[note de l'auteur] Bonjour ! Comme promis, j'essaie de tenir le rythme de une mise à jour par mois minimlum !

Voici un chapitre dont une grande partie existait déjà sous forme d'ébauche depuis bientôt un an (ce chapitre-ci, et ceux qui vont suivre d'ailleurs, huhuhu), donc je suis ravie de pouvoir enfin les accrocher à la trame principale ! Bonne lecture !

Et merci encore mille fois pour toutes vos reviews ! Quand j'ai commencé à écrire cette fic', je n'aurais jamais envisagé passer la barre des 100 commentaires ! Et si j'y suis arrivée, c'est grâce à chacune des reviews précédentes que vous m'avez laissées, qui m'ont encouragée à continuer ! Alors à vous qui lisez ces lignes, un grand MERCI !


Jeux d'adaptation, jeux de séduction

« Tiens ! Salut Végéta ! Qu'est-ce que tu as cassé cette fois ? »

L'humaine n'avait même pas daigné lever la tête de son ouvrage. Lunettes de protection chaussées par dessus son détecteur et fer à souder en main, elle faisait des étincelles sur la carcasse d'un robot d'entraînement. Elle n'était pas surprise que le guerrier surgisse sans prévenir dans son laboratoire à n'importe quelle heure de la journée. Cela faisait quatre jours qu'il agissait ainsi et n'avait pas l'intention d'arrêter tant que sa salle de gravité ne serait pas à nouveau opérationnelle.

La capsule spatiale était à nouveau installée dans le jardin, fraîchement réparée, mais Végéta ne jugeait plus la gravité de 400G comme un défi suffisant. Il voulait sa salle de gravité, pas cette minuscule capsule fragile avec un pylône central qui entravait ses mouvements et qu'il manquait régulièrement de briser. Aussi il se rattrapait contre les robots d'entraînement que l'humaine créait et réparait à une vitesse impressionnante. Dès qu'il en détruisait un ou deux, ce qui était de plus en plus rare, il allait l'apporter immédiatement à l'humaine. La raison officielle à cela était qu'il tenait à s'assurer qu'elle travaillait le plus dur possible pour lui fournir à nouveau du matériel d'entraînement à niveau. Il venait donc régulièrement s'informer de l'avancement de ses travaux.

« Les deux prototypes à ricochets. Répondit-il stoïquement. Pas assez rapides ni assez souples.

-Mhm. Acquiesça-t-elle toujours sans le regarder. Je m'en doutais. Je suis en train de terminer la génération suivante. Si tu as deux minutes tu pourras directement repartir avec. »

Étrangement, l'humaine ne protestait pas contre ses visites régulières, et semblait même chercher à le faire rester, bien qu'ils parlent peu.

Végéta s'adossa au mur en un accord silencieux. Il y avait également une raison non-officielle au fait qu'il venait la voir si souvent dans la journée, alors qu'ils prenaient à nouveau leurs repas du soir ensemble. Aucun adversaire, si insignifiant soit-il, ne devait parvenir à passer ses défenses. Or, il était persuadé d'être la cible d'une attaque aux phéromones de la part de la scientifique aux yeux bleus. Il en était persuadé, parce que c'était la seule explication logique au fait que l'image de l'humaine lui revienne à l'esprit en permanence et que son parfum agisse sur lui comme un aimant.

Il s'approcha lentement pour regarder par dessus l'épaule de Bulma. L'odeur de la fumée se mêlait à celle du métal en fusion. Mais le plus agréable était le parfum dans les cheveux de l'humaine.

Son idée était simple : saturer son organisme de ces phéromones ridicules, jusqu'à y devenir résistant. Tout comme à manger trop salé on ne sent plus le goût du sel. Et de toutes manières, ce n'était pas bien difficile de se contraindre à se rapprocher, puisque c'était ce que faisait spontanément son corps quand il ne se méfiait pas.

Bulma termina sa soudure sans jamais perdre sa concentration, avec une précision parfaite. Puis elle souffla sur une mèche de cheveux qui lui était retombée dans les yeux et se recula sur sa chaise.

« Voilà ! » Annonça-t-elle en tournant la tête pour le regarder enfin. Elle n'était pas surprise qu'il se soit rapproché d'elle. Après tout cela faisait quatre jours qu'il venait régulièrement espionner par dessus son épaule. « Tu peux emporter ce robot-ci tout de suite, il y en a un deuxième posé là-bas sur la table. Essaie de ne pas les détruire avant demain soir, si tu veux me laisser du temps pour travailler sur les jellybilles.

-Toujours pas d'avancée sur ce point ? Demanda-t-il déçu.

-Pas depuis ce midi, Végéta. Comme je te l'ai dit j'ai corrigé le bug de programmation, mais il faut toujours que je trouve comment les réinitialiser avant de leur implémenter le nouvel algorithme.

-Si tu y perds trop de temps, fais-en fabriquer d'autres, humaine !

-Ça prendrait plusieurs semaines à faire fabriquer, même en usine ! J'ai bien l'intention de résoudre le problème avant ça.

-J'y compte bien.

-Bon, tu les emportes, tes robots de combat, ou tu as autre chose à me dire ? S'agaça-t-elle.

-J'ai sans doute fait quelques trous dans les murs de la capsule de gravité. Signala-t-il d'un air désintéressé en soulevant le robot qu'elle venait de terminer pour l'examiner.

-Encore ? Mais tu le fais exprès ?

-Humaine, si je le faisais exprès, il ne te resterait rien à réparer. » Grogna-t-il.

La conversation tournait régulièrement en boucle sur ces sujets, pourtant, aucun des deux ne s'en plaignait. C'était tout simplement un bon échappatoire pour chacun.

Bulma le regarda d'un air malicieux et lui sourit : « Mais oui, mais oui, je sais bien que tu pourrais tout détruire si tu le voulais. Sauf que tu n'as aucun intérêt à détruire les jouets que ta géniale scientifique construit rien que pour toi. Et puis, tu ne voudrais pas faire de la peine à une jolie fille comme moi. »

Végéta fronça les sourcils. La voilà qui recommençait à débiter des idioties ! Oui, bien sûr cette femelle était jolie, mais quel était le rapport ? Comme si il en avait quelque chose à faire de lui faire de la peine en démolissant son travail ! Même si elle était moins attirante, le problème resterait exactement le même !

Bah ! Il était inutile d'essayer de comprendre le cerveau inférieur des humains !

« Tu comptes réparer les dégâts de la capsule de gravité tout de suite ou bien tu attends que je la fasse encore tomber en panne ? » Répliqua-t-il en calant le robot sous son bras.

Bulma soupira. « Ouais, tu as raison, mieux vaut que j'y aille tout de suite, ça m'évitera que tu reviennes m'interrompre. » Elle chercha du regard sa lourde caisse à outils qu'elle emportait à chaque fois.

Végéta la trouva avant elle.

« Bon, arrête de traîner alors ! Lança-t-il en s'en allant par la porte d'entrée avec la caisse. Plus vite tu auras réparé ça, plus vite je pourrai reprendre mon entraînement, et plus vite tu pourras retourner travailler pour réparer MA salle de gravité.

-Eh ! Ma caisse à outils ! Qu'est-ce que tu...

-Tu marches trop lentement ! »

Il tenait un robot sous un bras, la caisse à outils dans l'autre main, et portait le deuxième nouveau robot d'entraînement enroulé dans sa queue. Et pourtant il marchait plus vite que l'humaine. Agacé, il jeta un coup d'œil par dessus son épaule pour la voir qui trottinait derrière lui avec un sourire jusqu'aux oreilles. Quoi encore ?

Bah ! C'était moins désagréable que quand elle criait !

ooooo

« Oh ! Yamcha.

-Salut Bulma. »

Il se tenait timidement devant elle, avec son petit sourire de réconciliation et son regard plein de tendresse. Son corps, bien qu'extrêmement musclé, ne parvenait pas à masquer l'énorme bouquet de fleurs qu'il cachait dans son dos.

« Qu'est-ce que tu fais ici ? » S'étonna poliment Bulma.

En réalité, elle s'était douté que c'était lui avait même qu'il ne frappe à la porte de son laboratoire, en plein milieu d'après-midi. L'immense halo orange signalé sur son détecteur l'avait avertie. Le ki de Végéta apparaissait en bleu. C'était soit Yamcha, soit un autre guerrier-Z. Mais n'importe qui d'autre aurait téléphoné avant de passer, ou se serait au moins présenté au bâtiment principal avant.

« Oh, tu n'as pas reçu mon message ? Répondit-il timidement. La saison de baseball commence demain, du coup j'interromps mon entraînement un moment. Le premier match est ici, à la Capitale Ouest, donc je me suis dit que je pouvais en profiter pour passer voir si tu allais bien.

-Je vais bien, merci. Sourit Bulma. J'ai une légère surcharge de travail en ce moment, mais rien d'insurmontable. Et toi, ton entraînement dans le désert ?

-Ça se passe bien. Il y a d'immenses étendues vides sur le Continent Est, j'ai démoli quelques montagnes et j'en ai construit d'autres. » Déclara-t-il en souriant.

Absolument pas impressionnée, Bulma se contenta de hausser un sourcil avant de dévier le sujet : « Et comment va Pua'r ?

-Il va bien, il est allé passer le bonjour à ta mère.

-Vous venez d'arriver ?

-Oui, à l'instant.

-Tu es logé avec ton équipe sur la capitale ?

-Euh... Oui, oui. Mais j'espérais t'inviter manger avec moi ce soir, si tu veux bien. »

Et voilà ! L'histoire qui tournait en boucle. La proposition de sortie, le bouquet de roses dans la figure, le sourire plein d'espoir.

Bulma pencha la tête sur le côté, intriguée. D'ordinaire, lorsqu'elle avait longtemps été séparée de Yamcha (surtout lorsqu'elle était restée célibataire durant la séparation), elle sautait de joie de recevoir une telle attention. Une invitation et des fleurs.

Mais son sourire semblait si banal, si... niais. Bien sûr ce n'était pas niais, et Yamcha avait toujours cette jolie flamme dans ses yeux... Mais ça semblait juste... trop doux, trop mignon. Elle n'était plus une adolescente.

« C'est gentil Yamcha, mais le soir je ne suis pas disponible. J'ai une série de... dîners d'affaires en ce moment.

-Ah... Et demain midi ?

-Quand commence ton match ?

-Demain à 15 heures. Tu voudras venir me voir jouer ?

-Non, merci c'est gentil. Je te l'ai dit, je suis un peu débordée en ce moment.

-Mais pour le midi, c'est d'accord ? Insista-t-il avec une vois vibrante d'espoir.

-Hum... Soupira-t-elle. D'accord pour demain midi. Mais pas trop longtemps, j'ai du travail.

-Super !

-Viens ! Allons donner ces fleurs à ma mère. Elle sera ravie de nous trouver un vase assez grand. »

Resté en retrait, Yamcha haussa les sourcils : comment ça donner les fleurs à sa mère ?

ooooo

Yamcha avait convenu de la retrouver en centre-ville à midi pile. À peine à dix minutes d'aéro-moto pour Bulma. Mais à onze heures trente, Végéta débarqua dans son laboratoire pour se plaindre d'une panne de la capsule de gravité. La panne provenait d'une trace d'impact grosse comme le poing et profonde comme un avant-bras, en plein dans le mur, juste sur le câble d'alimentation générale. 400 Volts... Le guerrier avait des traces de brûlures peu enviables sur tout l'avant-bras droit et était bien sûr de très mauvaise humeur.

Après s'être légèrement disputée avec son invité comme les circonstances l'exigeaient, elle le traîna à l'infirmerie sans cesser de pester, après quoi elle retourna directement réparer la capsule de gravité, cinq minutes avant l'heure de son rendez-vous. Lorsqu'elle eut fini, elle dut aller prendre une douche pour enlever le cambouis dont elle était couverte, puis se remaquiller.

Ce fut donc avec plus d'une heure de retard que Bulma retrouva Yamcha. Elle avait l'habitude d'être en retard, mais pas à ce point. Elle s'en moquait. Elle bafouilla une excuse sur une machine importante qui avait eu une panne inattendue, ce qui était vrai.

Ils mangèrent en discutant de l'entraînement de Yamcha, des matchs de baseball à venir, des inventions de Bulma et de son problème avec les jellybilles.

« Et sinon, tu as quelqu'un en ce moment ? Demanda-t-il lorsqu'ils furent arrivés au dessert.

-Bof, éluda Bulma. Pour l'instant je me sens plus libre d'être seule et j'ai pas l'intention de ré-entamer une relation officielle sous peu. Et toi ? [et vlan !]

-Ah. Euh... Tu veux dire que tu préfères les relations non officielles ?

-Ça veut dire que je fais ce que je veux puisque je suis libre ! Claqua-t-elle. Comme toi je suppose, non ?

-Oh, éluda-t-il à son tour, moi je n'ai pas le temps de rencontrer beaucoup de filles, tu sais. Je me suis entraîné très dur ces derniers mois...

-Je vois... » Acquiesça-t-elle, sans croire un traître mot de ce qu'il disait.

ooooo

Yamcha proposa à Bulma de la ramener chez elle en volant. Il avait encore un peu de temps avant son match et savait qu'elle adorait voler.

Il ne s'attendait pas à ce qu'elle se plaigne de sa lenteur pendant tout le trajet...

Il atterrit doucement dans le jardin et tenta de la garder un moment dans ses bras. Mais celle-ci mit brusquement un terme à ses espoirs en reculant d'un pas : « Eh bien, merci pour la ballade !

-De rien, sourit-il malgré tout. Merci à toi de m'avoir consacré un peu de temps dans ton programme chargé.

-Merci à toi. Répondit-elle. Ça fait plaisir de savoir que c'est possible de rester en bons termes avec un ex. [et vlan !]

-Oh. Euh... Oui, tu as raison.

-Bon, je ne te retiens pas, ton match va bientôt commencer et le travail m'appelle...

-Humaine !

-Quand on parle du loup... » Soupira Bulma.

Végéta venait de surgir du laboratoire, l'air mécontent. « Où est-ce que tu étais passée ? Ça fait un quart d'heure que je t'attends !

-Hein ? Fit Yamcha.

-J'étais partie manger, ça te pose un problème ? Répliqua Bulma.

-Oui, ça me pose un problème ! Comment est-ce que tu espères avoir fini un jour de réparer ma salle de gravité si tu passes ton temps à discuter avec des gens plus inutiles les uns que les autres ?

-C'est de moi que tu parles ? S'énerva Yamcha.

-En l'occurrence oui, claqua le saiyan.

-N...

-Végéta, intervint Bulma en coupant Yamcha d'un bref signe de la main. Je mange avec qui je veux, et tu n'as rien à me dire sur ce sujet ou tu serais le premier pénalisé. J'arrive tout de suite réparer je ne sais quoi que tu as encore cassé, alors calme-toi ! »

Végéta croisa les bras.

Bulma se tourna à nouveau vers Yamcha avec un sourire amusé : « Bon, comme je le disais, le travail m'appelle. Bon courage pour ton match, on se voit plus tard !

-Attends, depuis quand tu fais des machines pour...

-Depuis le début, Yamcha. Je ne vois pas en quoi ça t'étonne.

-Mais...

-Il faut que je file. Bonne journée Yamcha !

-Bulma ! »

Elle avait commencé à s'éloigner, elle se retourna, l'air agacé.

Yamcha tenta alors une dernière fois : « Tu m'as manqué. »

Elle lui répondit par un sourire, puis s'en fut à nouveau. Elle entra dans son laboratoire, Végéta sur ses talons. Celui-ci lui adressa un bref regard, puis ferma la porte derrière lui. [et vlan !]

ooooo

Végéta n'appréciait pas, mais alors pas du tout l'idée que Bulma se remette à fréquenter ce guerrier inutile qui la tenait pas la taille tout le temps à l'époque où il vivait là. Il lui faisait perdre du temps et la mettait dans de mauvaises dispositions pour travailler sur ses machines d'entraînement. C'était SA scientifique, et il en exigeait l'exclusivité ! … Même si elle lui avait clairement fait comprendre que ce n'était pas un dû et qu'elle faisait ce qu'elle voulait.

Cet après-midi-là, lorsqu'il débarqua dans le laboratoire de l'humaine (pour la deuxième fois depuis le départ du guerrier inutile), il n'apportait rien de cassé. Il la trouva à travailler sur une structure de deux mètres de haut semblable à un télescope braqué sur un aquarium vide.

« Encore à essayer d'inventer une machine qui réinitialise toutes les billes en une seule fois ? Nargua-t-il.

-Oui, et qui réimplémenterait directement le nouvel algorithme. Répondit la scientifique, dont il ne voyait que les jambes, allongée par terre sur sa planche à roulette.

-Tu perds ton temps. Commenta-t-il en laissant inconsciemment ses yeux admirer la vue. (Bien entendu la femelle portait un short court.) Puisque tu as trouvé comment les réparer une par une, tu ferais mieux de t'y mettre maintenant plutôt que d'inventer des machines inutiles.

-Et prendre le risque de découvrir que j'ai toujours un problème, lorsque j'en aurai fait dix-mille ? Et tout devoir recommencer ? Non merci. Une fois que j'aurai fini cette machine, si j'ai un problème de programmation je n'aurai à le changer qu'une fois, et recommencer directement sur un lot entier. Dès que j'aurai la bonne formule, j'aurai tout fini en à peine une heure.

-Comment sais-tu que ta machine va marcher et combien de temps ça va te prendre de la fabriquer ? Autant utiliser une voie sûre. Même s'il faut retravailler les billes une par une.

-Végéta, il y en a des millions ! Répliqua Bulma en sortant de sous sa machine pour le regarder dans les yeux. Comment peux-tu me suggérer quelque chose d'aussi idiot ?

-Au moins tu es sûre d'avoir fini un jour ! S'énerva-t-il. Avance droit devant toi, sans réfléchir, et tu verras, ce sera fini plus tôt que tu ne le penses. »

Elle lui jeta un regard perplexe, avait d'ajouter plus doucement : « Avant de foncer tête baissée, il faut être sûr que tu es sur la bonne voie... C'est ce que tu te dis en espérant te transformer en super-saiyan, c'est ça ? »

Il tourna rageusement la tête sur le côté. Oui, c'était ce qu'il se répétait tous les jours. Continue de t'entraîner. Plus fort. Toujours plus fort. Toujours plus dur. Et un jour tu réussiras. Pourquoi cette stupide terrienne arrivait-elle toujours à le percer à jour et à le faire douter ?

Elle se releva et s'épousseta en souriant : « Allez ! Je suis sûre que tu y arriveras. Il doit juste te manquer un déclic.

-Tu crois ça, toi, humaine ?

-Oui, sinon je ne me donnerais pas tant de mal pour t'aider dans ton entraînement. »

Une seconde. Il haussa les sourcils.

Deux secondes. Elle sourit plus sincèrement en plongeant son regard bleu dans le sien.

Trois secondes. Il sourit à son tour, de son habituel sourire moqueur et fier.

« Bon, tu voulais me demander quelque chose ? » Demanda-t-elle pour mettre fin au silence qui devenait gênant.

-Oui. Je veux que tu me fasses des robots hologrammes.

-Des hologrammes ?

-Oui, comme celui après lequel tu m'as fait courir pendant tout un après-midi, mais à l'image de mes robots d'entraînement.

-Mais pourquoi ?

-Tes robots, je frappe dedans à tous les coups maintenant. Un adversaire digne de ce nom les esquive et alors je dois pouvoir vite me reprendre d'avoir frappé dans le vide. Surtout sous gravité.

-Je vois. Acquiesça-t-elle. Je dois pouvoir te faire ça très vite. »

Elle se dirigea vers la pièce annexe à son laboratoire, qui servait de débarras et d'entrepôt. Là, elle s'engouffra entre les étagères poussiéreuses jusqu'à une pile d'objets qu'elle déplaça du pied. « Voyons, j'ai dû le ranger par là... »

Végéta laissa échapper un « Tsss ! » amusé. Pour lui, le terme « ranger » était bien le seule verbe non applicable à cette pièce. Pourtant, l'humaine semblait savoir où chercher.

« Ah ! Le voilà ! Il f... WEAAAAAAAAAAAAAAAAAH ! » L'humaine hurla, fit un grand bond en arrière, se cogna contre l'étagère de derrière, bifurqua et recula en trottinant sans quitter des yeux l'endroit de l'étagère où elle avait tenté de prendre un objet. Elle se heurta à Végéta et aussitôt s'agrippa à lui pour se cacher derrière lui, fixant toujours d'un regard terrifié son étagère comme si celle-ci allait l'attaquer.

« Au secours, Végéta ! Débarrasse-moi de ça !

-Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a humaine ? Répondit-il, trop abasourdi pour bouger.

-Là-bas ! Là ! Une araignée ! Tu ne la vois pas ? Elle est énorme ! Je déteste les araignées !

-Une araignée ?

-Oui ! Elle est énorme ! Et toute velue ! Elle a essayé de me piquer !

-Humaine, les araignées ne piquent pas, elles mordent.

-Je sais, mais c'est pareil ! Au secours, pulvérise-là, je déteste les araignées ! »

Interloqué, Végéta la dévisagea longuement, puis s'éloigna lentement d'elle en direction de l'étagère dont elle semblait avoir si peur. Elle le laissa s'éloigner, mais semblait recroquevillée sur elle-même comme un escargot qui aurait perdu sa coquille. Il tourna son attention vers la direction où elle regardait.

« Humaine, grogna-t-il en saisissant l'arachnide dans sa main. Comment est-ce que tu peux être assez stupide pour avoir peur d'une bestiole de trois centimètres de diamètres et venir te réfugier derrière MOI ?

-AAAh ! Mais qu'est-ce que tu fais ? Ne la prends pas dans ta main ! C'est... C'est... Non ! Lâche ça tout de suite ! Écrase-la !

-Et pourquoi je ferais ça ? » Demanda-t-il, ennuyé, en voyant la petite créature prise au piège tourner en rond dans sa main, tenter de se jeter dans le vide suspendue à un fil, pour atterrir dans sa deuxième main. Comment l'humaine pouvait-elle être aussi stupide pour avoir peur d'une bestiole inoffensive, et venir chercher refuge derrière l'un des plus grands assassins de tout l'univers ?

Qu'avait donc cette araignée qu'il n'avait pas ?

« Raaa ! Mais lâche-la ! C'est horrible ! Qu'est-ce que tu attends pour la pulvériser ? Éloigne ce monstre de moi ! » L'humaine le regardait d'un air horrifié comme s'il venait de plonger les mains dans une flaque d'acide et qu'elle imaginait sa propre main à la place.

C'était cela. Elle parvenait à s'imaginer à la place d'un sayianoïde, mais pas d'un arachnide. Voilà pourquoi LUI ne lui faisait pas peur, alors que cette chose, si.

Pendant une fraction de seconde, il envisagea de l'aider à affronter sa peur, façon saiyan (c'est-à-dire, s'entend, sans aucune sympathie). Puis, la seule idée qui lui resta à l'esprit fut de se moquer d'elle. Ce qui revenait au même...

« Peur des araignées hein ? Demanda-t-il d'un air moqueur en rattrapant pour la cinquième fois la créature qui tentait de lui échapper et s'avançant vers l'humaine. Tu as idée d'à quel point tu es ridicule ?

-C'est pas drôle, Végéta. Grimaça-t-elle sans soutenir son regard, focalisée sur l'araignée qui montait à présent sur son bras.

-Non, pas encore. » Nargua-t-il en récupérant dans sa main la créature. Il allait bien s'amuser.

Bulma fronça les sourcils, toujours recroquevillée sur elle-même, tandis que Végéta, le regard fixé sur l'araignée dans sa main, se dirigeait vers la fenêtre. Tranquillement, il l'ouvrit, et jeta la créature à l'extérieur, puis la referma.

Bulma poussa un soupir de soulagement : « Ouf, merc...

-Bon, maintenant donne ta main. La coupa Végéta en la fixant brusquement.

-Hein ?

-J'ai dit donne ta main !

-Que... Mais pourquoi ? S'étonna-t-elle.

-Parce que je viens de faire ce que tu m'as demandé, alors à ton tour maintenant.

-Mais qu'est-ce que tu veux faire ?

-Ne m'oblige pas à me répéter humaine. » Claqua-t-il.

Surprise, mais déjà plus rassurée depuis que l'araignée n'était plus dans la pièce, Bulma tendit avec hésitation sa main vers Végéta qui se tenait à cinq mètres d'elle.

« Paume vers le haut, imposa-t-il. Et tu n'as pas intérêt à la retirer. »

Puis il la fixa droit dans les yeux avec un air démoniaque.

Soudain, la paume de Bulma se mit à la démanger et elle eut la très désagréable sensation qu'une araignée était en train de tourner dans sa main.

« AAAAAAAAh ! » S'écria-t-elle en secouant sa main, reculant et tournant trois fois sur elle-même avant de découvrir qu'il n'y avait rien dans sa main.

« Je t'avais dit de ne pas retirer ta main. » Fit remarquer Végéta d'un air mauvais.

Bulma hurla en sentant quelque chose grimper sur son mollet. Elle sautilla sur un pied en frappant sa jambe frénétiquement. « AAAAh ! Qu'est-ce que c'est ? Où elle est ? » Non de non combien d'araignées y avait-il dans cette pièce ? Elle avait la distincte impression qu'une araignée venait de lui monter sur la jambe, mais il n'y avait plus rien. « Qu'est-ce qui... Aaaaaaaaah ! »

L'insupportable sensation venait de réapparaître sur l'autre jambe, et elle hurla à nouveau, répétant sa manœuvre de saut à cloche-pied en tapant sur sa jambe levée. Mais cette fois, l'impression ne partit pas. Bulma se figea.

Une araignée lui montait le long de la jambe, venant déjà de passer le genou, mais Bulma ne voyait rien. Elle sentait juste huit horribles petites pattes qui avançaient sur elle. Elle tenta de frapper sur sa cuisse, mais l'impression persista sur sa jambe, et en plus commença à remonter le long de sa main, comme s'il y avait maintenant deux araignées en train de lui grimper dessus.

« Mais qu'est ce que...

-Je ne pensais pas m'amuser un jour avec cette technique. Constata Végéta.

-Quoi ? Mais qu'est-ce que tu... »

Ce fut le ricanement machiavélique qui attira enfin l'attention de Bulma. Végéta se tenait là, quelques mètres devant elle, bras croisés, et la regardant comme si... Non, en fait c'était bel et bien le cas : il se moquait d'elle ! Il n'y avait aucune araignée qui montait sur elle. Ni sur sa main, ni sur sa cuisse, ni sur sa tête, ni dans son dos. Il n'y avait que cette sensation affreusement désagréable. Et ce stupide saiyan qui lui jouait un mauvais tour de télékinésie.

« Arrête ça tout de suite ! » S'écria-t-elle. Il ricana de plus belle en la voyant se recroqueviller sur elle-même, extrêmement mal à l'aise. « Tu te crois malin ? Depuis quand tu perds ton précieux temps d'entraînement à faire peur aux gentilles demoiselles ? »

Il fronça les sourcils à cette dernière remarque.

Elle crut avoir mis fin à cette séance de torture, mais ce fut juste avant qu'une nuée d'araignées imaginaires ne se mette à lui grimper aux jambes de partout à la fois. Il n'y avait rien, mais il y en avait partout. C'était insupportable !

Une réplique, vite, une réplique ! Songea-t-elle en paniquant et piétinant dans le vite. Est-ce que si elle ouvrait la bouche elle aurait aussi l'impression d'avaler une araignée ? Mais pourquoi diable faisait-il ça ?

Elle le dévisagea et ne lut sur son expression que sadisme et mépris. Ses bras pendant à ses côtés et non croisés signalaient combien il se sentait à l'aise de terroriser quelqu'un. Et ses doigts s'agitaient nerveusement à ses côtés.

« Non mais quel gamin ! S'exclama-t-elle en colère. Si tu es un homme, soit tu retournes t'entraîner, soit tu as le cran de venir essayer de me toucher directement avec tes mains, mais arrête de jouer avec ton ki comme si tu avais peur d'avancer vers moi ! »

Cette fois, elle marqua un point, car l'assaut s'interrompit. Bulma poussa un profond soupir. Plus de pattes d'araignées. Par contre, elle était comme immobilisée entre des cloisons invisibles. Leurs deux regards s'entrechoquèrent.

« J'ai été généreux. Fit remarquer Végéta d'une voix froide en s'avançant. Là d'où je viens, pour te soigner de ta phobie, on t'aurait plongée toute entière dans un cercueil rempli d'araignées bien réelles, pendant au moins une journée sinon une semaine. C'est assez radical à ce qu'on dit. »

Bulma voulait reculer face à la figure menaçante qui venait vers elle, mais était toujours piégée. « Je ne t'ai rien demandé. Répliqua-t-elle.

-Si. Nargua-t-il en arrivant juste en face. Tu m'as demandé de te débarrasser de cette araignée qui te faisait si peur.

-Mais je ne t'ai pas demandé d'essayer sur moi une de tes techniques barbares pour soit-disant guérir une phobie ! Hurla-t-elle. D'abord, ce n'est pas une pho...

-Je retourne m'entraîner. La coupa-t-il en la frôlant pour passer la porte et sortir de la pièce. Je viendrai chercher mon robot-hologramme tout à l'heure. Ne me déçois pas. »

Dès qu'il lui tourna le dos, l'impression d'être immobilisée disparut à son tour, et Bulma retrouva une mobilité normale. Elle tituba puis se retourna pour rétorquer : « Eh ! Tu as intérêt à ce que je ne découvre jamais de quoi tu as peur, sinon tu vas le regretter ! »

Il ricana en guise de réponse, puis quitta le laboratoire en claquant la porte derrière lui.

Mais quel connard ! Songea à nouveau Bulma en piétinant nerveusement au sol.

ooooo

À peine sorti du laboratoire, Végéta roula des yeux en se demandant ce qui lui avait pris. De la même manière qu'il était capable de générer des ondes de choc et faire léviter des rochers, il était capable de donner une forme palpable à son ki, ce qui, d'ordinaire, ne servait absolument à rien en combat. Une fois peut-être, il avait dû faire croire à un adversaire stupide que quelqu'un derrière lui lui tapotait l'épaule. L'imbécile s'était retourné et Végéta avait pu le frapper.

Cette technique, donc, ne lui servait d'ordinaire à rien, mais aujourd'hui, il avait été ravi de la connaître. Oh le plaisir malsain de lire la peur dans les yeux d'une personne ! Oh la jubilation de lire cette peur dans ces deux grands yeux bleus qui le faisaient tant rager ! Lui faire peur, à ELLE. Elle qui n'avait pas peur de LUI.

Et puis il y avait cet agréable picotement dans ses doigts. De la même manière qu'elle avait senti son ki à lui sur sa peau à elle, lui avait senti sa peau à elle sous son ki comme si ça avait été sous ses doigts. C'était plaisant...

Quoique... ça aurait été bien plus plaisant si l'humaine ne s'en était pas rendu compte avant lui !

Qu'est ce qui lui avait pris de chercher à jouer à un jeu aussi puéril ?

ooooo

« Oh ! Salut Pua'r ! Quel bon vent t'amène ? »

Ce lendemain de l'histoire de l'araignée avait commencé comme une journée normale. S'étant enfin résolue à abandonner ses inventions pour soulager son estomac qui criait famine, Bulma venait de rencontrer dans la cuisine l'inséparable compagnon de Yamcha en compagnie de sa mère, occupée à préparer le repas de midi avec les robots.

« Salut Bulma ! Fit le petit félin de sa voix chantante. Ta mère m'a invité à rester avec vous ce midi !

-Mais c'était tout à fait normal, trésor. Confirma cette dernière en souriant.

-Yamcha n'est pas avec toi ? S'étonna Bulma.

-Non, s'assombrit Pua'r. Sa nouvelle copine est allergique aux chats, et il avait envie de passer la journée avec elle.

-Quoi ? Comment ça sa nouvelle copine ? Quand est-ce que... Et son tournoi de baseball ?

-Tu n'es pas au courant ? S'étonna Pua'r.

-Bulma, tu devrais regarder les informations plus souvent ! Conseilla sa mère en souriant.

-De quoi est-ce que je ne suis pas au courant ? Claqua Bulma.

-Hier, commença Pua'r, après la victoire au match, une de ses supporter a sauté au cou de Yamcha, et il l'a embrassée. C'est passé à la télé sur presque toutes les chaînes.

-Eh bien il ne perd pas son temps celui-là ! Observa Bulma en mettant les mains sur les hanches. On a mangé ensemble hier midi, juste avant ce match, et il était clairement en train de me draguer...

-Sauf que toi tu n'es pas allergique à moi... » Se lamenta Pua'r.

Bulma sourit, attendrie par ce dernier commentaire, et se sentit obligée de réconforter son ami : « Tu sais Pua'r, Yamcha et moi c'est du passé maintenant. Et puis, tu finiras bien par l'apprécier, cette nouvelle copine, si jamais elle reste avec ce crétin...

-Yamcha n'est pas un crétin ! Se défendit Pua'r.

-Oui, eh bien excuse-moi, mais il faut quand même reconnaître qu'il ne sait vraiment pas y faire avec les filles !

-Pourquoi tu passes ton temps à le critiquer Bulma ? Pleurnicha-t-il. Yamcha est quelqu'un de formidable, mais tu ne vois que le côté négatif des choses !

-À table mes chéris ! Les interrompit joyeusement madame Briefs. Bulma ma chérie, tu veux bien appeler ton père s'il te plaît ? »

Ayant enfin un moment pour digérer l'information, Bulma se rendit compte qu'elle était soudain de mauvaise humeur. Certainement qu'elle ne voulait plus d'un petit-ami aussi incompétent que Yamcha ! Mais pour qui se prenait-il, à aller en voir une autre au lieu de ramper à ses pieds à elle, en la suppliant de lui laisser une nouvelle chance ? Les hommes, elle les voulait tous fous d'elle et exigeait le droit exclusif de les rejeter ou de combler leurs espoirs. Ils n'étaient pas censés se trouver une autre copine en réalisant qu'ils n'avaient aucune chance ! C'était affreusement vexant ! D'abord Végéta qui ne réagissait pas à ses manœuvres de séduction, maintenant Yamcha qui allait ouvertement voir ailleurs... Intolérable !

Inquiète, Bulma jeta un œil à un miroir suspendu là. Commençait-elle à vieillir ? Avait-elle perdu la main ? Ne voyait-elle réellement que le côté négatif des choses ? Non, non ! Mais une jeune fille aussi parfaite qu'elle pouvait se permettre d'exiger la perfection en retour, non ?

Non ?

Ce qu'elle ignorait, c'était qu'en quittant la Capsule Corporation après avoir remercié la famille Briefs de l'avoir invité à manger, Pua'r s'en irait directement télephoner à son meilleur ami : « Allô Yamcha ? ... Oui. ... Dis-moi, j'ai l'impression que ça ne marche pas très bien ton opération jalousie... »

Ce que Yamcha et Pua'r ignoraient dans leurs manigances, c'était que Bulma allait tourner sa frustration sur une autre personne...

ooooo

Cet après-midi-là, comme cela lui arrivait si souvent ces derniers temps, Végéta se rendit au laboratoire de l'humaine pour contrôler l'avancée de ses travaux et lui apporter le premier prototype détruit de robots-hologrammes (ceux qu'elle lui avait construits la veille).

Il remarqua immédiatement à son ki agité qu'elle était de mauvaise humeur. Lui en voulait-elle toujours pour le coup de l'araignée ? Pourtant, le matin-même, quand il était passé la voir, elle l'avait salué et lui avait parlé comme si de rien n'était...

« Tiens ! Voyez donc qui vient me rendre visite ! S'exclama-t-elle d'une voix hypocrite en levant les yeux de ses papiers. Mais c'est le grand Végéta ! Et que me vaut l'honneur dis-moi ? Tu viens me remercier pour mes stupéfiantes inventions ? Tu viens louer ma beauté ? Non ? Dis-moi alors que tu viens pour me conseiller de faire une pause parce que je travaille trop dur, me proposer de faire une partie de oorlog avec toi, ou regarder un film ensemble ? Hein ? Ne me dis pas que tu es encore là pour me fliquer parce que tu en as marre d'attendre que je répare mon incroyable salle de gravité que TU as démolie ?

-Eh bien si. » Répondit-il avec un sourire narquois, nullement impacté par le discours grandiloquent de l'humaine. Il s'attendait à une remarque dans le genre puisqu'il la savait de mauvaise humeur.

« Tsss ! Pesta-t-elle en secouant sa main en l'air, puis retournant à ses calculs. Tu n'as pas encore compris que c'est pas le meilleur moyen de rentrer dans mes bonnes grâces, hein ?

-Tes bonnes grâces ? S'étonna-t-il. Qu'est ce j'en aurais à foutre de tes bonnes grâces ? Ce que je veux c'est du matériel d'équipement fonctionnel !

-Mais oui ! Les machines ! Toujours les machines ! S'agaça Bulma. Décidément, il n'y a que ça qui t'intéresse chez moi !

-Justement, intervint-il en posant sur la table l'objet qu'il avait dans les mains, je te rapporte un de tes robots-hologrammes qui est déjà cassé. Ils sont pas mal mais apparemment tu as oublié de protéger les projecteurs holographiques.

-Ne détourne pas le sujet toi ! »

Il haussa un sourcil sans répondre, amusé par tant de déblatérations inutiles. Elle cherchait sans doute un moyen de se venger qu'il se soit moqué d'elle avec l'araignée la veille. Il ne lui donnerait pas ce plaisir.

Elle resta un moment absorbée dans ses calculs, et il constata par dessus son épaule qu'il s'agissait à nouveau de schémas pour sa machine-à-réparer-les-murs-en-billes.

« En fait, lâcha-t-elle tout d'un coup, je pense que tu ne comprends même pas ce que j'insinue. Je n'ose pas imaginer de combien de choses agréables tu te prives dans la vie, juste parce que soit-disant tu ne t'intéresses qu'à te battre ! Et je pense que c'est pas uniquement à cause de ta passion pour le combat, c'est aussi parce que tu as peur.

-Humaine, s'agaça Végéta. Je ne vois pas de quoi tu parles et je m'en fiche royalement, alors évite de m'insulter ! La seule chose intéressante que je loupe en ce moment c'est du temps d'entraînement dans ma salle de gravité qui n'est toujours pas réparée !

-Si tu ne me contredis pas, c'est que j'ai raison ? Insista-t-elle en relevant la tête de ses schémas.

-Je t'ai contredite, imbécile !

-Mmm... Moi je pense que tu as peur. Déclara-t-elle en se levant pour se retrouver juste en face de lui.

-Ah bon ? Et peur de quoi, idiote ? Grogna-t-il en prenant un air menaçant. Pour qui est-ce que tu me prends ?

-Je te prends pour quelqu'un qui a peur de me laisser m'approcher de toi, parce que tu ne sais pas ce qui pourrait se passer.

-À quoi tu joues ? Menaça-t-il en songeant que cette femelle allait réellement finir par l'énerver.

-Si tu n'as pas peur de moi, tu peux jouer avec moi... » Suggéra-t-elle en le transperçant de son regard bleu aquatique, à quelques centimètres seulement. Elle n'avait pas reculé d'un millimètre malgré la posture menaçante qu'il avait prise. Au contraire, elle s'était peut-être même rapprochée davantage.

« Et qu'est-ce que j'y gagne ? » Répliqua-t-il en prenant un air ennuyé. La proximité de l'humaine allait presque finir par le rendre nerveux, mais il ne parvenait toujours pas à concevoir pourquoi elle faisait ça. C'était une technique de survie tout à fait inédite et de l'efficacité de laquelle il doutait franchement.

« Je te donne un aperçu ? » Proposa-t-elle en souriant d'un air maintenant enjoué, penchant légèrement la tête sur le côté. Son regard se planta de nouveau droit dans le sien, où brûlait une lueur de défi, et elle ajouta : « Ou bien tu as vraiment peur ? »

« Tsss ! Éluda-t-il, légèrement déconcerté par l'attitude de l'humaine. Si je relève ton défi ridicule, humaine, tu me fiches la paix et tu retournes à ton travail ? »

Il eut alors la très nette impression de voir un éclair passer dans son regard bleu. La lueur du chasseur qui vient de piéger sa proie. La lueur du guerrier dont l'adversaire a commis une erreur fatale sans le savoir encore... Qu'avait-elle encore inventé de tordu cette stupide terrienne ?

Et pourquoi diable avait-il laissé sa fierté et sa curiosité l'encourager à relever un défi inutile ?

« Marché conclu. Admit-elle en souriant.

-Tu as trente secondes, humaine. Après tu me fiches la paix !

-Ne t'inquiète pas, s'amusa-t-elle. Si tu es vraiment aussi insensible que tu prétends l'être, tu n'as rien à craindre de moi.

-Ts ! Comme si j'avais jamais eu quelque chose à craindre d'une créature aussi insignifiante que toi ! »

Elle se contenta de laisser échapper un petit rire, puis fit un pas vers lui, si proche que leurs deux corps se frôlaient presque. Là, elle murmura : « Top chrono alors. » en le regardant droit dans les yeux.

Il haussa un sourcil dubitatif et conserva son air hautain tout en décroisant les bras. Se tenir bras croisés était une garde, et il n'était pas en garde. Il tenait à montrer une fois pour toutes à cette terrienne insolente qu'il ne craignait absolument rien d'elle.

De son côté, Bulma bouillonnait.

Confiante en ses charmes, elle leva doucement la main pour frôler l'épaule puis le cou du guerrier torse-nu. Ce faisant, elle avait enfin décroché son regard du sien, mais il n'avait pas bougé. Parfait.

Elle laissa ses doigts glisser légèrement pendant plusieurs précieuses secondes, jusqu'à ce que la sensation de pierre fasse place au toucher délicat de la peau. Volontairement ou pas, Végéta jouait le jeu et venait de baisser sa défense. Parfait.

Elle leva alors son autre main pour venir effleurer le torse du saiyan, glissant doucement le long de celui-ci, pour venir se poser délicatement au dessus de sa hanche vers son dos. Toujours pas de réaction. La peau sous ses doigts était légèrement grêle. Parfait.

Là elle avança la tête de son épaule, frôlant délibérément le torse du guerrier avec sa propre poitrine. Elle posa délicatement ses lèvres sur son épaule et les fit remonter jusqu'au creux de son cou, en expirant par la bouche. La peau de son cou était délicieusement plus douce que ce à quoi elle s'attendait. Hum... Peut-être cette situation était-elle un peu trop risquée ?

Pour sa part, Végéta était littéralement paralysé. Une partie de son esprit, sans doute son instinct de survie, lui criait de la repousser et de la pulvériser avant qu'elle ne touche le sol. Mais une autre partie demandait au contraire à la coller contre lui et goûter le parfum de son cou en retour.

Il n'écouta aucune de ces deux voix. Sa fierté défiée était maintenue en place par une discipline de fer, forgée par plusieurs décennies de voyages intergalactiques. Il ne bougerait pas, et retenait sa respiration, tandis qu'elle faisait courir ses doigts dans son dos et ses lèvres sur sa gorge. Il savait que les humains n'étaient pas une espèce vampire après tout...

Il ne bougerait pas... mais il comptait les secondes.

27, 28, 29

« Trente secondes femme. » Il tentait de faire sonner sa voix de façon autoritaire, mais l'effet fut gâché par son larynx un peu trop contracté.

Là, Bulma dut tant bien que mal rassembler à son tour sa propre fierté et se forcer à reculer d'un pas. Elle avait peut-être apprécié la situation un peu plus que prévu...

« Alors ? » Demanda-t-elle avec un sourire séducteur.

Pour toute réponse, elle obtint un regard vide et un haussement de sourcils. Puis sans mot dire, il tourna les talons et s'en fut, disparaissant du laboratoire encore plus vite qu'il n'y était entré.

Que... Quoi ? Non mais quel ingrat !

Frustrée, Bulma pinça les lèvres, regrettant déjà le contact de ce cou si appétissant, tentant de ne pas prendre ce départ comme un échec...

Il lui fallut quelques minutes de réflexion pour réaliser que Végéta était parti sans le moindre mot de critique ou de moquerie, parti si vite que cela aurait presque ressemblé à une fuite...

Comme cette fois-là où elle avait collé son dos contre lui alors qu'il lui tenait la gorge.

Donc...

Donc ce n'était pas complètement un échec ! Elle était toujours capable de faire de l'effet à un homme, même à quelqu'un d'aussi insensible que Végéta ! Elle était rassurée !

Elle avait peut-être une chance d'en faire un petit-ami correct après tout... L'aperçu qu'elle avait eu en tous cas, était correct.

… Lequel d'entre eux avait-il réellement donné un aperçu à l'autre, au final ?

ooooo

Dès qu'il fut certain d'être hors de vue, Végéta s'arrêta et prit une grande inspiration lente. Retenir sa respiration pendant moins d'une minute n'était pas bien compliqué, mais cela l'avait agacé d'y être contraint.

Un grondement grave résonna dans l'air, puis s'interrompit, reprit plus faiblement, s'interrompit à nouveau, et reprit une dernière fois pour s'arrêter définitivement à la fin de la deuxième expiration.

Satané larynx !

Cette caractéristique commune à tous les saiyans ne l'avait jamais vraiment dérangé, car cela ne s'était déclenché chez lui que très rarement, et en des occasions plus victorieuses. Mais là, c'était la deuxième fois que cette humaine l'obligeait à retenir sa respiration pour pas que ça ne se remarque ! Sa présence le mettait bien trop à l'aise, c'était douteux. À quoi jouait-elle avec ses attaques aux phéromones ? Que cherchait-elle ?

Il fallait qu'il trouve un moyen pour remettre cette humaine à sa place.

Il n'aurait cependant pas l'occasion d'y songer davantage, alors que le soir-même, Bulma arriverait triomphalement dans la salle à manger pour lui annoncer que sa nouvelle machine était enfin prête, et que dès le lendemain elle lancerait la réparation et le remontage des murs en jellybilles de sa très attendue salle de gravité.

Le lendemain, étant à l'origine passé pour contrôler que Bulma travaillait aussi vite que possible, il se retrouverait embauché pour transporter la nouvelle machine jusqu'à la salle de gravité, puis il passerait sa matinée à y empiler d'énormes et lourds blocs de jellybilles nouvellement assemblés. Une fois les murs rebâtis, il surveillerait impatiemment, tandis que la scientifique et ses robots réalisaient la mise en cohésion et d'autres manipulations électroniques complexes, et qu'ils refixaient les plaques de matériau-qui-se-ressoudait-tout-seul par dessus les murs de billes.

Avant le début de l'après-midi, la salle de gravité était à nouveau fonctionnelle, et remplie de robots de combat plus agressifs que jamais. Ce jour-là, Végéta passerait la barre des 460G, et lutterait réellement comme si sa vie en dépendait.

Ce jour-là, et les jours suivants...

Il oublierait alors d'être sur ses gardes avec l'humaine...

Malheureusement pour lui, c'était la meilleure manière qu'il avait de la frustrer davantage, attirant encore plus son attention sur lui.