[Note de l'auteure] Bon, allez, je me lance, sinon je vais passer ma vie à retoucher ce chapitre.

Désolée pour l'attente, j'ai fait de mon mieux je vous assure ! N'hésitez pas à me faire part de vos appréciations, réclamations, déceptions ! Merci à tous/toutes pour votre soutien, et à bientôt j'espère pour la suite des aventures !

PS : les [...] ne correspondent pas à des passages sensurés, juste à des temps de pause dans le récit.


L'amour, la guerre

-Et... Hésita-t-elle. Qu'est ce qui... est dans ton intérêt... pour m'avoir sauvée ?

-Ta reconnaissance. » Répondit-il avec un rictus démoniaque.

Le cœur de Bulma qui venait de manquer les trois précédents battements décida brusquement de rattraper son retard en doublant la cadence. Venait-il bien de dire ce qu'elle pensait qu'il avait dit ?

Là, comme ça, maintenant, il la voulait, elle ?

Les émotions en elle se succédèrent avec une régularité de métronome. Stupeur, peur, hésitation, soulagement, vexation, désir, doute. Deux mots et elle se trouvait à sa merci, sa propre volonté entièrement submergée.

ooooo

Il nota immédiatement le changement d'odeur de sa victime. Elle le dévisageait comme si elle ne parvenait pas à croire ce qu'il venait de lui dire. Quelle idiote ! C'était sa faute après tout ! Avec ses insinuations, la façon dont elle le touchait, son odeur ! Elle perturbait son entraînement, ses pensées, son existence. Et elle l'avait fait exprès ! Pour le piéger ! Mais il ne s'était pas laissé prendre. Il avait pris sa décision et attendu son heure. Il voulait savoir, goûter, et n'avait plus l'intention d'attendre. Et maintenant qu'elle avait une dette envers lui, elle ne pouvait plus rien lui refuser. Ou du moins il n'en n'avait rien à foutre de ce qu'elle voulait. C'était aussi simple que ça.

Reconcentrant son attention sur la femelle en face de lui, son sourire disparut et il fronça les sourcils. Elle n'avait aucun des trois regards auxquels il s'était préparé : ni colère, ni peur, ni satisfaction. Elle le regardait, yeux grands ouverts et brillants de milliers d'interrogations. Un regard doux mais inquiet. Sa respiration s'était accélérée et son ki s'agitait de vagues étranges. Après un temps qui sembla une éternité, elle parla. Sa voix n'était plus qu'un doux murmure.

« Végéta... Qu'est-ce que je représente pour toi ? »

ooooo

Pourquoi une telle question maintenant ? Il n'avait pas envie de parlementer !

C'était maintenant à son tour de réfléchir.

Qu'est-ce que cette femelle représentait pour lui ? Un défi de chaque jour. La personne la plus insupportable de l'univers. Un peu d'amusement dans une vie monotone. Une humaine pathétique. Une femelle pas désagréable à regarder. Une sale petite prétentieuse. Une inventrice qui avait su capter son intérêt. Une peste qui croyait tout connaître de la vie. Une femme qui avait su éveiller en lui une curiosité que nulle autre n'avait jamais suscité... Elle était comme une méduse : si faible qu'elle aurait dû être insignifiante, mais capable de le paralyser. C'était gênant et intrigant à la fois.

Mais ça, bien entendu, jamais il ne le lui aurait dit.

À la place, il résuma toute sa pensée en un seul mot : « Une expérience. » Répondit-il avec complaisance. Ni un mensonge ni une réponse claire.

À la regarder, il n'avait pas donné la réponse qu'elle espérait. Elle ferma les yeux, respira profondément, puis les rouvrit. Ses iris d'océan brillaient à présent d'une lueur triste.

« Qu'est-ce que tu attends de moi ? Murmura-t-elle

-Que tu fermes ta jolie gueule, femelle. Et si tu y mets de la bonne volonté je ne te ferai pas mal. » Siffla-t-il dans son oreille. Sa queue de singe s'enroula autour de sa gorge pour faire bonne mesure. C'était ainsi que l'on traitait les créatures inférieures, non ?

Elle prit une grande inspiration avant de fermer les yeux, redressa la tête et répondit :

« Je ne suis pas une pute Végéta. »

ooooo

Bulma savait qu'elle jouait avec le feu, et qu'elle avait très peu de marge de manœuvre. Mais il fallait qu'elle essaie quand même.

Même après ce qu'il venait juste de dire, s'il maintenait son souffle chaud contre son oreille, elle savait qu'elle perdrait vite sa raison. Maintenant qu'elle savait qu'il la voulait, elle avait chaud, très chaud, et la proximité du guerrier la faisait frissonner, son odeur l'envoûtait. Elle avait si souvent rêvé de cet instant...

Oui, c'était un fait qu'elle ne pouvait plus se cacher à présent. Elle avait tant souhaité qu'il vienne vers elle...

Mais pas comme ça.

Hors de question !

Il faisait fausse route. Elle ne voulait pas s'offrir à un homme pour qui elle n'était qu'une « expérience » et qui demandait qu'elle « ferme sa gueule ».

Elle voulait apporter dans sa vie sombre un moment de paix. Si il la violait, cela ne lui apporterait que plus de violence. Et si elle se laissait faire, alors elle se perdrait elle-même, abandonnant derrière elle sa fierté et tout ce qu'elle était. Et elle échouerait à montrer à Végéta ce qu'elle souhaitait lui faire connaître.

Elle n'était pas ce comme quoi il la traitait. Et aucune femme, d'ailleurs, ne méritait d'être traitée ainsi...

Une paire de lèvres frôla son oreille et elle sentit son rire moqueur lorsqu'il répondit en chuchotant : « Toutes les femelles sont sensées savoir faire ça non ?

-Non.

-Non ?

-Non, pas comme ça... » Le ton de Bulma était presque devenu suppliant. Elle tenta de tourner la tête pour le regarder à nouveau dans les yeux.

Sentant qu'elle n'avait pas terminé sa phrase, il releva la sienne, l'air sévère. Ce n'était plus qu'une question de secondes avant qu'il ne s'énerve et ne mette un terme à cette conversation, signant leur échec. Bulma marchait sur le fil d'un rasoir... Mais quelque chose semblait malgré tout le retenir ou l'intéresser, alors qu'il lui jetait un regard inquisiteur. L'espoir était permis.

Le cœur au bord des lèvres, Bulma inspira à nouveau et plongea dans les profondeurs de ses yeux noirs : « J'ai bien plus à te donner. »

ooooo

Première seconde. Il la fixa.

Deuxième seconde. Il cilla.

Troisième seconde. Il haussa les sourcils.

« Ah ? » Il appuya ses coudes sur le mur de chaque côté d'elle, sans briser le contact visuel, son air assuré affiché sur son visage : elle avait son attention, mais il ne reculerait pas.

Elle se lança.

« Je sais ce que tu cherches, et ce n'est pas ce que tu demandes. Ce que tu demandes ne te satisfera pas, et tu ne peux pas prendre ce que tu cherches. Moi je peux te le donner.

-Si tu cherches à m'embrouiller, femelle, je te conseillerai quand même de ne pas abuser de ma patience, grogna le guerrier. Qu'est ce qui te fait croire que tu sais ce que je cherche ?

-Je suis une femme, Végéta. Commença-t-elle doucement. Consciemment ou pas, tous les hommes recherchent la même chose. Une chose qui ne peut pas être prise de force, on ne peut que l'offrir. Je peux te l'offrir, mais je ne m'offre pas à n'importe qui.

-Je ne suis pas n...

-Je sais. Tu n'es pas n'importe qui. Mais ce qu'il faut que tu te mettes dans la tête, c'est que moi non plus. Je me fiche de partager mon lit avec un prince ou un voleur. L'important, c'est que ce soit quelqu'un qui...

-Humaine, va servir tes conneries sentimentales à quelqu'un d'autre ! Je...

-JE NE SUIS PAS EN TRAIN DE TE PARLER D'AMOUR CRÉTIN ! » Elle avait commencé à monter le ton et marqua une pause alors qu'il se taisait en prenant un air intrigué, avant de continuer plus doucement : « Je ne t'en demande pas tant.

-Tu veux quoi alors ? Siffla-t-il

-Je veux quelqu'un qui ait envie de moi pour ce que je suis. ET JE NE SUIS PAS UNE PUTE ! »

Végéta recula la tête et grimaça au soudain changement de volume, mais ne lâcha pas sa prise. Elle respirait fortement en lui jetant un regard d'ouragan meurtrier. Une guerrière au combat.

L'assaut était lancé. Elle continua.

« Moi, si je te veux, je ne vois pas qu'un beau mec bardé de muscles qui passe torse-nu dans ma cuisine, je ne vois pas seulement le type qui m'a sauvé tout à l'heure. Je vois aussi un homme qui a perdu sa terre natale et son peuple, mais qui n'a jamais renoncé ni à ses ambitions ni à ses convictions, je vois un saiyan fier de son héritage qui aime se battre et se surpasser encore et encore, qui est passé par de multiples champs de bataille et scènes de tortures, et qui les assume fièrement, peu importe combien tu voudras m'en raconter. Je vois aussi un homme qui a vécu dans ma maison depuis un certain temps maintenant, un homme réservé agressif et pas très motivé pour donner un coup de main, mais qui mange à ma table, discute avec moi et m'a même protégée à l'occasion.

Moi je vois tout ça Végéta. Et peut-être que je me trompe. Ça ne veut pas dire que je prétends te connaître. Maintenant, à toi de juger si tu as envie d'une femme qui te voit comme ça. Mais moi, il y a une chose qui me rendrait malade, c'est que TOI tu me VOIES COMME UNE PUTE ! »

Végéta avait tenté plusieurs fois de l'interrompre mais n'y était pas parvenu. Il était comme paralysé, et ne fut libéré que sur le dernier mot, vrillant dans les aigus, hurlé avec la férocité du désespoir.

Sauf que maintenant il ne savait plus quoi dire.

Il ne voyait pas pourquoi parler. S'il bougeait, il n'était pas sûr de pouvoir maintenir son masque d'indifférence tant il était perplexe.

Sans qu'il le sache, le masque était déjà tombé, et il la fixait d'un regard distant. Ce fut elle qui reprit la parole, son ton toujours aussi combatif :

« Maintenant regarde-moi Végéta. Regarde-moi bien et dis-moi ! Je te laisse une chance et je te repose ma question. Qu'est-ce que je représente pour toi ? » Il la fixait mais ne répondait pas. Il la voyait mais ne comprenait pas. Comment s'était-il trouvé embarqué dans une conversation pareille déjà ? Comme il ne répondait pas, elle continua, inlassable :

« J'ai tellement plus à t'offrir, Végéta ! Bien plus qu'un objet avec lequel tu vas jouer dix minutes ! Merde enfin, je ne suis pas n'importe qui ! Je ne peux rien te donner si tu ne me vois pas ne serait-ce que comme une femme qui s'offre par désir et pas par intérêt. Je peux t'offrir ce que tu cherches, bien plus que ce que tu demandes, si seulement tu comprenais ça. Maintenant réponds-moi, EST CE QUE TU ME VOIS ? »

Il la voyait.

Il voyait une créature faible et sans défense, à sa merci, une larme de rage perlant au coin d'un œil, une créature qui avait dans son regard la combativité et la détermination d'une vraie guerrière. Les plus puissants de ses ennemis avaient imploré sa pitié. Pas elle. Pas cette femme qui lui faisait face, avec son maudit entêtement, avec sa fierté féroce, avec tout son être, toute sa personnalité, tout son corps qui s'exprimait et l'appelait à elle mais refusant d'avancer vers lui. Elle le regardait et ses yeux brillaient. L'océan dans son regard était déchaîné. Tout ça pour quoi ?

Pour un peu de considération, un peu de respect.

Elle les avait gagnés. Depuis longtemps. Mais ça, il ne le lui avouerait jamais.

Il se pencha à nouveau vers son oreille pour chuchoter d'une voix traînante « Tu crois vraiment que tu en vaux la peine Bulma ? »

ooooo

À la première seconde elle tressaillit.

À la deuxième seconde elle s'immobilisa.

À la troisième seconde elle frissonna.

C'était la première fois qu'il l'appelait par son nom, incluant la réponse dans la question.

ooooo

Bulma ferma les yeux alors que tout l'intérieur de son corps semblait s'évaporer en épaisses volutes de fumée, la laissant avec une curieuse et agréable impression de légèreté et de lourdeur à la fois. Une déclaration d'amour n'aurait pas pu avoir un effet plus puissant.

« Répète ça. » Murmura-t-elle.

« Tsss ! Je te demande si tu en vaux la peine, Bulma. »

Elle en valait la peine.

Donc, quoi qu'il en dise, il avait tenté de la voir telle qu'elle était. Il la voulait telle qu'il la voyait. Et il voyait une femme qui valait la peine qu'il se pose cette question.

Si elle s'abandonnait à lui ce soir, ce serait sans regret.

Rien qu'à cette idée un frisson la parcourut toute entière tandis qu'elle reculait la tête pour le regarder dans les yeux.

Juste une dernière chose avant de se laisser perdre la tête... Ce qu'à cet instant elle faillit faire lorsque Végéta, qui avait interprété son silence comme un consentement, replongea dans son cou et ricana doucement près de son oreille qu'il commença à mordiller en un geste étonnamment possessif.

« Juste... une dernière chose... » Haleta-t-elle en posant ses mains sur les bras de son geôlier. Il ne répondit pas mais s'arrêta. « Pour... Pour tout à l'heure... Quand tu es venu à mon secours... Je... Je trouverai demain quelque chose pour... te remercier... Demain...

-Qu'est-ce que ça veut dire ? Grommela-t-il

-Ça veut dire... Articula-t-elle en laissant lentement remonter ses mains jusque sur le torse nu du guerrier, paumes à plat. Ça veut dire pour ce soir on oublie. Ça veut dire emmène-moi dans ta chambre. »

ooooo

Première seconde. Il recula sa tête pour la regarder en fronçant les sourcils.

Deuxième seconde. Un sourire malicieux se dessina lentement sur son visage.

Troisième seconde. Bulma sentit ses pieds quitter le sol.

À la fin de la troisième seconde elle se trouvait jetée sur un matelas et Végéta fermait et verrouillait la porte de sa chambre, sans la quitter des yeux.

ooooo

Végéta ne savait pas pourquoi, mais le fait d'avoir gagné le consentement de la femme qu'il voulait lui apportait un sentiment de victoire insoupçonné.

Il s'approcha d'elle fièrement, et elle le fixa, à demi-assise sur le lit et appuyée sur ses coudes, puis elle recula au fur-et-à-mesure qu'il avançait sur le lit, jusqu'à ce qu'elle se trouve allongée sous lui. À cet instant, elle parvenait à peine à respirer sous la pression de son regard noir de nuit.

À quatre pattes sur son lit, Végéta observait la femme allongée sous lui, fier mais hésitant, tiraillé entre curiosité et incertitude.

Puis il leva une main.

Doucement, comme si elle allait se briser en miettes, il laissa glisser un doigt le long de sa joue, puis dans son cou, puis vers le décolleté de sa chemise de nuit. À cette instant elle inspira fortement en arquant son cou et son torse vers lui en une invitation silencieuse. Deux mains frêles se posèrent sur ses avant-bras et remontèrent lentement vers ses épaules, laissant derrière elles la peau en chair-de-poule.

Il frissonna et, pour masquer sa gêne, plongea son visage dans son cou parmi les mèches bleues de sa victime. Depuis le temps qu'il rêvait de faire ça... Elle avait une odeur incroyable qui l'attirait comme un aimant. Ou était-ce les deux petites mains qui pressaient dans son dos pour qu'il se rapproche d'elle ? Quoiqu'il en fut, il finit par céder et s'allonger entièrement sur elle.

Elle soupira et commença à caresser son dos et poser ses lèvres dans le creux de son cou. La sensation était incroyable, et Végéta ne s'interrogea pas longtemps avant de l'imiter, ce dont il fut récompensé par un frisson manifeste et une accélération de la cadence des baisers qu'il recevait dans son cou.

Pas désagréable concéda-t-il pour lui-même.

Perdu dans l'odeur grisante de son humaine, le saiyan ne sentit pas les mains frêles qui exploraient chaque centimètre de la peau de son dos, glisser peu à peu de ses omoplates vers le bas de son dos, et ne s'en rendit compte que lorsque celles-ci arrivèrent sur ses fesses. D'abord étonné, il sourit ensuite contre sa peau, puis se redressa à genoux au dessus d'elle et sans prévenir, saisit la chemise de nuit de Bulma par le décolleté et la déchira en deux comme une feuille de papier. La jeune fille laissa échapper un « Eh ! » de surprise mais ne protesta pas plus. Elle frissonna d'anticipation ou de froid et tendit les bras vers lui pour qu'il revienne contre elle. Mais les yeux du guerrier étaient attirés par autre chose. Lentement, il leva les mains et les posa sur ses seins nus, y faisant glisser un doigt après l'autre, comme on découvrirait un matériau inconnu.

La pièce résonnait de vibrations graves, mais ce n'était pas la seule chose qui faisait tourner la tête de Bulma. Ses mains tendues vers le vide se posèrent sur les avant-bras de l'homme à genoux au dessus d'elle alors qu'elle fermait les yeux et s'abandonnait lentement. Elle avait l'impression d'être dans un rêve, qu'elle allait se réveiller d'une minute à l'autre, et que Végéta serait à nouveau le même être impassible qu'il avait toujours été. Mais lorsqu'elle rouvrit les yeux, il était là, ses yeux sombres brillant d'une lueur plus noire encore qu'elle ne lui avait jamais vue, alors qu'il laissait aller avec curiosité ses mains à la découverte de son corps à elle.

Un explorateur en terre inconnue.

Il n'avait rien de doux ou de délicat... Mais Bulma savait qu'il avait la force de la briser comme une brindille s'il ne faisait pas attention, donc il faisait au moins un peu attention. Et puis... Quoi ? Elle n'attendait certainement pas de lui qu'il soit doux ! Pas lui ! Et certainement pas maintenant ! Pas quand elle brûlait au point de se consumer vivante sur-le-champ ! Elle avait trop attendu, trop rêvé cet instant ! Et maintenant elle avait peur qu'il lui échappe.

« Végéta... » murmura-t-elle d'une voix qui se brisa sur la dernière syllabe.

Les mains qui exploraient son corps s'arrêtèrent et leurs regards se trouvèrent. Deux regards interrogateurs et frustrés.

« Quoi ? Demanda-t-il sèchement à voix basse

-Hein ? Mais rien, continue ! Répliqua Bulma sur un ton de reproche qui sonnait comme une supplique. Tu ne vas quand même pas t'arrêter à... à chaque fois que je vais dire ton nom... parce que sinon... sinon je te préviens... je... je me tais.

-Ça serait pas mal pour une fois, approuva-t-il.

-Tu ne sais pas ce que tu dis. » Lui répondit-elle avec une lueur sombre dans le regard égalant le sien. Il ricana.

Elle s'assit. Il était toujours à genoux au dessus d'elle, d'où elle se retrouva les lèvres plaquées contre une paire de pectoraux certainement sortis droit des plus incroyables fantasmes d'une adolescente très imaginative. Ses mains exploraient le dos du guerrier pareillement dessiné avec une perfection artistique.

Elle n'avait pas profité deux secondes de cette sensation incroyable qu'il lui attrapait les poignets et la plaquait à nouveau contre le matelas, mais en tombant avec elle cette fois.

Végéta ne savait pas pourquoi, mais il avait juste envie de s'allonger sur elle et de l'écraser (ce qu'il évitait de faire tout de même). C'est le moment qu'elle choisit pour essayer de bouger ses jambes sous lui, et il s'immobilisa, sans comprendre pourquoi il avait soudain si chaud alors qu'elle enroulait ses jambes autour des siennes. Et inconsciemment, sa queue vint s'enrouler autour de la taille frêle de son humaine sous une vague de possessivité.

Et maintenant ? Songea-t-il en la dévisageant d'un air sévère qui masquait son hésitation.

Bulma, elle, cessa d'hésiter et finit par céder à la tentation qui lui tenaillait l'esprit. Elle savait qu'il ne comprendrait probablement pas son geste, mais il fallait qu'elle le fasse... Elle souleva sa tête, ferma les yeux, et posa ses lèvres contre les siennes.

Végéta hésita un instant, se demandant l'intérêt de ce geste étrange. Puis il se rappela l'avoir vue effectuer cette même sorte de bouche-à-bouche avec son ancien partenaire. Ce geste était probablement comme un signal d'accouplement... quoique, connaissant l'humaine, il y avait un risque de sous-entendu sentimental derrière...

Pendant qu'il réfléchissait, Bulma essayait de libérer ses poignets, toujours emprisonnés, sans arriver à se défaire de la sensation merveilleuse de ses lèvres contre les siennes. Il ne répondait pas, mais il ne la repoussait pas ! Elle glissa sa langue timidement, pour le goûter, et voir si elle pouvait pousser sa chance jusqu'à l'embrasser passionnément, mais il recula en la dévisageant :

« C'est dégouttant. » Murmura-t-il avant de glisser son nez contre son cou et de recommencer, avec plus d'assurance, à... non, il ne l'embrassait pas, il ne passait plus ses lèvres contre sa peau non plus, il la léchait !

Ce fut au tour de Bulma de trouver la gestuelle peu élégante, alors qu'il remontait lentement jusqu'à son oreille, qu'il se mit à lécher et mordiller méthodiquement, d'abord avec hésitation, puis de façon de plus en plus assurée. Ça c'était dégouttant ! Qu'est-ce qu'il faisait ? Ou plutôt, qu'est-ce que cela voulait dire ?

À cet instant, elle frissonna. Il n'y avait pas beaucoup de gestuelles à effectuer à deux dans un lit...

Une sorte de baiser, plus animal, probablement moins aimant, et beaucoup plus possessif. Un baiser qui ne demandait pas de réponse, pas de réciproque.

Végéta préférait largement sa gestuelle d'accouplement à celle de l'humaine, même si en réalité, il expérimentait les deux en même temps. Il explorait consciencieusement le lobe de son oreille, y laissant sa marque et savourant son odeur. Il apprenait vite, mais perdu dans son exploration, il finit par laisser échapper l'un des poignets de sa femelle. Celle-ci glissa sans plus attendre ses doigts contre sa nuque entre ses cheveux dressés, arqua sa poitrine contre lui, et tenta à son tour de glisser sa bouche contre son oreille à lui.

Immédiatement, Végéta lui saisit le poignet et le replaqua contre le matelas, en grognant sa réprobation. Elle semblait à bout de souffle, mais cela ne l'empêcha pas d'essayer de parler :

« Mais lâche-moi ! »

Il fronça les sourcils. La lâcher ? Certainement pas ! Au point où il en était, il avait tant baissé ses défenses qu'elle pourrait réussir à le tuer si elle avait dissimulé une arme quelque part ! Il ne savait pas autant de choses qu'il aurait voulu savoir sur l'accouplement, mais il savait qu'un guerrier devait toujours maintenir la femelle en contrôle, et lui entraver les mains. C'était une question de survie.

Et elle ne le comprenait manifestement pas, ce qui signifiait certainement que les choses ne fonctionnaient pas de la même manière sur Terre.

Et merde !

« Lâche-moi. » Répéta-t-elle. « S'il te plaît, laisse-moi...

-Non.

-Mais pourquoi ? Tu as peur ? »

Et merde.

Si elle le défiait, il la lâcherait.

Il ne fallait pas qu'il la lâche.

Il ne fallait pas qu'elle le défie.

Il ne fallait pas qu'il l'écoute.

Danger.

Il fallait qu'il s'en aille.

Ça ne marcherait jamais. Elle avait une odeur trop enivrante, une silhouette trop agréable à regarder, un regard trop bleu à s'y noyer, mais une culture trop différente et une horrible grande gueule.

Et merde ! Il fallait qu'il s'en aille, et maintenant. De toutes manières, il n'avait plus envie de savoir...

Tout son corps protesta lorsqu'il essaya de reculer. Les jambes de Bulma se resserrèrent autour des siennes lorsqu'elle sentit le mouvement, mais trop tard, il était debout, fier et sévère.

« Laisse tomber, dégage de ma chambre. »

ooooo

« Quoi ? » Glapit Bulma interloquée, au bout des trois secondes qui avaient été nécessaires à son cerveau pour donner un sens à ses paroles insensées.

« Tu m'as bien entendu, j'ai dit fiche le camp !

-Non je ne crois pas. »

À cette réponse, les yeux de Végéta se re-focussèrent sur ceux de Bulma, et il y lut avec surprise, un mélange de colère, de frustration, de peine, et de défi. Défi ? À demi allongée, redressée sur ses coudes, là, sur son lit, seins et jambes nus, dans la nuance de clairs-obscurs de la pénombre, elle était plus belle que jamais.

Un piège mortel.

« Femme, menaça-t-il, tu sors par la porte tout de suite, sinon c'est par la fenêtre.

-J'ai dit non. »

Il lui répondit par un regard agacé et, devant son silence, elle poursuivit. Elle devait poursuivre. Il le fallait. Elle devait trouver un moyen. Jamais un homme n'avait osé lui faire un affront pareil ! Elle refusait de faire demi-tour ! Et certainement pas maintenant !

« Tu ne crois quand même pas pouvoir t'enfuir comme ça espèce de lâche ? » Lança-t-elle en se levant.

« Quoi ?

-Qu'est-ce qui t'arrive ? Tu as peur ?

-Non, j'ai changé d'avis.

-Là c'est trop tard pour ça ! Depuis quand tu tournes le dos à un duel, prince des saiyans ?

-Un duel ? Tu es stupide !

-Oui un duel ! Mais dans une discipline que tu ne connais pas et que tu as PEUR d'apprendre ! Tu n'es qu'un LÂCHE ! Un misérable ! Tu entames un duel et tu t'enfuis au premier imprévu ! Qui aurait cru ça de toi ? Triste sire ! Tu ne me mérites pas ! » Cria-t-elle en lui repoussant le torse avec la paume bien à plat.

Ce fut tout ce qu'elle eut le temps de dire avant de se retrouver à nouveau allongée, les deux poignets emprisonnés au dessus de sa tête et un étau de fourrure enroulé autour de sa gorge. À 20 centimètres de son visage, les yeux de Végéta lançaient des éclairs :

« Tu veux vraiment mourir terrienne ?

-Pas avant de t'avoir vaincu. » Répondit-elle avec force, luttant pour garder l'esprit clair malgré la proximité de l'homme torse-nu.

« Vaincu ? Répéta-t-il avec un rictus malicieux.

-Oui, répondit Bulma. Mais cette fois-ci, c'est moi de nous deux qui ai le plus d'expérience. Tu n'es qu'un PAUVRE débutant, tu n'as AUCUNE chance contre moi. Je te DÉFIE, si tu en as le courage, de terminer ce qu'on a commencé. »

« Tu me défies ? Répéta-t-il perplexe et agacé à la fois, sentant monter en lui une excitation pareille à celle qui précède un combat.

-Oui, je te défie. » Répondit-elle, plongeant dans son regard et montrant les dents.

Et aussi simplement que cela, son sens de l'alerte venait de se faire écraser par sa passion du combat, aussi facilement qu'un souffle de vent emporte les feuilles mortes.

Il avança son visage jusqu'à placer sa bouche contre l'oreille de Bulma, mordillant le lobe au passage.

Elle frissonna en sentant son souffle chaud contre sa peau lorsqu'il parla :

« Vas-y, donne tes règles, humaine. Comment on gagne ? »

Là elle se mit vraiment à trembler. Cette fois plus de marche arrière. Elle le voulait. Elle le voulait maintenant.

« Le premier qui s'effondre a perdu. Susurra-t-elle après un temps de réflexion.

-S'effondrer ? Interrogea-t-il amusé.

-Oui, mais pas de douleur. Disons que si l'un de nous fait du mal à l'autre, il perd aussi. »

Il releva la tête pour la dévisager d'un air sérieux : « Tu as peur que je te blesse ?

-... Je sais que tu en es capable. » Répondit-elle en détournant le regard.

Il la regarda. C'était vrai, en temps normal il serait capable de la briser en mille morceaux en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire. Mais... À cet instant il réalisa deux choses : elle ne savait pas combien il baissait ses défenses pour sentir sa peau contre la sienne, ce qui voulait dire qu'elle n'avait aucune raison de tenter de l'assassiner. Et surtout... lui, n'avait pas envie de lui faire mal à elle...

Il resta un instant perplexe avant de reprendre le fil de sa pensée. D'accord, il n'avait pas envie de lui faire du mal, par contre il était curieux avec la façon dont elle lui avait expliqué les règles de l'accouplement à la façon terrienne. Maintenant, les règles étaient claires entre eux. Et il la battrait à son propre jeu. Il apprenait vite. Il ricana.

Bulma laissa échapper un petit cri de surprise lorsque Végéta plongea soudain son visage dans son cou, l'explorant avec sa langue, ses lèvres et ses dents. Puis sa bouche commença à descendre dans sa poitrine et le long de ses seins. Tout son corps répondit instantanément, se collant contre lui et enroulant ses jambes autour de sa taille, lui envoyant ainsi sans le savoir les indications dont il avait besoin. Le grondement sourd qui avait cessé reprit.

Occupé dans son assaut, Végéta sentit sa femelle essayer à nouveau de se dégager les mains. Il grogna, hésita, puis en libéra une. Il profita d'avoir une main libre pour la placer sur le sein qu'il n'explorait pas avec sa bouche. La main de Bulma revint se placer dans ses cheveux et griffer doucement son dos alors qu'elle soupirait. Apparemment elle appréciait... Et tout aussi étrangement, il appréciait qu'elle apprécie... ça n'avait pas de sens, mais il se fichait bien que ça en ait pour le moment.

Rien de tout ça n'avait de sens.

Sa queue s'enroula à nouveau autour de la taille de Bulma qui roulait doucement les hanches contre lui, ce qui d'ailleurs était encore plus plaisant mais en même temps, créait en lui un état de tension pas si agréable que ça.

Aucun des deux ne se rappela quand il lui avait libéré la deuxième main.

Puis elle commença à montrer des signes d'impatience, et ses orteils remontèrent le long de ses jambes à lui jusqu'à ses hanches. Il ne comprit l'utilité de la gestuelle que lorsqu'elle descendit ses deux mains à sa taille, souleva le bord de son short qui commença à glisser vers le bas accroché à ses pieds. Il se figea à nouveau, pas très sûr de vouloir autoriser cela, mais à cet instant, le sein qu'il venait d'arrêter de maltraiter se retrouva plaqué contre son visage. Il releva la tête, surpris. Bulma lui souriait, en lui offrant un regard d'une intensité océanique. Puis elle se pencha et tenta à nouveau de l'embrasser, et dans le même mouvement finit de lui retirer son short avec les pieds.

Végéta détourna la tête, évitant le baiser, puis sourit à son tour d'un air de défi. Il laissa glisser ses deux mains à lui le long de la taille de la terrienne jusqu'au dernier sous-vêtement qu'elle portait encore. Pendant ce temps, Bulma profita d'avoir ses mains libres pour aller explorer le bas de son dos et réaliser que lui, ne portait plus rien.

Elle déglutit bruyamment. Elle était perdue soudain...

Le bruit du tissu qui se déchire.

Les deux mains du saiyan sur ses hanches mises à nu.

Elle retint son souffle alors qu'il se redressait pour jeter plus loin la culotte en loque et que ses yeux noirs se posaient sur son corps d'humaine.

Si elle ne voyait presque rien dans l'obscurité grandissante, la silhouette face à elle la fit tout de même retenir son souffle. Le guerrier dans toute sa splendeur, voilé du mystère de la nuit. Avec fascination, elle fit glisser ses doigts sur le torse de l'homme qui la dévorait des yeux.

Le regard de Végéta ne trahissait rien alors qu'il posa avec hésitation une main sur l'un de ses seins et la laissa glisser avec fascination le long de son ventre, vers le bas. Elle était encore plus belle lorsqu'elle était nue, et son parfum sauvage empli de phéromones enivrantes étaient maintenant libéré dans toute son ampleur. Il la sentait frémir sous son geste, sa respiration s'accélérait encore alors qu'elle passait ses doigts de plus en plus lentement sur son torse, sortant les ongles.

Elle avait eu raison, ce genre de duel était assez proche d'un combat : il initiait un mouvement et elle suivait chacun de ses gestes avec appréhension, puis subissait l'attaque en tentant de masquer les gémissements dans son souffle... mais pas par douleur... Il ne resta pas à s'aventurer plus longtemps, mû par un besoin oppressant de se plaquer contre elle.

Ce qu'il fit.

ooooo

Il retourna à lui mordiller l'oreille, ne sachant que faire d'autre.

Et maintenant ? Le combat ? L'adrénaline ? C'était donc tout ?

Ses pensées tourbillonnaient à nouveau si vite qu'il mit un moment à détecter que la minuscule main posée sur sa hanche se déplaçait doucement, tandis que l'autre lui caressait les omoplates. D'abord sur le bas de son dos, puis le long de son flan pour passer de l'autre côté explorer chaque contour de ses abdominaux. Lentement, la main descendait.

Végéta grogna plaqua ses dents contre le cou de sa femelle, en une menace silencieuse, tandis que les doigts descendaient encore plus bas, glissant timidement d'abord, repassant ensuite avec plus d'insistance, et jusqu'à s'enrouler autour de son membre. Le grondement sourd qui emplissait la pièce s'arrêta net : il retenait sa respiration. Elle, se serrait très fort contre lui de son autre main, et lui embrassait doucement l'épaule, concentrée, alors que ses doigts progressaient millimètre par millimètre sur un chemin inconnu. Long et très dur.

Elle bougea sous lui, il suivit le mouvement, jusqu'à se retrouver contre un obstacle chaud et humide contre elle qui semblait ne pas vraiment être un obstacle...

Là, elle le lâcha et posa ses deux mains sur ses épaules à lui. Il put à nouveau respirer, mais leva la tête en lui adressant un regard à la fois perplexe et frustré. En réponse, elle le fixa droit dans les yeux d'un regard perçant. Elle haletait comme si elle luttait pour ne pas se noyer. Son regard d'océan traduisait à la fois appréhension et impatience, c'était comme un ouragan déchaîné qu'il lui semblait voir dans ses yeux et sa lèvre inférieure tremblait, l'élément aquatique dans sa forme la plus sauvage.

Première seconde. Les jambes enroulées de l'humaine se pressèrent contre les siennes elles. Une demande silencieuse, une invitation sourde, une indication muette.

Deuxième seconde. Il cilla.

Troisième seconde. Il fronça les sourcils. Elle cilla.

Puis il plongea.

La dernière pensée rationnelle qu'il eut fut de cacher son visage dans le cou de sa femelle-océan dont il ne pouvait plus soutenir le regard, puis il se laissa noyer sous la vague de chaos qui le submergeait. Tout son corps, mû par un instinct qu'il ne connaissait pas, entama avec hésitation cette danse de la vie vieille comme la nuit des temps.

Et Bulma serrée contre son saiyan, cacha elle aussi son visage contre sa nuque pour étouffer ses gémissements, alors qu'elle s'enroulait bras et jambes autour de lui, accueillant le prince en sa demeure...

… Du moins, pour cette nuit...

ooooo

ooooo

ooooo

Première seconde, un souffle entrecoupé.

Deuxième seconde, un corps qui s'effondre.

Troisième seconde, Bulma ouvrit les yeux, surprise : Quoi déjà ?

Il lui fallut bien plusieurs minutes pour réaliser que ce moment qu'elle elle avait tant attendu, cette vague de folie qui l'avait submergée, cette ivresse, ... tout ça avait été terminé encore plus vite que ça avait commencé.

Il fallut moins de temps que cela à Végéta pour rouler paresseusement sur le côté et s'allonger sur le dos à côté d'elle, sans plus aucun contact physique que sa queue restée enroulée autour de sa taille à elle.

Le premier sentiment qui s'imposa alors à elle fut la déception. Quoi, tant d'attentes pour ça ? Rien que ça ? Déjà fini ? Comment était-il possible qu'un homme sur qui elle avait tant fantasmé ait pu autant décevoir ses attentes ? D'ailleurs... comment ça elle avait fantasmé sur lui ? Non, c'était faux... Enfin si, mais... Mais elle s'était trompée. Elle aurait eu mieux fait de se fier à son esprit critique. Elle aurait dû se douter depuis le début qu'un maniaque du combat du genre de Végéta ne serait pas à la hauteur sur ce genre de choses... Apparemment, plus un guerrier était fort, plus il était nul au lit... Déjà Yamcha... Mais là !

Le second sentiment fut la colère. Qui était ce pauvre minable qui avait eu la prétention de vouloir coucher avec une fille comme elle ? Était-ce vraiment tout ce qu'il pouvait faire comme effort ce feignant ? Si elle avait su, elle n'aurait pas été si impatiente sur les préliminaires, parce que là... Non mais pour qui se prenait-il, ce type allongé à côté d'elle, qui n'allait pas tarder à se mettre à ronfler. S'imaginait-il pouvoir s'en tirer comme ça ? Combien d'autres femmes avait-il ainsi floué en...

Le troisième sentiment fut plus difficile à décrire. Une sorte de frémissement partout à l'intérieur de son corps, qui se répandait comme une onde de chaleur à partir de la poitrine. Comment avait-elle pu omettre ce détail alors que maintenant elle en était certaine ?

Elle était la première femme qu'il ait jamais tenu dans ses bras...

Ça changeait tout...

oooo

Allongé sur le dos, Végéta ne dormait pas. Il remettait tranquillement ses pensées en marche, reconnaissant à lui-même que l'accouplement n'était en effet pas une activité désagréable.

Bon, d'accord, c'était même tout sauf désagréable.

Par contre, il ne comprenait toujours pas l'intérêt d'en faire une montagne d'arguments, d'être prêt à ne pas manger pour pouvoir échanger ses tickets bleus contre des rouges. Et aussi, il se moquait intérieurement de toutes ces bandes de minables qui revenaient du quartier des prostituées en titubant et avec un sourire béat sur le visage... L'ennui avec les troisièmes classes, c'était qu'ils exagéraient toujours tout...

Bon. Maintenant qu'il avait eu des réponses à ses questions, il aurait l'esprit en paix, et il allait pouvoir dormir. La tension dans son corps, et surtout dans son bas-ventre, commençait lentement à se dissiper. Bientôt il serait à nouveau froid et calme, en parfait état pour s'entraîner demain matin.

Sauf qu'il n'avait pas franchement envie de partager son lit avec la femelle qui était toujours là.

Maintenant qu'elle avait rempli son rôle, il aurait préféré qu'elle s'en aille et le laisse en paix...

Bah ! Ce n'était pas comme si elle risquait de lui causer le moindre problème. Et puis, si elle essayait ne serait-ce qu'une seule fois de se mettre à parler, il la raccompagnerait à la porte.

À cet instant, une sensation de chaleur apparut sur son torse et le força à ouvrir les yeux. Il y découvrit une petite main pâle et frêle, dont les doigts glissaient avec légèreté sur ses pectoraux. Dans le prolongement de la main, un bras nu, et au bout du bras nu, un joli visage entouré de cheveux bleus en bataille, avec deux grands yeux bleus qui le dévisageaient avec malice dans la pénombre.

« Ça va ? Murmura la belle de sa voix chantante. Tu n'es pas trop fatigué j'espère ?

-Nnnn ? Interrogea-t-il en fronçant les sourcils. Bien sûr que non humaine, pour qui tu me prends ?

-Ah ouf ! Sourit-elle. Tu m'as fait peur ! J'ai cru que tu allais t'endormir.

-Et alors ?

-Alors ? Susurra-t-elle en se penchant au dessus de lui. Alors tu ne vas tout de même pas t'avouer vaincu dès l'échauffement, non ? »

Il fronça les sourcils sans répondre, ayant l'impression de se faire prendre dans un piège, tandis qu'elle glissait l'une de ses jambes contre les siennes. À nouveau la tension revenait.

« Rassure-moi, continua-t-elle d'une voix suave, dis-moi que tu as plus que ça dans le ventre, sinon je serai affreusement déçue d'avoir trop attendu de ce combat.

-Quoi ? Comment oses-tu... »

Il fut stoppé par les lèvres de Bulma plaquées contre les siennes. Il détourna la tête, agacé.

-Chuuuut, chut chut... Le calma-t-elle en laissant jouer ses doigts sur sa joue et dans son cou, et hissant son bassin au dessus de lui. Ne t'en fais pas. La nuit vient à peine de commencer mon prince. »

Et son regard d'océan sauvage se mua en brume tandis qu'elle s'enfonçait lentement sur lui, tout ce qu'il eut le temps de faire fut de retenir sa respiration et la saisir par les hanches.

Elle avait dit vrai. Elle offrait bien plus qu'il n'avait demandé : elle offrait ce qu'il avait voulu sans le savoir.

ooooo

Deux souffles essoufflés, emplissant l'obscurité de mille couleurs.

Le son velouté d'un oreiller qui tombe.

Le crissement des montants d'un lit en bois mis à l'épreuve d'un rythme endiablé.

Puis un gémissement, un seul.

Le visage enfoui entre les seins de sa femelle, Végéta n'eut même pas le temps de réaliser qu'il avait gagné cette bataille-ci, avant de subir la dernière attaque. Tout en elle se mit à se contracter et décontracter violemment autour de lui, il chavira dans le vide avec elle avant d'avoir pu comprendre ce qui se passait.

Complètement à bout de souffle, Bulma se laissa trois secondes de répit avant de se laisser tomber, couverte de sueur, sur le torse de son guerrier. « Ça, c'était mieux. » Fit-t-elle dans un souffle en roulant doucement sur le côté, juste avant de sombrer dans les abysses d'un sommeil voluptueux, lovée contre son saiyan.

Celui-ci ferma les yeux quelques secondes avec l'idée de la repousser ensuite...

ooooo

Quelques heures plus tard, Végéta fut réveillé par la sensation désagréable d'un objet inerte qui entravait son sommeil.

Bulma toujours endormie, avait trouvé le moyen de poser sa tête sur son torse, lovée contre lui, la respiration paisible, ses mèches bleues en bataille sur son visage calme.

Il resta quelques instants perplexe, à la regarder dormir contre lui, songeant à la conversation qu'ils avaient eue juste avant. Il pouvait assez bien imaginer les différences qu'il y aurait eu à cette situation si elle n'avait pas accepté de donner ce qu'elle venait de lui donner. Elle aurait sans doute essayé de le repousser ou même de lui faire mal même sans savoir qu'il baissait ses défenses. Il n'y aurait pas eu de deuxième fois. Elle ne serait pas restée avec lui. Elle n'aurait pas eu cet air si paisible en cet instant.

Tout à ses pensées, il laissa son rictus malicieux se dessiner sur ses lèvres en concluant deux choses : elle était toujours là, et il préférait largement quand elle était combative que paisible.

Sans hésitation, il roula alors sur elle et commença à parcourir son joli corps avec ses lèvres et ses dents pour la réveiller.

Mais la réaction qu'il obtint en retour fut d'un tout autre niveau : elle se mit à gémir à chacun de ses gestes, enroulant mollement ses bras autour de son cou et lui caressant les cheveux et le dos pour l'inciter à continuer.

Ce fut l'une des plus belles symphonies que Végéta ait jamais entendues.

Lorsque Bulma reprit tant bien que mal ses esprits, tirée des brumes du sommeil par une sensation trop agréable, elle ne remarqua pas qu'elle avait cessé d'entraver ses gémissements comme elle l'avait fait jusque-là par fierté. Elle ne remarqua que la sensation incroyable de l'homme qui la tenait dans ses bras, et qui la caressait là où elle le voulait. Les seins, le cou, les hanches, les cuisses. Juste avant d'entrer en elle, lentement, et commençant un lent mouvement de va-et-vient, testant différentes vitesses et différentes profondeurs, choisissant la meilleure option en se fiant aux gémissements qu'elle poussait malgré elle.

Très vite, elle se mit à crier et haleter, voyant à la fois tout en rouge rouge et en multicolore, couleur peau, goût de métal, couleur métal, goût de peau, alternativement les dents plaquées contre son épaule et la tête renversée en arrière.

Il ne s'arrêtait pas, poursuivant impitoyablement ses assauts, respirant rythmiquement contre son cou.

Les ongles de Bulma s'enfonçaient dans le dos du saiyan, ajoutant huit sillons rouge passion parmi les centaines de lignes blanches de la violence.

ooooo

ooooo

ooooo

L'aube les trouva couverts de sueur, endormis d'un profond sommeil sur un lit qui ne contenait plus ni draps ni oreillers.

ooooo

Végéta se réveilla le premier, ouvrant brutalement les yeux comme on se réveille d'un mauvais rêve. Il s'assit et un objet inerte glissa de son torse jusque sur ses genoux. Le bras de Bulma.

Il cilla en la regardant à nouveau dormir.

Combien de fois l'avaient-ils fait dans la nuit ? Il avait perdu le compte. C'était comme s'il avait cherché à rattraper en une nuit toutes ces années perdues à ignorer les femmes.

Et maintenant ?

Maintenant il allait avoir l'esprit en paix, et elle allait cesser de le hanter, non ? Une bonne douche pour se remettre l'esprit en ordre, et il n'y paraîtrait plus !

...La réveillait-il une dernière fois avant ?

Levant la main pour caresser les seins de sa jolie sauvage terrienne, il s'interrompit. Non. Il était temps d'être raisonnable. La nuit était terminée. S'il la reveillait, ils allaient se rendormir après, et recommencer à leur réveil.

Douche donc.

Il était tellement couvert de sueur séchée qu'il avait l'impression de sortir d'un combat intensif. Tout cela n'avait pas de sens. Absolument aucun sens. Mais c'était bon.

L'eau chaude commença doucement à le réveiller, mais ne lui suffit pas à archiver les souvenirs de la nuit qui venait de se passer. Encore moins quand il pouvait sentir le ki de l'humaine commencer à se déplacer dans la chambre à côté.

Avec un peu de chance, elle allait s'en aller sans essayer de l'importuner à nouveau, et cette histoire serait classée. Pourquoi passait-il son temps à se répéter cela ? C'était censé être naturel qu'il se désintéresse d'elle, non ?

Il entendit la porte de la salle de bains s'ouvrir. Et merde.

« Mmmh, de l'eau chaude. » Ronronna la voix de l'humaine dans son dos.

Il prit parti de l'ignorer, mais un courant d'air lui indiqua que la porte de la douche venait d'être ouverte, et le mouvement du bac de douche lui signala qu'une autre personne venait d'entrer. Il fit volte-face :

« Eh ! Qu'est-ce que tu fous là ? C'est ma douche, humaine ! Dégage de là immédiatement ! »

Elle lui répondit par un petit rire malicieux en collant son corps nu contre le sien et le dévisageant d'un air à la fois endormi et enjoué. Puis, en passant une main dans ses cheveux mouillés qui retombaient sur ses épaules, l'autre sur ses fesses, elle murmura : « Mais le soleil n'est pas encore tout à fait levé mon prince. J'ai encore envie de toi. Une dernière fois. »

Il ne comprit pas où il avait dérapé dans ses pensées, mais il l'avait déjà plaquée contre le mur froid de la douche et commencé à lui mordiller l'oreille et la laissant lui caresser le dos. Elle enroula ses jambes autour de sa taille et il enroula sa queue autour de la sienne, la soulevant sans effort avec un seul bras.

Les parois transparentes de la douche se couvrirent de buée, mais le bruit de l'eau qui coulait ne parvenait pas entièrement à masquer les gémissements qui s'en échappèrent bientôt.

ooooo

Le soleil enfin levé filtra à travers la fenêtre de la salle de bains, l'eau brûlante qui dégoulinait sur les têtes et épaules des deux amants leur laissa le temps de reprendre leur souffle et leur contenance.

Puis Végéta, appuyé des deux mains sur le mur face à Bulma, se redressa, prit une inspiration, et coupa l'eau.

« Fin de la nuit, humaine, je vais m'entraîner.

-Je sais. Mais puisque tu sais comment je m'appelle, appelle-moi par mon nom. » Répliqua celle-ci sans ouvrir les yeux, le laissant quitter la douche et se sécher.

Lorsqu'elle sortit à son tour, il était en train de nouer ses baskets, déjà en tenue de sport et prêt à partir. Puis il se leva et alla ouvrir en grand sa fenêtre avant de se tourner vers elle, enroulée dans la serviette de bain : « Tâche de ne pas rester trop longtemps dans ma chambre. Si tu veux te rendormir retourne dans la tienne.

-Je sais comment faire, merci. »

Il hocha la tête et se dirigea vers la porte de sa chambre, s'arrêtant pour la déverrouiller.

« Et Végéta ? » Intervint-elle à nouveau. Il ne répondit pas, et elle prit cela comme une invitation à continuer. « Juste une dernière chose. Je ne sais pas quelle est ta position sur le sujet et je ne te la demande pas. Mais en ce qui me concerne, sache que... (elle détourna le regard) qu'il est possible que je sois partante pour recommencer ça une autre fois un de ces jours... Si tu t'y prends correctement avec moi, bien entendu. »

Il s'immobilisa un instant, puis lui jeta son rictus moqueur avant de disparaître par la porte, la laissant ouverte.

Bulma soupira.

Elle avait dû clairement mettre sa fierté en sourdine pour oser prononcer cette dernière phrase, mais c'était peut-être son seul espoir que cette nuit ne soit pas la seule en son genre.

Ce serait dommage...

ooooo

ooooo

ooooo

Plusieurs heures plus tard...

Enfermé dans sa chambre de gravité, Végéta évacuait. Ou du moins, il tentait d'évacuer. Évacuer ce surplus d'énergie, surplus d'adrénaline. Là, depuis des heures, lancé dans un combat sans pitié contre une gravité impossible et jamais atteinte de 530G, il tenait debout, se déplaçait, frappait dans le vide, tout en esquivant les tirs des droïdes d'entraînement.

Il avait pourtant très peu dormi la nuit précédente...

Mais il avait tant d'énergie à évacuer !

C'était à peine s'il parvenait à focaliser son attention.

À chaque fois que ses pensées dérivaient vers la nuit précédente, il avait comme des démangeaisons au bout des doigts et des jambes, et il lui venait soudain la force de lutter contre dix fois plus de droïdes à une gravité deux fois plus élevée.

Mais pourquoi y pensait-il encore ? Quoi ? Il avait passé un bon moment, et voilà ! Fin de la discussion !

Tout cela n'avait pas le moindre sens.

Plus d'énergie, il en avait. Il en avait tant qu'il ne savait pas vers où la diriger. Mais plus concentré, il ne l'était pas.

Dès qu'il fermait les yeux, il lui semblait sentir la peau de son humaine, juste là sous ses doigts. Dès qu'il s'arrêtait une seconde, il lui semblait entendre ses soupirs de plaisir au delà du bourdonnement de sa salle de gravité.

Alors il se remettait à frapper aveuglément, aussi vite qu'il le pouvait, focalisant le chaos de ses pensées et les frémissement de ses entrailles derrière la rigidité de la discipline martiale qu'il maîtrisait à la perfection.

Il avait bien l'intention de ne sortir de cette pièce que lorsqu'il aurait complètement épuisé ce nouveau stock d'énergie et regagné son focus.

ooooo

Bulma se réveilla en début d'après midi, dans sa chambre, dans son lit, et le corps tout endolori. Immédiatement, ce fut comme si tous ses organes s'étaient remplis de vapeur agréablement brûlante, lorsqu'elle se remémora les événements de la nuit. Une nuit très mal commencée, et si merveilleusement terminée...

Prenant un peu le temps d'y songer, elle parvenait toujours à la même conclusion : elle avait passé une excellente nuit, aucun regret, et elle espérait qu'il y en aurait d'autres. Non, bien sûr, elle n'était pas amoureuse (non, certainement pas !), et à bien y réfléchir, ce serait sans doute difficile de plier Végéta à sa volonté pour faire de lui un petit-ami idéal. Y avait-elle jamais cru d'ailleurs ? Mais au final, ce n'était pas ce qu'elle attendait de lui... Elle s'en moquait bien des aspects relationnels complexes qu'il faudrait nouer. Elle avait bien compris à quel point c'était compliqué quand elle avait eu Yamcha...

Par contre, elle ne s'opposait pas vraiment à l'idée d'avoir Végéta comme amant... sans attaches, sans obligations mutuelles, rien que les aspects positifs... Peut-être que c'était envisageable ? Mmmmhm, l'idée était plaisante en tous cas...

Elle ferma à nouveau les yeux, songeuse... Dans ses pensées, deux yeux noirs comme la nuit qui la fixaient avec ardeur, la sensation d'une paire de mains sur ses hanches et d'un lien en fourrure autour de sa taille, un souffle dans son oreille...

ooooo

550G

Une gravité jamais atteinte, impensable, insoutenable.

Et pourtant Végéta était debout quand la moitié des droïdes de combat étaient répandus en miettes sur le sol. Le sol qui devenait le plafond, qui devenait un mur, puis à nouveau le sol...

Le guerrier n'avait aucune intention de s'arrêter ni de ralentir le rythme, alors qu'il atterrissait à chaque fois sur celui des murs qui était devenu le nouveau sol, rebondissait souplement et esquivait les tirs des droïdes qui semblaient avoir bien du mal à fonctionner normalement sous une telle pression. Ils avaient même manqué d'intercepter un ou deux tirs énergétiques de la part de Végéta, qui par chance avaient été amortis par les murs auto-reconstruisants.

Il lui semblait avoir vu plusieurs fois s'allumer la petite lumière au dessus de la porte d'entrée, celle qui lui indiquait qu'il était l'heure du repas.

Mais il n'en avait pas tenu compte.

Il avait encore trop d'énergie en stock pour s'arrêter maintenant. Sans doute n'était-il pas là depuis longtemps. Ça n'avait pas d'importance de toutes manières. Il avait trop d'énergie à mettre à profit, hors de question de s'arrêter avant d'être complètement épuisé !

Un gémissement dans la nuit, deux petites mains frêles qui dérapent sur son torse...

Bang ! Une inversion de gravité. Le saiyan atterrit sans encombre sur le nouveau sol, en renvoyant d'un revers de la main la boule d'énergie envoyée par les droïdes. Elle alla frapper un autre robot qui se volatilisa : un hologramme. Végéta grinça des dents et recula d'un pas, se préparant pour l'attaque suivante.

Des bras et des jambes enroulés tout autour de son cou et de ses jambes, Bulma qui gémit sous ses mouvements...

Bang ! Nouvelle inversion, nouvel échange contre les droïdes. Quelques coups de poing dans le vide pour s'occuper. N'importe quoi pour empêcher ces pensées parasites de revenir. La gravité n'était pas assez élevée, il tenait encore. Il annonça l'augmentation à 540G, en aléatoire sur tous les murs. Puis il ferma les yeux en essuyant du revers de son bras les gouttes de sueur qui perlaient sur son front...

Comme la nuit de la veille...

ooooo

Il était trois heures du matin quand Bulma se résigna à manger seule et à aller dormir. Elle avait compté faire un effort pour manger avec lui ce soir-là, tenter de discuter avec Végéta pour voir où ils en étaient, à quoi elle devait s'en tenir avec lui maintenant que... Mais sans doute que pour lui ça ne changeait rien, non ?

Elle avait passé la journée à vérifier régulièrement les statistiques de la salle de gravité, qui atteignaient des records. Depuis le début de la journée, il avait monté la gravité de 10 G à peu près toutes les 4 heures. C'était du jamais vu, mais elle se forçait à ne pas s'inquiéter, tant que l'arrêt d'urgence ne s'enclenchait pas.

Mais au cas où... elle s'était fabriqué une petite interface portative qui lui affichait en temps réel les statistiques de la chambre de gravité, et qui sonnerait en cas de déclenchement de l'arrêt d'urgence. Elle ne voulait pas risquer qu'il lui arrive malheur une nouvelle fois... Elle le préférait vivant et plein d'énergie comme il l'avait été la veille... Parfait...

Ce fut avec ce genre de pensées douces qu'elle parvint à s'endormir. Aucune sonnerie ne vint troubler son sommeil...

ooooo

Relève-toi.

Les 560G avaient eu raison de ses forces, il était plaqué au sol.

Mais toujours pas épuisé, et trop hargneux pour s'avouer vaincu par la machine.

Relève-toi !

Bang ! Il se réceptionna sur les mains lorsque la gravité s'inversa, puis immédiatement, roula sur le côté pour éviter le tir d'un des trois derniers droïdes de combat encore intacts.

Puis il se releva.

ooooo

La journée suivante fut encore plus longue pour Bulma. Les statistiques étaient sans appel : Végéta n'était pas sorti de la chambre de gravité depuis la veille, à 10 heures du matin. Il était 10 heures du soir, le lendemain, soit 36 heures non-stop sans manger ni dormir.

Ces deux jours, elle les avait passés à réparer les dégâts causés par l'intrusion des quatre voleurs. Dans le jardin intérieur, elle avait eu l'agréable surprise de voir son tyrannosaure accourir vers elle avec une branche dans la gueule, et elle avait été tellement soulagée de voir qu'il allait bien qu'elle avait bien passé une heure à jouer avec lui, en plus de nourrir les animaux. Par contre, elle avait ensuite découvert la -très nettement moins agréable- surprise de son laboratoire saccagé. Des feuilles de calcul répandues partout sur le sol, son ordinateur qu'elle avait dû réparer, son agenda et quelques cahiers de notes réduits en cendres dans la zone où avait explosé la boule d'énergie de Végéta, la moitié des étagères de son entrepôt renversées et leur contenu plus ou moins détruit... Ces deux journées entières n'avaient pas suffi à tout réparer. Mais elle avait eu la patience et l'énergie d'oser s'y mettre, ce qui était très surprenant venant d'elle.

Après tout, elle avait les pensées ailleurs. En partie vers une nuit déjà si loin mais dont les souvenirs étaient encore si vifs dans sa mémoire, et en partie vers son dispositif qui affichait les données de la chambre de gravité, toujours en fonctionnement.

Ce soir-là, à dix heures du soir, elle se décida à intervenir.

Non, elle n'était pas inquiète parce que non, elle n'était pas à ce point attachée à Végéta (non !), mais par contre elle était une femme pragmatique et rationnelle. Et donc, elle n'avait absolument aucun intérêt à ce que Végéta fasse à nouveau trois jours de coma ou plus. Voilà, c'était ça.

Bien décidée à mettre un terme à cette nouvelle crise d'acharnement de son hôte, et préparée à une dispute évidente, elle mit dans une capsule le contenu des trois repas que Végéta avait manqués. Techniquement, elle allait juste lui apporter à manger, et lui conseiller d'aller dormir. Rien d'inacceptable. C'était déjà très généreux de sa part, songea-t-elle en s'arrêtant face à la porte de la chambre de gravité. Nerveuse.

Elle leva la main, puis frappa à la porte.

Rien.

Elle frappa à nouveau, plus fort, en criant « Végéta ! Je t'apporte à manger ! ». La phrase qui, selon elle, était la plus susceptible d'avoir un effet positif sur le saiyan. Elle savait d'expérience qu'il l'entendait. Ce n'était pas la première fois qu'elle venait tambouriner à cette porte, même si d'habitude, c'était plutôt elle qui était en colère à ces moments-là, exigeant des explications sur la façon dont tel ou tel droïde avait été détruit, ou lorsqu'un objet bruyant (radios et télés) était retrouvé mystérieusement réduit en cendres dans sa maison...

Pas de réponse.

Elle frappa à nouveau, répéta son message de paix, rien n'y fit.

D'ordinaire, elle s'en allait à ce moment-là, jurant de lui crier dessus encore plus fort lorsqu'il sortirait pour manger.

Sauf que là c'était différent. Là il fallait qu'il mange. Elle ne pouvait pas se permettre d'attendre. Elle ne voulait pas attendre.

Prenant une grande inspiration pour calmer son stress, elle se prépara à faire une chose qu'elle n'avait jamais faite : elle appuya sur un petit bouton d'interphone dans le mur, et y énonça clairement : « Activation de la commande vocale administrateur ».

Un petit voyant clignota en vert.

Elle retourna face à la porte, et annonça calmement : « Désactivation de la gravité. Ouverture de la porte. »

ooooo

Ce ne pouvait pas être une coïncidence. Végéta en eut la certitude dès que la gravité se coupa. Ce ne pouvait pas être une coïncidence quand l'humaine était juste derrière la porte. Elle avait sans doute désactivé une connectique, cette espèce de...

Mais pourquoi ?

Il avait juste eu le temps de se réceptionner sur le sol de la salle, qui quelques instants auparavant était un mur, et de se relever, léger comme une plume et la tête tournant légèrement. Puis la porte s'était ouverte. Et elle était là, face à lui, comme entourée d'un halo de lumière dans la pièce sombre, le dévisageant de ses yeux bleus traîtres. Il lui jeta son regard le plus noir possible.

Et dans un flash, tous les souvenirs de la veille leur revinrent, avec la violence d'une gifle et l'intensité d'un ouragan.

Une seconde.

Deux secondes.

Trois secondes.

Puis, d'un même accord, il croisa les bras tandis qu'elle tournait la tête sur le côté en tendant son poing fermé vers l'avant : « Mange au moins. Je ne te laisserai pas te tuer à la tâche. »

Il fixa l'objet qu'elle tenait en main en fronçant les sourcils. Malgré la miniaturisation, l'odeur ne permettait aucune confusion : c'était de la nourriture, en grandes quantités. Son estomac se serra brutalement comme s'il avait reçu un coup de marteau de l'intérieur. Depuis combien de temps n'avait-il pas mangé ?

Voyant qu'elle avait son attention, l'humaine tourna timidement ses yeux bleus vers les siens, son regard scintillant de mille questions et inquiétudes qu'elle n'osait pas formuler. Au moins semblait-elle consciente de la violation de territoire dont elle était coupable...

« Tsss ! Siffla-t-il d'un air mécontent. Épargne-moi ta compassion humaine ! Je viendrai manger quand j'aurai faim »

Elle cilla violemment puis fronça les sourcils avant d'ouvrir la main, lentement, un doigt après l'autre, jusqu'à laisser tomber la capsule au sol. Puis, sans un mot, elle fit demi-tour, et s'éloigna la tête haute.

Il n'y avait rien à ajouter. Bulma dans son état normal aurait lancé une dispute (et il aimait se disputer avec elle), mais celle Bulma-ci venait de lui lancer une gifle virtuelle.

Première seconde. Végéta regarda la frêle silhouette s'éloigner sans comprendre.

Deuxième seconde. Il réalisa qu'elle était vraiment en train de partir.

Troisième seconde. Tout son corps fut parcouru par un frisson de possessivité. Oh non, ça ne se passerait pas comme ça.

« Nekha skheparrr. » Annonça-t-il froidement.

L'humaine se figea, comme si elle avait compris la commande vocale annoncée dans une langue qui n'était pas la sienne. Dans un sifflement fluide, la lourde porte de la chambre de gravité se referma sur eux.

Végéta ricana, tandis qu'elle se retournait avec appréhension. En envahissant son domaine, elle était devenue une proie facile, tant pis pour elle. Il avait besoin de réponses.

« Qu'est-ce que tu fais ? » Demanda-t-elle.

Il lui répondit par son regard de prédateur, avant d'annoncer la commande d'activation de la chambre de gravité, gravité 3.

Elle ouvrit de grand yeux ronds puis s'écrasa à genoux avant de s'étaler au sol. « Arrête ! Qu'est-ce qui te prend ? ».

Lorsque Bulma parvint, après un effort surhumain, à se retourner sur le dos, elle trouva le visage de Végéta, penché au dessus d'elle avec son air moqueur et ses yeux noirs brillant d'une lueur sombre qui ne présageait rien de bon, mais la fit frissonner.

« Tu n'avais pas à venir m'interrompre, tant pis pour toi » déclara-t-il d'un air moqueur.

Un défi !

Il n'en fallait pas plus pour donner à Bulma la force nécessaire pour riposter : « Extinction gravité. » annonça-t-elle aussi clairement que possible, avec son souffle entre-coupé.

PIUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUW

Soulagement.

Retrouvant l'usage de ses membres, Bulma s'étendit correctement au sol et reprit son souffle.

L'expression du visage penché au dessus d'elle passa de moqueur à amusé.

Puis il répéta la commande, pour passer la gravité à 5G.

De nouveau, mais deux fois pire, tous ses membres se retrouvèrent plaqués au sol et sa respiration coupée sous le poids de ses propres côtes.

« Non mais... t'es malade ! » souffla-t-elle, incapable de parler à voix haute.

Ricanant, Végéta fit lentement glisser ses doigts dans la main de Bulma, puis le long de son bras. « Alors Bulma, trop faible pour supporter à peine le double de ton propre poids ? »

Elle frissonna et entr'ouvrit la bouche de surprise : il l'avait appelée par son nom ? Son esprit en manque d'oxygène tenta de décrypter le message caché, mais les doigts du prédateur jouant sur sa peau bloquaient son cerveau.

« C'est pas... le double... Salaud... C'est le... quintuple ! »

Il s'interrompit un instant pour la regarder dans les yeux, perplexe de réaliser qu'elle avait parfaitement compris la commande annoncée dans sa langue natale.

« Qu'est-ce que tu es venue foutre ici ? » Cracha-t-il.

Elle se noyait dans son regard d'infini. Qu'est-ce qu'elle faisait là ? Qu'est ce qu'elle fait là... Où d'autre irait-elle. Non attend ! C'est pas ça. Elle est venue car elle était inquiète pour lui... Pour sa santé. Ou peut-être pour le voir ? Comment a-t-elle fait pour atterrir dans une situation pareille ? Et comment s'en sortir ?

« Je te réponds si... tu baisses la gravité... » haleta-t-elle.

Un marché.

Il hésita, puis ricana : « On verra, réponds ! »

Répondre, répondre... Quelle était la question déjà ? Ah oui, ce qu'elle faisait ici ! Elle n'en avait plus la moindre idée, mais à part la gravité un peu trop désagréable à son goût, elle n'était plus très sûre de vouloir partir. Une réponse, vite une réponse.

« Je te... l'ai dit.. Je ne... veux pas que... tu te tues... à la tâche... » Répondit-elle dans un murmure à peine audible.

« Pourquoi ?

-Ça fait... 36 heures que... tu... es là...

-Et alors ?

-Tu... Tu dois a... avoir faim...

-Et alors ?

-Baisse... la gravité.

-Réponds !

-J'ai répondu... »

Il la contempla un instant, ses doigts jouant avec une mèche de ses cheveux bleus à présent. Puis il ricana et annonça une gravité à 4G.

Une partie du poids sur la poitrine de Bulma s'allégea, mais elle n'avait toujours pas la force de bouger. À quel jeu jouait-il ? C'était comme s'il cherchait à manipuler son esprit, la plier à sa volonté comme la gravité le faisait physiquement sur son corps. Alors que c'était elle qui, à l'origine, avait entamé ces jeux d'esprits avec lui, plusieurs mois auparavant. Jusque là, elle avait toujours eu l'impression de mener le jeu, de le leurrer jusqu'où elle voulait qu'il aille. Mais maintenant, ce jeu, il y jouait en retour, faisant monter la difficulté d'un cran.

« Question suivante, annonça-t-il, qu'est ce que ça peut te faire que je n'aie pas mangé ?

-Un saiyan à... l'estomac vide... est moins fort... Et tu... tu veux t'entraîner.

-Hmf ! Ça c'est la réponse diplomatique, je veux ta vraie raison.

-Alors... Ça te fait... Une autre question.

-Et donc ?

-Baisse... la gravité. »

Haussant les sourcils d'un air amusé, il descendit la gravité à 3G. Puis, ricanant d'un air mauvais, penché au dessus d'elle, son souffle sur son visage, il ronronna : « La vraie réponse maintenant ! »

Bulma sourit à sou tour, avec le peu de forces dont elle disposait. Elle parvenait à respirer plus aisément... donc elle pouvait parler. Végéta se croyait en position de force. Il était temps de renverser un peu la situation.

« Gravité moins un. Blocage administrateur. » Annonça-t-elle avec un sourire mauvais. Les yeux de Végéta s'agrandirent de surprise alors que la gravité s'inversait lentement. Cela laissa à peine à Bulma l'occasion de reprendre son souffle et de lever ses bras pour les poser sur la poitrine de Végéta... avant de se retrouver plaquée contre lui... sur lui... au plafond, lévitant dans les airs à quatre mètres de hauteur.

La gravité à nouveau normale, quoique inversée, permit à Bulma de ne pas s'écraser contre son support qui la maintenait plaquée au plafond, ses deux mains à lui agrippant ses épaules et un genou en travers de ses jambes.

« Tu te crois maligne hein ? » Piaffa-t-il, avant d'annoncer la commande pour passer la gravité à 5G.

Rien ne se passa.

Bulma sourit à son tour malicieusement avant de répondre « Oui. »

Stupéfait, Végéta comprit soudain ce que la commande « Blocage administrateur » pouvait bien signifier. Cette sale petite garce avait une commande pour inactiver complètement la chambre de gravité quand bon lui semblait ! Et...

Et elle ne s'en était jamais servi jusqu'à présent...

Si souvent elle lui avait crié dessus, avait tambouriné à la porte, l'avait menacé... Jamais, alors qu'elle le pouvait, elle ne s'était servi de cette commande. Une étrange sensation coula dans ses veines. Un mélange de colère de s'être fait duper si facilement, et une sorte de reconnaissance qu'elle ait respecté ses choix...

Son regard avait dû le trahir, car elle esquissa un petit rire. L'énervement l'emportait soudain sur la réalisation, et il fronça les sourcils. « Désactive cette commande immédiatement, sinon je te laisse tomber. »

Elle cessa de sourire d'un bloc, et plongea dans ses yeux un regard doux. Lentement, elle laissa aller une de ses mains jusque sur sa joue alors que l'autre caressait très légèrement son torse nu et trempé de sueur.

« C'est vraiment ce que tu veux ? » Demanda-t-elle doucement.

Il fronça encore plus les sourcils. Ce qu'il voulait ? L'avoir à sa merci ! Là maintenant tout de suite. Plonger en elle ! Non ! Attend non ! Il voulait s'entraîner et qu'elle dégage de là ! Non. Pas qu'elle s'en aille ! Ma proie ! Si ! Qu'elle fiche le camp ! Peu importait ce qui s'était passé la veille, c'était le passé. Il aurait dû avoir l'esprit en paix à présent ! Il avait encore de l'énergie à brûler, hors de question de cesser son entraînement. Même pour cette frêle créature à l'odeur si envoûtante et aux mains si douces. Mains... Non jette-là par terre ! Peau... Prends-là maintenant ! Ses yeux... Ton entraînement !

Bulma voyait le feu brûler dans ses yeux noirs en colère, répondant à celui qui la consumait toute entière. Apparemment il n'était pas si indifférent.

Peut-être que...

Mais s'il la voulait il ne s'abaisserait pas à le lui dire... Elle ne voyait qu'une façon d'en avoir le cœur net maintenant et efficacement... Mieux valait qu'elle ne se trompe pas sur cette hypothèse... Timidement, elle déplaça sa main le long de son torse, passa sur ses abdominaux, approchant à chaque mouvement sa paume un peu plus près de lui... pour se retrouver brusquement saisie autour du poignet par un long membre recouvert de fourrure. Zut, elle avait cru qu'il avait les mains prises et n'avait pas pensé à sa queue. C'était déloyal !

Elle reconcentra son regard sur le sien pour constater que lui aussi s'était refocalisé...

Première seconde, il haussa les sourcils, lui adressant un regard réprobateur.

Deuxième seconde, elle haussa les sourcils en retour, avec un regard provocateur.

Troisième seconde, sur les lèvres de Végéta se dessina le sourire de défi qui lui allait si bien.

Et l'instant suivant leurs corps avaient fait volte-face et tombaient en chute libre vers l'ancien plafond devenu le sol.

Bulma cria et s'agrippa à lui autant qu'elle le put, puis sentit un léger freinage dans tous ses points d'accroche avec le guerrier avant de heurter la surface matelassée, presque en douceur. Elle regarda d'un air perplexe le guerrier à quatre pattes au dessus d'elle. Il avait retrouvé son sourire diabolique et son air confiant.

Il se redressa légèrement au dessus d'elle et porta ses deux mains à sa gorge...

Puis agrippa le T-shirt de Bulma de chaque côté du col.

Quelques instant plus tard, la totalité de leurs vêtements gisait en lambeaux sur le sol qui était en fait le plafond. Ou peut-être étaient-ils chacun le entre de gravité de l'autre ? Après tout, tout ceci n'avait pas de sens.

ooooo

Lorsqu'après un souffle entrecoupé, Végéta roula lourdement sur le dos à côté de Bulma, celle-ci mit longtemps à reprendre son souffle. Ils étaient tous deux allongés, nus, côte à côte, par terre sur le plafond de la chambre de gravité. A peine s'étaient-ils revus qu'ils avaient recommencé...

« Aïe... Sur quoi est-ce que je suis allongée ? » Geignit-elle.

Bien entendu, l'homme allongé à son côté, les yeux fermés et sourcils froncés, ne lui répondit pas.

Elle se redressa péniblement pour ramasser par terre le petit bout de métal qui lui avait griffé le dos pendant toute la durée de leurs ébats. « Urg ! Ça vient de quel droïde ça ?

-Hnnn... » Marmonna l'homme.

Elle tourna la tête, et retint son commentaire désobligeant. C'était la première fois qu'elle le voyait nu en pleine lumière.

Il était là, paisiblement allongé à côté d'elle, dans toute sa splendeur mâle.

À côté d'ELLE.

Est-ce que ça voulait dire quelque chose ? Est-ce qu'elle pouvait espérer voir cette relation spéciale se prolonger ? Est-ce qu'elle pouvait à nouveau lui sauter dessus tout de suite ?

Quoi ? Il ne fallait pas s'étonner qu'elle ait de telles pensées ! Elle était assise à moins d'un mètre de l'homme le plus sexy de l'univers, complètement nu, et à qui elle plaisait apparemment...

Il fallait bien avouer qu'elle était sur le point de s'avancer vers lui au moment où il gâcha tout : il se leva lestement, enroula sa queue autour de sa taille, et regarda autour de lui dans la pièce. Cela lui prit moins de trois secondes pour localiser ce qu'il cherchait : la capsule qui contenait son repas. Sans attendre, il l'activa, s'assit dos à elle, et se mit à engloutir le contenu des plats qui venaient d'apparaître à même le sol, sans couverts.

Assise, nue, par terre derrière lui, Bulma le contempla sans mot dire. Elle hésitait entre l'admiration qu'il parvienne à manger proprement sans couverts, et le dégoût qu'il le fasse, entre la satisfaction qu'il l'ait à nouveau prise dans ses bras, et la terrible déception de son apparente indifférence à présent. Et l'orgueil de la jeune femme ne lui permettait pas d'accepter d'être ignorée, surtout par un homme avec qui elle venait juste de coucher !

Elle se leva et commença à inspecter la pièce, passant ostensiblement devant lui : « C'est quoi ce tas de ferraille contre le mur ?

-À ton avis ? » Répondit-il entre deux bouchées, daignant à peine lui épargner un regard.

Elle se pencha pour inspecter le tas dont elle parlait, et le trouva bien volumineux. Elle se releva en fronçant les sourcils : « Tu as détruit combien de droïdes, dis-moi ? »

Il lui renvoya un regard amusé, mais ne répondit pas.

Bulma commença à s'inquiéter et regarda autour d'elle : « Où sont les droïdes ?

-Lesquels ?

-Ceux que tu n'as pas cassés tiens !

-Hmm... Fais le calcul. »

Une sueur froide coula lentement dans le dos de la scientifique tandis qu'elle calculait rapidement... « Tu les as tous... Tu les as tous détruits ? En une seule journée ? Dis-moi que tu te moques de moi... » demanda-t-elle d'une voix atone.

Elle ne reçut qu'un sourire moqueur en réponse.

Elle explosa : « Mais c'est pas possible ! Tu te moques de moi c'est ça ? Tu te fous de moi ! Vingt sept droïdes des meilleurs modèles que j'aie dessiné jusqu'à présent ! Le summum de la technologie, tout détruit en l'espace d'une trentaine d'heures ? Non mais qu'est-ce qui t'a pris de monter la gravité aussi haut ? Tu n'as aucune considération pour la personne qui travaille si dur pour te fournir tout ça ? Tu n'es qu'un ingrat ! À quoi ça sert que je me casse les méninges pour un type qui n'a aucun respect pour mon travail ? Hein ? Mais oui, c'est ça ! Continue de manger comme si je n'étais pas là ! Aucun respect ! Ce n'est pas comme ça qu'on traite les gens ici monsieur le saiyan ! Tu pourrais au moins me regarder quand je te parle hein ! Vingt-sept droïdes de combat high-tech ! Non mais tu te rends compte un peu de la valeur de ce que tu viens de détruire ? Sale ingrat ! Je te préviens tu vas me le payer ! Tu ne...

-Au oui ? » L'interrompit Végéta, apparaissant soudain nez-à-nez avec elle.

Elle sursauta en poussant un cri, manqua de tomber à la renverse contre le mur, mais réalisa qu'elle était retenue par les hanches.

« Vas-y explique-moi humaine, continua le saiyan en la collant contre lui, comment est-ce que tu comptes me le faire payer ?

-Je... Tu... Mais... » Contra-t-elle en tentant de le repousser. Il poussa son torse sur ses mains et elle se retrouva collée contre lui, nue contre le corps nu de l'homme le plus sexy du monde... « Qu'est-ce que tu fais ? » Murmura-t-elle.

« Quoi ? S'étonna-t-il en lui jetant son regard carnassier. Ne me dis pas que tu es déjà fatiguée ! La nuit vient à peine de commencer, Bulma. »

Elle se retrouva sans mot.

Il ricana puis la plaqua contre le mur, glissant sa bouche contre l'oreille de son humaine : « Débloque cette fichue commande ! » Ordonna-t-il.

La commande ? Quelle commande ? Oh ! Le blocage administrateur !

Elle prit peur. Il pouvait très bien avoir cherché à la manipuler juste dans ce but. Elle ne supporterait pas de se retrouver jetée hors de la salle de gravité sans lui.

« Débloque cette commande. Répéta-t-il.

-Dis-moi que tu as fini de t'entraîner pour aujourd'hui alors. Imposa-t-elle.

-Évidemment idiote ! »

Elle lui jeta un regard perplexe, ne s'étant pas attendue à une réponse aussi franche. Elle avait en perspective une nouvelle nuit entière dans les bras de son prince saiyan. Rien qu'à cette pensée, son rythme cardiaque s'accéléra et le sang dans ses veines se mua en magma.

Il haussa un sourcil perplexe, puis la souleva du sol par les hanches en répétant dans son oreille : « Désactive cette fichue commande, maintenant !

-Déblocage administrateur, annonça-t-elle d'une voix forte. Extinction gravité. Ouverture de la porte. Blocage administrateur.

-Quoi ? Tu remets le blocage ? S'étonna-t-il agacé, tandis qu'il la déposait en douceur sur le vrai sol, qui quelques secondes auparavant était le plafond. Pourquoi ?

-Pour être sûre que tu auras tout le repos dont tu as besoin, mon prince. » Répliqua-t-elle en lui jetant un regard enflammé.

Il ricana : « On verra ça. ». Il ne l'avait pas lâchée, elle n'avait pas fait le moindre geste pour se dégager. Il prit son envol au travers de la porte et du couloir, emportant sa captive jusque dans sa chambre. Quitte à avoir bien commencé la nuit, autant la finir... Songeait-il pour se donner bonne conscience.

ooooo

À nouveau ils dormirent peu cette nuit-là.

Leurs deux corps entrelacés semblaient mus par une volonté propre, décidés à exploiter chaque minute disponible à s'explorer fébrilement l'un l'autre, comme s'ils cherchaient à s'apprendre par cœur, comme s'ils savaient, tout au fond de leur chair, qu'ils étaient faits l'un pour l'autre, mais qu'il leur faudrait attendre une éternité avant de pouvoir s'unir à nouveau. Et créer quelque chose de cet union. Ils en étaient encore bien loin.

ooooo

ooooo

ooooo

« Sss ! » Un petit souffle lâché dents serrées, à peine perceptible.

Ce fut la seule indication que Bulma avait pu avoir lorsqu'elle se serra contre le bras de son saiyan, espérant profiter de quelques heures de sommeil avant qu'il ne la réveille à nouveau. Il n'avait pas voulu la laisser poser sa tête sur son torse ni qu'elle se love contre lui. Elle n'avait pu qu'agripper son bras.

Comment elle avait pu comprendre ce qu'il en était, Végéta l'ignorait. Mais elle avait compris.

Et elle s'était mise, discrètement d'abord, puis plus franchement ensuite, à lui masser le bras.

Feignant l'ennui et l'indifférence, il lui avait tourné le dos. Et elle lui avait massé le dos, se retrouvant quelques instants plus tard à califourchon sur lui, étalé à plat ventre sur le lit.

Les courbatures s'étaient manifestées, comme à leur habitude, à son réveil quelques minutes auparavant. Il avait tout fait pour les ignorer, ce qui avait été plutôt facile tant que son esprit ne voyait que désir et possession pour la femme à son côté, qu'il avait réveillée immédiatement, pour recommencer ce qu'ils faisaient depuis le début de la nuit.

Mais maintenant qu'il cherchait à se rendormir dans le calme et la sérénité qui suivaient de tels moments, la douleur était là, sourd poison de la vengeance instillé dans chacune de ses veines. Il avait trop forcé sur son corps la veille, et celui-ci se vengeait. D'ordinaire, il ignorait les courbatures avec le mépris du soldat qui en a vu bien d'autres. Mais là...

Là il avait sifflé entre ses dents lorsque l'humaine s'était serrée contre lui. Et maintenant, voilà qu'elle était sur son dos, à y faire courir ses mains comme si elle savait exactement où se trouvait chaque nœud de douleur dans ses muscles. Et sur chaque nœud, elle prenait le temps de délier les tensions avec l'habileté d'une professionnelle.

Serrant les dents, il se laissait faire, s'obligeant à respirer lentement, laissant échapper des vibrations dans l'air à chaque expiration.

Lorsqu'elle eut fini et s'allongea à nouveau à côté de lui, il ne bougea pas d'un millimètre. Même lorsqu'elle se blottit contre lui.

ooooo

Les premiers rayons du soleil réveillèrent Végéta avec une étrange sensation de chaleur sur son ventre. Bulma dormait, lovée contre lui. Il n'avait pas souvenir de l'avoir laissée se coller ainsi à lui aussi inutilement, sinon il l'aurait repoussée... Elle avait dû se rapprocher pendant son sommeil...

Elle était belle...

Cela lui faisait une drôle d'impression de se retrouver dans une telle situation. Il ne connaissait rien de la signification de cette gestuelle pour la terrienne. Peut-être qu'elle avait froid ? Peut-être que cela était associé avec les coutumes de l'accouplement ? Pour lui, elle entravait juste ses mouvements.

Mais il n'avait pas envie de la repousser, il avait envie de la réveiller en la faisant encore gémir. Entrer à nouveau en elle. Il n'en revenait pas de l'incroyable effet qu'avaient sur lui ces gémissement qu'elle poussait pour lui, rien que pour lui... C'était comme une emphase du plaisir qu'il ressentait quand il explorait son corps, quand il était en elle. Comme si chacun de ces sons était une reconnaissance de sa puissance...

Cette fille était une drogue dure. Il allait devoir lutter un peu mieux que ça pour lui résister maintenant qu'il l'avait goûtée.

Ce n'était pas normal...

Une fois suffit pour goûter une femme, deux fois peu de charme... Il avait beau chercher un sens possible derrière les mots imposés par la nécessité de la rime, il ne comprenait pas. Cette deuxième fois avait été largement aussi... folle, endiablée, renversante, insensée, fusionnelle... autant que la première fois. Le désir était là, la folie était là, le plaisir...

Deux fois, peu de charme, trois fois c'est le drame... Normalement, un saiyan se lasse au bout d'une fois, alors pourquoi ? Pourquoi après deux fois avait-il toujours autant envie de plonger en elle ? Était-ce elle qui le manipulait comme elle manipulait tous les hommes ? Était-ce lui qui découvrait seulement cette nouvelle forme de combat et avait besoin d'apprendre à la maîtriser ? Peut-être suffisait-il d'en savoir plus, ou de prendre un peu ses distances pour reprendre le contrôle ?

Recommencer serait inadmissible, et indigne du saiyan d'élite qu'il était.

Il n'avait plus droit à l'erreur.

ooooo

Bulma fut réveillée par un grondement semblable au bruit d'une détonation.

Elle était seule, nue, dans le lit de Végéta. Mal partout, mais une sensation de chaleur dans tout le corps. Elle aurait dû être ravie. Elle avait obtenu bien plus qu'elle n'aurait pu l'espérer la veille. Et son beau saiyan ne l'avait apparemment pas chassée de sa chambre, ce qui était encore plus positif. Elle aurait dû se rallonger sereinement, en laissant le plaisir des souvenirs de la nuit passée l'emplir et lui donner à nouveau des frissons. Elle aurait dû préparer son prochain plan de séduction pour tenter d'obtenir de passer toutes les nuits dans cette chambre-ci, dans ses bras à LUI.

Elle aurait dû être ravie.

Alors pourquoi cet horrible pressentiment ?

Sans réfléchir, elle s'enroula dans le drap qui traînait au sol, et descendit les escaliers. Aucun signe de vie dans la chambre de gravité qui était toujours sous blocage administrateur. Leurs vêtements en lambeaux gisaient au sol, silencieux témoignage de leur impatience de la veille. De nombreux plats de nourriture, tous vides, gisaient au sol, brisés dans leur chute au moment où le sol était redevenu le plafond. Mais la capsule n'était plus là.

Un étage plus bas, elle découvrit que le repas du jour de Végéta avait été servi, mais que seuls restaient les couverts. Quelqu'un avait emporté les plats avec la nourriture qu'ils contenaient.

Ce fut donc avec un affreux nœud dans le ventre qu'elle se précipita au rez de chaussée et ouvrit la porte à la volée vers l'arrière du jardin extérieur.

Le vide qui l'emplit alors fut à l'exacte image du vide qui se trouvait devant elle. Elle tituba sur la pelouse et tomba à genoux.

La capsule spatiale était partie.