[Note de l'auteure] Yayyyyyyy ! Ma parole, ceci est le 20ième chapitre !
Chers amis, bonjour ! J'essaie de tenir mon rythme et de tenir cette histoire à jour aussi souvent que possible, et pour ça je voulais vous dire un grand merci. Ceci est le 20ème chapitre, cette fiction a plus d'un an d'existence, plus d'une centaine de reviews et plus d'une quinzaine de followers, sans compter celles qui me suivent sans être inscrites sur ce site. Je n'aurais jamais espéré en arriver là. Oui, je sais, je vous répète ça à chaque nouveau chapitre, mais franchement, merci à vous pour votre soutien !
Bon, je rappelle, juste au cas où, que cette fiction est notée M, ein... Non pas qu'il se passe dans CE chapitre des trucs trèèèèèèèèès... enfin voilà, mais mes personnages qui traînaient pour avancer correctement dans cette histoires viennent soudain de se mettre à vouloir accélérer. ça fait très longtemps que ce chapitre et les deux qui vont suivre sont écrits sous forme d'ébauche, et j'avoue que je n'espérais pas les raccrocherun jour, encore moins les uns à la suite des autres... Mais bon, je vous laisse découvrir ^^
Bonne lecture, et merci encore à tous !
Offensive
La jeune saiyane laissa échapper un cri de douleur lorsque la clef de bras fut complète. Plusieurs des jeunes guerriers d'élite qui observaient la scène réprimèrent un frisson.
Le vieux Xelerr poursuivait sa leçon, imperturbable : « Et là, vous voyez, là elle ne peut plus rien faire. Maintenant je peux la regarder droit dans les yeux. C'est le moment le plus fort. Plus intense que la guerre, plus intime que le sexe : je vais la tuer. »
ooooo
L'odeur de Bulma et son ki s'approchaient lentement. C'est pas trop tôt ! Songea Végéta, attablé à dévorer son repas du soir comme tous les soirs. Mais ce soir-là, comme régulièrement, elle était en retard.
« Salut Végéta ! » Lança une voix joyeuse en provenance de la porte du salon.
« Humaine, claqua-t-il entre deux bouchées, c'est complètement inutile d'essayer de m'imposer ta présence à chaque repas si tu arrives quand j'ai fini de manger.
-Désolée, je t'ai manqué ? Répondit la voix enjouée en passant derrière lui. Mais non il te reste encore au moins cinq plats ! »
Nonchalamment, quatre doigts glissèrent le long de l'omoplate de Végéta tandis que l'humaine s'éloignait de lui pour prendre sa place à table.
La totalité de son dos se crispa violemment, tandis qu'il se retourna brusquement pour la foudroyer du regard. C'était quoi ça ?
Mais l'humaine assise à son côté ne le regardait pas, occupée à remplir son assiette. Elle souriait.
Puis elle leva les yeux vers lui et sourit davantage lorsque leurs regards se croisèrent enfin.
« Alors, grand guerrier, comment va ton entraînement ? Qu'est-ce que tu penses de mes nouveaux droïdes ? »
Tâchant de relâcher la tension des muscles dans son dos, Végéta tenta d'assimiler la question qu'elle venait de lui poser. Cela faisait maintenant plus d'une semaine que la chambre de gravité était à nouveau fonctionnelle, et sa scientifique travaillait à présent plus vite que lui. Pour chaque robot qu'il détruisait, elle lui en fournissait deux nouveaux. Plus coriaces, plus rapides, plus dangereux.
Le simple fait de tenir debout à 460G tenait du miracle. Passer à 470G le faisait s'écraser au sol. La différence de gravité semblait pourtant anodine, mais l'effet sur son corps paraissait comme si la gravité avait été multipliée par deux, et lui coupait la respiration plus efficacement que s'il avait reçu un coup de genou dans le ventre. La fonction arrêt d'urgence fonctionnait nettement plus souvent que Végéta n'aurait jamais accepté de l'admettre... Heureusement, il ignorait que l'historique de la salle de gravité était enregistré sur ordinateur.
« Hmf ! Fit-il d'un air désintéressé. Les robots ? Ils sont corrects, mais peut-être pas encore assez offensifs. »
Il tenta de se remettre à manger comme si de rien n'était, en se mettant volontairement de profil par rapport à elle, en espérant qu'elle ne remarque pas...
« Qu'est-ce que tu as à l'épaule ? Demanda-t-elle d'un air concerné.
-Rien ! Claqua-t-il trop nerveusement pour ne pas paraître suspect. »
La seconde suivante, elle avait laissé tomber son repas et était debout à côté de lui, exigeant d'examiner la blessure sur-le-champ. Elle mettait ses deux mains sur son épaule et sur son bras, sans gêne, n'ayant pas l'air de remarquer qu'elle lui donnait la chair de poule. Il tenta de la repousser, de s'agacer, l'insulter. Comme toujours, lorsqu'elle commença à le provoquer, il dut la suivre à l'infirmerie, ayant tout de même réussi à négocier de terminer son repas avant cela.
La zone autour de l'articulation de son épaule était d'un joli dégradé allant du noir au vert en passant par le gris. Le tout strié de rouge. La faute aux nouveaux robots. Végéta avait eu bien du mal à remboîter son épaule sous 460G, tout seul, et sans stopper les attaques. Il faudrait qu'il soit plus rapide à l'avenir, sinon la technologie de la scientifique allait finir par progresser plus vite que lui. Intolérable.
Et à présent elle était là, à grimacer en contemplant la plaie, à poser délicatement ses doigts tout fins sur les points les plus douloureux, à appliquer des produits à l'odeur douteuse, et à batailler avec lui pour qu'il accepte un bandage, au moins deux ou trois jours. Il finit par admettre un jour. Mais pas un de plus. Elle soupira et commença à enrouler les bandes autour de son épaule.
Pendant tout ce temps, Végéta était en train de lutter avec son propre corps, tentant en vain de remettre en place sa défense habituelle. Il ne l'avait jamais fait consciemment. Les saiyans avaient naturellement une peau d'acier, c'était de baisser cette défense qui nécessitait un effort réfléchi. Alors pourquoi, non de non, pourquoi sa défense disparaissait-elle comme un rideau qu'on tire, dès que cette femelle s'approchait de lui ? Était-ce encore une manigance de sa part ? Jusqu'où allait sa stratégie ?
Et son parfum...
« Eh ! Ça va ? Tu as l'air complètement crevé... »
De retour à la réalité, Végéta se retrouva plongé dans une paire d'yeux bleu-océan qui le fixaient avec curiosité. Il avait probablement encore trop approché la tête d'elle... Stupide humaine ! Elle exagérait !
L'air menaçant, montrant les dents, projetant son ki autour de lui en une aura agressive, il se leva du lit où il était assis et s'avança vers elle.
« Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Paniqua Bulma en reculant. Qu'est-ce que j'ai fait ? Attends ! Je sais bien que ce n'est pas agréable de porter un bandage, mais quand même, ce n'est pas pour t'embêter tu sais... Même deux jours ce serait à peine suffisant... Non mais attends, on peut discuter ! D'accord d'accord, je te l'enlèverai demain j'ai compris, arrête... »
La laissant monologuer, Végéta continuait d'avancer, jusqu'à ce que l'humaine se trouve dos au mur, levant les mains devant elle en un geste apeuré. Ce qui, contre toute attente, le fit effectivement stopper.
Il venait juste de comprendre une chose importante. Lorsque Bulma n'était pas énervée et qu'elle ne s'attendait pas à une offensive de sa part, elle POUVAIT avoir peur de lui. En ce moment elle avait peur. Ou du moins, elle était effrayée. Parce qu'elle ne pouvait pas savoir ce qu'il pensait. Elle le voyait juste avancer vers elle avec un air menaçant devant lequel n'importe qui d'autre se serait jeté à genoux en tremblant de tous ces membres. Mais elle n'était pas à genoux. Elle était plaquée au mur avec, devant elle, ses frêles mains blanches comme seul espoir de se défendre contre l'un des plus dangereux meurtriers de l'univers. Mais debout. Combien n'aurait-il pas donné pour la voir à genoux devant lui ?
« Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce que tu fabriques ? » S'inquiétait-elle en tentant discrètement de glisser le long du mur vers la porte.
Il lui bloqua le passage en appuyant son bras à côté d'elle, se maintenant juste à distance suffisante pour qu'elle ne puisse pas le toucher avec ses maudites mains.
Elle se tut.
Son regard bleu scintillait et chavirait comme la houle, tandis qu'elle tournait et retournait sans doute mille hypothèses dans sa tête pour tenter de comprendre ce qu'il faisait.
Elle ne trouverait pas. C'était une offensive gratuite.
Il sourit de son sourire le plus maléfique en la voyant discrètement se recroqueviller sur elle-même. La meilleure défense était l'attaque, et elle l'avait bien cherché avec ses agressions répétées aux phéromones !
De sa main libre, il passa son pouce à l'horizontale sur la gorge de la femelle effrayée. Lentement. Le temps de la sentir retenir sa respiration puis déglutir, tout en reculant la tête contre le mur.
« Ça serait si simple de te tuer. » Susurra-t-il en laissant son pouce traîner sur la fin de son parcours, dans le creux de l'os de son cou. « Est-ce que tu sais combien de fois par jour j'envisage de le faire ?
-Mais tu ne le fais pas. » Murmura-t-elle en retour. Quelque chose avait changé dans sa respiration. Dans son odeur aussi.
« Tu sais que je finirai par le faire. Répliqua-t-il.
-Combien de fois ? Nargua-t-elle dans un souffle en lui rappelant l'existence des dragon balls.
-Autant de fois qu'il sera nécessaire pour que tu te mettes enfin à avoir peur de moi.
-Et pourquoi est-ce que j'aurais peur de toi Végéta ? » Répondit-elle en le fixant de ses grands yeux bleus.
Il fronça les sourcils : « Parce que rien ne pourrait m'empêcher de te tuer ni de détruire ta misérable planète comme j'en ai détruit bien d'autres. Parce que tout l'Univers tremble rien qu'à prononcer mon nom. Parce que je ne laisse jamais de survivants sur mon passage. Je peux te tuer, là, maintenant. »
L'humaine frissonna tandis qu'il passait son index en sens inverse sur sa gorge, rêvant d'en voir le sang gicler... En fait non.. Il ne souhaitait ni la voir saigner, ni même souffrir, juste qu'elle ait peur. Peur comme elle DEVAIT avoir peur. Mais ces yeux grands ouverts plongés dans les siens le contemplaient d'un regard intense, brouillé par bien d'autres expressions que celle de la peur.
« Tu sais, répondit-elle doucement, c'est pas tout à fait le genre de chose que j'envisage quand tu te tiens si près de moi avec ton air de prédateur... » Avoua-t-elle avec un sourire discret, sa voix comme un murmure. Tout le bras de Végéta fut parcouru d'une vague de chair de poule quand elle fit doucement glisser ses doigts le long de son avant-bras. Il serra les dents. Cette idiote avant l'audace de contre-attaquer !
Il lui saisit la gorge et le poignet avec ses mains, et enroula sa queue autour de la taille de l'humaine, ne s'attendant pas du tout à la réaction qui viendrait après.
« Ah non ! Cria-t-elle en tentant de repousser la main autour de sa gorge et de se dégager. Arrête avec ça ! J'en ai marre Végéta ! Si ça t'amuse tant d'essayer de me faire peur, sois un peu inventif au moins ! C'est tellement primitif de choper les gens par la gorge ! Lâche-moi ! Pour qui tu me prends ? » Il la lâcha effectivement, pour qu'elle arrête de lui toucher le bras avec sa main libre et pour épargner ses tympans, mais il ne lâcha pas son poignet. Elle continuait. « Je ne sais pas ce que tu cherches à obtenir comme ça ni pourquoi tu te mets brusquement à me menacer, mais je préfère te le dire tout de suite : ça ne marchera pas. Je ne suis pas de ces minables que tu manipules pour t'obéir ! C'est pas comme ça que ça marche avec moi ! » Végéta lui saisit l'autre poignet, pour qu'elle arrête d'appuyer son doigt sur son torse. « Arrête ! Lâche-moi ! J'estime avoir droit à un peu plus de respect que ça ! Surtout de ta part à toi, vu tout ce que je fais pour toi ! Je te croyais moins stupide ! »
Ils restèrent ainsi un moment à se défier du regard, plongés dans l'intimité de deux adversaires qui se reconnaissent et s'estiment, au moment où l'un des deux tient entre ses doigts la vie de l'autre comme la fragile flamme d'une bougie, et qu'à lui seul revient le choix de souffler dessus ou non.
Dans de telles conditions, Végéta avait vu vaciller bien des guerriers, parmi les plus puissants de l'univers, soudain implorer son pardon, essayer de faire croire qu'ils pourraient lui être utile, le supplier de les épargner. Mais pas Bulma.
Elle, elle savait combien elle était réellement utile, et ne tentait pas d'argumenter sur ce sujet. Elle savait qu'il le savait. Elle savait qu'il avait besoin d'elle. Peut-être même savait-elle aussi qu'il ne souhaitait que la voir soumise, et non la tuer réellement.
Bloquée là contre le mur, ses deux poignets au dessus de sa tête, elle ne décrochait son regard du sien que pour ciller. L'âme d'une vraie guerrière dans un corps aussi frêle qu'une brindille. Un océan en furie dans les yeux.
Végéta eut soudain une brusque envie de se plaquer contre elle. Pour l'empêcher de lui échapper sans doute, ou peut-être pour appuyer sa domination, ou encore pour savourer son parfum directement dans ses cheveux... Peut être un peu des trois.
Une seconde.
Deux secondes.
Trois secondes.
« Tu sais... Murmura Bulma, son visage si proche qu'il sentait son souffle sur ses lèvres. Si tu étais plus gentil avec moi, peut-être que j'envisagerais de ne pas te repousser, si c'est ce que tu crains. »
Elle ne pouvait pas savoir à quel point ses paroles n'auraient pas l'effet escompté.
Il ne releva pas le défi qu'il n'avait de toutes manières pas compris. Pire, ces paroles eurent l'effet d'une douche froide sur Végéta : elle savait. Elle savait qu'elle avait sur lui l'effet d'un aimant.
Deux hypothèses étaient possibles : soit elle avait inventé une machine pour lire dans ses pensées, et tentait de s'en servir contre lui, soit elle avait trouvé un moyen pour manipuler directement ses pensées. Il opta sans hésiter pour la seconde hypothèse.
Il la lâcha brusquement et recula, l'air méprisant, sa queue fouettant l'air rageusement. Jamais il ne laisserait savoir à l'humaine que ses phéromones faisaient effet sur lui. Il commençait à voir dans son jeu. Elle cherchait à le manipuler pour obtenir ce qu'elle voulait de lui. Comme si elle avait jamais pu croire qu'il puisse ne serait-ce qu'envisager d'être ''gentil'' avec elle ! Pour obtenir quoi en retour ? Une dose de drogue aux phéromones qui détendent et qui donnent des frissons agréables ? Quelle idiote !
« Tu te surestimes, humaine. Cracha-t-il. Retourne à tes robots, c'est bien la seule chose utile que tu saches faire. »
Et il s'en fut, ne souhaitant pas prolonger davantage la conversation, satisfait de la laisser ainsi après l'avoir rabaissée comme elle le méritait.
Il aurait dû se douter qu'elle serait déjà en train de planifier sa revanche...
ooooo
Les jours qui suivirent, Végéta apprit soudainement à porter des T-shirts. Non pas qu'il faisait froid, Bulma en était persuadée. Mais désormais, quand il revenait de sa douche pour aller prendre son repas du soir en sa compagnie, il était nettement plus habillé que jusqu'alors.
Était-ce dû à l'habitude qu'elle avait prise de glisser ses doigts dans son dos quand elle passait derrière lui ? C'était probable... Mais s'il croyait qu'elle allait s'arrêter pour autant, il se trompait. Elle avait une telle envie d'éclater de rire lorsqu'il se retournait brusquement pour lui jeter un regard furibond à chaque fois qu'elle le faisait !
Mais derrière cette petite revanche, elle avait bien l'intention d'en planifier une bien pire. Elle était furieuse.
Et mettre Bulma en colère était une chose que tout le monde évitait de faire, pour une bonne raison...
Quel homme assez coincé pouvait avoir le culot de repousser si ouvertement ses avances ? À elle ? Surtout après avoir eu le culot d'avancer sur elle et de l'avoir faite délibérément frissonner ?
Personne.
Elle avait l'impression d'être de retour à l'époque très lointaine où elle avait rencontré Goku et tenté de le charmer pour lui prendre sa dragon ball à quatre étoiles... Et qu'elle s'était fait rembarrer dans les règles de l'art par ce gentil innocent...
Oui, mais là, c'était différent ! Elle était une femme s'adressant à un homme, et non plus une adolescente à un gamin ! Et pourtant, il n'avait clairement pas compris le message ! Parce que s'il l'avait compris, il aurait au moins mal pris le fait qu'elle implique l'idée qu'elle pourrait le repousser. Ou bien il aurait cillé, eu l'air perturbé, se serait énervé ou moqué d'elle ! Ou bien il aurait relevé le défi... Là, rien de tout cela !
Faisant les cent pas dans sa chambre, Bulma pestait. Elle était bien plus frustrée qu'elle n'aurait osé l'admettre, pas même à elle-même.
Ce type avait gravement besoin d'un cours de sciences naturelles ! Bulma savait qu'il avait sans doute perdu ses parents relativement jeune, mais instruit comme il était, il avait bien dû avoir des professeurs, des tuteurs ou quelque chose ! Personne n'avait-il osé aborder ce thème avec son prince, ou bien était-ce Végéta qui, comme Goku, ne s'était jamais intéressé au sujet ?
Tout ce qu'il méritait, cet idiot, c'était qu'une fille le coince dans un coin, l'attache ou trouve quelque chose pour l'immobiliser, et lui...
Ahem... Une jeune fille distinguée comme elle n'était pas censée avoir de telles pensées...
Et puis, elle ne pouvait pas supporter l'idée qu'une autre fille ait l'audace de tourner autour de Végéta. C'était SA cible !
Sa cible, à ELLE.
Dans ce cas, la vengeance de Bulma était toute trouvée : elle allait trouver une occasion dont il ne pourrait pas se défiler, et lui donner un second et dernier... aperçu. Puis elle le laisserait sur sa faim, et le repousserait jusqu'à ce qu'il accepte d'obéir à toutes les conditions qu'elle lui poserait. Après, elle ferait de lui un petit ami idéal. Et voilà ! Facile !
Mais cette fois-ci, il fallait que l'aperçu qu'elle lui donnerait lui... ouvre son champ des possibles... Qu'il parvienne à envisager... Ce que ce pourrait être... Ce qu'ils pouvaient partager... Ce à côté de quoi il passait...
Elle ne tolérerait pas de se faire jeter une seconde fois. Il ne lui manquait qu'une occasion...
ooooo
L'occasion se présenta d'elle-même deux semaines plus tard. Cette nuit-là, Bulma et ses parents furent réveillés par des bruits inhabituels en provenance du jardin intérieur. Munie de son blaster-laser qu'elle gardait dans sa table de nuit, elle y découvrit que Kiki leur tyrannosaure, en bon animal de garde, avait bloqué trois intrus armés dans un coin du jardin et activé les alarmes. Lorsque la police arriva, ce furent pas moins d'une dizaine de malfrats que l'on retrouva piégés dans les divers dispositifs de sécurité qui entouraient la Capsule Corporation. Seuls les trois intrus attrapés par Kiki avaient réussi à les franchir. C'était préoccupant. D'ordinaire, les voleurs se décourageaient dès les premiers dispositifs, et il était extrêmement rare que leur tyrannosaure de compagnie ait à intervenir. Mais depuis deux mois, c'était la troisième fois.
Ce matin-là, madame Briefs était tendue, ce qui ne lui arrivait presque jamais. Elle se leva brusquement de la table du petit déjeuner et pointa sa fille d'un index accusateur : « Ma chérie, je refuse que tu ailles à ton cocktail de cérémonie de je-ne-sais-quoi la semaine prochaine !
-Hein ? La cérémonie de remise de diplômes de Lekelek ? Pourquoi ça ? S'étonna Bulma entre deux bouchées de pain.
-Parce que c'est dangereux !
-Mais pourquoi ce...
-Je n'ai pas envie qu'on te prenne en otage ! C'est dangereux. Il ne faut pas qu'il arrive quelque chose à ma petite fille chérie !
-En otage ? Maman, c'est ridicule ! Cette cérémonie j'y vais tous les ans ! Tu ne t'imagines quand même pas que...
-Kiki a attrapé quatre personnes ce matin !
-Euh non, seulement trois.
-C'est pareil ! Continuait d'emphaser sa mère en brandissant sa cuillère comme s'il s'agissait d'une arme. J'ai un mauvais pressentiment, donc je ne te laisserai pas y aller. C'est dangereux.
-Ma chérie, intervint calmement monsieur Briefs en baissant son journal, tu ne crois pas que tu exagères un peu là ? C'est une petite cérémonie parfaitement calme, et Bulma y va depuis très longtemps, ça serait mal vu que... » Là, il dut s'interrompre et se cacher à nouveau derrière son journal pour se dérober au regard assassin de sa femme.
« Tu n'y vas pas. Trancha madame Briefs en retournant son attention sur sa fille. C'est dangereux.
-Si, j'y vais. Imposa Bulma en soutenant le regard de sa mère. Je ne suis plus une gamine maman, et je sais me défendre.
-Non. Et c'est dangereux.
-Si je sais me défendre ! S'exclama sa fille. J'irai, un point c'est tout ! Je ne vais pas rester enfermée ici sous prétexte qu'il y a des voleurs qui s'intéressent à nos inventions !
-Mais c'est dangereux ! »
La conversation tourna en boucle pendant toute la durée du petit déjeuner, la mère et la fille ayant le même caractère quand elles le voulaient, jusqu'à ce que monsieur Briefs, piégé entre deux feux, ne tente de proposer une alternative, dans l'espoir d'obtenir quelques secondes de répit. Il le faisait bien sûr en désespoir de cause, ne s'attendant pas à remporter une telle attention de la part des deux femmes, ni encore moins l'adhésion de Bulma. Pourtant, c'est bien ce qu'il obtint, au bout de quelques minutes de réflexion de celle-ci, encouragé par un monologue de « C'est dangereux. » de sa mère.
Ce jour-là, en se dirigeant vers son laboratoire pour aller travailler, Bulma souriait d'un air maléfique. Elle tenait son occasion de revanche. Il ne restait plus qu'à trouver les bons mots pour le piéger.
« Végéta, tu ne perds rien pour attendre ! »
ooooo
Végéta fut donc pris au piège la veille de la fameuse soirée de cérémonie. Il s'y était attendu, il était sur ses gardes et avait bien repéré les attitudes bizarres de l'humaine. Il avait senti venir l'arnaque de loin.
Mais l'offensive qu'elle mena ce soir-là était d'une stratégie millimétrée.
« J'ai besoin de ton aide. » Annonça-t-elle soudainement, brisant l'agréable silence de la fin de son repas.
« Va voir ailleurs si j'y suis. Répliqua Végéta.
-Je dois assister à une petite soirée demain, commença-t-elle malgré tout à expliquer. Comme tu le sais, le contexte n'est pas très calme en ce moment, et mes parents ont peur que...
-C'est non.
-Eh ! Laisse-moi finir de parler au moins !
-Je ne suis pas garde du corps. Déclara-t-il sur un ton qui n'autorisait aucune riposte.
-Oui mais, riposta-t-elle, il y a vraiment un risque. Tu imagines, si j'étais prise en otage ? Je ne pourrais plus réparer tes machines, et tu serais obligé de venir à mon secours !
-Hn ! Ricana-t-il. N'y compte même pas !
-Allez, s'il te plaît ! Ce n'est qu'une toute petite soirée ! Je vaux bien ça tout de même...
-Humaine, contre-attaqua-t-il en se levant de sa chaise, la dernière fois que tu m'as fait une demande du genre, tu m'as offert une salle de gravité dernier cri. Qu'est-ce que je gagne cette fois-ci ?
-Eh bien, fit-elle en se levant timidement à son tour, j'y ai réfléchi, mais je n'ai pas pu penser à une invention particulière qui pourrait attirer ton attention. Mais si tu as une demande contraignante, c'est ta chance... » Ajouta-t-elle en levant vers lui un regard plein d'espoir.
En réalité, Végéta avait déjà bien plus que ce dont il avait besoin en ce moment pour s'entraîner. Les combats à 480G étaient une torture, et la simple idée que la machine pouvait atteindre les 600G sans que les robots n'en souffrent lui indiquait clairement qu'il avait encore une marge de manœuvre effrayante.
« Non. Déclara-t-il sur un ton neutre en croisant les bras. Dommage pour toi.
-Ah... Fit-elle d'un air de regret. Mais il y a peut-être, je ne sais pas moi, j'ai vraiment besoin de ton aide tu sais. Dis-moi, qu'est-ce que je pourrais te donner en retour ? Comment je dois te le demander...
-Essaye à genoux, on verra bien. » Nargua Végéta en levant un sourcil amusé. Elle jouait à un jeu dangereux, tant pis pour elle... Il pensait l'humilier avec cette contre-attaque sournoise, mais il venait de sauter à pieds joints dans le piège.
Il vit flasher l'éclair de victoire dans son regard bleu.
« À genoux ?
-Hn ! Ricana-t-il. J'ai dit on verra. » Comme si il avait ne serait-ce qu'envisagé d'accepter ! Bien sûr la perspective de la voir à genoux face à lui était jubilatoire... vraiment... mais ce n'était pas pour autant qu'il se laisserait piéger à jouer à nouveau les gardes du corps !
Sauf que bien sûr, Bulma n'était pas dupe. Elle sourit en rougissant, ce qui était d'autant plus déconcertant que cela ne lui arrivait jamais (à part quand elle hurlait de colère). Elle s'avança doucement vers lui sans soutenir son regard : « Alors... Je peux essayer de te proposer ça si tu veux... Disons... Si tu acceptes de m'accompagner et de me protéger demain à la soirée... Pour te remercier je... je m'agenouillerai à tes pieds... Je t'appellerai mon prince... Et je... je te montrerai... l'étendue de ma reconnaissance. »
Puis, devant son silence perplexe, elle leva les yeux et ajouta : « Et tu vas adorer. »
ooooo
Ainsi Végéta se laissa piéger volontairement.
ooooo
Il n'avait pas pu résister. Il savait que l'humaine lui réservait certainement encore un piège ou deux, il savait qu'elle avait tout calculé, jusqu'à cet affreux costume flambant neuf déposé sur la chaise à côté de la porte de sa chambre... Il savait, mais sa curiosité et son orgueil ne pouvaient souffrir de refuser une telle offre. Et ça aussi elle le savait.
Parce que la perspective de voir cette terrienne qui l'agaçait tant, qui le défiait en permanence et qui l'affrontait sans crainte en joutes verbales toujours plus épicées, cette humaine fière qui ne se soumettait ni à la peur ni à la loi du plus fort, et dont l'intelligence le surprenaient un peu plus chaque jour, la perspective de voir cette femme et tout ce qu'elle représentait, à genoux devant lui était à peu près aussi jubilatoire que celle de tuer Frieza en lui enfonçant sa botte dans la figure... Mais seulement, cette perspective-là était maintenant à sa portée...
Végéta commençait même à se dire que Raditz n'avait peut-être pas tout à fait tort, à l'époque ou il passait son temps à rire avec les autres mercenaires, clamant que toutes les femelles de l'univers devraient passer leur temps à genoux aux pieds des hommes, que c'était là que l'on aimait le plus les voir. À cet instant il croyait enfin comprendre...
Mais intérieurement, Végéta avait eu une deuxième motivation pour accepter le marché. Il espérait se débarrasser de toutes ses pensées parasites concernant sa jolie scientifique. La voir à genoux mettre, même quelques secondes, son honneur à ses pieds, ce n'était pas seulement pour satisfaire son ego. C'était toute la mystique, tout le mystère que cette femme avait construit autour d'elle qui pouvait soudain se dissiper. Alors elle reprendrait dans l'estime de Végéta sa vraie place : une faible représentante d'une sous-race de bipède, ayant mis sa science au service du grand prince des saiyans par servitude et pour des raisons dépourvues de logique. Et alors elle cesserait d'être pour lui cette redoutable tacticienne sans la moindre puissance de combat mais capable de se dresser face à lui d'égal à égal, cette femelle avec un feu bleu dans le regard et son parfum d'épices et d'océan, qui s'insinuait sous sa défense et de plus en plus dans ses pensées à longueur de journée, qui lui donnait l'impression à la fois de perdre le contrôle de lui-même, et à la fois de se sentir plus puissant et vivant d'exister à ce point. Tout cela disparaîtrait à l'instant où elle poserait un genou au sol, la plus forte des symboliques de soumission.
Tel était son calcul. L'une des pires erreurs de stratégie qu'ait jamais commises le prince des saiyans...
Mais, ignorant encore ce qu'il venait précisément d'accepter, Végéta patientait calmement, vêtu de son nouveau costume terrien ridicule, dans un coin d'une grande salle de réception remplie de mondains tous plus futiles les uns que les autres, essayant d'imaginer ce que ce pouvait être de voir Bulma à genoux. Il y eut des verres d'alcool, des discussions ennuyeuses, une sorte de cérémonie que Bulma lui indiqua comme étant une remise de diplômes, et dont il se moquait éperdument, puis il y eut de nouveaux verres d'alcool servis accompagnés de toasts d'œufs de poisson avariés et de viscères de volailles malades. Les terriens n'avaient décidément aucun goût, eux qui avaient de si bons légumes !
Puis il y eut ces quatre individus qui s'approchèrent discrètement de Bulma, sortant discrètement de leurs poches des objets noirs ressemblant à s'y méprendre à des armes à feu. Lorsque Végéta, quittant sa chaise pour la première fois de la soirée, se glissant discrètement derrière eux, il commença à saisir au vol quelques bribes de conversation. Les individus ayant braqué sur elle deux armes dissimulées sous leurs vestes, tentaient de la convaincre de quitter discrètement la pièce sans courir, et de monter dans le véhicule qui les attendait dehors. Si elle se mettait à crier, il y aurait des blessés parmi l'assemblée qui ne se doutait encore de rien.
« Mais qu'est-ce que vous voulez ? Demandait la jolie scientifique en croisant les bras.
-Oh, rien de bien compliqué jeune femme, lui répondit un des individus en prenant un ton de conversation confiant. Des armes, de l'argent, vous voyez, rien de spécial... Nous vous expliquerons tout ça en détail dans la voiture si vous voulez.
-Oui, renchérit un autre sur un ton amusé, il faut qu'on estime à combien on peut monnayer ça, qu'on négocie un peu, vous voyez...
-Je vois. S'assombrit Bulma toujours sans bouger. Et croyez-moi ou non, mais ça me donne pas franchement envie de vous suivre.
-Eh bien si vous ne nous suivez pas... passez devant alors. Proposa le premier individu.
-Ouais, et nous on passe derrière elle ! Railla un troisième.
-Vous n'êtes pas en position de négocier, de toutes manières. » Fit à nouveau remarquer le premier.
Fronçant les sourcils, Bulma tenta de jeter un coup d'œil vers l'endroit où Végéta avait été assis toute la soirée. Personne...
« Comme c'est aimable à vous de vouloir raccompagner cette demoiselle chez elle ! Intervint une voix sarcastique non loin derrière elle. Malheureusement c'est moi qui m'en charge pour ce soir. Désolé les gars. »
Instantanément, les deux pistolets restants s'étaient braqués sur l'intrus qui se tenait maintenant à côté d'elle.
« T'es qui toi ? Aboya celui qui semblait être le cerveau du groupe.
-Il est avec moi. Répondit Bulma rassurée.
-Comment ça qui je suis ? Vous avez fait une erreur de calcul fatale si vous ne m'avez pas vu arriver ici en même temps qu'elle. Fit remarquer Végéta avec son habituel air moqueur.
-Ta gueule ! Glapit un des individus. La fille nous suit, et pas toi. Si il y a un seul bruit suspect, on tire, et ça commencera par toi ! »
En un clin d'œil, Végéta était face à lui, le dévisageant de son regard noir d'assassin. « Vas-y, tire, pauvre minable ! » L'encouragea-t-il d'une voix froide.
L'individu sursauta et recula de plusieurs pas, tentant de récupérer son revolver écrasé dans la main du saiyan en tirant sur la crosse et appuyant sur la gâchette sans succès. Celui-ci laissa flasher un sourire carnivore, puis lâcha l'arme, à présent aussi chiffonnée qu'une feuille de papier. Dans l'élan, l'individu tomba à la renverse.
Les quatre individus restèrent une fraction de seconde stupéfaits en contemplant ce qu'il restait de l'arme. « Enfoiré ! » S'écria l'un d'eux en tirant sur Végéta.
Le coup de feu fit paniquer la foule. Le reste se poursuivit dans une confusion presque totale, tandis qu'au bout de quatre secondes à peine, les quatre individus étaient au sol à déplorer une jambe ou un bras cassé, et leurs quatre armes broyées comme des jouets en carton.
« Honnêtement humaine, c'est pour des minables pareils que tu m'as fait venir ? » Demanda Végéta d'un air complètement désintéressé en inspectant la balle qu'il avait interceptée au vol un instant auparavant.
Cillant violemment pour tenter de saisir ce qui venait de se passer, Bulma regarda alternativement ses agresseurs hors d'état de nuire et son garde du corps qui leur tournait déjà le dos. « Euh, oui, j'avoue que je m'attendais à un peu plus de danger...
-Tsss ! Moi qui espérais un peu d'action, je suis déçu. Mais j'ai bien l'intention que tu respectes quand même ta part du contrat.
-Bien entendu. Répliqua-t-elle. Mais si tu permets, la soirée n'est pas finie. Je dois aller parler avec les organisateurs. Savoir qui étaient ces types et comment ils sont entrés ici, et puis appeler la police...
-Tsss ! Dépêche-toi, je m'ennuie à mourir !
-Eh ! Répliqua-t-elle d'un ton enjoué. Au moins cette fois tu n'es pas venu pour rien ! »
Déjà, plus la moindre trace de stress ne subsistait en elle alors qu'elle adressa un clin d'œil au saiyan et se mit à crier des ordres pour calmer la foule, rétablir l'ordre, et organiser ce qui devait être fait. Elle avait l'habitude après tout. Des bandits de pacotille comme ça, elle en avait déjà matés seule. En beaucoup plus de temps, et beaucoup moins proprement, soit, mais ce n'était pas la première fois que de pauvres types avaient comme idée de génie de vouloir prendre la frêle Bulma Briefs en otage...
Haussant un sourcil intrigué, Végéta retourna à s'asseoir sur sa chaise, attrapant un bol de cacahuètes au passage. Il n'avait rien d'autre à faire.
ooooo
« Allez ! À ton tour de respecter ta part du marché ! »
Tous deux venaient d'atterrir au milieu de la pelouse du jardin de la Capsule Corporation, Végéta ayant déposé Bulma guère moins brusquement que la dernière fois qu'il l'avait emportée en vol. Il avait accepté de le faire car il était de bonne humeur : un estomac plein, avoir pu terrifier quelques bipèdes, et un moment plaisant en perspective.
« Eh oh ! Tu t'attends à ce point à ce que je me défile ? Se Vexa Bulma qui reprenait son équilibre.
-Arrête de parlementer, mets-toi à genoux, et tout de suite ! » Imposa-t-il avec un sourire sadique parfaitement authentique.
Bulma fronça les sourcils et avança droit vers lui en appuyant sur son torse un index accusateur : « Dis-donc toi ! Je te trouve un peu pressé, là ! Tu as pris ton mal en patience toute la soirée, alors tu me laisseras bien encore quelques minutes pour moi, non ? Je tiens toujours mes engagements, mais crois-moi, tu ne VEUX pas que je fasse ça en plein milieu du jardin. » Puis, devant son air à nouveau perplexe, elle ajouta en lui tournant brusquement le dos : « Je te rejoins dans ta chambre dans 10 minutes. » Puis elle s'en fut, presque en trottinant, vers la maison.
Resté planté là, Végéta fronça les sourcils. Même dans la pénombre, l'humaine avait paru rouge comme une pivoine et semblait maintenant fuir... Quoiqu'elle soit en train de manigancer, il ne lui accorderait pas plus que les dix minutes qu'elle venait d'annoncer.
Sur cette dernière pensée, il s'envola pour regagner sa chambre par la fenêtre, ayant bien dans l'idée de se débarrasser de ce costume terrien si inconfortable et ridicule.
Il était donc à nouveau vêtu de ses classiques T-shirt et short de sport lorsque l'humaine frappa à sa porte, exactement dix minutes plus tard.
Au moins, elle ne manquait pas de cran, apprécia-t-il en lui ouvrant, ayant sur les lèvres le sourire sournois du vainqueur dont on s'apprête à reconnaître la suprématie incontestée.
À première vue, elle était toujours en robe de soirée mais s'était débarrassée de ses chaussures à talons, décoiffée et passé beaucoup d'eau sur la figure, comme en attestaient quelques mèches mouillées.
S'avançant lentement vers lui, elle se mit à parler d'une voix trop calme être naturelle : « Bon. Me voilà. Tu vois, comme promis. Mais avant toute chose, sache que ce qui va se passer maintenant ne se reproduira JAMAIS dans de telles conditions. Je suis une jeune fille DIGNE et respectable. J'assume chacun de mes gestes, donc n'en attends pas plus de moi. Ce soir c'est moi qui mets mon honneur à tes pieds alors profites-en bien car c'est une occasion UNIQUE dans ta vie. » Là, elle fronça les sourcils tandis qu'il se mettait à ricaner sourdement. Elle continua. « Et si jamais tu as PEUR, sache que je m'en irai quand tu me le demanderas. » Elle avait à présent les sourcils haussés et le regard droit, contrôlant que cette dernière information était bien intégrée par son interlocuteur.
Végéta se mit à ricaner de plus belle. « Joli discours humaine ! Mais sincèrement, pourquoi veux-tu que j'aie PEUR ? »
Elle leva à nouveau un doigt pour le poser sur son torse, et ajouta, avec un sourire qui se voulait moqueur mais semblait forcé : « C'est une possibilité. »
Amusé, il se laissa reculer tandis qu'elle le poussait jusqu'au mur d'en face, ayant réussi à repousser la porte au passage. Le mur toucha son dos, il s'arrêta, dévisageant l'humaine d'un regard inquisiteur. Il savait pertinemment que s'il devait y avoir un piège de la part de Bulma, ce serait là.
Mais le savoir ne l'aida en rien, tandis qu'il observait, intrigué, les traits de son joli visage passer de la nervosité à la détermination. Son regard sévère se planta dans le sien.
Végéta cessa de rire.
« Maintenant détends-toi mon prince. » Murmura-t-elle, tandis que son visage à quelques centimètres du sien descendait lentement.
Végéta eut juste le temps de se demander pourquoi elle se mettait à genoux si près de lui. Il aurait espéré la regarder de loin, de haut, lui tourner autour...
Puis ses réflexions s'arrêtèrent.
Les doigts de l'humaine commencèrent à glisser sur son torse. Un, puis deux, puis quatre. Le T-shirt qu'il portait ne le protégea en rien de la vague de chair de poule qui le saisit. Il se figea, regardant l'humaine au regard déterminé descendre lentement sur un genou.
La main arrivée jusqu'au bas de son ventre stoppa sa descente un instant, pour aussitôt remonter doucement, emportant avec elle le bas du T-shirt. Entre les côtes et le ventre, elle commença à souffler de l'air chaud sur sa peau maintenant à découvert. Du bout des lèvres. Des lèvres qui continuaient à descendre sur son ventre tandis que sa main s'était arrêtée sur son torse.
Elle tenta de jeter vers lui un regard hésitant, pour immédiatement refermer les yeux. Végéta, plaqué au mur comme s'il tentait de reculer sans y parvenir, manqua de sursauter au contact chaud sur sa cuisse. L'autre main de l'humaine. Une main qui, elle, se mit à monter en l'effleurant du bout des doigts.
Il lâcha un frisson en reculant les mains tellement brusquement que ses poings vinrent s'encastrer dans le mur, tout comme sa queue qu'il aurait eu mieux fait d'enrouler autour de sa taille. Mais bien vite, la deuxième main avait passé son chemin pour arriver sur son ventre. Sur la peau de sa hanche, il sentit le rire silencieux de l'humaine, qui cette fois-ci, lui lança un regard bien plus assuré, plus sombre.
Ce fut à cet instant qu'il parvint à remettre ses pensées en marche, pour ne trouver que questions et doutes.
Il la saisit par le bras avant qu'elle ne se remette à jouer avec ses dents sur la ceinture de son short. « Dégage ! » Ordonna-t-il en fronçant les sourcils.
Première seconde, elle écarquilla les yeux.
Deuxième seconde, elle fronça les sourcils d'un air contrarié.
Troisième seconde, elle sourit d'un air entendu.
Elle se leva, puis s'en fut en se recoiffant tranquillement, non sans lui avoir jeté un regard appuyé qui semblait dire « Tu vois tu as peur ! »
Il montra les dents en guise de réponse, puis la porte se referma sur elle, le laissant dans une solitude rassurante.
Pendant plusieurs secondes, Végéta resta là à regarder dans le vague, en direction de la porte, puis il s'appuya de nouveau contre le mur et passa son visage dans les paumes de ses mains. Tu parles d'une position de soumission !
Là, à genoux devant lui, elle était presque parvenue à le mettre dans une position de vulnérabilité totale. Ne comprenant pas ce qu'elle faisait mais enregistrant seulement le contact agréable, Végéta s'était lui-même immobilisé. S'il n'y avait pas eu ce regard... Oh, mais même ça elle l'avait calculé, c'était certain ! Elle savait qu'il allait la repousser. Elle avait mené cette offensive avec un contrôle total de la situation.
Restait à comprendre pourquoi.
Cette salope s'était encore moquée de lui ! Elle le paierait au prix fort. Il n'était pas un adversaire que l'on détruit en une seule offensive, et dans cette partie de oorlog grandeur nature, il savait qu'il y aurait forcément des failles dans sa stratégie. Il les trouverait, la submergerait, et il la battrait à son propre jeu de soumission et domination.
Tout en ruminant ses pensées, le prince des saiyans se dirigea vers la salle de bains, en se demandant pourquoi il avait soudainement un certain malaise à marcher.
ooooo
De son côté, Bulma aussi, une fois de retour dans sa chambre, avait éprouvé un besoin urgent de prendre une douche froide.
C'était volontaire, tout était calculé, elle l'avait voulu ainsi, c'était ce qui était prévu. Ne cessait-elle de se répéter en allumant le jet de la douche.
Mais non de non, pourquoi était-elle aussi frustrée ?
La sensation de chaleur entre ses jambes lui donna la réponse.
Ça n'était pas censé se passer comme ça. Pourquoi s'était-elle retrouvée si excitée sur une simple manœuvre de séduction ? … Bon, d'accord, c'était un peu plus chaud qu'une manœuvre de séduction, soit, mais tout de même, pourquoi avait-elle eu tant envie de continuer ? Aurait-elle dû le faire ? Non, c'était indigne de...
« Rhaaaaa ! » S'écria-t-elle en tapant du poing contre le mur de la douche (ce qui eut pour unique effet de lui faire mal aux doigts). Les images et les sensations encore fraîches dans sa tête n'aidaient en rien à calmer son état. Le regard perplexe de Végéta, la douceur de sa peau sous ses lèvres, son frisson violent... L'aurait-il laissée faire si elle avait été plus loin ? Aurait-il fermé les yeux ? Aurait-il eu le souffle saccadé ? Aurait-il fait se fissurer le mur derrière lui ? L'aurait-il laissée le conduire jusqu'à son lit ? Aurait-il été capable de calmer ses attentes ?
…
Stop...
Mieux valait ne pas y songer davantage...
Pourvu que le plan qu'elle avait mis tant de temps à construire fonctionne, et que Végéta revienne vite vers elle ! Qu'il lui demande de lui apprendre le reste de ce qu'elle lui avait fait entrevoir ce soir, et qu'elle avait tant envie de lui faire découvrir ! Pourvu qu'il craque vite !
C'était là la plus grosse faille dans le plan de la géniale Bulma Briefs, et elle n'allait pas tarder à le regretter.
