[Note de l'auteur] Un très grand merci à vous pour toutes vos reviews ! 99, je n'en reviens pas ! Vous m'avez fait un très beau cadeau d'anniversaire ! Et un chapitre supplémentaire pour vous remercier ! En espérant qu'il vous plaise, je travaille à la suite. J'espère juste ne pas vous décevoir maintenant qu'on s'approche doucement du coeur du problème. Encore une fois, toutes vos suggestions, encouragements et conseils sont les bienvenus !

Merci encore !


L'élément liquide

La secousse avait fait trembler la maison, rappelant à Bulma le désagréable souvenir de l'explosion de la capsule spatiale.

« Ma parole ! Il y a des tremblements de terre tout le temps par chez vous ! S'exclama Grenoy en levant la tête de son écran de programmation.

-C'est étrange. Remarqua monsieur Briefs appuyé sur la table où se trouvait le schéma géant du prototype dont ils avaient enfin terminé la formulation le matin-même. D'habitude les tremblements de terre ne font pas ce bruit-là...

-Ah bon ? »

Les laissant parler, Bulma, installée face à son ordinateur où elle était occupée à entrer des lignes d'algorithmes interminables, s'était directement connectée au réseau qui enregistrait en direct les statistiques de la chambre de gravité. « Végéta. » Murmura-t-elle en découvrant avec effroi que l'arrêt d'urgence s'était activé et que plus aucun signal ne lui parvenait de la salle.

Puis elle partit en courant.

« Oh... J'espère qu'il ne s'est pas blessé cette fois... Remarqua le vieux scientifique en jetant un œil aux données sur l'ordinateur de Bulma.

-Je vais avec elle, au cas où elle aurait besoin d'aide. Déclara le scientifique maigre avec une mine inquiète.

-Ça, jeune homme, je te le déconseille.

-Ah bon ? Pourquoi ?

-Crois-en ma longue expérience, nous sommes plus en sécurité ici pour le moment. »

ooooo

C'est au beau milieu du couloir menant à la chambre de gravité que Bulma tomba nez-à-nez avec un saiyan torse-nu et couvert de sueur, ses poings serrés dégoulinant de sang et une aura de meurtre autour de lui et dans ses yeux noirs.

« Végéta ! Tu vas bien ? » S'inquiéta-t-elle en s'arrêtant face à lui et le scrutant automatiquement, en quête d'une blessure grave. Constatant qu'il n'y avait rien, hormis ses mains, elle leva les yeux et fronça les sourcils. « Qu'est-ce qui s'est passé ? »

Végéta fronça à son tour les sourcils jusqu'à plisser les yeux en un regard plus tranchant qu'un laser. Il fit un pas menaçant vers elle, et Bulma recula. « Il y a que tes minables machines dont tu es si fière sont très loin de tenir leurs promesses. J'aurais du m'en douter ! Tu n'es qu'une inventrice de pacotille et ton soutien technique à deux balles ne sert qu'à me faire perdre du temps ! »

Aussitôt, le regard de la scientifique s'aiguisa à son tour, jusqu'à rivaliser en intensité avec celui du tueur face à elle. Elle n'était pas dupe. « Qu'est ce que tu as cassé cette fois ? » Demanda-t-elle d'une voix glaciale qui annonçait la tempête.

« Tu veux dire, qu'est ce qui a explosé tout seul cette fois ? » Cracha-t-il avec mépris.

Avec un long regard d'avertissement, Bulma rompit lentement le contact visuel et passa à côté de Végéta, se dirigeant vers la chambre de gravité, tout en vérifiant du coin de l'œil qu'il la suivait.

Puis elle aperçut la zone sinistrée au travers de la porte restée ouverte et se figea.

Telles une rivière de métal, les millions de billes qui constituaient autrefois les murs et le sol de la salle de gravité avaient débordé par la porte et s'étaient répandus dans le couloir.

Se tenant derrière elle à distance prudente, Végéta la vit soudain perdre ses couleurs, devenant plus pâle encore que la blouse qu'elle portait par dessus ses vêtements. Elle resta immobile pendant un temps qui lui parut une éternité, puis elle s'avança d'un pas fantomatique jusqu'à l'entrée de la salle, glissant ses pieds entre les billes de métal. Elle regarda à l'intérieur, à gauche, à droite, en haut, en bas. Puis elle s'agenouilla et tendit la main pour faire glisser entre ses doigts les petits objets inertes.

Une seconde.

Deux secondes.

Trois secondes.

D'instinct, Végéta recula d'un pas en sentant le ki de Bulma prendre sa forme habituelle en pelote d'épingles. Juste avant qu'elle ne se lève et fasse volte-face.

« NON MAIS TU TE MOQUES DE MOI ! C'EST PAS POSSIBLE ! COMMENT TU AS FAIT POUR COURT-CIRCUITER UN DISPOSITIF CENSÉ RÉSISTER À UNE FORCE DE VINGT TÉRA NITON ?! » Hurla-t-elle. « De quel droit tu t'imagines pouvoir déployer la puissance d'une ogive nucléaire dans MA maison ? Tu l'as fait exprès ! C'est impossible autrement ! Non mais regarde-moi ça ! Je n'ai jamais vu quelqu'un avec d'aussi irrespectueux pour les inventions que je mettais gracieusement à sa disposition ! Même Goku est capable de comprendre ça ! Et toi tu...

-HUMAINE ! Tonna Végéta en retour. Si cette machine est tombée en miettes c'est uniquement à cause de ton incompétence. Je n'ai pas de temps à perdre avec tes reproches, alors mets-toi tout de suite au travail et reconstruis-moi une salle d'entraînement digne de ce nom !

-Oh parce que tu t'imagines que je vais la réparer ? Non mais vas crever ailleurs ! Moi non plus je n'ai pas de temps à perdre à créer des merveilles de technologie pour des gens qui cherchent à les détruire à tout prix ! Tu n'es bon qu'à cogner ! Tu as idée du nombre de jellybilles qui constituaient ces murs ? Du temps que ça va prendre de les reconfigurer une par une ? C'est tout simplement impossible !

-Je m'en fiche de la manière dont tu t'y prends, trancha-t-il, mais j'exige une salle de gravité fonctionnelle pour m'entraîner. Si tu n'es pas en mesure de me fournir ça, et manifestement c'est le cas, notre entente prend fin ici, humaine !

-D'accord, eh bien vas-t'en alors ! Personne ne te retient ici ! Tu as démoli la salle d'entraînement que j'avais mis tant de temps et d'acharnement à te construire. Je n'ai pas l'intention d'en reconstruire une autre pour un pauvre bourrin qui n'est pas en mesure de comprendre la merveille technologique qu'il a entre les mains ! »

Bulma hurlait à s'en déchirer les cordes vocales, nez-à-nez avec le meurtrier qui vivait chez elle. Aussi ne fut-elle pas surprise lorsque celui-ci fronça les sourcils, puis que sa main vint se nouer autour de sa gorge et qu'elle se retrouva plaquée contre un obstacle dur.

Ça, c'était normal...

Ce qui la surprit, ce fut de ne plus trouver en face d'elle le regard assassin où brûlait cet incendie noir qui lui donnait envie de continuer à crier...

Parce qu'il n'était plus face à elle.

Parce que le support derrière elle n'était pas un mur.

C'était Végéta.

Pour la deuxième fois de la journée, elle se figea.

Mais cette fois-ci, à la place de la sueur froide, c'était une bouffée de chaleur.

« Humaine. Murmura à son oreille une voix grave suintant de promesses de mort. Arrête de jouer avec mes nerfs ou ça va mal finir pour toi. Je sais que tu peux réparer cette machine ou m'en construire une autre, alors tu vas le faire. »

Il s'interrompit pour la laisser répondre, mais elle ne répondit pas.

Les pensées de la jeune femme avaient tout simplement cessé de fonctionner. Tout ce qu'elle sentait c'était le corps du guerrier plaqué contre son dos et son souffle chaud dans son oreille. Elle en oubliait même d'être en colère.

Végéta esquissa un rictus, prenant le silence de l'humaine pour une soumission. Le nez si proche de ses cheveux bleus, il en profita pour savourer l'arôme envoûtant de peur qui émanait d'elle. Dans cette position, il pouvait se le permettre. Dans la frêle gorge sous ses doigts, le pouls s'était accéléré tandis que la respiration fonctionnait par saccades.

L'incroyable sentiment de victoire qui l'envahissait le poussa même à poser son autre main sur la hanche de l'humaine et la rapprocher encore plus de lui pour appuyer sa domination. C'était simplement jouissif.

Là, elle sembla s'éveiller et tenta de contrôler sa respiration.

« AttendsAttendsAttendsAttends. Martela-t-elle d'une voix très différente. Qu'est-ce que tu fais ? Qu'est-ce que ce geste signifie pour toi ? »

En la plaquant contre lui, Végéta avait agi sans réfléchir. C'était la première fois qu'il se servait de cette gestuelle de soumission pourtant très utilisée dans l'armée de Frieza. Il l'avait fait parce que l'humaine ne comprenait pas le fonctionnement des duels de regards.

« Dominance. » Répondit-il.

Elle resta un instant silencieuse, toujours figée, avant de répondre : « Ah... Et comment est-ce que je suis censée réagir ? »

Fronçant les sourcils, Végéta réalisa que l'humaine ne comprenait pas non plus ce code gestuel, mais qu'elle faisait un effort pour tenter de le comprendre et parvenir à communiquer avec lui.

« Tu as deux possibilités : soit tu tentes de te dégager, et tu cours un grave danger, soit tu restes sagement immobile, ce qui signifie que tu te soumets à la domination du plus fort. Dans ce cas, tu obéis à mes exigences et tu t'en sortiras vivante. »

Première seconde : « Ah... »

Deuxième seconde. Silence.

Troisième seconde : « Hm ! D'accord... »

Il ne la voyait pas mais elle venait à son tour de se mettre à sourire, et faillit même se mettre à rire nerveusement. Non seulement elle n'avait pas peur de mourir, car elle savait que Végéta ne pouvait pas se risquer à la tuer, elle mais en plus, elle avait la possibilité d'une contre-attaque dont elle n'osait même pas essayer d'envisager les conséquences, mais qu'elle devait tenter coûte que coûte.

Parce que l'occasion était trop belle.

Et Végéta se figea à son tour en sentant la femelle sous ses doigts passer d'une texture solide à une texture qui semblait liquide : tout son corps vint doucement se plaquer contre le sien et s'y accoler comme un moule, elle recula l'une de ses jambes pour la coller contre les siennes, colla son dos contre son torse nu, pencha la tête vers l'arrière jusqu'à la poser sur son épaule à lui, offrant sa gorge à la main qui l'enserrait, sa main gauche à elle vint se poser sur sa main à lui posée sur sa hanche, ses doigts glissèrent entre les siens, sa main droite vint se poser sur le côté de sa cuisse.

« Mais qu'est-ce que tu fabriques ? » Marmonna-t-il en tentant de contrôler la pression de ses doigts sur la gorge de l'humaine pour éviter une erreur regrettable.

« Que fais-tu de cette réponse-là, prince des saiyans ? » Lui répondit un murmure chaud proche de son oreille.

« Explique-toi. »

Le souffle provoqué par un petit rire dans son cou manqua de le faire frissonner. Quand avait-il baissé ses défenses ?

« Qui a dit que je devais subir ta domination Végéta ? Vas-y, si tu l'oses ! Domine-moi ! »

Il la lâcha comme s'il avait reçu une décharge électrique et recula. Elle tituba avant de parvenir à se retourner et lui lança son regard brillant de malice.

« Et toi qui essaies de me faire croire que les humains ont de l'honneur ! Tu es pathétique ! » Cracha-t-il avec colère.

Puis il fit un pas sur le côté pour prendre son élan, et s'envola au travers d'une fenêtre.

Des débris de verre volèrent dans tous les sens tandis que le vent s'engouffrait dans le couloir.

Restée seule, Bulma ne bougeait pas, hésitant encore entre éclater de rire et s'effondrer au sol en tremblant.

Elle était vivante.

Et elle s'en était sortie toute seule !

Elle porta une main tremblante à sa gorge tandis qu'elle agitait les doigts de l'autre main dans tous les sens. Elle avait agi par pure provocation, mais c'était tout de même un peu frustrant.

Et ce qu'il lui semblait avoir découvert l'intriguait au plus haut point. Quel homme aurait fui dans de telles conditions ? Pour sûr, elle savait qu'elle était belle et attirante, ce ne pouvait donc pas être ça le problème.

Donc elle était parvenue à le pousser hors de sa zone de confort. Ou alors il n'avait pas compris l'invitation ?

Plus d'un an auparavant, la fois où elle lui avait touché l'épaule, il s'était énervé : « C'est pas vrai, vous êtes toutes pareilles, vous les femelles ! À se croire tout permis ! Dans quelle langue il faut vous le dire ? Fichez-moi la paix ! Je ne suis pas intéressé ! Jamais intéressé ! Je n'ai qu'une seule drogue et c'est la guerre ! »

Elle sourit en haussant un sourcil. Non ! Sérieusement ?

Et cette autre fois... « Arrête de faire l'idiote, ça se voit que tu es la pute de service. »

Comment était-ce possible de combiner ces deux personnages ?

Elle n'avait que deux hypothèses : soit Végéta avait une femme quelque part dans l'univers, à laquelle il était inconditionnellement fidèle... auquel cas, il cachait très bien son jeu... soit il n'était réellement intéressé que par le combat... auquel cas, comme la plupart des personnes trop dévouées à leur travail, il passait à côté de beaucoup de choses intéressantes dans la vie...

Le cas le plus expressif qu'elle avait en tête était Goku, si dévoué et si innocent... Se pourrait-il que Végéta... ? Après tout, à part les idéaux, tous deux se ressemblaient tellement !

D'un autre côté... Quel soldat aurait vécu dans un lieu où les prostituées faisaient apparemment partie du paysage et n'aurait pas... Oh, si... pour quelqu'un avec une fierté telle que celle de Végéta, l'idée n'était pas si saugrenue...

Pourtant, un instant auparavant, lorsqu'elle s'était collée contre lui, il avait réagi.

Pas de la façon souhaitée, mais il avait réagi.

Il y avait donc bien un homme sous cette carapace de métal.

Oh, c'était bien trop intrigant ! La tacticienne en elle voulait savoir ce qui l'avait fait réagir et comment recommencer. L'aventurière en elle voulait connaître l'histoire de cet homme. Et la femme en elle voulait savoir comment l'attirer à elle, hors de sa carapace.

Il fallait qu'elle sache...

Peut-être bien qu'elle allait tenter un peu plus l'offensive...

C'est à cet instant que sa réflexion prit subitement fin, alors que son pied glissa sur une dizaine de petites billes métalliques gisant au sol. Atterrissant brutalement sur son derrière, elle se remit à pester : quel connard ce type !

ooooo

Volant à toute vitesse dans une direction aléatoire, Végéta tentait de maîtriser sa colère.

Pour lui, l'interprétation de ce qui venait de se passer était claire : l'humaine, pour si insignifiante que soit sa puissance de combat, connaissait des techniques d'attaque. Phéromones ou manipulation psychique, il n'en était pas sûr, mais d'une façon ou d'une autre, elle avait joué à la déloyale.

Il n'en revenait pas qu'elle soit parvenue à le faire lâcher sa prise.

Il l'avait lâchée et s'était enfui sans savoir pourquoi. Mais ce malaise n'était pas naturel.

Quoique... Lui aussi, la première fois où quelqu'un avait essayé de l'attraper de la sorte, il avait joué déloyal...

Parmi les mercenaires de Frieza, plusieurs utilisaient cette gestuelle pour intimider les soldats moins puissants qu'eux et les maltraiter un peu (plus ou moins). Cependant, personne, bien entendu, n'osait s'en prendre aux saiyans... Sauf Zarbon, qui avait sans doute voulu tester un jour combien il pourrait encore insulter le silencieux mais fier prince des saiyans sans riposte de sa part... Ce jour-là, Végéta avait réussi à se dégager de l'étreinte pestilentielle du guerrier efféminé en faisant léviter le sable rouge sous leurs pieds. Non seulement ce crétin avait fui le nuage de poussière pour éviter de se salir, mais en plus il en avait pris dans les yeux, ce qui avait laissé le temps à Végéta de s'enfuir jusqu'à son vaisseau spatial, en se promettant d'étriper un jour Zarbon de ses propres mains. Ça s'était produit juste avant Namek, et Végéta avait tenu parole. Il avait littéralement étripé ce reptile répugnant, en lui plantant son poing droit à travers les intestins. Et tout fait exploser en milliers de petits morceaux de chair sanguinolents !

D'un autre côté, c'était également dans cette posture, agrippé par la gorge et dos à son ennemi, qu'il s'était fait rouer de coups par Frieza jusqu'à s'en faire briser la moelle épinière, juste avant de mourir.

Rageant sous le poids de ce souvenir douloureux, Végéta bifurqua en plein vol en direction du pôle sud, accélérant encore l'allure.

Il ne savait pas pourquoi il avait saisi l'humaine comme ça. C'était venu spontanément. C'était plaisant. Pourtant, il n'avait eu aucune intention de la rouer de coups, il voulait juste qu'elle obéisse ! Et il n'avait pas notion qu'on puisse marquer sa domination sur un inférieur récalcitrant, autrement qu'en frappant. Mais elle, apparemment, avait une autre conception des choses. Qu'avait-elle encore compris de travers ?

Et le plus important... Réparerait-elle sa chambre de gravité ?

C'est en se posant cette dernière question que Végéta décida d'atterrir, ayant repéré une étendue de banquise à son goût.

Il allait devoir s'entraîner sans sa salle de gravité pendant un moment... En espérant que pendant ce temps-là, l'humaine la réparerait...

L'humaine...

Une image flasha dans son esprit. Le dos et les jambes de l'humaine qui se collaient contre lui. Sa tête qui s'inclinait vers l'arrière jusqu'à se poser sur son épaule. Offrant sa gorge et son arôme d'épices boisées et d'océan. Et une voix qui murmure à son oreille : « Qui a dit que je devais subir ta domination Végéta ? »

Il cilla violemment.

Le frisson qui le parcourut alors n'avait rien à voir avec le fait qu'il se trouvait en short et en baskets enfoncé jusqu'aux genoux dans la neige.

L'odeur !

Il avait l'odeur de l'humaine partout sur lui !

Levant ses mains devant lui avec incrédulité, il renifla ses paumes. Aucun doute, c'était le parfum de Bulma. Et si elle parvenait à le déconcentrer ainsi, c'était sans doute une attaque aux phéromones. Sale peste !

Il détestait ne pas être en contrôle total de la situation, et plus encore lorsque son corps ne répondait pas normalement.

Sans hésiter, il plongea la tête la première à travers la glace et pénétra dans la mer gelée.

Un peu d'apnée et un rinçage à l'eau glacée, voilà exactement ce qu'il lui fallait.

ooooo

« Allô papa ?

-Bulma ? Comment va Végéta ? Il n'est pas blessé ?

-Non, pas du tout. Mais ce crétin a trouvé un moyen de faire court-circuiter le système de cohésion entre les jellybilles. La programmation a buggé et elles se sont toutes désolidarisées.

-Oh... C'est ennuyeux.

-Ça tu peux le dire ! Je suis dedans là, et on dirait une vraie piscine ! La machine marche, mais tous les câbles et les circuits sont à nu ! Je n'ai pas la moindre idée de comment je vais m'y prendre pour reconstituer les murs. Ça ne vous dérange pas si je vous laisse tomber pour la programmation du projet ?

-Non, ne t'inquiète pas. Le prototype est fini, je vais prendre ta place à la programmation. Prends ton temps pour réparer la chambre de gravité.

-Merci papa. »

Assise au milieu d'une mer de billes métalliques, Bulma poussa un profond soupir.

Puis elle se leva pour aller chercher le matériel dont elle aurait besoin. Elle devait bien trouver une solution.

Après tout, elle avait beau être en colère, jamais elle n'aurait envisagé de laisser tomber son oeuvre !

ooooo

D'immenses étendues sombres dans lesquelles filtraient quelques rayons de lumière bleue, là où les rayons du soleil presque horizontaux parvenaient à passer au travers de la glace.

Le froid, partout le froid, calme oppressant et dense.

Le silence.

Et cette rage qui ne passait pas.

Végéta s'enfonça plus profondément dans les abysses.

Très vite, presque plus aucune lumière ne lui parvint, il devait juste se fier à ses sens. Une épreuve pour un saiyan privé de son odorat.

Il avançait presque en aveugle, droit devant lui.

Il n'aperçut l'obstacle que lorsque celui-ci fut à trois mètres devant lui.

Un énorme rocher sous-marin, premier annonceur que le fond de l'océan était proche. Végéta entreprit de le contourner.

Au fur-et-à-mesure que sa vision s'adaptait, il parvint à distinguer la silhouette des formes qu'il longeait. Empalé sur ce rocher se tenait l'épave fantômatique d'un bateau, triste témoignage d'un passé lointain de cette planète, où le niveau des océans était bien plus bas. Si bas que ce rocher avait été à la fois son péril et sa tombe.

Bah ! Sur une planète aussi grouillante de vie, pas un seul organisme des mers froides n'était-il donc capable de faire le ménage ? Pathétique !

Sur cette dernière pensée, Végéta tendit la main vers l'avant et fit exploser l'édifice.

L'onde de choc se répercuta dans l'eau et passa en un grondement autour de Végéta qui déjà continuait sa route, en quête d'un défi quelconque pour occuper son esprit.

Les remous derrière lui le firent se retourner vers le lieu de l'explosion où des débris de bois retombaient lentement. Tout un cortège de poissons, mollusques et crustacés géants s'était rassemblé là. Peut-être par curiosité. Peut-être parce que c'était leur maison, ou peut-être même leur couvoir qui venait d'être détruit.

Végéta les scruta rapidement un à un. Pas la moindre de ces créatures ne représentait le moindre intérêt à combattre pour lui, et il n'avait pas faim.

Des défis potentiels, il en trouva quelques kilomètres plus loin (après avoir tout de même repris sa respiration une fois à mi-chemin) en s'enfonçant dans une faille océanique. Il semblait qu'une famille de dinosaures marins avait élu domicile dans l'une des crevasses. Tout ce qu'il eut à faire, ce fut de décapiter l'un des trois petits qui jouaient là, pour que les deux parents, mesurant tous deux entre vingt et trente mètres de long, ne se décident à l'attaquer.

Utiliser son ki le faisait consommer plus vite son oxygène, or, Végéta était déjà sous l'eau depuis une dizaine de minutes depuis sa dernière inspiration. Aussi combattit-il ces créatures sans attaques énergétiques, juste en nageant autour d'eux et frappant aux bons endroits. Il tua dans l'ordre la femelle, puis les deux derniers rejetons, puis le plus grand dont les mâchoires acérées se refermaient sur le vide avec la rage du désespoir tandis qu'il tentait de tuer cet agresseur surgi de nulle part qui lui avait tout pris.

C'était l'effet recherché. Un adversaire sans hargne est un adversaire ennuyeux, ricanait Végéta en frappant une dernière fois si fort que son poing (suivi de son bras entier) traversa la boîte crânienne de l'immense créature. Lorsqu'il retira son bras, celle-ci s'enfonça, sans vie, vers les profondeurs des abysses, laissant derrière lui et autour du bras de Végéta une traînée de sang noir semblable à de la fumée.

Ce dernier voulut ricaner de satisfaction avant de se rappeler qu'il était sous l'eau, et commençait très dangereusement à manquer d'air.

Il était grand temps de remonter.

La surface n'était qu'à une demi dizaine de kilomètres au dessus de lui, mais sans utiliser son ki, il lui faudrait encore plusieurs minutes de nage.

En plus, ses poings, toujours ensanglantés depuis qu'il avait quitté la chambre de gravité, le démangeaient à cause de l'eau salée.

Il commença donc tranquillement son ascension vers la surface, n'envisageant pas rencontrer la moindre créature capable de lui bloquer la route.

Aussi ne s'inquiéta-t-il pas lorsqu'il commença à distinguer au dessus de lui, puis autour de lui, de nombreuses formes translucides, se déplaçant paresseusement, avec le calme que seuls peuvent se permettre les organismes primitifs.

Mais les méduses étaient de plus en plus nombreuses au fur-et-à-mesure qu'il traversait le groupe.

Il n'était pas d'humeur à s'amuser à esquiver ces créatures mollassonnes et insipides, il commença donc à donner des coups de pieds dans celles qui se rapprochaient trop de lui.

Mais de coups de poings, il n'en donna qu'un seul.

Au contact de ses phalanges ensanglantées avec le mollusque (qui implosa sous le coup), il crut recevoir comme un choc électrique qui engourdit la totalité de son bras. Il eut juste le réflexe de stopper à temps son mouvement de recul, pour éviter de heurter les méduses qui se tenaient dans son dos.

Le manque d'air ralentit sa réflexion alors qu'il réalisa qu'il ne pouvait plus fermer sa main et à peine bouger le poignet. Il allait devoir nager avec une seule main jusqu'à la surface, en évitant soigneusement les méduses. Mais lorsqu'il regarda autour de lui, il réalisa qu'il était cerné. Les créatures s'étaient organisées tout autour de lui comme pour former un rempart et avançaient lentement vers lui.

Mollusques insipides, oui, mais néanmoins organismes carnivores ayant résisté à des millions d'années d'évolution !

S'ils s'imaginaient pouvoir piéger un saiyan ! Pitoyables créatures primitives !

Se résolvant à utiliser son ki, Végéta forma autour de lui une onde de choc. Les méduses les plus proches se liquéfièrent, les plus lointaines continuèrent à se rapprocher. Mais pas assez vite pour le saiyan qui nageait à nouveau vers la surface.

Pestant en voyant la faible lumière de la lointaine surface à nouveau s'obscurcir de mollusques translucides, Végéta libéra une seconde onde de choc, qui fut plus efficace, mais qui eut également pour effet de brûler ses dernières réserves d'oxygène.

Son bras droit était maintenant paralysé jusqu'au coude et ne lui était plus d'aucune utilité pour nager. Tous les autres muscles de son corps commençaient à tirailler dangereusement, se plaignant du manque d'oxygène. Et se mirent à fonctionner de moins en moins efficacement...

Commençant alors légèrement à s'inquiéter, Végéta visualisa la mort la plus stupide et ridicule qu'il ait jamais pu imaginer pour un grand guerrier de sa stature : mourir noyé, tout seul, sans combat et sans adversaire digne de ce nom pour l'achever, rien que l'océan rancunier.

Impossible ! S'écria-t-il mentalement de toutes ses forces en continuant de nager vers une surface qui semblait ne pas se rapprocher. Hors de question !

Mais tandis que son esprit ralenti tournait en boucle ces deux exclamations, ce fut son organisme qui trouva une solution. Ce fut soudain la désagréablement familière sensation de griffes métalliques lui raclant la colonne vertébrale de haut en bas, tressautant sur chaque vertèbre et s'enfonçant plus profondément encore dans l'os. Le cou, entre les omoplates, le dos, le bas du dos, et jusqu'au bout de la queue. Sa queue qui venait de repousser.

Un cinquième membre capable de compenser celui qui avait été paralysé.

Les réflexes et l'instinct de survie prirent le dessus. Végéta agita sa queue en spirale et s'en servit comme moyen supplémentaire pour se propulser vers la surface.

Lorsqu'il y parvint enfin, la bouffée d'air lui sembla la plus délicieuse et parfumée qu'il eut jamais respirée.

Puis une énorme vague vint s'écraser sur sa tête.

Bon, assez d'eau pour aujourd'hui, songea-t-il, agacé, en s'envolant au dessus de l'océan déchaîné.

Il vola un moment avant de localiser une côte rocheuse, et alla s'asseoir en haut d'une falaise. Là, il resta longuement à inspirer de grandes bouffées d'air.

Il était sans doute allé un peu trop profond sans songer à reprendre sa respiration. Il avait atteint les limites de sa capacité d'apnée. C'était juste.

Mais, sa queue avait repoussé, ce qui était plutôt satisfaisant.

Par contre...

Fronçant les sourcils, Végéta regarda son bras droit qui pendait, inerte, à son côté. Bouger l'épaule ne posait pas de problème, par contre, tout l'avant-bras était paralysé et les muscles du bras devenaient pénibles à utiliser.

C'était sans doute temporaire, le temps que son organisme parvienne à lutter contre le poison.

Combien d'autres créatures pathétiques souhaitant se mettre en travers de son chemin y avait-il encore sur cette planète pourrie ?

ooooo

« Oh ! Végéta, mon garçon, tu n'es pas en train d'aider Bulma à réparer ta chambre de gravité ? »

Deux heures après l'incident, lorsque son épaule avait à son tour été clairement paralysée et qu'il sentait les muscles de son dos s'engourdir à leur tour, Végéta avait du se résoudre à retourner à Capsule Corporation. Les scientifiques auraient bien une idée de quoi faire. Après tout, c'était leur planète.

Par contre, n'ayant aucune envie de se faire à nouveau crier dessus par la folle qui attaquait à coup de phéromones, il avait choisi d'aller voir le vieux scientifique en premier.

Mais c'était peine perdue, car la seule information que celui-ci accepta de lui fournir était que Bulma, qui s'y connaissait bien mieux en biologie, serait plus en mesure de résoudre efficacement son problème. Pestant silencieusement, Végéta faussa alors compagnie aux deux scientifiques sur leurs ordinateurs, aussi rapidement qu'il était arrivé.

Cela lui prit encore quelques minutes, le temps de prendre une grande inspiration, planté devant la porte du laboratoire de l'humaine, avant de se résoudre à entrer. Sans frapper.

Il se sentit instantanément ridicule d'avoir hésité ainsi, puisque l'humaine ne sursauta pas en le voyant entrer, et pour cause : elle avait son détecteur à l'oreille.

« Tiens ! Te voilà toi ! Je n'espérais pas te revoir si tôt. Tu tombes bien. J'ai quelques question pour comprendre comment tu es arrivé à faire planter mon invention.

-Si tu veux, humaine. Mais d'abord trouve-moi un anti-venin. »

Étonnée d'obtenir une concession si facile, Bulma décolla les yeux du mécanisme sur lequel elle travaillait et releva ses lunettes de soudure pour dévisager Végéta. « Comment ça un anti-venin ? »

Il n'eut pas à répondre, car la seconde suivante, la scientifique avait enfin remarqué qu'il tenait l'un de ses bras plaqué contre lui. Elle fronça les sourcils et se leva : « Qu'est-ce qui t'est arrivé encore ?

-Venin de méduse. Répondit-il stoïquement. Ton père pense que tu peux y faire quelque chose, j'attends de voir si tu es à la hauteur de ses espoirs. »

Elle fronça les sourcils, n'appréciant visiblement pas la provocation en lieu et place d'une excuse et d'une demande polie. « Bien sûr que je peux y faire quelque chose ! » S'exclama-t-elle en lui indiquant d'un geste de la main qu'elle allait sortir du laboratoire. « Mais tu exagères là, Végéta ! Franchement, tu m'en dois une ! Tu te rends compte de...

-Oui, je me rends compte, humaine. Épargne-moi tes leçons de morale et rends-toi utile ! » Répliqua Végéta en la dépassant en direction du bâtiment principal.

-Rhaaa ! Ça t'arrive d'être aimable des fois ? Bon, explique-moi qu'est-ce qui... EEEEEEEEEEK !

-Quoi ? » Claqua Végéta en tournant la tête. Derrière elle, l'humaine s'était figée et était devenue blanche comme la mort.

« Que... Comment... Quoi... Bafouilla-t-elle. Te... Ta... C'est ta queue repoussé ?

-Quoi ? Oui, ma queue a repoussé. Et alors ?

-M... Mais... Mais... Comm...

-Humaine ! Cria-t-il. Pourquoi est-ce que tu centres ton attention sur des choses qui n'ont aucune importance ? Quand un saiyan se fait couper la queue, c'est parfaitement normal qu'elle repousse un jour ! Ce qui n'est pas normal, c'est que j'ai un bras hors d'usage pour avoir cogné un mollusque insignifiant et que le poison se propage ! Maintenant, est-ce que tu vas te rendre utile, oui ou non ? »

Elle n'eut rien à ajouter. Elle resta plantée à cillernpendant plusieurs secondes. Puis ils reprirent leur marche.

Ils firent un crochet par la bibliothèque, où Bulma ouvrit un énorme livre avec des animaux marins dessinés sur la couverture. Elle tourna quelques pages, hocha la tête deux ou trois fois, puis renouvela la manœuvre avec deux autres livres. Son expression faciale sévère avait quelque chose de fascinant.

Puis elle eut un petit rire, et referma son livre.

« Bon, c'est très bizarre, d'après ta description tu n'es pas tombé sur des méduses très dangereuses. Je ne veux pas savoir dans quel état tu as mis cette pauvre bête, mais en tout cas tu as reçu une énorme dose de poison. Ou alors, peut-être que les saiyans sont plus sensibles au...

-La seule chose qui m'intéresse, c'est comment ça se soigne. Répliqua-t-il agacé.

-J'y viens. D'ordinaire, un humain panique, et c'est la surdose d'adrénaline qui permet de lutter contre la paralysie. Je pourrais te faire une injection d'adrénaline, mais il me faudra un moment pour en trouver, je ne sais pas si cette hormone est compatible avec l'organisme d'un saiyan, et en plus, je suis presque sûre de casser ma seringue sur ta peau.

-Tu as une autre idée, humaine ?

-Oui, elle est assez simple et rapide à tester, et sans risque... euh... pour toi.

-Comment ça sans risque pour moi ?

-Ahem... Tu me fais confiance Végéta ? » Elle avait un petit sourire innocent qui, précisément, n'inspirait absolument aucune confiance.

« Humaine, qu'est-ce que tu manigances ?

-Tu me fais confiance ? Répéta-t-elle d'un ton plein d'espoir.

-Tsss ! » Maugréa-t-il en tournant la tête sur le côté. Non, mais j'ai l'impression de ne pas avoir le choix.

Il entendit un petit rire amusé, puis elle commença à lui parler avec des paroles rassurantes à propos de la confiance pour l'encourager à s'asseoir sur le canapé de la bibliothèque. « Ferme les yeux s'il te plaît. »

Mais il n'avait absolument pas confiance, et continuait à la toiser d'un regard méfiant, bien qu'il ait consenti à s'asseoir. Elle passa derrière lui, et commença à lui masser les épaules. Sans qu'il comprenne pourquoi, ses défenses tombèrent immédiatement pour mieux sentir le travail des doigts de l'humaine sur son dos. « Ferme les yeux s'il te plaît. » Répéta-t-elle avec confiance. Il les ferma.

Mais le massage ne dura que quelques secondes, puis le ki de l'humaine s'anima à nouveau, comme une houle déchaînée. Elle contourna à nouveau le canapé pour lui faire face. Il garda les yeux fermés.

« Tu sais que je suis toujours en colère contre toi ?

-Hn.

-Eh bien ça c'est pour moi, espèce de connard ! » CLAC !

Lorsqu'il ouvrit brusquement les yeux, la gifle lui avait déjà fait tourner la tête sur le côté.

Première seconde. Il regarda avec incrédulité cette petite humaine avec ses yeux qui brillaient de fierté, de haine et de malice.

Deuxième seconde. Sa vision devint rouge et sa tête le brûlait.

Troisième seconde. « Tu vas mourir. » Déclara-t-il en crachant toute sa haine, montant d'un seul coup son niveau de puissance.

Puis tout se passa très vite.

Il la saisit par la gorge de la main gauche, et prépara le poing droit à frapper. Il vit l'humaine serrer les yeux très fort. Puis une douleur aiguë s'empara de tout son bras droit, attirant son attention juste à temps...

Il venait... de lever... son bras paralysé... poing serré.

« Ouf, ça a marché. Soupira Bulma. Tu peux me lâcher maintenant ? »

ooooo

Il ne la lâcha pas. Il maintint sa main gauche sur sa gorge et la fit reculer jusqu'à la plaquer contre le mur. Elle avait souvent vu son regard assassin, mais aucun ne semblait aussi haineux que celui qu'il lui lançait en ce moment. Et il restait là, à la fixer de ses yeux noirs, sa lèvre supérieure découvrant ses canines proéminentes, avec cette atmosphère oppressante qui émanait de lui.

Le cœur de Bulma battait à tout rompre sous le coup de l'excitation. Non de non qu'est-ce que c'était jouissif d'être parvenue à gifler Végéta ! Végéta ! Le meurtrier, le fou furieux, le guerrier à la puissance démesurée capable d'anéantir la vie sur Terre s'il le voulait, l'homme de métal, le cœur de pierre, la cruauté incarnée, le connard qui arrivait à casser ses inventions les plus indestructibles et qui avait le culot de l'accuser d'incompétence !

Bien sûr, elle se mit à bafouiller que la gifle et l'insulte n'avait qu'un but thérapeutique, et qu'il pouvait la lâcher, ça y est, c'était bon mais maintenant c'était fini, voilà pardon... Mais en fait, elle se sentait tellement vivante là, suspendue au bout de ses doigts meurtriers, sous son regard haineux brûlant d'un feu plus noir que la nuit. C'était dans sa nature d'être attirée par le danger.

Ce type avait quelque chose, dans son regard, dans son attitude. Tout en elle vibrait, trépignait. Cet homme était à lui tout seul une aventure à la frontière de la mort. Il était la mort... mais dans une incarnation carrément plus sexy que tout ce qu'avaient pu imaginer les légendes terriennes !

Il ouvrait et fermait rythmiquement son poing droit à son côté.

Puis il lui plaqua la main sur la bouche et approcha son visage.

« Arrête, humaine ! Tais-toi ! Arrête ça tout de suite. Un mot de plus et j'écrase ta jolie petite gorge pour voir si ça marche mieux. »

Elle se tut et attendit. Mais il n'ajouta rien. Qu'aurait-il pu dire de plus qu'elle ne sache déjà ? Elle était en colère contre lui et elle avait profité de la situation pour passer ses nerfs en le giflant. C'était équitable. Oui bien sûr, il y avait sans doute d'autres moyens de faire monter le taux d'adrénaline, mais sur le coup, elle avait cherché le moyen le plus radicalement efficace et n'avait pensé qu'à cela.

Mais maintenant qu'il la regardait de près, une autre idée lui passait par l'esprit...

Non, mauvaise idée !

Et puis il n'avait plus besoin d'aide maintenant...

Mais il était toujours là. Il ne bougeait pas. Et elle était toujours vivante. Il ne la tuerait plus maintenant. En fait, elle doutait qu'il la tue un jour. Elle commençait à trop bien le connaître pour envisager cette possibilité. Il avait trop besoin d'un génie comme elle, et puis elle était trop belle pour que quiconque envisage de se débarrasser d'elle aussi vite !

Que faisait-il donc, à la regarder ainsi sans bouger ?

Les yeux noirs... Il n'y avait plus que les yeux noirs. Et les sourcils froncés. Et les lèvres retroussées. Pouvait-elle faire changer cette expression ? Que ferait-il si elle tentait d'apporter un peu de douceur sur ces lèvres en y posant les siennes ? Certes, il faudrait un peu d'audace pour cela, mais Bulma Briefs n'en manquait pas. Par contre, les deux mains posées sur sa gorge et sur sa bouche pour la bâillonner l'empêchèrent d'envisager cette possibilité plus avant.

Il faudrait ruser plus que ça.

Désormais, elle jouait l'offensive.

Elle leva timidement ses mains pour doucement venir les poser sur les coudes du guerrier, envisageant de les faire glisser jusque sur ce joli torse qu'elle voyait tous les jours sans pouvoir y toucher.

Mais il réduisit immédiatement ce plan à néant en lui saisissant les poignets avec sa queue.

Elle sursauta brutalement, croyant un instant s'être faite attaquer par une bête sauvage, avant de comprendre ce qu'était cette chose de fourrure qui venait de lui ligoter les mains.

Sa réaction sembla amuser le saiyan qui laissa échapper un « Hn ! » moqueur. Elle leva à nouveau vers lui ses yeux énervés, et le toisa un moment avant de hausser un sourcil interrogateur. Quoi ? Il n'allait pas la garder coincée comme ça à tout jamais ! Qu'il se décide, quoi qu'il fasse !

En retour, il fronça également les sourcils.

Puis il la lâcha enfin et recula d'un pas. Il expira bruyamment par le nez.

« Humaine, ne refais jamais ça. »

Elle sourit en retour : « Dans ce cas, arrête de me prendre par la gorge tout le temps s'il te plaît. C'est pas le meilleur moyen pour bien s'entendre, tu sais. » Il tourna rageusement la tête de côté sans répondre, et croisa les bras. Elle ajouta sur un ton enjôleur : « Allez ! Si tu veux je peux trouver un moyen pour me faire pardonner.

-Dans ce cas retourne réparer ma chambre de gravité ! Répliqua-t-il du tac au tac. Combien de temps ça devrait te prendre, d'après toi ?

-Ta chambre de gravité ? C'est vraiment tout ce à quoi tu penses ?

-Non, il y a mes droïdes d'entraînement que tu dois réparer aussi, depuis plus de deux semaines, je te rappelle. Et j'ai quelques idées de nouvelles améliorations possibles.

-Ah. Répondit-elle, vexée.

-Combien de temps, humaine ?

-Tsss ! Je n'en sais rien ! Je dois résoudre le bug que tu as déclenché, et après ça, il faut que je trouve un moyen pour reprogrammer toutes les jellybilles, sans avoir à le faire une par une !

-Je te laisse deux jours.

-Non mais tu rêves là ! Rien qu'à réparer tes droïdes ça va me prendre une journée ! Et puis, je dois comprendre comment ce bug est arrivé.

-Pose tes questions alors. Ne perds pas de temps.

-Pfff ! Okay, suis-moi dans mon laboratoire. »

ooooo

Le soir, dans son lit, Végéta eut beaucoup de mal à trouver le sommeil. Il n'avait rien pu faire de l'après-midi, s'étant trouvé réduit à travailler des mouvements dans le vide dans le jardin, après avoir répondu aux questions de l'humaine. Il avait tenté de cerner son mode d'attaque aux phéromones, mais n'y était pas parvenu. Plus tôt dans la journée, lorsqu'il l'avait saisie par la gorge après qu'elle l'ait giflé, il n'avait simplement pas su quoi faire. Une partie de son esprit voulait la lâcher, lui crier dessus et s'en aller, mais une autre partie de lui-même voulait s'approcher plus près. Tiraillé, il s'était retrouvé immobile. Il avait tenté de retenir sa respiration, mais l'effet d'attraction ne s'était pas estompé. Quel pouvait donc être l'usage de phéromones qui attirent un ennemi à soi au lieu de l'éloigner ? À part le perturber ?

Il n'aimait pas cette situation, mais cette humaine était trop utile. Dès le lendemain, elle lui avait promis du matériel pour s'entraîner en attendant la fin des réparations. Il devrait faire avec et s'adapter.

Mais en fermant les yeux, au lieu de rêver de combats, de gloire et de sang, il voyait deux grands orbes bleus scintillants comme l'océan sous le soleil, soutenant obstinément son regard, cherchant à le submerger, impossibles à soumettre à sa volonté.

ooooo

Au même instant, ivre de fatigue, Bulma titubait hors de son laboratoire, espérant trouver au creux de son lit le repos qu'elle méritait tant mais qu'elle ne trouverait pas. Elle n'avait interrompu son travail ce jour-là que pour aller manger et souhaiter un bon retour à Grenoy, le jeune scientifique qui avait travaillé avec eux ces derniers temps. Elle n'était pas mécontente qu'il soit enfin parti. Son petit jeu de séduction devenait de plus en plus gênant, et leurs travaux lui avaient fait prendre du retard sur les inventions et réparations qu'elle faisait pour Végéta.

Elle aimait les défis, et pour ce qui était des défis technologiques, rien n'égalait celui que représentait le saiyan. Elle avait bien l'intention de lui prouver sa supériorité mentale grâce à cela !

Pour ce qui était de ses plans pour le séduire, par contre, ça ne se déroulait pas aussi facilement que prévu. Il ne mordait tout simplement pas à l'hameçon. Qu'il s'agisse de sous-entendus comme quoi elle était capable de faire bien d'autres choses encore ou qu'elle était intéressée pour mieux le connaître, il prenait tout simplement ses paroles au pied de la lettre et la renvoyait à ses inventions. Quant au sous-entendu provocateur, comme quoi elle espérait qu'il n'était pas aussi mou et ennuyeux dans d'autres domaines de la vie qu'il l'était actuellement à la conversation... il l'avait mal pris, lui proposant d'aller demander aux milliards de personnes qu'il avait tué s'ils avaient trouvé leur assassin « ennuyeux ». Et puis il était parti. La laissant seule réparer ses machines.

Il lui faudrait plus d'acharnement et de patience si elle cherchait à pêcher l'indocile prince des saiyans. Aucun homme ne résistait à Bulma Briefs ! … D'un autre côté, s'il avait mordu si facilement à l'hameçon, elle se serait sans doute lassée de lui au bout d'à peine une nuit.

Elle n'aimait pas qu'on lui résiste, et c'était justement cela qui l'attirait.

Elle, par contre, il faudrait qu'elle fasse attention à ne pas tomber amoureuse par accident. Elle avait remarqué comme son cœur s'emballait quand il plongeait son regard dans le sien, et quand ils étaient trop proches. Mais sûrement, ce n'était que de l'attirance physique. Il fallait tout de même reconnaître que Végéta avait quelques atouts sur ce point à faire valoir...

Ignorant sur son téléphone portable le onzième message qui lui envoyait Yamcha depuis son départ, elle se blottit sous sa couverture en espérant rêver de deux orbes noirs qui la dévisageaient avec respect, avec fierté, comme une égale.