Note de l'auteur : Bonjour les ami(e)s ! Bon, cette histoire n'avance même pas assez vite à mon propre goût, donc ce sera un chapitre un peu plus court pour cette fois-ci, même si j'ai l'impression d'avoir accéléré.

Merci encore pour celles d'entre vous qui m'ont laissé des commentaires, ça fait vraiment plaisir !


La théorie des essuie-glace

Les amis pensent parfois à nous quand on pense à eux. Ils viennent parfois avant qu'on ne les appelle.

Bulma avait passé sa journée à ruminer son mécontentement de la veille, et fut donc surprise lorsqu'en pleine soirée, quelqu'un frappa à la porte de son laboratoire où elle était retournée travailler après le dîner, pour rattraper sa grasse-matinée forcée. La porte s'ouvrit sur une figure souriante entourée d'une crinière de cheveux roses volant au vent.

« July ! Mais qu'est-ce que tu fais là à cette heure-ci ?

-Salut Bulma ! Ta mère m'a dit que je te trouverais ici. Il paraît que tu fais des heures supplémentaires ?

-Ne m'en parle pas... Se rembrunit celle-ci. Je passe tellement de temps à réparer les machines d'entraînement de Végéta que j'ai à peine le temps de m'occuper de mes autres projets.

-Et c'est important ?

-Eh bien, dans moins de deux mois, il y a un grand congrès scientifique auquel je dois assister à la place de mon père. J'aimerais bien avoir concrétisé quelques unes de mes idées géniales avant ça, sinon j'aurai l'air ridicule si je n'ai rien de nouveau à présenter.

-Je vois, compatit son amie. Mais si tu restes à travailler sans faire de pause, tu vas péter les plombs.

-Hm... Ricana Bulma. C'est vrai, mais vas surtout dire ça au maniaque du combat qui ne sort pas de sa salle d'entraînement de toute la journée ! (Elle indiqua du pouce la direction de la chambre de gravité qui bourdonnait non loin de là)

-Avec plaisir ! S'enthousiasma July. D'ailleurs, je t'avoue que je passais aussi par là avec cet espoir.

-L'espoir de lui dire de faire des pauses dans son entraînement ? S'amusa la scientifique. Ou de retenter ta chance avec lui ?

-Un peu des deux. Sourit son amie. Sauf si tu y vois un inconvénient bien entendu. »

Bulma soupira, amusée. Puis elle jeta un dernier regard à son bureau couvert de papiers, de tournevis et de fils métalliques. « Tu sais quoi ? Allons prendre un verre ! Tu as raison j'ai assez travaillé pour aujourd'hui. »

Elle ne prirent pas qu'un verre : elles vidèrent une bouteille de limonade, deux bouteille de bière et une bouteille du nouveau cocktail alcoolisé concocté par la mère de Bulma. Elles manigancèrent sur le mariage à venir de leur amie Maï (raison officielle de la visite de July), se programmèrent une journée de shopping le week-end suivant (en prévision dudit mariage), et partagèrent leurs innombrables soucis. July raconta ses mésaventures à son travail. Bulma raconta, avec force détail, combien Végéta était irrespectueux, ingrat et autiste du combat. July l'écoutait en souriant, sans que Bulma ne sache s'il s'agissait d'un sourire amusé ou compatissant. Elle-même ignorait pourquoi elle accentuait les détails appuyant à quel point son invité était invivable. Peut-être pour recevoir plus de compassion ? Peut-être pour se convaincre elle-même qu'elle avait raison de lui en vouloir ? Peut-être parce qu'elle n'avait pas envie que July lui tourne autour ? Non, bien entendu elle avait raison et n'accentuait rien !

« Il t'a dit quel parfum il aurait préféré ? » Interrogea celle-ci lorsque Bulma en arriva à la dispute de la veille.

« Non. Claqua Bulma. Et qu'est-ce que ça aurait pu me faire d'ailleurs ?

-Eh bien, si tu prends si mal qu'il ait insinué ne pas aimer ton parfum, c'est que tu aimerais avoir un parfum qui lui plaise.

-Mais pas du tout ! S'insurgea-t-elle. C'est juste que... C'est malpoli qu'il dise ça !

-C'est surtout qu'il t'envoie des signaux comme quoi il veut que tu lui plaises encore plus. Répondit July d'un air d'expert.

-Mais non ! Il essaie juste de me vexer !

-Et il a réussi.

-Ce type n'est qu'un ingrat !

-Comme tous les hommes. Compatit July. Au fait, à propos d'hommes. Où en es-tu depuis que tu as plaqué Yamcha ?

-Nulle part. Répondit Bulma en touillant machinalement avec sa paille dans son verre vide. Pour l'instant, tous les hommes m'énervent, et aucun n'est assez bien à mon goût.

-Oui, je te comprends. Rit son amie. En même temps, vu ce que tu as sous le nez, ça paraît logique... Si tu veux, on pourra retourner danser un de ces jours.

-Bonne idée !

-C'est entendu alors ! S'enthousiasma July. Bon, quelle heure est-il ? Olala ! Il est temps que j'y aille ! Merci pour ton accueil Bulma. C'était cool de discuter avec toi !

-Attends ! Tu t'en vas déjà ? Je croyais que tu voulais voir Végéta ? » S'étonna Bulma en se levant à la suite de son amie.

« Oui, répondit celle-ci en enfilant son manteau précipitamment. Mais tout compte fait, non.

-Comment ça ? Mais tu disais que... Je ne t'ai pas dégoûtée au moins ?

-Non non, ne t'inquiète pas. Mais j'ai compris le message.

-Quel message ? »

July lui répondit par un sourire énigmatique puis lui envoya un clin d'œil en ouvrant la porte : « Je te le laisse. Les amies d'abord !

-Quoi ?

-Salut ! À après-demain ! Et merci encore ! »

Interloquée, Bulma regarda par la porte ouverte son amie s'en aller en trottinant vers sa voiture (et July n'aimait pas courir) en lui adressant un dernier signe de la main. Qu'est ce qui lui était encore passé par la tête ? Avec July, on pouvait s'attendre à tout...

C'est à cet instant qu'elle remarqua que le bruit de la chambre de gravité avait cessé.

ooooo

S'il n'avait pas vu la créature aux cheveux roses s'éloigner en faisant de grands signes, Végéta aurait cru que l'humaine au parfum d'épices et d'océan l'attendait à la porte d'entrée. La façon dont elle tourna brusquement son regard vers lui, avec une expression qu'il ne parvint pas à décrypter, lui déplut immédiatement.

Elle le scruta de haut en bas, et il se sentit obligé de se redresser, alors que la seule chose que réclamait son corps épuisé était de se rouler en boule sur son lit et de ne plus jamais bouger. Il lâcha son bras engourdi et se força à marcher sans boiter, tandis qu'il se dirigeait vers elle.

Elle ne semblait pas vouloir bouger pour lui dégager le passage.

« Quoi ? » Claqua-t-il en arrivant face à elle.

Tout ce qu'il voulait c'était prendre une douche, manger et dormir. Certainement pas affronter l'humaine dès la fin de son entraînement, le moment où il était le plus fatigué. Il ne souhaitait donc pas prolonger la conversation.

En réponse, l'humaine leva un sourcil dédaigneux avant de faire un pas sur le côté en répondant : « Rien. Mais tu sens mauvais. »

Il passa juste à côté d'elle, sans répondre.

Elle, elle ne sentait pas mauvais. Elle n'avait apparemment pas mis son odeur artificielle aujourd'hui.

Surprise, Bulma regarda le guerrier s'éloigner prestement et disparaître en haut de l'escalier. Quoi ? Pas de réplique cinglante ? Pas de méchanceté gratuite ? Même pas une phrase de riposte ou de défense ?

Inquiète, elle résolut de prêter particulièrement attention aux blessures du saiyan ce soir-là. Puis elle tenterait encore de le convaincre de se reposer de temps en temps.

Bien sûr, son argumentation arriva comme dans les oreilles d'un sourd.

Ce serait le cas jusqu'au samedi.

ooooo

Peut-être était-il fatigué et avait manqué d'attention.

Peut-être était-il devenu trop fort pour contrôler à ce point sa force.

Peut-être avait-il cherché un obstacle pour évacuer sa frustration.

Toujours fut-il que la gravité artificielle se coupa brusquement.

Végéta contempla, surpris, son bras enfoncé, du poing jusqu'au coude dans la paroi de la chambre de gravité. Devant lui, un trou de près de trente centimètres de diamètre contenait le robot d'entraînement dans lequel il avait frappé, peut-être un peu trop fort. Celui-ci était maintenant solidement imbriqué dans la paroi de la chambre. Les fissures se refermaient d'elles-mêmes, soudant dans le métal organique les restes du robot malchanceux, dans le trou qui, lui, ne s'était pas refermé.

Bien entendu, impossible de relancer la gravité.

Agacé, Végéta expira bruyamment en se passant la main sur le visage. À peine deux heures d'entraînement depuis qu'il s'était levé ce matin, et voilà sa machine d'entraînement hors d'usage. C'était la première fois depuis l'explosion.

Il allait falloir aller reprocher aux inventeurs la fragilité pitoresque de cette machine minable.

Il trouva l'humaine dans la salle à manger, enroulée dans une sorte de couverture avec des manches (elle appelait cela une robe de chambre), à demi-endormie devant un bol contenant une boisson chaude. Apparemment, elle était encore en train de se réveiller.

Elle ne portait pas sur son oreille le petit dispositif qui lui signalait habituellement sa présence lorsqu'il s'approchait d'elle. Il dut donc se manifester de la manière classique.

« Femme ! » Tonna-t-il en se plantant à côté d'elle, tête droite et bras croisés pour appuyer son mécontentement.

En l'espace d'une seconde, elle tourna la tête, écarquilla les yeux de découvrir quelqu'un si près d'elle, cria, sursauta, ce qui renversa le contenu du bol sur ses genoux, cilla, tourna la tête pour regarder son bol, cria à nouveau, se leva en renversant sa chaise et en faisant tomber son bol qui se brisa au sol, sauta d'un pied sur l'autre en regardant les morceaux s'éparpiller au sol, serra les poings puis se retourna vers lui. Une seconde, montre en main.

« Végéta ! » Hurla-t-elle. Il ricana et ne daigna pas reculer malgré les plaintes de ses tympans. « Non mais qu'est-ce qui te prend ? Ça t'amuse d'agresser les gens à peine réveillés ? Non mais qu'est-ce que c'est que ces manières ? Tu te...

-Femme, la coupa-t-il, je n'ai pas le temps pour tes jérémiades. La chambre de gravité s'est désactivée, j'ai besoin qu'elle soit réparée au plus vite.

-Quoi ? Mais tu ne peux pas venir me le demander poliment comme tout le monde ? Tu es obligé de m'agresser dès que tu m'adresses la parole ? De me faire frôler la crise cardiaque ? Il va falloir que je dorme avec mon détecteur ou quoi ?

-Femme, répéta-t-il posément. Ne m'oblige pas à me répéter. Va réparer ma chambre de gravité. »

Elle marqua une pause, yeux et poings fermés, comme pour ravaler sa colère. Puis elle riposta : « De un, cette capsule n'est pas à toi. On te la prête. De deux, qu'est-ce que tu as fait encore ?

-Peu importe. Viens et mets-toi au travail, feignante. »

Elle lui jeta un regard glacial avant de répliquer. « Figure-toi que la feignante a passé la moitié de la nuit à réparer les robots d'entraînement que tu as mis dans un état lamentable hier. Alors un peu de respect pour les gens qui travaillent véritablement pour gagner leur pain ici, et qui en plus trouvent le temps de réparer tes jouets. »

Sur-ce, elle tourna les talons.

« Eh ! Fit Végéta la voyant s'éloigner. Tu n'espères tout de même pas t'en aller comme ça ?

-Je vais m'habiller et j'arrive APRÈS ! Lança-t-elle par dessus son épaule. Tu n'as qu'à te reposer en attendant, au moins tu ne casseras rien d'autre ! »

Agacé, il la regarda s'éloigner, claquant des doigts pour appeler un robot de nettoyage.

Puis il lança : « C'est ta stupide machine qui s'arrête sans raison ! Tu n'es donc pas capable de construire quelque chose de solide ? »

N'obtenant pas de réponse, il s'en retourna dans le jardin, saisissant quelques fruits dans la corbeille sur son passage (c'est-à-dire la totalité de son contenu). Ça lui ferait passer le temps en calmant ses nerfs.

Il se trompait.

Ses nerfs étaient tout sauf calmés lorsque l'humaine arriva près d'une demi-heure plus tard, habillée, coiffée et maquillée.

« Bon. Commença-t-elle en s'approchant du guerrier assis contre un des pieds du vaisseau, caisse à outils en main. Qu'est-ce que tu as cassé ?

-Tu as pris ton temps, lui reprocha-t-il avec un regard noir.

-Eh ! Sache que d'habitude, je mets trois fois plus de temps que ça pour me préparer, alors estime-toi heureux ! Je ne te ferai pas toujours cette faveur !

-Tsss ! La prochaine fois je ne te laisserai pas aller te préparer, j'économiserai une demi-heure.

-Pour l'instant, épargne-moi les reproches sur la ponctualité, ça va t'épargner dix minutes de plus.

-Hmf !

-Bon, tu me dis ce que tu as cassé, ou je retourne finir mon maquillage ? »

Végéta leva un regard méprisant vers cette créature insolente qui le regardait de haut d'un air irrité, les mains sur les hanches. Il y avait des jours comme celui-là où il se demandait encore pourquoi il traitait avec cette humaine insupportable. Ah oui ! Les machines d'entraînement...

Il se leva et elle le suivit dans la chambre de gravité. Là, il indiqua nonchalamment du pouce la zone endommagée dans le mur, et attendit, dos tourné.

Première seconde, rien.

Deuxième seconde, bruit de métal choqué contre du métal : elle avait sans doute laissé tomber la caisse à outils par terre.

Troisième seconde, l'aura en épingles. Il fronça les sourcils : il savait ce qui viendrait après.

« Non mais c'est pas vrai, tu te moques de moi ? C'est pas possible, tu l'as fait exprès, tu... » Il la coupa net dans ses hurlements en s'avançant droit sur elle d'un air menaçant, poings serrés à ses côtés, libérant sa propre aura d'énergie pour contrer celle de l'humaine.

« Femme, je me fiche de ce que tu penses. Tu vas réparer cette machine au plus vite.

-Non mais voyez-vous ça ! » S'exclama-t-elle en adoptant elle aussi une posture de combat adéquate c'est-à-dire mains sur les hanches, jambes écartées, pieds ancrés dans le sol, sourcils froncés, et regard perçant.

S'ensuit un long moment durant lequel tous deux parlèrent en même temps, presque nez à nez, tentant de crier toujours plus fort que l'autre. Elle lui reprochait son manque de respect pour son travail, il lui reprochait la fragilité de ses inventions. Puis il la saisit par la gorge : « Femme, ferme-là immédiatement. »

Elle se tut mais planta dans ses yeux un regard meurtrier qui aurait fait fuir n'importe quel humain.

Il soutint le duel de regards sans broncher.

Première seconde. Le temps se figea.

Deuxième seconde. L'humaine laissa percer sur ses lèvres un sourire amusé, donnant à son expression un air sauvage et indomptable.

Troisième seconde, elle parla : « Dis-moi. Qu'est-ce que tu vois en moi qui te fait toujours sourire quand tu me regardes comme ça ? »

Végéta cilla.

Puis il écarquilla les yeux, la lâcha brusquement comme s'il avait reçu une décharge électrique : il avait cillé.

L'instant d'après, il s'était ressaisi et attaquait à nouveau. Sa colère décuplée : « Misérable tricheuse ! Comment oses-tu... Et moi qui croyais que tu avais un minimum de sens de l'honneur ! Tu es la plus pathétiques des créatures que...

-Hein ? S'étonna-t-elle en reculant d'un pas. Qu'est-ce que tu racontes ?

-Il n'y a que les lâches qui osent parler pendant un duel de regards. C'est pathétique ! Et tu crois que...

-Attends, tempéra-t-elle. Qu'est-ce que c'est que ton histoire, pourquoi tu t'énerves ? Je t'ai juste posé une question. Qu'est-ce que c'est un duel de regards ?

-Tu te moques de moi ?

-Non. »

Il la dévisagea un moment, le regard vide, avant d'ajouter plus calmement : « Pourtant tu soutiens mon regard.

-Oui, parce que je ne me laisse pas écraser.

-Et tu essayes de me faire croire que ce genre d'affrontement n'est pas réglementé sur ta planète ?

-Réglementé ? Qu'est-ce que tu racontes ?

-On ne détourne pas le regard, on ne recule pas, on ne parle pas. Le premier qui cille a perdu et doit reconnaître la dominance de l'autre. N'essaie pas de me faire croire que tu ne le sais...

-La dominance ? S'insurgea-t-elle. Non mais c'est ridicule ! Il est morphologiquement impossible de ne pas ciller pendant plus de trois secondes. À moins que ce soit différent pour les saiyans ?

-En effet.

-Attends un peu ! Ça ne marche pas comme ça ici ! Je ne sais pas ce que c'est que ton histoire de règles ni depuis quand tu respectes des normes, mais ici ça n'existe pas le duel de regards ! Et il n'y a aucune domination qui tienne !

-Quoi ? Ne te moque pas de moi, humaine, tu as forcément un équivalent puisque tu soutenais mon regard !

-Si tu veux, mais ça n'a pas de nom, et pas de règles. On peut parler, on peut bouger, tout ! Jusqu'à ce que l'un des deux ne puisse plus supporter le regard de l'autre et regarde ailleurs. C'est tout.

-Quoi, tu veux dire que...

-Je suis parfaitement capable de continuer à soutenir ton regard même si je cille ! Tu ne t'imaginais tout de même pas que tu m'écraserais si facilement non ?

-Hm...

-Si ? Non mais quel prétentieux !

-Attends. Réalisa-t-il soudain. Tu veux dire que selon tes critères, c'est moi qui détournais le regard en premier ? »

L'humaine lui sourit malicieusement, ayant probablement lu sur son visage combien il était horrifié (c'est-à-dire avec une expression faciale très explicite de sourcils froncés). Elle joua la contre-attaque, ponctuant son discours en appuyant son index sur le torse du guerrier. « Oui et non. Avec ton sourire, ça avait plutôt l'air de dire ''inutile de continuer''. Et je pense que c'était bien le cas. Je soutenais ton regard et ça te plaisait, non ? Avoue-le ! Tu as vu quelque chose dans mes yeux qui t'a plu, et c'est pour ça que tu me laissais tranquille après. Mais quoi ? C'est ça que je veux savoir. Ma confiance en moi ? Mon sens de l'honneur ? Mon cran ? Ou juste mes jolis yeux ? »

Ce fut son tour à lui de sourire malicieusement, tout en repoussant la main de l'humaine comme il l'aurait fait pour une mouche : « Bon, alors pour te détromper, femme, sache que je souriais uniquement par moquerie, parce que je n'ai jamais vu un minable perdre aussi rapidement un duel de regard.

-Quoi ? Je ne perdais rien ! S'offusqua-t-elle. Avant de te lancer dans des affrontements réglementés, tâche de vérifier que ton adversaire connaît les règles, idiot !

-Humaine, ne m'insulte pas.

-Toi, tu n'as pas à me donner d'ordre ! S'écria-t-elle en reculant. Tu crois avoir plus de valeur que tout le monde parce que tu es très fort, et tu n'as aucun respect pour les autres ! Alors pourquoi tu voudrais que je te respecte, hein ? Si tu es le meilleur, va donc t'entraîner tout seul ! Pour tes réparations, tu attendras ! » Et elle s'en fut en courant.

Il la laissa partir, agacé. Pourquoi s'énervait-elle ? C'était lui qui avait toutes les raisons de s'énerver ! Alors comme ça, sur Terre, les duels de regards s'achevaient au premier qui détournait les yeux ? Donc c'était lui qui perdait face à elle depuis le début ? Quelle humiliation ! Et qu'avait-elle été amenée à croire, cette idiote ?

Elle avait intérêt à réparer sa chambre de gravité avant le lendemain, sinon, il allait réellement perdre patience.

Sur ce, il s'envola en direction du pôle sud, avec la ferme intention d'aggraver la disparition de la banquise.

L'idée de demander au père de Bulma de réparer la chambre de gravité à la place de celle-ci ne lui traversa même pas l'esprit.

ooooo

Il existe un homme sur cette planète qui a le culot de ne pas être sensible à mon charme.

Ce seul constat maintint Bulma dans un état de nerfs entre la rage et la hargne durant la journée entière et qui ne commença à se calmer que le soir alors qu'elle faisait (ou plutôt dévalisait) les boutiques avec son amie July. Elle ne lui en parla pas, cependant, préférant se presser d'une boutique à l'autre et essayer toutes les robes et tous les bijoux qu'elle pouvait trouver, l'un après l'autre. Il lui fallait de quoi assortir sa nouvelle coiffure.

Elle ne lui en parla pas, mais intérieurement, elle bouillonnait.

Elle lui avait donné l'occasion de lui faire un compliment qui lui aurait permis de se faire pardonner les dégâts à la chambre de gravité. Au lieu de cela, il avait ri et pris un malin plaisir à la rabaisser.

Cet ingrat ne souriait pas parce qu'elle lui plaisait, il souriait parce qu'il croyait avoir gagné à un stupide jeu dont lui seul connaissait les règles ! Pour lui, elle n'avait de valeur qu'en tant que technicienne, tout juste bonne à réparer ses robots d'entraînement et à les lui renforcer. Ah ! Mais il allait voir de quel bois se chauffait la simple technicienne ! Comment osait-il ?

« Tu vas voir, Végéta, cette fois c'est la guerre ! » Affirma-t-elle face à son reflet dans le miroir, vêtu d'une robe de soirée en soie très courte et très collée au corps, dos nu. Depuis le début elle pensait tenir le saiyan en respect par son intelligence et son charme, tout ça pour découvrir qu'en fait, il restait chez elle, probablement juste par simple commodité. Du moins, c'était ce qu'elle avait déduit de la conversation qu'ils avaient eue le matin même.

« Ah ! Je le savais ! Fanfaronna July qui sortait de la cabine d'essayage derrière elle.

-Tu savais quoi ? Demanda Bulma.

-Tu viens de le dire ! Tu veux déclarer la guerre à ce beau mec qui habite chez toi !

-Non, je déclare la guerre à un ingrat qui estime que je ne mérite pas une once de sa considération, et qui me prend pour une servante.

-Et tu vas lui déclarer la guerre habillée comme ça ?

-Mais non bien sûr ! Ça c'est pour mon premier ou deuxième rendez-vous avec mon nouveau petit-ami.

-Oho ! Et qui est ce petit chanceux ?

-Ça, c'est mon problème principal. Soupira Bulma. Il faut que je trouve un homme assez bien à mon goût.

-Donc si j'ai bien compris, lista July en faisant les cent pas dans sa robe d'essayage trop ample, tu as deux soucis en ce moment : gagner l'estime de ton invité qui est un beau mec, et trouver un beau mec pour être ton petit-ami.

-Non non, je te sens venir, la prévint Bulma. Épargne-moi ta solution facilité douteuse. J'ai assez de ma mère pour ça. Moi ce que je cherche, c'est un homme sérieux, séduisant, et capable de me protéger.

-Et ?

-Et... Et... (Bulma dut réfléchir, se rendant compte que ces critères n'excluaient en effet pas son invité malpoli) Gentil.

-Ça, ça se travaille, fit remarquer son amie.

-Ouais. C'est ça, concéda la jeune femme en cherchant à détourner le sujet. En attendant j'ai un troisième problème plus pressant : il me faut une invention géniale pour dans un mois et demie, pour mon congrès.

-Mais tout ça est très simple ! S'exclama joyeusement son amie aux cheveux roses en faisant un tour sur elle-même devant la glace.

-Ah ? Ironisa-t-elle.

-Mais oui ! Tu trouves une invention géniale pour ton congrès, et avec tu gagnes l'estime de ton beau mec qui habite chez toi, tu en fais ton petit-ami par la même occasion, et voilà ! La seule chose que tu as à faire, c'est trouver ta super invention, et le reste va se faire tout seul ! »

Entre soupirer et éclater de rire, Bulma opta pour la seconde option. Tout était toujours très simple avec July. Tellement simple qu'elle en oublia un instant combien la réalité était complexe, juste le temps de rire.

Très simple et parfaitement ridicule...

ooooo

Parfaitement ridicule, songeait encore Bulma, lorsqu'après le dîner, elle se pencha sur le problème de la chambre de gravité. Elle se doutait bien qu'il valait mieux (tout de même) éviter un deuxième affrontement sur le même sujet avec le dangereux saiyan. Il avait menacé de l'étrangler le matin même, ce qu'il n'avait plus fait depuis ses premières semaines sur Terre. Elle tenait à garder sa fierté face à lui, mais elle savait également qu'il valait mieux éviter de jouer avec le feu outre mesure.

Donc, réparation !

Elle jeta un coup d'œil circulaire dans la pièce et grimaça. Apparemment, Végéta ne jugeait pas nécessaire de la prévenir lorsqu'il causait des dégâts qui ne stoppaient pas la gravité.

Les murs étaient déformés, ça et là, ayant enregistré la forme des coups qu'ils avaient encaissés, et s'étant ressoudés dans cette position. Et puis il y avait cet énorme trou, de près de cinquante centimètres de profondeur, avec un robot d'entraînement hors d'usage incrusté au fond. Allant ouvrir l'une des nombreuses trappes de maintenance à l'extérieur de la capsule spatiale, et se faufilant à l'intérieur par une échelle, jusqu'au lieu du dommage, elle songea avec agacement que si Végéta avait maintenant la force de causer de tels dommages sur les parois de la chambre de gravité, alors aucun matériau actuellement connu, quelle que soit sa résistance, ne permettrait de lui résister. Cela voulait dire que plus le temps passerait, plus il faudrait qu'elle aille souvent réparer des trous.

Les murs ressoudaient seuls les fissures qu'ils subissaient, mais ne reprenaient pas leur forme d'origine. D'où ce très fâcheux problème de robot d'entraînement imbriqué dans un trou, qui cause un court-circuit...

… Mais...

Pourquoi les murs ne pourraient-ils pas reprendre seuls leur forme d'origine ?

Tilt !

Après avoir rapidement remis en fonctionnement la machine de gravité, en retirant les plaques trouées et soudées avec les morceaux de robot, et les remplaçant par des neuves, sans réparer aucun autre dommage sur les parois intérieures de la salle d'entraînement, Bulma courut à son laboratoire et commença à dessiner frénétiquement des dizaines de schémas.

Le lendemain matin, son père la trouva endormie sur son bureau, la tête posée sur une montagne de papier.

ooooo

Végéta retourna à Capsule Corporation près de deux jours plus tard. Il n'avait pas vu le temps passer. La fatigue était son seul indicateur de temps, et sans gravité artificielle, il se fatiguait moins vite. Néanmoins, au bout de deux jours, il avait faim et sommeil. Et puis il faisait froid lorsqu'on restait au delà du cercle polaire...

Comme toujours, l'humaine vint le trouver à la fin de son repas, qu'il prit comme toujours en solitaire au vu de l'heure avancée.

« La chambre de gravité est réparée ? » S'enquit-il sans se retourner pour la regarder, trop occupé à finir de manger.

« Bien sûr, lui répondit (après un laps de temps étonnamment long) une voix fatiguée. Je n'avais pas besoin de tant de temps tu sais. Ma mère était morte d'inquiétude que tu ne sois pas rentré.

-Ah. »

Il s'attendait aux remontrances habituelles sur ses pansements arrachés et ensanglantés, sur la durée exagérée pendant laquelle il s'était entraîné sans faire la moindre pause, ce dont elle se doutait évidemment. Mais elle ne dit rien.

Avec un mélange d'étonnement et de frustration, il se retourna pour vérifier ce qu'elle manigançait... Puis haussa les sourcils.

Elle semblait presque endormie, appuyée contre le mur. D'abord il remarqua la forme étrange de sa coiffure : les boucles anarchiques avaient fait place à une queue de cheval haute d'où dépassait une cascade de cheveux parfaitement lisses qui tombaient jusqu'en dessous de ses épaules. Puis il remarqua son visage. Encore plus pâle que d'ordinaire, et l'ébauche de superbes cernes sous ses yeux. Il semblait qu'elle non plus n'avait pas dormi depuis deux jours.

« Humaine. Appela-t-il en se levant. Si tu n'es pas capable de tenir debout, va voir ailleurs !

-Hein ? Mais si je tiens debout !

-À peine.

-Mais si. Se défendit-elle. Je suis juste un peu fatiguée. Une nouvelle invention. Viens, on va voir tes pansements. »

Il la suivit en silence. Elle ne parla pas. Elle changea les bandages sans mot dire. C'est tout juste si elle esquissa un reniflement de dédain en observant le sable qui s'était collé sur les bandages usagés. Mais aucun commentaire. Elle semblait distraite. Végéta hésitait entre être soulagé par son silence, ou vexé par son manque d'attention.

« Je ne vais remettre qu'un seul bandage. Marmonna-t-elle. Sur ton épaule. Les autres plaies sont suffisamment guéries, la crème suffira.

-Et pour mon épaule, combien de temps avant de retirer le bandage ? (Végéta se sentit obligé de poser cette question pour empêcher le retour du silence)

-Deux ou trois jours sans doute. Attends, lève le bras. Voilà. »

Du coin de l'œil, il observait les paupières de l'humaine tomber si bas qu'il se demandait encore comment elle faisait pour voir ce qu'elle faisait. L'espace d'une demi seconde, sa tête chuta même vers l'avant jusqu'à ce que son front se pose sur son épaule à lui. Il se figea, mais heureusement, l'humaine se redressa tout aussi vite et termina son bandage.

« Humaine, tu es pathétique. Vas dormir.

-Non, fit-elle en secouant énergétiquement la tête. J'ai encore des choses à faire. Je vais bien. Je dois finir ces schémas. Un café ! J'ai juste besoin d'un café.

-Non, tu as besoin de repos.

-Tu es très mal placé pour me faire ce genre de remarques, Végéta. » Acheva-t-elle en se passant la main sur le visage.

Il haussa les sourcils en réponse, l'incitant à élaborer, mais elle n'y fit pas attention et s'en fut sans mot dire.

D'accord, il ne savait pas pourquoi mais il était vexé.

ooooo

Madame Briefs chantait, comme à son habitude, en arrivant dans le salon où elle et son mari avaient coutume de regarder la télévision le soir avant d'aller dormir. Mais en plus, elle semblait à la fois sautiller et danser la valse. Monsieur Briefs se demanda comment elle parvenait à maintenir stable le plateau de boissons chaudes qu'elle portait. Sa femme était le plus grand mystère de sa vie...

« Eh bien, tu as l'air bien joyeuse. Constata-t-il

-Ouiiii ! Chanta-t-elle en tournant sur elle-même avant de déposer (au plus grand soulagement de son mari) le plateau sur la table basse. Mon chéri, j'espère que nous aurons bientôt des petits enfants ! Je suis certaine que ce seront les plus beaux enfants du monde !

-Comment ça ? Demanda-t-il. Bulma a trouvé un nouveau petit-ami ? Laissons-leur tout de même du temps, ma chère ! Ou bien Yamcha est-il revenu ?

-Non, bien sûr que non ! Rit-elle en s'asseyant à son côté. Et puis Végéta fait un bien meilleur parti, il faut bien le reconnaître !

-Végéta ? S'étonna le scientifique en levant un sourcil étonné.

-Oui, j'en suis sûre ! Ce n'est plus qu'une question de temps entre eux c'est certain !

-Ah, donc rien d'officiel encore. Comprit-il.

-Mais si ! S'excita-t-elle. Ce soir, ce charmant jeune homme est venu me trouver pour me poser une question !

-Oh, en effet... Répondit-il en caressant le chat sur son épaule.

-Mrrr ? Ronronna celui-ci en levant les oreilles.

-Mais attends, tu ne sais pas tout ! Continua Madame Briefs. Il est venu me demander où se trouvait Bulma !

-C'est normal ma douce, c'est elle qui s'occupe de réparer son matériel d'entraînement, d'y apporter des améliorations, et de soigner ses blessures...

-Oui, mais c'est tout de même la première fois qu'il me demande où elle est !

-Ça ne m'étonne pas. Répondit-il calmement. Bulma est dans une sorte de frénésie créatrice en ce moment, elle a dû oublier de réparer un de ses robots, ou bien arriver en retard à l'heure dont ils ont convenu pour le soigner.

-Oh ! Comme c'est romantique ! S'enthousiasma sa femme en s'appuyant contre le dossier du canapé.

-Qu'y a-t-il de romantique à cela ? Demanda-t-il prudemment.

-Ils agissent déjà de concert tous les deux ! Ils sont tellement amoureux ! C'est si charmant !

-Je crains de ne pas comprendre... Marmonna-t-il perplexe en la dévisageant. Tu es sûre de ne pas tirer de conclusion trop hâtive ?

-Meôw. Ajouta le petit chat noir.

-Mais si ! Tout est clair ! C'est que la théorie des essuie-glace vient de se mettre en marche !

-La théorie de quoi ?

-La théorie des essuie-glace ! Voyons, tu en as forcément entendu parler !

-Désolée ma chère, mais tu es bien trop intelligente. De quoi s'agit-il ?

-Voyons ! C'est un concept vieux comme le monde : suis-moi, je te fuis, fuis-moi, je te suis. »

ooooo

La réalisation d'un premier prototype prit neuf jours à Bulma. Durant ces neuf jours, elle dormit moins de cinq heures par nuit, consomma plus de café que d'aliments solides, et ne faisait de pause que les premiers soirs pour prendre soin des pansements de son invité saiyan. Et au bout de deux jours, comme elle le lui avait annoncé, elle retira définitivement le dernier bandage. Végéta était, pour ainsi dire, guéri. Du moins, plus de plaie apparente. Du reste, il sortait toujours de la chambre de gravité avec plusieurs bleus et souvent un ou deux membres endoloris, mais rien qui ne nécessite de soins immédiats. Ainsi, les jours qui suivirent, Bulma s'était contentée d'aller tous les soirs jeter un œil sur l'état de santé général du guerrier, dès que les robots lui signalaient qu'il entamait son repas. Ne trouvant rien de préoccupant à soigner, elle partait sans plus rien dire. Sans doute était-il devenu suffisamment résistant pour supporter ses entraînements suicidaires sans se blesser.

De toutes manières, elle était trop préoccupée et fatiguée pour lui faire la conversation.

La science avant tout.

Aussi, lorsque le petit gobelet rempli de petites billes grises se trouva dans sa main, et qu'elle s'apprêta à aller présenter son œuvre à son père, elle eut soudain l'impression de recevoir une énorme bouffée d'oxygène. Le poids de la création venait enfin de s'envoler de ses épaules, lui laissant au creux de la main l'œuvre de sa fierté et de sa fatigue.

Elle souriait comme une enfant alors qu'elle ouvrait la porte de son laboratoire, alors qu'elle passait dans le jardin vers celui de son père, et même lorsqu'elle en trouva la porte fermée. Tant pis. Quelle heure était-il ? Si tard ? Il était certainement dans la maison ! Elle souriait alors qu'elle traversait le jardin vers chez elle, passant devant la capsule de gravité qui ne bourdonnait pas. Elle n'accorda aucune attention. Elle regarda le contenu de la timbale qu'elle tenait à la main : ça c'était important ! La science !

Stonk !

« Outch ! » Fit-elle en se cognant contre un obstacle qui n'était pas censé être là.

Pouf ! Fit elle en atterrissant dans l'herbe sur son postérieur.

Drrr ! Fit la science en se déversant hors du gobelet.

Étonnée, Bulma regarda d'abord autour d'elle, jusqu'à découvrir l'obstacle dans lequel elle avait buté : en face d'elle se trouvait une paire de baskets abîmées. Dans ces baskets, un saiyan en short noir et torse nu, couvert de sueur, et bras croisés, l'air mécontent. Il sortait visiblement juste de son entraînement.

Elle prépara une inspiration afin de lui reprocher pour la énième fois son manque de civisme, mais se coupa instantanément, en se retournant et regardant frénétiquement autour d'elle : où était passée son œuvre ? Le gobelet dans sa main était vide.

« Mes billes ? Ou sont passées mes billes ? » S'affola-t-elle.

« Ne t'excuse pas surtout. » Railla la voix grave au dessus d'elle.

Toujours assise par terre, Bulma lui jeta un regard meurtrier en crachant : « C'est ta faute ! Qu'est-ce que tu faisais en travers de mon chemin ? Vite ! Il y avait un lot de petites billes en métal dans ce verre, aide-moi à les retrouver !

-Pourquoi vite ? Qu'est-ce que tu veux que ça me fasse si tu es maladroite et inattentive ?

-Ne commence pas, d'accord ? C'est très important, j'ai mis plusieurs jours à monter ce prototype. Oh non, où sont-elles passées ? » Assise dans l'herbe, Bulma cherchait désespérément du regard son chef d'œuvre envolé.

« Humaine. Tu as délaissé l'entretien de mon matériel d'entraînement pour fabriquer des billes ? » S'agaça Végéta en passant à côté d'elle.

« Tais-toi ! Tu ne sais pas ce que c'est d'être un génie ! Oh non où sont-elles ? Elles n'ont pas pu rouler bien loin !

-Ça, ça dépend de l'inertie.

-Hein ? » Bulma leva les yeux pour apercevoir le guerrier se pencher et ramasser une sorte de cylindre argenté, à trois mètres de là. Son cœur fit un bond. Elle aussi.

« Mon invention ! »

Les sourcils froncés, Végéta observait le cylindre qui n'en était pas un d'un air attentif. « Amusant, j'aurais cru que chacune de ces billes se serait étalée au sol à un endroit différent quand tu l'as renversé, pas qu'elles restent soudées entre elles. Dommage.

-Comment ça ? Tu l'as fait exprès ? Demanda Bulma qui avançait en époussetant ses vêtements.

-Avec une maladroite comme toi, pas besoin de faire exprès. Railla-t-il. Je m'étais juste arrêté pour voir si tu m'adresserais la parole.

-Oh, parce que ça te manque qu'on discute, Végéta ? Demanda-t-elle en adoucissant considérablement son regard et sa voix.

-Hmf ! Ricana-t-il. Bien sûr que non ! Mais j'avais quelques requêtes concernant mon matériel d'entraînement. Honnêtement, je commence à m'ennuyer à 420G.

-Voyez-vous ça ! Se renfrogna la scientifique. Je me disais aussi, ça aurait été trop beau... Bon rends-moi ça ! » Elle s'avança vers lui en tendant la main.

« Ce truc est vraiment plus important que les innovations pour mon matériel ? Ricana le saiyan sans esquisser le moindre geste pour lui rendre le cylindre constitué de billes agglutinées.

-De quoi je me mêle ? » Riposta Bulma. Elle fut tentée de lui dire que cette invention permettrait de lui construire une machine de gravité plus solide que jamais, mais n'ayant pas encore la moindre idée des délais ni du nouveau schéma de construction, elle savait que cela contribuerait surtout à ce que son invité lui rende la vie impossible tant que la nouvelle machine ne serait pas opérationnelle. Hors de question...

Elle tenta alors d'attraper le cylindre dans sa main, mais ces deux derniers disparurent derrière son dos, et elle se cogna pour la deuxième fois de la soirée dans la poitrine du guerrier. « Outch !

-Cette fois-ci, tu l'as cherché, humaine.

-S'il te plaît, rends-moi mon invention Végéta. Tenta-t-elle en s'aidant, pour ne pas tomber, du torse contre lequel elle s'était cognée.

-Retire tes sales pattes de moi immédiatement !

-Rends-moi mon invention Végéta. Répéta-t-elle en s'écartant maladroitement.

-Et pourquoi je ferais ça ?

-Parce que... Parce que ça ne te sert à rien, et que si je dois encore passer une semaine à réaliser une deuxième fois ce prototype, ce sera autant de temps perdu à inventer des améliorations pour tes machines d'entraînement.

-Ah. Sourit-il malicieusement. Et tu as des idées d'innovations qui m'intéressent justement ?

-Oui. »

Il attendit, mais elle n'élabora pas.

Elle attendit. Elle était trop fatiguée pour argumenter mais pas assez pour lui avouer son idée hypothétique d'une nouvelle chambre de gravité.

Puis il fronça les sourcils, et jeta nonchalamment l'objet dans sa direction. « Tsss ! Ne me déçois pas, humaine. Et j'espère que tu termineras cette invention au plus vite. Tu deviens franchement ennuyeuse et apathique quand tu manques de sommeil.

-Eh ! Tu dis ça uniquement parce que j'ai consacré moins de temps que d'habitude à ton matériel ! Riposta-t-elle en attrapant maladroitement sa précieuse invention et la serrant contre elle.

-Bien sûr. Tu t'attendais à autre chose ? » Répondit le saiyan avec un sourire mauvais avant de s'en aller prestement en direction de la porte d'entrée.

Tout d'abord, Bulma contempla d'un regard vide en face d'elle, là où se trouvait son interlocuteur une seconde auparavant. Puis elle haussa un sourcil, perplexe, et enfin poussa un soupir de soulagement. Son prototype était intact et plus d'extraterrestre cinglé dans son passage cette fois.

En entrant dans la maison, elle croisa sans surprise une armée de robots ménagers occupés à mettre la table pour un festin destiné au saiyan, mais pas ce dernier qui devait probablement être occupé à vider les réserves d'eau chaude de la maison. Elle continua jusqu'au salon, où elle trouva ses parents assis dans le canapé à regarder la télévision, comme la plupart des soirs.

Elle allait enfin pouvoir présenter son concept révolutionnaire à son père. Si celui-ci donnait son accord, alors ils pourraient lancer la production à la chaîne des petites billes de métal dont était constitué le cylindre dans sa main. Elle avait pris sa décision : il lui fallait devancer Végéta, le surprendre, lui construire une toute nouvelle chambre de gravité hautement plus performante, et ce, sans qu'il le sache. Elle aurait ainsi tout son temps et le bénéfice de la surprise. Elle bouillonnait d'idées tout d'un coup.

Tu vas voir, Végéta. Tu veux la guerre et tu l'auras !

C'est à cet instant qu'elle repensa à la ''solution miracle'' préconisée par son amis July. Si elle parvenait à gagner l'estime de Végéta, combien pourrait-elle gagner ? Combien voulait-elle gagner ? Bah ! Drôle d'idée...

ooooo

Sans surprise, le père de Bulma donna son accord avec enthousiasme pour lancer la production en usine des billes constituantes autoformantes, malgré la réservation de sa fille sur les trois premières tonnes produites. Un projet de grande envergure se dessinait...