[Note de l'auteure] Salut les amis !
Que voilà de bonnes nouvelles aujourd'hui ! Voici un nouveau chapitre, tout juste fini, et en plus il est long !
Je tenais juste à partager mon enthousiasme avec vous, je viens de trouver un emploi ! Donc voilà, je vous le dis parce que je suis contente, mais surtout parce que ça va sans doute un peu modifier la fréquence à laquelle j'écris. Pas de panique, je vais continuer de tenter de tenir le rythme de minimum un chapitre par mois. Désolée d'avoir tant trainé pour celui-ci, rassurez-vous, ça devrait aller bien plus vite pour le suivant...
Merci à vous pour tous vos commentaires, vous avez été particulièrement adorables sur le dernier chapitre, tous vos encouragements me font chaud au coeur ! Encore une fois n'hésitez pas à me signaler tout ce qui vous plaît et qui vous plaît pas !
Bonne lecture !
PS : D'avance, pardonnez-moi pour la fin de ce chapitre. Promis je vous aurez des explications dans le prochain.
Électrique
DRRRRRRRRRRR ZIP BANG ! -les droïdes frappeurs-
Il y avait quelque chose, et il fallait qu'il sache quoi.
BANG BANG BANG ! -les inversions de gravité-
Telle était la conclusion à laquelle Végéta était parvenue après une nuit entière sans presque dormir.
Telles étaient les paroles qui tournaient en boucle dans sa tête depuis plusieurs jours maintenant.
Telle l'addiction créée par la simple odeur de la fumée d'une quelconque drogue à respirer, cette pensée s'imposait à son esprit à longueur de journée.
Il fallait qu'il sache.
JJJJJJJJJJJJJJJJJJJZZZZZZZZZZZ ! -l'attaque des droïdes laser-
De simples phéromones ne pouvaient créer un tel effet, il y avait autre chose derrière cette curiosité maladive qu'il ressentait soudain. Cette obsession.
Ce besoin de s'approcher d'elle.
Cette envie de sentir son parfum au plus près.
Ce désir de la tenir à sa merci.
Ces souvenirs tactiles qui revenaient sans cesse.
DRRRRRRRRRRRR -les droïdes hologrammes-
Il fallait qu'il sache.
DJIWWWWWWWWWWUIWUUUIWUIWUIWUIWUI -les droïdes réflecteurs-
BANG ! -un coup reçu sur la tête-
Mais tout ceci n'était qu'un piège.
Parce qu'elle le savait. Parce qu'elle l'avait calculé. Parce qu'elle s'attendait précisément à ce qu'il réagisse de la sorte.
BANG BANG BANG BANG ! -la gravité-
Cela, Végéta le savait. Tout comme il savait qu'elle se trompait gravement.
Parce que jamais il ne viendrait vers elle en position de quémandeur. Parce que jamais le prince des saiyans ne s'abaisserait à demander quoi que ce soit, et parce que, surtout, c'était précisément ce que Bulma cherchait à obtenir.
ZWUIP ZWUIP ZWUIP ! -l'un des tirs des droïdes blasters le frôla-
Elle voulait quelque chose de lui, et cela, il ne le lui donnerait pas.
Il ne lui laisserait jamais l'occasion d'être en position de négocier. Elle l'avait déjà trop été.
Il aurait volontiers utilisé la force, mais... Pour prendre QUOI ?
Il lui restait donc à attendre patiemment que l'humaine vienne vers lui avec une demande à formuler. Là il serait seul maître de la situation, libre d'exiger ce que bon lui semblait. Libre d'exiger d'elle qu'elle lui montre ce pour quoi tout son corps se crispait d'anticipation à chaque fois qu'elle glissait ses doigts dans son dos.
DRRRRRRRRRRRRRRRR -les droïdes morphoïdes s'effacèrent sans difficulté sous l'intensité du poing rageur du saiyan lancé à pleine puissance-
Goûter une fois à une drogue n'entraîne pas une addiction immédiate, n'est-ce pas ? Et cela permet au moins de savoir précisément à quoi s'en tenir. Non ?
Juste de quoi démystifier le problème...
DRRRRRRRRRRR ZIP BANG ! DRRRRRRRRR ZIP BANG ! DRRRRRRRRR ZIP BANG ! -il esquiva les frappes une à une sans perdre appui, malgré la gravité intenable-
Longtemps auparavant, le jeune prince des saiyans avait bien tenté de goûter à ces plaisirs matériels dont chacun chantait les louanges. Mais ce premier un verre d'alcool, il l'avait immédiatement recraché de dégoût et brisé à la figure du premier venu. Quelques années plus tard, il avait aussi tenté d'absorber la fumée d'herbes brûlées à l'odeur étrange, et toussé pendant toute la soirée sans aucun autre effet secondaire notable qu'une mauvaise humeur accrue. Concernant l'alcool, il avait à plusieurs reprises goûté à nouveau ces breuvages malodorants, vidé des bouteilles entières pour faire taire les railleurs qu'il avait ensuite tués d'une boule d'énergie lancée avec une précision parfaitement conservée, mais pour lui ça avait toujours été aussi désagréable à boire. Pour les autres drogues, il s'était dès lors montré méfiant, trouvant nettement plus avantageux d'échanger ses tickets de rationnement jaunes et rouges contre des tickets bleus qui permettaient d'obtenir de la nourriture.
D'autant plus que l'état dans lequel revenaient les soldats qui utilisaient ces drogues était peu enviable. Ils titubaient, souriaient ou riaient béatement, c'en était pathétique ! Que des effets désagréables et une perte de contrôle de soi. Quel pouvait donc être l'intérêt ?
Pour autant, il savait que de nombreux autres mercenaires saiyans, qui comme lui troquaient leurs tickets jaunes pour des bleus, gardaient les rouges. Ce que les femmes pouvaient bien fournir comme drogue qui soit si différent de celles obtenues avec les tickets jaunes, le prince l'ignorait et s'en moquait éperdument. Ce qu'il savait, c'était que les prostituées avaient sur les hommes le même effet déplorable que les autres drogues, sauf que les tickets rouges qui permettaient de les payer se troquaient contre un bien plus grand nombre de tickets bleus.
À cela s'ajoutait le risque élevé de morts subites. Si les drogues des tickets jaunes tuaient les plus faibles, il était bien connu que des soldats plus forts étaient fréquemment trouvés avec un couteau dans le dos après avoir profité d'un ticket rouge. Donc, ce genre d'activité n'avait jamais représenté le moindre attrait pour le prince des saiyans, qui préférait largement la nourriture à la découverte de nouvelles drogues sans aucun intérêt. Et repartir au plus vite combattre au front.
Sauf que...
Maintenant il voulait savoir.
DRRRRRRRRRRR ZIP BANG ! DRRRRRRRRR BANG BANG BANG ! -L'attaque combinée des droïdes réflecteurs et frappeurs prit le guerrier par surprise, et le coup qu'il reçut aux côtes, bien que mineur, suffit à le déséquilibrer et il s'écrasa au sol, sous la gravité inimaginable de 490G.-
Il fallait qu'il sache.
Il fallait qu'il comprenne pourquoi tous les soldats de l'univers passaient leur temps à chanter les louanges des femelles, au point de risquer leur vie pour passer rien qu'une nuit « en agréable compagnie ».
Parce qu'à présent, et pour la première fois, une de ces femelles était parvenue à piquer sa curiosité. Elle avait quelque chose à offrir et le savait. Elle en jouait.
Mais elle ne se comportait clairement pas comme toutes ces prostituées qui s'étaient mises en travers de son chemin dès qu'il posait le pied dans une base militaire. Parce que cette femelle-ci avait su retenir son attention, par son intelligence, le combat mental qu'elle lui offrait chaque jour, la salle de gravité, les machines, les parties de oorlog, les débats de points de vue, les soins médicaux... Et maintenant, elle lui faisait miroiter plus, tout en n'ayant fait aucune proposition directe. Elle n'avait plus jamais posé sa main paume à plat sur lui depuis qu'elle en connaissait la symbolique. Elle misait sur la curiosité qu'elle avait éveillée en lui pour se retrouver en position de négocier, et tenter de faire de lui... quoi ? Un pantin ? Une marionnette ? Un serviteur ? Un humain serviable ?
Qu'elle aille au diable avec ses techniques de manipulation !
BLAM ! -Toujours allongé au sol, Végéta dut rouler sur le côté pour éviter cette nouvelle attaque énergétique. Il n'avait plus la force de se relever, mais riposta avec une autre boule d'énergie en direction des robots qui l'analysaient du haut de leur indifférence. L'un d'eux vola en poussières.-
L'humaine ignorait un détail d'importance, et c'était à cela qu'il la battrait à son propre jeu. C'était bien connu chez les saiyans, et même lui le savait : une fois suffit pour goûter une femme. Deux fois peu de charme, trois fois c'est le drame.
D'accord, il fallait qu'il comprenne. Mais une fois qu'il aurait obtenu ce qu'il voulait, il se désintéresserait d'elle et serait à nouveau tranquille. Et elle, elle pourrait toujours s'asseoir sur ses rêves de manipulation !
ZWIOP ! -Le droïde hologramme que Végéta venait de frapper se volatilisa, et celui-ci se trouva à nouveau déséquilibré, projeté par son propre élan. À peine relevé et déjà à nouveau par terre.-
Il fallait qu'il sache.
Et après il aurait l'esprit en paix.
Il fallait qu'il se concentre.
Un guerrier d'élite garde son sang froid en toutes circonstances.
BANG ! -La gravité s'inversa, entraînant le guerrier avec une force prodigieuse se cogner la tête contre le mur le plus proche.-
Un guerrier d'élite sait garder le focus sur son objectif.
Son objectif ?
Devenir plus fort.
Évoluer en super-saiyan.
Battre les robots qui étaient censés le tuer dans deux cycles terrestres.
Battre Karkarott.
Ensuite, l'univers serait à lui.
Il en avait le potentiel.
C'était sa destinée.
C'était tout ce qui importait.
Rester concentré.
PIUW ! PIUW ! PIUW ! -La boule d'énergie qu'il venait d'envoyer sur l'un des robots se retrouva réfléchie une dizaine de fois, puis soudainement se trouva divisée en deux, et l'une d'entre elles lui fut lancée en pleine poitrine. Végéta l'esquiva à temps, mais reçut la seconde boule de plein fouet sur le côté de la tête. Il tomba au sol en poussant un cri plus fort qu'il ne l'aurait pensé.
ZIUUUUUUUUUUUUUUUUUUUU -La gravité se coupa et les droïdes de combat se désactivèrent.
Furieux, Végéta se releva et regarda autour de lui. Maudit arrêt d'urgence ! Il n'avait rien demandé ! Quelle heure était-il pour qu'il se sente ainsi si fatigué ? Bah ! Aucune importance !
S'il pouvait rester ici jusque suffisamment tard dans la nuit, il n'aurait pas à croiser Bulma ce soir. Il n'était pas d'humeur.
Il annonça à nouveau la commande vocale pour l'activation de la gravité et des robots, en profitant pour augmenter les paramètres maximums de la gravité aléatoire. Voyons s'il pouvait supporter 500G...
ooooo
La troisième extinction de gravité fut la dernière.
Bulma mit un moment à le réaliser, alors qu'elle jetait pour la troisième fois un regard agacé à son ordinateur, celui qui venait pour la troisième fois d'émettre un léger « bipbip » indiquant que l'arrêt d'urgence de la salle de gravité s'était à nouveau déclenché. Ça faisait beaucoup pour une seule journée !
Elle était trop absorbée par son travail pour tolérer ce genre de distractions. Mais c'était trop tard. Le tube d'acide chlorhydrique posé maladroitement sur une pile de livres perdit l'équilibre lorsque Bulma se cogna le coude contre un des cahiers.
« RHAAAAAAAA ! » Hurla-t-elle de frustration lorsque le flacon se brisa sur la plaque en verre sur laquelle elle avait disposé ses matériaux d'expérimentation avec tant de patience. Ses gants et lunettes la protégèrent des projections, mais elle devrait tout recommencer à zéro ! Qu'y avait-il avec sa concentration ces temps-ci ?
Et ce taré de Végéta qui s'entraînait comme un forcené, déclenchant l'arrêt d'urgence plusieurs fois par jour ! C'était quoi son problème ?
Bah ! Elle ne voulait plus entendre parler de lui !
Qu'il lui fiche la paix !
Pour qui se prenait-il, lui, à la snober de la sorte depuis la dernière soirée ? Qu'il aille au diable ! Elle n'avait pas la moindre intention de s'abaisser à lui faire des avances une seconde fois. Elle n'avait rien à faire d'un ingrat indifférent et coincé ! S'il ne faisait pas le moindre effort pour elle, alors elle méritait mieux que ça ! Même si elle aurait du mal à trouver un homme qui n'aurait pas l'air d'un cancrelat en comparaison... Tant pis !
Rageuse, elle jeta un regard réprobateur à son ordinateur, comme si Végéta pouvait percevoir son avertissement au travers du réseau.
C'est là qu'elle remarqua que la gravité n'avait pas été réactivée, la porte avait été ouverte... Mais aucun robot ménager n'était venu l'avertir que le repas était en cours de préparation...
Regardant sa montre, Bulma réalisa qu'il était une heure du matin. Ses parents dormaient sûrement depuis longtemps. Elle mourrait de faim. Végéta n'était tout de même pas allé dormir sans manger ? Cela lui arrivait parfois, mais jamais deux jours de suite ! Et précisément, il avait déjà sauté son repas de la veille...
Entre sa propre mauvaise humeur et ses doutes, elle mit bien cinq minutes avant de se décider à aller voir dans la cuisine. Les robots ménagers étaient en veille, attendant les ordres. Le repas gargantuesque du saiyan était intact, en attente d'être réchauffé. Le repas, c'est-à-dire son repas prévu pour le soir-même, mais aussi son repas de la veille ainsi que son petit déjeuner du matin-même, auxquels il n'avait manifestement pas touché. Combien de temps était-il resté dans la chambre de gravité ?
Ce fut sept minutes plus tard, lorsqu'elle se résolut enfin à aller vérifier si tout allait bien sur la chambre de gravité, qu'elle tomba sur Végéta. Littéralement.
Elle venait de se prendre les pieds sur un corps inerte, gisant au sol au détour d'un couloir.
« Végéta ! » Hurla-t-elle affolée.
La forme au sol ne lui répondit pas, ne bougea pas, rien.
À genoux à son côté avant même d'avoir pris le temps de considérer quoi faire, elle prit son pouls, tenta de le secouer, mais il ne réagit pas davantage. Il était très pâle, mais Bulma ne localisa aucune blessure d'une gravité notable. Il n'y avait que ces empreintes de main couleur sang imprimées à intervalles réguliers sur le mur, témoignant qu'il avait eu du mal à tenir debout depuis qu'il était sorti de la chambre.
« Végéta ! » Appela-t-elle à nouveau.
Rien.
Bon, prendre une décision, et vite.
S'il n'y avait aucune blessure, songeait-elle alors que les robots ménagers l'aidaient à transporter le blessé jusqu'à l'infirmerie, c'était qu'il était probablement juste évanoui. Eh, il y avait de quoi ! Une gravité de près de 500 fois celle de la Terre, supportée pendant plus de 24 heures à lutter contre des robots de combat de dernière technologie, et ce l'estomac vide ? Qui était cet homme pour ne pas en être déjà mort cent fois ?
Elle fit tout le nécessaire seule. Elle était préparée depuis longtemps à ce genre d'éventualité, mais depuis si longtemps qu'elle ne pensait plus que cela se produirait un jour.
Et pourtant elle était là, au beau milieu de la nuit, à tirer une couverture sur le corps d'un Végéta toujours aussi inconscient malgré ses soins. Dans le bras un liquide nutritif en perfusion (après avoir brisé six seringues sur sa peau d'acier). Sur le doigt un petit bandeau enroulé pour enregistrer les battements de son cœur. Dans la pièce, un « bip bip bip » régulier, calme. Trop calme. La blessure sur son flanc avait été soignée. Bulma n'avait pas jugé le masque à oxygène nécessaire, bien que sa respiration soit faible.
Le médecin ne jugerait bon de le lui mettre que le lendemain, lorsque ses parents inquiets la convaincraient de le faire venir, Végéta ne s'étant toujours pas réveillé.
Cela pourrait prendre du temps, au vu de son état d'épuisement avancé. Avait déclaré celui-ci d'une voix calme avant de s'en aller.
ooooo
Trois jours.
Trois longs jours sans aucun autre signe de vie que le bip bip régulier de la machine qui enregistrait son cœur. Trois jours sans être dérangée par le grondement des moteurs de la chambre de gravité, sans se faire insulter, et sans voir le vide sans fin à l'intérieur de ses yeux. Bulma était inquiète.
Il ne pouvait tout de même pas ne pas se réveiller non ?
Pas ici, pas comme ça !
Elle avait tenu à veiller sur lui personnellement, comme si elle se sentait en partie responsable de lui et de son état, et ne quittait son chevet que pour pour les plus absolues nécessités.
Peu lui importait pour l'instant de se demander pourquoi elle s'inquiétait autant pour lui. Le fait était là. Comme la fois précédente, elle avait apporté son ordinateur sur la table située à côté du lit d'infirmerie, pour pouvoir travailler tout en restant à son côté. Elle avait cru plusieurs fois qu'il était sur le point de se réveiller, mais il n'avait fait que secouer la tête de droite à gauche en prononçant des phrases inintelligibles dans lesquelles elle avait plusieurs fois distingué les mots Frieza, Karkarott, légendaire, mort, et vengeance. Même en rêve, cette homme n'était que haine et rancune... Ne trouvait-il donc jamais de repos ?
« Karkarott ! » marmonna-t-il brusquement en fronçant les sourcils et en poursuivant sa phrase par une série de mots incompréhensibles
« Végéta ! murmura Bulma qui s'était précipité à son côté. Végéta tout va bien, tu fais un cauchemar. Végéta réponds-moi !
-Je te tuerai ! » S'écria-t-il avec force avant de se retourner brusquement en lui tournant le dos, perdant par la même occasion son masque à oxygène. Puis ce fut le silence. Ou presque. De là où elle était, Bulma pouvait observer les muscles de son dos se tendre et frémir sous la pression de son délire et sa queue, dont l'extrémité était sortie de sous les draps, se tordait convulsivement dans tous les sens.
Cela faisait trois jours que ce manège se répétait. Dans cinq minutes il cesserait à nouveau de s'agiter et Bulma pourrait replacer le masque à oxygène sur son visage, pour recommencer trois ou quatre heures plus tard.
Ça lui était insupportable de le voir dans cet état. Pas lui. Pas comme ça. Il avait besoin de quelqu'un mais il était seul. Parce qu'il avait toujours été seul. Parce qu'il était fier de toujours s'en sortir seul. Parce que jamais il ne tolérerait l'aide de quelqu'un.
Ainsi, par respect pour sa fierté, et bien que la tentation fut grande, elle s'était retenue de lui tenir la main, comme elle l'aurait pourtant fait au chevet de n'importe qui d'autre. Mais cela lui laissait cet amer sentiment de culpabilité sur les lèvres. Elle le laissait seul face à ses démons.
« Je te tuerai, continuait-il d'une voix sourde, ... supersaiyan plus fort, ... moi ! Trainer plus... Plus fort.
-Végéta ! Continua-t-elle d'appeler avec espoir.
-Je ... fort … univers ! ... Plus puissant ! … Bulma...
-Hein ? Oui je suis là. Murmura-t-elle, très surprise de l'avoir entendu prononcer son nom au milieu de tant de mots haineux. Tout va bien ce n'est qu'un cauchemar, réveille-toi ! » Mais il s'était à nouveau tu.
Elle tenta la colère : « Végéta, ça suffit comme ça ! Il est grand temps de retourner t'entraîner, tu m'entends ? Ça fait trois jours que tu dors ! Non mais quel feignant ! Si tu ne retournes pas t'entraîner, tu peux dire adieu à tous tes rêves de gloire, parce que tu ne te transformeras jamais en super-saiyan, tu m'entends ? Tous tes robots de combat sont réparés, ils n'attendent plus que toi, alors arrête de te défiler ! Sinon je te préviens, je jugerai que ma technologie est supérieure à ta force. Ha ! Eh ! Tu m'entends, toi ? Tu seras battu par une misérable terrienne ! Mais merde réveille-toi, enfin ! Où sont tes manières ! »
Elle voulait continuer sa tirade, mais elle n'en avait plus la force. Pas à le voir ainsi à serrer et desserrer les poings rythmiquement, les sourcils si froncés qu'ils en cachaient presque ses yeux clos, sa queue fouettant l'air et laissant une marque au sol à chaque fois qu'elle s'y cognait.
Bulma ne pouvait pas le laisser comme ça. Pas maintenant qu'il avait prononcé son nom, et peu lui importait d'avoir mal interprété ses phrases incomplètes. Elle en était sûre, il avait dit son nom (et c'était tout de même la première fois, même si ce n'était pas consciemment). Elle voulut lui prendre la main. Simplement pour qu'il sente sa présence, qu'il sache qu'il n'était pas seul, et peut être qu'il puisse trouver un chemin en dehors de ses délires. C'était trop anormal de le voir comme ça, vulnérable. Pas lui, le guerrier au regard noir, implacable et sans pitié.
Il lui tournait le dos, elle posa donc la main sur son épaule après avoir rapproché sa chaise du lit. Sa peau était brûlante et en sueur. Et dure comme du métal. Elle sentait sous ses doigts ses muscles tendus parcourus de spasmes. Elle serra puis desserra doucement sa main plusieurs fois, tentant de masser son épaule comme elle l'avait fait parfois. Mais son sommeil se fit plus agité encore. Il sembla vouloir dégager son épaule, l'agitant fortement et s'éloignant à nouveau et se retrouvant pratiquement à plat ventre, ses deux mains sous sa tête. Sa queue battit l'air rageusement, frappant contre le dos et sur les épaules de la jeune fille. Elle s'éloigna du membre en fourrure qui, par chance, ne lui avait pas fait mal.
Celui-ci recommençait à frapper, à l'horizontal cette fois, pour se retrouver mollement enroulé autour de sa gorge. Un frisson de panique la parcourut : était-il capable de l'étrangler inconsciemment ?
Non. Après avoir resserré son emprise, le long appendice se relâcha, et se laissa tomber sur ses épaules, toujours parcouru de spasmes. Quelle idée stupide d'avoir une queue de singe !
Peu tentée d'attendre pour voir s'il recommencerait sa tentative d'étranglement, Bulma tenta de dérouler cette mortelle écharpe. Il la laissa faire alors qu'il recommençait à déblatérer des phrases inintelligibles.
Comme elle aurait voulu lui prendre la main ! Lui murmurer que tout irait bien, qu'il serait bientôt guéri et prêt à retourner s'entraîner ! Peu lui importait qu'à son réveil, s'il s'en souvenait, il ne le lui pardonne jamais.
Peut-être même qu'il la tuerait. Ou qu'il détruirait juste quelques murs dans la maison... Mais merde !
Elle voulait simplement être là. Qu'il sache que quelqu'un avait été à son côté, et tant pis s'il n'en voulait pas. Nul ne méritait d'être seul à ce point.
Sauf que ses deux mains étaient à présent hors d'accès.
Inconsciemment ce fut donc sur l'extrémité de sa queue qu'elle tenait à présent dans ses mains qu'elle commença à passer ses pouces, exactement comme elle l'aurait fait sur le dos de sa main si elle avait pu la tenir. Quoi, après tout, elle avait souvent vu Végéta et Goku se servir de leur queue comme d'une troisième main pour tenir des objets. C'était pareil !
Le poil sombre était rêche, exactement de la texture qu'elle avait imaginé pour les cheveux du saiyan. Elle eut soudain l'impression d'avoir un chat sur les genoux. Un chat brûlant et parcouru de spasmes, au poil dru comme les nombreux chats de gouttière malades auxquels ses parents portaient secours.
La sensation serait-elle similaire à celle de passer les doigts dans les cheveux de Végéta ? Aurait-elle jamais une chance de faire cette comparaison ? Elle jeta un coup d'œil inquiet vers sa nuque. Il avait à nouveau cessé de parler, et les spasmes qui parcouraient son dos étaient de plus en plus espacés. C'était vraiment trop étrange de le voir comme ça, ça sonnait faux.
Elle savait ce qui viendrait après : dans une minute environ, son corps cesserait complètement de bouger jusqu'au prochain cauchemar quelques heures plus tard. Au moins elle ne se sentait pas complètement inutile, son instant de délire ayant semblé plus court qu'habituellement.
Avec espoir, elle continua à laisser aller ses doigts dans la fourrure, se demandant si l'impression qu'elle avait à cet instant était plus celle de tenir la main d'un malade à l'hôpital, ou de caresser un pauvre chat tremblant. Quoiqu'il en fût, l'envie oppressante qu'elle avait de le réconforter avait pris le dessus sur sa logique. Il fallait qu'il se réveille un jour. Qu'elle l'empêche de retourner dans cette phase de coma dans laquelle il s'apprêtait à replonger.
Ou était-ce elle-même qu'elle tentait de réconforter en se laissant bercer par ce bruit sourd semblable à un ronronnement ?
Un bruit...
Un ronronnement ?
Soudain en alerte, Bulma tendit l'oreille. Un étrange grondement avait effectivement rempli la pièce, et, contre toute attente, semblait bien provenir de l'homme allongé sur le lit. Une nouvelle vague de panique la parcourut : quel était ce bruit ? Que lui arrivait-il ? Était-il en danger ?
Ses pensées tourbillonnantes furent interrompues aussi vite qu'elles avaient surgi, lorsque Végéta se retourna sur le côté, toujours dos à elle, mais son visage à nouveau visible. Pour autant qu'elle puisse le noter, il était toujours inconscient, mais ses traits s'étaient adoucis, et ses sourcils n'étaient plus autant froncés, enfin, juste un peu moins. Il était à nouveau immobile, mais ses yeux bougeaient encore sous ses paupières, signe qu'il n'avait pas encore replongé dans sa phase immobile.
Pleine d'espoir, Bulma laissa aller ses deux mains dans la fourrure et tenta de l'appeler : « Végéta ! Végéta réveille-toi ! » Mais aucune réponse, ni même un froncement de sourcil, ne lui parvint. Juste le bip bip de l'électrocardiographe et ce bruit sourd qui provenait de sa gorge.
Le grondement se maintenait et elle dut s'en tenir à cet espoir qu'il n'était peut-être pas entièrement coupé de son environnement. Elle continua à laisser jouer ses doigts comme dans la fourrure d'un chat, en riant intérieurement à l'idée que peut-être, cet homme-singe avait également un côté félin même si, à mieux écouter, ce grondement n'était clairement pas un vrai ronronnement, et qu'elle en ignirait complètement la signification. Les chats ronronnaient aussi pour réconforter les leurs ou quand ils souffraient.
Elle nota que la fourrure n'était pas uniforme sur toute la longueur de sa queue : l'extrémité qu'elle tenait entre ses mains était couverte d'un poil rêche et mat semblable à celui d'un gros matou, alors que plus loin, et plus proche de lui, le poil se faisait de plus en plus fin et brillant. Curieuse, elle laissa remonter sa main le long de sa queue, jusque là d'où elle dépassait des draps. En effet, sur la partie la plus proche de lui, le pelage était doux comme sur le dos d'un chaton. Étonnamment doux pour un homme aussi dur et renfermé.
Sa rêverie fut interrompue lorsqu'elle prit mesure du nouveau son agaçant qui emplissait à présent la pièce : le bip bip incessant de la machine qui prenait son pouls avait accéléré, et un coup d'œil au graphique lui indiqua que son rythme cardiaque avait pratiquement doublé. Que se passait-il cette fois ? Encore un cauchemar ? Une crise cardiaque ?
« Lâche-moi tout de suite ! »
...
Sur ces paroles, ce fut Bulma qui manqua la crise cardiaque. Cette voix était reconnaissable entre mille autres. Elle leva les yeux pour rencontrer les Siens, enfin ouverts, et grands ouverts d'ailleurs.
Elle le contempla un instant sans comprendre le sens de ses paroles, sentant un immense sentiment de soulagement la submerger. Elle était incapable en cet instant d'interpréter ni sa voix ni son regard. Cela avait sonné à la fois comme une menace de mort et comme une supplique. Ses yeux, un peu plus grands ouverts que d'habitude derrière son froncement, semblaient refléter de la colère mais également une autre expression dissimulée... de la peur ?
« J'ai dit..., répéta-t-il, lâche-moi... immédiatement. » Il semblait avoir du mal à respirer, comme s'il retenait sa respiration. Le grondement sourd s'était interrompu. Muette, Bulma leva ses deux mains et sa longue queue disparut instantanément sous les draps.
« Désolée, bredouilla-t-elle, je... Je t'ai fait mal ? »
Il s'assit brusquement et la saisit par la gorge.
« Pauvre inconsciente ! Cracha-t-il. De quel droit... Tu n'as pas la moindre idée... On ne TOUCHE PAS à la queue d'un saiyan ! » Sur ces mots, il avait approché son visage du sien d'un air menaçant. Il semblait fulminer de rage...
Bulma resta trois secondes plongée dans son regard intense sans comprendre. Si elle s'était attendue à une réaction négative de sa part à son réveil, cette réaction dépassait de loin toutes ses prévisions. Elle aurait peut-être dû s'en tenir à lui masser l'épaule ? Pourtant...
« Non mais ça va oui ! S'écria-t-elle en repoussant la main qui lui tenait la gorge. Inconscient toi-même ! Qu'est-ce qui t'a pris de t'entraîner comme tu l'as fait ? Tu sais depuis combien de temps tu es là ? Trois jours ! Ça fait pas moins de trois jours que tu ne bouges pas ! Tu as une idée de combien de soucis tu nous as causé ? »
Elle regarda incrédule cet homme qui une minute auparavant retombait dans le coma, et qui à présent lui jetait son regard assassin et brillant mortellement de vie.
Il expira fortement, comme s'il tentait de contenir sa rage, mais lorsqu'elle cilla violemment, il perdit son calme. Elle se retrouva plaquée contre le matelas, deux mains fermes sur ses frêles poignets alors qu'il se penchait au dessus d'elle en montrant les crocs.
« Ne... Refais... Jamais... Ça ! Cracha-t-il. Jamais tu m'entends ? Et personne ne t'a demandé de te faire du souci pour moi ! » Elle le contempla incrédule avant de répondre :
« D'accord excuse-moi, je ne savais pas...
-Tsss ! Vous les terriens, vous me rendez malades avec votre compassion en permanence ! Vous êtes pathétiques !
-C'est bon ! S'énerva-t-elle. Tu as raison, je ne sais pas pourquoi j'ai pu m'inquiéter pour un ingrat pareil ! J'aurais dû te laisser comater tout seul par terre ! Tu t'es fait comprendre, maintenant lâche-moi ! » Elle lui envoya un regard décidé et attendit qu'il s'éloigne. Mais il ne la lâcha pas. Son visage était proche, très proche, et il respirait fortement, comme pour garder sa colère sous contrôle.
Puis il ferma les yeux et expira. Très très lentement, il lâcha ses poignets qui commençaient déjà à pâlir par manque de sang, et s'éloigna d'elle. « Dégage ! » Lança-t-il en rouvrant enfin les yeux. Elle se rassit, abasourdie, et fronça à nouveau les sourcils en observant qu'une grande partie des appareils qui avaient étés branchés sur lui avaient été déconnectés ou étaient tombés au sol durant son assaut. « Attends, dit-elle, je présume que tu ne veux pas rester branché à toutes ces machines maintenant que tu es réveillé.
-Je saurai m'en débarrasser moi même, maintenant fiche le camp !
-Végéta, je sais que tu es un pauvre arrogant, mais je t'informe que si tu as comaté durant trois jours, tu ferais mieux de laisser quelqu'un de réveillé t'enlever ta perfusion. » Elle était debout, main sur les hanches, et parfaitement décidée à ne pas laisser cet ingrat pour qui elle s'était tant inquiétée se blesser à nouveau.
Il jeta un regard de dédain vers les tuyaux de liquide nutritif branchés dans son bras, avant de le lui tendre silencieusement et sans la regarder.
Surprise par son manque de répondant, Bulma en déduisit qu'il était encore fatigué et saisit la bouteille de désinfectant et un pansement dans la boîte située au pied du lit. Elle posa ses mains sur son bras et le sentit frémir. Curieuse, elle leva les yeux vers lui pour tenter d'élucider ce qui n'allait pas, mais il refusait toujours de la regarder, son regard furieux tourné vers le mur.
Après tout, il avait peut-être réellement besoin d'être laissé tranquille un moment pour reprendre ses esprits, songea-t-elle. Qui savait de quel cauchemar il se réveillait ? Et puis elle n'avait aucune envie de rester en présence d'un stupide psychopathe. Pourquoi s'était-elle inquiétée déjà ?
D'un geste averti, elle retira l'aiguille de son bras pour y plaquer le pansement désinfecté. Puis, rapidement, elle tâcha de remettre un peu d'ordre dans les nombreux câbles qui le reliaient aux machines médicales, lui enlevant les capteurs qui ne s'étaient pas arrachés. Puis elle quitta brusquement la pièce en annonçant « Je vais te faire préparer à manger. ».
ooooo
Végéta leva les yeux pour voir la porte se refermer sur elle et poussa un soupir de soulagement.
Il ne savait vraiment pas comment réagir à ce qui venait de se passer.
Il avait été en train de revivre pour la énième fois sa propre mort, toujours plus douloureuse, longue et humiliante. Ce moment retournait en boucle dans son esprit sans qu'il sache comment en sortir. Il ne savait depuis combien de temps il était suspendu par la gorge à la queue reptilienne de Frieza, dans la position du vaincu, subissant chacun des coups dans son dos sans plus crier. Sa gorge était trop sèche et sa bouche trop pleine de sang. Il n'avait plus la volonté de lutter. Les deux coups de poing qui s'apprêtaient à venir, il le savait, étaient ceux qui allaient lui briser la moelle épinière. Sa vision avait flashé en noir et rouge, et il s'était vu durant ses longues années d'entraînement, notamment ces dernières semaines sous le supplice de la gravité à 480G. Il lui fallait encore devenir plus fort. Un jour, à force de revivre incessamment sa mort, il serait été assez entraîné pour tuer lui-même ce maudit lézard qui avait détruit sa vie.
Mais il était à présent à nouveau en train de succomber sous les coups de l'esclavagiste.
Il faudrait augmenter la puissance de la chambre de gravité. Bulma ferait ça pour lui. Il s'entraînerait plus et un jour il sortirait de ce cauchemar.
En attendant, il subissait les coups en silence, incapable de bouger ni bras ni jambes, attendant silencieusement l'instant d'agonie où le lézard le jetterait par terre. Mais lorsque cela se produisit, le sol sembla sous lui comme un matelas de plumes. Surpris, il leva la tête et se retourna, sans s'étonner d'avoir retrouvé l'usage de ses membres brisés. Une brume bleue apparaissait de nulle part autour de lui et Frieza. Ce dernier lui décocha un coup de pied dans la figure, mais qui lui passa au travers. Sans comprendre, il se releva, pantelant, pour réaliser que Frieza avait purement et simplement disparu dans le brouillard bleuté.
C'est à cet instant qu'il se souvint que Frieza était mort depuis longtemps, battu par deux super-saiyans à la suite dont aucun n'était lui-même.
Il était seul, piégé dans un délire d'épuisement qui venait de prendre un tournant imprévu.
Le parfum dans l'air lui rappelait quelque chose, ou quelqu'un. Il ne comprenait pas vers où évoluait son délire, mais il se sentait bien pour la première fois depuis... Depuis trop longtemps... Les nuages étaient de plus en plus denses autour de lui. Loin, très loin au dessus, une voix féminine semblait appeler son nom. Il leva les yeux, mais où qu'il regarde, il ne voyait que brume bleue. C'était la matérialisation, dans son rêve, de cette sensation de calme qui venait de s'emparer de lui sans raison. Alors il se laissa tomber, et le nuage le recueillit comme un matelas. Il ne savait pas combien de temps durerait cette trêve, mais peut-être pourrait-il en profiter pour rassembler assez de force et de volonté avant de re-sombrer dans le chaos de ses cauchemars ?
C'est alors que, au milieu du calme, une autre sensation fit peu à peu surface, qui fit flasher les nuages en rouge. Une sensation de bien-être un peu trop puissante pour être inventée dans un délire. Si agréable qu'elle faisait trembler ses muscles comme sous les coups d'un ennemi, la douleur en moins. Trop agréable... C'était ce genre de sensation si puissante que, lorsque le cerveau tente de la concevoir en rêve, il n'y parvient pas et l'on s'éveille en sursaut... Ce qu'il avait fait.
À présent assis seul sur son lit, Végéta soupira de frustration en enroulant sa queue autour de sa taille et reprenant sa contenance. Quelle femme inconsciente !
ooooo
Ce soir-là, Végéta arrêta son entraînement pour venir manger à une heure normale.
Il avait repris immédiatement l'entraînement après s'être réveillé de son coma de trois jours, prenant à peine le temps de manger, et même pas celui de se doucher ni encore moins d'écouter les protestations de Bulma ou du médecin. Quelques phrases bien choisies avaient suffi à faire fuir ce dernier sans demander son reste, et à renvoyer la première à ses travaux en bouillant de rage et lui criant des menaces aberrantes.
Mais ne souhaitant pas retenter le risque de s'évanouir à nouveau lamentablement, Végéta avait tout de même fait le très judicieux choix d'arrêter de sauter ses repas et ses nuits.
Quitte à devoir supporter l'humaine.
Il n'avait pas envie de la voir après toutes ces choses bizarres qui s'étaient passées récemment, mais ne tenait en aucun cas à lui faire croire qu'il avait peur d'elle.
Tout était sous contrôle.
Lorsqu'elle entra dans la pièce, il ne leva pas la tête de son repas déjà bien entamé. Il avait noté le ki en pelote d'épingles qui signifiait qu'elle était de très mauvaise humeur. Tant mieux. Elle était plus amusante quand elle était en colère, et plus facile à maîtriser. Et surtout, elle ne glissait pas ses doigts dans son dos.
« Tiens, lança-t-elle d'une voix sarcastique, je vois que tu as tenu le coup à 500G tout l'après-midi sans tomber dans les pommes ? Bravo. »
Il ne répondit pas, se contentant d'un demi-sourire méprisant accompagné d'un « Tss ! » assorti.
Elle s'assit à sa place habituelle à côté de lui, et commença à remplir son assiette avec le plat qui lui était destiné. Sans un mot.
Maintenant qu'elle ne disait plus rien, Végéta trouvait la situation amusante. Il savait que ce qu'il lui avait dit plus tôt dans la journée l'avait vexée, mais pas à ce point.
« Alors ? Demanda-t-il. Est-ce que tu as de nouvelles idées de robots intéressantes en développement ? Je vais commencer à m'ennuyer.
-Tâche déjà de survivre avec les robots actuels sans tomber dans les pommes, après on verra. Répliqua-t-elle sèchement.
-Ça c'est mon travail, occupe-toi du tien ! Donc tu n'as rien de nouveau ? Tsss ! Je m'y attendais...
-Eh bien pour ton information, je travaille sur un nouveau concept qui pourra t'intéresser mais qui va prendre du temps à développer. Je profite que tu ne sois pas capable d'atteindre la capacité maximum de la salle de gravité... Non pas que ça m'ennuie, hein ! Ça m'ennuierait bien plus de devoir encore te ramasser par terre quand tu seras réduit à l'état d'omelette...
-Ne te préoccupe pas de ça, ça ne se reproduira pas. Occupe-toi juste de mes robots !
-Tsss ! Mais bien sûr ! Remarqua-t-elle d'un ton acide. Encore une fois, c'est tout ce qui t'intéresse. Surtout ne t'embête pas à me remercier pour t'avoir ramassé par terre et soigné, hein ! Ce serait trop te demander, c'est au dessus de tes capacités, je présume ?
-Hn ! Ricana-t-il pour toute réponse. »
Ils terminèrent leur repas en silence, Végéta amusé et Bulma amère.
Lorsqu'il se leva de table pour aller se coucher, elle lui lança par dessus son épaule : « Je te déteste !
-Moi aussi. » Répondit-il avec un calme froid et un sourire glacial, avant de quitter la pièce.
ooooo
La mauvaise humeur de Bulma persista les jours qui suivirent, à mesure qu'elle s'enfermait dans son travail, au point d'écourter au maximum les repas de midi pour éviter de converser avec ses parents qui semblaient s'inquiéter pour elle. Le soir, elle se contentait de sortir quelques restes du réfrigérateur qu'elle consommait directement, sans prendre ni le temps de s'asseoir, ni encore moins celui de croiser cet ingrat de Végéta. Elle ne voulait plus voir personne. Elle aurait pu hurler sur n'importe qui. À défaut, elle passait ses nerfs sur ses expériences.
Son plan aurait pu très bien fonctionner si Bulma n'avait pas eu pour mère la mère qu'elle avait...
« Bulma, ma chérie, je t'apporte une part de tarte aux fraises. Je me suis dit que ça pourrait te consoler, comme tu es si occupée en ce moment, tu n'as pas eu le temps de prendre le dessert avec nous, et ton goinfre de père a mangé tout ce qui restait du gâteau au coco. »
Les fraises étaient le fruit préféré de Bulma, et cette tarte que sa mère préparait elle-même étaient le met le plus délicieux qu'elle ait jamais goûté. Sa mère le savait. C'était le dessert qui illuminait les jours sombres. Et ça marchait.
Lunettes de protection chaussées, blouse et gants, Bulma ne détourna même pas la tête des solutions chimiques qu'elle déposait patiemment à la pipette sur chacun de ses échantillons.
« Merci maman, c'est gentil. Tu peux la déposer sur mon bureau s'il te plaît ? Je dois finir ça... »
Madame Briefs déposa l'assiette, puis s'appuya contre ledit bureau, attendant tranquillement que sa géniale fille termine sa délicate expérience à laquelle elle ne comprenait rien.
Au bout de quelques minutes dans un silence de plomb, Bulma poussa un soupir calme, puis posa sa pipette et s'étira.
« Pfiou ! Oh ! Maman, tu es toujours là ? Tu n'étais pas obligée tu sais...
-Mais non ma chérie, ne t'en fais pas, je suis toujours là pour toi ! Tiens, mange ! » Fit cette dernière en lui tendant l'assiette.
Bulma regarda l'objet d'un air surpris. « Oh... Euh, merci maman... Mais... Bah je peux bien faire une petite pause le temps que mes solvants agissent... » Elle ôta l'un de ses gants, prit la part de tarte qui se trouvait dans l'assiette et mordit dedans. C'était délicieux, comme d'habitude...
« Alors, raconte-moi. Commença sa mère avec un sourire aimant.
-Hein ? Demanda Bulma la bouche pleine. Raconter quoi ?
-Comment ça se passe avec ton charmant Végéta ? C'est lui qui te cause du souci ?
-Kss ! Siffla Bulma d'un air aigri en détournant le regard.
-Tu sais ma chérie, tu ne devrais pas t'inquiéter autant... Il a l'air d'aller très bien depuis la dernière fois qu'il était évanoui. Et puis tu l'as très bien soigné.
-Je ne m'inquiète pas pour ce connard ! S'exclama sa fille. La prochaine fois que je le trouve par terre je lui marche dessus !
-Oui, je comprends ma chérie. La frustration sexuelle c'est très difficile à supporter. Moi aussi quand j'avais ton âge et que j'ai rencontré ton père...
-Quoi ? Tressaillit-elle. Non mais qu'est-ce que tu t'imagines maman ? Je ne suis pas...
-À ce point-là ? La coupa sa mère avec un air tragique. Oh ma pauvre !
-Mais non ! Bien sûr que non ! Maman, tu n'as que ce sujet-là en tête ? Je ne suis pas... Mais qu'est-ce que tu as inventé, là ?
-Est-ce que je peux faire quelque chose pour t'aider ? Ça me fait de la peine de vous savoir en froid tous les deux...
-Non mais laisse tomber maman ! Il n'y a rien à réparer ni à construire. Moi et Végéta ce n'était qu'une idée folle qui m'est sortie de la tête aussi vite qu'elle m'était venue ! Il n'est clairement pas à la hauteur de mes attentes. » Ajouta-t-elle avec aigreur.
Sa mère pencha la tête sur le côté dans sa posture de réflexion, tandis que Bulma passait rageusement ses nerfs sur sa part de tarte.
« Tu sais ma chérie, reprit la blonde, la proposition que je t'ai faite il y a quelques mois tient toujours...
-Quelle proposition ?
-Celle de t'arranger un rendez-vous avec Végéta bien sûr ! »
Là, Bulma manqua de s'étouffer avec les fraises. « Quoi ? Non mais maman ! Arrête, c'est ridicule ! J'ai dit laisse tomber ! Aucune chance !
-Mais ma chérie, ça pourrait vous permettre de vous réconcilier.
-Mais je n'ai absolument pas envie de... Cilla-t-elle.
-Ah, je le savais ! Se réjouit la mère. Tu vas voir, je vais vous préparer une petite semaine en tête à tête rien que vous deux, et tout ira mieux entre vous !
-Quoi ? Non Maman ! Non non non ! J'ai dit hors de question ! Et de toutes manières je ne vois vraiment pas comment tu pourrais t'y prendre...
-Mais c'est très facile ma chérie ! Tout ce qu'il me faut c'est... Hum voyons, j'hésite.. Les îles tropicales de l'équateur ou les cités antiques de la jungle du continent sud ? »
Bulma se plaqua la main sur le visage. « Mamaaaaaaaaan... Tu n'as aucune chance, laisse tomber. De toutes manières je n'ai pas envie de...
-Les îles ? Oui, excelleeeeeeente idée ! Se réjouit sa mère en faisant un tour sur elle même avec un petit pas de danse. Rien de tel qu'un peu de baignade et de bronzage sous les tropiiiiiiiiiiques !
-Maman, j'ai du travail, je ne peux pas partir comme ça ! Et qu'est-ce qui te fait croire que Végéta viendrait ?
-Oh mais non, justement il ne vient pas, il reste avec toi !
-Hein ?
-Mais oui, toi en réalité tu restes ici aussi ! S'enthousiasma-t-elle. On fera juste croire aux gens que tu es partie en vacances aux tropiques avec ton père et moi, comme ça nous n'aurons pas de clients et ambassadeurs qui viendront vous importuner pendant cette semaine. Tu pourras rester ici tranquillement avec ton beau Végéta, et vous aurez toooooute la maison rien que pour vous deux ! »
Bulma cilla violemment avant de cacher à nouveau son visage dans la paume de sa main. « Maman, pitié, abandonne cette idée stupide tout de suite...
-Youpi ! Tourbillonna la mère. Je vais tout de suite réserver notre séjour et préparer nos bagages ! Je suis sûre qu'on pourra vous laisser dès demain soir ! Comme ça on pourra assister au bal du samedi soir sur la plage ! Oh c'est si romantiiiiiique !
-Non ! Paniqua Bulma. Maman non ! Ne fais pas ça ! Tu ne peux pas me laisser toute seule avec lui ! Je ne veux pas...
-Ne t'inquiète pas ma fille. C'est normal d'avoir des pulsions. Je te comprends.
-Mais non, je...
-Moi aussi à une époque j'avais une furieuse envie de faire l'amour à ton père sur le comptoir de la cuisine...
-Urg ! Non tais-toi, je ne v...
-... Et c'est même pour ça que j'avais plaidé en ta faveur pour te laisser partir en voyages pendant les grandes vacances, chercher tes dragon balls...
-Hein ?
-Tu vas voir, c'est formidable d'avoir le champ libre ! Tu as intérêt à bien en profiter hein ? Tu es si belle ma fille ! Je peux voir l'amour dans tes yeux !
-Non non non NON NON...
-J'espère que vous pourrez vous réconcilier, vous êtes vraiment faits l'un pour l'autre, ça se voit ! Bon, je file ma chérie ! Je ne voudrais pas rater le bal de samedi soir tu comprends...
-Maman ! Arrête ça tout de suite !
-Bon courage avec ton expérience, tâche de ne pas oublier d'aller dormir cette nuit quand même, hein ? Il vaut mieux que tu sois en pleine forme pour la semaine prochaine !
-NON ! MAMAN JE TE PRÉVIENS, SI TU...
-Au fait, il y a de la fumée qui sort de ta table de chimie.
-ARRÊTE TOUT DE... Hein quoi ? AAAAAAAAAAAAArg ! »
Bulma se précipita vers sa paillasse pour découvrir que l'un de ses matériaux expérimentaux s'étaient enflammé spontanément avec de minuscules flammes vertes. Dans sa panique, elle ne trouva rien de plus rapide que d'écraser dessus le reste de tarte qu'elle tenait dans la main. Il s'en échappa une étrange fumée jaune nauséabonde, puis plus rien.
Effondrée, Bulma contempla longuement le désastre chimique et culinaire devant ses yeux, à cause duquel elle avait laissé partir sa mère avec son idée irrationnelle.
C'est pas possible c'est pas possible c'est pas possible c'est pas possible...
ooooo
Ainsi, du jour au lendemain, les parents de Bulma partirent officiellement en vacances dans les îles tropicales, sa mère lui adressant des clins d'œil ostentatoires au moment du départ, et son père une série de recommandations sur la façon de nourrir les animaux qui vivaient dans le jardin intérieur. Bien entendu, il n'avait pas pu opposer la moindre objection à ce départ précipité, et s'était donc retrouvé à devoir décommander d'un coup tous les rendez-vous d'affaires de la semaine à venir. Les usines de Capsule Corporation tournaient bien entendu sans le fonctionnement de leur fondateur, il s'agissait donc juste de repousser l'arrivée des prochaines innovations.
Végéta ne sembla nullement affecté par ce départ duquel il n'avait d'ailleurs pas été personnellement informé. Il avait bien dû remarquer l'absence des parents, mais continua à s'entraîner comme à son habitude les trois jours qui suivirent. Bulma et lui ne se croisaient pas, chacun prenant ses repas à des heures différentes, s'évitant avec soin, chacun nourrissant une certaine amertume à l'encontre de l'autre.
Puis, le quatrième jour, le guerrier vint chercher sa scientifique directement sur son lieu de travail pour exiger d'elle qu'elle répare ses robots brisés qu'il déposait devant sa porte depuis plusieurs jours sans avoir de retour. Il la trouva dans l'un des laboratoires du quatrième étage, celui juste au dessus de là où se trouvait sa salle de gravité, à prendre des notes devant une machine composé d'un gros marteau et d'une sorte de plaque de plastique rose. Le marteau frappait la plaque, l'interface affichait des chiffres, et la scientifique prenait des notes, puis remplaçait la plaque rose par une autre et recommençait. Bien sûr elle savait qu'il était là puisque le détecteur sur son oreille avait bipé, mais elle attendit qu'il se manifeste pour se retourner. Dans ses yeux, il lut de la fatigue et de l'agacement, et surtout beaucoup de stress.
À sa question sur le temps qu'elle mettait à réparer les robots, elle répondit qu'elle n'était pas très motivée et plutôt préoccupée par ses expériences actuelles, lui signalant ainsi très diplomatiquement d'aller se faire voir.
À son reproche comme quoi elle lui faisait perdre son temps avec ses expériences inutiles, elle lui répondit que le vaisseau spatial était en état de fonctionnement et toujours installé dans le jardin s'il avait envie de partir se chercher une nouvelle armure tout seul, et que s'il préférait rester là, il avait plutôt intérêt à la laisser en paix s'il ne voulait pas se retrouver à devoir porter une armure rose.
À la première seconde, il avait contemplé le regard furieux mais décidé de la terrienne.
À la deuxième seconde, il avait regardé le matériau rose sur lequel elle réalisait des tests de résistance.
À la troisième seconde, il avait suivi le conseil, et l'avait laissée en paix.
Ce fut ce soir-là que l'intrusion eut lieu.
ooooo
« Eh R ! Murmura le Prudent caché dans les buissons entourant la résidence. R ! Je trouve ça pas normal, on est dans le jardin à découvert et aucune alarme ne s'est déclenchée... On en a à peine désactivé quatre...
-C'est ta grande gueule qui va pas tarder à déclencher une alarme si tu la fermes pas ! Rétorqua dans un murmure la silhouette encagoulée à quelques pas devant lui.
-T'es con ! Intervint la voix du Scientifique invisible dans sa tenue caméléonique. C'est parce que mon brouilleur fonctionne. Et en début de soirée, la deuxième série de pièges n'est pas encore activée. Arrête de tout remettre en doute et surveille plutôt les environs. C'est toi qui as le fusil.
-Ouais, je sais, grommela le Prudent. Un dinosaure d'au moins deux mètres de haut et vachement féroce qui monte la garde à l'intérieur du bâtiment.
-Vos gueules ! Les interrompit celui qui était devant. V'là F qui revient.
-F ?
-Oui, je suis là, répondit la voix du Fouineur également invisible.
-Alors ?
-Le bâtiment est bien fichu, aucun moyen d'entrer par l'extérieur, les fenêtres sont inaccessibles, aucune prise grappin à portée. Il y a deux portes au rez-de-chaussée, toutes les deux gardées par une alarme. D'après le détecteur infra-ondes, elles mènent toutes les deux à une pièce immense avec un plafond qui va jusqu'au deuxième étage. Y'a plein de bêtes à l'intérieur. Il faut passer par là pour accéder aux étages supérieurs.
-Bien, reprit le Scientifique, d'après nos infos, les laboratoires sont au quatrième étage.
-Mais ils ne stockent pas leurs gadgets dans les laboratoires non ? S'inquiéta le Prudent.
-P, ferme ta gueule on t'a dit, répliqua le premier. On t'a déjà dit qu'il y a des annexes directement accolées aux laboratoires pour y entreposer le matos.
-Et c'est quoi ces deux bâtiments à l'extérieur ? Continua le Prudent.
-C'est les labos personnels des deux inventeurs. Répondit le Fouineur. D'après mes données, il n'y a que de la paperasse là dedans, les gadgets sont fabriqués dans leurs labos spécialisés, au quatrième étage.
-Bon, bah les gars, allons voir ce dinosaure de garde alors ! »
Quelques instants plus tard, un bruit sourd résonnait dans le jardin intérieur. Paralysé par la force de la décharge électrique, le tyrannosaure s'effondrait mollement au sol sans avoir eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait.
« Pfiou ! C'était moins une ! S'exclama le Scientifique. P, fais gaffe quand même, il était prêt à nous charger là !
-Ouais, répondit le Prudent. Est-ce que je lui en tire une autre ?
-Pas besoin, vu l'intensité de ces balles électriques, il devrait pas bouger avant au moins demain. C'est le seul moyen avec ces bêtes-là. Tu aurais pu vider un chargeur de lance-grenades sur lui sans lui faire une égratignure. Mais là il bougera plus alors gaspille pas tes balles électriques. T'en n'as plus que deux alors méfie-toi. Il y en a peut-être un deuxième.
-J'ai trouvé l'escalier. Annonça le Fouineur en désactivant sa combinaison caméléon pour que ses complices puissent le voir. Y'a une sorte de piège à reconnaissance visuelle juste à l'entrée.
-S, tu t'en occupes.
-Tout de suite, R. »
Un nombre impressionnant d'animaux domestiques en tous genres fuyaient en les voyant arriver. Seul un chien trop lent se prit un coup de pied et détala sans demander son reste. Par chance, les intrus tenaient à économiser leurs munitions d'armes à feu, car ce n'était pas l'envie qui leur manquait de transformer ce refuge harmonieux en charnier sanglant. Les armes n'étaient pourtant pas nécessaires puisque les habitants des lieux étaient officiellement en vacances à l'autre bout de la Terre, mais l'on n'était jamais trop prudent, une alarme pouvait très bien avertir les policiers. Ils étaient des professionnels.
Plus rien n'entrava leur route jusqu'à l'escalier. Là, ils attendirent dix minutes que le Scientifique parvienne à désactiver la dernière sécurité sur leur passage vers la puissance et la gloire.
Puis ils commencèrent leur ascension.
« C'est quoi cet étage ? C'est un couloir sans pièces ?
-Normalement y'a des bureaux et des ordinateurs, mais cet étage est tout petit vu que leur jardin géant fait deux étages.
-Bah, rien d'intéressant alors ?
-Non. »
Et ils avaient raison en passant ce premier étage sans s'y intéresser. Aucun indice n'aurait pu leur indiquer que la maison n'était pas aussi vide qu'elle aurait dû l'être.
« P'tin les mecs, visez-moi un peu la taille de cette table !
-Ta gueule P, répliquèrent en chœur les trois autres.
-Si on veut, on pourra repasser par ici en repartant, proposa le Fouineur, on verra si y'a deux ou trois trucs de valeur à piquer.
-Mais on sera trop chargés ! Se plaignit le Prudent.
-Il est con lui ! S'amusa le Scientifique. Tu sais qu'on est dans la Capsule Corporation là ? Tu sais, la société qui fabrique les hop-pop capsules ? Ils en ont forcément un stock quelque part. Et si on le trouve, tu pourras même l'embarquer, ta table !
-Magnez-vous au lieu de bavasser ! Imposa celui qui marchait en tête. »
Ainsi ils laissèrent derrière eux un couloir qui menait aux chambres vides des résidents absents, et dont une porte ouverte donnait sur la salle à manger. Une salle à manger où des robots en veille attendaient patiemment l'ordre de servir un repas déjà prêt qui aaurait pu nourrir quarante personnes.
« C'est quoi ce bruit ? Demanda le Scientifique.
-Je sais pas, répondit le Fouineur. On dirait un gros moteur. D'après mes données, c'est des pièces de détente à cet étage. La bibliothèque, la salle de télé, ils ont même une salle de gym.
-Eh ben ils se privent de rien les inventeurs ! Ricana le Prudent.
-Ça vient de ce couloir. Remarqua le Fouineur. Qu'est-ce que t'en dis, R ?
-J'en dis qu'on s'en fout ! On n'est pas là pour voler des bouquins ! Allez, magnez-vous ! »
Ainsi ils laissèrent derrière eux le mystère d'une machine énorme qui bourdonnait au bout d'un couloir. Une machine en réalité si grande qu'elle occupait à elle-même la moitié du troisième étage, occupant l'emplacement d'une salle de gymnastique qui n'avait de toutes manières presque jamais servi.
« Ouais ! Les gars on y est !
-Ta gueule P.
-La vache ! Y'a des portes partout ! R, par où on commence ?
-Par la plus proche crétin ! De toutes manières on va tout fouiller. Signalez-moi tout. Machines bizarres, gadgets à écran ou antenne, et surtout tout ce qui ressemble à une arme. Et prenez toutes les capsules !
-OK !
-Merde, un verrou classique ! S'exclama le Scientifique.
-Hein ?
-Un verrou classique je te dis ! On est dans la boîte la plus à la pointe de la technologie de tout le continent, et ils ont des verrous classiques ! Comment je pirate ça moi ?
-Mais quel boulet ! Intervint le Fouineur. Y'a qu'à tirer dessus avec ton flingue.
-Dis, vous trouvez pas qu'il y a des bruits bizarres dans ce couloir-là ?
-Ta gueule P ! »
BANG BANG !
La porte au verrou maltraité s'ouvrit silencieusement, révélant un petit entrepôt d'objets colorés ressemblant à des jouets robotisés pour enfants et des consoles de jeux inconnues sur le marché. Après un rapide examen et tour complet de la pièce, il s'avéra que ces objets étaient bel et bien ce qu'ils semblaient être.
« Des jouets ! S'exclama l'homme encagoulé. Mon cul oui ! Ces enfoirés d'inventeurs mettent les trucs les plus nuls à côté de l'escalier !
-Peut-être qu'ils ne développent vraiment pas d'armes ? Suggéra le Prudent.
-C'est ça ! Fous-toi de ma gueule ! Des inventeurs comme ça ça trempe forcément dans des trucs louches ! On va trouver un entrepôt d'armes trois fois plus grand que celui-là, je te le garantis !
-Dites, remarqua le Fouineur, le bruit bizarre de tout à l'heure s'est arrêté.
-Tant mieux ! Répliqua le Scientifique. Ça me tapait sur le système ces bruits de marteau.
-Je parie que les armes sont stockées tout au bout du couloir ! Continuait l'autre. Je le sens ! Tu imagines ? Des fusils à plasma, des guns à portails de téléportation, des lames qui peuvent trancher des murs, des pistolets à faire rétrécir les gens, des bombes paralysantes et des trucs d'ondes qui soumettent l'esprit des autres !
-Ouais !
-On fait quoi alors ? On va direct au bout du couloir ou on force toutes les portes sur le passage ?
-On force toutes les portes sur le passage.
-Bonne idée, les gars, le problème c'est que vous vous êtes gourés d'étage. La seule arme de Capsule Corp' ici c'est la mienne. »
Tous les quatre sursautèrent en direction de la voix dans la porte d'entrée.
« Qu'est-ce qu'elle fout ici elle ? »
ooooo
Les pieds bien ancrés dans le sol, les jambes légèrement écartées, la tête haute, brandissant fièrement son arme face à elle, Bulma regarda les trois intrus d'un air sévère. Elle attendit qu'ils aient pris mesure de la situation (elle tenait une arme braquée sur eux et bloquait la sortie), puis demanda : « Qu'est ce que vous foutez chez moi ? »
Les trois hommes se consultèrent du regard, puis celui qui portait une cagoule lui répondit : « On cherche des armes et d'autres trucs du genre. Et toi, qu'est-ce que tu fous ici ? »
Surprise par l'audace avec laquelle ce voleur lui répondait, Bulma fronça les sourcils et mit un moment à formuler une réponse, tout en orientant précisément le pointeur laser de son arme vers lui. « Je suis chez moi.
-Ouais, mais t'es pas censée être là.
-Désolée d'avoir ruiné vos plans. De toutes manières, Capsule Corp ne produit pas d'armes. Vous vous êtes déplacés pour rien.
-Tu viens bien de nous dire que tu avais une arme Capsule Corp dans ta main pourtant ?
-Oui, mais c'est un modèle unique pour mon usage personnel.
-Et qu'est ce qu'il a d'intéressant ce joli flingue ? »
Avec un sang froid digne d'une guerrière aguerrie, Bulma visa l'homme de droite et tira. Le coup partit sans un bruit. L'homme eut juste le temps d'ouvrir la bouche par surprise, mais aucun son ne s'échappa de sa gorge tandis qu'il s'écroula au sol.
« Fléchettes endormantes. Efficacité 100 %, temps d'action deux millisecondes, durée d'efficacité cinq heures. Annonça-t-elle froidement. Alors maintenant si vous ne voulez pas vous réveiller au beau milieu du désert, je vous conseille de me répondre gentiment. Comment est-ce que vous avez fait pour entrer ? »
Si elle n'avait pas eu besoin de connaître cette réponse, ils seraient déjà endormis tous les trois à l'heure qu'il était. Ils n'avaient pas le temps d'attraper leurs armes, elle avait donc parfaitement confiance en sa maîtrise de la situation.
« On a piraté les alarmes et court-circuité ton tyrannosaure. Répondit l'encagoulé.
-Quoi ? Qu'est-ce que vous avez fait à Kiki ?
-C'est quoi ce nom à la con ?
-Réponds !
-Bah, intervint le gros en indiquant l'arme énorme accrochée dans son dos, on l'a juste paralysé. »
D'un simple coup d'œil, Bulma reconnut le modèle de l'arme. Fusil de choc UltraBang 6 à balles électriques. Le plus puissant modèle de la sorte...
La colère d'apprendre que l'on avait osé s'en prendre ainsi à son cher animal domestique lui redoubler de détermination. Ces malfrats allaient le payer.
Elle avait parfaitement confiance, ces deux misérables allaient se réveiller en prison avec quelques bosses et bleus. Même endormis, ils allaient descendre l'escalier tous seuls !
Elle pointa le laser vers celui qui avait le fusil dans le dos.
Elle était sûre d'elle.
Jusqu'à ce que son arme soit brusquement éjectée vers le haut, tirant un coup de feu au plafond avant de lui échapper des mains, comme si une main invisible venait de l'attraper.
C'est à ce moment-là qu'elle distingua à côté d'elle une silhouette humaine parfaitement transparente. Celle-là même qui tenait à présent son arme entre ses mains.
« Bien joué, S. » Fit l'homme encagoulé en saisissant son propre revolver et le brandissant vers elle. « Bon, maintenant ma mignonne tu vas nous dire où est-ce que tu caches ton stock d'inventions du genre de celle-ci. »
Une sueur froide coula lentement dans le dos de Bulma tandis que son cerveau se mettait à fonctionner à toute vitesse. Il n'y avait pas trois, mais au moins quatre intrus dans sa maison, celui qui était en tenue caméléon venait de lui arracher son arme et l'autre à la cagoule braquait une arme sur elle. Elle ne pouvait donc pas prendre tout de suite l'autre arme dans sa poche. Un plan B, vite...
« Deux millisecondes de temps d'action ? C'est un vrai bijou de technologie ce machin là ! » S'exclama une voix masculine provenant de la silhouette invisible.
« M... Me... Mai... Merci mais ça c'est un modèle que j'ai dessiné quand j'étais gamine. Je... J'ai quand même fait franchement mieux depuis... » Bafouilla-t-elle.
Son argument fit immédiatement mouche, du moins sur celui qui portait une cagoule, dont les yeux se mirent à briller : « Où ça ?
-Euh... je... Si je vous emmène, après vous partirez gentiment ? Proposa-t-elle.
-Eh ben t'es tout de suite plus aimable quand c'est pas toi qui tiens le flingue, hein ? Et tu vas me faire gagner du temps finalement. »
Elle se tut. Tant qu'elle n'avait pas réussi à les enfermer dans un quelconque dispositif de sécurité, elle était en danger.
Celui qui portait le fusil électrique reçut l'ordre de porter celui qui avait été endormi. Puis Bulma fut cordialement invitée (canon de revolver à l'appui) à les guider jusqu'à son entrepôt d'armes sans causer de souci. Ils redescendirent les escaliers. L'étage où grondait un bruit de moteur. L'étage de la salle à manger vide. L'étage des ordinateurs. Le jardin intérieur.
Bulma prit quelques secondes pour poser la main sur le corps inerte de son tyrannosaure. Il était en vie. Il fallait qu'elle se sorte de là maintenant.
Elle sortit dans le jardin, et un nœud de désespoir se serra dans sa gorge en réalisant que la totalité des alarmes extérieures avait été désactivée et qu'il était encore trop tôt pour l'activation automatique des pièges nocturnes. Ils utilisaient sans doute un brouilleur puissant.
Tentant bravement de ne pas céder à la panique, elle les guida jusqu'à son laboratoire, et se dirigea vers la pièce au fond de celui-ci, qui lui servait de dépôt. Là elle entendit des bruits de papier. Elle se retourna précipitamment pour découvrir que ses précieux schémas et feuilles de calcul savamment empilés dans un ordre qu'elle seule comprenait, ses précieuses feuilles étaient soulevées par tas par quelque main invisible, puis chiffonnées et jetées en l'air. Il pleuvait des feuilles de papier.
« Eh ! Mais arrêtez ! C'est à moi ! » S'écria-t-elle.
Pour toute réponse, elle obtint le ricanement de l'encagoulé et le canon d'une arme braqué vers elle, tandis que les deux autres projetaient impitoyablement son travail par terre.
« Arrêtez ! Ça vous sert à quoi de faire ça ?
-S, P, arrêtez vos conneries. Persifla l'encagoulé. Vous êtes en train de stresser la demoiselle, et après elle ne voudra plus nous dire où est-ce qu'elle cache ses armes.
-Oh, bah on peut la déstresser si c'est que ça ! Railla le colosse qui avait le fusil sur une épaule et son camarade endormi sur l'autre.
-Ta gueule P. Fit l'homme invisible.
-Vos gueules tous les deux ! Fit l'homme à la cagoule. Avance ma jolie. Dépêche-toi, mes gars sont de plus en plus excités tu vois. »
Bulma était de moins en moins rassurée, tandis qu'elle poussait la porte de l'entrepôt. « C'est là. Annonça-t-elle d'une voix hésitante.
-Avance. » Répliqua celui au revolver.
Se déplaçant entre les étagères à la recherche d'une invention qui attirerait leur attention, Bulma tomba sur la zone de stockage des anciens droïdes de combat de Végéta. De vieux modèles depuis longtemps inutiles. Elle sourit. Elle en choisit un puis se releva pour se retrouver face à deux armes braquées vers elle, dont son propre pistolet endormant.
« Droïde de combat. Annonça-t-elle avec un sourire forcé.
-Un droïde ? Demanda l'homme invisible. Il est télécommandé ? Qu'est-ce qu'il a comme armes équipées ? Il a un brouilleur embarqué ?
-Oui, mentit Bulma, et il...
-NON ! Beugla l'encagoulé en la voyant tourner le robot entre ses mains. Pas d'arnaque ! Donne-moi la télécommande avant de l'allumer ! »
Bulma grimaça, puis se retourna pour chercher dans les étagères. Par chance, elle y trouva une vieille console de jeu sans écran (l'image était vidéoprojettée) qu'elle ramassa et lui tendit avec hésitation. L'imposture était flagrante... et pourtant...
L'homme s'en saisit sans hésiter et la donna à l'homme invisible. « Vas-y, allume-le. » Ordonna-t-il.
Bulma activa le droïde qui se mit silencieusement à flotter dans les airs, et poussa un soupir de soulagement. L'homme invisible tenta de manipuler la soit-disant télécommande, mais n'obtint pour tout résultat qu'une musique criarde et une image projetée au sol de deux personnages en posture de combat. « Hein ? »
« Qu'est-ce que c'est que ce bordel ? » S'énerva l'encagoulé en menaçant Bulma qui était à présent frénétiquement en train de reculer rapidement tout en fouillant dans sa poche à la recherche de sa capsule. Elle entendit un coup de feu, un bruit de ricochet, puis un bruit de balle projetée sur un mur. Ce droïde était conçu pour intercepter tous les tirs dans la pièce où il se trouvait.
Elle sortit sa hop-pop capsule de sa poche, et le « POP » qu'elle produisit en s'activant fut couvert par les bruits des tirs des deux hommes armés. Puis elle se pencha pour ramasser au sol son fusil pétrificateur.
C'est là qu'elle se trouva projetée au sol, coincée sous un poids très lourd et puant la sueur.
« Waaaaah ! » S'écria-t-elle en tombant.
Le poids très lourd et puant ricana.
« Bien joué P. Fit la voix de l'encagoulé.
-Mais oui ! Ce putain de robot intercepte les tirs mais n'empêche pas les gens de passer ! Fit la voix de l'homme invisible. Bien vu P.
-Héhé ! Je le prendrai pour moi le robot ! » Répondit le poids lourd d'une voix triomphante.
Puis il se releva enfin et Bulma put respirer. Là, elle vit avec horreur l'homme encagoulé se pencher pour ramasser le fusil qu'elle venait de faire apparaître.
« Joli fusil. Tu nous avais caché ça, coquine. Commenta-t-il. Il sert à quoi celui-là ?
-Je... Il... Ça... Bredouilla-t-elle terrorisée.
-Si tu ne réponds pas, je l'essaye sur toi.»
Assise par terre, Bulma tenta de reculer, mais une jambe se trouva contre son dos à lui bloquer le passage. « T'es au bon niveau là, tu trouves pas ? » Railla le gros.
Elle déglutit bruyamment.
Puis il se pencha pour ramasser un objet au sol. Son estomac se noua. C'était son détecteur à ki, qu'elle avait perdu dans sa chute.
« C'est pas le truc que tu avais sur l'oreille ça ? À quoi ça sert ? Tu enregistrais ?
-Ne... Non, je... Enfin si, en fait je... »
La situation était de pire en pire. Elle avait un fusil pétrificateur braqué sur elle. Derrière elle, une espèce de gros colosse jouait avec tous les boutons de son détecteur à ki et venait de réussir à faire sortir l'écran et générer toute une série de « bip ! ». Et là-bas, un homme en combinaison caméléon dernier cri était en train de sortir une hop-pop capsule de sa poche pour y ranger les droïdes de combat qu'il voulait lui voler.
Elle se mit à hurler, roula sur le côté et s'empara du premier objet qu'elle trouva, le lançant de toutes ses forces en direction de l'encagoulé mais le manqua et se retrouva dos à son étagère. Elle eut encore le temps de leur lancer deux ou trois objets aléatoires (dont un atteignit sa cible !) avant que le gros ne l'attrape à nouveau, lui plaquant les poignets au sol au dessus de sa tête.
« Arrêtez ! Lâchez-moi tout de suite bande de brutes ! » S'égosillait-elle, ayant soudainement un affreux goût de métal dans la bouche.
« Elle s'est bien fichue de nous la garce !
-Attends, on va lui donner une bonne correction.
-Ferme ta gueule salope ! Arrête de crier !
-Eh, t'as vu ce qu'elle porte sous sa blouse ?
-Tiens-la bien, tu vas voir je vais lui faire fermer sa gueule moi ! »
Bulma hurla et ferma les yeux en voyant le poing levé s'abattre sur elle.
L'affreux cri de douleur qui suivit résonna dans tout le laboratoire.
Surprise, Bulma rouvrit les yeux.
En face d'elle, l'homme encagoulé titubait et tombait à genoux, son avant-bras tordu dans un angle impossible.
Une seconde plus tard, l'homme qui la tenait immobilisée était projeté dans l'étagère d'en face dans un fracas assourdissant.
« Mais vous êtes cons ou quoi ? Vous voulez vraiment qu'elle fasse exploser les tympans de tout le monde ? » Lança la voix ironique d'un nouvel arrivant qui se tenait maintenant debout près de sa tête.
Le cœur de Bulma s'emballa.
C'était LUI.
...
Que faisait-il là ?
« Qu'est-ce que tu fous là ? Qui t'es toi ? » Lança l'homme invisible en pointant vers lui le pistolet endormant.
« Je n'ai pas à vous répondre. » Répondit froidement Végéta en enjambant Bulma au sol pour se placer entre elle et les trois intrus. « Vous par contre, vous n'avez clairement rien à faire ici. Donc dégagez maintenant, ce sera mon seul avertissement et c'est déjà infiniment généreux de ma part.
-Tu crois qu'on va se laisser effrayer par un mec en caleçon avec une ceinture en moumoute et sans arme ?
-OK, toi tu vas crever. » Commenta le guerrier en levant la main devant lui.
D'une manière ou d'une autre, l'homme invisible comprit qu'il devait avoir peur, et tira trois balles d'affilée. Mais le saiyan ne bougea pas, se contentant de lever rapidement devant lui sa seconde main. Puis il sembla examiner un objet entre ses doigts.
« Des aiguilles ? » Fit-il incrédule.
À demi allongée au sol, Bulma devina sans peine qu'il avait intercepté les balles. Elle rectifia mentalement l'efficacité de son pistolet à 99 %.
Elle n'arrivait pas à croire ce qui était en train de se passer.
« Connard ! » S'écria l'homme encagoulé au poignet cassé, en saisissant son revolver de la main gauche.
PAN ! PAN ! PAN ! PAN !
Sans doute vida-t-il son chargeur, et sans doute ses deux complices qui avaient également saisi leurs armes de poing firent de même, car lorsque le bruit cessa, le nombre de balles que Végéta laissa tomber par terre débordait de sa main.
Sans pitié, le saiyan se mit à ricaner de son rire le plus sadique tandis que les deux hommes qui étaient visibles semblaient soudainement perdre toutes leurs couleurs. « Des aiguilles et des bouts de métal. Vous espériez aller où avec ça ? »
Comme aucun ne lui répondit, il continua : « Bon, à mon tour maintenant. »
Là, le gros paniqua et saisit son énorme fusil électrique en voyant le guerrier lever lentement la main. Celui-ci lui jeta un regard de dédain et attendit. L'homme déglutit bruyamment.
« Non ! Évite-le ! » S'écria Bulma au moment où l'homme pressait la détente.
À la première milliseconde, Végéta tourna la tête et jeta un regard perplexe à Bulma.
À la deuxième milliseconde, il regarda à nouveau vers l'arme d'où sortait une sorte de sphère magnétique d'un volume impressionnant.
À la troisième milliseconde, il se pencha, saisit Bulma par la taille et fit un bond sur le côté, la laissa tomber par terre et se retourna pour renvoyer une boule énergétique.
Les deux explosions retentirent en même temps, la balle électrique contre une étagère, et la boule d'énergie là où se trouvaient les intrus.
Puis ce fut le silence.
Aucun d'eux ne se releva.
« Tsss ! » Persifla Végéta en se redressant.
Bulma resta un moment assise, incrédule, à contempler sans y croire la silhouette à contre-jour du guerrier formidable qui venait de la sauver.
Puis elle tenta de se relever, encore pantelante. « Euh... Merci... Je...
-Ne te méprends pas. La coupa-t-il en tournant la tête dans sa direction d'un air hautain. Je n'ai pas fait ça pour toi. Débarrasse-toi d'eux. Et rappelle-toi que je ne fais jamais rien qui ne soit pas dans mon intérêt. »
Puis il s'en laissant seule.
Il fallut bien plusieurs minutes à Bulma pour retrouver ses esprits, et encore plus son sens pratique. Lorsqu'elle y parvint, elle s'approcha des corps des quatre intrus pour découvrir qu'ils étaient tous blessés et KO, mais qu'ils respiraient encore. Végéta continuait à tenir sa parole de ne tuer personne sur Terre.
Elle appela la police, leur signalant que des voleurs s'étaient pris dans son dispositif anti-intrusion. Lorsqu'ils arrivèrent quelques minutes plus tard, elle avait eu le temps de remplacer sa blouse déchirée par un manteau plus présentable. Il lui fallut ensuite relater les faits, répondre aux questions, puis enfin, voir partir le fourgon de police, emportant avec lui le souvenir désagréable de ce qui venait de se produire.
Puis elle rentra chez elle.
Elle réinitialisa tous les dispositifs anti-intrusion.
Puis s'assit sur le canapé du salon.
Et respira lentement.
Oui, elle avait déjà été dans des situations bien pires. Poursuivie par des dinosaures carnivores, transformée en carotte, prise en otage, attaquée par un singe géant, piégée dans une base sous-marine qui s'effondrait, prise dans des explosions et des combats meurtriers. Le danger, Bulma Briefs l'avait souvent vu de près. Mais elle avait beau s'en vanter, la peur ressentie dans ces situations était toujours la même. Surtout lorsqu'elle se retrouvait malgré elle dépendante du bon vouloir de personnes plus puissantes qu'elle pour s'en sortir. Cela lui laissait cette horrible impression de ne pas être complètement maître de son destin.
Même si elle avait l'astuce de savoir mettre les bons alliés de son côté, il restait toujours qu'elle était dépendante d'autre personnes pour assurer sa propre sécurité.
Et là, ça avait été très juste.
Elle ne s'était jamais rendu compte jusqu'à présent, de la chance qu'elle avait eu d'avoir eu un homme tel que Yamcha à ses côtés dans la vie de tous les jours, lorsqu'elle ne partait pas à l'aventure. Et maintenant qu'elle ne l'avait plus, elle avait simplement eu de la chance que Végéta ait été à proximité et de suffisamment bonne volonté pour venir à sa rescousse.
Elle se sentait pathétique.
Stressée.
Nerveuse.
Elle décida d'aller prendre une douche, espérant que le passage de l'eau emporterait avec lui les souvenirs désagréables et le stress. Et ils passèrent. Mais seulement pour apporter avec eux une nouvelle forme de nervosité : Végéta était venu à son secours.
Végéta
Il y avait une arnaque.
Il ne le lui avait pas caché, il n'avait pas fait ça pour elle, mais par pur intérêt. Mais malgré cela, Bulma ne pouvait s'empêcher de sentir son cœur se réchauffer à l'idée qu'il était venu la protéger. Lui le fier prince des saiyans. Elle, la misérable humaine.
S'il l'avait fait, c'était qu'il avait quelque chose à exiger en retour. Mais quoi ? Elle tourna et retourna longuement la question dans sa tête sans trouver ce qu'elle pourrait inventer qui puisse avoir suffisamment de valeur.
Pour l'instant, elle était trop chamboulée, songea-t-elle en coupant enfin l'eau. Mieux lui valait une bonne nuit de sommeil pour lui porter conseil. Tant pis pour le repas, elle n'avait pas faim de toutes manières.
Mais dès qu'elle sortit de la salle de bains et observa sa chambre plongée dans la pénombre, elle sut qu'elle ne pourrait pas dormir. La seule idée de se retrouver seule à ne rien faire la terrorisait soudain.
Trop de stress.
Elle enfila sa chemise de nuit, et sans un regard en arrière, se dirigea vers la cuisine pour se faire une tasse de thé. Peut-être qu'avoir ses parents au téléphone la rassurerait. Non, ça ne la rassurerait pas. Appeler une amie ? Descendant les marches des escaliers, Bulma secoua la tête en riant intérieurement d'elle même. Elle le savait bien. Une seule personne saurait la faire se sentir en sécurité en ce moment, et il venait déjà de montrer aujourd'hui plus de bonté qu'il n'en avait jamais montré depuis son arrivée sur Terre. Elle avait une dette envers lui. Il serait probablement peu enclin à rester quelques heures discuter avec elle jusqu'à ce que ses peurs se dissipent, quand bien même elle saurait où il se trouvait actuellement.
Elle arrêta brusquement ses pensées et sa progression, avec l'horrible impression d'être observée. À nouveau, ce goût de métal lui montait à la bouche, comme quelques heures auparavant, juste avant de se faire frapper...
Soudain, elle se retrouva projetée violemment contre le mur le plus proche, avec les mains plaquées au dessus de la tête, et deux yeux noirs et perçants plantés dans les siens à seulement quelques centimètres de son visage.
« Où est-ce que tu vas comme ça femme ? Demanda son agresseur.
-Vé... Végéta ! bredouilla Bulma. Que... Qu'est ce que tu fais ?
-Quoi ? répliqua-t-il, menaçant. Tu as perdu ton assurance ?
-Mais enfin lâche-moi ! Qu'est ce qui te prend ?
-Je ne fais rien, répondit-il lentement et d'une voix basse, qui ne soit pas dans mon intérêt.
-Et... Hésita-t-elle. Qu'est ce qui... est dans ton intérêt... pour m'avoir sauvée ? »
Il la dévisagea un moment avec un sourire démoniaque qui sonnait presque faux. Dans ses yeux brillait d'un sombre feu noir et glacé la flamme de la victoire. Un silence de plomb s'installa entre les deux, et les secondes s'écoulèrent comme des heures. Bulma n'osait plus ouvrir la bouche, craignant le pire, attendant une réponse qui apparemment existait mais nécessitait du temps pour être prononcée.
Lorsque celle-ci vint, le regard du saiyan se fit plus sombre encore, défiant l'univers infini et tous ses trous noirs. Son rictus maléfique découvrait ses canines proéminentes, son visage si proche que leurs nez se touchaient presque.
« Ta reconnaissance. »
