[Note de l'auteure] Salut tout le monde ! Bon, désolée, j'ai encore traîné, et en plus le chapitre n'est pas parmi les plus longs. Mais enfin il avait l'air de vouloir se terminer là donc je l'ai laissé comme ça. Je me suis remise à écrire régulièrement. Je ne peux pas vous promettre une régularité exemplaire, mais je fais de mon mieux.

Merci à vous toutes et tous pour vos commentaires et soutiens ! ça me fait vraiment plaisir, tant les encouragements que les remarques ou les demandes ! Vous êtes la raison principale pour laquelle j'ouvre ma boîte mail le soir, alors merci !


Les non-dits

Oh non j'en ai trop dit.

Même si pas tout ce que je voulais.

Même si je n'en ai pas dit assez.

Moi qui n'ai rien dit.

ooooo

Il faisait très froid ce jour-là. De ces jours clairs et mordants comme le cristal, recouvrant tout le paysage d'un voile de diamants scintillants, et le figeant dans une image irréelle en noir et blanc contre le ciel multicolore du soleil couchant.

Bulma ne s'attarda pas à admirer le paysage et traversa le jardin en courant.

Le chauffage de son laboratoire était en panne depuis deux heures et elle n'avait pas trouvé en elle le courage de sortir pour le réparer. Pas par ce froid. Demain il ferait moins froid. Elle réparerait ce chauffage en un rien de temps ! Songeait-elle en expirant un nuage de vapeur et serrant fortement ses bras autour de sa poitrine tout en trottinant vers sa maison.

En plus d'avoir froid, elle était fatiguée.

Son sommeil qu'elle avait espéré retrouver une fois la guerre froide terminée avec Végéta n'avait été que plus agité encore ces derniers temps. Des rêves bizarres lui revenaient en boucle, où elle courrait après le saiyan qui s'éloignait d'elle sans jamais se retourner. D'autres encore où elle le prenait dans ses bras mais il ne réagissait pas plus qu'une statue de marbre. Et d'autres enfin, où il réagissait, et d'où elle se réveillait en sursaut, couverte de sueur et pleine d'attentes inassouvies.

Elle était fatiguée.

Tout ceci n'avait pas de sens.

Elle était fatiguée.

Et lasse.

Trop de temps perdu sur des calculs insolubles, les doigts engourdis de froid tapant aussi vite que possible sur le clavier de son ordinateur qui n'affichait que des résultats trop faibles pour lui convenir et des messages d'erreur.

C'est sans réfléchir qu'elle se retrouva, encore grelottante de froid, dans la cuisine à observer le dos de son invité en train de manger à cette heure tardive. Un seul mot parvint alors à son esprit : chaleur.

C'était l'impression qu'elle avait, recroquevillée là à le regarder, tandis que lui ne s'était pas encore aperçu de sa présence... Ou peut-être faisait-il simplement mine de l'ignorer.

En réalité, elle avait toutes les peines du monde à ne pas s'approcher davantage. Elle était fascinée sans comprendre pourquoi. Peut-être était-ce le froid qui l'avait engourdie... Elle aurait voulu poser ses mains sur son dos, pour profiter un peu de cette chaleur qu'elle sentait émaner de lui. Et ce cou, ce joli cou dégagé, elle aurait pu y mettre son nez glacé pour le réchauffer tout en profitant de son odeur suave et si mâle...

« Quoi ? » Claqua-t-il d'un air agacé en se retournant.

Végéta n'avait pas la moindre idée de ce que trafiquait encore cette humaine, mais depuis son entrée dans la pièce, il avait toutes les peines du monde à maintenir ses défenses en place. C'était encore et toujours le même problème avec elle. Même s'il n'était pas en danger pour autant, il se refusait à accepter l'idée de baisser sa garde en présence de quiconque, fut-ce une créature aussi inoffensive.

Depuis son arrivée donc, il tentait de remettre sa défense en ordre, mais le regard qu'elle lui jetait dans son dos était si insistant qu'il semblait émettre de la chaleur et faisait se hérisser tous les poils de sol dos. Il comptait mettre fin à ce moment bizarre au plus vite.

Première seconde. Elle cilla violemment, comme prise au dépourvu de s'être faite repérer.

Deuxième seconde. Il haussa un sourcil surpris en la voyant presque recroquevillée sur elle-même, légèrement plus pâle qu'à l'ordinaire.

À la troisième seconde, elle sembla enfin raccrocher la conversation et fronça les sourcils :

« Hum... grogna-t-elle en plissant le nez pour marquer (faussement) son dégoût. Tu es sûr que tu as pris une douche ? »

Première seconde. Rien.

Deuxième seconde. Il cilla.

Troisième seconde, le cœur de Bulma s'emballa brusquement... Douche... Non, ce n'était pas ce qu'elle avait voulu dire... Ne pas penser à ça ne pas penser à ça ne pas...

« De quoi je me mêle ? Claqua-t-il. Et qu'est-ce que ça peut te faire ?

-Ça veut dire que tu sens la sueur. » précisa-t-elle. (pas « tu sens mauvais », c'était bien plus subtil que cela).

-Et toi tu sens le nettoyant de ton laboratoire, l'étain brûlé, le plastique fondu, le papier, l'encre, la poussière chauffée, ton odeur artificielle de fleur bizarre, sans parler de... » (de ton fichu parfum d'épices et d'océan qui te suit partout) Par chance, il s'était interrompu à temps.

Par chance, Bulma ne remarqua pas qu'il n'avait pas fini sa phrase. Au lieu de cela, elle lui fit grâce d'une nouvelle tirade sur la dignité des demoiselles que l'on ne pouvait pas se permettre de traiter ainsi, qu'elle acheva par un « et d'ailleurs, puisque c'est comme ça, je vais me laver, moi !

-Eh ! Et mes droïdes ? » Intervint Végéta en réalisant qu'elle était sur le point de s'en aller sans faire le point avec lui sur l'état de ses machines d'entraînement.

Elle dissipa ses paroles d'un revers de la main tandis qu'elle s'éloignait déjà : « Oui oui, je reviens ! » Lança-t-elle d'un air lasse.

Dès qu'ils furent chacun hors de vue l'un de l'autre, ils soupirèrent tous deux d'agacement (ce qui, pour Végéta, revenait plutôt à expirer bruyamment en plissant le nez). C'était passé juste. Trop juste. Il leur fallait faire plus attention à chacun de leurs faits et gestes. C'était le genre de choses qui, une fois dites, pouvaient facilement être retournées contre eux... Trop dangereux. Surtout face à l'autre.

ooooo

« Méfie-toi, Bulma, ce type est dangereux. » Répétait en boucle la voix de Yamcha dans la tête de Bulma. Elle tâchait de se le répéter régulièrement, mais rien n'y faisait : ces paroles avaient sur elle l'effet inverse de celui attendu. Depuis que Yamcha les avait prononcées, au lieu de se méfier davantage, la jeune femme avait au contraire commencé à renouer la conversation avec le mercenaire qui vivait sous son toit. Parce qu'intriguée. Parce que goût du risque. Parce qu'esprit de contradiction.

Aborder ce sujet avec Yamcha avait comme débloqué quelque chose en elle. Comme si elle avait été trop focalisée sur les récents événements qui s'étaient déroulés entre elle et le mystérieux guerrier, et qu'elle en avait oublié l'inquiétude des autres. Ceux qui craignaient Végéta et craignaient pour elle.

Elle comptait bien démontrer qu'elle n'avait pas peur, qu'elle n'était pas la faible femme pour qui semblait la prendre son ancien compagnon. Elle était la fille de la bande, le génial cerveau du groupe, la solution diplomatique... Peut-être même la seule personne à même d'empêcher un nouveau conflit destructeur avec le dangereux prince des saiyans.

Elle avait enfin surmonté sa nervosité pour recommencer à voir cet homme comme une source d'intrigue et de défis, et même presque un camarade. Ça aurait été dommage de détruire cette relation si spéciale avec lui juste à cause d'un coup d'un soir et de sa fierté féminine...

Il fallait juste qu'elle surveille ses pulsions...

ooooo

Le prince s'arrêta face à la porte et hésita. Il envisagea même de frapper avant de se rappeler qui il était et à qui il avait affaire. Il poussa brutalement la poignée et la porte s'ouvrit dans un « BAM » qui aurait fait sursauter n'importe quel bipède inférieur.

Mais l'humaine face à lui n'était pas n'importe quel bipède inférieur.

Avertie par son détecteur, elle regardait déjà dans sa direction avant même qu'il n'ait ouvert la porte, et fixait à présent sur lui ses deux grands orbes bleus pleins de curiosité et d'étonnement. Il ne venait jamais la voir dans son laboratoire sans raison. Il n'avait pas de nouvelle machine à venir récupérer. Donc logiquement, elle allait en déduire...

« Végéta ! Est-ce que ça va ? » Demanda-t-elle en se levant de son établi.

Il ne répondit pas et se contenta d'attendre. Il savait ce qu'elle allait faire ensuite.

La scientifique posa ses outils et s'approcha. Puis elle fronça les sourcils en désignant son bras : « Qu'est-ce que tu t'es fait ?

-Poignet cassé. Répondit-il sur un ton neutre.

-Aïe... Comment tu as fait ton compte ? Ça fait des lustres que ça ne t'est plus arrivé... » Fit-elle en approchant la tête pour inspecter les dégâts.

« J'ai encore augmenté la gravité. Et toi, qu'est-ce que tu t'es fait à la main ? » Fit-il en désignant d'un air désintéressé le bandage qu'elle avait autour de l'index.

-Oh ? Je me suis brûlée avec mon fer à souder. C'est gentil de t'en soucier... » Elle se sentait si stupide d'avoir ainsi sursauté lorsque le « bip » strident de son ordinateur lui avait signalé que la chambre de gravité passait un nouveau seuil, jamais encore atteint (une alarme qu'elle avait mise en place afin d'être prête à réagir en cas d'accident grave).

« Je ne m'en soucie pas, humaine. C'était de la simple curiosité. » Signala-t-il en fronçant les sourcils. Il se sentait stupide de s'être laissé distraire aussi bêtement, lorsqu'il avait senti le ki de Bulma sursauter brusquement, comme si elle était en danger. Il avait alors manqué son esquive s'était fait tirer dessus, et s'était écrasé au sol en tentant de se réceptionner sur un bras... Ce qui aurait parfaitement fonctionné à une gravité inférieure... Sauf qu'il venait précisément de l'augmenter... Il était tellement en colère contre lui-même qu'il s'était interdit d'aller vérifier si l'humaine allait bien.

Pourtant, au final, il était là... Mais c'était uniquement pour qu'elle s'occupe de son poignet bien entendu.

« Tsss ! Siffla Bulma en croisant les bras. Tu aurais au moins pu faire semblant de te sentir un minimum concerné par ma santé, malpoli ! Bon allez, à l'infirmerie ! J'ai pas toute la soirée, moi, j'ai du travail !

-Tsss ! À ce propos, comment avance ma nouvelle armure ? Demanda le guerrier en lui emboîtant le pas sans plus attendre.

-Ça. Je n'ai pratiquement pas le temps de m'en occuper avec tous les robots que tu casses et mes autres projets. Mais je suis toujours bloquée dans la phase de recherche. J'ai beaucoup de mal à trouver des matériaux qui me permettent de faire un alliage convenable. Ton armure était fabriquée avec des composés qu'on ne trouve pas sur Terre. Tu ne veux toujours pas me la prêter à nouveau ?

-Non.

-Pfff ! S'agaça-t-elle. Très bien. Mais ne t'étonne pas que je mette tant de temps à concevoir un nouveau modèle alors. C'est un peu comme si je devais reprendre la conception de zéro alors que tu pourrais me fournir les bases techniques qui permettent de reproduire ce que tu veux...

-Humaine, si je voulais une armure comme celle que j'ai ici, j'aurais pu m'en rapporter tout un stock. Si je ne l'ai pas fait, c'est parce que je compte bien sur le fait que tu me fournisses mieux, et sans reproduire les défauts de la technologie des Cold. »

Surprise par cette réponse (flattée même), Bulma lui jeta un regard en coin, mais Végéta ne la regardait pas, trop occupé à inspecter son poignet qui avait une affreuse couleur en dégradés de bleus et verts.

« Ça fait combien d'heures que tu t'entraînes avec ton poignet cassé ? » lança-t-elle sur un ton de reproche. Il lui jeta un regard soupçonneux, et elle ajouta avec un soupir lasse : « Non je ne t'espionne pas, mais je ne suis pas stupide et je vois bien la couleur de ton bras. Je dirais que ça fait au moins trois heures, je me trompe ?

-Je n'en sais rien. Répliqua-t-il sombrement. Qu'est ce ça peut bien me faire de mesurer le temps que je passe dans ma chambre de gravité ?

-Végéta, ce qui change c'est l'efficacité et le temps des soins. Si tu ne veux pas encore te retrouver avec un bandage pendant des semaines, mieux vaut venir me voir tout de suite.

-Humaine, dans un combat à mort, on ne laisse pas l'occasion à l'adversaire d'aller se faire soigner. Se battre malgré tout, ça fait partie de l'entraînement. L'organisme des saiyans est conçu pour se renforcer à la mémoire de chaque blessure. »

Elle ne répondit pas mais expira bruyamment pour marquer sa nette désapprobation. Ils ne parviendraient jamais à s'entendre sur ce point. La seule idée de toutes les souffrances que s'infligeait cet homme pour parvenir à son but lui glaçait le sang.

Mais ils étaient arrivés à l'infirmerie, elle se contenta donc d'ouvrir l'armoire à pharmacie et de s'en tenir, comme à son habitude, à son rôle de scientifique.

« Laisse-moi inspecter ton bras. » Indiqua-t-elle au guerrier qui venait de s'asseoir sur le lit comme à son habitude.

Elle posa à portée de main le matériel qu'elle venait de prendre et tendit la main, dans un geste entendu.

Il sembla hésiter, puis, sans la regarder, il lui tendit lentement son bras meurtri, qu'elle saisit doucement. Il fronça les soucils : son poignet le lançait, mais il sentait parfaitement le contact de la main de l'humaine, et il lui semblait l'avoir sentie frémir. Bizarre.

« Est-ce que ça fait mal quand j'appuie là ? » Demanda-t-elle.

Par réflexe, il tourna la tête vers elle pour lui répondre que non, il n'avait pas mal, et qu'il n'aurait pas mal même quand elle appuierait là où était la fracture, mais il se trouva interrompu par la vue plongeante qu'il avait, droit dans le décolleté de la jeune femme penchée sur son bras.

Il cilla.

Bulma leva les yeux vers lui en attendant sa réponse... et se redressa précipitamment : « Eh ! Végéta ! Réponds-moi ! Je sais que tu as soit-disant jamais mal, mais je ne vais pas trouver où est la fracture toute seule ! »

Il refocalisa immédiatement son attention sur elle, et la gratifia d'un regard sombre qui lui fit réprimer un frisson. Puis il leva sa main valide pour désigner un point sur son poignet blessé : « C'est par là. Fracture nette et propre sans décalage de l'os,. Du genre de celles qui se recollent facilement. »

Bulma soupira : « Bon, ok. Juste une question alors. J'ai amélioré la pommade recalcifiante que j'avais utilisé la dernière fois sur toi. Ça te dit d'être mon cobaye ?

-C'est quoi l'intérêt pour moi ?

-Eh bien... Si ça marche, dans deux ou trois heures ton bras sera déjà presque complètement remis. Tu n'aurais besoin de garder un bandage que pendant une seule journée au final... »

Il fronça les sourcils et hésita entre lui demander où était l'arnaque ou bien pourquoi elle n'avait pas déjà sorti sa pommade. Il opta finalement pour la seconde option.

Elle lui répondit par un grand sourire et attrapa le gros pot qu'elle avait (en effet) déjà sorti de l'armoire à pharmacie quelques minutes auparavant. Celui-ci contenait une étrange pâte verte à forte odeur d'algues, qu'elle appliqua à l'aide d'une spatule sur le poignet violacé de Végéta en murmurant : « J'espère que ça va marcher...

-Je l'espère aussi pour toi. » Répondit-il sur un ton de menaces qui ne sembla absolument pas avoir l'effet escompté car il la fit sourire.

Lorsque son avant-bras et sa main se trouvèrent entièrement recouverts d'un demi-centimètre de pâte verte, le saiyan leva l'ensemble à hauteur de son visage, et constata : « C'est en train de durcir, humaine.

-C'est normal, répondit-t-elle. Ça va se craqueler dans deux ou trois heures quand ton poignet sera complètement recalcifié.

-Donc d'ici-là, je dois garder ce truc rigide ?

-Oui, et il vaut mieux même que tu bouges le moins possible dès que la pâte sera complètement prise en masse. Ton bras doit rester parfaitement immobile.

-Quoi ? Tu te moques de moi ?

-J'ai l'air ?

-Et qu'est-ce qui se passe si je bouge mon bras ?

-Eh bien... Ça pourrait stopper net le processus, la pâte resterait collée à ta peau et on galérerait à la retirer.. Mais surtout, tu te retrouverais avec des complexes calciques migrants piégés dans tes tissus. S'ils ont déjà franchi l'épithélium, ça risque de s'installer un peu n'importe où... Dans le muscle, dans le derme, dans les...

-Quoi ? Tu veux dire qu'il y a des saloperies qui resteraient coincées dans mon bras ?

-Euh... En gros oui... Mais...

-Mais tu n'aurais pas pu me le dire avant ? S'énerva-t-il. Qu'est-ce que je suis censé faire trois heures sans bouger ? Je peux aller manger au moins ?

-Non. J'ai dit que tu devais bouger le moins possible, et je suis sérieuse. Tu bouges trop quand tu manges. Désolée mais pour l'instant c'est le plus efficace que j'aie pu inventer. Reste assis ici, c'est plus prudent. Ça a déjà commencé à durcir... Tu peux utiliser ton autre bras si tu veux, tant que tu fais bien attention à laisser ce bras-ci immobile... Arrête ! Ne fais pas cette tête-là s'il te plaît ! Tu peux bien patienter trois petites heures tout de même ! Et ça ne te ferait pas de mal de te poser un peu d'ailleurs... Tiens ! Si tu veux je peux... aller nous chercher une bonne bouteille de vin... ou bien te faire un thé, je t'allume la télé et je te laisse regarder un film pendant que je retourne travailler... » Proposa-t-elle d'un air embarrassé, avant d'ajouter sur un ton qui se voulait réconfortant mais laissait paraître sa nervosité : « Allez, c'est juste deux ou trois petites heures et demain soir tu seras complètement remis... C'est quand même incroyable, non ?

-Comparé aux machines médicales, c'est pathétique. Grogna-t-il.

-Oh, je vois. Eh bien puisque tu n'es pas content, tu n'as qu'à retourner je ne sais où dans l'espace te faire soigner par quelqu'un d'autre !

-Tsssss ! » Siffla Végéta, visiblement très mécontent. Dans une machine médicale non plus il n'aurait rien pu faire à part attendre dans le liquide froid les yeux fermés...

Première seconde. Il serra les dents.

Deuxième seconde. Il la foudroya du regard.

Troisième seconde. Il siffla à nouveau entre ses dents en tournant la tête sur le côté.

« Bon eh bien rends-toi utile et va chercher le oorlog ! »

Et là il y eut la lumière. Il vit les yeux de Bulma s'allumer comme des étoiles tandis qu'elle battait des cils, comme s'il venait à l'instant de rendre possible un de ses rêves les plus fous.

« Et évite de me sortir ton excuse comme quoi tu as du travail... » Prévint-il sur un ton lourd de reproches pour masquer son inconfort.

Première seconde. Elle battit des cils à nouveau.

Deuxième seconde. Elle sourit.

Troisième seconde. Elle tendit la main pour activer une hop-pop capsule posée juste à côté d'elle, celle qu'elle avait sortie de l'armoire quelques minutes auparavant. Végéta fronça les sourcils.

C'était le oorlog.

« Sale peste ! Cracha-t-il. Tu avais tout manigancé depuis le début !

-Tu ne vas quand même pas t'étonner que j'avais anticipé ça ? Je suis une grande stratège tu sais !

-Si tu étais une si grande stratège, tu te serais rappelé que je déteste qu'on présume à mon sujet !

-Je n'ai pas présumé. Répondit-elle tout sourire. Disons plutôt que j'ai fait un pari. Je n'avais rien à perdre à sortir le jeu au cas où, alors j'ai tenté ma chance.

-Mais bien sûr ! Tu as inventé ce stratagème ridicule de pâte qui se fige pour me coincer, c'est ça ?

-Non mais oh ! S'agaça la jeune femme. C'est pas moi qui t'ai cassé le poignet que je sache ! (Non, cela, Bulma ne pouvait pas le savoir.) J'ai inventé une formule qui permette de t'éviter de t'immobiliser ton bras dans un bandage pendant des semaines, et c'est comme ça que tu reconnais mon travail ? »

À nouveau, le guerrier resta quelques instants silencieux à la foudroyer du regard. Puis il répondit d'une voix lente et grave : « Je te préviens humaine, si ça ne marche pas, ta pommade miracle je te la fais bouffer en même temps que je t'étrangle.

-Je relève le défi. » Sourit-elle.

Ça avait toujours été comme cela entre eux deux. Une série de défis, de marchés, et de stratégies. Des manœuvres tactiques, des approches précautionneuses, des tentatives d'intimidation, des prises de position risquées et des affrontements interminables.

Ils passeraient la soirée entière ensemble à jouer, même après que la pâte verte sur le poignet du guerrier se soit entièrement craquelée et détachée, après avoir, bien entendu, parfaitement rempli son office.

ooooo

Ce soir-là, Bulma touillait sans envie dans son bol de soupe, avec un air mi-maussade mi-rêveur qu'elle prenait de plus en plus souvent ces derniers jours, surtout depuis l'épisode du poignet cassé une semaine auparavant.

« Papa ?

-Oui Bulma ? S'inquiéta celui-ci. Qu'est-ce qu'il y a ?

-Dis-moi, qu'est-ce que tu fais quand tu as l'impression d'être à côté de la plaque avec ce que tu inventes ?

-Comment ça à côté de la plaque ?

-Eh bien... Imagines, tu crées des tas de choses, et plus tu en inventes, plus ça te stresse...

-Ma chérie, s'inquiéta sa mère, il y a quelque chose qui te tracasse ?

-Non, non... C'est juste mes inventions, en ce moment j'ai l'impression que quelque chose ne tourne pas rond... Un peu comme si...

-Comme si tu cherchais à donner forme à quelque chose de très important mais que tu ne savais pas quoi ? Suggéra le scientifique.

-Oui, c'est ça ! Acquiesça Bulma soulagée.

-Ah oui, je vois bien de quoi tu parles.

-C'est vrai ? Et qu'est-ce que tu fais dans ce cas ?

-Eh bien... Réfléchit-il. Je cherche le lien entre toutes les inventions que j'ai réalisées récemment...

-Ah ?

-Oui, ça me donne une indication sur le sujet que je dois approfondir.

-Mhm... Acquiesça Bulma en recommençant à remuer sa cuillère sans manger.

-Dis-moi, sur quels projets est-ce que tu as travaillé récemment ? Poursuivit-il.

-Euh... des robots de combat à lance-flamme, des modules anti-gravité, un matériau extensible ultra résistant aux chocs, un four multi-cuisson de grande capacité... Comment est-ce que tu veux chercher un rapport entre tout ça ?

-Je ne sais pas, ma fille. Moi je suis doué pour inventer, pas pour déduire... »

Première seconde. Dans le dos de Bulma, sa mère souriait d'un air attendri.

Deuxième seconde, celle-ci cilla violemment en interrompant net sa cuillère.

À la troisième seconde, elle la posa sèchement sur la table, se leva, et déclara d'un air agacé. « Bon, on s'en fiche. Assez discuté, j'ai du boulot !"

Puis elle s'en fut sans laisser l'opportunité à ses parents de répliquer.

« Mais... remarqua son père. Elle n'a rien mangé, non ? »

La mère ne répondit pas tout de suite, fixant de ses yeux clos la porte par laquelle avait disparu sa fille. Puis elle se tourna vers son mari avec un air interrogateur : « Au fait, ça fait combien de temps que Bulma ne fait plus que des inventions qui concernent Végéta ?

-Mhm, quelques mois je crois, pourquoi ?

-Oh rien. Éluda celle-ci. Il était temps qu'elle s'en aperçoive... »

ooooo

« Maman, est-ce qu'il t'arrive de douter de toi parfois ? »

La mère de Bulma était venue lui apporter de quoi manger sur un plateau dans son laboratoire, comme elle avait trop souvent pris l'habitude de le faire ces derniers temps. Elle avait trouvé sa fille en train de mâchonner son crayon face à une feuille blanche. Elle sourit :

« Naturellement, ma chérie. Ça arrive à tout le monde de douter.

-Oui, mais... Douter de ne pas savoir ce que tu veux, ça t'arrive ? Insista-t-elle.

-Bien sûr, souvent même ! Il n'y a pas de honte à ça ! Les couleurs des fleurs que j'achète, la boulangerie où je me rends, la chanson que je vais chanter...

-Ah. Et... Comment tu fais pour faire tes choix ?

-Haha ! Toi, jeune fille, tu as un dilemme ! »

Bulma fronça les sourcils mais ne répondit pas. Ce ne fut pas nécessaire, sa mère lui adressa un clin d'œil et poursuivit : « J'ai une méthode à toute épreuve qui résout toujours tous mes soucis ! Viens avec moi, je vais te montrer mon secret ! »

La blonde saisit sa fille par le poignet et tenta de l'entraîner avec elle : « Allez ! Viens ma chérie ! Je te garantis que ça marche ! » Et devant l'air soupçonneux de sa fille, elle ajouta avec un nouveau clin d'œil : « Je te promets de ne pas te poser de question sur ce qui te tracasse. Tu ne me diras que ce que tu veux me dire. »

Bulma soupira et suivit sa mère. Elle n'avait pas le moral à travailler de toutes manières. Peut-être qu'un peu de compagnie ne lui ferait pas de mal...

Ce ne fut que quelques minutes plus tard, lorsqu'elle se retrouva avec un tablier sur les épaules et une cuillère en bois à la main qu'elle commença à le regretter : « Maman, sérieusement, c'est ça ton truc miracle ? Faire la cuisine ? »

Mais il était trop tard...

ooooo

À posteriori, Bulma n'avait pas trouvé cela si désagréable de faire la cuisine avec sa mère. Manipuler les cuillères et les casseroles avait quelque chose d'apaisant. Ça vidait l'esprit et l'allégeait. La mère, en chantonnant, l'avait d'abord incitée à cuisiner des biscuits salés et épicés qu'elles avaient toutes deux dévorés pour le goûter. Puis la mère avait laissé le choix à sa fille des plats suivants, mais pas celui de s'en aller. Après une brève altercation, celle-ci s'était résignée à rester et avait choisi de préparer le repas du soir. Esprit pratique oblige.

Bulma n'était pas mauvaise cuisinière, mais elle était loin d'avoir l'habitude et la pratique de sa mère qui prenait plaisir à mélanger les ingrédients les plus divers à longueur de journée. Et elle ne s'était pas doutée, jusqu'alors, à quel point la cuisine influençait sa vie : « Aha ! Triompha celle-ci. Regarde-moi comme ce plat de riz a l'air délicieux ! Avec autant de curry, on dirait de l'or ! Que c'est beau ! Oui ! Je vais planter des jonquilles et des tournesols dans le jardin !

-Hein ? Et c'est quoi le rapport avec le riz, maman ?

-La couleur voyons ! Tu vois, j'avais envie de jaune ! D'ailleurs, j'ai aussi fait une omelette et une tarte au citron ! Et c'est maintenant que je m'en rends compte !

-Mhm. Acquieça Bulma, dubitative. Et alors, ton choix de boulanger pour demain ?

-J'irai chez celui du carrefour du roi.

-Ah. Et pourquoi ?

-Parce que j'ai cuisiné des brocolis, de la salade et des capucines. J'ai envie de verdure, et il faut traverser le grand parc pour aller à cette boulangerie-là.

-Mhm...

-En plus, j'ai eu envie de rajouter de la sauce au poivre sur le caméléon grillé, et j'ai aussi mis du poivre dans l'omelette et la soupe au persil, et ce boulanger est le seul qui vende des chouquettes au poivre ! C'est un vrai délice ! Je vais en acheter demain !

-Berk. Commenta sa fille.

-Mais non, c'est très bon ! Et puis moi je n'ai pas eu la main aussi lourde que toi sur les épices !

-Et alors ?

-Alors ? S'étonna sa mère. Ça en dit long, les épices, tu sais !

-Mais bien sûr... Soupira Bulma.

-Mais oui ! Tu as utilisé pas mal de parfums intéressants. Le gingembre et le curcuma sont des boosters du métabolisme. Le piment échauffe l'esprit. Quand à la cannelle, excellent choix d'aphrodisiaque !

-De quoi ? S'écria Bulma.

-Oui, poursuivait sa mère. Je n'aurais pas trouvé mieux moi-même ! La cannelle agit autant par le goût que par l'odeur. Et on sait bien combien la personne à qui tu vas servir tes gâteaux a l'odorat fin !

-Quoi ? Non mais pas du tout ! J'ai pris la cannelle parce que ça va bien avec les pommes, c'est tout !

-Hihi oui ! S'enthousiasma la blonde. Et pourquoi est-ce que tu choisis des pommes si ce n'est pas pour dire combien tu as envie de croquer la vie à pleines dents ?

-Rhhha ! Maman ! Arrête avec ça tout de suite ! Je choisis les parfums comme ça me chante, et d'ailleurs, qui te dit que... » Bulma s'arrêta en plein milieu de sa phrase pour jeter un œil vers le four géant qu'elle avait conçu elle-même, et où cuisait actuellement une trentaine de plats, dont deux tartes aux pommes et à la cannelle. Elle n'avait pas le courage d'affirmer qu'elle avait l'intention de tout manger toute seule...

« Par contre... s'intrigua sa mère sans se soucier du désarroi de sa fille, il y a un parfum que je ne comprends pas... pourquoi est-ce que tu as fait un gâteau à l'amande amère ?"

Cette question-là, Bulma en trouva vite la réponse, même si, encore une fois, elle avait choisi les parfums sans réfléchir. Celui-là était à la fois une provocation et un appel à la confiance, un défi à lui tout seul, le parfum du poison.

Mais bien entendu, elle donna à sa mère une toute autre réponse : « Pour rien. J'aime bien ce parfum, ça me rappelle les fêtes.

-Aha ! S'écria sa mère. Toi, tu as besoin de convivialité et de voir tes amis ! On peut peut-être organiser une petite fête à la maison sous peu ? J'ai des nouvelles amies au club des collectionneuses de fleurs qui...

-Non, s'empressa de répondre sa fille. Merci maman mais ce n'est pas la peine. Il y a déjà le mariage de Maï dans trois semaines, je verrai plein de monde là-bas. En plus, je vais l'aider pour les préparatifs avec July.

-Oh ! C'est vrai, le mariage ! Comme c'est émouvant ! Comme j'ai hâte que ce soit ton tour ! Tu m'inviteras à ton mariage, n'est-ce pas ?

-Oui maman. Bien entendu. Ronchonna Bulma excédée. Mais ne t'attends pas à ce que ce soit pour tout de suite. Je ne peux pas me marier toute seule avec moi-même, tu sais.

-Un mariage ? Intervint la voix de son père dans l'entrée de la cuisine. Bulma, il y a quelque chose à nous annoncer ?

-Non justement. C'est ce que j'étais en train d'expliquer à maman. C'est Maï qui se marie le mois prochain.

-Ah bon. Dommage. Mais dis-moi, ça sent vraiment bon par ici. Quand est-ce qu'on mange ?

-Dans 5 minutes mon chéri. » Lui répondit sa femme en claquant des doigts pour appeler les robots ménagers à mettre le couvert.

ooooo

Les terriennes s'étaient surpassées ce soir-là. Songeait Végéta, un peu plus tard ce soir-là, en avalant consciencieusement le contenu des plats qui se trouvaient devant lui, sans prêter attention aux deux femmes qui jacassaient dans la cuisine en s'échangeant des ingrédients (Bulma et sa mère, après avoir elles-mêmes mangé, terminaient leur ouvrage qui constituerait également le repas du lendemain).

Végéta en était certain, si on lui avait posé la question, aurait été en mesure de déterminer sans la moindre hésitation qui des deux terriennes avait cuisiné quel plat, et lesquels elles avaient fait ensemble. Parce que l'odeur de Bulma flottait dans l'air telle une brise printanière, atténuant tout sur son passage, emphasant les parfums alimentaires et écrasant celui de l'autre humaine, celle qui parlait trop et ne disait rien.

Il flairait consciencieusement, et peut-être avec plus d'insistance qu'à l'ordinaire, tous les plats qui portaient le parfum de sa scientifique... sans raison particulière, juste par curiosité. Mais très vite il s'aperçut qu'elle s'en était rendu compte. Depuis la cuisine où il la voyait s'affairer, elle ne cessait de lui jeter des regards à la dérobée, par dessus le bar qui séparait les deux pièces, comme un accusé qui attend le verdict du juge, le regard plein d'anticipation, d'espoir et d'appréhension.

Il s'efforça de continuer aussi normalement qu'à son habitude en se demandant quelle arnaque elle avait encore préparé.

Puis il tomba sur cet aliment pâteux et sucré... Le gâteau moelleux et encore fumant entre ses doigts émanait d'un parfum puissant qui ne laissait aucune place au doute. Cyanure. Amusé, il jeta un regard moqueur vers l'humaine.

Première seconde, leurs regards s'entrechoquèrent.

Deuxième seconde, les joues de l'humaine se tintèrent d'une charmante couleur rose et elle détourna le regard, feignant d'être occupée ailleurs.

Troisième seconde. Quand elle risqua un œil discret dans sa direction, il lui renvoya un rictus narquois...

Puis mordit à pleine bouchée dans la part de gâteau.

Il n'avait certainement pas peur d'elle.

Mais ce ne fut pas du tout ainsi que Bulma interpréta son geste.

« Oh ! Bulma voyons ! Sonna la voix stridente de la mère. Fais attention un peu ! Tu disposes les pommes de terre n'importe comment ! Ton plat ne ressemble à rien !

-Et alors ? » Riposta celle-ci d'une voix claire et détachée. La tête haute et les épaules droites.

-Et alors ? Répéta sa mère. Alors quand on est une demoiselle digne et ordonnée, on cuisine digne et ordonné ! Tu vas me faire le plaisir d'agencer ces patates ! »

S'il n'y avait pas eu le bruit du four en marche, Bulma l'aurait sûrement entendu pouffer.

Il se remit à manger. Terminant en quelques bouchées le gâteau-défi, et entamant un autre comme si de rien n'était. Toujours en vie comme il s'y attendait.

Les deux femmes se remirent bien vite à parler de dosages de sel et de visites à la boulangerie. Il n'écoutait la conversation que d'une oreille très distraite, attendant tranquillement, tandis qu'il finissait son repas, que l'humaine au parfum d'épices vienne s'asseoir à son côté pour discuter d'améliorations techniques.

« Mais tu sais ma chérie, sonna à nouveau la voix stridente de la mère, tu as encore franchement des progrès à faire en cuisine. Je pense que... »

Aïe, songea Végéta en plaignant ses tympans à l'avance.

« Quoi ? S'écria Bulma. Des progrès ? Je suis nulle, c'est ça ? Oh ! Si tu trouves que je cuisine mal, tu n'avais qu'à pas manger mes gâteaux ! Tu en as du culot de dire ça, maman ! C'est comme ça que tu me remercies d'avoir passé tout l'après-midi à cuisiner avec toi ? Si tu…

-Oh mais non non noooooooon ! La coupa sa mère en levant les mains devant elle en signe de paix. Ma chérie ! Je n'ai pas dit que tu étais nulle en cuisine, loin de làààà ! Olàlà ! Mais noooon ! J'ai dit que tu avais franchement des progrès à faire, c'est tooooooute une nuance ! Ça veut dire que là, tu vois, quand je déguste ton œuvre, je perçois tout le potentiel incroyable que tu as en toi. Et ça sous-entend aussi que j'ai envie de continuer à cuisiner avec toi. Voyons ma douce, il y a tout un monde entre ''tu es nulle'' et ''tu as des progrès à faire'', tu ne perçois pas la nuance ? »

Végéta ricana silencieusement entre deux bouchées, tendant l'oreille par curiosité.

Puis leva la tête, étonné : Bulma n'avait pas répondu et avait brusquement perdu toutes ses couleurs et la stabilité de son ki.

ooooo

Une vague de panique s'empara de Bulma tandis que son esprit faisait soudain un parallèle qu'elle aurait préféré ne pas faire.

Elle comprenait parfaitement cette nuance, elle l'avait utilisée elle-même peu de temps auparavant... Mais pourquoi par tous les dieux avait-il fallu que sa mère l'explique dans le détail en présence de Végéta ? Avec un peu de chance, il n'écoutait pas leur conversation.

Elle tenta de glisser un œil furtif dans sa direction... et se heurta de plein fouet à un regard noir de nuit qui l'électrisa des pieds à la tête, laissant couler dans son dos et ses mains une traînée sueur froide.

Il fallait sauver la face, et vite, avant que lui aussi ne fasse un rapprochement avec une autre conversation...

« C'est vraiment n'importe quoi ! S'écria-t-elle avec un peu trop de force pour paraître naturelle. Il n'y a vraiment que toi pour voir les choses comme ça ! Si tu avais voulu m'encourager, tu m'aurais dit ça directement. Tu ne m'aurais pas dit que blablabla j'ai des progrès à faire ! Là c'est juste désobligeant !

-Allons ma chérie, ne te vexe pas pour si peu. Si j'ai dit ça comme ça, c'est pour que ça sonne comme un défi. Tu aimes les défis, non ? »

Nouvelle vague de panique. Le parallèle était de pire en pire.

« Mais je m'en fiche de tes défis ! Je sais très bien cuisiner toute seule et je n'ai pas besoin de tes conseils ! Si tu espère me faire cuisiner plus souvent en me disant ça tu te trompes ! Je cuisine pour qui je veux et quand je veux ! Et d'ailleurs, j'en ai assez ! »

Sans attendre la réponse de sa mère, Bulma posa sa cuillère en bois sur la table de la cuisine, tourna les talons et traversa la salle à manger, tête haute. En passant dans le dos de Végéta, elle se prit les pieds dans un obstacle qui n'aurait pas dû être là.

BAM !

« Ouch ! Mais qu'est ce que… Végéta ! Ta queue ! Fais attention un peu ! Tu l'as fait exprès ou quoi ?

-Mes droïdes. Lui rappela-t-il d'un air stoïque.

-Pas pour ce soir. Bon appétit. » Lança-t-elle sèchement en se relevant précipitamment, puis courant presque vers la porte du salon qu'elle claqua derrière elle.

Dès que ce fut fait, elle se précipita vers sa chambre en courant. C'était un cauchemar.

Pourvu qu'il ne fasse pas le lien, pourvu qu'il ne fasse pas le lien... S'il le faisait... Il l'avait sans doute déjà fait, non ? Sinon pourquoi se serait-il moqué d'elle en lui faisant un croche-pieds ? Juste pour les droïdes ? Oui, ce devait être ça… Il ne fallait pas qu'il fasse le lien. Bulma, calme-toi.

De toutes manières, s'il faisait ce lien, il se tromperait sur son compte, n'est ce pas ?

N'est ce pas ?

ooooo

Ce fut de la voir fuir de la sorte qui poussa Végéta à s'interroger sur les mots qui avaient bien pu la mettre dans un tel état.

Quand était-ce, la dernière fois qu'elle lui avait dit qu'il avait des progrès à faire ?

ooooo