[note de l'auteure] Bonjour ! Désolée pour l'attente, je trouve que les chapitres de transition sont les plus difficiles à rédiger, j'ai l'impression de faire du patchwork, et j'essaie de faire mon possible pour que les enchaînements dans l'histoire ne soient pas trop brutaux. Bref, voici un petit chapitre de transition, histoire de faire évoluer l'intrigue doucement, enfin si j'y arrive.
[Disclaimer] Il y a deux extraits de chansons dans ce chapitre, et comme ça vient de l'anglais, j'ai peut-être un peu tordu la traduction comme ça me chantait pour que ça rime et que ça colle mieux dans le récit. Ceci dit, les chansons d'origine ne m'appartiennent pas. Ce sont : "Sweet Dreams (Are Made of This)", de Eurythmics ; et "Dirty magic" de the Offspring.
Merci encore mille fois à celles (et ceux ?) d'entre vous qui laissent des commentaires ou qui continuent à suivre cette histoire depuis le temps que c'est commencé ! Vos reviews sont ce qui m'encourage à continuer ! Je rappelle que je suis preneuse de tous les conseils ou propositions ! Merci encore, et sur ce, bonne lecture et à bientôt !
Beaux rêves et magie sale
Le tiroir débordait de lingerie fine de toutes les couleurs et toutes les matières. De la dentelle, de la soie, du satin.
Du bleu ? Non, trop doux et trop homogène avec la couleur de ses cheveux. Du rouge alors ? Bof, trop agressif, et puis ce haut était trop provocateur. Le bustier noir ? Non, déjà mis il y a deux semaines. Jaune ?
Nue devant sa glace, Bulma hésitait en essayant différents assortiments, prenant son temps. Le soleil était à peine en train de se coucher, elle avait donc un peu de temps devant elle avant que la nuit ne tombe, apportant avec elle son lot d'illusions et rêves trompeurs.
Cela faisait quatre jours qu'elle n'avait pas fait de beau rêve impliquant un certain guerrier saiyan, et elle commençait à trouver le temps long. Ce n'était pas qu'elle avait pris un rythme, mais elle profitait des moments agréables quand ils se présentaient à elle. Et depuis bientôt deux mois, les occasions s'étaient multipliées, chacun rendant subrepticement visite à l'autre dès que le cœur lui en disait.
Après ce jour où elle avait installé le système de gravité en vagues, puis lui avait rendu visite dans sa chambre alors qu'elle le savait épuisé, il s'était vengé comme il se devait. Il l'avait ignorée avec dédain pendant toute la journée suivante, n'hésitant pas à lui jeter des remarques acides et des regards méprisants. Et le soir même, dès l'instant où elle avait refermé la porte de sa chambre, il était apparu derrière elle et l'avait littéralement jetée sur son lit. Le lendemain, elle n'avait pas trouvé le moindre reste de tissu déchiré par terre, et pourtant il y en avait eu...
Et depuis, ce jeu avait continué. Guerre froide et jeux d'esprits le jour, guerre ardente et jeux des corps la nuit.
Rien d'officiel entre eux deux bien sûr. Tous deux redoublaient d'ingéniosité afin de ne laisser aucune trace derrière eux. Si ce n'était pas pour les occasionnelles traces de morsures qu'elle découvrait dans son cou, le matin devant son miroir, elle doutait qu'elle parviendrait à distinguer ses fantasmes rêvés des réelles visites nocturnes du sombre guerrier. Et après tout, peut-être que la totalité des événements survenus au cours du dernier mois n'étaient vraiment que de rêves. Mais ça, au final, elle s'en fichait pas mal, préférant choisir avec soin sa tenue pour le prochain rêve, cherchant l'équilibre idéal entre sexy et sensuel sans tomber dans le provocateur.
Elle tournait à présent devant son miroir vêtue d'une nuisette de soie jaune sombre et de bas en dentelle assortis. Elle fit la moue et chercha dans un tiroir un énorme boa de plumes jaune d'or qu'elle ajouta sur ses épaules. Puis elle hésita à nouveau, prit la pose, fit à nouveau la moue, remplaça le boa par une étole bleu ciel, affronta à nouveau son miroir, puis jeta l'étole par terre, retira la nuisette, et sortit de son tiroir un bustier noir orné de lacets verts. Finalement, le vert c'était mieux.
Tout ça, bien sûr, ce n'était que des rêves, mais autant les rêver comme il fallait. Agréables certes, mais rien de plus que des rêves. Ce qui voulait dire que tous deux jouissaient d'une liberté totale. Et ce soir, elle avait la liberté totale, si elle le souhaitait, d'enfiler ces vêtements, gravir les marches jusqu'au cinquième étage, activer son bracelet à rétrécir, passer sous la porte de Végéta, reprendre sa taille normale, et enfin, se sentir belle, se sentir femme comme elle ne s'était plus sentie depuis des années, sous son regard de braise et dans ses bras brûlants.
Apparemment, et en général jusqu'à présent, il n'avait pas plus envie qu'elle de la repousser. Chacun jouait le jeu à chaque fois que l'un débarquait dans la chambre de l'autre. D'ailleurs, elle ne savait toujours pas comment il s'y prenait pour entrer dans sa chambre à elle sans laisser de trace. Bah ! C'était parce que ce n'était qu'un rêve ! Songeait-elle en terminant d'enfiler son bustier noir et vert, en un ensemble détonnant avec sa culotte orange et ses bas de dentelle jaune. Elle retira un des bas et se pencha pour retirer l'autre.
« J'aimais mieux le jaune. » Intervint une voix moqueuse dans son dos. Son sang se glaça.
Elle hurla en se retournant, tomba à la renverse et se retrouva assise par terre contre sa commode, tendant son bas jaune devant elle comme si elle avait pu se défendre avec contre l'intrus qui se trouvait dans sa chambre pourtant fermée à clef.
Il était là assis sur le lit, vêtu uniquement de son short de sport trop moulant et de son plus beau rictus maléfique, appuyé sur ses mains vers l'arrière et une jambe repliée contre lui sur le matelas, la scrutant d'un œil moqueur.
« Végéta ! S'écria-t-elle en colère. Mais c'est pas vrai ! Il faut vraiment que je porte mon détecteur en permanence ou quoi ? Tu pourrais pas faire attention un peu ? Un jour je vais vraiment finir à l'hôpital avec tes conneries ! Qu'est ce que tu fous ici d'abord ? » Elle se releva péniblement, tentant de cacher sa tenue légère en attrapant son étole bleue et s'enroulant dedans, tandis qu'il ricanait. « Eh ! Arrête ça tout de suite ! Qu'est-ce que tu fous dans ma chambre ?
-Et toi, qu'est-ce que tu fiches à enfiler tous tes vêtements bizarres ?
-Je fais ce que je veux dans ma chambre ! Toi, pas contre, tu n'as rien à faire ici ! Fiche le camp tout de suite ! » Répliqua-t-elle.
Une seconde, le regard du prédateur.
Deux secondes, le sourire carnassier.
Trois secondes : « Ah bon. »
À la fin de la troisième seconde, Végéta avait disparu.
...
Hein ?
« Végéta ? » Appela Bulma d'une voix incertaine en regardant autour d'elle. Merde ! Fichues illusions d'optique ! À quoi jouait-il encore ? Il n'était tout de même pas réellement parti, si ? Jamais il n'avait obéi à un ordre de sa part avec autant de facilité ! Elle n'avait pas rêvé, si ?
Mais pourquoi diable l'avait-elle chassé, alors que justement elle avait des projets pour lui ce soir ? Il fallait dire que leurs interactions en temps normal n'avaient pas changé : ils ne se voyaient en général que lors du dîner pour parler technique, elle construisait des robots, il s'entraînait, ils se disputaient, elle le soignait, il réclamait des améliorations, et ils se disputaient à nouveau. C'était uniquement à la faveur de la nuit qu'il leur arrivait maintenant de changer de discours. Quand il l'appelait Bulma, quand elle l'appelait mon prince. À voix basse.
Bon. Et maintenant quoi ? Il venait d'apparaître soudainement dans sa chambre puis de se volatiliser comme ça devant ses yeux ?
Soit il s'était déplacé très vite pour avoir l'air de disparaître, soit elle parlait depuis le début à une illusion, et dans les deux cas, il n'était plus là. À moins qu'elle ne soit déjà en train de rêver... Depuis quand Végéta aurait-il utilisé des techniques de combat pour berner une humaine inoffensive ?
Elle resserra son étole autour d'elle, avec un sentiment d'incertitude qui augmentait crescendo, tout comme cette impression d'avoir un goût de métal dans la bouche. Elle se retourna brusquement.
Rien.
Elle n'eut pas le temps de se retourner à nouveau. Un obstacle doux se glissa devant ses yeux et s'enroula autour de sa tête en un bandeau opaque. De la fourrure. Bulma retint un cri et sa respiration tandis que deux mains fermes se glissaient sur ses hanches et l'attiraient vers l'arrière contre un obstacle dur et brûlant. Du muscle. Elle lâcha l'étole en tressaillant. Celle-ci se déroula lentement et tomba mollement à ses pieds, révélant dessous l'ensemble inassorti.
Un souffle chaud susurra dans son oreille : « Pourquoi tu te donnes tant de mal à choisir des vêtements que tu enfiles dans le seul but que je te les enlève ? Tu sais très bien que je les déchire la moitié du temps...
-Quatre-vingt pourcents du temps. Le corrigea-t-elle en un souffle.
-Oh, parce que tu tiens des statistiques en plus ? Demanda la voix en effleurant son cou de l'oreille à l'épaule, sur un ton malicieux.
-Non, mais je sais compter. Je suis une scientifique tout de même.
-Hn !
-Et toi... tu es une grosse brute. Ajouta-t-elle d'un air enjoué tandis qu'elle commençait à haleter sous cette si simple caresse qui lui faisait bouillir les entrailles.
-Ah ? Et pourquoi ça ? Demanda l'homme en resserrant la prise autour de ses hanches.
-Parce que tu es toujours... tellement pressé de... d'en venir au fait que... tu es... incapable de me déshabiller sans m'arracher mes vêtements. Sourit-elle. »
La bouche qui parcourait son cou s'arrêta un moment, puis elle sentit les lèvres s'étendre en un sourire mauvais.
« C'est un défi ? Demanda-t-il, la vibration particulière dans sa voix masculine trahissant son intérêt.
-Oui. » Répondit-elle.
Le bourdonnement grave de la respiration du saiyan emplit la pièce tandis qu'un « Hn ! » narquois fut tout ce qu'elle obtint pour réponse avant qu'il ne se remette à parcourir son épaule avec ses lèvres, puis son ventre avec ses mains, maintenant sa queue en bandeau sur les yeux de sa femelle.
Il rirait moins quand il tenterait de défaire un à un les crochets et les lacets de son bustier. La torture lente n'en serait que plus douce, songeait Bulma en s'abandonnant lentement.
Demain elle le savait, elle s'éveillerait seule dans son lit, incapable de déterminer si elle avait rêvé cet instant ou non. Mais autant le vivre intensément tant qu'elle le pouvait.
ooooo
Les meilleurs rêves sont faits de cela.
Et qui serais-je pour le nier ?
Tant de mondes et de mers j'ai traversé.
Tout le monde cherche quelque chose pour soi.
Certains veulent te manipuler.
D'autres veulent être manipulés par toi.
Certains veulent être abusés.
D'autres veulent abuser de toi.
ooooo
Non, pas ce soir.
Il y était déjà allé hier.
BANG
Non, pas ce soir.
BANG
Se concentrer. Focus. Objectif. Plus fort, toujours plus fort.
BANG
Fichue gravité en vag...
BANG BANG
Aïe ! Songea Végéta en mettant un genou au sol et se tenant la tête entre les mains. Il se releva aussitôt pour esquiver le passage paresseux d'un rayon laser, émis par l'un de ces nouveaux droïdes quasiment indestructibles. Il comprenait à présent pourquoi leurs attaques étaient si lentes...
BANG
La gravité en vagues était abrutissante.
BANG
Mais le défi n'en était alors que plus intéressant à relever. Réussir à se battre avec ce mal de crâne et les coups répétés. Comme si...
BANG
Il se releva, s'envola, rebondit sur un mur en évitant le laser, et atterrit sur ses pieds.
Comme si un adversaire invisible le frappait et le projetait au sol en plein milieu de ses manœuvres d'entraînement. Il encaissait des coups qu'il ne pouvait pas parer.
BANG
Cela ne...
BANG
Aïe...
Il se releva immédiatement, se projetant en direction du droïde le plus proche, prêt à frapper...
BANG
Son mouvement fut stoppé net, son bras se tordit vers l'arrière, menaçant de déboîter l'épaule.
He'k ksooo ! Ragea-t-il en se réceptionnant sur ses pieds, tenant son épaule pour vérifier qu'elle était intacte. Elle l'était, mais la gravité avait stoppé net son attaque... Comme si cette maudite scientifique avait même calculé le moment exact où il allait attaquer...
À moins qu'elle n'ait installé des capteurs qui détectaient vraiment le meilleur moment pour frapp...
BANG
Maudite scientifique, maudite humaine, maudits yeux bleus qui le scrutaient et semblaient le décrypter comme un livre ouvert. Elle allait payer pour oser ainsi le défier !
BANG
Elle allait le lui payer. Bientôt. Elle allait crier. Il voulait l'entendre agoniser de plaisir. Il adorait la faire gémir. Il irait ce soir, même, s'il le voulait. Il faisait ce qu'il voulait.
BANG
Non, pas ce soir.
Il y était déjà allé hier...
BANG
Se concentrer. Focus. Objectif. Plus fort, toujours plus fort.
ooooo
Une nouvelle routine avait discrètement pris place chez les résidents de Capsule Corporation. Bien qu'en apparence, personne n'aurait pu remarquer le changement entre les deux personnes les plus caractérielles qui vivaient là, la tension dans l'air avait tout de même nettement chuté. Ils avaient trouvé une autre méthode pour régler leurs différents, et la nuit en gardait jalousement le secret, allant même jusqu'à tromper les deux protagonistes de cette série de rêves éveillés. Et cette situation semblait leur convenir à tous deux pour le moment. Ils n'en faisaient jamais mention au grand jour.
Tout ça, ce n'était que des rêves.
Tout ça, ce n'était qu'un jeu.
Et ce genre de jeux, tous deux aimaient tenter d'en tirer profit au maximum, mener l'offensive toujours plus loin pour voir comment résisterait l'autre. Lequel des deux parviendrait à soumettre l'autre à sa volonté, à faire lâcher ses nerfs. Lequel des deux ferait le premier faux-pas, dévoilant une brèche de faiblesse dans laquelle l'autre ne manquerait pas de s'engouffrer. Un duel d'esprit malsain, mais qui leur convenait à tous deux.
Aussi, Végéta ne s'y trompa pas ce soir-là, lorsque Bulma vint s'asseoir à son côté pour manger avec lui comme tous les soirs, en annonçant : « Mon père est malade. »
Il flairait déjà l'arnaque. L'humaine ne commençait jamais à raconter sa vie sans raison. Il s'empêcha de regarder dans sa direction : « Et ? »
Bulma remplissait son assiette de sa maigre portion, manifestement peu surprise par son manque d'intérêt pour la santé de son père : « Oh, rien de grave, mais il va sans doute rester cloué au lit un jour ou deux. Je vais devoir le remplacer pendant ce temps-là.
-Et ?
-Bah, rien de spécial. Fit-elle nonchalamment. J'aurai quand même le temps de réparer tes droïdes je pense, comme tu n'en casses pas beaucoup en ce moment.
-Et ?
-Et donc, en fait, c'est surtout que je vais devoir aller à sa place à une convention demain.
-Et donc ? Continuait-il d'un air totalement désintéressé.
-Euh... Hésita-t-elle enfin. Disons que... Ma mère est encore en train de me faire une crise de panique à l'idée que j'y aille sans garde du corps.
-Et ton père y allait comment ?
-Avec un lourdingue incapable qui cause tout le temps. C'est un ami à lui, mais moi je ne le supporte pas.
-Ah.
-Cet idiot serait incapable de défendre quiconque ! Grognait Bulma en touillant dans son assiette sans manger. Franchement ! Je préfère encore y aller seule qu'avec lui.
-Eh bien vas-y seule ! Répliqua-t-il entre deux bouchées.
-Oui, je sais... C'est que...
-Je m'en fous.
-Dis-moi, Végéta... Est-ce que tu... » Elle ne termina pas sa phrase, au plus grand agacement du saiyan.
Celui-ci frappa bruyamment sur la table du plat de la main : « Bon, humaine, arrête de tourner autour du pot et viens-en au fait. Tu veux que je t'accompagne. Dis-moi qu'est-ce que j'y gagnerais si je le faisais ! » Il s'était enfin tourné vers elle, la regardant droit dans les yeux, là où n'importe quel homme aurait louché dans son décolleté plongeant.
Elle prit un air surpris, puis sourit.
C'est là qu'il réalisa qu'il n'avait même pas refusé pour le principe, à l'idée de jouer à nouveau les gardes du corps pour elle. Il était déjà prêt à accepter s'il y gagnait. Il pesta intérieurement.
« En fait, avoua-t-elle en baissant les yeux, je n'ai pas grand chose à te proposer en échange. J'ai encore plusieurs projets d'inventions pour toi en stock, j'ai un nouveau prototype de métalloïde pour ton armure à te faire tester, et puis, j'ai pensé que toi peut-être toi, tu aurais des demandes ?
-Mmmhm, grogna-t-il en se remettant à manger. En fait tu n'as rien. Tu t'imagines vraiment avoir une chance ? Tu as plus d'arguments, d'habitude.
-Écoute, soupira-t-elle d'un air lasse. Je sais que tu vas me répondre que tu ne fais jamais rien qui ne soit pas dans ton intérêt et blablabla. Donc si tu t'en fiches de faire une pause dans ton entraînement pour aller goûter la délicieuse cuisine du continent Est pour accompagner une personne aussi intelligente, belle et agréable que moi, je me suis dit qu'au moins, tu comprendrais que c'est dans ton intérêt que ta super scientifique soit en sécurité pour qu'elle puisse continuer à réparer et construire ton matériel d'entraînement. Je serai de retour demain soir, tard. Est-ce que tu auras la conscience tranquille de laisser partir toute seule et sans défense une personne aussi importante que moi ?
-Tsss ! Ricana Végéta. L'autre jour tu étais en train de te vanter que tu sais te défendre ! Et depuis quand tu te soucies de ma conscience ? Si tu savais à quel point je n'en ai rien à faire de ta sécurité ! »
Elle perdit son sourire timide d'un bloc, prenant une expression faciale bien plus sérieuse : « J'aurais dû me douter qu'un type comme toi répondrait quelque chose du genre. C'est dommage pour toi. On dort plus sereinement quand on a la conscience tranquille... On fait plus facilement des beaux rêves aussi. »
Il manqua de s'étouffer en avalant de travers, ce qui lui laissa le temps de reprendre sa contenance, sourcils froncés et air sévère : « De quoi je me mêle, humaine ? Mes rêves ne regardent que moi et je choisis seul ceux que je veux réaliser ou pas.
-Pffff ! S'agaça-t-elle en lui jetant un regard furieux. Ce que tu es lourd ! Raconte ce que tu veux, mais tu ne m'as pas dit non, il me semble. Donc je devine que tu as quelque chose à exiger, monsieur le guerrier, je me trompe ? Toi aussi arrête de tourner autour du pot !
-Répare-moi le vaisseau spatial. » Répondit-il sans broncher, peinant pour ne pas regarder vers elle.
Elle fronça les sourcils et son ki prit soudain la forme d'un flocon de neige : « Pourquoi ? Tu veux encore t'en aller ?
-Encore une fois, mêle-toi de ce qui te regarde, humaine ! Mais pour ton information, non, pas dans l'immédiat. Je veux juste me savoir libre de partir quand je veux.
-Ah. » Répondit-elle simplement.
Il leva discrètement le regard de son assiette vide. Elle semblait réfléchir, mais son expression fermée empêchait de deviner à quoi.
Puis elle hocha la tête : « Entendu. Dès que mon père ira mieux, on te réparera la capsule spatiale pour qu'elle soit prête à décoller n'importe quand. Mais ça va prendre un peu de temps, vu l'état dans lequel tu l'as rapportée la dernière fois.
-Construisez-en une autre si c'est trop dur pour vous !
-Facile à dire. Répliqua Bulma. Le moteur réutilise des pièces du vaisseau spatial de Radditz, notamment des métaux qu'on ne trouve pas sur Terre.
-Ah. Fit-il.
-Végéta ? Intervint-elle.
-Quoi ? Claqua-t-il.
-Je sais que tu n'en as rien à faire de ce que je pense, mais quand même... J'apprécierais que tu me préviennes, la prochaine fois que tu décides de t'en aller... Au lieu de t'enfuir comme un voleur.
-Humaine. Je suis libre, je fais ce que je veux, et personne ne peut m'imposer quoi que ce soit. Je ne m'enfuis pas, et je ne suis pas un voleur.
-Je sais. Mais sache que c'est perçu comme ça si tu t'en vas un beau jour sans prévenir, surtout par tes hôtes. C'est très malpoli en plus.
-Tu sais ce que j'en fais de ta politesse ? Tu perds ton temps à essayer de m'apprendre vos coutumes inutiles. »
Elle se contenta de répondre par un sourire amusé, il fronça les sourcils. Puis elle annonça : « À propos de coutumes, il me semble qu'on vient de passer un marché, là, non ? Tu m'accompagnes à ma convention demain ?
-Hmf. On verra demain. Répliqua-t-il d'un air neutre.
-Hm, non, j'ai besoin de ta réponse ce soir, parce que je pars dans une heure.
-Quoi ?
-C'est sur le continent Est. Expliqua-t-elle calmement. Même avec un de nos meilleurs véhicules, il faudrait au moins une demi-journée de route. Mon père avait prévu de partir ce midi, et réservé un hôtel là-bas pour être bien reposé demain.
-Tu t'imagines vraiment réussir à me convaincre de perdre autant de temps à voyager aussi stupidement avec toi ?
-Pourquoi pas ? Suggéra-t-elle en souriant. Tu sais très bien que je suis en de meilleures dispositions pour répondre à tes exigences quand je te suis reconnaissante. Et ça, c'est dans ton intérêt. Le vaisseau spatial ne va pas se réparer tout seul... »
Une seconde. Il haussa les épaules : il savait déjà sa réponse.
Deux secondes. Il la détestait.
Trois secondes. Ayant fini de manger, il se leva sans mot dire, sans la regarder. Puis s'éloigna.
« Tu as une pile de vêtements présentables et un sac à dos posés devant la porte de ta chambre. Intervint-elle. Je t'attends dans une heure dans le hall d'entrée.
-Non, dans trois heures. La corrigea-t-il. Je refuse de monter dans un de tes véhicules archaïques. On ira plus vite en volant. Je retourne m'entraîner tant que je peux. »
Puis il s'en fut sans se retourner. Il savait que dans son dos, la jolie humaine souriait de toutes ses dents, et cela le faisait enrager. Parce qu'elle avait gagné sa négociation, mais aussi parce qu'il ne comprenait pas pourquoi il avait autant envie de se retourner pour voir ce sourire. Il ne comprenait pas.
ooooo
« Eh ! Soz' !
-Quoi ?
-Y'a encore un OVNI dans le radar !
-Encore ? Tu as lancé la procédure d'identification ?
-Oui. Aucun signal radio, comme d'habitude. Le visuel est en cours d'analyse. »
Juste à ce moment-là, l'imprimante se mit en marche. Les deux militaires affectés à la surveillance radar se regardèrent un moment d'un air indécis, puis l'un d'eux s'avança et saisit l'image floue qui venait de s'imprimer. Il fronça les sourcils : « Merde, c'est quoi cette blague ?
-Quoi ? Demanda l'autre en s'approchant.
-Encore un type qui vole avec une fille dans les bras...
-P'tain ! On va finir à l'asile des fous avec tous ces canulars !
-Mais merde enfin ! Comment ils font ça ?
-Arrête, réfléchis pas trop. C'est un canular, je te dis ! Jette ça ! On dira qu'on n'a rien vu ! »
L'autre, l'air pensif, resta quelques secondes à regarder le cliché sur lequel on distinguait, presque de face, un homme aux longs cheveux noirs dressés vers l'arrière sous l'effet de la vitesse. Il semblait en plein mouvement de chute libre la tête la première, sauf que le flou de l'image indiquait qu'il se déplaçait à l'horizontal (ce qu'avait d'ailleurs confirmé le radar). À son côté, il tenait par la taille une femme aux cheveux bleus qui avait passé les bras autour de son cou. Elle avait les yeux fermés, la tête légèrement recroquevillée vers l'homme. Celui-ci avait son visage sévère tourné vers l'avant, mais le flou de l'image laissait à penser que peut-être ses yeux étaient tournés vers son décolleté.
En soupirant, le militaire alla poser l'image dans le dossier destiné aux affaires classées sans importance, par dessus une autre où l'on distinguait un homme chauve de forte stature avec une marque étrange sur le front ressemblant à un troisième œil. Il tenait par la taille une femme aux longs cheveux blonds et bouclés qui riait à gorge déployée. La veille, le même homme-ovni avait été détecté, volant en sens inverse avec une femme brune dans les bras, le visage si proche du sien sur l'image que l'on devinait sans mal qu'elle venait de l'embrasser sur la joue. L'homme souriait.
« Arrête de regarder ces putain d'images. Intervint l'autre militaire. Tu te fais du mal. On va te prendre pour un putain de fou si tu en parles.
-Mais il doit bien y avoir une explication quand même...
-Oui, sûrement, mais si c'est pour découvrir que la Terre est envahie par des putain d'extraterrestres, et me retrouver assassiné, torturé, ou pire, qu'on me vire de mon putain de boulot parce qu'on aura fourré notre nez dans des putain d'affaires paranormales, je préfère rien savoir.
-Hm... Ouais, t'as sûrement raison...
-Comme d'hab', mon vieux ! Allez ! Vire-moi cette putain d'image de merde !
-Mais quand même... Reprit l'autre en jetant un dernier regard au cliché dans le dossier qu'il s'apprêtait à refermer.
-Quoi ?
-P'tain Soz ! Qu'est-ce que je donnerais pas pour pouvoir emmener ma copine en ballade comme ça ! »
ooooo
L'hôtel était un haut immeuble bleu en forme de fleur de pissenlit, comme on n'en voyait que dans les grandes villes, sauf qu'il se trouvait au milieu de nulle part. Il se dressait fièrement sur la côte rocheuse d'un bord de mer, tout à l'est du continent Est. La convention aurait lieu le lendemain à une vingtaine de kilomètres de là, une distance que Bulma justifia par le confort de l'hôtel : « On n'allait quand même pas prendre un hôtel minable sous prétexte qu'il est plus près non ? Je suis une demoiselle délicate, moi ! » Végéta voulut lui reprocher sa futilité, mais il lui fallait bien reconnaître que l'endroit était agréable, d'autant plus qu'il était pratiquement désert, exception faite du personnel affable de l'hôtel et de deux ou trois autres voyageurs fortunés qu'ils n'avaient aucune chance de croiser vu l'heure avancée.
Ils se séparèrent au seuil de leurs chambres respectives, convenant de se retrouver le lendemain matin à 7h30, après le petit déjeuner. (Bulma avait fortement insisté auprès de la réceptionniste comme quoi l'homme qui l'accompagnait était un très très gros mangeur.)
Puis, juste avant d'entrer dans sa chambre, Bulma appela : « Eh, Végéta...
-Quoi ? » Grogna celui-ci.
Elle sourit. Ce sourire aussi sincère que désarmant : « Merci de m'accompagner. Ça me fait plaisir que tu sois là.
-Tsss ! Tu sais très bien que je ne viens pas pour te faire plaisir, j'ai bien l'intention que tu tiennes ta parole de réparer le vaisseau et d'arrêter de hurler à chaque fois qu'une de tes machines pète.
-Dis-donc toi ! Je n'ai jamais promis d'arrêter de crier, seulement d'être dans de bonnes dispositions puisque je suis de bonne humeur grâce à toi. Et je tiens toujours parole, moi.
-Mfm... Grommela-t-il. J'attends de voir.
-Tu sais... Ajouta-t-elle d'un air enjoué. Cette couleur rose sur tes joues te va très bien. » Il lui jeta un regard interrogateur et agacé, mais elle leva la main en un salut, concluant : « Bonne nuit Végéta, fais de beaux rêves. »
Il haussa les sourcils, la voyant disparaître dans sa chambre, puis il haussa les épaules et ouvrit sa propre porte. Sa chambre était vaste et respirait le confort. Un lit énorme trônait au milieu de la pièce, couvert de couvertures et d'oreillers. De nombreux meubles en bois vides étaient disposés ça et là autour de la pièce, maintenant en place un gigantesque tapis duveteux de la même couleur chaude que les épais rideaux qui bordaient une large fenêtre avec vue sur la mer. La salle de bains était tout aussi agréable, tapissée de carreaux bleus et blancs à laquelle s'intégrait une zone de douche plus grande que celle dont il disposait à Capsule Corporation. Le guerrier conclut que ce lieu était convenable.
Il referma la porte de la salle de bains et retourna vers le lit. Ils avaient quitté Capsule Corporation à après onze heures du soir, et après plus d'une heure de vol, il était temps de dormir. Pourtant, il se contenta d'ôter ses chaussures et son T-shirt, puis il s'installa sur le lit, les mains derrière la tête.
Là il attendit.
Calmement.
Dans la pièce à côté, au travers du mur, il suivait les déplacement du ki de Bulma.
Si ses estimations étaient justes, alors elle allait sortir de sa chambre dans moins de dix minutes.
Elle en sortit au bout de trois minutes.
Végéta ricana. Il savait où elle allait. Elle était trop facile à percer à jour. Durant tout leur trajet... Bon, mis à part qu'elle avait pratiquement failli s'endormir dans ses bras (et le visage dans son cou!) vers la fin du voyage, ce qui avait au moins eu l'avantage qu'elle cesse de l'étrangler en monologant sur les voyages qu'elle avait faits dans sa vie et admirant le paysage... Bref, durant tout le trajet où il avait été contraint de respirer SON parfum, elle avait senti CETTE odeur. Si attirante, si sauvage, si insaisissable. Celle qu'elle avait lorsqu'elle le dévorait des yeux, celle qu'elle apportait ces soirs où elle se glissait furtivement dans sa chambre, et qui y restait plusieurs jours après son départ, même s'il aérait à longueur de journée. Cette odeur-là dont il était toujours persuadé qu'elle contenait des phéromones destinés à l'attirer, lui, vers elle.
Et le parfum envoûtant d'épices et d'océan commença à filtrer à travers la porte de la chambre tandis que son ki s'arrêtait sur le seuil.
Il envisagea d'ouvrir brusquement, mais préféra tempérer son impatience. Il avait tout son temps. Il attendit.
Crrrrrrrrr
Un bruit d'ongles que l'on glisse contre une paroi dure. Le long de la porte, puis le long du mur. Le ki suivait la même direction : la femelle au parfum enivrant s'en allait.
Il se redressa sur ses coudes en haussant un sourcil, frustré. Que faisait-elle ? Qu'avait-elle encore inventé ? Elle ne se trompait tout de même pas de chambre ? Alors quoi ? Songeait-il en traquant le minuscule ki d'océan qui était arrivé au bout du couloir.
Puis elle commença à descendre : elle avait pris l'ascenseur. C'est là qu'il commença à comprendre qu'elle s'attendait à ce qu'il la suive. Ce qui voulait dire qu'elle savait qu'il l'attendait.
Cette idiote... Il la détestait.
Il la détestait.
Mais le prédateur en lui avait envie de jouer.
Devinant sans peine qu'elle comptait sortir du bâtiment, le guerrier ouvrit sa fenêtre, et s'envola silencieusement. La traque était ouverte.
Il descendit doucement les seize étages qui le séparaient du sol, et masqua son énergie. L'humaine avait probablement son détecteur à ki sur elle.
Il était à moins de deux mètres de la porte lorsqu'il la vit sortir du bâtiment, enroulée dans une large étole qui lui arrivait aux genoux. Elle regarda autour d'elle d'un air légèrement inquiet, et ne le vit pas, tapi dans l'ombre, juste à côté d'elle. Elle sembla un instant déstabilisée, pinça les lèvres, puis claqua la langue, et enfin, retira son détecteur de son oreille. L'objet disparut en un « pouf » de fumée, et retomba sous forme d'une minuscule capsule dans sa main, que l'humaine rangea dans un compartiment situé dans la semelle de sa chaussure.
Elle n'avait donc pas de poches ? S'étonna Végéta, en la regardant s'éloigner, enroulée dans son écharpe sur un petit chemin isolé, loin de la route principale. Marchant ainsi sous les étoiles, il aurait pu la prendre pour une illusion ou un esprit trompeur. Mais son parfum était trop palpable pour qu'il ne s'y trompe.
Il ne laisserait pas partir cette proie.
Il la suivit.
Plusieurs fois elle se retourna. Jetant derrière elle un regard curieux, de ses grands yeux bleus brillants de mille questions. Elle ne le voyait jamais. Trop lente. Alors elle semblait se reprendre et reprenait son cheminement vers la mer.
« Parfois la lune me manque. Remarqua-t-elle comme pour elle-même. Ça aurait été parfait pour le décor. Mais je suppose que c'est mieux comme ça. Moins dangereux... »
Bien entendu, il ne répondit pas. Mais à lui aussi une lune lui manquait. Une belle lune bien pleine, et son pouls qui s'emballait de battements sauvages tandis que tout son corps se laissait lentement posséder par l'instinct de destruction dans sa forme la plus brute et brutale. Mais en cet instant, ce n'était pas la lune qui faisait vibrer ses instincts, mais une frêle femelle marchant sur un chemin de terre sous les étoiles, enroulée dans un grand morceau de tissu souple, et jetant par dessus son épaule des regards inquiets sans parvenir à le voir, proie facile et à découvert.
« C'est marée basse. » Constata-t-elle en arrivant au bord de la côte rocheuse qui surplombait la mer. Elle regarda autour d'elle d'un air indécis, puis se dirigea vers un escalier de bois qui menait en contrebas. Elle retira ses chaussures avec ses pieds, les poussa de côté, près de la rambarde, puis elle saisit prudemment la rampe et descendit.
Elle laissait son détecteur ? S'étonna-t-il en la surveillant de loin.
Il se posta en haut de la petite falaise, un genou au sol, dans l'ombre d'un rocher. Dix mètres plus bas, Bulma atteignait une petite plage de sable libérée par la marée. Que diable comptait-elle faire ? Il aurait probablement supposé qu'elle avait faim et espérait ramasser des coquillages, mais il doutait que cette terrienne futile soit capable de repérer des denrées comestibles dans la nature. Par ailleurs, elle avait laissé ses chaussures, elle était habillée très bizarrement, et elle avait laissé glisser ses ongles contre sa porte à lui. Donc, elle préparait quelque chose pour lui, de ces batailles qu'ils menaient tous deux la nuit, comme des rêves un peu trop réalistes et qui ne laissent aucune preuve à part un léger tortillement dans les entrailles. Mais là, était-ce un rêve ou une arnaque ?
C'était la nuit. Aucun dispositif de surveillance en vue. Aucun terrien à proximité.
En contrebas, la jolie femelle souriait en s'approchant de l'eau. Les petites vagues arrivaient presque jusqu'à ses pieds nus. Il y avait très peu de vent en contrebas, sûrement grâce aux falaises rocheuses qui entouraient la crique.
D'un mouvement d'épaule, elle jeta son étole derrière elle et avança d'un pas de plus vers l'eau. Complètement nue.
Il s'en était douté, mais elle lui faisait malgré tout le même effet à chaque fois qu'elle faisait cela. Une envie sauvage de se jeter sur elle qu'il maîtrisait avec peine, et une incapacité à détourner le regard. Et son larynx qui se contractait jusqu'à faire gronder sa respiration.
Il ne comprenait pas pourquoi cette femelle-ci avait cet effet-là sur lui. D'autres avaient essayé avant elle…
ooooo
« Tiens donc ! Mais c'est le prince Végéta des saiyans ! Salut à toi, bel homme. »
La femelle qui venait de leur barrer le passage d'un pas souple avait une apparence saiyanoïde, avec la peau bleu-clair, les cheveux blonds et les yeux verts. Elle avait une grande silhouette fine, masquée par une robe longue et uniforme qui collait à ses formes généreuses, ce qui faisait d'elle la prostituée la plus habillée de toute la planète Frieza 72. Elle avait de longues mains palmées et griffues, et portait des nageoires sur toute la longueur de ses bras et jambes nues, ainsi qu'une paire d'ouïes de chaque côté du cou. Il sembla à Végéta que c'était celle-là que l'on surnommait « La Sirène », l'une des femmes de joie les plus chères de tout le quartier rouge.
Bien entendu, le prince ne rendit pas son salut à la femelle qui lui barrait le passage, et ne daigna même pas freiner son allure, mais il sentit derrière lui ses deux acolytes saiyans qui ralentissaient. Autour d'eux, plusieurs soldats s'étaient arrêtés pour regarder la scène. On ne voyait presque jamais sortir les prostituées du quartier rouge non accompagnées.
« Dis moi bel homme, continua-t-elle, il paraît que tu ne passes jamais au quartier rouge, non pas parce que tu es privé de tickets rouges, mais parce que tu les troques, est-ce que c'est vrai ?
-Oui. Répondit-il stoïquement en s'arrêtant à deux pas d'elle. Maintenant, si tu as fini ton interrogatoire, je te suggère de me foutre la paix et de me laisser passer. J'ai à faire. » Les prostituées jouissaient d'un statut particulier dans les bases militaires. Quiconque les blessait ou ne les payait pas était puni de mort. Quiconque les tuait était torturé avant. C'était à peu près leurs seuls droits d'ailleurs.
« Mais pourquoi ? S'étonna la femelle à l'odeur de poisson mal évidé. Tu n'y trouves pas ton bonheur ?
-Mêle-toi de tes affaires. Menaça-t-il. La seule chose qui m'intéresse, c'est de me battre. » Il commençait à en avoir marre de cette situation. Quatre jours auparavant, une des filles l'avait vu troquer un ticket rouge contre une dizaine de tickets alimentaires à la taverne où il n'avait rien bu ni fumé. Depuis, il semblait qu'une rumeur s'était répandue parmi toutes les prostituées de la base militaire, et ce n'était pas la première fois que l'une d'entre elles passait nonchalamment en travers de son chemin en battant des cils et l'appelant « bel homme ». L'une avait même posé la main à plat sur son bras, et il avait eu toutes les peines du monde à ne pas la tuer sur-le-champ, quoiqu'il l'avait tout de même décemment terrorisée.
Mais celle-ci, avec ses nageoires et son odeur de poisson, osait lui barrer la route. Comme par hasard, il venait juste de retirer son lot de tickets colorés pour les cinq prochains jours.
« Oh, je vois. Fit la Sirène en souriant d'une rangée de dents pointues. Dans ce cas laisse-moi au moins te donner un aperçu de ce à côté de quoi tu passes. »
De ses doigts griffus, elle ouvrit la fermeture invisible sur l'avant de sa robe et la jeta vers l'arrière d'un mouvement forcé de ses épaules squelettiques. Dessous, elle était complètement nue.
Comme le saiyan l'avait supposé, la rangée de nageoires qu'elle portait sur les jambes se prolongeait jusque sur ses flancs. C'est à peu près la seule réflexion qui lui vint à l'esprit avant qu'il ne réalise que l'endroit où il se trouvait était soudain devenu beaucoup trop silencieux, sauf derrière lui : tous les soldats des environs, reptiliens, batraciens et insectoïdes compris, la fixaient comme s'ils n'en croyaient pas leurs yeux, tandis que quelque chose avait dû se mettre à dérailler dans le larynx de ses deux acolytes dont la respiration vibrait bruyamment.
Il haussa un sourcil : le charme ne prenait pas sur lui.
« Alors, beau prince ? Demanda la femelle avec un sourire entendu, consciente de l'effet qu'elle produisait sur les mâles alentours. Que dirais-tu d'un peu de soulagement avant de repartir en mission ? Je sais que tu as un ticket rouge sur toi. D'habitude j'en demande quatre, mais je peux te faire une réduction exceptionnelle.
-Eh mais c'est pas juste ! » S'écria quelqu'un dans son dos, suivi d'un brouhaha de murmures envieux et frustrés.
Tous se turent lorsque Végéta, fronçant les sourcils d'un air agacé, porta la main à la poche intérieure de son plastron, duquel il retira, non pas un, mais bien quatre tickets rouges. « C'est ça que tu veux ? »
La créature à l'odeur de poisson sourit encore plus fort en battant des cils, et s'avança d'un pas délicat vers lui.
Il l'interrompit net en déchirant tous les tickets d'un coup. Une fois, deux fois, et encore une troisième fois. Là ! Puis il jeta les miettes de papier métallisé par dessus son épaule : « Voilà. Comme ça tu vas me foutre la paix. Dégage de mon chemin. Je te ferai signe le jour où je serai intéressé par les thons. »
ooooo
Perché sur un rocher en haut d'une falaise, tapi dans l'ombre, Végéta ne comprenait pas pourquoi, en contrebas, de l'eau jusqu'aux genoux, cette femelle-ci avait cet effet-là sur lui. D'autres avaient essayé avant elle, sans succès.
Peu importait.
Ce qui importait, c'était la proie en contrebas, qui s'avançait nue dans les vagues en frissonnant de froid, se retournant régulièrement comme si elle guettait quelqu'un. Le scintillement des étoiles et de l'écume semblait se refléter sur sa peau trop pâle et dépourvue de la moindre impureté. Elle était frêle, fragile, mais sa peau était douce et son esprit tranchant. C'était pour cette raison qu'il se trouvait là. Et il n'avait pas l'intention d'y rester. Il était temps de chasser.
ooooo
Nuances de gammes. Rasoirs en lames. Tu es si tragique.
Je te hais tant, mais te veux tellement. Je suis si élastique.
Ces choses que tu dis, ces jeux auxquels tu me défies. C'est de la magie sale.
ooooo
De son côté, Bulma commençait à s'impatienter. Si elle n'avait pas eu ce goût de métal dans la bouche et cette affreuse impression d'être observée, elle aurait pu croire qu'elle était réellement seule, à se baigner nue dans l'eau froide à une heure du matin.
Elle en était rendue à la taille, et si la situation continuait ainsi, elle allait juste faire un petit tour à la nage dans la crique, puis sortir de l'eau et retourner à l'hôtel sans qu'il ne se soit rien passé de spécial. Elle allait finir par se vexer.
Quelque chose effleura sa cheville et elle sursauta. Son cœur manqua un battement. Puis elle se retourna précipitamment.
Rien.
Elle s'agaça : « Eh oh ! Tu as peur de l'eau froide ou quoi ? Tu comptes rester encore longtemps à te rincer l'œil ou tu t'es dégonflé ? »
Première seconde. Elle fit volte-face. Végéta aimait surgir derrière elle.
Rien.
Deuxième seconde. Enfoiré...
Troisième seconde. « Je ne me dégonfle pas, mais c'est assez amusant de te voir t'impatienter. » Répondit une voix moqueuse sur le côté.
Elle se tourna vers lui : « Ah quand même ! ». Elle aurait voulu répliquer mais ne put rien dire d'autre. Il était là, à trois mètres d'elle et de l'eau jusqu'aux hanches, juste assez bas pour qu'elle devine qu'il était aussi nu qu'elle, juste assez haut pour attiser sa curiosité, s'avançant vers elle. Elle ne distinguait pas grand-chose à la faible lueur des étoiles, mais elle voyait tout de même clairement sa petite silhouette extraordinairement musclée, ses cheveux dressés en flamme sur sa tête, et le blanc de ses yeux qui semblait briller dans le noir. Son rictus moqueur, elle ne pouvait que le deviner.
Il s'arrêta face à elle sans rien dire, et elle laissa un moment son regard errer sur son torse si musclé avant de lever ses yeux vers les siens. Elle sourit, puis enroula ses bras autour de son cou, puis se colla contre lui. Son torse était brûlant.
« C'est malpoli de faire attendre une dame, mon prince. » Murmura-t-elle contre sa bouche.
Il ne la laissa pas l'embrasser, il ne la laissait jamais faire. Au lieu de cela, il s'enfonça dans l'eau et disparut sous les vagues.
« Eh ! » S'écria-t-elle frustrée.
Elle sentit l'eau bouger autour de sa cheville, puis elle l'entendit émerger en un grand « splatch ! » derrière elle. Elle n'eut pas le temps de se retourner. Elle sentit sa queue s'enrouler autour de sa taille, puis il glissa ses mains sur ses hanches et la colla contre lui. Il était glacé comme l'eau de mer à présent, elle frissonna : « Ah ! C'est froid !
-Et alors ? Murmura une voix mielleuse dans son oreille. C'est toi qui as eu cette idée stupide d'aller dans l'eau froide, Bulma.
-Oui, mais... » Elle ne put pas terminer sa phrase car à cet instant, il entra en elle.
Bulma ne put que retenir un gémissement de surprise et de soulagement, agrippant aux mains qui la tenaient par les hanches, n'ayant pas d'autre support.
Il formait pour elle un rempart contre les vagues glacées de la marée montante.
Puis la sonnerie du réveil la trouva enroulée dans le drap de sa chambre d'hôtel, confuse et groggie. Six heures du matin...
Quoi ?
Un rêve ? Ça ? Rien qu'un rêve ? Non ! Impossible ! S'insurgea-t-elle en refermant les yeux. Que s'était-il passé ensuite ? Elle devait bien s'en souvenir tout de même !
La folie, les vagues, SA chaleur, SON souffle au creux de son cou. Non, elle n'avait pas rêvé. Elle s'était redressée, l'avait agrippé par les cheveux, il l'avait saisie par les seins en accélérant la cadence.
Non, ça n'avait pas pu être un rêve... Que s'était-il passé ensuite ? Elle frissonnait rien qu'à tenter de se souvenir. Les vagues autour d'eux. Les vagues sous eux. Il resserrait sa prise sur elle et elle adorait ça, saisissant tout ce qu'elle pouvait saisir de lui dans son dos, entremêlant ses doigts dans ses cheveux, griffant ses mains, passant les doigts dans la fourrure de sa queue. Elle avait failli tomber en tentant d'accrocher sa jambe avec la sienne. Il l'avait retenue sans peine en ricanant. Puis avait martelé encore plus fort en elle. Elle avait crié.
Autour d'eux, les vagues dansaient.
Et puis elle se souvenait d'un front chaud posé sur son épaule, pour rester encore quelques instants contre elle. Elle n'avait pas pu l'inventer, ça tout de même ?
« Atchooooou ! » Éternua-t-elle en reniflant.
Oh non, elle n'avait pas pris froid dans cette chambre d'hôtel douillette, c'était certain. Plutôt en remontant seule le chemin jusqu'au bâtiment, seule et grelottante, enroulée dans son écharpe mouillée que la marée avait failli emporter. Son prédateur nocturne avait disparu aussi subitement qu'il était apparu.
Elle avait tout prévu pour que la soirée soit mémorable... elle avait juste oublié de prendre une serviette...
Soupirant et reniflant à la fois, Bulma se leva et décida de se prendre une bonne douche bien chaude.
ooooo
Végéta était attablé dans la salle dédiée aux petits déjeuners, entouré de serveurs terrorisés qui couraient en tous sens en quête de nouveaux plats à servir à cet hôte impossible à rassasier.
« Un très très gros appétit, hein ? » Lui fit remarquer la réceptionniste avec un sourire nerveux lorsque Bulma vint pour payer.
« Je vous avais prévenus. » Répondit celle-ci, amusée, en ajoutant quelques billets supplémentaires en compensation.
ooooo
La convention de Bulma avait lieu dans un bâtiment immense constitué de plusieurs grands halls reliés par de vastes couloirs lumineux. Dans chaque hall, un thème différent, et l'humaine avait l'intention de tout voir.
Que fabriquait-il ici déjà ?
Végéta bouillonnait. Comment avait-il fait pour se laisser ENCORE avoir à jouer les gardes du corps pour cette espèce de folle qui parlait sans relâche et jouait les gens importants auprès de tous ces hommes costumés en noir et blanc avec une corde décorative autour du cou qui semblait crier « étranglez-moi ! » ?
Et même pas de buffet alimentaire pour calmer ses nerfs !
De toutes manières, pour garder à l'œil sa scientifique dans cette foule dense (sans attirer l'attention sur lui), Végéta n'avait qu'une seule méthode à disposition : la suivre à la trace. Sans le savoir, il jouait parfaitement son rôle de garde du corps à la suivre ainsi silencieusement l'air sérieux et les bras croisés. Non que quelques personnes n'aient tout de même tenté de lui adresser la parole ou de lui tendre un plateau de boissons alcoolisées servies dans des verres minuscules et trop fins, mais tous se décourageaient assez rapidement à ne recevoir en retour qu'un regard meurtrier.
Sauf Bulma.
Ils étaient arrivés depuis quelques minutes déjà à un stand très large et ostentatoire, dont Végéta comprit rapidement qu'il s'agissait de celui de Capsule Corporation. Bulma y avait été accueillie avec respect et sourires aimables, en véritable patronne. Elle passait -expliqua-t-elle au guerrier- pour vérifier que tout se passait bien. Mais elle se retrouva vite avec un verre de boisson alcoolisée pétillante dans une main, une hop-pop capsule dans l'autre, à prendre la pose avec ses employés pour les journalistes pressés autour d'elle. Détestant les flashs autant que cette foule grouillante comme une poignée d'asticots, le saiyan s'était bien entendu éloigné vers un endroit plus calme derrière le stand, laissant la scientifique discourir au sujet de ses incroyables projets, auxquels, du reste, elle participait très peu car elle passait la majeure partie de son temps à travailler pour lui. Au moins, elle travaillait utilement, sauf aujourd'hui, songeait-il.
Ce fut là qu'à sa surprise, elle revint vers lui, une assiette à la main : « Hey ! Mon joli garde du corps ! Je sais que tu n'es pas très fan du vin, mais par contre tu devrais goûter ça. »
Première seconde, il répondit stoïquement par son regard meurtrier.
Deuxième seconde, elle sourit davantage en tendant le plateau de nourriture vers lui.
Troisième seconde. Il détestait cette fille, il détestait son air entendu, il détestait son insolence et sa spontanéité, mais ça sentait bon.
Il se servit et mangea.
Elle papillonna des cils, posa l'assiette sur la table la plus proche, puis retourna répondre aux questions des journalistes en ondulant du bassin de gauche à droite à cause de ses chaussures bizarres.
Il la détestait. Mais pour une raison inconnue, il était trop calme pour s'énerver. Il avait la tête froide, tout était sous contrôle... Enfin... Tout sauf elle.
Il avait vidé l'assiette depuis plusieurs minutes lorsqu'elle revint vers lui pour le prévenir qu'elle allait maintenant faire le tour de plusieurs stands et parler avec les inventeurs et industriels. En début d'après-midi aurait lieu une démonstration sur les nouveaux polymères, puis une conférence sur l'influence de la baisse des coûts du marché sur le salariat industriel. Il lui jeta un regard qui voulait dire : « Dis-moi que c'est une blague ou je t'étripe. », mais elle n'y prêta pas attention, déjà partie vers le premier stand dans sa liste.
Première seconde. Il envisagea de tout faire sauter.
Deuxième seconde. Elle se retourna vers lui, d'un air inquisiteur qui contrastait avec son sourire mal dissimulé : « Allez ! C'est malpoli de faire attendre une dame ! Tu sais bien ça pourtant. »
Troisième seconde. Il cilla. Elle avait dit la même chose la veille, dans l'eau... Mais le temps de lui adresser un clin d'œil charmeur, elle avait déjà repris sa route en ondulant des hanches. Et lui, n'arrivait même plus à se sentir énervé...
Il soupira, jurant de se venger dès qu'il en aurait l'occasion. La journée allait être très très longue.
...
Les discussions s'enchaînaient, les photographies à l'occasion, ou même parfois des échanges de papier sur lesquels les terriens avaient dessiné quelques hiéroglyphes auxquels Végéta ne comprenait rien et dont il n'avait rien à faire.
À la suite d'une démonstration grotesque où il fut contraint de rester assis dans des gradins à regarder des engins métalliques avec des roues bizarres tirer sur des cordes, dans des directions opposées, sur une barre métalloïde en forme de U qui n'avait pas bougé, il crut que cette fois il allait réellement transformer ce lieu en cratère géant, lorsque l'humaine lui annonça qu'elle voulait parler au scientifique.
« Tu te moques de moi humaine ! S'écria-t-il. Tu m'avais dit qu'après ce spectacle ridicule, on irait manger !
-Rhaa ! Mais tu ne penses qu'à manger ma parole ! On n'aura qu'une seule occasion de tester ce que vaut vraiment ce polymère, et c'est maintenant !
-Je n'en ai rien à foutre de ton po... »
Elle était déjà partie.
Il grogna. Son estomac fit de même. Puis il la suivit, songeant très fort à son vaisseau spatial et ses nouveaux droïdes pour calmer ses nerfs.
Lorsqu'il la rejoignit, l'humaine était au milieu d'un petit groupe de gens vêtus comme des gens importants, en pleine discussion avec le scientifique qui avait dirigé la présentation à laquelle ils venaient d'assister :
« ...Tout de même, utiliser des tanks pour une démonstration de ce genre, vous reconnaîtrez que c'était un peu exagéré. Remarqua-t-elle avec un sourire entendu.
-Mais pas du tout, mademoiselle ! Répondit l'humain avec condescendance. C'est encore le plus efficace qu'on ait trouvé pour tester la résistance de ce matériau. D'après nos calculs, il résisterait à une force d'environ 100 téranitons par millimètre volumique. En fonction de la forme, bien sûr.
-Impressionnant... Commenta un homme à côté d'elle en faisant tourner l'objet dans ses mains.
-Oui, bien entendu, répondit-elle avec complaisance. Ceci dit, vous auriez dû prendre des tracteurs agricoles pour une vraie démonstration de force, pas des tanks.
-Des tracteurs ?
-Évidemment ! Des engins conçus pour tirer et porter des masses, pas pour être indestructibles.
-Ah, peut-être.
-Ceci dit, poursuivit Bulma, tout sourire, je ne remets pas en cause la résistance incroyable de ce matériau... Vous me laisseriez le soupeser ? »
Elle tendit la main, et son voisin lui tendit la barre de métalloïde en forme de U qui avait parfaitement résisté à la traction de deux tanks.
Bulma soupesa l'objet, le fit passer d'une main à l'autre, tapa dessus du bout de son ongle, commentant : « C'est léger... »
Le scientifique lui répondit d'un sourire entendu.
« Qu'est-ce que tu en penses, Végéta ? » Lança-t-elle par dessus son épaule.
Derrière eux, le saiyan qui était resté en retrait en ruminant son agacement haussa les sourcils puis les épaules : il n'en avait rien à faire.
Mais la jolie scientifique insista, se tournant vers lui et lui tendant l'objet : « Si la résistance te convient, je pourrais m'en servir pour améliorer mes inventions pour toi. »
C'est seulement à cet instant que Végéta prit mesure du nombre de stands qu'ils avaient visités où Bulma s'était systématiquement renseignée sur les nouveaux matériaux très résistants... Depuis le début, elle faisait ça pour lui ? Pour son armure ? Intéressant...
Finalement curieux, Végéta saisit l'objet des mains de Bulma et l'inspecta à la lumière. D'apparence, on aurait cru une barre de métal blanc mat, pliée en U, d'une vingtaine de centimètres de haut et de moins d'un centimètre de diamètre. Au toucher, on aurait dit un matériau inerte et lisse comme du plastique. « Mhf... Grommela-t-il. J'ai déjà vu plus léger.
-Ah ! Mais par contre, vous n'avez jamais vu plus solide, je peux vous l'affirmer ! » Se vanta le scientifique.
Sceptique, le saiyan jeta un regard en coin vers l'humaine, qui croisa les bras et lui répondit par un haussement de sourcil qui semblait dire : « Vas-y ! ». Il ricana puis empoigna la barre de métalloïde des deux mains, sur chaque branche du U.
De son côté, Bulma manqua de pouffer de rire en voyant tous les scientifiques poliment regroupés autour d'eux, à attendre leur tour, qui tous écarquillèrent les yeux, prenant manifestement le guerrier pour un fou.
Puis celui-ci fronça les sourcils.
Puis il sembla à Bulma que le vent se levait.
Puis elle le vit grincer des dents.
Et la barre en forme de U prit lentement la forme d'un X.
« Alors ? S'enquit-elle. Pas encore assez résistant à ton goût ?
-Si, la résistance est pas mal. Répondit Végéta en inspectant l'objet le plus solide de la Terre qu'il venait de tordre à mains nues. Par contre les propriétés sont mauvaises. Un objet de cette résistance ferait mieux de se briser que de se tordre, ça fait moins de dégâts.
-Comment ça ?
-Imagine que tu te prends un coup de poing dans le ventre. Il vaut mieux que l'armure se brise en absorbant une partie du choc, plutôt qu'elle garde la forme du poing après le coup. Tu ne pourrais plus respirer.
-Ah d'accord. Acquiesça Bulma en réfléchissant. Je pourrais sans doute combiner ce polymère avec un de ceux que j'ai déjà crées.
-Ça me va. Répondit-il stoïquement en lui rendant la barre de métalloïde tordue. Maintenant, si tu as fini ton affaire, j'ai faim.
-Bon, fit-elle avec un sourire radieux en se retournant vers le scientifique propriétaire de l'objet. Vous nous avez convaincus. Peut-on faire affaire ? Je suis prête à vous acheter la formule pour recréer ce polymère. »
Le scientifique, pâle comme la mort, ne répondit pas, les yeux fixés sur l'objet que Bulma tentait de lui rendre.
ooooo
Monsieur Briefs s'éveilla de sa très longue sieste pour découvrir sa charmante femme assise à côté de lui en train de verser un liquide brûlant dans une tasse à café.
« Ça sent bon. Commenta-t-il d'une voix faible.
-C'est normal, mon chéri. La menthe poivrée, c'est le meilleur pour soigner ce que tu as.
-Ah bon.
-Tiens, bois ! Proposa-t-elle doucement en lui tendant la tasse.
-Merci. Quelle heure est-il ?
-Neuf heures du soir, mon chéri. Tu as dormi toute la journée. »
Il tenta prudemment de tremper ses lèvres dans le breuvage odorant, testant la réaction potentielle de son estomac perturbé. Puis il but une petite gorgée.
« Ne t'en fais pas, poursuivit sa femme, Bulma a très bien su se débrouiller. Elle a tenu à jour ton expérience en cours et elle est allée à la convention du continent Est.
-Ah bon ? Mais à quelle heure est-elle partie ? Elle était encore là hier midi...
-Oui, mais Végéta, ce charmant jeune homme, a accepté de l'emmener pour l'aider à rattraper son retard et lui tenir compagnie.
-Ah bon ? Tu veux dire qu'il a accepté de l'emmener en volant ?
-Oui. Oh ! C'est si charmant ! Je les trouve vraiment adorables tous les deux !
-Aïe aïe aïe... Murmura le vieux scientifique. Je me demande ce que Bulma a bien réussi à négocier cette fois...
-Aucune idée mon chéri. Un bisou sans doute ?
-Tu sais si ça s'est bien passé ? S'enquit le malade.
-Oui oui, le rassura la blonde. Bulma m'a appelée il y a une heure pour me prévenir qu'ils s'apprêtaient à repartir. Elle a même acheté la licence pour un nouveau matériau de je-ne-sais-quoi, elle avait l'air ravie !
-C'est étrange qu'ils s'entendent aussi bien soudainement... S'inquiéta-t-il en prenant une deuxième gorgée de tisane.
-Oh voyons, mon chéri ! C'est normal ! Ils se sont disputés pas mal au début de leur relation, le temps de trouver leur équilibre, mais maintenant c'est fini ! Ils vont enfin pouvoir envisager de nous donner des petits enfants !
-Mhm... J'admire ton optimisme. Moi ça m'inquiète de les savoir en si bons termes pendant si longtemps... Ça n'augure rien de bon... Je m'attends au pire...
-Oh, mais non voyons ! S'esclaffa la mère. Tout se passe pour le mieux entre eux, c'est évident ! Allez, bois ta tisane ! »
Malheureusement pour eux, l'intuition de monsieur Briefs était bonne.
Cette situation trop idyllique ressemblait un peu trop à un calme avant une tempête.
Ça ne pouvait pas durer...
