[Note de l'auteure] Yahou ! J'ai l'impression d'avoir écrit plus vite que d'habitude !

Merci à vous toutes et tous pour vos commentaires, tous très encourageants ! Merci merci merci !

PS : avis aux âmes sensibles ou romantiques, je rappelle (bon, on est au chapitre 27, mais quand même) que cette fic est notée M... (C'est au cas où un jour j'ai le courage d'arrêter de m'auto-sensurer...)


Prédation

Peur de s'attacher ?

C'était ridicule.

L'attachement était un sentiment pour les faibles.

L'homme qui avançait la tête haute et d'un pas décidé n'était pas faible.

Le dos de Bulma heurta violemment le mur de la chambre de gravité tandis que la porte se refermait lentement derrière elle en un glissement feutré. Elle peinait à reprendre son souffle. Elle ferma les yeux.

« Entre l'instinct bestial et l'amour, il y a un truc génial qui s'appelle le désir. Un truc anodin qui fait qu'une personne plus que d'autres nous attire. Est-ce que tu vois de quoi je parle, Végéta ? Ni sentiments, ni honte, ni attache. Du désir à l'état pur. C'est plus simple... C'est ce que je ressens en ce moment. »

Prenant une grande inspiration, Bulma rouvrit les yeux et hurla de toutes ses forces. Sa voix ne trouva aucun écho contre les murs inertes de la pièce vide.

Quelques étages plus haut, cet homme qui n'était pas faible s'adossait à la porte de sa chambre en croisant les bras et fronçant les sourcils. Il était d'accord avec l'analyse mais pas avec la conclusion.

Bulma criait jusqu'à s'en vider les poumons, à l'abri au seul endroit où personne ne pourrait l'entendre.

Elle ne voulait plus penser à ses doigts à elle qui jouaient sur le col de SA chemise, à LUI. Ce frisson qui l'avait parcourue toute entière quand IL lui avait doucement saisi le poignet, ce regard noir d'une intensité maléfique qu'IL lui avait lancé, à son sourire en coin.

Quelques étages plus haut, cet homme adossé à la porte de sa chambre fronçait les sourcils en regardant vers sa fenêtre.

Il avait ricané puis légèrement approché son visage. Elle avait cillé. Puis il avait murmuré : « L'alcool te va très mal, humaine. Tu es pathétique. Ce n'est pas ton genre de jouer cartes sur table. »

Elle avait cillé à nouveau, puis répondu par un sourire enjoué, son sourire de défi : « Et alors ? Qu'est-ce que tu vas faire maintenant que c'est fait ? Tu veux continuer à jouer au chat et à la souris, ou on peut passer à quelque chose de plus sérieux ? ».

Quelques étages plus haut, l'homme qui regardait vers sa fenêtre ricana.

Il avait maintenu son rictus moqueur et repoussé le poignet de Bulma qu'il tenait dans sa main : « Ce que je vais faire ? Je te l'ai déjà dit, je vais dormir. » Par l'espace ainsi créé entre eux, il était parti, puis avait lancé par dessus son épaule, comme une ultime moquerie : « Et tu ferais bien d'en faire autant. » Puis il s'en était allé. Sans se retourner.

« Enfoiré ! » Hurla Bulma en piétinant par terre, seule dans la chambre de gravité.

Les effets de l'alcool, si tant est qu'ils l'aient vraiment poussée à dire des choses qu'elle n'aurait pas dites si franchement en temps normal, s'étaient dissipés à l'instant, comme sous l'effet d'une douche glacée. Ou plutôt d'une gifle.

Et à présent elle était là. Enfermée dans la chambre de gravité. Honteuse. Rageuse. Seule.

Il s'était moqué d'elle et avait parfaitement réussi son coup. Elle avait voulu riposter à son jeu de séduction, et s'était lamentablement laissée prendre au piège... Elle... Bulma... La fille si canon qu'elle faisait sortir les yeux des orbites des garçons par un simple déhanché... Repoussée par un type sans expérience, ce même homme qui l'avait un jour battue aux échecs sans savoir y jouer. Repoussée après avoir avoué qu'il l'attirait.

« Mais bien sûr ma grande ! » S'exclama-t-elle en se parlant à elle même, se mettant à faire les cents pas en longeant le mur qu'elle fixait d'un regard accusateur. « Quelle brillante idée, vraiment ! Va avouer tes points faibles à un psychopathe qui cherche un moyen efficace de te manipuler ! Ah bah bravo ! On peut dire qu'il l'a son moyen efficace maintenant ! Comment je vais oser le regarder en face moi maintenant ? Ah ! Et merci les copines pour votre pari à la con ! Maï, July, je vous retiens avec votre 'il va céder' ! Mon œil ! Il n'en a rien à foutre de moi ! Et je le savais en plus ! Merde enfin, pourquoi je suis autant attirée par un enfoiré d'extraterrestre sans respect ni cervelle ? Et pourquoi, putain, pourquoi je lui ai dit ? Non mais quelle idiote ! » Cria-t-elle en donnant un coup de poing dans le mur.

Le mur de billes intelligentes ne bougea pas d'un millimètre. Choc trop faible. « Aïe... » Maugréa-t-elle en se massant la main et s'asseyant par terre.

Une seconde. Et merde...

Deux secondes. Qu'est-ce qui allait se passer maintenant ?

Trois secondes... ?

Qu'est ce qui pouvait se passer maintenant ? Oui, elle se sentait ridicule, et oui, il avait gagné cette manche contre elle, mais maintenant ? Maintenant qu'il l'avait si clairement repoussée, qu'avait-elle de plus à craindre ? Plus de doutes, plus d'hésitation. Il n'y avait et n'y aurait jamais rien entre eux, point ! Il pouvait la regarder de haut, se jouer d'elle, tenter de lui faire du chantage, mais ça ne pourrait plus marcher... S'il osait encore jouer à l'effleurer et la regarder comme il l'avait fait ces derniers temps, elle lui demanderait sèchement d'arrêter, sans quoi elle allait se mettre à croire qu'il la draguait, et voilà ! Maintenant elle oserait le dire, alors qu'avant... Elle s'était juste laissée perturber comme une stupide adolescente amourachée ! Elle avait peut-être été ridicule, mais avec un peu de chance, elle avait bel et bien mis fin à son petit jeu sournois. C'était déjà ça de pris. Ce n'était pas la fin du monde, et au moins maintenant les choses étaient à nouveau claires.

... Et il allait bientôt le regretter amèrement. Fini d'être aimable et de faire des concessions !

C'est ainsi en ruminant sa vengeance qu'elle trouva enfin la force de sortir de la chambre de gravité et de retourner à sa propre chambre. Il était encore tôt dans la soirée, mais elle était fatiguée des ces deux journées de festivités. Elle avait bien mérité une longue nuit de sommeil !

Demain serait un autre jour !

...

Mais à la place du sommeil tant espéré, elle ne trouva qu'une torpeur agitée de réflexions incessantes et de rêves à demi éveillés.

Quelques étages plus haut, un homme qui n'avait rien d'un faible, mais qui restait planté là, adossé à la porte de sa chambre, bras croisés, à regarder le crépuscule par la fenêtre, se décida enfin à bouger de sa position et à rejoindre également son propre lit.

Bataillant pour ne pas arracher les boutons de sa chemise en la retirant, il continuait de cogiter.

Il était d'accord sur l'analyse, mais pas sur la conclusion.

L'attachement était un sentiment pour les faibles.

Une fois suffit pour goûter une femme... Trois fois c'est le drame... Un dicton pour les faibles dans l'âme. Même saiyans, beaucoup étaient faibles comparés à lui, tant de corps que d'esprit.

Mais lui, n'était pas faible.

Et puis une fois quoi ? Une fois la goûter ? Une fois passer la nuit avec elle ? Une fois avoir l'occasion ? Cela changeait tout. Bulma comptait UN là où lui comptait DEUX. Et même s'il comptait comme il l'entendait, alors il comptait une nuit entière, il était alors facile de contourner le comptage. S'il s'agissait d'occasion alors il n'y en avait eu qu'une. Quant au nombre de coït, inutile d'en parler... Il n'avait pas particulièrement perdu son temps durant ces deux nuits entières qu'il avait eues l'occasion de passer en compagnie de la belle au parfum d'océan.

Qu'est ce que c'était que cette ligne de conduite incompréhensible ?

Depuis quand le prince se laissait-il dicter ses choix par un vieux proverbe répété par des faibles éléments d'une race dont il était le dernier représentant à connaître la culture ? Une culture sûrement mise en place pour rappeler les faibles à l'ordre...

Il n'était pas de ceux-là. Il était un prédateur libre et de haut rang, qui n'avait à se faire dicter ses actions par rien ni personne.

Ni par un proverbe stupide, ni par une femelle vulgaire de race inférieure. Il faisait ses choix seul et comme il les entendait.

Donc, il était d'accord avec le raisonnement, mais pas avec la conclusion.

S'attacher ? Lui ? À une créature aussi pathétique ? Aucun risque.

S'intéresser à elle ? Lui ? Dans ses rêves.

« Tsss ! » Siffla-t-il en s'allongeant sur son lit, les bras croisés sous sa tête, en regardant les étoiles naissantes par sa fenêtre.

À l'horizon, un nuage d'orage se profilait. Il serait sur la maison d'ici quelques heures.

ooooo

Peu à peu le crépuscule fit place à une nuit sans lune où seuls veillaient, solitaires, les étoiles et les lampadaires, dans l'obscurité profonde.

Le temps était sur le point de changer.

ooooo

Torpeur.

Incertitude.

Métal.

Danger.

Bulma ouvrit brusquement les yeux avec un affreux sentiment d'alerte.

Elle était plongée dans l'obscurité de sa chambre. La nuit était probablement bien avancée, mais elle n'avait pas vraiment dormi, à part cet espèce de sommeil agité.

Quelque chose clochait.

Un doux vent sec soufflait paisiblement par sa fenêtre entr'ouverte. Dehors la nuit était calme et paisible mais l'atmosphère était électrique comme avant un orage.

Sa respiration s'accéléra et elle s'assit lentement dans son lit. Elle n'avait pas ouvert sa fenêtre. Quelqu'un d'autre l'avait fait.

Elle humidifia ses lèvres sèches avec sa langue.

Goût de métal. Goût de danger. Il y a un prédateur dans sa chambre. IL est là. Elle le sait.

Elle sent SES yeux sur elle.

Tous ses sens en alerte, Bulma tenta de distinguer la pièce autour d'elle, mais elle ne voyait rien.

Puis il y eut ce petit bruit sur sa gauche, comme une expiration rapide, ou plutôt un petit rire silencieux. Juste de quoi lui confirmer qu'elle n'était pas en train de divaguer. Juste de quoi lui rappeler que les prédateurs aiment jouer avec leurs proies.

Elle n'eut pas l'occasion d'y songer davantage.

La proie, c'était elle.

Un souffle sur sa joue droite. Elle sursauta et se retourna précipitamment. Rien.

Un frôlement dans ses cheveux à gauche, elle sursauta à nouveau, manquant de tomber à la renverse. Un mouvement sur son matelas l'empêcha de tomber, mais tira sur sa couverture. Un bruit derrière elle, un mouvement d'air devant, une lueur au fond de sa chambre... Très vite, les sensations se changèrent en un tourbillon déséquilibrant. IL n'est nulle part et partout à la fois, elle ne voit rien. Pourquoi est-il là après ce qui s'est passé ? « Qu'est ce que tu veux ? » Murmura-t-elle dans un souffle mal contrôlé.

Un ricanement sur sa gauche, puis une bouche contre son oreille droite lui susurra : « Toi. » Elle sursauta, tourna la tête, il n'y avait plus personne. Une main lui frôla le bras de l'autre côté. Un bruit de pas au fond de sa chambre. Son drap arraché. À chaque contact elle sursaute, son cœur s'accélère. Il joue avec elle, et elle lui en veut autant qu'elle en veut encore. Il n'y a que LUI qui soit capable de provoquer chez elle un tel état d'esprit.

Comme pour répondre à ses espoirs, enfin, un bras surgit derrière elle, s'enroula autour de sa poitrine et la plaqua contre un torse dur et déraisonnablement musclé. La bouche murmura à nouveau à son oreille :

« Tu m'appartiens.

-Alors tu as changé d'avis ? » Demanda Bulma, penchant la tête en arrière pour la poser sur SON épaule.

Mais IL avait déjà à nouveau disparu, et elle bascula en arrière dans le vide... offrant ainsi sa poitrine à une bouche qu'elle ne savait pas face à elle. Elle sursauta et tomba en arrière, la tête sur son oreiller. Une main remontait le long de sa jambe. « Eh ! » S'exclama-t-elle en se rasseyant, tentant de tirer sa chemise de nuit pour couvrir un peu plus ses cuisses. Un bruit de claquement de doigts retentit au dessus de son épaule, et la bretelle gauche de sa chemise de nuit tomba, coupée en deux. « Mais arrête, à quoi tu joues ? » S'exclama-t-elle dans un chuchotement en tentant de retenir l'avant gauche de sa chemise à la place de la bretelle. Un bruit de tissus qui se déchire. Le bas droit de sa chemise de nuit est fendu jusqu'à sa hanche. Une bouche vient se poser sur le creux de son cou et elle frissonne. Un murmure : « Tu veux vraiment que j'arrête ? ».

Elle ne répondit pas. Il ne s'arrêta pas. La deuxième bretelle est coupée. Un murmure contre son oreille : « Tu m'appartiens. Et moi je ne suis à personne. » Le tissu déchiré tout le long de son dos. Puis le long de l'autre jambe. Bientôt, l'habit de nuit de Bulma, à genoux sur son lit, ne fut plus qu'une loque informe qui ne tenait plus que grâce à ses mains plaquées contre elle.

Une voix qui tourbillonnait autour d'elle se mit à ricaner et à la provoquer : « De quoi as-tu peur, humaine ? Pourquoi s'acharner à cacher un si joli corps ? ».

Reprenant alors ses esprits et un peu de confiance en elle, dans le noir, Bulma fronça les sourcils, et se leva avec précautions, debout sur son matelas, sans lâcher les dernières loques de sa chemise de nuit : « Appelle-moi par mon nom, malotru ! ». S'il cherchait à se moquer d'elle ou si c'était vraiment elle qu'il était venu chercher ce soir, c'était maintenant qu'elle voulait le savoir.

Un poids sur le matelas derrière elle la fait chanceler vers l'arrière, et elle se retrouve dos nu appuyé contre un torse dur, nu aussi son bassin pressé contre une érection qui ne laisse plus aucune place à l'imagination. Des mains se posent sur les siennes, mais sans l'obliger à bouger. La bouche murmure à son oreille dans un souffle chaud : « De quoi as-tu peur Bulma ? ». Un frisson la parcourt toute entière, et elle le laisse s'estomper en soupirant, le cœur battant à tout rompre. « Je n'ai pas peur. » Répondit-elle en soulevant ses mains pour les placer sur la tête de l'intrus. Sa chemise de nuit s'effondra à ses pieds sans un bruit, la laissant seule debout vêtue de sa seule petite culotte. Elle put enfin saisir sa première chance de LE toucher, glissant ses doigts dans ses cheveux rêches qui défiaient la gravité.

Mais déjà à nouveau elle tombe assise alors que son support disparaît. Puis un nez se pose sur le sien, et la bouche, à un centimètre de la sienne, murmure dans un souffle : « Pourtant tu devrais avoir peur.

-Pourquoi ? Répondit-elle sans bouger, les yeux fermés

-Parce que tu sais qui je suis.

-Justement. » Répondit-elle avec un sourire, sans savoir s'il la verrait.

L'intrus en face d'elle grogna. Un grognement de mécontentement caractéristique. SON grognement. Un front vient s'appuyer contre le sien, elle bascule en arrière et se retrouve allongée. Dans son mouvement, ses jambes frôlèrent les SIENNES, et elle retînt sans y parvenir une petite exclamation. Tout ça était trop réel.

Elle sentit deux poids sur le matelas de part eu d'autre de ses bras. Elle leva les mains. Là, juste sous ses doigts, elle trouva le torse dur et brûlant de l'homme qu'elle désirait si ardemment. Il était là, juste au dessus d'elle. Elle les laissa glisser sur sa peau si douce et rêche à la fois, alors que celle-ci sous ses doigts prenait une texture de chair de poule. Un grognement menaçant retentit à nouveau, alors qu'elle se retrouvait avec les mains plaquées au dessus de la tête.

La voix murmura à son oreille : « Je ne me souviens pas t'avoir autorisée à prendre des initiatives.

-Je ne me souviens pas que tu aies jamais eu l'autorité de m'interdire de faire quoi que ce soit Végéta. » Répondit-elle en tentant de trouver sa jambe avec la sienne.

Il y eut comme un moment de pause, comme une hésitation, puis tout d'un coup, il avait à nouveau disparu. Bulma laissa échapper une exclamation, déplorant le froid soudain et de cette affreuse sensation de vulnérabilité.

Une seconde. Elle se rassit lentement, n'osant pas croire qu'il soit parti.

Deux secondes. Ce n'était pas possible. Il ne pouvait tout de même pas la laisser ainsi, seule et déjà à bout de souffle !

Trois secondes. Elle n'avait tout de même pas rêvé, non ? S'affola-t-elle en resserrant ses bras autour de sa poitrine nue.

À la fin de la troisième seconde, deux bras brûlants la saisirent par la taille. Elle se retrouva plaquée sur le dos après avoir été comme projetée dans les airs : « Outch ! Doucement ! » protesta-t-elle.

Elle n'obtint aucune réponse. Une main brûlante descendit lentement sur sa peau de son cou vers ses seins, passa sur son ventre et s'arrêta sur sa hanche. Elle ne put réprimer la vague de frisson qui la parcourut toute entière, comme une onde en réponse à sa caresse, arquant son corps vers le haut espérant plus de contact, n'osant pas bouger davantage de crainte qu'il ne disparaisse à nouveau.

Deux poids sur le matelas à côté et entre ses jambes qu'elle avait inconsciemment écartées.

Scritch. Le bruit du tissu déchiré.

Oh merde... Songea Bulma, en pensant plus aux deux poids qui venaient d'apparaître de part et d'autre de ses épaules plutôt qu'à sa jolie culotte en dentelle perdue à jamais.

Puis il y eut une nouvelle pause.

Une seconde. Le bruit de sa respiration haletante emplissait toute la pièce, mais elle restait parfaitement immobile, les yeux fermés.

Deux secondes. Elle ignorait s'il pouvait la voir, mais elle savait qu'il la scrutait. Aux creux du matelas, elle sentait SES genoux entre ses jambes, et SES mains de part et d'autre de sa poitrine. Qu'attendait-il ?

Trois secondes. Craignant qu'il ne disparaisse à nouveau, elle leva très doucement les mains, les posant sur son torse brûlant dont elle aurait voulu explorer chaque muscle. Simultanément, l'une des mains appuyées à côté d'elle se souleva et se posa sur son sein, tandis qu'un étrange serpent de fourrure s'enroulait autour de sa taille en une attache mortelle.

Elle soupira de soulagement à son contact. Le corps au dessus d'elle tressaillit au sien.

Puis la bouche souffla dans son oreille : « Tu as peur ? »

Elle frissonna et tarda à répondre, dans un souffle à la fois tremblant et hésitant : « Est-ce que ça change quelque chose ?

-Oui. » Murmura la voix, terminant sa phrase en laissant passer sa langue sur le bord de son oreille.

Elle inspira bruyamment, perdue dans ses pensées et soudain incapable d'attendre ainsi dans cette incertitude tout aussi mortelle que l'homme au dessus d'elle. « Oui. J'ai peur. » Reconnut-elle. Peur que tu t'en ailles. Peur que tu joues avec moi. Peur de ce qui peut se passer ensuite. Mais ses pensées s'interrompirent là alors que la bouche sur son oreille laissa échapper une brève expiration, comme un petit rire, SON sourire de victoire, celui qui donnait à Bulma l'impression de mourir et de revivre de l'intérieur en même temps, parce qu'il signifiait pour elle le plus terrible des défis.

Par la fenêtre ouverte, le premier coup de tonnerre retentit.

Et soudain il était sur elle. Sa poitrine brûlante sur ses seins gonflés, sa bouche dans son cou, ses jambes dans l'intérieur de ses cuisses. Tout en lui n'était que chaleur et pourtant elle tremblait.

Noir.

Puis il glissa en elle et elle laissa échapper un gémissement de surprise et de soulagement, percevant tout juste le grognement étouffé de la bouche plaquée contre son cou, juste au dessus de son artère jugulaire où son pouls battait la chamade. Rouge. Elle aussi tenta d'étouffer ses cris dans l'épaule au dessus d'elle, alors qu'il prenait le rythme sans plus attendre. Noir. Rouge. Noir. Il allait et venait en elle d'abord doucement, comme avec hésitation, mais bientôt ce fut de plus en plus vite, laissant transparaître toute son impatience. Rouge. Noir rouge. Noir rouge. Elle ne masquait plus rien du tout et ne voulait plus rien masquer. Elle entendait les expirations rythmées contre son oreille et ses propres gémissements s'y accordaient, bientôt ses cris. Noir, rouge, noir, rouge. Leurs deux poitrines en sueur glissaient l'une contre l'autre. Elle laissait aller ses mains dans son dos musclé, s'agripant à ses épaules comme s'il était son seul point d'accroche à la réalité dans un océan de folie, laissant passer ses doigts sur le contour de chaque muscle, tantôt caressant, tantôt griffant, puis descendant jusque sur ses hanches pour mieux suivre son rythme de plus en plus soutenu. Noir. Rouge. Noir. Les deux mains de l'homme, glissées sur les côtés de sa poitrine à elle, tressaillirent. Cela semblait le rendre nerveux alors bien sûr elle continua à passer ses mains sur ses fesses. Rouge. Noir. Rouge. Noir. C'est lorsqu'il plaqua ses dents contre son cou en un grognement non dissimulé qu'elle comprit où était le point sensible, et glissa sans hésiter ses deux mains sur le pelage de la queue enroulée autour de sa taille.

Roug- Il se figea en inspirant bruyamment, mais elle ne lui laissa pas l'occasion de s'arrêter, complétant la perte de mouvement par celui de son propre bassin. ROUGE. Noir ROUGE. Il grogna à nouveau mais reprit le rythme, encore plus vite, encore plus violemment. Rouge noir rouge noir rouge.

Elle cria et s'aggripa à ses épaules, arquant tout son corps vers lui, suivant ses mouvements.

Comment pouvait-on à la fois avoir l'impression de mourir et de vivre aussi intensément ?

Tout ça était tellement irréaliste et en même temps si réel !

RougeNoirRougeNoirROUGE

Une exclamation contre son cou, une seule, et tous deux se plaquèrent l'un à l'autre en un ultime sursaut.

Une seconde. Se serrer plus fort.

Deux secondes. Un dernier soubresaut.

Trois secondes. Bulma laissa échapper un soupir de satisfaction en laissant retomber sa tête sur son oreiller, tandis que l'homme se laissait tomber sur elle.

Elle ferma les yeux et nicha son nez contre le cou de son beau mâle. La tête lui tournait. Elle était bien.

Dehors, la pluie tombait dru.

ooooo

La sonnerie du réveil tira Bulma d'un sommeil profond, dont elle s'éveilla seule dans son lit, enroulée nue dans son drap. En bâillant, elle s'assit doucement pour réaliser combien son corps était groggi. Elle sourit intérieurement. Waou... Songea-t-elle avant de se lever pour aller ouvrir son volet et laisser entrer le soleil matinal par sa fenêtre fermée. L'orage était passé.

Ce qui avait pu faire changer le beau saiyan d'avis, elle n'en avait pas la moindre idée, mais elle ne s'en plaindrait pas.

La nuit porte conseil. Jamais elle n'avait trouvé ce proverbe aussi vrai, elle qui s'était couchée la veille pleine d'incertitudes et de rancune. Zut, éveillée et attaquée de la sorte en plein milieu de la nuit, elle n'avait même pas pensé à protester, à discuter, ni encore moins à le repousser. Elle avait agi d'instinct... et... et tant mieux !

Ainsi réfléchissait-elle en chantonnant sous sa douche.

Passant devant son grand miroir enroulée dans sa serviette, elle s'adressa un clin d'oeil à elle-même, se sentant l'âme victorieuse et prête à conquérir le monde, se sentant belle et séduisante du haut de ses trente ans, le soleil filtrant par la fenêtre derrière elle donnait à son reflet le reflet de son esprit : elle rayonnait.

Elle déverrouilla la porte de sa chambre et descendit les escaliers d'un pas léger et salua ses parents déjà installés à prendre leur petit déjeuner.

« Oh ! Mais que tu t'es faite belle aujourd'hui ! Commenta sa mère en l'embrassant sur la joue. Tu as fait une belle rencontre hier au bal ?

-Oui ! Répondit Bulma avec un sourire joyeux sans aucune intention d'en raconter plus.

-Alors, ce mariage ? Demanda son père en posant son journal pour embrasser sa fille à son tour.

-Ah, c'était génial. » Commença à raconter Bulma.

Bien sûr, concernant Végéta, tout ce que surent ses parents fut qu'il était venu la chercher vers la fin du bal pour lui demander de venir réparer la chambre de gravité en panne, et que non bien sûr il n'avait pas dansé.

À propos du saiyan, il était bien entendu déjà en train de s'entraîner. Aussi, Bulma s'en fut travailler en sifflotant, attendant le repas du soir avec impatience. Elle avait deux ou trois projets à proposer au beau guerrier, et cela ne concernait pas vraiment son entraînement. Non qu'elle n'envisage de lui demander de sortir au cinéma avec elle ou quelque chose du genre, après tout, ça semblait évident qu'il n'avait pas plus l'intention qu'elle d'être en couple avec elle, mais par contre rien ne les empêchait de profiter ensemble de plaisirs un peu plus terre à terre, puisque tous deux semblaient enfin s'entendre sur ce point... Et elle avait quelques propositions à faire sur le sujet... S'il daignait l'écouter bien sûr...

Toute la journée, elle s'affaira dans son laboratoire comme elle ne l'avait plus fait depuis des mois, le cœur à l'ouvrage. Mais bien sûr, plus l'après-midi avançait, plus elle regardait son détecteur et les statistiques de la chambre de gravité. Végéta s'entraînait toujours, elle avait l'impression que cette journée n'en finissait pas. Elle remarqua seulement que les données montraient qu'il s'entraînait (encore) plus dur qu'à l'ordinaire, et avec plus d'acharnement aussi. Eh, après tout, peut-être que lui aussi avait bien dormi ?

Quoi qu'il en soit, ce fut bien plus tard qu'à l'ordinaire qu'il éteignit enfin la simulation de gravité et s'en fut manger.

Bulma, qui avait attendu ce moment toute la journée, fut soudain saisie par une vague de nervosité.

Avait-ce à nouveau été un coup d'un soir ou pouvait-elle espérer voir des occasions comme celle-ci se renouveler un peu plus régulièrement ? Pour elle, le message qu'il lui avait transmis la veille était clair : pourquoi pas, à l'occasion, quand l'envie nous en prend ? (Quoiqu'il ait mis du temps à se décider !) Cette idée lui convenait tout à fait, mais encore fallait-il au moins une fois s'assurer que tous deux se comprenaient comme il le fallait. Elle avait eu sa dose de malentendus avec cet homme.

« Salut Végéta ! » Annonça-t-elle gaiement en entrant dans la salle à manger où elle trouva son invité attablé.

D'ordinaire, il ne lui répondait pas. Mais aujourd'hui, il la gracia d'un sourcil haussé dans sa direction avant de reprendre son engouffrement de nourriture.

Elle tenta sa chance avec un sourire charmeur : « Eh ! Merci pour hier.

-Hn ! Fit-il avec un air de dédain sans la regarder. Ça y est, tu es désinhibée humaine ?

-Je n'étais pas saoule, Végéta. Remarqua-t-elle en s'approchant pour prendre place à son côté, déjà agacée par le manque d'attention dont elle était victime.

-Pfff ! S'exclama-t-il entre deux bouchées. Yeu réjuw... Gloup. Le résultat était le même. Tu racontait n'importe quoi et tu étais tout à fait pathétique. Donc soit tu étais saoule, soit tu es folle.

-Dis donc toi ! Lui reprocha-t-elle. Je n'ai pas l'impression que tu m'aies trouvée si pathétique que ça hier soir. Tu n'es pas obligé de dire des trucs méchants juste sous prétexte de vouloir garder la face. Tu dois bien reconnaître que ce que je t'ai dit hier soir, ça tient la route, non ?

-Humaine. Grogna-t-il en se détournant enfin de son assiette vide pour la dévisager. Si tu assumes les conneries que tu as dites hier, alors tu n'es rien qu'une créature vulgaire et sans honneur. Je ne vois pas la différence avec une pute.

-Non mais ça c'est la meilleure ! S'insurgea Bulma en se levant brusquement alors qu'elle venait juste de s'asseoir. Tu te crois vraiment tout permis pour me dire ça après ce que tu as fait hier soir ? Pauvre type ! Une pute de mon standing, tu sais combien elle t'aurait fait payer ?

-Payer pour quoi ? Répondit-il en haussant également le ton. De m'être moqué d'une créature pathétique sous l'emprise de l'alcool et de lui avoir épargné de se ridiculiser davantage ? Tu ne viens pas de me remercier, tout à l'heure en arrivant ?

-Qu'est-ce que tu racontes ? Je ne t'ai pas remercié pour m'avoir envoyée bouler, idiot ! Je te remerciais d'avoir changé d'avis, mais finalement oublie ça !

-Comment ça changé d'avis ? Je n'ai pas changé d'avis.

-Oh, bien sûr ! Ironisa Bulma sur un ton de reproche. Et dis-moi, monsieur le saiyan (elle se pencha vers lui comme pour lui dire un secret), si tu n'as pas changé d'avis, pourquoi tu es quand même venu me rejoindre dans ma chambre alors ? »

Il haussa un sourcil perplexe et croisa les bras : « Je ne suis pas venu dans ta chambre, humaine. Qu'est-ce que tu racontes ? »

Elle n'hésita même pas et se mit à crier : « Non mais tu te fiches de moi ? Je t'ai dit que je n'étais pas bourrée. Je me souviens de ce qui s'est passé quand même ! C'était qui dans mon lit hier soir si ce n'était pas toi ? »

Il cilla et haussa les deux sourcils avant de répondre : « Qu'est-ce que tu veux que j'en sache ?

-Oh non ! S'écria-t-elle. N'essaie même pas de jouer cette carte-là avec moi ! Je ne suis pas idiote, Végéta. Je sais très bien que c'était toi.

-Épargne-moi les détails de ta vie privée, je n'en n'ai rien à foutre. Tu étais complètement inhibée. Je ne vois pas de quoi tu parles, mais si tu crois m'avoir vu, tu as rêvé.

-Je n'étais pas saoule ! S'acharna-t-elle. Ne me fais pas croire que j'ai rêvé, tu es vraiment ridicule ! Je me suis réveillée à poil après m'être envoyée en l'air comme une dingue avec un mec qui avait ta coiffure, tes muscles et ta queue de singe. Tu veux vraiment continuer à nier ?

-Humaine, tu t'enfonces. Lui reprocha-t-il d'un air neutre. Épargne-moi tes divagations, c'est toi qui es ridicule.

-Non mais tu es somnambule ou tu le fais exprès ? Qu'est-ce que tu as bu hier soir ? Tu t'es pris un coup sur le crâne aujourd'hui ou quoi ?

-Je devrais te retourner la question. Répliqua-t-il. Tu as déliré, humaine, alors arrête de m'insulter. Tu connais ma position sur le sujet et tu n'as aucune preuve de ce que tu racontes. Moi je t'affirme qu'hier soir je n'ai pas quitté ma chambre.

-Quoi ?

-Va vérifier tes dispositifs de sécurité si ça te chante, mais ne m'insulte pas en prenant tes rêves pour des réalités. Et maintenant, si on peut passer aux choses sérieuses, j'ai cassé trois droïdes aujourd'hui et j'ai des propositions d'améliorations. »

Bulma avait l'impression qu'un liquide glacé s'écoulait en elle en goutte à goutte. Ce n'était pas possible. Elle ne pouvait pas avoir rêvé. Ça ne pouvait pas avoir été quelqu'un d'autre. Il se jouait d'elle. Ce n'était pas possible.

Le plantant là, et laissant là son assiette à laquelle elle n'avait pas touchée, elle tourna les talons et s'en alla. Puis, juste avant de quitter la pièce, elle fit volte-face et pointa vers le saiyan un index menaçant. Il la regardait d'un air indifférent, bras croisés.

Elle prit une grande inspiration, puis ravala ses mots.

Il fronça un sourcil agacé.

« Je te préviens, fit elle enfin. Tu vas devoir t'expliquer, et tu vas me le payer. » Puis elle s'en fut à nouveau, ne pouvant plus supporter de rester dans la même pièce que lui. Elle jeta un dernier coup d'oeil par dessus son épaule : il semblait perplexe, mais dans ses yeux flasha comme une lueur malicieuse. Il se moquait d'elle, c'était certain.

ooooo

Deux heures plus tard, Bulma débarqua en tonnerre dans sa chambre et jeta un regard électrique autour d'elle, à la recherche du moindre indice qui pourrait dissiper cet abominable sensation de doute qui la prenait à la gorge et cherchait à l'étouffer.

Ce n'était pas possible.

Aucun enregistrement sur aucune des caméras de surveillance. Ni les détecteurs à infrarouges dans aucun des couloirs, ni les caméras qui filmaient l'extérieur du bâtiment, n'avaient enregistré le moindre événement la nuit dernière. Sur l'une elle s'était vue elle-même entrer dans sa chambre à 21h03, et en ressortir le lendemain à 08h42, un chat était passé dans le couloir à 23h32, et les robots ménagers étaient entrés faire le ménage dans sa chambre à 09h00. Ça tenait la route. Végéta était certainement entré et ressorti par la fenêtre. Elle en était sûre. Sauf que la caméra extérieure n'avait rien enregistré non plus. On y distinguait clairement l'ombre du nuage d'orage masquer le ciel et les étoiles, puis l'orage avait manifestement déclenché une coupure de courant et tous les lampadaires de la rue s'étaient éteints à 22h54. L'image avait tressauté le temps de passer sur le système électrique de secours de Capsule Corporation. Les lampadaires s'étaient rallumés à 02h06. Végéta ignorait l'emplacement des caméras de surveillance. Comment aurait-il pu exploiter à ce point leurs angles morts et points faibles pour toutes les éviter ?

Et pourquoi diable se serait-il donné tant de peine juste pour passer inaperçu ?

En tous cas, il était clairement au courant de l'existence des dispositifs de surveillance, comme en attestait la caméra de son couloir, réduite en miettes depuis des mois.

Comment était-ce possible ?

Se sentant de plus en plus en détresse, elle avança de quelques pas dans sa chambre, puis se dirigea vers sa fenêtre. Là, elle déglutit bruyamment. Elle se souvenait parfaitement avoir elle-même ouvert cette fenêtre le matin-même. Donc Végéta ne pouvait pas être sorti par là. La porte alors ? ... Elle l'avait verrouillée le soir en allant se coucher, et déverrouillée le matin en sortant. C'était l'énigme de la pièce close.

Elle s'assit sur son lit et se prit la tête entre les mains. Comment était-ce possible ? Avait-elle rêvé ? Non ! Impossible ! Tout ça avait été bien trop réel ! Il se moquait d'elle ! Mais pourquoi diable aurait-il nié une chose pareille, et se serait à ce point arrangé pour ne laisser aucune trace ? Ça n'avait pas de sens... Il n'avait pas nié la première fois... Avait-il peur de montrer qu'il était attiré par elle ? Ou était-ce elle qui avait déliré ?

Il n'y avait pas la moindre trace dans sa chambre.

Aucune trace de pas, aucun vêtement sur le tapis ni dans le lit... D'ailleurs, tous ses habits de nuit de la veille avaient disparu... Sauf que c'était certainement l'œuvre des droïdes ménagers... Aucune envie d'examiner les pertes blanches dans sa culotte (beurk !), et encore moins de s'en servir comme preuve.

Avait-elle juste rêvé un peu trop fort ? Avait-elle réellement bu plus que de raison la veille ?

Comment oserait-elle jamais regarder Végéta en face à présent ? Avait-t-elle vraiment rêvé ? Ou était-ce un nouveau jeu d'esprit malsain qu'il lui imposait ?

« Humaine. » Tonna une voix froide en provenance de l'entrée de sa chambre.

« Va te faire voir, Végéta. » Lâcha-t-elle acerbe sans daigner regarder dans sa direction.

Une main lui saisit sèchement le poignet et elle fut forcée de lever les yeux pour tomber dans un regard noir et glacial, implacable.

« Fiche-moi la paix ! » S'écria-t-elle en tentant de se dégager.

L'emprise autour de son poignet se resserra. « Aïe ! Arrête sale brute ! Tu me fais mal !

-Alors arrête de bouger idiote ! Claqua-t-il. Écoute-moi bien. Je n'en ai rien à faire de tes rêvasseries et fantasmes tant que tu ne me les balances pas à la figure. C'est ton problème. Si tu crois que tu es la première personne à te mettre à délirer à force de me fréquenter, tu te trompes ! Il y en a plus d'un qui m'ont cassé les oreilles à se réveiller en hurlant juste à savoir que j'étais dans une chambre à proximité. Les esprits faibles finissent tous comme ça, ça ne me surprend pas. Maintenant, moi, il y a une chose qui me fait chier, c'est que tu sois partie sans qu'on n'ait parlé de mes droïdes alors que c'est ton rôle et la seule raison pour laquelle j'arrive à tolérer ta présence. »

Elle resta silencieuse à le foudroyer du regard comme si elle avait pu cracher de l'acide sulfurique par les yeux. Elle savait qu'il mentait mais ne pouvait pas le prouver.

Végéta resta, implacable, à admirer la flamme bleue dans ce regard si intense, la flamme nue d'une fierté bafouée, mais fierté toujours intacte, qui scintillait dans un océan de colère. Ce regard lui allait diablement bien et la rendait terriblement sexy. Il eut grand peine à se recentrer sur son objectif.

Il la lâcha et lui tourna le dos, réitérant sa requête d'un ton sec : « J'ai trois droïdes en miettes et deux autres qui ont besoin de réparations. J'ai des propositions d'améliorations, alors viens manger. Tu ne me sers à rien si tu meurs de faim. »

Par dessus son épaule, il la vit serrer son poignet maltraité contre elle, et il maudit intérieurement la fragilité de cette terrienne. Elle continuait de le fixer.

Première seconde. La colère.

Deuxième seconde. La fierté.

Troisième seconde. La dignité.

« Et moi, tu ne me sers à rien si tu tombes de sommeil et que tu te tues dans la chambre de gravité. Vas dormir. Je t'écouterai demain.

-Humaine. S'agaça-t-il en se retournant vers elle. J'ai cinq droïdes d'entraînement hors d'usage. Comment veux-tu que je m'entraîne dans des conditions décentes ?

-Demain en te levant, tu viendras chercher tes nouveaux droïdes améliorés devant la porte de mon laboratoire. Déclara-t-elle.

-Et mes propositions ?

-Ça attendra demain, je suis déjà presque sûre de savoirs quels droïdes tu as cassés aujourd'hui et j'ai déjà plein de pistes d'améliorations pour eux. Si on incrémente trop de modifications d'un coup, on ne sait pas d'où viennent les défauts quand ils apparaissent. »

Il haussa un sourcil mais ne trouva rien à rétorquer.

« Je te prends au mot, humaine. Demain matin.

-Oui, c'est ce que j'ai dit. Allez, maintenant dégage de ma chambre. »

Il lui jeta un regard lourd de menaces, puis sortit de la pièce, la laissant seule à sa détresse.

Heureusement, seule, elle ne le resta pas longtemps...

ooooo

Grigri le chat qui passait par là ne manqua pas la porte ouverte. Il revenait d'une sieste dans le lit de Bipède-nourriceuse-à-la-voix-trop-aigue, qui s'était bêtement endormie avant que Grigri n'ait reçu son content de câlins. Il était donc parti faire le tour de son domaine, et était resté caché derrière le mur en entendant Bipède-pas-nourrisseur-qui-ne-fait-pas-de-calins parler fort avec Bipède-nourrissseuse-au-parfum-de-pluie-et-de-cuisine-qui-sait-comment-gratouiller-sous-le-cou. À son départ, il avait repris sa ronde, levant une oreille curieuse à l'approche de la chambre.

Bipède-nourrissseuse-au-parfum-de-pluie-et-de-cuisine-qui-sait-comment-gratouiller-sous-le-cou s'y trouvait, assise sur le lit, visiblement stressée.

Le sang du félin ne fit qu'un tour, tandis que son esprit vif calculait à toute vitesse. Porte ouverte = mon territoire. Bipède stressé = câlins.

Sans hésiter, il fit savoir sa présence à sa fidèle servante : « Miaou ? »

La bipède leva vers lui un regard curieux, un peu perdu.

Il la rappela à l'ordre : « Miaou. » Inutile d'être en peine, esclave, me voici pour que tu puisses me caliner.

Elle sourit et le prit dans ses bras pour le déposer sur ses genoux, et se mit à le caresser. Victoire ! Ronronna le chat.

« Oui, toi au moins tu es gentil avec moi, Grigri. » Commenta la bipède dans sa langue si peu mélodieuse, dont il ne comprenait rien, mais c'était sûrement des compliments.

« Miaou. Exigea-t-il.

-Pfff ! Parlait-elle. Qu'est ce que je vais bien pouvoir faire ? Ce n'est pas possible, dis-moi ? Je n'ai quand même pas rêvé ! Enfin, c'est pas possible ! C'est quoi mon problème avec Végéta ? Et lui ? C'est quoi son problème avec moi ?

-Ronronron...

-Tu y comprends quelque chose toi ? Je délire ? Pourquoi une relation qui aurait pu être si simple et sans contraintes, que des avantages, juste profiter, pourquoi... comment il a fait pour rendre ça si compliqué ? Il y a quelque chose entre lui et moi, ou c'est juste moi qui déraille ?

-Miaou...

-Oui, tu as raison. Je ne peux pas dérailler, je suis trop géniale pour ça... Mais alors pourquoi il se moque de moi comme ça ? C'est quoi ce délire de débarquer dans ma chambre, coucher avec moi, et ensuite se barrer en faisant semblant qu'il ne s'est rien passé ? Enfin, j'aurais pu faire semblant aussi, mais je suis au courant quand même !

-Mraou ? Signala Grigri en tournant la tête vers la bipède qui avait temporairement cessé de le caresser.

-Oh merde ! Mais ça n'a pas de sens ! Et si j'avais vraiment rêvé ? J'ai l'air de quoi, moi, maintenant, tu peux me le dire, toi ? »

Grigri, tout en écoutant le flot de compliments dont il était certainement l'objet, était maintenant occupé à se frotter contre la poitrine confortable de la bipède, et fut soudainement attiré par l'odeur la plus agréable qui soit. Le bonheur était olfactif. Ce parfum lui faisait perdre la tête.

« Eh ! Fit la bipède. Arrête de te frotter sur mes dessous de bras ! Grigri ! C'est sale ! »

Grigri continuait de frotter son nez dans cette zone de bonheur olfactif, et il entendit la bipède expirer bruyamment : « Pfff ! Mais pourquoi je parle à un chat, moi ? Tout le monde se fout de moi dans cette maison, même les animaux !

-Meow ! Se plaignit Grigri en atterrissant par terre.

-Bon, puisqu'apparemment ce connard m'a stressée, je vais prendre une douche ! » La bipède qui s'était levée cessa de parler, ce qui soulageait les oreilles de Grigri qui préférait nettement recevoir des câlins que des compliments.

Puis elle effectua un geste ample, et le matériau-à-couvrir-les-bipèdes qui sentait si bon atterrit par terre face à lui. Une offrande.

Absolument ravi, Grigri flaira le vêtement et bientôt se retrouva allongé dedans, le nez plaqué contre les zones en sueur qui sentaient si bon, ayant complètement oublié le départ de la Bipède dans la pièce-où-ça-mouille. Puis il y eut un bruit de porte qui s'ouvre et Grigri sursauta. La Bipède était de retour, mais maintenant elle sentait mauvais les produits de la pièce-où-ça-mouille et la vapeur d'eau chaude. Il la laissa vaquer à ses occupations tout en se prélassant dans le T-shirt en sueur.

Puis soudain, la bipède le souleva de son petit paradis. « Meow ! » Protesta-t-il.

« Eh oh ! Le complimenta-t-elle dans sa langue incompréhensible. Arrête ça, c'est sale ! Pfff ! Il est bon à laver ! Allez, au boulot, moi ! Môsieur Végéta veut des réparations nocturnes. Il n'y a que ça chez moi qui intéresse ce sale prétentieux. Tu viens avec moi le chat ? »

Grigri, scandalisé de se voir ainsi arraché à son paradis olfactif et entraîné hors de la chambre, se débattit et se dégagea de la prise trop affective de la bipède. Il retourna à côté du lit, pour y découvrir que son vêtement bien-aimé avait été enlevé. Malheur !

« Urg ! Fit la bipède. Mais arrête ! Reviens ! Je m'en vais, le chat, tu ne restes pas dans ma chambre ! »

En l'entendant arriver, Grigri se réfugia sous le lit. Il entendit la bipède protester et se pencher pour lui dire de venir, mais il n'en avait cure. D'ailleurs, il venait de trouver un nouveau bout de paradis olfactif, dans lequel il alla se prélasser sans plus attendre.

La bipède l'appelait désespérément mais il l'ignorait. Elle tenta de glisser les mains à plusieurs reprises dans son refuge (sous le lit), et finit effectivement par l'attraper.

« Miaaaaw ! » Se plaignit Grigri, en agrippant le tissu avec ses griffes cette fois-ci. Il refusait de perdre à nouveau son paradis.

« Qu'est-ce que tu fiches encore ? Arrête de te frotter à mes fringues pleines de sueur ! » Complimentait la bipède.

Une main vint saisir son paradis olfactif et Grigri protesta à nouveau son mécontentement : « Meaaaaw ! ».

Puis la bipède se figea.

Et soudain, Grigri tomba par terre tandis que Bipède-nourrissseuse-au-parfum-de-pluie-et-de-cuisine-qui-sait-comment-gratouiller-sous-le-cou se levait brusquement, le vêtement devant elle.

Et l'atmosphère changea.

Le sang du félin ne fit qu'un tour tandis que son instinct de survie prenait le dessus.

L'air autour de l'humaine semblait avoir gelé, son aura devenait agressive comme une patte aux griffes acérées. Sauve qui peut !

Il déguerpit sans attendre son reste, laissant là la bipède à sa furie. Aucun être vivant censé ne souhaitait croiser Bulma lorsqu'elle se mettait ainsi en colère.

ooooo

Immobile au milieu de sa chambre, Bulma tendait devant elle le vêtement trouvé par son chat sous son lit. Une chemise de nuit savamment déchirée.

« Végéta, tu vas me le payer. » Murmura-t-elle.

ooooo

Quelques étages plus hauts, Végéta s'allongeait dans son lit, les bras sous la tête, poussant un soupir de satisfaction en sentant le sommeil le gagner. Il avait bien progressé aujourd'hui. D'ailleurs il avait fort bien dormi la veille, après ce « rêve » agréable.

Il ricana une dernière fois avant de s'endormir.