[note de l'auteure] HIAAAAAAAAA ! JE SUIS DE RETOUR !

Rhaaa ! Quelle misère de ne même pas trouver de temps pour écrire ! J'ai failli déprimer ! Sincèrement, je ne pensais pas que je mettrais tant de temps avant de poster un nouveau chapitre. D'abord pas le temps, ensuite un moment charnière comme là c'est galère à mettre en forme, en plus il était trop long et j'ai dû le couper en deux (ce qui veut dire par contre que le chapitre suivant ne devrait pas trop trop tarder donc...). Et en plus je me suis remise à relire tous les tomes de dragon ball, comme ça, sans raison, parce que j'étais tombée dessus... Un vrai bouffe-temps-libre !

Marine, toutes mes plus sincères félicitations. ça me fait plaisir que tu aies partagé cette heureuse nouvelle !

Ivy, merci pour le fou-rire, c'est contagieux on dirait.

Et à vous, tou(te)s les autres reviewers/revieweuses (désolée, j'aurais voulu écrire tous vos noms, le coeur y est !) un grand merci à vous pour vos encouragements qui m'ont aidée à garder la volonté de continuer cette fic' (un jour je la terminerai !). J'ai très peu de temps depuis que je suis à la fois dans la vie active, associative et sportive, mais ça fait tellement du bien d'écrire ! Et vos messages, c'est juste du baume au coeur !

Le beau discour étant dit, je vous rappelle que toutes vos critiques, mêmes négatives, sont également bienvenues...

Je vais tout faire pour reprendre mon rythme de poster à peu près tous les mois, j'écris même sur mon téléphone portable dans le bus maintenant !

Bonne année à vous tous et toutes ! Je vous souhaite plein de jolies phrases, de rêves et de chocisson !


Face à face, dos à dos

« Mon chéri, je suis désespérée.

-Qu'y a-t-il ma douce ? » Demanda le vieux scientifique à sa femme qui venait de s'affaler à son côté sur le canapé.

« Notre fille est malheureuse.

-Voyons, tu sais bien que Bulma a ses épisodes caractériels, ça va lui passer.

-Mais non ça ne passe pas ! S'écria la blonde en faisant sursauter à la fois son mari et le chat qui dormait sur son épaule. Tu te rends compte que ça fait deux semaines que son amoureux est rentré, et ils passent leur temps à se regarder en chien de faïence !

-Allons, calme-toi. Bulma passe son temps à te répéter qu'elle n'est pas amoureuse de lui...

-Mais si enfin ! Elle a passé son temps à errer comme une âme en peine tout le temps de son absence ! Il a dû affreusement lui manquer, c'est sûr ! Mais maintenant qu'il est revenu, ils ne veulent pas se parler. C'est terrible !

-Si tu le dis, tempéra le père d'un air perplexe. Mais laissons-leur le temps, ma chérie. Nous ne pouvons rien faire.

-Mais pourquoi sont-ils si fâchés l'un avec l'autre ? S'acharna sa femme. Il a dû se passer quelque chose de tragique, j'en suis sûre !

-Tu es sûre que tu n'exagères pas ?

-Mais oui enfin ! Peut-être qu'elle lui a dit qu'elle voulait se marier et qu'il a refusé ? Oh ! Peut-être qu'elle est enceinte et qu'il ne veut pas élever l'enfant avec elle ? Tu imagines ?

-Non, je n'imagine pas. Vraiment. Je pense qu'ils ont juste un peu de mal à s'entendre. Ils finiront bien par régler leur différent tous seuls avec le temps, tu sais.

-Oh mon dieu ! Réitéra la blonde. Tu imagines si notre fille était enceinte ? Et si notre petit-fils n'avait pas de père pour le porter dans ses bras ? Oh quelle tristesse !

-Je ne pense pas ma douce. Répondit calmement son mari en tentant de se concentrer sur les images qui défilaient sur l'écran de télévision. Ils sont juste fâchés je pense.

-Il faut que j'en aie le cœur net !

-Non, s'il te plaît ma chérie, évite de courir le risque d'aggraver les choses. Notre fille est grande maintenant, elle sait se débrouiller toute seule. Je ne suis pas sûr que tu lui rendes services si tu essaies d'intervenir... » Surpris de n'avoir pas été interrompu dans sa longue phrase, monsieur Briefs tourna la tête sur le côté pour regarder sa femme. « Oh ? »

Elle était partie.

ooooo

« J'ai réparé le robot que tu m'as apporté tout à l'heure. »

Une seule phrase, simple et franche. Bulma avait daigné faire un détour par la salle à manger pour parler au saiyan qui y prenait son repas du soir. Elle, avait mangé avec ses parents, comme elle en avait repris l'habitude depuis son récent départ. Lui, mangeait toujours aussi tard, et avait un rythme de vie à nouveau décalé depuis son récent séjour dans l'espace. Elle n'avait pas besoin de manger avec cet ingrat pour s'en tenir à son rôle de scientifique. Depuis deux semaines qu'il était rentré, elle avait tout fait pour limiter leurs conversations au strict minimum des discours techniques.

Il jouait le jeu : « Bien. Je passerai le récupérer demain matin. Je t'en ai déposé trois autres ce soir.

-Oui, j'ai vu. Deux d'entre eux sont foutus, il faudra que je les reconstruise de zéro. Ça devrait être prêt pour demain soir.

-Ils ne sont pas très solides.

-Je sais, j'ai encore optimisé le dessin pour qu'ils tiennent plus longtemps la prochaine fois.

-Hnnn. Ce sera déjà ça de pris. »

Depuis deux semaines, leurs conversations s'en tenaient à cela. Il était en train de manger, elle s'appuyait contre le mur à côté de la porte, faisait le point avec lui sur les robots, puis repartait dès que le sujet était épuisé.

En vérité, elle ne se sentait même plus l'envie de s'en tenir à ce rôle de scientifique. Elle ne le faisait pas pour lui. Elle le faisait peut-être un peu par précautions, au cas où il menacerait de détruire la Terre ou de tuer quelqu'un si elle ne le faisait pas. Mais surtout, elle le faisait pour elle. Parce que ça l'occupait. Elle s'ennuyait les journées entières à essayer de concevoir des objets qu'elle jugeait inutiles alors que des androïdes tueurs risquaient de tout raser dans deux ans. Elle était lasse des constructions civiles. Alors construire des robots toujours plus dangereux et résistants, c'était un défi. C'était le défi que Végéta lui offrait tous les jours. C'était pour cela qu'elle continuait de le fournir en matériel d'entraînement. Elle l'aurait fait même sans la menace des androïdes.

Pour le reste, elle était rancunière. Aucun homme n'avait jamais osé l'ignorer, elle, comme il le faisait, lui.

Ce soir-là, lorsqu'elle se décolla du mur, prête à s'en aller, il lança par dessus son épaule : « Dis, tu serais capable de construire des droïdes qui aient l'air un peu plus dangereux ? Des lance-flamme ou lance-glace, un truc du genre ? »

Il formulait toujours ses demandes comme des défis. Il savait qu'elle ne pouvait pas s'empêcher de mordre à l'hameçon : « Bien entendu ! Tu me prends pour qui ? » Répliqua-t-elle d'un air hautain.

Il ne répondit pas, occupé à manger. Elle laissa échapper un « Tsss ! » de dédain, puis ajouta : « Je vais voir ça et je te tiens au courant. Si tu n'en casses pas trop d'autres, je devrais pouvoir te faire ça pour la fin de la semaine. »

N'importe qui d'autre qui aurait posé une telle question à Bulma se serait fait sévèrement réprimander pour avoir osé mettre en doute ses compétences, ou ne pas lui avoir répondu. Bulma criait sur tout le monde, encore plus que de coutume ces temps-ci.

Mais pas sur Végéta.

Non pas qu'elle ait peur de lui, mais elle préférait se tenir à distance de lui.

Depuis ce qui s'était passé entre eux, sa présence la perturbait. Elle lui en voulait, bien entendu, et c'est pourquoi elle prenait garde à lui parler aussi sèchement que possible... Mais... Derrière son masque de colère, elle dissimulait tant bien que mal la nervosité qui la saisissait à chaque fois qu'elle s'approchait de lui, et qu'elle maîtrisait à grand peine.

Il n'en saurait rien, cet ingrat qui n'avait pas la moindre idée de ce à côté de quoi il passait. Et de toute sa raison, elle savait qu'il valait mieux pour elle de se tenir à distance de lui. Passer à autre chose.

Oui, elle avait cédé à la curiosité la dernière fois, et passé un moment merveilleux. Soit. Mais clairement, cet homme n'était pas une relation saine pour elle. Trop dangereux, trop méprisant, trop différent...

Ce soir-là, en quittant la pièce, elle pensait mettre fin à sa nervosité, et pouvoir enfin souffler une fois la porte de sa chambre refermée. C'était sans compter sur sa mère qui l'intercepta au détour du couloir, l'air paniquée.

« Ma chérie ! Ma petite fille ! Ma bichette ! Dis moi, tu n'es pas enceinte au moins ? »

La question fut si brutale qu'il fallut plusieurs secondes à Bulma pour l'interpréter. Lorsqu'elle y parvint, elle explosa : « Maman ! Ça suffit comme ça ! Hier tu me demandes si Végéta a refusé je ne sais quelle demande en mariage. Avant-hier tu me conseilles de lui pardonner si jamais il m'a trompée dans l'espace. Qu'est ce que tu vas m'inventer pour demain ? Combien de fois il faut que je te le répète ? Je ne suis pas en couple avec Végéta ! Je n'en ai aucune intention ! Et d'ailleurs je ne veux rien avoir affaire avec lui ! Merde ! Laisse-moi tranquille à la fin ! »

Complètement insensible aux cris de sa fille, la mère la fixait d'un regard plein de compassion dans ses yeux fermés. Puis elle répondit avec douceur : « Tu sais ma fille, ça arrive souvent aux hommes d'avoir peur quand ils apprennent qu'ils vont être papa. Mais quand ils t'aiment vraiment, ils...

-MAMAN ! ARRETE ÇA TOUT DE SUITE TU ES RIDICULE ! Je ne peux pas tomber enceinte puisque j'ai mon implant, et tu le sais. Tu es juste en train de t'accrocher à une histoire stupide que tu as inventée je ne sais pas comment parce que TOI tu trouves que ce type est mignon et qu'il n'est pas de ton âge ! Alors laisse-moi te le répéter : moi je pense que c'est un cinglé et je ne veux rien avoir à faire avec lui. Tu me saoules avec tes histoires à la con ! Si jamais tu me reparles de ça je te préviens je quitte la maison ! »

Sur ce, Bulma dépassa sa mère pour continuer sa route vers sa chambre, laissant sa mère pensive. « Ah oui, c'est vrai, son implant... Mais alors si elle n'est pas enceinte, qu'est-ce que ça peut bien être ? »

Au sortir de cette discussion aussi brève que sèche, Bulma était dans un tel état de colère qu'elle ne parvint pas à dormir de la nuit. À trois heures du matin, elle retourna dans son laboratoire pour passer ses nerfs sur une nouvelle machine meurtrière qu'elle venait d'imaginer pour un certain saiyan.

ooooo

C'était définitif, l'humaine, si elle ne voulait pas sa mort, cherchait sans aucun doute à le faire souffrir autant que possible.

Plus le temps s'écoulait depuis son retour, plus les nouvelles générations de droïdes étaient dangereuses, s'en prenant à lui par les méthodes les plus retorses qu'il ait jamais rencontrées chez des adversaires de chair sur des dizaines de cycles-lumières de purges spatiales.

Comme il avait fini par le comprendre, c'était par cette nouvelle génération de robots que Bulma entendait lui témoigner sa gratitude pour cette fameuse nuit où il était venu à son secours... Il n'avait pas la moindre impression qu'elle avait une dette à payer envers lui, mais bah ! C'était tout aussi bien comme ça...

Végéta boitait légèrement ce matin-là en traversant le jardin extérieur. Ses baskets usées jusqu'à la corde s'imbibaient de la rosée déposée sur l'herbe. Le soleil n'était pas encore levé, seule une discrète lueur bleutée nimbait le ciel d'est et noyait les étoiles. Il n'avait pas signalé à l'humaine que sa jambe gauche avait besoin de soins. Il préférait qu'elle ne le touche pas et qu'elle évite de fixer sur lui ce regard sérieux et concentré qu'elle avait quand elle pansait ses plaies.

Il ne voulait pas qu'elle s'inquiète pour lui, c'était déjà bien assez contraignant et humiliant de devoir traiter avec elle pour son matériel d'entraînement. Il avait même songé à s'adresser à nouveau au vieux scientifique plutôt qu'à elle, mais s'était finalement résolu à conserver la situation telle qu'elle était. Bulma était indéniablement la plus rapide et la plus perspicace des scientifiques qu'il ait jamais eu à sa disposition.

Le froid humide engourdissait sa jambe gauche, et il avait hâte de rejoindre l'intérieur du bâtiment et retrouver l'univers familier et métallique de sa chambre de gravité. Ici au dehors, trop d'oiseaux chantaient. Il ressentait le ki de trop d'êtres vivants endormis paisiblement. Lui qui avait grandi dans la jubilation de la terreur et des cendres d'autrui, ne se sentait pas à sa place dans un univers si calme et vivant.

Devant le laboratoire de l'humaine, où il s'était rendu pour récupérer les droïdes qu'elle avait réparés la veille, il fut surpris de constater que de la lumière filtrait par la fenêtre à une heure aussi matinale. D'habitude, l'humaine était dans sa chambre à cette heure. Pourtant, son ki minuscule était bien à l'intérieur du bâtiment, immobile. Son parfum délicat flottait dans l'air comme une aura de douceur.

Il trouva bien les droïdes qu'il devait récupérer devant la porte, comme prévu. Pourtant, la curiosité finit par l'emporter, sans qu'il sache vraiment s'expliquer pourquoi.

Peut-être lui dirait-elle en quoi consistait sa prochaine invention ? Peut-être pourrait-il lui donner plus d'indications sur les nouveaux modèles qu'il attendait d'elle ? Peut-être trouvait-il cela louche qu'elle travaille aussi tôt, et cherchait à savoir ce qu'elle manigançait ? Peut-être même parviendrait-il à lui demander où elle en était de ses tests de résistance sur des matériaux destinés, apparemment, à lui faire une nouvelle armure ? Mais ce n'était certainement pas parce qu'il appréciait converser et monter le ton avec elle. Encore moins parce que sa présence et son odeur lui manquaient parfois, d'une manière ou d'une autre. Sûrement pas.

Toujours est-il qu'il masqua son énergie et ouvrit la porte...

Et resta perplexe.

Face à lui, assise à son bureau jonché de feuilles de papier couvertes de lignes incompréhensibles, la tête posée sur ses deux bras croisés, Bulma dormait.

Il croisa les bras et haussa un sourcil, sans trop savoir quoi faire.

La réveiller ? Exiger qu'elle se remette au travail ? S'approcher et regarder par dessus son épaule ? Partir ?

Un souffle de brise matinale s'engouffra pas la porte ouverte, et Bulma frissonna. Végéta s'inquiéta un instant de quelle excuse il pourrait bien inventer à sa présence ici si elle venait à se réveiller et le trouvait là. Heureusement, elle resserra juste ses bras un peu plus l'un contre l'autre. Il ferma la porte avec précautions, sans comprendre pourquoi il n'était pas déjà sorti.

Elle respirait paisiblement. Sa tête était tournée dans sa direction. Ses yeux bougeaient sous ses paupières closes, signe qu'elle était en train de rêver. Pendant une fraction de seconde, il souhaita avoir eu des dons de télépathe pour découvrir ce qui se qui passait dans la tête de cette fille... Quoique, au vu des innombrables sigles bizarres sur ses supports de notes archaïques, il était probable qu'un télépathe se noierait s'il pénétrait dans son esprit.

Cette dernière pensée l'amusa (c'était rare de voir un télépathe se noyer dans l'esprit de quelqu'un, mais ce genre de spectacle était généralement assez pittoresque). Aussi, ce fut avec un petit sourire sur le coin des lèvres qu'il tourna les talons et quitta silencieusement la pièce, laissant dormir la belle.

Peut-être Bulma avait-elle entrouvert les yeux à cet instant, ou peut-être avait-elle inconsciemment senti son aura s'éloigner. Quoiqu'il en fut, lorsqu'elle se réveilla quelques temps plus tard, elle garda en mémoire le souvenir d'un rêve stressant, et affreusement triste, durant lequel elle avait couru à perdre haleine après le saiyan qui s'éloignait d'elle en marchant, sans jamais l'atteindre. Elle avait hurlé son nom sans jamais qu'il ne se retourne, s'éloignant toujours de plus en plus dans la brume. Il lui semblait se souvenir qu'elle s'était réveillée en sursaut lorsqu'elle avait été tuée par ses propres robots, tombée à genoux sur un sol inexistant et imbibé de larmes, cherchant dans le brouillard une silhouette aux cheveux de flamme qui avait disparu depuis longtemps.

Elle était au bord de la crise de nerfs...

ooooo

Ce fut le lendemain que la Capsule Corporation reçut la visite d'un voyageur inattendu.

En cette fin d'après-midi pluvieuse, on vint frapper à la porte du laboratoire de Bulma. Et ce fut avec grande surprise qu'elle se trouva nez-à-nez avec un jeune guerrier aux cheveux longs, au regard clair et au sourire sincère.

« Yamcha ?

-Salut Bulma.

-Mais qu'est-ce que tu f... Enfin quel bon vent t'amène ?

-Eh bien je... Je passais juste pour voir si tu allais bien.

-Mhm, ça va oui... Je... »

Une seconde. Rien.

Deux secondes. Yamcha sourit d'un air gêné.

Trois secondes. Bulma haussa les sourcils.

Quatre secondes. Elle regarda autour d'elle.

Cinq secondes. Elle se décida à parler : « Tu viens boire un verre à la maison ?

-Oh, volontiers ! » Se réjouit-il.

Au moins il n'avait pas apporté de fleurs cette fois, songeait Bulma en traversant le jardin en direction de chez elle. « Pua'r n'est pas avec toi ?

-Euh non, je dois le rejoindre en ville dans une heure ou deux. Je lui ai promis un tour au parc d'attractions. Depuis le temps ! D'ailleurs tu peux venir avec nous si tu veux...

-Oh, euh... Merci mais j'ai...

-Beaucoup de boulot ? Sourit-il d'un air compatissant.

-Non, même pas... Fit-elle en ouvrant la porte. Enfin si, mais je veux dire, je ne suis pas complètement débordée, c'est juste que je n'ai pas la tête à autre chose en ce moment. » Puis, devant son silence perplexe, elle ajouta sur un ton d'excuse : « En ce moment je n'arrive même plus à dormir, je me réveille pour faire des schémas.

-Ah, je vois... Tu es sur un gros projet ?

-Mmm, réfléchit-elle. Non, pas particulièrement. J'ai juste beaucoup d'idées.

-Tu... Hésita-t-il. Tu construis encore des machines pour... Pour Végéta ? »

Bulma ne répondit pas et se contenta d'avancer silencieusement dans l'escalier qui menait au salon. Yamcha comprit sans doute qu'il abordait un sujet sensible, et tenta de se justifier : « J'ai senti qu'il était de retour... C'est pour ça que je me suis permis de passer. Je voulais juste être sûr que tu allais bien... C'est pas que je doute de ta capacité à imposer ton autorité hein ? Loin de là... Franchement, tu nouss as tous bluffés en réussissant ce coup-là. Mais je trouve ça vache de la part des autres de te faire une confiance aveugle pour ce qui est de garder ce fou furieux sous contrôle... Tu n'es pas obligée d'accepter ce fardeau Bulma !

-Ça va, Yamcha, ça va. Le coupa-t-elle d'un air lasse et désabusé. Je me débrouille très bien ne t'inquiète pas.

-Tu es sûre ? »

Devant le regard furibond qu'elle lui lança alors par dessus son épaule, il déglutit bruyamment avant de se reprendre : « Non mais je veux dire, pourquoi il ne retourne pas dans l'espace ? Vous lui avez déjà fourni un vaisseau, des robots, tout ça, comment ça se fait qu'il en demande encore ? Tu n'es pas son esclave ! À quoi ça nous sert ? On n'a pas besoin de lui sur Terre !

-Si, on a besoin de lui, et tu le sais. Goku veut absolument l'affronter plus tard quand toute cette histoire sera finie, et tu le sais. Et moi, je me sens plus en sécurité de le savoir chez moi où je peux le surveiller, plutôt que je-ne-sais-où dans l'espace à tuer des innocents et à ruminer sa revanche contre Goku et la destruction de la Terre ! » Elle posa avec force deux verres sur le comptoir de la cuisine et ouvrit un placard. « Bon, on peut changer de sujet ? Qu'est-ce que tu veux boire ? »

Yamcha n'insista pas plus, et tous deux s'assirent sur le canapé, verre à la main, tout en parlant de son entraînement et de ses projets futurs. Ceux-ci tournaient principalement autour du baseball et des envies de voyage de son ami Pua'r. Bulma commençait même à trouver la conversation agréable lorsqu'il ajouta : « D'ailleurs, tu es la bienvenue si tu as envie d'une pause et que tu veux partir en voyage avec nous.

-Une pause ? Interrogea-t-elle d'un air soupçonneux.

-Bah oui. Ça fait des siècles que tu n'as pas pris de vacances, non ?

-Mais si. Se défendit-elle. C'est juste qu'on n'est plus ensemble, Yamcha. Quand je prends des vacances, je ne te tiens pas forcément au courant.

-Ah oui. Se rassombrit-il. C'est vrai... Mais quand même, si tu es motivée, rien ne nous empêche de partir ensemble en vacances, comme au bon vieux temps !

-C'est gentil Yamcha, mais non merci. Ça ne me dit rien pour l'instant.

-Ah... Tu... Tu as sans doute un petit-ami en ce moment alors ? Je comprends, ça le dérangerait... »

Pour la deuxième fois de la soirée, Bulma le foudroya du regard, tentant de lui faire comprendre diplomatiquement qu'il n'avait pas intérêt à pousser ce sujet. Elle avait passé l'âge de ce jeu de séduction qui tournait en rond avec lui, et elle n'était pas d'humeur pour ce genre de choses.

Malheureusement il ne comprit pas la menace silencieuse : « Quoi ? J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ?

-Je n'ai juste pas envie de parler ce ça. Claqua-t-elle. Que j'aie un petit-ami ou pas, ça ne te regarde plus, Yamcha. »

Celui-ci leva les mains en signe d'inoffensivité : « D'accord, d'accord ! Excuse-moi, calme-toi ! Je pensais juste discuter, en tant qu'amis ! »

Une seconde.

Deux secondes.

« Mais juste... Risqua-t-il d'un air gêné. Je… Bulma... S'il te plaît... Dis-moi juste que ce n'est pas Végéta. »

Une seconde.

Deux secondes.

« Quoi ?

-Arrête de faire l'innocente. Attaqua-t-il soudain en la regardant droit dans les yeux. J'ai bien vu la façon dont il te regarde. Et toi ! La façon dont tu t'inquiètes pour lui, le soin que tu mets dans les machines pour lui. Ne crois pas que je n'ai rien vu ! Il se passe un truc louche entre vous ! »

Bulma resta un moment interloquée, et il ajouta avec un air presque dramatique : « Bulma tu fais ce que tu veux de ta vie, tu sors avec qui tu veux, mais s'il te plaît, dis-moi juste que ce n'est pas lui. »

Une seconde. Un chat qui se trouvait par hasard dans la pièce s'enfuit à toutes jambes en sentant l'orage arriver.

Deux secondes. Tilt.

« Non mais je rêve ! Explosa Bulma. Tu me prends pour qui là ? On peut même pas s'inquiéter pour quelqu'un qui vit sous le même toit que soi sans que quelqu'un trouve ça louche ? Hein ? Sous prétexte que je t'ai plaqué tu t'imagines que je suis une salope qui va sauter sur le premier mec qu'elle a sous la main ? C'est ça ? Il y a déjà ma mère qui me fait chier en s'imaginant des trucs là dessus, et maintenant toi ? Je ne savais pas que tu étais aussi stupide ! Tu me désoles ! Et dire que je suis sortie avec toi pendant treize ans sans m'en rendre compte ! » (Et dire que tu as raison… Se désola-t-elle intérieurement.)

La bombe avait explosé, Bulma était lancée. « Putain ! Treize foutues années foutues en l'air avec un mec qui regarde les autres filles et pas moi, et qui trouve le moyen de me faire des crises de jalousie très mal placées quand il est trop tard ! Alors pour ton information, môssieur Yamcha, non, je ne sors avec personne en ce moment. PERSONNE ! Et certainement pas avec un pauvre ingrat pour qui ma vie n'a aucune valeur à part lui fabriquer des machines ! Je ne suis pas tombée si bas ! Jamais ! » (C'est vrai, j'ai juste couché avec lui une fois, c'est tout !) « Et pour être bien claire avec toi, je ne suis pas non plus tombée aussi bas que pour ré-envisager de te re-donner une chance. Donc ta petite crise de jalousie là, non seulement ça m'insulte que tu aies pu penser à une chose pareille, mais en plus c'était complètement déplacé ! Au cas où tu ne t'en serais pas rendu compte, toi et moi c'est terminé pour de bon Yamcha ! » (Et va au diable avec tes intuitions qui étaient justes !)

Yamcha, pâle comme la mort mais le regard droit, ouvrit la bouche pour répliquer, mais il fut coupé dans son élan :

« Oh ! C'est pas bientôt fini ce vacarme ? Allez vous engueuler ailleurs ! »

Bulma crut qu'elle allait se congeler sur place : c'était la voix de Végéta, en provenance du couloir. Elle manqua de paniquer. Quelle heure était-il ? Vingt heures ? C'était rare qu'il sorte aussi tôt de sa chambre de gravité le soir... Peut-être lui était-il arrivé quelque chose ? Pourvu qu'il n'ait pas entendu ce qu'elle venait de crier sur Yamcha... Quoique non, elle n'avait rien crié de compromettant, au contraire... Par contre, il était la seule personne qu'elle n'avait AUCUNE envie de voir s'immiscer dans cette conversation à cet instant. Se pouvait-il que Végéta déteste suffisamment Yamcha pour oser lui dire qu'il avait couché avec elle, rien que pour lui faire de la peine, et lui faire perdre la face à elle par la même occasion ? Il était typiquement du genre de personnes à distribuer du mal gratuitement...

Mais il ne le fit pas.

Un « bip » discret dans son oreille sur laquelle Bulma portait son détecteur, lui indiqua que le saiyan venait de déclencher la préparation de son dîner.

Yamcha restait silencieux en la dévisageant.

« Tu savais qu'il était là ? Lui lança-t-elle sur un ton de reproche.

-Non, répondit-il gravement. Il avait masqué son énergie.

-C'est bizarre.

-Moi ça ne m'étonne pas. Commenta-t-il d'un air sombre. Depuis le début qu'il est venu s'installer ici, j'ai eu l'impression qu'il cherche à avoir un maximum d'informations sur toi.

-Pas sur moi, sur les terriens en général je dirais.

-Mmmm... Grogna-t-il d'un air sceptique.

-Où est-ce que tu veux en venir Yamcha ? S'agaça-t-elle.

-Méfie-toi de lui, Bulma. Murmura-t-il d'un ton grave. Peut-être que toi, tu n'envisages pas de tomber aussi bas que de te laisser séduire par ce fou, mais…

-Ah ça non ! (Intérieurement, elle hurlait de rage)

-… Mais méfie-toi. On ne sait pas réellement de quoi il est capable, et toi tu es très belle en plus d'être une inventrice géniale. Je n'aime pas la façon dont il te regarde, ça ne m'a jamais plu...

-Yamcha ! Tu...

-Attends ! Laisse-moi finir ! Je ne te dis pas ça par jalousie. Je sais très bien qu'on n'est plus ensemble et j'ai bien compris que toi et moi on a pris des chemins différents. Ne t'en fais pas, je m'y suis fait... Enfin je vais finir par m'y faire... Mais bref, ce que j'essaie de te dire c'est que... Même en tant qu'ami, je n'accepterai pas qu'il te fasse du mal. Il est dangereux, Bulma. Et moi ça ne me rassure pas du tout de le savoir ici. Je m'inquiète pour toi.

-Oui, ça va, ça va ! S'agaça Bulma (intérieurement très touchée). Arrêtez tous avec vos joli discours ! Je m'en sors très bien, merci !

-D'accord, mais... (Yamcha lui prit les poignets et la fixa d'un air très sérieux) Bulma. Si jamais ça va mal, sache que je serai toujours là pour toi, d'accord ?

-Tsss ! Éluda fièrement Bulma en détournant le regard. D'accord, je saurai. Merci. »

Avec un sourire timide, Yamcha la lâcha et se leva lentement : « Merci. Ça me rassure d'avoir pu en parler avec toi.

-Ouais eh bien la prochaine fois, tâche d'avoir un autre sujet de conversation quand même. Lui reprocha Bulma en se levant à son tour.

-Eh ! Tu es vraiment dûre, tu sais !

-Je sais. » (Et je m'en veux déjà de t'avoir crié dessus. Tu as vraiment une âme de guerrier Yamcha. Quelques mots bienveillants placés comme des techniques de combat, et ma colère est retombée...)

Devant le silence asynchrone qui s'ensuivit, Yamcha se sentit obligé de conclure : « Bon, je dois y aller. Pua'r m'attend. Merci pour le verre.

-De rien. Tu lui passeras le bonjour de ma part ?

-Oui bien sûr.

-Attends, je te raccompagne. »

Ce ne fut qu'une fois dehors, juste au moment où il s'apprêtait à s'envoler après un dernier au revoir qu'elle eut le courage de le retenir : « Eh, Yamcha !

-Quoi ? » Demanda-t-il en interrompant son élan et tournant la tête vers elle.

Il avait sur son visage cet air franc et sincère de celui qui souffre mais ne regrette rien. Elle connaissait bien ce regard, et au fond d'elle, elle savait qu'elle lui devait au moins une chose : « Merci. »

Pour toute réponse, son visage s'illumina d'un joli sourire. Puis il lui adressa un petit signe de la main, prit son élan, et s'envola.

Une la porte refermée, Bulma poussa un profond soupir. Elle était toujours stressée, mais... Qu'est-ce que ça lui avait fait du bien de crier sur quelqu'un au sujet de Végéta !

Le pauvre Yamcha s'était inquiété pour elle sans savoir où il mettait les pieds. Elle savait qu'elle avait été très dûre avec lui, il n'avait sans doute pas compris pourquoi il avait reçu tant d'agressivité, même s'il savait que Bulma n'avait jamais été d'un naturel très doux. Lui, d'un autre côté, avait été étonnamment compréhensif et sincère. Du moins, il l'avait semblé.

C'était comme si toute cette tension qui ne la quittait pas depuis le retour de Végéta venait soudain de trouver un échappatoire.

Oui, c'était vrai. Elle avait couché avec Végéta.

Et alors ?

Ce n'était pas grave.

Parce que, de un, personne d'autre qu'eux deux ne le savait et ne devait jamais le savoir. De deux, parce que de toutes façons elle était une femme libre et elle faisait ce qu'elle voulait, et ce soir d'égarement, elle l'avait voulu. De trois, ça ne voulait pas dire qu'il y avait une relation entre elle et ce connard si sexy. Et de quatre, ce sentiment de rejet qu'elle éprouvait, ça n'était que temporaire. Au lieu de se morfondre, elle ferait mieux de se rire de ce fou dangereux qui avait eu la chance de pouvoir la tenir dans ses bras une nuit, et avait été tellement idiot qu'il n'avait même pas essayé de la retenir.

Voilà.

Ceci étant mis au clair dans sa tête (pour la millionième fois), elle se dirigea à nouveau vers les étages supérieurs, prête à sa confrontation habituelle avec le saiyan qui devait à présent être en train de manger.

Il y était.

Il dévorait le contenu des plats étalés sur la table entière avec une voracité terrifiante, comme à son habitude.

Mais quelque chose d'inhabituel dans ses mouvements incita Bulma à le scruter de haut en bas à la recherche d'une blessure. Elle n'en vit pas. Peut-être dissimulait-il une plaie sous ses vêtements propres, tout juste enfilés ?

« Alors, les lance-flammes ? Lança-t-elle d'un air provocateur, pour entamer la conversation.

-Tsss ! » Répondit-il d'un air de dédain, sans rien ajouter.

C'était louche, et malgré elle, Bulma quitta la porte d'entrée du salon pour passer derrière le saiyan et le scruter sous tous les angles.

Elle vit littéralement tous les muscles de sa nuque se tendre presque instantanément, et les muscles de son dos ressortir d'au-travers son T-shirt, tandis qu'il ralentissait insensiblement la vitesse avec laquelle il mangeait.

« Est-ce que ça va ? Finit-elle par demander, suspicieuse.

-J'ai démoli tes deux droïdes lance-flamme. Si tu veux te rendre utile vas-donc les réparer au lieu de m'emmerder ! »

Une seconde. Bulma leva un sourcil et croisa les bras.

Deux secondes. Il se remit à manger.

Trois secondes. Elle sourit d'un air entendu.

« Bon, ok. Dis-moi où tu t'es fait mal.

-Rien ! Je n'ai rien, humaine ! Fiche-moi la paix ! Ta présence pollue mon repas !

-Bah tiens ! Dis-moi plutôt que tu as peur ! Depuis quand tu ne veux plus te faire soigner ?

-Ça va guérir tout seul, d'accord ? Je n'ai pas besoin de toi ! Retourne engueuler ton humain minable !

-Ha ! S'écria-t-elle triomphalement. Donc tu t'es bien blessé ! Je le savais ! »

En retour, il ne lui renvoya qu'un regard haineux, et resserra davantage sa queue autour de sa taille. Il aurait dû se douter que ça attirerait l'attention de la scientifique à l'œil vif...

« Oh ! Fit-elle en approchant le visage. Mais tu t'es complètement brûlé la qu...

-Dégage ! Tonna-t-il en plaçant un poing fermé devant lui (avec la fourchette dedans). Éloigne tes sales pattes de moi immédiatement ! »

Bulma se redressa, toujours avec son sourire entendu sur le visage, mains sur les hanches. Puis elle s'éloigna, fière d'elle : « Allez, arrête avec tes histoires ! On va à l'infirmerie !

-Certainement pas !

-Tsss ! Allez dépêche-toi ! C'est malpoli de faire attendre une dame !

-Non, fiche-moi la paix !

-Végéta, arrête ton cinéma. Je ne sais pas de quoi tu as peur, mais ça se voit dans tous tes mouvements que tu as très mal, alors ne me fais pas perdre mon temps s'il te plaît, c'est autant de temps perdu pour réparer tes robots.

-Je n'ai pas mal ! Si tu veux te rendre utile vas réparer mes droïdes tout de suite ! »

Bulma se retourna et le dévisagea, mains sur les hanches, le regardant d'un air sévère comme un adulte regarde un enfant désobéissant : « C'est quoi ton problème ?

-C'est toi mon problème ! Fiche-moi la paix !

-Végéta. S'agaça-t-elle. Je ne te savais pas dégonflé au point de refuser de te faire soigner. Ne me dis pas que c'est juste parce qu'on a couché ensemble une fois ! Tu as peur que je te touche ou quoi ? »

C'était la première fois qu'elle mentionnait ce fait à voix haute depuis leur discussion à son retour. Elle avait enfin osé. Ça lui faisait un drôle d'effet. Mais apparemment, pas autant qu'à lui au vu du regard presque haineux qu'il lui renvoya :

« Deux fois. La corrigea-t-il. Et détrompe-toi tout de suite : ça je m'en fous.

-C'est quoi alors ? »

Il ne répondit pas et se remit à manger, lui jetant par à-coups un regard menaçant.

Pas un mot en plus, songea Bulma. Pas d'insulte gratuite. Pas de moquerie quant à sa haute estime d'elle-même pour sa théorie apparemment erronée. Pas de défi dans l'air. Il était entièrement sur la défensive ce soir... Oh, c'était amusant… Et elle était d'une humeur de vengeance...

Elle le laissa terminer de manger sans le quitter des yeux. Elle voyait à ses coups d'œil réguliers que ça l'agaçait particulièrement.

Puis il posa sa dernière assiette.

« Allez ! À l'infirmerie ! » S'écria-t-elle.

« Humaine, je t'ai dit que c'était hors de question ! Laisse-moi passer. »

Par une manœuvre très stratégique, Bulma se trouvait en effet exactement dans l'encadrure de la porte, comme elle avait pris l'habitude de le faire depuis très longtemps lorsque le guerrier acariâtre tentait de lui échapper. (Parfois ça marchait)

Comme elle s'en était doutée, il se tenait maintenant juste en face d'elle, mais gardait ses distances. Malheureusement, elle ne pouvait pas voir ce qu'elle avait espéré voir. Elle indiqua du doigt le ventre du saiyan : « Tu ne caches jamais ta queue sous ton T-shirt. J'en déduis qu'elle doit vraiment être dans un sale état, encore pire que la partie que je voyais dans ton dos. Je me trompe ? »

Il serra les dents et les poings, lui lançant un regard meurtrier, et répondit d'une voix grave et lente qui la fit frissonner : « Humaine, je n'aime pas qu'on présume à mon sujet, et tu le sais très bien. Ma queue guérira toute seule et tu n'y toucheras pas.

-Aah ! Comprit-elle enfin. On ne touche pas la queue d'un saiyan, c'est à cause de ça ?

-Bravo. La nargua-t-il, exhibant son sourire moqueur pour la première fois de la soirée. Et moi qui pensais que tu avais un minimum de mémoire, tu en as mis du temps ! Allez dégage !

-Certainement pas. On va à l'infirmerie.

-Humaine... Grogna-t-il mécontent.

-Arrête de te plaindre ! S'agaça-t-elle. Ça n'a pas de sens ! Je ne sais pas ce que c'est que ta fixation sur ta queue, mais c'est quand même pas comme si tu étais blessé aux couilles ! Une fois, tu m'as déjà laissé soigner une plaie sur l'intérieur de ta cuisse sans broncher, alors c'est quoi le problème avec ta queue ? Je me doute bien que c'est pas en l'écrasant dans mes petites mains délicates que ça va te faire perdre tes forces ! Je te toucherai aussi peu que possible, d'accord ? Mais toi arrête de faire ton effarouché et viens avec moi ! Je suis ta scientifique, je vais te soigner ! »

Première seconde, il ne répondit pas. (Il hésitait entre détester sa grossièreté ou admirer son courage)

Deuxième seconde, Bulma lui lança un regard appuyé. (Allez, s'il te plaît, ne te fais pas prier, j'essaie de faire la paix, tu ne vois pas ?)

Troisième seconde, elle cilla violemment et il détourna le regard en sifflant entre ses dents.

Soulagée, Bulma sourit et fit demi-tour, se dirigeant vers l'infirmerie. Un regard par dessus son épaule lui confirma que le guerrier la suivait, bien que se tenant à distance, bras croisés et regard lourd de menaces.

ooooo

Maudits droïdes lance-flammes ! Maudit humain minable qui ne cache pas son énergie ! Maudite gravité !

Végéta ne savait pas exactement pourquoi, mais d'avoir senti la présence de l'humain minable à proximité de sa scientifique, dans un domaine qu'il considérait un peu comme son territoire sans avoir le droit d'en chasser les intrus, cela avait contribué à cette bribe d'inattention durant laquelle sa queue enroulée autour de sa taille avait reçu de plein fouet ce coup qui, contrairement aux boules d'énergie, ne pouvait être ni intercepté ni absorbé. Toute son énergie qui servait d'ordinaire à construire ses défenses était réquisitionnée pour empêcher son organisme de se réduite en purée sous la gravité extrême. Son abdomen avait en partie été protégé grâce à sa queue, mais il aurait mille fois préféré avoir reçu le coup dans le ventre. Ça lui aurait épargné cette situation gênante avec l'humaine.

Bien entendu, sa queue était entraînée au point qu'aucun étau ne serait parvenu jusqu'au nerf extrêmement sensible qui s'y trouvait, et qui, une fois pressé, faisait perdre sa force à n'importe quel saiyan. Mais la douleur restait la même.

Cette même douleur qui l'avait empêché d'esquiver le passage des droïdes laser, dont le tir avait, par malchance, touché exactement au même endroit.

La douleur avait été telle qu'il avait presque envisagé de s'arracher la queue pour se débarrasser à jamais de ce pathétique point faible. Il l'aurait fait s'il n'avait pas déjà en mémoire les multiples souvenirs de la souffrance atroce que cela représentait. Et puis sa queue était parfois utile pour frapper, du moins, quand elle était valide.

Il avait espéré passer inaperçu auprès de Bulma, mais celle-ci en avait décidé autrement. Il n'aurait pas dû lui crier de se taire en l'entendant crier sur le minable. Mais pour une raison obscure, ce qu'il avait entendu l'avait mis de mauvaise humeur. Il ne comprenait pas bien les tenants et aboutissants de cette conversation avec trop de concepts terriens inutiles, mais il avait compris une chose qui le tracassait : l'humaine se sentait offensée que quelqu'un mentionne un éventuelle rapprochement entre elle et lui. Elle trouvait cela dégradant…

Alors que c'était lui, Végéta, qui était la vraie personne digne de trouver cela dégradant, de s'être abaissé à désirer cette fille et baisser sa défense en sa présence ! En quoi, elle, osait-elle se sentir dégradée comme lui se sentait ? De quel droit se considérait-elle en tous points comme son égale, cette créature inférieure ? Et pourquoi diable était-il vexé ?

Et Elle ! Cette perfide vipère au parfum d'épices qui marchait devant lui, lui lançant des sourires malveillants en coin ! Elle cherchait à pousser le jeu en sa faveur pour le déstabiliser, mais il ne la laisserait pas faire.

« Allez ! Assieds-toi ! » Lança-t-elle en reprenant sa vieille habitude.

« Humaine, donne-moi juste les produits, je vais m'occuper de ma brûlure moi-même. Déclara-t-il d'un ton sans appel.

-Oh ? Tu sais faire ça toi ?

-Tu crois vraiment que j'ai toujours eu un scientifique sous la main à chaque fois de ma vie où j'ai été blessé, humaine ? Donne-moi ce fichu flacon !

-D'accord d'accord. Lui répondit-elle en lui tendant le désinfectant qu'elle venait de retirer de l'armoire. J'attends de voir comment tu t'en sors.

-Tsss ! »

Il déroula avec précautions sa queue d'autour de sa taille en veillant à ne pas toucher le T-shirt au passage. L'humaine grimaça en laissa échapper un sifflement de désapprobation entre ses dents en voyant la chair à vif sur une bonne dizaine de centimètres. La fourrure avait grillé sur plus de la moitié du membre, ainsi qu'une bonne partie de la peau qui se trouvait en dessous. Bah, il savait qu'elle repousserait vite !

« Mes lance-flamme sont efficaces on dirait. » Fit Bulma sur un ton de conversation.

(Oui, mais tu ne le sauras pas.) « Je m'entraîne sur une technique de barrière de ki. Répondit-il calmement. Contre tes autres droïdes minables ça n'avait pas le moindre intérêt.

-Il faudrait peut-être nettoyer la plaie avant… Remarqua-t-elle.

-Non. »

Il tendit la blessure face à lui et décapsula le désinfectant.

« Fais attention, ça…

-Oui je sais, l'interrompit-il sans la regarder. Ton liquide est censé piquer. Jusqu'à présent je n'ai jamais rien senti. » (Bah, à peine… Songea-t-il en appuyant sur le pulvérisateur.)

« Eh vas-y doucement, tu…

-Humaine, arrête de me donner des ordres ! S'agaça-t-il. Tu me…. Hhhhhh ! »

Il s'interrompit net et serra les dents et les poings. La bouteille de désinfectant explosa dans sa main.

Il recula sa queue juste à temps pour éviter toute éclaboussure de cet infâme liquide qui lui rongeait la chair comme de l'acide. S'était-il à ce point brûlé la peau pour que la douleur parvienne si vite jusqu'au nerf ?

« Ah bravo ! » Commenta Bulma qui avait croisé les bras.

Il lui jeta un regard furibond, lui intimant de se taire sur-le-champ. Bien entendu, elle n'en tint pas compte et, au lieu de cela, sourit d'un air entendu : « Je t'avais dit de faire attention.

-Et moi je t'avais dit de te taire.

-Si tu m'avais écoutée au lieu de ça… Moralisa-t-elle en se tournant à nouveau vers l'armoire. Allez. Laisse-moi faire... Eh ! »

Il venait de lui arracher le nouveau flacon des mains et se dirigeait à nouveau vers le lit où il se rassit. Il lui jeta un regard froid : « Non. »

Elle ouvrit grands les yeux et la bouche, et resta un moment sans mot, tandis que lui, ouvrait le flacon et le reniflait avec suspicion.

« J'en reviens pas. Déclara-t-elle enfin. Ça ne te ressemble pas, Végéta, d'avoir peur de moi comme ça. C'est quoi ton problème ?

-Hn ! Ricana-t-il. Humaine, si j'avais peur de toi tu crois vraiment que tu serais ici en ce moment ?

-Il se trouve que j'y suis.

-Je ne te retiens pas. »

Il tenta de presser le pulvérisateur avec douceur, dirigeant le jet au niveau du bout de sa queue, à un endroit où la chair était moins à vif. S'il parvint décemment à masquer sa réaction en maintenant un masque impassible, il ne put empêcher son esprit de se mettre à hurler une série de jurons dans plusieurs langues différentes.

Puis un élément externe au décor vint perturber sa tirade intérieure : une petite main frêle posée sur son épaule, qui retint juste suffisamment son attention pour permettre à la douleur de commencer à s'estomper. Bulma lui souriait d'un air à la fois amusé et plein de compassion. Il détesta immédiatement ce sourire autant que celui-ci l'intriguait.

« Un peu d'eau tiède et du savon doux ça devrait suffire. Signalèrent les yeux bleus avec une voix douce. Évite d'exploser ma bouteille, je n'ai plus que celle-là.

-Retire tes sales pattes de moi immédiatement. Grogna-t-il en vain.

-Allez, viens ! Signala-t-elle en s'éloignant vers l'évier. Promis je te laisse t'en occuper, mais je surveille que tu laves correctement ta blessure. Sinon ça va s'infecter et tu vas encore me faire perdre mon temps.

-Je ne t'ai pas demandé de…

-Je sais, je sais Végéta. Le coupa-t-elle d'un air désabusé en ouvrant le robinet. Rappelle-toi. Je suis la scientifique et tu es le guerrier, et blablabla. Donc je serai là à chaque fois qu'il faudra soigner tes blessures, un point c'est tout.

-Nnnn… Gromela-t-il.

-Là. L'eau est chaude. Viens me dire si la température te convient. »

Quelques instants plus tard, Bulma observait avec appréhension le saiyan immerger sa queue meurtrie dans le grand bac rempli d'eau savonneuse. Il serrait les dents. Et elle avait beau se dire qu'elle le détestait et que cet homme n'était qu'un tueur qui la méprisait et l'ignorait au plus haut point, elle ne pouvait pas s'empêcher de s'attendrir lors de ces moments extrêmement rares où elle avait l'occasion de lui entrevoir un point faible.

Bulma savait, pour l'avoir soigné de multiples fois, que le saiyan était extrêmement résistant à la douleur. Le voir dans cet état l'intriguait d'autant plus et la peinait à la fois. Pour ces deux raisons, elle se mit à parler :

« Comment ça se fait que tu aies aussi mal ?

-Pour la même raison qu'une écharde plantée dans le bout de ton doigt te fait autant mal qu'une grosse plaie au mollet. Répondit-il d'un air maussade. Tu ne poserais pas cette question si tu avais une queue. C'est à la fois notre ultime atout et notre plus gros point faible. Pourquoi est-ce que tu crois qu'un saiyan non entraîné perd toute sa force quand on lui écrase la queue ?

-Euh, je ne sais pas…

-Parce qu'on a une saloperie de nerf là-dedans. C'est par lui que passe l'ordre de la mutation en singe géant.

-Ah ?

-Sauf que quand il n'y a pas assez de chair sur la queue, c'est très facile de presser ce nerf. C'est ça qui inhibe tous les muscles moteurs.

-Et ça fait mal ? »

En réponse, il se contenta d'un regard noir avant de retourner son attention vers sa queue qu'il tentait de laver sans arracher trop de lambeaux de peau.

« Ah ouais… Remarqua Bulma. Et donc là…

-Non. Répondit-il. Ça fait mal, mais tu n'arriverais pas à me faire perdre mes forces. Ne me sous-estime pas. J'ai passé l'épreuve des pierres alors que je n'avais qu'une dizaine de voyages spatiaux d'expérience... Par contre, si tu esquisses le moindre mouvement qui pourrait me laisser penser que tu vas essayer de tester, je t'étrangle.

-Mais non, ne t'inquiète pas. Le rassura Bulma en reculant insensiblement. C'est quoi l'épreuve des pierres ? »

Il lui jeta à nouveau un regard noir rempli de soupçons. Il sembla même à Bulma lire du mépris dans ce regard noir. Noir. Si noir…

« C'est l'épreuve qui différencie les guerriers supérieurs des troisièmes classes. Lui répondit-il finalement. La première à passer quand on veut monter dans les élites.

-Ah bon ? Tu n'étais pas un élite depuis le début ?

-Si, mais ça ne m'a pas dispensé de passer l'épreuve.

-Et ça consiste en quoi ?

-Tsss ! En quoi ça t'intéresse, humaine ?

-Simple curiosité scientifique. » Répondit-elle. (J'ai beau te détester, tu es quelqu'un de fascinant et j'aime apprendre à mieux te connaître. Lui souffla de dire une petite voix dans sa tête, qu'elle tenta immédiatement de gifler mentalement.)

Il mit plusieurs secondes à se décider à parler, mais il le fit néanmoins : « On met sa queue sur un gros rocher anguleux, et un aîné écrase dessus une série de pierres de plus en plus grosses. Généralement elles sont réduites en miettes au bout de deux ou trois coups.

-Mais c'est horrible !

-Bah ! Tous les deuxième et première classe passaient par là.

-Et ça durait combien de temps ?

-Jusqu'à ce que le gosse soit en mesure de tenir une conversation normale sans broncher.

-Mais c'est affreux ! C'est barbare !

-C'est efficace. Commenta-t-il simplement. La peau s'endurcit vite, et ensuite on peut se vanter de ne plus avoir aucun point faible.

-Et toi ?

-Quoi moi ?

-Eh bien… Hésita Bulma. Comment tu l'as vécu ? Ça a duré longtemps ?

-Non, ricana-t-il avec une lueur de malice dans les yeux. Je ne leur ai même pas fait le plaisir de tomber dans les pommes une seule fois. Au bout d'une demi-heure à peine ils m'ont laissé partir.

-Une demi-heure… Répéta-t-elle d'une voix blanche en regardant devant elle l'eau d'une couleur brune sous les bulles de savon.

-Généralement ça prend quelques jours. » Précisa Végéta.

Première seconde. Bulma haussa les sourcils et dévisagea le saiyan d'un air intrigué. Il avait volontairement passé sous silence une partie de son récit, elle en était sûre. Ça n'était pas logique.

Deuxième seconde. Il leva les yeux et rencontra son regard.

Troisième seconde. Il ricana d'un air entendu.

« J'avais passé des nuits entières à me préparer.

-Tu t'entraînais ?

-Pas vraiment, j'étais censé dormir la nuit, donc je prenais ce que j'avais sous la main.

-Et… Qu'est-ce que tu avais ?

-Mes dents. »

Bulma ne trouva rien à répondre, et il détourna son attention d'elle avec un « Tss ! » méprisant. Dans l'esprit de la jeune femme, une image se formait. Celle d'un enfant avec dans son regard noir la fougue et la passion de l'homme qui lui tournait à présent le dos, prêt à tous les sacrifices et toutes les souffrances pour prouver qu'il avait de la valeur et qu'il était digne de l'admiration qu'on lui portait. Il lui semblait même voir briller dans la nuit ces deux petits yeux scintillants de détermination tandis qu'il mordait de toutes ses forces dans sa propre queue, s'imposant la douleur en silence pour ne pas à avoir à la subir au grand jour…

...

Végéta lui en voudrait-il si elle tentait de le prendre dans ses bras, là, maintenant ? Comprendrait-il ? Savait-il seulement ce qu'était la compassion ? La tendresse ?

Au lieu de cela, elle se retourna vers l'armoire à pharmacie pour en extraire plusieurs rouleaux de bandages qu'elle tendit au guerrier : « Tiens. Ceux-là sont déjà imbibés de désinfectants. Ça ne devrait pas piquer. » C'était sans doute le meilleur moyen de lui témoigner son attention sans se faire tuer.

« Merci. » Grommela-t-il en saisissant l'un des rouleaux sans lui adresser un regard.

Bulma fut si surprise qu'elle manqua de lâcher tout ce qu'elle tenait dans les mains. (QUOI ?). Végéta, lui, n'avait simplement pas fait attention à ses mots.

ooooo

Après cet épisode, il sembla à Bulma qu'elle était capable de faire la paix avec Végéta. Recommencer à vivre côte à côte, sans se haïr à cause d'un bon moment passé qu'il était plus sage de ne pas prolonger.

Sans avoir été consulté à l'avance, dès le lendemain, Végéta eut la surprise de voir Bulma s'asseoir à côté de lui à table et remplir son assiette à elle, se mettant à parler comme si elle n'avait jamais été en colère contre lui depuis des semaines, et que ces nombreux épisodes de tension entre eux n'avaient jamais eu lieu.

Il aurait pu marcher dans son bluff s'il n'avait pas senti son odeur et les remous de son ki légèrement modifiés.

Elle prétexta reprendre l'habitude de manger avec lui pour garder un œil sur son état de santé, puisque visiblement il n'était pas fichu de prendre soin de lui-même. Il lui répliqua qu'elle était stupide, mais intérieurement (et même s'il refuserait à tout jamais de le reconnaître, ne serait-ce que pour lui-même), il lui en était reconnaissant.