !»
Elle appuya ses doigts en quelques points de son bras gauche, de ses côtes et de sa tête. Elle semblait savoir parfaitement où se trouvait chaque fracture. « Hnnn. Tes blessures guérissent pas trop mal, mais pas aussi vite que je ne le pensais. Je veux dire... Plus vite qu'un humain bien sûr, mais je m'attendais à mieux de la part d'un saiyan. » Elle remplaça chaque bandage après avoir étalé au dessus des zones de fractures une pommade à l'odeur suspecte. « Ton bras a pas mal récupéré. On va pouvoir te faire un bandage plus lâche, mais je vais quand même te remettre de la crème recalcifiante. C'est moi qui l'ai mise au point l'année dernière et on en est encore aux phases de test. Tu es un des premiers veinards à en bénéficier ! » Elle banda le bras gauche de manière à ce que celui-ci soit à nouveau libre de mouvement, et changea la bande autour de sa tête, non sans avoir claqué la langue en signe de désapprobation sur les plaies qu'elle voyait : « Non mais je rêve ! Regarde-moi ça ! La peau autour de ta plaie a gercé ! Comment tu as fait ça ? ».
Elle parlait plus pour rompre le silence que pour exiger une réponse, et il n'envisagea d'ailleurs pas de lui répondre.
Il la laissait juste faire, surveillant chacun de ses faits et gestes, contrôlant à l'odorat chacun des produits qu'elle utilisait. Elle faisait manifestement attention à le toucher au minimum, ce qui était appréciable, car ses doigts semblaient toujours aussi brûlants que lorsqu'elle avait posé la main sur son torse, deux jours auparavant, après l'explosion dans la chambre de gravité. Au moins, cette fois elle évitait de le toucher avec la paume...
« Et voilà ! » Déclara-t-elle fièrement.
Il avait perdu le fil du temps, mais était prêt à parier qu'elle avait mis plus de dix minutes même si celles-ci s'étaient écoulées rapidement en une présence si distrayante.
« Il était temps. » Railla-t-il seulement en affichant son rictus habituel. Puis il se leva et s'en fut sans un mot.
« Oh ! Eh bien ne dis pas merci surtout ! » Se vexa l'humaine.
Mais il était parti.
ooooo
À nouveau seule, Bulma soupira, laissant chuter la tension.
Au moins elle avait réussi à lui changer ses pansements. Végéta ne semblait manifestement pas savoir prendre soin de lui-même, ou faisait une confiance aveugle à son organisme pour récupérer rapidement et sans soins. Heureusement qu'elle était là !
Sa nervosité retombait lentement à présent. Elle ne s'était même pas rendu compte qu'elle avait été stressée à ce point. Cette façon qu'il avait de la regarder... Ses yeux sombres et perçants... Oui, il l'avait laissée le soigner, mais il avait en retour laissé planer un silence pesant dès qu'elle se taisait, et sans jamais la quitter du regard, épiant ses moindre faits et gestes.
S'il ne lui avait rien dit, c'était sans doute qu'il n'y avait rien à lui reprocher !
Mais quelle froideur...
Deux jours auparavant, lorsqu'elle l'avait soigné inconscient, la peau sous ses doigts était douce et souple : une peau normale d'une personne normale avec juste un peu plus de cicatrices que la moyenne... Cette fois-ci avait été complètement différente : elle avait eu l'impression de fixer des pansements sur une statue, tant sa peau était dure et froide. Homme de métal.
« Oh ! Bulma, ma chérie ! Te voilà ! » S'écria une voix familière qui tira Bulma de ses pensées alors qu'elle passait dans le salon.
« Coucou maman ! » Répondit-elle en s'approchant.
« Ton père et moi sommes en train de prendre le thé. Tu nous rejoins ? »
En s'asseyant parmi eux, Bulma s'étonna : « Tu as déjà fini tes réparations sur la capsule de gravité papa ? Ou bien tu t'arrêtes de travailler pour ce soir ?
-Eh bien non, lui répondit le scientifique, je n'ai pas fini. Je cherche toujours l'endroit idéal pour installer la stéréo que nous n'avions pas eu le temps de mettre la dernière fois.
-Hum... Répondit Bulma en masquant un petit rire. Oui c'est vrai.
-J'étais d'ailleurs en train de tester un emplacement qui me paraissait assez adéquat, mais Végéta m'a dit qu'il avait besoin de la salle tout de suite.
-Ein ? Quoi ? Quand ça ? S'écria-t-elle en manquant de lâcher la tasse de thé que sa mère venait de lui tendre. Il est retourné s'entraîner ?
-Eh bien oui, je crois.
-Non mais il est fou ! S'énerva-t-elle. Il est encore blessé, et la chambre de gravité n'est même pas finie de réparer ! Il va...
-Oh si, j'ai fini les réparations. Répondit calmement son père. J'en ai même profité pour apporter quelques améliorations, mais il ne m'a pas laissé le temps de terminer. Il manque la stéréo et la télévision.
-La télévision ?
-Oui, je me suis dit qu'au vu du temps qu'il passait enfermé dans cette pièce il aurait bien besoin de quelque chose pour le distraire...
-Oh ! C'est vrai, le pauvre ! S'exclama Madame Briefs. Je pourrais lui prêter quelques CD de musique...
-Tu disais que tu as eu le temps d'apporter d'autres améliorations ? S'intéressa Bulma pour dévier le sujet.
-Oui, répondit son père. La cloison autoréparante que tu as inventée, et puis... »
ooooo
Debout devant le tableau de commande de la chambre de gravité, Végéta ricanait. De tous les changements apportés à sa salle de gravité suite à l'explosion, celui-ci était de loin la meilleure surprise qu'il ait eue depuis des semaines. Presque la moitié de la capsule avait dû être réparée à la suite de l'explosion. Mais surtout, surtout, la gravité pouvait maintenant monter jusqu'à 400G.
Son accident, bien qu'il en soit à peine remis, avait porté ses fruits, et il sentait avec satisfaction le grand bond en puissance que son corps venait de réaliser.
Cette nuit-là, il parviendrait à peine à marcher lorsqu'il interromprait son entraînement pour aller dormir. À quatre heures du matin.
ooooo
Le lendemain, la matinée tirait paresseusement sur sa fin lorsque Bulma sortit comme un ouragan de son laboratoire, d'une humeur orageuse dans laquelle personne n'aurait aimé la croiser.
L'état de Végéta l'inquiétait bien plus qu'elle ne voulait l'admettre, et l'acharnement avec lequel il était retourné s'entraîner dépassait l'absurde. Elle avait veillé jusqu'à deux heures du matin en espérant le voir passer, pour pouvoir lui donner son avis au sujet de son entraînement, de ses blessures et de son comportement. Mais elle s'était finalement endormie sur le canapé, et s'était réveillée à l'aurore avec un affreux torticolis.
La formule mathématique qui lui permettrait de modéliser le programme de sa nouvelle invention était absolument insolvable malgré des dizaines de pages de calcul. Il lui manquait une inconnue et elle ne parvenait pas à mettre le doigt dessus. Et le simple fait d'avoir dû y passer la matinée entière vexait profondément le génie en elle.
En plus ce n'était pas la bonne semaine du mois pour être de bonne humeur. En plus tous ses T-shirts préférés étaient à laver et elle était mal à l'aise dans celui qu'elle portait. En plus il pleuvait ce qui faisait s'aplatir les jolies boucles dans ses cheveux qu'elle avait tant de mal à entretenir.
Une très mauvaise journée en perspective.
Même en le faisant exprès, Yamcha n'aurait pas pu choisir pire moment.
Elle le trouva qui discutait avec sa mère dans la cuisine, un sac de voyage à la main. Pua'r à leur côté portait un sac à dos.
« … Probablement dans l'un des déserts du continent est, racontait-il. Ce sont des endroits tranquilles pour s'entraîner, mais si j'ai besoin d'un bon repas, il y a plusieurs villes alentours, donc inutile de s'inquiéter.
-Mais tu vas bien emporter quelques provisions tout de même ? S'inquiéta madame Briefs. Je peux te préparer tes plats préférés, et tu n'auras plus qu'à les faire réchauffer. On ne va tout de même pas... Oh ! Bulma te voilà ! » Yamcha se retourna précipitamment tandis que celle-ci s'avançait dans la pièce, se demandant s'il était encore possible d'assombrir son humeur. « Je me disais que je pourrais préparer quelques provisions à Yamcha qui part en voyage. Qu'en penses-tu ? Il serait dommage de...
-Qu'est-ce que tu vas faire sur le continent est ? Coupa froidement Bulma en s'adressant à son petit-ami.
-Je pars m'entraîner. Répondit celui-ci avec un regard décidé où brillait un soupçon d'inquiétude.
-Pourquoi ?
-Tu sais, ça fait un moment que j'y pense. Ici, enfin... Tu vois ce que je veux dire... Je ne peux pas m'entraîner à fond, c'est...
-Attends, je vais t'aider à porter tes bagages. » Le coupa-t-elle en sortant de la cuisine. « Je reviens maman !
-D'accord ! » Répondit cette dernière en conservant son sourire angélique.
Comprenant le prétexte pour éviter une dispute en face de la maîtresse de maison, Yamcha suivit Bulma hors de la cuisine, et jusqu'à la chambre qu'il occupait. Celle-ci était étonnamment vide à part les quelques valises posées sur le lit.
« C'est quoi alors ? » Claqua Bulma en se retournant face à lui mains sur les hanches. Bizarrement, Pua'r ne les avait pas suivis.
« Je ne peux pas m'entraîner ici Bulma.
-Pourquoi ? Répéta-t-elle.
-Parce qu'il y a ce taré de Végéta qui s'entraîne à côté, parce qu'il y a toi qui t'inquiètes pour lui, alors que moi, où que j'aille tu me cries dessus. Je ne le supporte plus Bulma. Je ne serai pas parti longtemps rassure-toi. Mais là j'ai besoin d'air !
-Tu n'en manques pas pourtant, d'air ! Tu décides de partir en voyage, comme ça, du jour au lendemain, et tu ne m'en parles pas avant ?
-Mais comment voulais-tu que je t'en parle ? C'est presque devenu impossible de discuter avec toi en ce moment !
-Non mais tu es gonflé ! C'est toi qui fais tout pour m'énerver ! »
Il soupira avant de laisser tomber le sujet pour éviter que la conversation ne dérive sur un débat non-productif qu'ils avaient trop souvent eu récemment : « Peu importe. On a du mal tous les deux en ce moment je crois. Et moi j'ai besoin de m'entraîner. C'est juste l'affaire d'un mois ou deux. Ne t'en fais pas je reviendrai. Comme ça on sera contents de se retrouver et tout ira mieux. »
Sur les trois secondes qui suivirent, ce fut au tour de Bulma de contempler Yamcha. Immobile et les bras croisés, l'air implacable. Puis elle répondit d'une voix adoucie : « Un ou deux mois ?
-Oui, peut-être trois. Je sais que tu n'aimes pas quand je m'en vais, donc...
-Au contraire. Le coupa-t-elle. Tu peux partir quatre ou cinq mois, ça m'est bien égal. » Là, elle commença à monter le ton en se dirigeant vers l'intérieur de la chambre. « Ou même six mois ou un an d'ailleurs. Tiens, tu sais quoi ? Trouve-toi un autre chez toi, parce que moi » Elle saisit l'une des valises posées sur le lit et la lui lança au visage. « J'EN AI MARRE ! »
Yamcha parvint tant bien que mal à intercepter la valise sans qu'elle ne s'ouvre. Elle continua son assaut verbal et physique en lui envoyant un à un tous les bagages se trouvant sur le lit, qu'il rattrapa sans mal et empila à côté de lui.
« J'en ai marre marre marre ! Criait-elle. Tu as besoin d'air ? Uh ! Eh bien vas-y mon oiseau ! Prends ton envol ! Moi j'ai pas besoin d'un petit-ami volage ! Uh ! J'en ai marre que tu me reproches d'être toujours sur ton dos et que ce n'est pas possible de s'entendre avec moi ! Si c'est ce que tu penses, alors peut-être que ça fait longtemps qu'on n'a plus rien à faire ensemble ! Uh ! » La valise qu'elle venait de lancer s'écrasa au sol sans atteindre Yamcha et son contenu s'étala sur le sol. Mais elle continua sa tirade :
« Ah tu veux partir en voyages ein ? Eh bien moi j'ai une meilleure proposition : tu dégages ! » Elle pointa sur lui un index accusateur avant de s'approcher en piétinant les vêtements au sol. « J'en ai marre Yamcha ! J'en ai marre ! Tu m'évites, tu me reproches tout ce qui se produit dans cette maison qui ne te plaît pas, tu pars en soirées avec d'autres filles et sans moi. Tu passes ta journée en ville soit-disant pour t'entraîner, et après tu reviens en riant comme quoi les machines de musculation ne présentent pas la moindre difficulté pour toi ! Et moi ? Moi tu ne m'as jamais demandé de te fabriquer une machine qui te ferait progresser ! Au contraire tu as refusé mon aide ! Tu sais quoi ? Tu es immature ! Et j'en ai marre ! Et d'ailleurs, même ton humour est devenu très douteux depuis que tu as été ressuscité. Alors si je représente aussi peu d'intérêt pour toi Yamcha, alors tu ne mérites pas une belle fille comme moi. Donc tu sais quoi ? Va t'en trouver une autre ! Moi c'est fini ! »
Immobile, Yamcha la dévisageait avec un regard ennuyé qui semblait dire « Quoi ? Encore ? », mais il se tut. Il était inutile de s'opposer à Bulma lorsqu'elle était à ce point en colère.
Elle le dépassa pour sortir de la pièce et s'en fut à grands pas, avant de se retourner et d'ajouter : « Et tu as intérêt à avoir dégagé de ma maison avant midi ! Je ne veux plus te voir ! ». Puis elle s'en retourna passer sa rage sur ses feuilles de calcul. Elle n'avait pas faim.
Seul à l'entrée de sa chambre, Yamcha haussa les épaules. Les colères de Bulma étaient désagréables, mais heureusement passagères. Il n'avait pas besoin de modifier ses plans pour cela. Ce n'était absolument pas la première fois qu'elle rompait avec lui. Ils se remettraient ensemble lorsqu'il reviendrait dans deux ou trois mois. D'ici-là, il pourrait s'entraîner plus sereinement loin d'ici.
Il reviendrait avec un bouquet de fleurs, et elle lui sauterait au cou, et ils seraient de nouveaux heureux et inséparables comme au premier jour. Du moins, c'était ce dont il voulait se convaincre.
Leur couple avait toujours fonctionné comme cela.
Même si... il devait bien le reconnaître... Cette fois-là avait été particulièrement désagréable.
De ruptures en retrouvailles, c'était la première fois qu'il avait une telle impression de doute. L'impression de voir s'éloigner irrémédiablement celle qui avait été la première femme de sa vie.
Pua'r le rejoignit en triomphe sur cette dernière note amère : « Yamcha ! J'ai mis tous mes bagages dans la voiture, je peux t'aider à charger les tiens ? » L'excitation et la joie se lisaient sur son visage comme si ses yeux avaient été remplacés par des étoiles. « Je me disais, si on pars avant une heure on pourra peut-être s'arrêter à ce restaurant où on était la dernière fois, qu'en dis-tu ? Ce serait génial ! »
L'enthousiasme de son meilleur ami parvint à faire sourire Yamcha. « Oui, excellente idée ! Je ramasse ça et on y va.
-Youpi ! »
ooooo
Ainsi, du jour au lendemain, Yamcha était parti.
Lorsque Bulma avait annoncé à ses parents qu'elle avait rompu avec lui, sa mère s'était réjouie à la perspective d'avoir, à la place, Végéta pour gendre, et son père avait haussé un sourcil en estimant à dans trois mois la date maximale du retour de Yamcha. Ces deux réactions avaient contribué à énerver Bulma davantage.
Mais dans les jours qui suivirent, elle eut d'autres préoccupations en tête : réussir à formuler l'algorithme de calcul de sa nouvelle invention, ou veiller à l'état de santé de Végéta. Ainsi, Bulma ne ressentit pas tout de suite le manque, l'absence d'une personne à qui elle tenait malgré tout.
Hum... elle ressentait plutôt un soulagement en fait... Yamcha avait raison sur un point : ils avaient besoin d'air.
C'est ainsi qu'une nouvelle routine s'installa.
