[Note de l'auteure] Bonjour mes chèr(e)s ami(e)s ! Pffffiou ! Si vous saviez depuis combien de temps ce chapitre était prévu, et enfin j'arrive à le raccrocher à l'histoire ! Mais voilà que tout se rajoute dessus d'un coup, et que le chapitre se retrouve tellement long que je dois le couper en deux ! Donc bon, eh bien vous aurez la suite dans le prochain chapitre...
Raaaa ! Mais cette histoire avance si lentement que même moi je vais m'énerver et je vais finir par faire des élipses... Que c'est long ! Eh non, on est encore loin de la conception de petit Trunks. Il faut déjà ajouter des perceptions, des sensations, on n'en est pas encore à parler de sentiments. Ralala, je vais pas tout vous spoiler non plus, mais bon, on avance lentement mais surement !
Merci à toutes pour vos reviews. Vous êtes le soleil de mes journées pluvieuses ! C'est tellement ennuyeux de chercher un emploi, c'est tellement plus palpitant d'écrire ! Et vos commentaires sont la plus belle des récompenses !
J'ai pris en compte vos propositions pour les évolutions futures du récit. Rien d'incompatible, rien d'infaisable, c'est jouable ;-) N'hésitez pas à continuer d'ajouter vos propositions !
Sur ce bonne lecture !
Négociations
« Bulma ma chérie, as-tu trouvé un gentil jeune homme pour t'accompagner au colloque à la capitale sud la semaine prochaine ?
-C'est un congrès, maman, pas un colloque, répondit l'intéressée qui était trop occupée pour sortir de sous l'énorme plate-forme métallique sous laquelle elle était allongée, sur une planche à roulettes, avec sa caisse à outils à son côté.
-Oh ! Tu sais, tous ces rassemblements de grandes gens c'est un peu la même chose pour moi ! Alors, tu as trouvé quelqu'un ou pas encore ?
-Maman ! Pour la cinquantième fois, non ! Je n'ai pas l'intention de chercher quelqu'un pour le simple plaisir d'avoir un homme à mon bras ! J'ai autre chose à faire. J'irai toute seule, un point c'est tout !
-Bulma ! Pour la cinquantième fois tu réponds à côté de la question. Je ne t'ai pas demandé si tu avais l'intention de chercher un cavalier pour le bal, je t'ai demandé si tu en avais trouvé un.
-Ce n'est pas un bal, maman, c'est un congrès.
-Peu importe, il te faut quelqu'un quand même.
-Non. Je me débrouille très bien toute seule. Et contrairement à ce que papa et toi pensez, non, je ne rappellerai pas Yamcha. Oui, je sais qu'il m'a envoyé un message pour savoir si j'allais bien. Et tu sais quoi ? Justement je vais très bien. Sans lui. Je n'ai pas besoin de quelqu'un pour m'accompagner à ce congrès, et aucune envie de me remettre avec lui juste parce que tu n'as pas envie que j'y aille toute seule !
-Oh, je ne pensais pas à Yamcha ma chérie, lui répondit sa mère d'une voix joyeuse. Mais comment se fait-il que tu n'aies toujours pas osé demander à ce charmant Végéta de t'accompagner ?
-Quoi ? (le bruit d'un outil métallique tombé au sol se fit entendre) C'est nouveau ça ! Végéta ? Mais bien sûr ! Et pourquoi pas l'ambassadeur des firmes minières de l'est tant qu'on y est ? Tu sais, celui qu'on a accueilli pendant trois jours il y a deux semaines, qui a croisé Végéta une seule fois, et qui a failli se faire tuer à l'occasion ?
-Oh ! Mais il n'est pas de ton âge cet ambassadeur ! Et puis il est franchement moins beau garçon !
-Ffffff ! Soupira Bulma en se déplaçant sur sa planche à roulettes vers un côté et reprenant son travail. Maman, ce que je veux dire, c'est que, vu le caractère de Végéta, plus il reste loin des gens, mieux on se porte. Ce n'est pas l'idéal d'essayer de le faire venir à un congrès, vraiment. Alors, s'il te plaît, laisse tomber cette idée tout de suite. Et maintenant, si tu veux bien, j'aimerais travailler.
-Mais Bulma, on est dimanche !
-Ah ! (Un bruit de pétard suivi d'un nuage de fumée s'échappèrent de sous la plate-forme d'où dépassaient les pieds de Bulma) Et zut ! Oui maman, je sais qu'on est dimanche. Mais ça ne sert à rien. J'ai presque fini maintenant. Et tant que je n'aurai pas fini cette machine je n'arriverai pas à me reposer. Quand j'essaie de dormir je me réveille pour attraper mon calepin et prendre des notes, quand j'essaie de lire un magazine je me retrouve en train de dessiner une amélioration d'un de mes schémas de fonctionnement. Il n'y a rien à faire ! Le mieux, c'est que je finisse au plus vite ! J'ai presque fini. J'y suis presque. Encore ce réglage-ci et après... »
Madame Briefs resta un moment silencieuse, observant les pieds de sa fille, manifestement en train de se démener avec ses câbles, ses soudures et ses boulons. Puis elle constata dans un gloussement : « Tu mets beaucoup de dévotion dans ton cadeau pour Végéta ! Il va être content !
-Maman ! Arrête avec ça ! Et surtout ne lui dis rien ! S'il apprend ce que je suis en train de construire, il va me rendre la vie encore plus insupportable ! Déjà qu'il vient me chercher au moins une fois pas jour avec des demandes impossibles...
-Oh ! Ne t'en fais pas ma chérie ! Je garde la surprise ! Et même si je voulais lui dire, j'aurais bien du mal. J'ai l'impression qu'il m'évite... »
Bulma ne fit pas de commentaire, trop absorbée par son travail.
« Tu sais. Ajouta la mère. S'il savait combien tu te dévoues pour lui fabriquer cette machine, je suis sûre qu'il accepterait de t'accompagner à cette conférence.
-C'est un congrès maman. »
Ce fut la seule réponse qu'elle obtint.
ooooo
Cette humaine était insupportable.
Et elle était encore plus insupportable par son absence que par sa présence.
Presque deux mois depuis qu'elle se consacrait presque exclusivement à son avancée technologique étrange dont elle ne voulait pas parler, mais qui faisait briller ses yeux. Pour son matériel d'entraînement à lui, s'il avait le malheur de casser quelque chose, il fallait qu'il se déplace de lui-même pour aller le lui signaler. Elle ne venait plus le voir le soir. Au début il s'était réjoui qu'elle lui fiche enfin la paix. Depuis, il était excédé de devoir fournir lui-même l'effort d'aller signaler les problèmes (de plus en plus nombreux) des engins qu'elle fabriquait pour lui.
Entre autres.
Et d'ailleurs pour le moment elle ne fabriquait plus rien pour lui.
Depuis deux mois, il s'échinait contre des robots qui n'étaient plus assez rapides pour le viser en lui renvoyant ses boules d'énergie, et d'autres reliés par des câbles électriques qui avaient deux fois coupé le pylône central de la salle de gravité, et ne le touchaient plus jamais, lui.
Six fois la salle de gravité était tombée en panne. Six fois il avait dû attendre une journée entière que l'humaine daigne se déplacer et effectuer les réparations nécessaires après lui avoir plus ou moins crié dessus, ce qu'il ne tolérait qu'avec une discipline d'acier et un sang froid dont il ne se serait jamais cru capable.
Cette fois-ci serait la septième.
Il avait encore frappé trop fort contre un des robots qui, trop résistant, s'était aplati comme une galette au lieu d'exploser en mille morceaux. Il avait été projeté dans l'un des robots-barrière qui lui-même avait été éjecté vers l'arrière au passage, entraînant dans sa course l'autre robot auquel il était relié, qui avait en chemin percuté le pylône central au niveau du tableau de commandes. De là, il s'était pris dans un bout de métal qui dépassait depuis un précédent impact, et avait arraché avec lui une partie de la plaque métallique. Lorsque les connectiques du tableau de commande s'étaient arrachées, la gravité s'était coupée.
Végéta grogna en se passant la main sur le visage.
Il atteignait la limite de la technologie. Il était plus fort que n'importe quel saiyan ne l'avait jamais été. Et toujours pas l'ébauche d'une transformation. Comment ce maudit Karkarott avait-il fait pour y parvenir après un entraînement de quelques jours à seulement 100G ?
Il ferma les yeux, et respira lentement.
Une fois.
Deux fois.
Trois fois.
La transformation. Il devait se concentrer sur ce seul but, et surtout garder son calme. S'énerver serait une perte de temps, surtout s'il risquait de détruire son précieux matériel d'entraînement. Précieux même s'il était obsolète.
Il lui manquait quelque chose, et ce déclic ne viendrait qu'à force d'entraînement, il en était sûr.
Mais l'entraînement pour l'instant était interrompu. Il lui fallait encore aller trouver l'humaine au parfum d'épices et aux yeux d'océan. Perdre le moins de temps possible en disp... discussions. Et s'arranger pour qu'elle répare le dégât au plus vite. C'était de plus en plus difficile. Elle était trop préoccupée par son invention inutile qui occupait à elle seule la moitié du troisième étage du bâtiment principal. Ce qu'elle pouvait bien construire de si grand, il n'en avait pas la moindre idée, et s'en fichait bien. Ce qui lui importait en cet instant, c'était qu'elle laisse tomber ses travaux d'intérieur futiles pour réparer son matériel d'entraînement au plus vite.
Il eut à peine fini de gravir les marches jusqu'au troisième étage qu'il entendit une sonnerie très discrète, signe que le détecteur que l'humaine avait à l'oreille avait perçu son approche. Il attendit donc patiemment, tête haute et bras croisés, qu'elle surgisse de derrière l'angle du mur. Ce qu'elle fit.
Elle lui jeta un regard fatigué, en essuyant le cambouis qu'elle avait sur les mains et la figure avec un chiffon plus sale encore. Elle était pâle et avait d'énormes cernes sous les yeux qu'elle n'avait pas pris le temps de masquer avec du maquillage ce jour-là (ce qui se comprenait au vu de la quantité de graisse noire qu'elle avait sur la figure). Sa fatigue semblait plus naturelle, plus douce, plus assumée, mais plus grave aussi. Végéta fronça les sourcils.
« Qu'est-ce que tu veux ? » Demanda-t-elle en le scrutant de la tête aux pieds pour détecter une blessure éventuelle. Elle avait manifestement conservé ce réflexe, ce qui était peine perdue et elle devait le savoir. Depuis qu'elle avait retiré les derniers bandages autour de son épaule, elle n'avait plus eu besoin de le soigner, même la fois où il avait provoqué une mini-explosion qui avait détruit une bonne partie de mur de la capsule de gravité.
« Ta machine s'est à nouveau arrêtée. Accusa-t-il.
-Ok, qu'est-ce que tu as cassé cette fois ?
-Une partie du tableau de bord s'est arrachée.
-Et merde ! Comment tu as fait ça ?
-Ce n'est pas moi. Un de tes robots a emporté une plaque de métal dans son élan. »
Elle pinça les lèvres. Elle n'était pas dupe.
Tous deux se tenaient à distance respectueuse et en position neutre, Végéta les bras croisés et Bulma avec son chiffon dans les mains, se préparant à un conflit dont aucun des deux ne voulait.
Profitant de la fatigue de l'humaine, Végéta reprit l'initiative : « Femme, épargne-moi tes reproches habituels, je veux juste que tu répares ma machine au plus vite et retourner m'entraîner. Je ne suis pas de meilleure humeur que toi. »
Bulma soupira, cilla, secoua son chiffon en l'air comme pour chasser une mouche, puis se retourna et s'en fut sans rien dire. Juste au moment où elle allait disparaître derrière l'angle de mur, elle se retourna et lança : « Tu m'énerves ! Pour quelqu'un qui se croit rapide, tu pourrais au moins essayer de rattraper les robots d'entraînement quand tu vois qu'ils vont faire des dégâts parce que tu as tapé dessus trop fort ! Tu es désespérant !
-Je ne suis pas formé pour rattraper des corps frappés, seulement pour les détruire. Répliqua Végéta.
-Eh bien tu devrais essayer ! » Sur ce, elle s'en fut.
Végéta resta là, comptant mentalement les secondes.
56, 57, 58, 5...
« Allons-y ! » Lança l'humaine en surgissant à nouveau de derrière le mur.
Il n'était pas surpris de la voir revenir avec sa caisse à outils elle n'était pas surprise qu'il n'ait pas répliqué quand elle était partie, ni qu'il l'ait attendue : c'était la septième casse en deux mois.
Tous deux se dirigèrent sans un mot jusqu'à la salle de gravité. Là, Bulma laissa tomber sa caisse à outils trop lourde en massant ses mains douloureuses. Ce faisant, elle s'avança lentement jusqu'aux restes du tableau de bord et resta là un moment à contempler le désastre.
Première seconde, rien.
Deuxième seconde, le ki en épingles.
Troisième seconde, l'odeur de l'humaine en colère. Végéta regarda sur le côté d'un air mécontent.
« Mais c'est pas possible ! Se mit-elle à hurler. Tu l'as fait exprès ! Tu veux ma mort ou quoi ? J'ai un congrès à préparer pour la semaine prochaine, j'ai une invention révolutionnaire à terminer avant ça, et toi tu ne trouves rien de mieux à faire que d'arracher des câbles gainés dans un alliage d'élastamane et d'inox ! Tu as idée du temps que ça va me prendre de réparer ça ? Hein ? Non bien sûr ! Monsieur s'en fiche ! Tu sais au moins combien coûte l'élastamane ? On avait fabriqué ces câbles spécialement pour ta machine parce que personne n'a besoin de câbles aussi résistants. Et toi tu ne trouves rien de mieux à faire que de les arracher tous en même temps ! Non seulement ça va prendre un temps fou d'en refabriquer, mais en plus il va falloir tout recâbler à l'intérieur des murs ! La totalité du vaisseau ! Ah bravo ! Ça pourrait me prendre plus d'une semaine ! Tu te rends compte un peu ? Plus d'une semaine à me gâcher mon précieux temps !
-Femme ! Tonna-t-il en égalant en volume le ton de Bulma (ce que lui seul parvenait à faire) et tranchant l'air de sa main pour interrompre la cascade de reproches de l'humaine insolente. Je n'en ai rien à faire de tes inventions, ni de tes rassemblements, ni de ton temps. Ce qui m'importe c'est mon entraînement et je te rappelle que ta survie en dépend aussi. Alors si tu veux éviter ton hécatombe dans deux ans et demi, tu as intérêt à réparer cette machine au plus vite !
-Je n'ai pas la moindre intention de passer une semaine à réparer tes bêtises Végéta !
-Ça tombe bien, je n'ai pas la moindre intention d'attendre une semaine que tu répares le matériel que tu t'es engagée à tenir à ma disposition. Je me fiche du prix de tes câbles et de la façon dont tu t'y prends pour les réparer. Fais des nœuds s'il le faut. Mais tu as jusqu'à ce soir, pas plus !
-Eh bien non. Je vais terminer mon invention, j'irai à mon congrès, et après je m'occuperai de cette salle. Une pause ne te fera pas de mal, et ça t'apprendra à respecter le matériel qu'on te donne ! »
À cette réponse, Végéta s'assombrit. Aucune créature inférieure (c'est-à-dire aucune créature vivante) ne pouvait se permettre de lui parler sur ce ton et espérer survivre. Cette femelle avait conscience d'à quel point elle avait su se rendre nécessaire, et en profitait trop. Beaucoup trop. Il leva la main devant son visage, paume vers le haut, et y fit apparaître une sphère d'énergie. La lumière bleue mortelle qui s'en émana égalait en luminosité sa colère, et vint se refléter dans les yeux de l'humaine, qui s'écarquillèrent l'espace d'un moment. Peur ou surprise ? Quoi qu'il en fut, cela ne dura pas, alors qu'elle dirigeait à nouveau son regard scintillant vers lui.
Il menaça « Humaine, je te conseille de ne pas insister. Je veux cette salle de gravité fonctionnelle au plus vite, et sans discussion. Un mot de plus et quelque chose va exploser. Peut-être toi. »
Elle cilla, ouvrit la bouche pour protester, sembla hésiter, croisa les bras, serra les dents, regarda sur le côté, puis vers sa caisse à outils au sol, puis sa montre. « Bon, il y a quelque chose que tu devrais savoir... » Puis elle fronça les sourcils en levant à nouveau ses yeux bleus vers lui, à nouveau pleins de détermination. « Si j'avais une invention qui pourrait t'occuper pendant le temps nécessaire aux réparations, est-ce que tu accepterais de me laisser plus de temps ? »
ooooo
Il s'agissait d'une sphère volante, que l'humaine fit sortir d'un curieux cylindre noir qu'elle avait été chercher dans son laboratoire. La petite sphère, semblable à une lumière flottante, s'éleva dans l'air jusque devant le visage de l'humaine. « Bon. Le défi est simple, avait-elle expliqué. C'est un exercice de vitesse. Je parie que tu n'arriveras pas à attraper cette sphère avant que j'aie remis la chambre de gravité en service. Et interdiction de pulvériser quoi que ce soit dans le jardin merci. »
Végéta avait ricané puis rapidement tendu la main vers l'objet pour lui démontrer à quel point elle avait tort...
Mais son poing s'était refermé sur le vide.
L'objet lumineux s'envolait au loin. La furie au parfum d'épices s'en allait vers la salle de gravité avec un sourire mauvais. Végéta avait grogné et s'était lancé dans une poursuite sans fin.
La technologie n'avait pas dit son dernier mot.
ooooo
En ricanant, Bulma avait redressé la plaque de métal du tableau de contrôle, et re-soudé à la hâte, en l'espace de trois petites heures, les câbles arrachés. Finalement la proposition de Végéta de faire des nœuds dans les câbles n'était pas si éloignée de ce qu'elle faisait. Cela ne tiendrait pas longtemps et ne supporterait pas de surchauffe intensive, mais elle n'avait besoin que d'une semaine. D'ici à la prochaine casse, elle aurait probablement fini la nouvelle chambre de gravité... avec un peu de chance...
Et si Végéta ne découvrait pas trop vite l'arnaque de la sphère volante...
En ricanant, elle était retournée travailler sur son projet principal. Les cubes de billes constituantes autoformantes (sa dernière invention géniale, récemment nommée jellybilles) avaient été livrés deux semaines auparavant en provenance des usines de Capsule Corp, et la nouvelle zone d'entraînement avait à présent l'aspect d'une salle spacieuse cubique et tapissée de plaques métalliques qui étaient en fait constituées de matériau auto-re-soudant posées sur des murs de jellybilles de trois mètres d'épaisseur. Le câblage principal et la programmation étaient terminés, et il ne restait que la mise en œuvre et l'installation. Bref, l'assemblage de l'interface et la liaison avec le simulateur de gravité situé dans le mur du couloir menant à la salle, et relié à un répercuteur dans chacun des murs, le sol et le plafond de ladite salle. Bref, simple à expliquer mais délicat à réaliser.
Le travail le plus complexe consistait à câbler correctement les répercuteurs. Une seule erreur d'inattention et tout pouvait exploser. C'était précisément le seul moyen de griller le simulateur de gravité. Végéta ne pourrait plus le faire par maladresse. C'était à elle de jouer.
Elle ricana en imaginant Végéta en train de voler à toute vitesse derrière la sphère de lumière, et fit déraper son tournevis. Elle pouffa à nouveau, fière de son génie.
« Bulma Bulma ! Te voilà ! Tu as un instant ? »
L'interpellée soupira. Décidément, ce n'était pas son jour. Les répercuteurs ne seraient pas câblés aujourd'hui... Glissant avec la planche à roulettes sur laquelle elle était allongée, elle sortit de sous les fondations de la salle de gravité et s'assit. « Oui Papa ?
-Regarde ! Je suis si fier de moi ! Cette nouvelle invention va révolutionner la vie des gens ! »
Étonnée, Bulma leva les yeux vers son père en maillot de bain, avec une serviette passée autour du cou comme le faisait Végéta. Son chat noir n'était pas sur son épaule, mais le suivait à distance respectueuse en fixant d'un air méfiant l'arrosoir que le scientifique tenait à la main.
« Qu'est-ce que c'est ? » Demanda-t-elle poliment.
Pour toute réponse, le savant lui offrit un sourire d'enfant et leva l'arrosoir au dessus de sa tête... Puis en déversa le contenu.
« Mais qu'est-ce que tu fabriques ? » Demanda Bulma en se levant précipitamment et regardant frénétiquement autour d'elle pour vérifier que le matériel électrique n'était pas en danger.
« Meôw ? » Appuya le chat d'un air malheureux
Monsieur Briefs ne répondit pas et se contentait de sourire. C'est là que Bulma aperçut le détail important : un petit objet noir s'était mis en mouvement sur ses lunettes. Elle s'approcha.
« Ce sont des essuie-glace pour lunettes ! S'exclama fièrement le scientifique. J'ai mis plusieurs semaines à les confectionner. Elles pèsent quinze grammes. C'est une pure merveille. Qu'en penses-tu ?
-Euh... Ingénieux en effet. Comment as-tu eu une idée pareille ?
-Oh tu sais, quand on porte des lunettes, la pluie est un vrai fléau ! Mais c'est ta mère qui m'a donné l'idée. Elle parle sans arrêt d'essuie-glace en ce moment, je me demande quel genre de livre elle lit...
-Mhm, approuva sa fille. Et tu dis que tu as mis plusieurs semaines à les fabriquer ? Comment c'est possible ?
-Oh ! La partie essuie-glace est juste la partie primordiale ! Mais ces lunettes font aussi télévision, détecteur infrarouge, radio, téléphone portable et caméra.
-Ah ! Je me disais aussi... »
Comme pour appuyer sa joie, Monsieur Briefs se versa à nouveau un grand volume d'eau sur la tête. Les essuie-glace se mirent en route.
« C'est génial Papa. Sourit Bulma.
-Ravi que tu le penses. Je me suis dit que tu pourrais emporter ce prototype dans tes bagages pour le congrès de la capitale Sud.
-Bonne idée !
-J'ai demandé à ta mère, elle veut bien que tu empruntes l'arrosoir.
-Oh... Je ne suis pas sûre que...
-Mais si, mais si. Il faut bien une démonstration en grandeur nature tout de même !
-Hum... Euh... D'accord.
-Oh, à propos de ce congrès. Qu'as-tu inventé de beau à présenter ?
-Eh bien... Bulma désigna derrière elle la salle de gravité en construction. Les jellybilles, et un simulateur de gravité artificielle distanciel polyaxe pouvant monter jusqu'à 700G.
-Ah. Répondit le scientifique d'un air sceptique. Et à quoi est-ce que ça pourrait servir, à part pour Végéta ?
-Euh... Eh bien on pourra fabriquer des maisons qui se reconstruisent toutes seules après un cataclysme. Et le simulateur de gravité peut servir en recherche scientifique, peut-être même en défense militaire.
-Ah. Pas d'usage pour les civils donc ?
-Euh... Je n'y ai pas encore réfléchi.
-Mhm. Je comprends ma fille. Tu te dévoues énormément pour l'entraînement de Végéta. Ne t'en fais pas, tu auras tout le temps de penser à des inventions utiles au commun des mortels plus tard.
-Quoi ? Mais mes inventions sont parfaitement...
-Ma fille, ce que j'essaie de te dire, c'est que nous inventons ce que nous voulons, mais qu'il vaut mieux éviter de faire savoir que nous développons des technologies pouvant être prises pour des armes. Capsule Corp' reçoit déjà plusieurs lettres de menace par mois et nous piégeons des cambrioleurs toutes les semaines.
-Je sais, mais...
-Donc inutile d'attirer encore plus les convoitises ma fille. Tant que nous restons focalisés sur le bien public, le monde sera de notre côté en cas de problème, mais il ne faut surtout pas nous faire d'ennemis. Pas d'armes. Cela fait toujours plus de mal que de bien.
-Oui, ça va ça va, je sais ! S'agaça Bulma. D'accord, je ne parlerai pas du simulateur de gravité ! C'est tout ce que tu as à dire ? J'aimerais finir mon travail...
-Juste une dernière chose justement, répondit son père. As-tu pensé à te prendre un garde du corps ?
-Quoi ? Un garde du corps ? Mais pourquoi faire ?
-Eh bien, au vu de ce que je viens de te dire, ça me paraît logique, répondit-il. Nous évitons de nous faire des ennemis chez les militaires, mais tu vas à une rencontre avec les plus grands inventeurs de la planète. Il y a des rivalités, de la concurrence, des convoitises...
-Je sais bien, ce n'est pas la première fois que j'y vais tu sais ! Claqua Bulma. Pourquoi est-ce que tu t'inquiètes tout d'un coup ? Tu ne m'as jamais dit de prendre un garde du corps avant !
-C'est vrai, mais les fois précédentes, tu y allais avec Yamcha. J'étais rassuré.
-Oh ça va ! Je n'ai pas besoin de lui ! D'ailleurs, il n'a jamais rien eu à me défendre !
-Ce n'est pas ce que vous m'aviez raconté il y a trois ans...
-Oh mais c'était il y a trois ans papa ! Et puis je sais me défendre seule, je...
-S'il te plaît Bulma. C'est juste pour rassurer ton vieux père. Ta mère aussi s'inquiète.
-Et alors ? Il y a dix ans je partais toute seule à l'aventure faire le tour du monte en moto ramasser des dragon balls dont personne ne connaissait l'effet réel !
-Oui, mais il n'y avait pas de...
-FEMME ! » Les interrompit une voix rageuse provenant du rez-de-chaussée. Le détecteur de Bulma émit un léger « bip ». « Viens ici tout de suite et explique-toi ! »
« Quoi ? Déjà ? » S'étonna Bulma à voix basse.
Le père de Bulma se recroquevilla et regarda sa fille d'un air perplexe. Puis il ajouta précipitamment : « Bon, il vaut peut-être mieux que nous en reparlions plus tard.
-Oui. » Répondit Bulma en déposant précipitamment ses lunettes de soudure et ses gants.
Elle prit congé et dévalla les escaliers en bas desquels elle tomba nez-à-nez avec un saiyan très, très en colère.
Celui-ci planta son regard noir comme la nuit dans le sien, en respirant bruyamment, à quelques centimètres de son visage. Son aura était oppressante, même pour une personne comme Bulma qui ne savait pas sentir le ki. Elle avait comme un goût de métal dans la bouche et soudain une légère appréhension. C'est ce qui lui permît de masquer son sourire moqueur.
Sans un mot, le saiyan tendit la main sur le côté et en laissa tomber quatre cylindres noirs similaires à celui dont elle avait fait sortir la sphère lumineuse qu'il était censé attraper.
« Eh ! Protesta Bulma. Fais attention ! C'est fragile !
-Ah oui ? Si tu savais comme je m'en fiche ! Tu voulais que j'attrape ta stupide sphère. Voilà !
-Oh ? Fit Bulma en feignant l'étonnement. Bravo ! Où l'as-tu mise ?
-Humaine, arrête de te foutre de moi ! S'écria Végéta en la saisissant à la gorge. Je t'ai rapporté tes projecteurs holographiques, alors maintenant à toi de m'expliquer. Et tu as intérêt à avoir de bons arguments. Quel était l'intérêt de me faire courir après une illusion ?
-C'était un test, sourit Bulma nullement impressionnée. Est-ce que tu as bien gagné en vitesse ? »
Végéta fronça les sourcils, ce qui signifiait qu'elle marquait un point. Elle continua. « Il m'a semblé que ça pourrait être intéressant de te permettre d'entraîner tes réflexes dans un environnement réel, et pas dans ta minuscule salle d'entraînement. Et puis, voler après un hologramme, ça te met en concurrence directement avec la vitesse de la lumière, c'est plutôt flatteur, non ?
-Tu t'es moquée de moi. Ajouta Végéta sur un ton menaçant.
-Aïe, tu me fais mal... Uh (Végéta relâcha légèrement la pression autour de sa gorge). Je ne me suis pas moquée de toi. Mais si je t'avais dit que c'était un hologramme, tu n'aurais jamais accepté d'essayer de l'attraper. Et je ne peux pas créer d'objet physique aussi rapide.
-Tu avais préparé ton coup depuis longtemps. Ces projecteurs holographiques étaient disséminés dans le jardin depuis plusieurs jours.
-Comme quoi je suis un génie ! Je me doutais bien qu'il y aurait une occasion pour les utiliser. Au fait, bravo d'avoir trouvé aussi vite !
-Humaine, accusa-t-il d'une voix plus posée, ne t'avise plus jamais d'essayer de me duper comme ça ! Sache que je n'apprécie pas du tout l'attention.
-Ok, c'est noté. Dans ce cas tu apprécieras peut-être plus de savoir que ta chambre de gravité est à nouveau en état de marche. »
Il la dévisagea longuement d'un air menaçant tandis qu'elle lui envoyait un sourire hypocrite en battant des cils.
Puis il lâcha sa gorge et Bulma put à nouveau respirer normalement (une fois tombée assise sur la première marche de l'escalier).
« Tu vois que tu n'as pas eu besoin de deux semaines finalement. Nargua-t-il en reculant.
-De rien. La prochaine fois inutile de me menacer. Un ''s'il te plaît'' aurait suffi Végéta.
-Tssss ! Ricana-t-il. Ne t'imagine pas que ça me permettra de te pardonner pour l'hologramme, femme.
-Ne t'inquiète pas, j'ai un autre plan pour ça. »
Végéta, qui s'apprêtait déjà à s'en aller, s'arrêta net et la dévisagea d'un air soupçonneux. « Un autre plan ? J'espère qu'il est moins suicidaire dans ce cas. Tu te remets enfin à me fabriquer des robots d'entraînement efficaces ? »
Bulma, réalisant qu'elle risquait d'en révéler trop à propos de la nouvelle chambre de gravité, décida de dévier le sujet. Elle répondit, en se relevant, avec un sourire énigmatique : « Des robots d'entraînement ? Pfffu ! Méfie-toi, tu me sous-estimes ! Je pourrais te surprendre.
-Ah ? Répondit-il en croisant les bras et lui lançant un regard moqueur. Et pourquoi donc ?
-Pour deux raisons : de un parce que je suis un génie, de deux parce que je suis une femme.
-Une femme ? Quel est le rapport ?
-Ne sous-estime jamais une femme, tu ne le savais pas ? »
Végéta haussa un sourcil, nullement impressionné, mais elle coupa court à toute réaction éventuelle de sa part : « Sur ce, bon entraînement, je retourne travailler. » Et elle s'en fut d'un pas décidé.
Repartant de son côté, Végéta ne put s'empêcher de s'interroger. Cette femme ? Une menace? Bah ! Que pouvait-elle bien faire ? Ce n'était qu'une faible créature !
Ne sous-estime jamais une femme.
En activant, pour sa plus grande satisfaction, la gravité à 400G, Végéta s'interrogeait. Oui, les femmes avaient parfois des réactions aussi illogiques qu'imprévisibles. Aya l'avait une fois frappé avant de le saluer. Kholi s'était suicidée, après qu'il eut tué sa sœur Flooer, en jetant volontairement une attaque énergétique trop puissante, ce qui avait été la disparition des deux dernières femmes saiyan. Et combien de fois, lorsqu'il purgeait des planètes, n'avait-il pas vu des femelles s'interposer entre son rayon destructeur et leurs enfants, s'imaginant sans doute stupidement pouvoir les sauver ?
Bah !
Sur cette dernière pensée, il entama une longue série de pompes.
ooooo
Le soir-même, lors du repas que Bulma consentit à prendre avec ses parents (avant de retourner travailler bien sûr), ceux-ci enchaînèrent tous les arguments possibles comme quoi elle devait absolument trouver un garde du corps ou un cavalier, ou n'importe qui qui soit à ses côtés pendant le congrès. Monsieur Briefs ne pouvait pas s'y rendre lui-même à cause de son travail aux usines de Capsule Corporation. Ainsi, Bulma céda à leurs demandes lorsque Madame Briefs proposa à son tour de l'accompagner si elle n'avait personne d'autre.
Si sa mère venait, elle risquait d'apporter des dizaines de gâteaux qu'elle irait faire goûter à tous les grands scientifiques du monde entier, se mettrait à chanter pour mettre de l'ambiance, et renverserait son arrosoir sur tous les malchanceux qui souhaiteraient tester les lunettes à téléviseur et essuie-glace.
Donc Bulma leur promit de se trouver un cavalier.
Elle pensa à Yamcha, qui lui avait laissé un second message téléphonique le matin-même, auquel Bulma n'avait pas plus daigné répondre qu'au premier. Elle n'avait pas envie de le revoir, et l'idée de rechuter dans leur relation amoureuse en cul-de-sac lui donnait la nausée.
Embaucher quelqu'un alors ? Mais à qui faire confiance ? Et comment se sentir protégée par un humain du commun des mortels, quand on fréquentait les guerriers Z ?
Un des Z alors ? Mais que leur offrir en retour ? Il n'y avait pas assez à manger au congrès pour attirer Goku, et pas de dragon à faire apparaître. Chi-Chi ne lui confierait jamais Son Gohan. Piccollo, Tenshinhan et Chaozu étaient peu présentables. Et Krilin... Oh ! Il était sympathique, pas trop bête et cordial. Mais voulait-elle apparaître en public à côté d'un petit chauve ? Et serait-il intéressé par un congrès ? Comment le contacter sans inviter dans la foulée le vieux pervers chez qui il vivait ?
Tout ce qu'elle pouvait proposer d'intéressant en retour, c'était... Des chambres de gravité... Et elle en avait une en construction actuellement... pour... le seul guerrier digne de ce nom qu'elle avait sous la main...
...
Bon...
Après tout...
Végéta, au moins, était silencieux et discret (sauf quand il voulait tuer quelqu'un), très intéressé par les inventions qu'elle pouvait créer pour lui, et pas trop indigne d'apparaître à côté d'elle. Les cheveux pouvaient compenser sa petite taille. Pour le reste, il n'était pas désagréable à regarder, et parfaitement en mesure de la défendre s'il s'agissait de protéger l'avenir de son matériel d'entraînement.
Bon...
ooooo
La semaine qui suivit, l'humaine fut bizarre.
Elle passait encore plus de temps (ce qui pourtant semblait impensable) sur son invention inutile dans le bâtiment, et avait clairement bâclé la précédente réparation de la salle de gravité. Végéta s'en doutait, car la gravité démarrait plus lentement que d'ordinaire, et était parfois instable. Il entendait des grésillements là où les câbles avaient été arrachés la dernière fois.
Cela l'énervait.
Mais pas autant que de la voir apparaître à nouveau le soir lorsqu'il mangeait seul... comme si elle ne voulait pas qu'il la voie... Elle glissait un regard, cachée derrière un mur, passait derrière la porte ouverte de la salle à manger avec un air innocent, ou même parfois, entrait dans la pièce, le regardait, semblait s'apprêter à parler, puis se reprenait et s'en allait.
Cela l'énervait.
Ce soir-là, alors qu'il sentait l'odeur d'épices et d'océan par la porte, et son ki à travers le mur, il posa violemment ses couverts sur la table, et s'écria : « Bon, décide-toi, humaine ! Qu'est-ce que tu as à dire de si important que tu te caches derrière un mur ? »
Elle entendit un juron puis un soupir, puis elle apparut avec hésitation dans l'encadrure de la porte. Là, elle le dévisagea. Cela ne lui ressemblait pas, et cela énerva encore Végéta.
« Crache ! Ordonna-t-il.
-Eh bien... Euh... Est-ce que ta chambre de gravité fonctionne correctement en ce moment ?
-Non. Elle a des ratés depuis ta dernière réparation et menace de griller ou tomber en panne définitivement d'un jour à l'autre. Tu négliges ton travail, femme ! » Il la provoquait non seulement pour le plaisir, mais également parce qu'il ne supportait pas d'avoir affaire à cette femme hésitante qui l'énervait tant. Il ne fut pas déçu.
« Eh ! Oh ! C'est toi qui m'as laissé si peu de temps ! Répliqua-t-elle alors que la flamme se rallumait dans ses yeux. Et tu n'avais qu'à pas la casser si tu voulais t'en servir !
-Le problème reste le même, ta machine merde.
-C'est bien ce que je craignais, soupira-t-elle. J'ai voulu faire vite pour... euh... éviter de te faire perdre du temps (Végéta haussa les sourcils, pas dupe). Mais il va falloir une réparation de fond. Je vais vraiment devoir prendre une semaine entière pour tout réparer correctement.
-Et qu'est-ce que tu proposes pour que je puisse m'entraîner en attendant ? » Menaça-t-il.
Première seconde. Elle pinça les lèvres.
Deuxième seconde. Elle hésita et regarda sur le côté.
Troisième seconde, elle fronça les sourcils et agita la main en l'air d'un air de ''laisse tomber'' en marmonnant « Je vais voir. »
Elle s'apprêtait à s'en aller, mais il se leva d'un bond et lui bloqua le passage, bras croisés et sourcils froncés : « Humaine, qu'est-ce que tu manigances ?
-Dégage de mon passage ! S'écria-t-elle.
-Arrête de te de défiler. Tu as quelque chose à dire et tu m'énerves. Ne joue pas avec moi, ceux qui ont essayé ont tous fini en cendres. Qu'est-ce que tu veux ?
-Ton repas va refroidir. Observa-t-elle en croisant les bras.
-Je sais, donc ne joue pas avec ma patience.
-Je ne joue pas avec ta patience, je te demande si la chambre de gravité marche bien parce que j'ai des scrupules et que je pense bien qu'en l'ayant réparée si vite il risquait d'y avoir des problèmes ! Maintenant, si elle fonctionne correctement, ça va. Je vais à mon congrès après-demain, et quand je reviens je ferai une vraie réparation de fond.
-Et moi je fais quoi pendant ce temps-là ?
-Écoute, tu... Tu trouveras bien, d'accord ? J'en ai assez que tu remettes sans arrêt mes compétences en cause !
-Et moi j'en ai assez que tu mettes au second plan tes travaux primordiaux sur mon matériel d'entraînement !
-Oh ? Et qu'est-ce qui te fait croire que je les mets au second plan ?
-Tu as bâclé la dernière réparation.
-Oui, mais souviens-toi que je sais toujours ce que je fais.
-Je vois ça. Ironisa-t-il.
-C'est bon ? Je peux y aller maintenant ? J'ai encore du travail moi ! »
Végéta ne répondit pas.
Une seconde, il haussa un sourcil.
Deux secondes, une veine battait à sa tempe.
Trois secondes, il détourna la tête sur le côté en soufflant de l'air par le nez d'un air de dédain. « Méfie-toi, humaine. » Souffla-t-il entre ses dents. Puis il retourna manger.
Il entendit la terrienne soupirer puis ses pas s'éloigner, dans le couloir puis l'escalier.
Il flairait l'arnaque.
Et son flair était juste.
Le sur-lendemain, l'humaine vint l'intercepter à la fin de son repas du matin (au vu du volume, personne n'aurait pu appeler cela un petit déjeuner).
« Salut Végéta ! » Lança-t-elle d'une voix nerveuse en traversant la pelouse du jardin extérieur, venant de son laboratoire, à sa rencontre.
Celui-ci ne lui répondit que par un regard méprisant, attendant la suite de la tirade. Cette humaine l'énervait déjà rien qu'en le saluant.
« Dis, je me disais... Je pars ce soir à un grand congrès scientifique de la capitale sud et...
-Je m'en fiche, la coupa Végéta en croisant les bras. Viens-en au fait, humaine, je n'ai pas toute la journée.
-Moi non plus, figure-toi ! Répliqua-t-elle. Je dois préparer mes bagages et programmer les...
-Je t'ai dit que je m'en fiche, humaine.
-Mais qu'est-ce que tu peux être vexant quand tu t'y mets ! »
Il ricana mais se tut.
Elle poussa un soupir d'exaspération. « Bon, pour faire simple, j'ai besoin que tu me rendes un service. »
Il haussa les sourcils.
Elle élabora : « Qu'est-ce que tu me demanderais en échange du sacrifice de vingt-quatre heures de ton précieux temps d'entraînement ? »
Là, il pouffa et continua son chemin en levant la main d'un air de dédain : « Rien. Tu n'as aucune chance. Je ne perds pas mon temps pour des minables.
-Oh ? Demanda la voix malicieuse dans son dos. Tu en es sûr ? »
Il tourna la tête pour la dévisager à nouveau en fronçant les sourcils. Une flamme blanche brûlait dans le regard bleu de l'humaine.
Elle ajouta avec un sourire machiavélique : « Et si j'avais une offre à te faire que tu ne pourrais pas refuser ?
-Comme quoi ? » S'enquit-il avec une moue méprisante. Il se méfiait toujours des femelles quand elles le regardaient comme ça. Elles se trompaient toutes sur son compte si elles osaient le regarder comme ça.
Mais celle-ci lui adressa ensuite un sourire franc et un clin d'œil : « Viens, suis-moi. Tu ne le regretteras pas, crois-moi. »
Végéta n'était pas du genre curieux, mais il le fut tout de même suffisamment pour la suivre dans la maison de laquelle il venait de sortir. Dans les escaliers. Jusqu'au troisième étage.
Le ki de l'humaine bouillonnait.
Elle se retournait régulièrement pour vérifier qu'il la suivait. Elle souriait.
Puis elle tourna au détour du couloir. Et là... Un autre couloir, dont un mur sentait le neuf. Il semblait à Végéta que cette zone était plus spacieuse auparavant. L'humaine continua jusqu'à une grande porte métallisée. Là, elle s'arrêta, et se retourna à nouveau : « Prêt ? »
Comme il ne répondit pas, elle prit cela pour un assentiment, et se tourna à nouveau vers la porte. Là, elle annonça clairement : « Ouverture ». La porte s'ouvrit.
Végéta envisagea un instant de se moquer de cette scientifique à deux sous qui semblait penser avoir inventé les commandes vocales. Mais celle-ci avançait déjà dans la pièce spacieuse qui se trouvait derrière la porte. Là elle se retourna, leva les bras, et s'écria : « Et voilà ! ».
La zone ressemblait à une prison, mais plus spacieuse et sans barreaux. Des murs gris métallisé, et un plafond très haut. Et rien à l'intérieur. Il entra prudemment en fronçant les sourcils : « Humaine, il n'y a rien à voir.
-Justement ! Triompha-t-elle. C'est là mon génie ! Mais ce n'est pas tout ! Tu as vu ces murs ?
-Ils sont gris. Commenta-t-il.
-Mais non, ça on s'en moque ! Rétorqua Bulma. Essaie de frapper dedans pour voir. »
Là, le saiyan laissa enfin un sourire moqueur percer sur ses lèvres : « Comment, frapper dans le mur ? Tu veux juste un trou ou que je démolisse la façade ? Si c'est ça le service que tu veux me demander, humaine, ça ne prendra pas une journée entière.
-Mais non ! Mais non ! Essaie juste de frapper doucement pour voir... S'il te plaît. » Ajouta-t-elle en le voyant hésiter.
Il haussa les sourcils, puis d'un air dédaigneux, jeta son poing vers l'arrière, vers la paroi la plus proche. Le mur s'enfonça de façon bizarre sous ses phalanges, et il se retourna. Là, il vit un trou dans le mur se refermer, tout seul.
Il frappa à côté, bien plus fort. Là, son poing s'enfonça de vingt bon centimètres.
Il vit que la plaque métallique qui recouvrait les murs s'était déchirée. Il vit dessous une multitude de petites billes argentées s'agencer les unes sur les autres et se déplacer jusqu'à boucher le trou. Une fois que ce fut fait, les divers fragments de la plaque métallique de couverture se soudèrent entre eux.
Le mur était comme neuf.
Impressionné, Végéta se retourna alors vers l'humaine qui souriait d'une oreille à l'autre, mains sur les hanches et tête haute. Puis il dit calmement : « Je veux le même matériau pour les murs de ma chambre de gravité. »
Elle baissa la tête pour plonger son regard plein de malice dans le sien : « Tu n'as pas encore compris ?
-Compris quoi ?
-Activation. » Annonça-t-elle. Une multitude de lumières s'allumèrent et la salle s'illumina, tandis que la porte d'entrée se refermait dans un coulissement silencieux.
Méfiant, Végéta se mit immédiatement en garde. Il soupçonnait qu'il aurait du mal à sortir de cette pièce. Un énorme cube constitué du même matériau que les murs venait de coulisser devant la porte, ce qui voulait dire qu'il ne pouvait rien faire exploser, à moins de vraiment vouloir endommager le bâtiment.
Puis elle annonça fièrement : « Gravité Z deux. »
Un très discret bruit de bourdonnement se fit entendre, puis Végéta vit l'humaine se mettre à trembler sur ses jambes. La gravité venait effectivement de doubler. « Gravité Z un ! » S'écria-t-elle en appuyant ses mains sur ses genoux et laissant sa tête pendre au dessus du vide... Ce qu'il ne fallait absolument pas faire, comme Végéta le savait bien. Il faillit s'inquiéter pour elle, mais en fait non, il ne s'inquiétait jamais pour personne... Elle tituba en se relevant. Il détourna le regard.
Une nouvelle chambre de gravité.
Elle avait dit vrai : elle l'avait surpris.
Et pas qu'un peu.
Il savait alors déjà que la réponse à la question qu'il s'apprêtait à poser allait l'impressionner : « Jusqu'à combien ?
-Pour l'instant, 600G. Lui répondit l'humaine avec un sourire de fierté. Mais avec un plus gros potentiel d'évolution si tu en as besoin. »
Il était impressionné.
« Attends, je n'ai pas fini. Ajouta l'humaine en allant s'appuyer de tout son long contre un des murs. Gravité X un. »
Là, Végéta eut soudain la très désagréable impression que le cube dans lequel il se trouvait venait de faire un quart de tour. Il dût voler pour éviter de s'écraser lamentablement contre le mur, maintenant sol, contre lequel l'humaine était appuyée, maintenant allongée. Il retint un juron.
« L'axe des murs à droite et à gauche de la porte s'appelle X, l'axe de la porte au mur du fond s'appelle Y, et l'axe de gravité normale s'appelle Z. Et tu peux passer dans les gravités négatives. » Expliqua l'humaine en se relevant.
« Et à quoi ça sert ? » Grogna-t-il en atterrissant debout à côté d'elle.
« Eh bien, tu peux programmer une gravité variable. Tu seras ballotté entre les six murs de cette pièce avec des gravités variant de zéro à six-cent G. Je suis sûre que tu trouveras des usages à cette fonction. »
Végéta y réfléchit un instant, avant d'opiner. Oui, sans aucun doute, cela pouvait être intéressant.
« Il y a des matelas sur le plafond si tu as besoin de faire des exercices sur sol mou. Tu n'as qu'à demander une gravité Z moins un, et tu... WAAAAAAA ! »
La gravité s'était à nouveau inversée d'un quart de tour. Elle glissa le long du sol redevenu mur, et s'écrasa de côté sur lesdits matelas dans un « Outch ! » très audible. Lorsqu'elle se releva en s'appuyant sur ses coudes et genoux, elle aperçut Végéta qui volait au dessus d'elle en ricanant. « Oui, bon ça va hein ? C'est le souci des commandes vocales, et je n'ai pas l'intention de revenir ici pour t'apprendre une deuxième fois comment ça marche !
-Tout fonctionne à commande vocale ? Interrogea le saiyan.
-Oui. Si tu veux un arrêt d'urgence, tu peux juste crier. Et la machine s'arrête automatiquement aussi au bout de deux minutes d'inactivité.
-Il y a un détecteur de mouvement donc. Constata-t-il.
-Oui, comme dans la précédente chambre.
-Et un écran de visiocommunication aussi ?
-À quoi bon ? Tu les détruis toujours.
-Exact. Et une machine qui fait du bruit ?
-Non, pas de radio non plus. J'ai conçu cette machine seule, mon père n'a pas ajouté les mêmes gadgets que dans l'autre chambre. Par contre, il y a un interphone.
-Hnnn. C'était trop beau. Ironisa-t-il. »
Un moment de silence s'en-suivit, alors que l'humaine tentait d'épousseter ses genoux, ce qui était inutile puisqu'il n'y avait pas de poussière dans la salle. Puis Végéta ajouta avec un froncement de sourcils en atterissant lentement face à elle : « Depuis combien de temps est-ce que tu me caches l'existence de cette pièce ?
-J'ai terminé la mise en marche hier soir. Avoua-t-elle. Il ne me reste que la programmation vocale.
-Comment ça ?
-Eh bien... Annonce une gravité.
-Gravité Y deux. » Tenta-t-il. Il avait beau l'avoir énoncé clairement, il ne se passa rien.
Bulma lui sourit d'un air entendu : « Il faut que je programme la machine pour qu'elle réponde à ta voix.
-Ah Eh bien allons-y ! » Déduisit-il.
Elle ne répondit pas. Se contenta de le regarder en croisant les bras.
C'est là qu'il comprit l'arnaque.
Première seconde. Il fronça les sourcils.
Deuxième seconde. Il avança face à elle, poings serrés.
Troisième seconde. Il planta son regard dans le sien comme s'il avait pu lancer des éclairs par les yeux.
« Vas-y. Dis-moi ce que tu attends de moi, sale petite peste. Et tâche de le dire vite et avec tact. Quelles sont tes conditions ? »
C'est ce qu'elle fit. « Comme tu le sais j'ai un congrès ce soir.
-Mhm.
-Je te propose d'enregistrer les commandes vocales pour ta voix dès que j'en suis rentrée.
-Mhm.
-Le problème, c'est que je n'ai pas que des amis là-bas...
-Nhnnnn.
-C'est juste le temps d'une soirée...
-Nhn.
-Ce serait bête que je me fasse tuer par un scientifique concurrent aigri par mon succès.
-En effet, tu ferais mieux d'enregistrer les commandes vocales avant dans ce cas.
-Mais si je me faisais tuer, je ne pourrais plus assurer de maintenance sur cette chambre de gravité. Elle est encore en phase d'expérimentation. Et mon père n'a pas du tout travaillé dessus. Il mettrait un temps fou.
-Sale manipulatrice. » Cracha-t-il.
Elle lui sourit d'un air innocent avant de répéter : « Juste ce soir, s'il te plaît Végéta. Je ne t'ai encore jamais demandé de service, et je t'offre une chambre de gravité dernier cri en échange.
-Tu n'a qu'à pas aller à ce congrès.
-Tu connais quelque chose aux affaires politiques dis-moi ?
-Hmf ! Oui, et c'est d'un ennui à mourir !
-Je suis d'accord avec toi, mais dans ce cas, tu sais aussi pourquoi je dois y aller. C'est là-bas qu'on échange toutes nos plus grandes inventions de la Terre... »
Il serra les dents et regarda vers le côté.
Elle ajouta avec un sourire complice : « Et puis, qui sait ? Il y aura peut-être des nouveaux matériaux qui me permettraient de te fabriquer encore de nouveaux équipements, qu'en dis-tu ?
-J'en dis que tu n'iras pas. Je vais faire exploser ta salle de congrès et tous tes scientifiques avec ! » S'énerva-t-il.
-Végéta, sois un peu raisonnable s'il te plaît ! Si tu refuses de m'aider, je demande à Son Goku de venir à ta place et c'est à lui que j'offrirai cette salle d'entraînement ! Il viendra ici tous les jours, et toi tu resteras dans...
-Ça va ! La ferme ! S'écria-t-il en faisant les cent pas. Je ne suis pas garde du corps, je suis mercenaire ! Ça veut dire que je suis payé pour tuer des gens, pas pour en protéger !
-Tu feras bien une exception pour moi non ? Quel prix tu donnerais à cette salle de gravité ? … Et puis, si quelqu'un essaie de me tuer, tu es exceptionnellement autorisé à leur casser quelques bras ou jambes.
-Ah, c'est intéressant. Ricana Végéta. Tu as encore beaucoup d'arguments stupides comme ça ?
-Non. Je dis juste que tu pourrais avoir ta chambre de gravité toute neuve en parfait état de fonctionnement avant trois heures du matin ce soir, si tu me rends ce service en échange. Tu n'auras rien si tu me menaces. Voilà le deal que je te propose. C'est honnête non ? »
Végéta grogna en regardant au sol. Il n'avait rien à foutre de l'honnêteté. S'il la menaçait, il pouvait bien tout détruire autour d'elle, ça ne ferait qu'amener à ses trousses ce maudit super-saiyan qu'elle avait pour ami. Il n'était pas contre un bon combat, et ça commençait à lui manquer... Mais il n'était pas suicidaire pour autant. Tant qu'il ne s'était pas changé en super-saiyan, toute opposition à ce clown était futile. C'était enrageant.
D'un autre côté, cette chambre de gravité était celle qu'il lui fallait et que l'humaine avait su lui concevoir sans qu'il ne la demande. Un vaste espace d'entraînement, sans pylône central et presque indestructible. Ce, après lui avoir fait croire pendant deux jours qu'elle aurait besoin d'une semaine pour remettre en état la capsule de gravité dont il s'était servi jusqu'à présent. Combien de temps d'entraînement risquait-il de perdre au final ? Une soirée ? Combien y gagnait-il ? Le calcul était vite fait.
« Je te hais, humaine ! Grogna-t-il. À quelle heure on part ? » Il voulait retourner s'entraîner au plus vite, même si sa minuscule chambre de gravité à 400G lui paraissait bien minable en comparaison de celle-ci.
En réponse, l'humaine eut un petit sursaut de joie et un sourire jusqu'aux oreilles. Encore un sourire ! Elle était perturbante avec ses sourires. Personne n'osait lui sourire autant, à lui, avec tant de sincérité, à moins de n'avoir absolument aucun cerveau... Ce qui n'était pas son cas, à elle.
« À dix-sept heures. Répondit-elle. Eh attends ! Deux secondes, reviens ! J'ai juste un dernier détail à régler ! »
Agacé, Végéta (qui s'apprêtait à partir sans plus attendre), se retourna à nouveau. « Quoi ? » Claqua-t-il.
« Rien de grave, rassure-toi. Tempéra l'humaine en sortant un objet de sa poche et s'avançant vers lui. C'est juste que tu ne vas pas y aller habillé comme ça. Et je suis prête à parier que tu n'entres pas dans les costumes standards avec tous tes muscles. Donc on va te faire un...
-Costume ? S'écria-t-il en reculant et serrant les poings. Non mais tu te moques de moi humaine ?
-Quoi ? Riposta-t-elle. Tu ne sais même pas à quoi ressemblent les costumes chics chez les humains ! Ils sont très bien. Et ne me dis pas que tu as passé la totalité de ta vie en armure, non ?
-On avait des armures de cérémonie, mais c'était toujours des armures. Déjà que je m'abaisse à porter des vêtements de sport terriens...
-Et bien je n'ai pas l'intention d'apparaître en public avec un type aux allures de plouc à mon côté figure-toi ! S'énerva-t-elle en tentant à nouveau d'avancer vers lui.
-Tant mieux ! Je n'ai pas l'intention de rester à ton côté !
-Si, tu le seras ! Sinon tu ne seras pas autorisé à entrer dans la salle, et tu seras tout sauf discret ! Je n'ai pas l'intention d'avoir des milliers de questions sur les raisons de l'apparition de Bulma Briefs la géniale, aux côtés d'un mec en jogging, à une soirée mondaine !
-Humaine, là tu vas trop loin !
-Mais non enfin ! Je te propose de te faire fabriquer sur mesure un costume parfaitement correct, dans un excellent matériau. On peut même le choisir souple si tu veux. Et la couleur que tu veux. C'est comme ça que s'habillent les gardes du corps. Si tu t'habilles de façon moins stricte, les gens penseront que tu es mon petit-ami.
-QUOI ?
-Bon, arrête de rouspéter et écarte les bras. J'en ai pour deux minutes et je te laisse tranquille ! »
Végéta protesta encore une ou deux fois, puis finit par accepter de coopérer et écarta les bras en T comme le lui demandait l'humaine. Elle tenait dans la main une sorte de ruban blanc gradué, avec lequel elle mesura la distance entre ses épaules et le sol. Puis celle entre sa taille et le sol. Puis le tour et la longueur de ses bras. Puis le tour de sa cuisse. Enfin, elle enroula le ruban autour de son cou, puis de son torse nu. À la longue, pour une raison étrange, les mains de l'humaine se firent plus fébriles et son odeur n'en devint que plus envoûtante.
Perplexe, il regarda la masse de cheveux bleus qui s'attardait sous son menton, comme si l'humaine avait du mal à lire les chiffres qu'elle lisait sur son ruban.
Une seconde.
Deux secondes.
Trois secondes.
Puis elle lâcha son ruban et le regarda dans les yeux : « Voilà ! Merci d'avoir patienté ! Je vais appeler le tailleur. Ton costume devrait normalement être prêt vers seize heures si tu veux l'essayer en avance. »
Il haussa les sourcils d'un air de dédain, puis saisit l'humaine par la taille et décolla.
« Waaaa ! Hurla-t-elle. Mais qu'est-ce que tu fabriques ? Laisse-moi !
-Humaine ! S'agaça-t-il en la plaquant contre le plafond. Je n'ai pas toute la journée et tu as suffisamment joué avec mes nerfs ! Donc tu vas désactiver cette machine et me laisser sortir tout de suite !
-Hein ? » Abasourdie, elle sembla mettre un long moment à se rappeler que le sol actuel était en fait le plafond, et que donc si elle désactivait la gravité (par exemple pour ouvrir la porte) elle aurait fait une chute de cinq mètres de haut, du sol devenu plafond au plafond devenu sol. Lorsqu'elle comprit enfin, elle s'écria : « Oh ! Désactivation. »
Le bourdonnement de la salle cessa. Les lumières s'éteignirent. La porte s'ouvrit. Végéta se releva et s'en fut, laissant Bulma allongée au sol et un peu perplexe.
Végéta, malgré ses manières rudes, ne venait-il pas juste de lui épargner une chute dangereuse ? Soit il prenait déjà son job de garde du corps au sérieux, soit il était vraiment pressé de partir...
Elle soupira puis se releva avec une légère sensation de mal des transports. Elle avait quelques coups de fil à passer avant de pouvoir aller dormir quelques heures puis se préparer (quelques heures) pour son congrès.
Son timing était parfait.
