[Note de l'auteur] Youhou ! Salut les gens, me revoilà ! Désolée pour les délais, je fais ce que je peux, et ne vous en faites pas, je n'abandonne pas l'affaire. Ce sont vos commentaires qui m'aident à continuer d'écrire, alors un grand MERCI à vous !
Mais tu te trompes
« Arrête ! Tu ne peux rien faire !
-Quoi ? S'écria Krilin en se retournant vers le guerrier qui, en le retenant par le bras, l'empêchait de venir en aide à son ami.
-Frappe-moi ! Il faut que je sois à moitié mort.
-QUOI ? »
Le vacarme assourdissant du combat qui se déchaînait non loin de là attira un temps leur attention. Le stupide terrien sembla un temps reprendre espoir en la capacité du petit bâtard à vaincre leur ennemi. Mais Végéta n'était pas dupe. C'était Namek. C'était Frieza.
« Écoute-moi ! Menaça-t-il en empoignant des deux mains l'armure du petit chauve. Nous, les saiyans, devenons plus forts chaque fois que nous frôlons la mort. Donc tu DOIS me frapper MAINTENANT ! Fais-le avant que Frieza ne change encore d'apparence !
-Mais... Mais je ne suis pas assez fort ! Se défendit le petit humain.
-Ce n'est pas un problème, je vais baisser mes défenses. Et ensuite, ce gosse namek me soignera.
-Écoute, répliqua-t-il avec sérieux, même si je te déteste, je ne peux pas faire ça. Goku est presque guéri et...
-Karkarott n'est pas un guerrier d'élite ! Il ne sera jamais assez fort ! » Trancha Végéta avec hargne.
Sa pensée était claire : s'il parvenait encore une fois à frôler la frontière de la mort, et en revenir, alors c'était sûr, il serait devenu le Super-saiyan.
Il s'était trompé sur toute la ligne.
ooooo
Végéta ne sortit pas de sa nouvelle chambre de gravité de toute la nuit ni de la journée qui suivirent.
Sans doute avait-il un retard à rattraper et un peu de colère à évacuer.
Sans doute.
Il ne fit son apparition que tard le soir du lendemain, après près de 24 heures d'entraînement ininterrompu, claquant la langue comme à son habitude pour que son repas soit servi par les robots ménagers tandis qu'il allait prendre sa douche, se dirigeant d'un pas lent vers sa chambre. Il mourrait de faim, et tous les muscles de son corps hurlaient comme ils n'avaient plus hurlé depuis la première fois qu'il avait testé la gravité à 300G...
C'était satisfaisant. Plus son corps était poussé à ses limites, plus vite il progressait.
L'évolution viendrait d'elle-même, il en était convaincu. Il le fallait.
Il se trompait.
Tout en ouvrant la porte de sa chambre, il fit balancer doucement sa tête à gauche et à droite pour soulager les muscles de sa nuque et de ses épaules, ceux qui s'étaient pris le plus de coups la veille. Lorsqu'il avait activé la gravité aléatoire, de -600 à 600G. Une erreur.
La totalité des muscles de son corps était dans un état de tension tel qu'ils semblaient ne plus pouvoir se relâcher. Il sentait son pouls battre dans chacune de ses veines et une douleur sourde semblait s'être propagée comme une seconde peau sous sa peau, trop étroite pour son organisme. S'étant débarrassé de ses vêtements trempés de sueur, il se dirigea vers la salle de bains en faisant rouler ses épaules dans l'espoir d'atténuer ce désagrément.
Ce n'était pas quelques courbatures et douleurs musculaires qui auraient raison du prince des saiyans, bien sûr, mais tout de même c'était désagréable.
L'eau brûlante de la douche permit d'atténuer un peu cette douleur. Juste un peu. Comment avait-il pu vivre si longtemps sans eau chaude ?
Il faisait de petits ronds avec les épaules en entrant dans la salle à manger. Son repas était servi. Il s'assit.
Puis il remua la tête de haut en bas. Lentement.
Et s'arrêta net.
Étonné, il tourna la tête en direction de la cuisine, d'où émergea l'humaine au parfum d'épices, une assiette dans les mains.
« Salut ! Lança celle-ci. Ça ne te dérange pas si je me joins à toi ? Je n'ai pas encore mangé... »
Il fronça les sourcils, mais là où n'importe qui aurait interprété une réponse du genre de « Ma tranquillité et moi-même préférons que tu ailles crever de faim ailleurs. », elle sembla comprendre l'inverse et s'assit à côté de lui avec un sourire entendu.
« Ne t'en fais pas, j'ai mon propre repas, je ne touche pas au tien. Tenta-t-elle de le rassurer.
-Où ça ton repas ? S'étonna-t-il. Il n'y a rien dans ton assiette.
-Mais si ! Ça c'est une portion normale pour un humain normal.
-Je sais, mais j'ai du mal à concevoir que vous mangiez si peu.
-Et moi j'ai du mal à concevoir que tu puisses engloutir un volume de nourriture supérieur à celui de ton organisme sans exploser. Répliqua-t-elle en piquant sa fourchette dans son assiette.
-Hnn. Le plus difficile n'est pas de manger, c'est de trouver assez pour oublier la faim.
-Je veux bien te croire, soupira-t-elle. C'est une caractéristique commune aux saiyans on dirait. »
Il ne répondit pas.
Ils mangèrent pendant quelques secondes en silence. Enfin, dans un silence relatif, car la vitesse à laquelle mangeait Végéta incluait de nombreux bruitages de couverts et de déglutition. Ce, sans jamais expédier la moindre miette de nourriture ni sur la table ni par terre, non pas par civisme, mais par un réflexe acquis à l'époque où il ignorait combien de jours s'écouleraient avant son prochain repas.
Puis Bulma reprit la parole :
« Alors, ta nouvelle chambre de gravité ? Satisfait ?
-Ch'est mieuw. Admit-il au bout d'un moment entre deux bouchées.
-Mieux ? C'est tout ce que tu trouves à me dire pour le travail titanesque que j'ai accompli ? »
Il ne répondit pas.
Elle fronça les sourcils et prit un air perplexe. Puis elle ajouta : « Attends, je viens de comprendre. En fait, c'est ta manière de dire que tu es bluffé par mon génie et que mon invention est la plus fantastique de tous les temps.
-Hein ?
-Mais oui. Sinon tu aurais trouvé une critique à faire !
-Humaigne. Il me chemble t'avwoir déyà chignalé que [gloups] je n'aime pas les présomptions à mon sujet.
-Oh ! En plus tu ne réfutes pas ? Donc j'ai raison !
-Humaine, encore un mot et ton assiette disparaît avec le bout de table qui va avec.
-Oh ! Quelle menace ! Fit l'humaine en triant paresseusement ses grains de riz avec sa fourchette, tout en lui jetant un regard brillant de malice.
-Encore un mot et je te casse la figure.
-Eh bien ! Sourit-elle. On dirait que tu es vraiment fatigué ce soir ! Dommage, j'espérais te proposer une petite partie de oorlog.
-N'y compte même pas. Ni aujourd'hui ni un autre jour. J'ai un entraînement à...
-T'entraîner, plus fort, super-saiyan, oui je sais Végéta. C'est lassant à la fin.
-Ch'est twoi qchi est lachante à forche de vouwoir m'inchiter à gâcher monw temps ! » Répliqua-t-il la bouche pleine sans postillonner la moindre miette.
Au plus grand soulagement de Végéta, elle se contenta de hausser les sourcils et de se remettre à manger plus timidement. Au bout de quelques minutes, il en eut assez et avala une bouchée :
« Femme, ce n'est pas possible de manger aussi lentement alors que tu n'as rien dans ton assiette ! Tu le fais exprès !
-Hein ? Non non. Fit-elle d'un air distrait. Ah au fait, tu as des idées de matériel d'entraînement dont tu pourrais avoir besoin ? Maintenant que j'ai fini ta chambre de gravité, je peux inventer plein de nouvelles choses. »
Inconsciemment, Végéta remua la tête pour soulager ses muscles endoloris tout en réfléchissant. Puis il répondit : « J'aurais besoin de quelque chose de très résistant sur quoi cogner.
-Ah. Plutôt du genre cible mouvante ou plutôt du genre cible à toute épreuve ?
-À toute épreuve.
-Okay, une sorte de punching-ball. Je dois pouvoir te fabriquer quelque chose de suffisamment résistant en jellybilles. »
Végéta hocha la tête, et se remit à manger, en se rappelant soudain avec frustration qu'il avait engagé la conversation, à l'origine, pour signaler à l'humaine que sa présence l'agaçait... Ce qui ne semblait pas marcher, car elle entama à nouveau le dialogue au bout de quelques minutes.
« Dis-moi, c'est une jolie langue que tu parlais hier. » Sourit-elle en appuyant son menton sur le dos de sa main accoudée à la table. Il ne répondit pas. Elle poursuivit. « C'est ta langue natale, c'est bien ça ?
-J'ai appris le saiyan et l'universel en même temps. Répondit-il simplement tandis qu'il attrapait le plat de légumes suivant.
-Étonnant. Et il n'y a pas d'autres peuples qui parlent cette langue ?
-Gnon. Et qu'ef-fe que fa peut bwien te faire ?
-Rien, c'est juste par curiosité. Admit-elle. Tu m'apprendrais quelques mots ? » Puis, comme il ne répondait pas, elle prit cela pour un assentiment, alors que c'était le contraire. « Comment est-ce qu'on dit bonjour ? »
Il fronça les sourcils, puis cessa quelques secondes de manger pour lui jeter un regard noir : « De un, je ne vois pas en quoi ça t'intéresse. De deux, il n'y a pas de mot pour ça.
-Quoi ? Comment ça ? Mais comment est-ce que vous vous saluez alors ?
-Aujourd'hui ça n'a plus d'importance, rétorqua-t-il d'une voix grave.
-Pardon. Je veux dire... Vous n'aviez pas de formule de salut ?
-Si, une bonne dizaine. Mais pas de mot.
-Des gestuelles alors ? Pourquoi autant ?
-Ça dépendait de qui parlait à qui.
-Ah bon ? S'enthousiasma-t-elle. Eh ! Montre-moi !... s'il te plaît.
-Pourquoi ?
-Eh bien, ça m'intéresse. Je ne sais pas, pour savoir. Je veux dire, c'est intéressant. Pour mieux te connaître. Et puis je suis curieuse, tu vois... Je suis une scientifique après tout... C'est dans ma nature...
-Hmmm. » Maugréa-t-il en se remettant à manger. Après tout, il s'en fichait bien !
Du coin de l'œil, il la vit qui prenait l'air dépité d'une personne venant d'essuyer un refus. Pourtant elle se trompait encore. Il finissait juste son plat.
Puis il la regarda à nouveau et leva la main à plat en diagonale devant son cœur : « Ça c'est le salut d'un soldat haut gradé envers son prince ou son roi. Un soldat moins gradé fait le même geste en posant un genou au sol. Un prisonnier ou ennemi pose les deux genoux au sol... D'ailleurs, Frieza a toujours cru que c'était ce salut que lui faisaient les saiyans, alors qu'en vérité on serrait le poing contre l'épaule, comme ça... La symbolique est très différente. » Il vida le plat de pâtes qu'il venait d'attraper avant de continuer.
« Sinon... Ce geste-là c'est pour un soldat qui salue un élite. Un ennemi pose un ou deux genoux au sol en plus. Ça c'est pour un élite qui salue un soldat. Ça c'est pour un sur-élite, prince ou roi, qui salue un grade inférieur, enfin, si il juge nécessaire de le saluer... Ça c'est pour saluer un rival, ou une personne contre qui on s'apprête à se battre. C'était notamment le salut en arène... Du moins, quand on ne méprisait pas trop son adversaire, sinon c'était ce geste-là (il fit un doigt d'honneur, mais Bulma ignorait si la signification était la même) qui servait à saluer un ennemi ou personne que l'on méprise... Voilà. Ah si ! Ça c'est pour saluer une personne de grade égal contre qui on ne s'apprête pas à se battre... C'est comme ça que je saluais mon père. Et ce geste-là c'est pour saluer un égal pour qui on a de l'estime, ou un frère d'armes. C'était relativement peu utilisé, mais mon père me saluait parfois comme ça. »
Bulma restait silencieuse devant Végéta qui se tenait de demi-profil, la regardant de côté, avec la paume de sa main la plus éloignée dirigée vers elle, à angle droit avec son bras. Le pouce était replié par dessus l'annulaire et l'auriculaire, tandis que l'index et le majeur étaient tendus vers le haut. Elle sourit d'un air entendu et reproduisit le geste dans la direction de Végéta.
« Non, plus pliés les deux doigts du bas, regarde, comme ça. Remarqua-t-il d'un air sévère, avant de réaliser ce qu'il était en train de faire et d'ajouter : Mais ce n'est pas ce geste-là que tu devrais m'adresser. »
En réponse, Bulma lui sourit d'un air entendu en appuyant à nouveau le menton sur sa main, et dévia le sujet : « Et pour dire au revoir ?
-Les mêmes gestes. Répondit-il après avoir froncé les sourcils.
-Ah. Bon. Et pour dire merci ?
-Les mêmes gestes.
-Ah. D'accord. Admit-elle, perplexe. Et sinon, il vous arrivait d'utiliser des mots ?
-Oui, pour dire des choses utiles. »
ooooo
Bulma tenta tant bien que mal de faire parler Végéta encore un peu, parvenant à lui faire prononcer des mots essentiels tels que « combat », « tuer » et « manger ». Mais, pour garder l'attention du saiyan, elle rivalisait avec beaucoup de difficulté face aux nombreux plats de nourriture qu'il vidait un à un. Ce type lui donnait l'impression qu'elle était une parasite, une gamine à la conversation inintéressante, une personne indigne de son attention, et cela la vexait.
D'un autre côté, ces phases de silence lui permettaient d'observer.
Il avait l'air fatigué. Elle avait depuis longtemps pris l'habitude de le scruter, à l'affût de la moindre blessure. De blessure il n'y avait pas. Mais des bleus, si. Partout sur son torse nu. Un là, un autre là, deux sur son épaule, et encore un sur son coude. Il avait probablement dû essayer de tester la gravité à 600G, ou peut-être même le mode aléatoire. Pourvu qu'il n'ait pas essayé les deux en même temps ! Oh, mais il aurait été bien plus blessé que ça s'il l'avait fait, non ?
C'est là qu'un autre détail attira son attention.
« Tu as mal au dos ? » S'étonna-t-elle.
Végéta, qui était en train d'étirer ses épaules vers l'arrière en penchant la tête vers l'avant, s'arrêta net dans son mouvement, lui jeta un regard noir, puis détourna immédiatement les yeux pour se remettre à manger : « Non. »
« Mais bien sûr, sourit Bulma. Vous, les guerriers, vous êtes tous pareils. À jouer les durs face aux autres et à préférer souffrir en silence.
-Seuls les faibles d'esprit se plaignent pour un rien.
-Hm, d'accord. Accorda-t-elle avec malice. Mais il n'y a pas qu'eux qui ont le droit de se faire soigner, heureusement. » En disant cela, elle se leva lentement.
Pour toute réponse, il se contenta de hausser les épaules, terminant d'engloutir son dernier plat, qui d'ailleurs était une entrée. Il semblait croire qu'elle ne pouvait rien faire pour soulager des muscles endoloris par trop de travail. Il semblait espérer qu'elle s'en aille. Il se trompait.
« Je vais te faire un massage ! Annonça-t-elle en faisant craquer ses doigts, au moment exact où il posa ses couverts, ayant fini de manger.
-Un quoi ? Répliqua-t-il d'un ton méfiant en se tournant vers elle comme s'il se sentait menacé.
-Un massage. Ne me dis pas que tu ne sais pas ce que c'est ?
-Tu n'approcheras pas tes sales pattes de moi. Grogna-t-il en fronçant les sourcils et se levant.
-Et comment veux-tu que je te masse sinon ?
-Fiche-moi la paix, humaine !
-Non mais quel parano ! Rassieds-toi je te dis ! Ne me dis quand même pas que je te fais peur ? Tu m'a déjà laissé te soigner des dizaines de fois, je t'ai déjà étalé de la crème pour les brûlures sur le dos, c'est pareil !
-Humaine, je ne suis pas blessé. Articula-t-il froidement, nez à nez avec elle.
-Justement, c'est pour ça que je n'ai pas besoin de t'emmener à l'infirmerie. Quoique si tu préfères, je pourrais peut-être y trouver de l'huile de massage.
-Humaine, je... Tenta-t-il de répéter lentement.
-Non, arrête avec ça ! Le coupa-t-elle en ponctuant son discours d'un index accusateur. Je vois bien que tu as mal aux épaules, et je suis une experte en massages, alors non, je ne te laisse pas partir comme ça ! Et j'apprécierais que tu me fasses un peu confiance. Arrête de croire que je vais te planter un couteau dans le dos à chaque instant, si j'avais voulu le faire, tu serais déjà mort à l'entraînement. Alors maintenant tu arrêtes de me jeter ton regard d'assassin, tu te rassois, et tu me laisses trente secondes pour te soulager ton dos. Si tu ne le fais pas, j'en déduirai que tu as peur d'une misérable humaine comme moi ! »
Le regard qu'il lui jeta en retour s'enflamma d'une lueur meurtrière. Elle le soutint.
« Sale insolente. Articula-t-il d'une voix où grondait une colère contenue.
-Allez, tenta-t-elle avec un sourire conciliant. Je te jure que je peux soulager tes muscles et ça me ferait plaisir de le faire, alors s'il te plaît ne te fais pas prier. Tu dormiras mieux et seras plus en forme demain pour t'entraîner... »
Première seconde. Il la fixa sans bouger.
Deuxième seconde. Il expira bruyamment par le nez.
Troisième seconde. Il se rassit sur sa chaise, dos à elle. Et lança par dessus son épaule : « Dix secondes, humaine. Et ensuite tu me fiches la paix. »
Une soudaine tension empêcha Bulma de savourer pleinement cette petite victoire, alors qu'elle posait prudemment ses mains sur les épaules nues du guerrier. N'ayant que dix secondes, elle se mit à fonctionner d'instinct : les talons de ses mains se positionnèrent de chaque côté de la colonne vertébrale, juste sous le cou, et elle appuya de toutes ses forces.
Il ne bougea pas. La peau sous ses doigts était comme du métal.
Lentement, ses mains glissèrent vers l'extérieur, vers les omoplates, en décrivant de petits cercles. Là elle remonta ses mains sur les nerfs toujours si sensibles du dessus des épaules, et pinça de toutes les forces de ses petites mains, entre la paume et tous ses doigts.
C'était ridicule. Elle avait l'impression tout à fait saugrenue de masser une statue. La peau de Végéta était, comme toujours, dure et froide comme l'acier. Il ne sentait probablement rien. Qu'attendre de plus de la part d'un guerrier capable de passer à travers une montagne sans une égratignure ?
Mais il ne bougeait pas, alors elle continua.
L'étau de ses mains remonta lentement sur les épaules jusque sur le cou, continuant d'appuyer et de pincer les muscles là où ils semblaient le plus enflés, effectuant de petits ronds avec les pouces en pressant de toutes ses forces.
Elle renouvela la manœuvre. La colonne vertébrale, jusqu'aux omoplates. Pincement des épaules jusque sur le cou. Petits cercles. Points d'appui sur les muscles enflés et dans les creux.
Bulma avait perdu la notion du temps tandis que ses mains répétaient des automatismes aussi connus que le maniement du fer à souder et du clavier d'ordinateur. Elle appuyait à présent directement les phalanges de ses poings fermés de chaque côté de son dos, descendant lentement jusqu'à ce que ses mains soient bloquées par le dossier de la chaise. Elle remonta à la base du cou, et recommença.
Ses poings fermés se posaient de part et d'autre la colonne vertébrale, et s'éloignaient lentement en s'appuyant si fort que ses phalanges s'enfonçaient presque dans la peau sur laquelle elles glissaient péniblement. De la colonne vers l'extérieur. Descendre de trois centimètres, recommencer. Trois centimètres, et vers l'extérieur. Maudit dossier de chaise. Remonter sur le cou.
Elle appuya ses pouces à plat sur sa nuque et recommença à effectuer de petits mouvements circulaires en descendant. La peau de la nuque était encore plus brûlante que celle des épaules.
Appuyer de la sorte avec des petits doigts fragiles était très fatigant. Alors Bulma appuya son coude sur le dessus de l'épaule du guerrier, juste dans le creux, juste devant le nerf. Et le déplia lentement. En enfonçant bien son coude sur le nerf douloureux. Elle crut l'entendre expirer un peu plus bruyamment que d'ordinaire. Mais c'était sans doute son imagination.
Puis elle renouvela l'opération sur l'autre épaule, avec l'autre coude. Puis elle recommença à faire descendre ses phalanges appuyées tout le long de la colonne vertébrale, depuis le cou jusqu'au dessous des omoplates, ce qui était bien plus facile depuis qu'il avait penché la tête en avant et s'était dans le même mouvement éloigné du dossier de chaise.
Elle en profita pour masser plus bas sur le dos. Puis elle recommença les mouvements circulaires du début, avec le talon des mains puis poings serrés. C'est là qu'elle commença à se rendre compte...
… Que la peau sous ses doigts était souple et rêche. Comme de la vraie peau.
… Que son dos était brûlant.
… Qu'il avait appuyé ses bras croisés sur la table devant lui, complètement penché en avant.
… Que les dix secondes étaient écoulées depuis très longtemps.
Cette réalisation la fit sans doute ralentir dans son mouvement, ou peut-être relâcher la pression, toujours est-il que Végéta effectua un petit mouvement de tête. Discret. Bref. Sec. Elle l'avait peut-être même imaginé. Comme un rappel menaçant qu'elle n'avait qu'une seule et unique chance.
Saisissant l'avertissement, Bulma continua à masser de plus belle. Avec une sensation mélangée de chaleur, de nervosité et d'émerveillement, qui créait en elle un remous étrange.
Des bras jusqu'à la nuque. Du milieu du dos jusqu'à la base de ses cheveux. Lorsque ses doigts faisaient mal, elle massait avec les poings. Lorsque ses poignets faisaient mal, elle massait avec les coudes. Et lorsqu'enfin ses bras lui firent mal, elle commença à alterner les phases de massage en appuyant ses poings avec des phases ou elle faisait simplement glisser ses ongles sur sa peau. Pas en griffant mais avec le dos des mains.
Tandis qu'elle continuait à masser, une étrange vibration grave se mit à résonner dans la pièce, par intermittences. Sans s'arrêter, Bulma fronça les sourcils en se demandant quelle invention bruyante était encore en train d'inventer son père. Mais rien ne pouvait la déconcentrer.
Et tandis qu'elle massait, Bulma observait les nombreuses cicatrices qui striaient le dos du saiyan. Aurait-elle l'occasion un jour de lui demander leur histoire ? Quels récits héroïques ou bien morbides se cachaient encore derrière toutes ces striures beige, celles dont il ne lui avait jamais parlé ?
C'est lorsque la peau sous ses doigts devint subitement grêle qu'elle réalisa ce qu'elle était en train de faire : absorbée dans sa contemplation, elle n'était plus vraiment en train de masser, elle ne faisait plus qu'effleurer du bout des doigts sans plus appuyer ni phalanges ni ongles. Bref, un massage léger.
Elle se figea, observant le phénomène avec curiosité... Peut-être Végéta avait-il froid ? Non, il était brûlant... Mais alors, comment expliquer qu'il ait la chair de poule ?
Elle n'eut pas le temps de s'interroger davantage, car sur ces entrefaites, le guerrier qui lui tournait le dos posa ses mains sur la table et se leva. Il jeta vers elle un regard neutre, puis s'en fut sans dire un mot.
ooooo
Végéta dormit d'un sommeil lourd cette nuit-là.
Il ne se mit à pester que le lendemain.
Certes, ses épaules étaient encore douloureuses, mais rien qui sorte de l'ordinaire. Et cela faisait tout de même moins mal que la veille. Franchement moins mal. Et son dos aussi. Et sa nuque aussi.
Il ne savait pas qu'en penser.
D'une part, il se sentait relativement reposé et ressourcé (il s'était endormi comme une pierre dès qu'il était entré dans sa chambre), d'un autre côté, il n'appréciait pas du tout que l'humaine soit parvenue à un tel résultat. Comment, rien qu'en appuyant sur les muscles douloureux de son dos, était-elle parvenue à faire tomber ses défenses comme le vent sur un château de cartes, à lui qui ne baissait jamais sa garde ? À presque l'obliger à retenir sa respiration ?
Cette femelle commençait à avoir une sorte d'influence bizarre sur lui, et cela ne lui convenait absolument pas. Personne n'avait d'influence sur le fier prince des saiyans.
Il gardait bien à l'esprit que les humains appartenaient, semblait-il, au groupe des espèces manipulatrices. Il convenait donc de se méfier. Jamais il n'aurait dû accepter de s'abaisser à jouer les gardes du corps pour une représentante minable d'une sous-espèce minable. Même pour la salle d'entraînement de ses rêves. Et pourtant il l'avait fait. Et pourquoi diable avait-il consenti à lui parler de la culture saiyan ?
Saleté de terrienne. Pesta-t-il en retournant s'entraîner dans sa nouvelle chambre de gravité.
Après un échauffement rapide d'à peine deux heures à 450G, il se décida de retenter l'expérience de la gravité aléatoire, mais avec un maximum de 400G cette fois. Ce fut amplement suffisant.
Saleté de terrienne. Pestait-il en luttant de toute son énergie pour éviter de se retrouver projeté contre les parois neuves de la chambre, luttant contre un haut-le-coeur alors que les murs devenaient tour à tour le sol puis le plafond sans qu'il ne parvienne à prévoir à l'avance où serait le haut du bas, s'il parviendrait à lutter assez vite contre l'inversion de gravité, et si non, avec quelle force il s'écraserait sur quelle paroi.
Saleté de terrienne. Pestait-il quand, après plusieurs heures de lutte effrénée contre une force violente et invisible, il se décida à retourner à ses exercices de musculation habituels, et à ses combats contre des ennemis invisibles, sous une gravité étouffante de 460G. Il ne tolérerait pas le moindre relâchement.
Saleté de terrienne. Pesta-t-il le soir venu alors qu'elle tenta à nouveau de se joindre à lui lors de son repas.
« J'ai fabriqué ton punching ball. Annonça-t-elle fièrement en s'asseyant à côté de lui. Il est dans mon laboratoire, tu pourras venir le tester quand tu veux. S'il te convient tu pourras l'emporter dans ta chambre de gravité. N'hésite pas à me demander des modifications ou à me dire si tu en veux plusieurs. »
Cette fille est incroyable. Pestait-t-il en repartant le soir-même avec l'énorme forme en jellybilles, ovoïde et munie de pattes, qu'il avait frappé sans retenue pendant une demi-heure sous le regard perçant de la scientifique, sans que l'objet ne semble se détériorer le moins du monde.
ooooo
Une dynamique d'évolution constructive s'installa à nouveaux entre nos deux protagonistes durant quelques semaines.
Entre ses tâches de travail quotidien, Bulma veillait scrupuleusement à consacrer un peu de temps aux demandes que lui formulait Végéta le soir quand elle allait manger avec lui.
Au début, ça n'avait pas été simple pour elle de décaler son heure de repas aussi tardivement, d'autant plus qu'elle ne mangeait donc plus avec ses parents le soir. Curieusement, ceux-ci n'avaient pas semblé surpris outre-mesure de ce décalage. Qui plus était, c'était bien plus facile pour elle de se garantir un temps de communication avec Végéta, à un moment où il était moins pressé que le reste de la journée. Donc, elle bénéficiait d'un temps garanti pour tenter d'en apprendre plus sur son potentiel-futur-homme-le-plus-chanceux-du-monde-d'être-avec-la-plus-géniale-et-belle-fille-de-la-Terre. Et également tenter de l'impressionner en le faisant profiter de son génie. Elle inventait donc régulièrement de nouvelles machines de guerre ou de torture qui serviraient de jouets pour le saiyan.
Au final, même s'il s'avérait n'être pas le bon candidat petit-ami, ce type n'en restait pas moins intrigant. Elle ne se plaignait donc pas de passer du temps avec cet homme mystérieux et complexe, ni de passer tant de temps à réaliser des inventions pour lui. Elle aimait les défis.
Et rien ne la satisfaisait plus que de le voir repartir avec une nouvelle machine sans formuler le moindre commentaire.
Parce qu'elle avait enfin fini par comprendre un détail important : là où il n'y avait pas de critique, c'était un compliment. Lorsque le soir, il annonçait d'une voix autoritaire « J'ai détruit ton nouveau robot, refais-m'en un autre plus solide. », alors elle avait l'impression d'entendre quelque chose comme « J'étais tellement ravi des nouvelles fonctionnalités de ce robot que je m'en suis trop servi, et qu'à mon plus grand désarroi elle a fini par céder. Cependant, ta création est tellement parfaite que j'adorerais en avoir un autre, et s'il était plus résistant je pourrais profiter de ta géniale invention encore plus longtemps. » Mais bien sûr, Végéta n'aurait pas été Végéta s'il avait ne serait-ce que pensé un tel compliment. Elle avait enfin fini par le comprendre. Et manquait de sauter de joie lorsqu'il formulait cette phrase si simple qui voulait tant dire pour elle.
Même un homme comme Végéta ne pouvait que s'incliner devant l'ampleur de son génie !
C'était à peu près tout ce qu'il acceptait de lui dire cependant, malgré tous les efforts de Bulma pour engager une conversation civilisée. Il était décidément de moins en moins bavard, à part pour formuler des critiques. Elle ne parvenait que très rarement à entamer un débat. Une ou deux fois seulement il avait accepté de lui concéder quelques minutes de son précieux temps pour jouer au oorlog. Et impossible de tenter à nouveau de lui faire un massage, car il éludait alors la proposition par un platonique « Inutile. » accompagné d'un geste de la main marquant son désintérêt. Elle était légèrement vexée, mais ne se laissait pas déstabiliser pour autant.
Et puis il y eut le soir où elle lui annonça : « Demain nous avons un collègue scientifique qui vient nous rendre visite. Il restera deux semaines.
-Hlmf. Répondit son interlocuteur occupé à manger.
-Je mangerai avec lui et mes parents le soir. Mais...
-Femme, je n'en ai absolument rien à faire de quand et avec qui tu manges. De toutes manières tu ne manges rien.
-Oh, s'il te plaît, arrête avec ça ! Et puis ne t'inquiète pas, normalement on devrait toujours pouvoir se voir le soir, même si je ne mange pas avec toi
-Pourquoi est-ce que je devrais m'inquiéter à l'idée d'avoir enfin la paix pour manger ?
-Eh ! C'est méchant ça, Végéta !
-Hnn ! Ricana-t-il en se retournant vers son assiette.
-Bon, reprit-elle, ce que j'essaie de te dire, c'est que j'aurai aussi moins de temps à consacrer aux inventions et aux réparations pour ton entraînement.
-...
-Tu comprends, Grenoy, mon père et moi nous allons travailler sur un projet multipartenarial de conception techno-agroécologique qui...
-Humaine, je m'en fiche.
-Ah... Bon, mais tu essaieras de ne pas trop forcer sur ton matériel s'il te plaît ? Juste pendant deux semaines.
-Non.
-Rhaaa ! Pesta-t-elle. S'il te plaît ! Après j'aurai de nouveau tout mon temps pour tes réparations. Si je dilapide la fortune familiale à inventer uniquement des objets qui ne nous rapportent rien, il va y avoir un moment où on ne pourra plus continuer !
-Hm...
-Bon, essaie juste de ne pas faire de casse majeure s'il te plaît. Soupira-t-elle. Juste deux petites semaines. » Puis, comme il ne répondait pas et venait de se lever, ayant fini de manger, elle ajouta : « Eh ! J'ai confiance en toi, d'accord ? » Il ne répondit pas.
Elle se trompait.
ooooo
Végéta pensait bénéficier de deux semaines pendant lesquelles il pourrait à nouveau prendre ses repas tranquilles en solitaire.
Il se trompait.
Au bout d'une demi-heure, le premier soir, il pestait déjà.
En temps normal, l'humaine l'agaçait par sa présence, ses attentions futiles, son bavardage incessant et ses remarques perçantes. Et voilà que maintenant elle l'agaçait par son absence.
Il mangea plus vite que d'ordinaire, ayant vaguement dans l'idée de retourner s'entraîner un peu avant d'aller dormir. Et c'est lorsqu'il commençait vraiment à s'agacer de l'absence de l'humaine que celle-ci fit son apparition, lui rappelant ô combien, finalement, il préférait la solitude.
Elle lui présenta, tout sourire, son prétendu collègue de travail qui allait l'empêcher de travailler sur SON matériel à LUI pendant deux semaines entières. Végéta n'accorda qu'un bref regard à l'individu qui sembla littéralement se recroqueviller sur lui-même. Il ressemblait à un homme-insecte qui aurait perdu sa carapace.
Pas la moindre force de combat.
Timide et peu d'esprit.
Rien à manger sur cette créature.
Bref aucun intérêt.
Pourquoi l'humaine au parfum d'épices perdait-elle son temps à travailler avec un tel énergumène ?
La semaine allait être longue.
ooooo
En effet, ces deux semaines furent longues. Les trois scientifiques ne tenaient pas en place.
Une fois, ils ne sortirent pas des laboratoires du quatrième étage pendant plus de deux jours.
Une autre fois, Végéta les trouva dans la salle à manger, occupés à parler sans se préoccuper du contenu de leurs assiettes, et occupant toute la surface de la table avec calepins et feuilles de papier. Il dut les chasser pour pouvoir manger.
L'humain chétif avait un comportement étrange à proximité de l'humaine, et une odeur insupportable. Il lui souriait comme un imbécile et semblait d'accord avec tout ce qu'elle pouvait dire. L'humaine, au contraire, avait un comportement différent dès qu'elle réalisait que Végéta était là. Elle lui envoyait des sourires malicieux, des clins d'œil, puis retournait à ses constructions métalliques avec son père et l'humain maigrichon. Végéta n'avait pas la moindre idée de comment interpréter un comportement aussi bizarre. Sans doute des codes terriens.
Mais en tout cas, cela l'agaçait. Vraiment.
Heureusement, il avait un punching-ball.
Mais peu de temps avant la fin des deux semaines, Bulma vint à nouveau lui annoncer que le maigrichon resterait quelques jours de plus. Elle tenta d'argumenter qu'ils étaient à deux doigts d'une découverte incroyable, mais Végéta ne voulut rien entendre.
« Humaine, arrête de te moquer de moi ! Je n'en ai rien à faire de tes découvertes du siècle ! Ce que je vois, c'est que mes vingt-trois robots sont empilés dans l'annexe de ton laboratoire depuis plus d'une semaine, en attendant d'être réparés. Il ne me reste plus que celui à cogner ! Comment veux-tu que je m'entraîne dans des conditions aussi misérables ?
-Oh, eh bien si tu n'es pas content, tu n'as qu'à trouver un meilleur endroit dans l'espace pour aller t'entraîner !
-Tsss ! C'est incroyable comme les terriens sont volatiles ! Il n'y a pas si longtemps, tu me garantissais le meilleur équipement de l'univers ! Tu manques à ta parole, humaine. (Puis il ajouta d'une voix sifflante) Et je te rappelle que je n'ai pas le moindre autre intérêt à ne pas détruire ta misérable planète, à part le matériel d'entraînement que justement tu ne me fournis plus depuis deux semaines.
-Oh, arrête avec tes menaces dans le vent ! Tu y trouves d'autres intérêts et tout le monde le sait ! J'ai besoin d'énumérer ? La gastronomie, l'eau chaude, la perspective d'un bon combat quand tu seras à la hauteur... Sans compter mon agréable présence...
-Non, en effet, ça ça ne compte pas.
-Bon écoute, soupira-t-elle, tu as tenu deux semaines sans réparations, alors tu tiendras bien trois jours de plus. Notre projet est presque abouti, on ne peut pas abandonner maintenant.
-Tsss ! Si je tuais le maigrichon chétif, tu n'aurais plus d'impératif pour finir ton invention inutile, et tu pourrais te consacrer à réparer mes affaires avant.
-Le tuer ? Mais qu'est-ce que tu racontes ? (Puis elle ajouta avec un sourire moqueur) Tu n'es tout de même pas jaloux ?
-Jaloux de quoi ? Demanda-t-il perplexe. Je réclame mon dû. Du matériel d'entraînement en état de fonctionnement. C'est trop demander ?
-Pfff ! Laisse tomber ! S'agaça Bulma. Dans trois jours je te fais tes réparations. Trois jours. En attendant débrouille-toi. Il faut que tu comprennes que ce n'est pas parce que je mets ma science à ton service que ça fait de moi ta servante.
-Ah bon ? S'étonna-t-il faussement en haussant un sourcil méprisant.
-Ne me sous-estime pas Végéta. Menaça-t-elle. Et arrête de me prendre pour ce que je ne suis pas. Tu finiras par le regretter. »
Puis elle tourna les talons et quitta la pièce sans se retourner lorsqu'il éclata de rire.
Il ne rirait pas longtemps.
ooooo
BANG ! BANG ! BANG !
Ses poings s'enfonçaient répétitivement dans le métal épais, laissant des traces profondes de plusieurs centimètres qui se refermaient rapidement.
BANG ! L'autre poing.
BANG ! La trace d'impact précédente était déjà refermée. Son poing s'enfonçait à nouveau.
BANG ! Ses jointures étaient douloureuses.
BANG ! Il savait que ses poings étaient bleus, peut-être même qu'ils saignaient. Végéta s'en moquait.
BANG ! Imagine la tête du minable guerrier terrien qui prenait l'humaine par la taille.
BANG ! Il est parti, bon débarras !
BANG ! Imagine la tête du misérable humain chétif et insignifiant avec lequel elle passe ses journées.
BANG ! Il part demain, bon débarras !
BANG ! Cette fois, ils ne vont pas rallonger son séjour, leurs calculs ont abouti. C'est évident.
BANG ! Pourquoi n'étaient-ils pas dans leur laboratoire ces imbéciles ? Comme si j'avais quelque chose à faire de leurs effusions de joie !
BANG BANG ! Des cris lui parvenaient de la salle à manger où il s'était dirigé, ce matin-là comme à son habitude, pour manger avant d'aller s'entraîner.
BANG ! C'était des cris étranges. Comme un débat enflammé, mais enthousiaste et sans colère. Hystérique.
BANG ! Lorsqu'il était arrivé, il s'était arrêté au niveau de la porte, observant avec effarement les trois scientifiques installés autour de la table à une heure à laquelle ils étaient sensés dormir.
BANG ! Le vieux scientifique était assis, regardant avec attention l'immense feuille de papier sur laquelle sa fille et l'insignifiant, tous deux debout, ajoutaient tour à tour des traits de crayon en débattant avec frénésie sur un sujet quantique et mécanique que Végéta ne comprenait pas, pas uniquement parce que le sujet ne l'intéressait pas, mais surtout parce que la voix de la femelle vrillait dans les aigus tandis qu'elle criait. Hors de question qu'il mange dans un raffut pareil !
BANG ! Puis le son avait encore monté, alors qu'ils terminaient manifestement la partie du schéma qui leur manquait, et Bulma sauta de joie en vrillant les tympans de tous les animaux de la maison. Elle avait serré son père dans ses bras, puis l'insignifiant, qui l'avait étreinte en retour, avec la manifeste intention de ne pas la lâcher.
BANG BANG BANG BANG ! L'humaine avait ri, et réussi à s'éloigner des sales pattes de cet humain insectoïde raté. Et là elle s'était tournée vers Végéta.
BANG ! Comment avait-elle su qu'il était là, mystère. Elle ne portait pas son détecteur à l'oreille. Peut-être avait-il grogné, dans sa mauvaise humeur ?
BANG BANG BANG ! Et là elle s'était illuminée davantage de son sourire radieux, et avait sautillé jusqu'à lui. « Végéta ! On a réussi ! » S'était-elle exclamée en écartant les bras et continuant à s'approcher, comme si elle envisageait de le serrer dans ses bras aussi comme elle l'avait fait pour les deux autres.
BANG BANG ! Et elle l'avait fait.
BANG ! Surpris (car tout de même, il ne s'attendait pas à ce que l'humaine tienne si peu à sa vie), il s'était retrouvé avec les bras de la femelle au parfum d'épices enroulés autour de son cou, et sa poitrine généreuse plaquée contre ses bras croisés.
BANG BANG BANG ! Il n'avait eu que le temps d'écarquiller les yeux avant qu'elle ne réalise ce qu'elle était en train de faire et ne sauve sa vie en s'écartant. Là, elle l'avait regardé dans les yeux, sautant sur place pour communiquer son enthousiasme en répétant : « On a réussi ! Tu te rends compte ? On a réussi ! »
BANG ! « C'est bien, avait-il répondu, comme ça vous allez pouvoir débarrasser ma table et tu pourras réparer mes machines d'entraînement. »
BANG ! Elle avait joyeusement confirmé ce fait avant de retourner partager son allégresse avec les gens de son espèce.
BAAANG ! C'est pas trop tôt ! Songeait-il en envoyant une attaque énergétique sur sa cible indestructible.
BAAANG ! Maintenant, plus de parasite pour distraire l'humaine de son travail.
BAAAAAAANG ! Une perspective que ses robots d'entraînement soient réparés, et qu'elle lui en construise de nouveaux. Il avait plein d'idées.
B-BANG ! Végéta envoyait des attaques énergétiques de plus en plus puissantes, tentant d'évacuer dans la violence un agacement dont il ignorait l'origine.
B-BAAAANG ! Il voulait entendre un son plus fort, plus violent, plus puissant.
B-BAAAANG ! Plus fort ! Toujours plus fort !
B-BAANG ! Le punching-ball métallique, même complètement démantelé et réduit à la forme d'une éponge fondue, se reconstituait en moins d'une secondes comme si l'impact l'avait manqué.
BANG ! Plus fort ! Végéta voulait entendre un son encore plus fort !
BANG ! Imagine, tous tes ennemis réduits en cendres par la plus puissante des attaques énergétiques !
BANG ! Dans ta sale tronche niaise, Karkarott !
BANG ! Encore plus fort, un vrai « bang » ! Un gros « bang » ! La paume à plat.
...
Le big bang qui se produisit alors fut entendu dans toute la ville et fit trembler Capsule Corporation.
La structure de métal contre laquelle s'acharnait Végéta explosa en pièces à sa plus grande satisfaction.
Il pensait que celle-ci allait se reconstituer malgré tout.
Il se trompait.
DRRRRRRR ! Les centaines de billes métalliques se répandirent partout sur le sol de la chambre de gravité.
GZBZFZJZ ! Des arcs électriques fusèrent dans tous les sens, et Végéta ne parvint à les éviter que parce qu'il avait la chance d'être en plein vol.
PCHIUWWW ! L'arrêt d'urgence s'activa et la gravité se coupa. Végéta manqua de se retrouver précipité au plafond.
BRZ ! Les lumières s'éteignirent.
Et les millions de billes métalliques qui constituaient les murs de la chambre de gravité tombèrent au sol en un « BRRRRRRRRRRR » semblable au bruit du déluge.
Végéta, enfoncé jusqu'à la taille dans une piscine de billes métalliques inertes, resta un instant contemplatif.
« Et merde. » Fit-il enfin, croisant les bras d'un air perplexe.
L'humaine allait hurler.
Il ne se trompait pas.
