[Notes de l'auteure] Bonjour Bonjour ! Ah ! Il me semble que j'ai tenu mon délai et mon quota de mots cette fois ! Bon, ce chapitre ne va pas aussi loin dans l'histoire que j'espérais, car la fin aurait dû correspondre au milieu. Mais comme les personnages ont encore fait des leurs en chemin, ça risquait de faire un chapitre beeeeeaucoup trop long, donc bon, ce sera pour la prochaine fois !

Et d'ici-là, il va falloir que je commence franchement à me documenter sur la vie d'une femme enceinte. D'ailleurs, si certain(e)s d'entre vous ont des anecdotes trop choupi ou bien très terre-à-terre, n'hésitez pas à me les partager si le coeur vous en dit, ça pourrait m'aider à rendre le sujet un peu plus réaliste ;-)

Et bien sûr, merci encore pour tous vos commentaires qui me donnent tant de baume au cœur ! À bientôt !


Chaos

Le guerrier s'élança dans les airs, ivre de rage et prêt à en découdre. Il était jeune, mais il avait manifestement été entraîné. Bien entraîné. Chacun de ses mouvements était calculé sur l'économie d'énergie pour une vitesse et une puissance maximales. Ses gardes de combat ne laissaient paraître que très peu d'ouvertures, et aucune sur un point vital. Son armure rouge semblait légère sans entraver ses mouvements, elle protégeait avantageusement les parties vitales et les plus exposées, recouvrant même les articulations avec souplesse. Il maîtrisait très bien son ki, tant pour voler que pour lancer des attaques énergétiques comme il était en train de le faire en ce moment. Le temps qu'il lui fallut pour charger la boule d'énergie au dessus de ses mains, grosse comme trois fois sa tête, était appréciablement court. Il la lança en hurlant toute sa haine et sa rancœur.

Il n'avait aucune chance.

Végéta ne prit pas la peine de décroiser les bras et encaissa l'attaque de front, expulsant son ki à la dernière milliseconde pour annuler l'impact et laisser sa propre armure intacte. Puis il fit demi-tour dans le nuage de poussière dense pour parer l'attaque qui venait de derrière lui, saisissant le poing à la volée. Face à lui, le visage du jeune alien se décomposa sous la douleur et le poids de la désillusion : il n'avait jamais eu la moindre chance.

Ricanant à nouveau, le saiyan lui assena un coup de pied droit dans le ventre, lâchant son poing pour mieux le laisser valser vers l'arrière. Il ricocha sur le sol comme une pierre sur l'eau d'un lac, teintant de vert son armure rouge là où se versait le premier sang. Pourtant, au bout du septième ricochet, il se ressaisit, vrilla son corps pour poser ses pieds au sol et s'en servit comme appui pour foncer droit sur son adversaire en hurlant.

Pour autant que Végéta puisse le trouver complètement idiot de s'acharner davantage dans ce combat perdu d'avance, il appréciait sa témérité. Il allait pouvoir s'amuser un peu.

Comme un félin avec une proie.

Un pas d'esquive sur le côté, le dos de la main frappant négligemment l'air de bas en haut. Son jeune adversaire se retrouva propulsé au sol à plat ventre à ses pieds, toute la force de sa charge déviée et retournée contre lui lorsqu'il s'écrasa par terre dans la pierre qui se teinta à son tour d'une substance verte et gluante mélangée à un peu de bave. Il avait probablement explosé la moitié de ses dents sous l'impact.

Nouveau cri de hargne, nouvelle attaque, un balayage des jambes. Le saiyan l'encaissa sans bouger d'un pouce, regardant de haut son adversaire au sol dont les yeux écarquillés trahissaient la douleur lorsque son pied se heurta à cet obstacle invulnérable avec bruit sourd. Il n'avait pas la moindre chance ni le moindre espoir mais il luttait quand même.

C'était jouissif, songea Végéta en déviant d'un revers de la main l'attaque énergétique crée à un mètre de lui en une fraction de seconde.

Son adversaire est à bout de souffle. Il commence à comprendre... À réaliser... La mort. La fin.

Son âme est perdue, elle lui appartient. La flamme dans ses yeux s'éteint et coule sur sa joue. Ce corps est déjà vide.

Il y avait quelque chose de jouissif à éteindre les flammes les plus rebelles, à piétiner les dernières braises d'espoir et d'idéalisme de toutes ces créatures trop naïves pour mériter de vivre dans cet univers.

« Quoi ? Déjà ? Amuse-moi encore un peu ! » Exigea Végéta en expulsant le corps à plusieurs mètres d'un seul coup de pied.

Si son adversaire avait été un morphocéphaloïde, cette frappe aurait été maladroite, mais il n'était qu'un misérable... un misérable...

Attends...

Mais si !

Volant encore dans les airs sous l'intensité de l'impact, le morphocéphaloïde étendit brutalement ses tentacules de ses quatre bras et quatre jambes. Il s'était retrouvé au dessus de Végéta sans aucune raison logique, et tentait à présent de resserrer ses huit tentacules en une cage d'entrave mortelle autour de lui. Ses yeux brillaient en rouge sous la colère. Le mouvement était bon, aucune issue en visuel. Le geste avait été rapide et précis.

Végéta ricana. Même avec huit bras de trois mètres de long chacun, cet adversaire n'avait pas l'ombre d'une chance. Il étendit son ki autour de lui. Les pierres tout autour d'eux se mirent à léviter tandis que le sol se creusait sous ses pieds. L'ennemi hurla en se retrouvant à nouveau projeté vers le ciel, le tronc parfaitement vulnérable à une attaque énergétique alors que son armure noire se délitait peu à peu.

Le saiyan ne manqua ni l'occasion ni son tir.

La boule d'énergie arriva sur son adversaire de plein fouet. Juste le temps pour les yeux rouges de s'écarquiller et d'enregistrer l'information de mort imminente. Il n'avait jamais eu la moindre chance. Son existence n'avait jamais rien signifié. Végéta n'avait fait que jouer avec lui. Sa vie lui appartenait.

À moins d'être un illusionniste, le coup lui serait fatal, songea Végéta avec désappointement, se préparant à un feu d'artifice de chair et de sang noir.

Mais son adversaire disparut au moment de l'impact comme s'il n'avait jamais existé, laissant l'attaque énergétique poursuivre son chemin vers le ciel.

Zut, un illusionniste.

Un énorme bras musclé bleu à l'odeur de terre apparut dans son champ de vision et vint s'enrouler contre sa gorge en une prise d'étranglement très efficace. Végéta se laissa saisir sans trop savoir pourquoi. Le manque d'air ne l'affectait pas tant que ça.

À son oreille, son adversaire se mit à débiter une tirade dans une langue qu'il ne connaissait pas, mais dont les intonations et les entrecoupements trahissaient toute la souffrance, la douleur, la rancune, la haine, tout ce qu'il avait perdu à cause du saiyan, et tout ce qu'il ne pouvait pas se permettre de perdre et ce pourquoi il luttererait jusqu'au bout. Qu'avait-il fait sur cette planète déjà ? Bah, il était sûrement en train de la purger, comme d'habitude. (D'ailleurs, pourquoi n'était-il pas en train de s'entraîner dans sa chambre de gravité ?) Il avait détruit toute la vie et l'existence de cet adversaire, et maintenant il allait disposer de la sienne.

Végéta ricana en se libérant de cette prise d'étranglement avec aisance, par une clef de bras qui brisa le coude de son adversaire en un craquement sinistre à peine masqué par son hurlement de douleur. Végéta se retourna pour lui enfoncer son coude en plein sternum. La femme (Tiens, c'était une femme finalement ?) en armure bleue et à la peau rouge fut propulsée vers l'arrière sous l'impact de la frappe, son dos glissant sur l'herbe rose comme sur une vague. Végéta s'élança au dessus d'elle et la frappa en pleine figure, droit vers le sol dans lequel elle s'écrasa en y laissant un cratère de plusieurs mètres de diamètre.

Fier, Végéta se posa sur le bord du cratère en croisant les bras et contempler sa victime défaite.

Mais celle-ci entreprit de se relever péniblement, lui jetant un regard meurtrier et tenant contre elle son bras brisé dont l'os jaune saillait au milieu d'une cascade de sang gris. Elle n'avait aucune chance, elle le savait pertinemment, mais elle lutterait jusqu'au bout. Il trouvait ça stupide mais en même temps il adorait ça.

Il ricana et s'éleva lentement dans les airs pour la regarder de haut et asseoir sa puissance, prêt à foncer en piqué dans ce cratère qui commençait lentement à se refermer comme les murs en jellybilles de sa chambre de gravité.

Cette personne en bas, qui le scrutait de ses yeux bleus pleins de rage et d'incompréhension, sa vie lui appartenait.

Et ça se terminait maintenant.

Il plongea sur son adversaire en éclatant d'un rire diabolique, poings en avant.

Elle fronça les sourcils et serra visiblement les dents... puis esquiva d'une roulade sur le côté à la dernière seconde. Elle n'avait pas fini sa manœuvre que le prince la saisissait violemment à la gorge, la projetant au sol sous la violence de l'impact. Ils ricochèrent plusieurs fois sur le sol métallique de cette chambre de gravité qui ne comportait pas de murs. Elle fixa sur lui son regard haineux dont le bleu intense se perdait dans le blanc à mesure que le souffle la quittait sous la pression des mains du saiyan sur sa gorge. Elle lui appartenait. Elle n'avait jamais eu l'ombre d'une chance.

Et pourtant, elle continuait de lutter, lui envoyant un coup de genou bien placé dans les parties, mais avec trop peu de force. Il ne broncha pas. Répondant par son habituel rictus moqueur. Que pouvait-elle faire, cette frêle créature à la peau beige et au parfum d'océan, sans le moindre conditionnement physique au combat ? Un seul coup d'œil suffisait à savoir qu'elle ne s'était jamais battue ni entraînée, elle n'avait pas la moindre force, elle n'avait rien d'une guerrière, mais elle avait le même regard. Bleu. Ses longs cheveux de la même couleur semblaient former un océan autour de sa tête, mais le parfum qu'elle dégageait était celui d'une épice forte, entêtante.

Était-il vraiment en train de l'étrangler ? Apparemment non. Il la maintenait juste plaquée au sol Cela suffisait. Elle lui appartenait. Elle luttait sans espoir, il ferait ce qu'il voulait d'elle, sa vie était entre ses mains.

Sans raison logique, ils étaient nus tous les deux.

Il se positionna au dessus d'elle, savourant sa victoire. Et plongea.

Puis il émergea tout aussi brutalement se retrouvant soudain assis dans son lit en inspirant comme s'il venait de manquer la noyade. Il était dans sa chambre à Capsule Corp, couvert de sueur et seul dans l'obscurité, entendant encore une voix féminine dans sa tête qui gémissait délicieusement son nom. Il lui fallut plusieurs minutes pour retrouver une respiration calme, et plus encore pour que toute la tension dans son corps retrouve un état normal, surtout son bas-ventre.

Il serra les dents et les poings. Ce n'était pas la première fois que Bulma débarquait dans ses rêves pour tout saboter. Cette situation commençait à vraiment l'agacer.

Quelques étages plus bas, une autre personne venait de se réveiller en sursaut et le maudissait tout aussi amèrement.

ooooo

Bulma courait. Le couloir semblait interminable. Ou peut-être était-ce un hall ? Quelle importance ? La silhouette s'éloignait dans la brume, elle devait courir.

« Végéta attends ! » Cria-t-elle aussi fort qu'elle put. Puis de fatigue, elle s'effondra à genoux.

« Tu es vraiment pathétique. Misérable humaine. » Moqua Végéta, maintenant dos à elle à un mètre de là.

« C'est ton enfant ! Plaida-t-elle. Tu ne peux pas l'abandonner ! Il aura besoin de toi pour grandir ! » Elle se sentait tellement en détresse. Derrière elle, quelque part dans le brouillard, elle entendait un bébé pleurer.

« Je n'en ai rien à faire de toi. Je n'en ai rien à faire de lui. Je n'en ai rien à faire des tiens. Je n'en ai rien à faire de ta planète. Je la détruirais bien moi-même mais vous êtes de bons serviteurs pour le moment. » Répondit-il, lointaine silhouette de dos dans la brume.

C'est là que Bulma se souvint qu'elle était forte et en colère contre lui. Elle se releva et brandit le poing dans sa direction : « Eh bien c'est tant mieux parce que moi non plus je n'en ai rien à faire de toi ! Tu as besoin de moi, mais moi je n'ai pas besoin de toi ! Je m'en sortirai très bien toute seule ! Et je ne ressens rien pour toi ! De toutes manières, tu vas mourir dans un an ! Tu as gâché ta vie, mais tu ne gâcheras pas la mienne ! Tu vas échouer ! Tué par des robots en plus ! C'est franchement nul ! »

Le temps sembla ralentir lorsque Végéta, à nouveau très proche d'elle, se retourna lentement pour la regarder. Dans ses grands yeux noirs qui la fixaient avec surprise, elle lut peine et douleur à leur état le plus brut : elle avait été la seule personne depuis la destruction de sa planète natale à avoir jamais cru en lui et en qui il avait misé sa confiance, et voilà qu'elle lui disait ça. Elle eut soudain envie de pleurer, de lui crier dessus, l'obliger à retourner s'entraîner, ou à fuir. Il ne méritait pas la mort. Mais elle ne put rien faire que le regarder avec effroi lorsque l'un des droïdes de combat qu'elle avait conçus pour lui surgit de la brume, derrière lui, et frappa.

Les yeux noirs s'écarquillèrent. Il la regarda encore pendant une durée qui sembla une éternité. Elle. Elle l'avait trahi. Elle avait perdu espoir en lui. Elle l'avait tué.

Elle était comme figée sur place, tandis que le contact visuel se brisa, et que le corps du guerrier tombait lentement à genoux puis au sol, la face la première.

« Végéta ! » Hurla-t-elle de toutes ses forces, et son cri résonna en écho comme dans une cathédrale. Elle se précipita vers lui. Il était tout près, pourtant il lui sembla courir plusieurs minutes interminables.

Lorsqu'elle arriva enfin à genoux à côté de lui et posa sa tête sur ses genoux, ses pupilles avaient perdu leur éclat sombre. Ses grands yeux sans vie semblaient la dévisager d'un air éternellement accusateur. Vides. Elle l'avait trahi.

« Non ! Hurla-t-elle à nouveau en le secouant pour le réveiller. Végéta ! »

Seul un écho sinistre de sa propre voix brisée par un sanglot lui répondit. Le corps de celui qui avait été son amant était glacé et rigide sous ses mains comme s'il avait été mort depuis longtemps déjà.

Elle resta longuement à le contempler sans y croire, triste mais incapable de pleurer. Elle se contenta d'appeler encore et encore, refusant la vérité sous ses yeux embrumés, en lui caressant le visage.

Dans le brouillard derrière elle, des gens parlaient.

« Toutes les créatures d'amour sont égales dans nos cœurs, disait la voix de sa mère, nous les aimons et les traitons comme telles. Mais cet homme est foncièrement méchant ma chérie. C'est un monstre. Il ne t'apportera que du malheur. »

Le corps sans vie sous ses doigts n'était pas celui d'un monstre. C'était celui d'un homme avec qui elle avait partagé de nombreux souvenirs, et dont le départ laissait un vide assourdissant en elle.

« Tu vois ma chérie, expliquait la voix de son père à la petite fille en elle, la hop-pop capsule, cela m'a pris des années de développer le premier prototype. Personne n'y croyait. Moi-même j'ai souvent failli perdre espoir. Je n'avais pas d'argent pour continuer mes expériences, et même pas pour manger. Mais ta maman n'a jamais cessé de croire en moi. Elle m'a redonné espoir dans les pires moments. »

Mais l'homme qu'elle serrait contre elle en caressant ses cheveux, elle avait cessé de croire en lui. Elle l'avait laissé tomber, trahi. Elle se sentait coupable.

« Maman ! Appela une voix d'enfant. Il est où mon papa ?

-Je l'ai laissé mourir mon trésor, lui répondit sa propre voix quelque part derrière elle. Tu vois, je peux très bien m'occuper de toi toute seule. Il ne voulait pas de toi de toute façons. »

« Noooooon ! » Cria Bulma en fermant les yeux et serrant davantage le corps sans vie dans ses bras.

Ce fut à cet instant là qu'elle se réveilla, recroquevillée sur elle-même dans son lit, les bras en croix contre sa poitrine dans la position où elle avait serré la tête de Végéta dans son rêve. Et cette affreuse envie de pleurer.

Qu'était-il donc pour elle, cet homme pour qui elle n'était rien ? Elle n'était pas censée réagir ainsi ! Rien de tout ceci n'aurait dû se passer comme cela !

ooooo

« Bonjour ma chérie ! Salua-chanta madame Briefs. Comment vas-tu ? Oh ! Mais tu fais une tête horrible ce matin ! Mal dormi ? Tu n'as pas déjà tes premières contractions dis-moi ? C'est un peu tôt tout de même...

-Non maman, juste un mauvais rêve. » La rassura Bulma, les yeux encore mi-clos, emmitouflée dans sa robe de chambre en polaire, et traînant des pantoufles jusqu'à la cafetière pour se servir son petit déjeuner.

« Oh, ma pauvre chérie ! J'ai exactement ce qu'il te faut pour te réconforter. J'ai fait des crêpes à la fleur de sureau et des petits brownies fondants à la menthe et au poivre. Viens, assieds-toi et raconte-moi ! De quoi parlait ton rêve ?

-Je ne me souviens plus.

-Ah bon ? Essaie quand même, ça fait du bien d'en parler tu sais.

-Peut-être, mais je ne me rappelle rien. » Mentit-elle à nouveau pour éviter le sujet. Puis, devant le regard peiné et inquiet de sa mère, elle se trouva obligée d'ajouter des informations crédibles pour éviter l'interrogatoire : « Tout ce dont je me souviens, c'est qu'il y avait un bébé qui pleurait et... je ne pouvais rien faire.

-Oh, ma pauvre chérie, quel cauchemar horrible. » Murmura sa mère en rejoignant sa fille pour la serrer dans ses bras.

Bulma ne se laissa faire que quelques secondes avant de se ressaisir et repousser poliment l'étreinte maternelle : « Ça va, ça va, je vais bien, je suis réveillée maintenant, et je n'ai pas l'intention de laisser ce rêve se réaliser. Je suis forte, et je saurai très bien me débrouiller toute seule pour offrir le meilleur de la Terre à cet enfant. Il ne manquera de rien, tu verras. » En prononçant ces mots, elle caressa son ventre clairement arrondi, bien plus d'ailleurs que pour une femme enceinte de seulement cinq mois. Ce faisant, c'est là qu'elle réalisa le double sens de ses mots quant au contenu de son cauchemar et sourit discrètement : quoiqu'il puisse arriver dans le futur, elle ne laisserait ni le départ ni la mort de Végéta l'affecter.

« Bon allez ! Je mange en vitesse et je retourne travailler. J'ai trois droïdes à réparer pour Végéta avant de me remettre sur les plans de mon super-berceau !

-C'est très bien ma chérie. Chantonna sa mère qui s'était assise à côté d'elle pour boire son thé. Mais pourquoi tu ne commences pas par le berceau ? C'est tout de même plus urgent, non ?

-Non maman. S'amusa Bulma. Mon bébé devrait arriver dans presque encore quatre mois, alors que si je n'ai pas réparé les droïdes de Végéta pour ce soir, ce sera la catastrophe.

-Hm ! Eh bien ça lui apprendrait la vie, à ce méchant ! S'exclama sa mère. La patience et le respect pour les autres, voilà ce qu'il lui manque !

-À qui le dis-tu... » Approuva la jeune femme. Elle voulait laisser la conversation se terminer là, mais elle trouva impossible de lutter contre cette envie de le défendre : « Ça n'empêche pas qu'il s'entraîne en tant que notre allier, pas notre ennemi.

-Bah ! Éluda la blonde en agitant la main devant son visage comme pour chasser une mouche. Même sans lui je suis certaine que notre charmant petit Son Goku et vos amis n'auraient aucun mal à nous défendre ! Végéta est peut-être craquant avec son grand front et son air déterminé, mais il n'a rien dans la tête !

-Maman, je te l'ai dit, c'est juste que... Il n'a pas appris les choses comme nous ! Là d'où il vient, il...

-Eh bien qu'il y retourne ! Décréta sa mère. J'adore cuisiner pour les gens, mais j'en ai assez de ne pas recevoir une once de gratitude !

-Mais si, ce n'est pas ça...

-Je sais ! Je vais lui préparer des provisions, des montagnes de provisions ! On lui offre le vaisseau spatial, et comme ça, hop, il pourra rentrer chez lui ! Hohoo ! Quelle bonne idée ! »

Une grosse boule dans la gorge. Bulma dut se taire pour ne pas trahir sa voix étranglée. Elle était émotive pour un rien en ce moment. Les hormones sans doute. Et cette petite voix dans sa tête qui se disputait avec une autre : Mais... C'est ici chez lui... Il n'a nulle part d'autre... -Ha ! Mais non, il n'en a rien à faire d'être ici de toutes manières ! Bonne idée, il serait ravi de partir ! Bon débarras ! -Il nous abandonnerait ? -Non, pour nous abandonner, il faudrait déjà qu'il ait été à nos côtés un jour. Ici il ne fait que manger, dormir et te tourner autour. Et même avec tout le soutien que tu lui apportes, il n'est toujours pas un super saiyan. Arrête de miser sur le mauvais cheval ! -Mais je... Je veux croire encore en lui... -Non tu ne veux pas. Tu ne veux pas te faire encore plus de mal que...

« Bulma, ça va ?

-Hein quoi ? Fit celle-ci en atterrissant brutalement dans la réalité. Oui oui, ça va. Je réfléchissais.

-À quoi, ma chérie ?

-... À la meilleure façon de lui dire que le vaisseau spatial est réparé et prêt à partir quand il le voudr... (Elle déglutit bruyamment) Pfff, allez, je retourne travailler. »

Elle se leva mais sa mère la retint : « Ma chérie, voyons, tu n'as pas mangé ! »

Sa crêpe tartinée de beurre de cacahuètes trônait dans son assiette, intacte. Elle n'avait bu qu'une seule gorgée de café.

Bulma leva les yeux au ciel, soupira, et se rassit. Hormones ou pas, elle allait devoir se ressaisir.

ooooo

Un bruit de pas.

Bulma réfléchissait tranquillement sur son croquis sans y prêter garde, une main sur son ventre.

Clic ! La porte s'ouvrit.

Bulma ajoutait un trait sur sa feuille, puis contempla le résultat, songeuse, et rectifia la courbe qu'elle venait de tracer.

Clac ! La porte de son laboratoire se referma bruyamment.

Bulma mordillait le bout de son crayon, refusant de quitter son schéma des yeux. Elle tenait un concept sur le bout de la langue mais n'arrivait pas à le coucher sur le papier.

« Ahem. » Souffla une voix agacée derrière elle.

Bulma entreprit de gommer rageusement un pan entier de son croquis. Ce n'était pas ça, mais c'était ça qui n'allait pas.

Le goût de métal dans la bouche, et cette impression que le vent se levait.

Bulma dut lutter pour ne pas sourire son amusement. Alors comme ça Monsieur s'agaçait ? Tant pis pour lui. Sur ce, elle entreprit de redessiner par dessus la zone qu'elle avait gommée, non sans avoir fait tourbillonner son crayon entre ses doigts avant pour bien signifier combien elle avait de la classe, même enfermée dans son laboratoire entourée de montagnes de papier.

« Humaine. Arrête de m'ignorer tout de suite ! Tonna la voix mâle derrière elle.

-Shhhh ! » Intima-t-elle en fronçant les sourcils, concentrée, tandis que son génial cerveau calculait l'angle des courbes nécessaires afin de garantir à son invention une solidité maximale.

Elle entendit l'homme derrière elle grogner, et n'y prêta aucune attention. Elle était forte, indépendante, autonome, et indifférente. Comment pouvait-elle imaginer que ce faisant, elle ne faisait qu'empirer les images qui tournaient dans la tête du prédateur derrière elle ?

Végéta serra les dents.

Comment cette si faible femelle osait-elle lui faire l'affront de l'ignorer ainsi si nonchalamment ? Lui ! Elle ne tenait donc pas à la vie ?

Visiblement non.

Il aurait dû être habitué depuis le temps, mais on ne s'habitue pas à un manque de respect si flagrant et délibéré. Comment pouvait-elle continuer à se comporter comme cela et être encore en mesure de respirer à cet instant ? D'autres avaient trouvé la mort sous sa main pour bien moins que cela. Et pourtant, elle était toujours en vie, toujours à le provoquer.

Elle allait le payer.

Elle méritait qu'il enroule ses doigts autour de sa jolie gorge si fragile, qu'il la suspende à bout de bras et l'écoute lutter, se débattre et étouffer peu à peu, qu'il admire tout ce joli corps si frêle lutter pour son dernier souffle, trembler sous les spasmes, et se perdre lentement, s'abandonner peu à peu à lui, lui appartenir.

Ses doigts à ses côtés le démangeaient, tandis qu'il regardait l'humaine continuer de l'ignorer, ne lui offrant qu'une vue statique de son corps sans aucune garde défensive, plein d'ouvertures de frappe et de prises pour briser ses membres. Plein d'ouvertures qui semblaient appeler ses mains à courir sur ce joli corps, plein de prises qui semblaient appeler ses mains à l'agriper plus fort.

Il se visualisa laissant courir ses mains sur ce joli corps à sa merci, agrippant ses seins et plongeant sa bouche dans ce cou à découvert, son nez dans ses cheveux, se noyant dans son parfum d'épices et d'océan. Il se visualisa l'écouter lutter et se débattre, et se perdre lentement, s'abandonner peu à peu à lui, lui appartenir.

Tenterait-elle de le repousser ? Pendant combien de temps ? Finirait-elle par s'abandonner à lui ? Par faire courir ses mains habiles sur son corps à lui ? Par lui faire chanter sa peau et vibrer son larynx ? Par gémir son nom comme nul ne l'avait jamais si bien prononcé ?

Oui. Évidemment qu'elle tenterait de le repousser. Tant qu'il refusait de céder à ses exigences d'officialisation qu'il était le géniteur, voire même qu'il concède à endosser des responsabilités avec leurs histoires de parentalité, et peut-être même se retrouver obligé de devoir fréquenter Bulma plus souvent avec ses histoires de petit-ami et autres stupidités à la sauce terrienne... Non, il ne voulait rien avoir à faire avec toutes leurs emmerdes. Il voulait juste la femelle en face de lui, mais il savait très bien que celle-ci, avec ses discours venimeux, lui en couperait l'envie dès qu'il ferait savoir ses intentions, en exigeant de lui des choses qu'il n'accepterait jamais. Il s'en irait encore plus frustré et agacé qu'il n'était en ce moment.

Non, il fallait patienter encore, continuer de ruser et attendre son heure.

Mais pour ça, il fallait qu'il sorte d'ici tout de suite ! Le parfum de l'humaine l'attirait comme un aimant, et il n'arrivait pas à décrocher ses yeux de sa gorge découverte. Il n'était pas venu ici pour cela ! Il ne perdrait pas le contrôle de lui-même si facilement.

La scientifique ne daignait pas écouter ses doléances ? Très bien !

Il leva à hauteur de ses yeux le droïde défectueux qu'il avait pris la peine d'apporter jusque là, et ricana. Elle n'allait pas aimer ça.

Bulma poussa un cri d'effroi lorsqu'une énorme masse métallique vint s'écraser sur son bureau juste sous son nez. Pendant une fraction de seconde, elle crut à un crash de météorite. Puis elle contempla sans y croire, recroquevillée sur sa chaise, l'objet se mettre à faire des étincelles et à dégouliner d'une huile graisseuse et noire. C'est là qu'elle reconnut le droïde... Ou du moins, ce qu'il en restait, maintenant qu'une partie s'était aplatie sous l'impact, et une autre s'était incrustée dans son bureau, y formant une petite cuvette dans laquelle s'écoulait la fuite d'huile. Au fond de cette cuvette se trouvait son précieux schéma sur lequel elle travaillait depuis plusieurs semaines...

Une seconde.

Deux secondes.

Tr... Bulma hurla.

À la fin de la troisième seconde, Végéta qui avait déjà franchi le palier de la porte la referma en ricanant, la laissant seule dans la pièce.

Elle fonça dehors telle une tornade sans cesser de s'égosiller : « Non mais tu as complètement perdu la tête ! Tu es complètement malade ou quoi ? Qu'est-ce qui t'a pris de faire ça, espèce d'enfoiré ! Tu viens de complètement détruire mon travail ! Végétaaaaaa ! Reviens ici tout de suite ! Je sais que tu m'entends, imbécile ! Viens assumer tes conneries ! Tu ne mérites pas une seule seconde de mon temps ! Espèce de sale égoïste ! Tu vas me le payer très cher pour ce que tu as fait ! Tu as une idée du mal que je me donnais sur ce schéma ? Et tu as tout détruit ! Je te déteste ! Je te hais ! Arrête de te cacher comme un lâche, viens t'expliquer si tu l'oses ! »

Depuis le début de sa tirade, Bulma hurlait, seule dans le jardin où elle ne voyait pas le moindre signe du saiyan. Elle ne le réalisa vraiment que lorsqu'elle s'interrompit pour reprendre son souffle. Elle regarda autour d'elle. Des passants dans la rue s'étaient arrêtés pour la dévisager d'un air curieux. Tous les oiseaux du quartier s'étaient envolés par peur, tous les chats avaient fui pour épargner leurs oreilles, les chiens à la poursuite des chats, les humains à la poursuite des chiens, et les dinosaures n'en avaient rien à faire.

Bulma peinait à reprendre son souffle, ayant perdu toute sa contenance de digne demoiselle, rouge comme une tomate, prête à exploser, elle aurait pu mordre quiconque lui adressait la parole. Pourtant, quelqu'un le fit sans crainte :

« Au moins, maintenant, tu as arrêté de m'ignorer. » Moqua une voix mielleuse dans son oreille.

Bulma sursauta, se retourna d'un bloc, et envoya la gifle dans le même mouvement.

Sa main frappa le vide. Il n'y avait personne derrière elle. Elle trébucha, emportée par son élan.

Elle se remit à crier en tapant du pied par terre et en brandissant le poing vers l'avant : « Reviens ici tout de suite sale lâche ! Je te déteste ! Rien ne te donnait le droit de faire ça ! Tu m'entends ? Rien ! Je ne suis pas ton esclave ! Apprends un peu la base des bonnes manières un jour !

-Parce que c'est des bonnes manières d'ignorer quelqu'un qui vient te voir peut-être ? » Répliqua une bouche contre son oreille.

Elle hurla et se retourna en envoyant un coup de poing vers là où devait se trouver le visage.

Sa main fut interceptée à mi-course, saisie par le poignet par un homme qui se trouvait non pas devant elle, mais juste à côté d'elle. Leurs bras tendus se touchaient, elle sentait son torse brûlant contre son flanc et son souffle dans son cou. Elle cilla.

« Attention. Susurra Végéta dans son oreille. Ne mets pas le pouce à l'intérieur de ton poing, tu risques de te le briser en frappant.

-Rhaaaaa lâche-moi ! Ordonna Bulma en faisait un pas vers le côté et tirant sur sa main pour mettre un peu de distance entre eux. Et épargne-moi tes conseils inutiles. Si tu t'inquiètes pour moi, tu n'avais qu'à éviter de me donner envie de te frapper.

-Bah, tu te serais fait mal toute seule. » La provoqua le saiyan en la fixant d'un regard carnassier tout en tirant à son tour sur le poignet de Bulma qu'il maintenait de sa poigne d'acier.

« Lâche-moi. » Menaça-t-elle en serrant les dents.

Pour toute réponse, il ricana à nouveau. Puis il intercepta sans mal la seconde main de Bulma un centimètre avant l'impact sur sa joue. Et lui jeta à nouveau son regard sombre qui la transperça sur place. C'est là qu'elle réalisa à quel point, derrière son air moqueur, il était en colère. Il se vengeait d'avoir été ignoré tout à l'heure. Stupide petit prince sans la moindre patience ni le moindre respect pour autrui ! Ne pouvait-il pas comprendre qu'elle n'avait pas envie de le voir ? Qu'elle tentait de se prouver qu'il n'était rien pour elle ?

Au lieu de cela, une seule manœuvre de la part de monsieur le roi des psychopathes, et voilà qu'elle s'était retrouvée à lui courir après !

« Je te déteste. » Rumina-t-elle après avoir abandonné l'option de le cogner avec sa tête.

Première secondes. Il lui maintenait les deux mains fermement et continuait de ricaner de son rire à glacer le sang, savourant sa petite victoire : il avait maintenant la totale attention de sa scientifique, il était en position de force, et il l'avait fait perdre sa contenance de digne demoiselle indifférente.

Deuxième seconde. Bulma cilla et fronça les sourcils : ça ne se passerait pas comme ça.

Troisième seconde, il fut obligé de la lâcher pour reculer d'un pas et ainsi préserver ses tympans mis à mal : « JE TE DÉTEEEEESTE ! S'égosilla-t-elle. POURQUOI FAUT-IL TOUJOURS QUE TU DÉTRUISES TOUT IMBÉCILE ? TU NE COMPRENDS RIEN, MAIS RIEN, C'EST PAS POSSIBLE D'ÊTRE AUSSI BOUCHÉ ! MERDE À LA FIN ! FICHE-MOI LA PAIX ! ON SE VOIT TOUS LES SOIRS, C'EST BIEN ASSEZ POUR TES PUTAIN DE RÉPARATIONS, SI SEULEMENT TU FAISAIS UN PEU ATTENTION AU MATÉRIEL QUE JE FABRIQUE POUR TOI AVEC TANT D'ATTENTION. JE N'AI PAS À ÊTRE À TA DISPOSITION À N'IMPORTE QUELLE HEURE DE LA JOURNÉE ! J'AI AUSSI D'AUTRES CHOSES À FAIRE DE MA VIE ET J'AI UN AVENIR AVEC MON ENFANT À ME PRÉPARER, MOI ! ET TOI ? TOI TU N'AS RIEN ET TU VAAAaaas... (Bulma bafouilla et reformula ce qu'elle s'apprêtait à dire) Tu vas CONTINUER à me TRAÎTER comme une MERDE INDIGNE de ton attention si je te laisse faire. ET J'ESTIME VALOIR UN PEU PLUS DE CONSIDÉRATION QUE ÇA ! On en a déjà parlé il me semble. » Se ressaisit-elle en croisant les bras et le fixant d'un regard lourd de reproches.

Malgré toute sa colère, elle n'était pas parvenue à lui balancer à la figure les deux choses qui tournaient dans sa tête à elle depuis plusieurs jours déjà : le fait qu'il allait certainement se faire tuer dans moins d'un an et demi, et aussi que le vaisseau spatial était approvisionné et paré pour un prochain voyage, à bon entendeur bon débarras. Elle n'y arrivait pas. Ce cauchemar qu'elle avait fait le matin même continuait de la hanter. Rien de ce qu'elle pouvait dire n'était jamais parvenu à blesser ni même juste décevoir ce maudit saiyan avec son air prétentieux et au dessus de tout, mais pour plus rien au monde elle n'avait envie d'essayer. Même après ce qu'il venait de faire. Elle ne voulait pas savoir à quoi ressemblait son regard si elle le blessait. Pas ça.

« Oui oui, je me rappelle. » Répliqua le guerrier en regagnant du terrain dans sa direction, tête haute, bras croisés, sourire en coin et son regard noir brillant d'une lueur mauvaise. Merde, il avait sans doute remarqué qu'elle avait bafouillé. « Je me souviens comment tu m'as déjà baratiné avec tes histoires de considération et de respect. Et alors ? Tu veux qu'on en revienne à la même conclusion ? »

Première seconde. Bulma ouvrit grand les yeux.

Deuxième seconde, elle haussa les sourcils et inclina sa tête vers l'avant d'un air de reproche comme pour demander : Non, sérieusement, ne me dis pas que tu fais allusion à ce à quoi je pense que tu fais allusion ?

La dernière fois qu'ils avaient abordé ce sujet, c'était la première nuit qu'ils avaient passée ensemble...

Troisième seconde. Tout en maintenant son regard meurtrier dans ces yeux noirs brillants de malice, elle s'imposa de respirer lentement et calmement, en espérant que cela empêcherait le rouge de lui monter aux joues. Des garçons stupides qui faisaient des insinuations douteuses, elle en avait vus d'autres. Elle avait bientôt 31 ans. Elle n'était plus une gamine. Elle n'était pas...

À la fin de la troisième seconde, elle avait cillé, et le rictus de Végéta s'était amplifié davantage. De quel droit cet enfoiré de saiyan parvenait-il à transformer sa colère en excitation ? Elle devait absolument rester en colère. Elle avait tous les droits d'être en colère.

Cet idiot pensait pouvoir la déstabiliser en attaquant frontalement après l'avoir évitée, avoir gravité autour d'elle, toujours à proximité mais toujours distant, la jaugeant durant des semaines en pensant peut-être qu'elle ne voyait pas ses manœuvres ? Elle n'était pas stupide, et elle avait beaucoup plus d'expérience que lui dans ce domaine. S'il voulait attaquer de front, il allait repartir la queue entre les jambes !

« Ne prends pas trop tes rêves pour des réalités, Végéta. Je t'ai déjà dit ce que j'en pensais.

-Hn... Ricana-t-il. Et c'est toi qui parles de rêves... »

Cette fois-ci, Bulma dut serrer les poings : « Oui, des rêves. Et je te l'ai déjà dit, moi je ne veux plus rêver, je veux avancer et créer. Et je n'ai pas besoin de toi pour ça.

-Je sais. Je n'ai pas la moindre intention d'intervenir dans tes beaux petits projets d'avenir, humaine, j'ai déjà les miens.

-Très bien. Déclara fièrement Bulma. Dans ce cas essaie de mieux cacher ton attirance pour moi la prochaine fois. Je sais que je suis irrésistible, mais ça t'éviterait d'être embarrassé comme ça. »

Elle baissa brièvement les yeux, indiquant nonchalamment et d'un air moqueur l'évidence affichée sous ses doux yeux de digne demoiselle, que le short de sport trop moulant du guerrier ne dissimulait absolument pas. Là ! Ça lui clouerait le bec !

Cependant, loin d'être gêné par la situation, Végéta fit à nouveau un pas vers elle : « Si tu interprètes ça comme ça, j'en déduis que tu es attirée par moi et que je suis irrésistible ?

-Quoi ?

-Ça vaut pour toi aussi, humaine. » Signala-t-il en affichant ses canines aiguisées.

« Attends attends attends ! L'interrompit-elle sèchement. C'est pas moi qui ai un GROS problème bien visible juste sous ma ceinture. Apprends à te contrôler, mon gars, parce que tu n'obtiendras rien de moi, je te l'ai déjà dit. Je n'ai pas envie de coucher avec toi alors va faire tes insinuations cochonnes ailleurs !

-Dans ce cas, apprends à te contrôler aussi, humaine, parce que là, franchement, ton mensonge ne tient pas une seule seconde quand ton odeur dit exactement le contraire.

-Quoi mon odeur ? Se défendit-elle en prenant un air outré et luttant pour s'interdire de paniquer. Tu essaies de me dire que je pue ?

-Non. Que je t'attire. » Clarifia-t-il en avançant à nouveau. Il était juste en face d'elle à présent.

Bulma maintint son regard sans flancher, mais se promit mentalement de mettre encore plus de déodorant dorénavant. Elle luttait entre un besoin vital de courir à reculons pour fuir le psychopathe, et une envie oppressante de se pencher légèrement en avant pour combler le vide entre eux qui semblait vouloir l'aspirer contre le joli torse nu du prédateur. Elle ne bougea pas d'un pouce. Elle était digne, fière, et parfaitement en contrôle : « Tu es bien présomptueux. Déclara-t-elle. Désolée de te décevoir mais tu te trompes. J'ai assez donné dans les relations sans lendemain. Ça ne m'intéresse plus. Tu ne m'intéresse plus. »

Vas-t-en vas-t-en vas-t-en vas-t-en... Sois vexé, vas-t-en... Pria-t-elle mentalement.

Évidemment il n'en fut rien. L'homme en face d'elle maintenait ses bras croisés contre son maudit torse trop musclé et trop proche d'elle pour sa santé mentale. Et pour ce qui était de la vue juste en dessous... Rien à ajouter. Mais le pire, c'était son regard noir plongé dans le sien, qui à lui seul donnait à Bulma l'impression d'être déjà nue à sa merci, tant il était pénétrant. Elle était censée résister à ça ? Elle était censée parvenir à lui faire croire qu'il ne l'attirait pas ?

Oui. Elle pouvait le faire. Elle devait le faire. Elle était plus forte que ça. Plus forte que cette attirance physique qui ne la mènerait nulle part d'un point de vue relationnel. Elle allait bientôt avoir un joli bébé à s'occuper, elle devait se montrer responsable.

« Répète un peu si tu l'oses. La provoqua le saiyan qui n'avait pas bougé depuis plusieurs secondes.

-Tu ne m'intéresses plus. Répéta-t-elle sans hésiter.

-Ah oui ? »

Première seconde. Elle carra les épaules. Il n'avait aucun moyen de savoir à quel point elle mentait.

Deuxième seconde, elle leva un sourcil, étonnée par le manque de répondant de son adversaire qui restait immobile, juste en face d'elle, bras croisés.

À la troisième seconde, elle étouffa un cri lorsqu'elle se retrouva les bras plaqués contre le corps, ligotée par une sorte de corde en fourrure chaude sortie de nulle part enroulée d'un tour juste au dessus de son ventre.

...Sortie de nulle part, ou peut-être d'autour de la taille du saiyan face à elle qui n'avait pas bronché.

« Qu'est-ce que tu fabriques ? » Reprocha-t-elle au-dit saiyan.

Il avait pris un air presque sérieux et ses lèvres étaient pincées, mais elles gardaient la forme de ce maudit rictus moqueur. Il murmura : « Donne-moi tors si tu peux.

-Non mais je sais ce que je dis, oh ! S'énerva Bulma. Je me connais quand même ! Tu fais quoi là ? Tu penses me mettre la pression ? Lâche-m... » Elle s'interrompit net lorsque l'extrémité de l'organe duveteux se glissa sans détour sous sa jupe. Elle aurait dû crier. Elle aurait dû incendier sur place ce pauvre type sans gêne. Elle lui aurait réduit les tympans en miettes. Mais son corps refusa. Brûlant sous la caresse comme si l'objet qui lui effleurait l'intérieur des cuisses avait été fait de braise, ses jambes manquèrent de se dérober sous elle. Son génialissime cerveau suivait l'information et le mouvement sans en perdre une miette, mais en oubliait d'ordonner une réaction appropriée. Cette attaque était complètement inédite pour elle.

Ce ne fut que lorsque l'objet se glissa dans sa culotte qu'elle reprit le fil de ce qui était en train de se passer et tenta vainement de se libérer de l'emprise du saiyan, à qui elle renvoya un regard haineux. En face d'elle, le regard sombre était trouble et il lui sembla presque y voir danser des flammes noires. Elle ne contrôlait plus rien. Ni lui, ni elle-même. Elle ne contrôlait pas son propre corps qui frissonna lorsque l'organe vint effleurer ses parties les plus sensibles, trahissant son désir de manière flagrante, ni sa gorge qui ne parvint pas totalement à masquer son gémissement lorsque le bout de sa queue se présenta à l'entrée de son intimité humide et grande ouverte, ni ses yeux qui se fermèrent presque, sa respiration qui s'accéléra, mais elle ne contrôlait pas plus son esprit qui envisagea de lâcher les commandes et d'abandonner là toute pensée raisonnable, de se jeter sur l'homme en face d'elle qui ne tentait même pas de dissimuler son érection, son cerveau ne comprenait plus vraiment pourquoi elle luttait au juste.

Pourquoi restait-il si loin ? Vas-t-en sale cochon ! Ne reste pas planté là emmène-moi dans ta chambre tout de suite ! Disparais de ma vue immédiatement je ne veux plus jamais te revoir !

« C'est bien ce qui me semblait. » Murmura Végéta dont le visage se trouvait maintenant à deux centimètres du sien, et qui la fixait intensément tout en maintenant son corps bras croisés à une distance respectueuse qui semblait soudain une torture. « On est quittes. Et toi, tes histoires de dignité, de responsabilité et de rêves d'avenir, ce ne sont que des bobards que tu te racontes en boucle, alors qu'en fait rien n'a changé. Tu as envie de moi, mais tu essaies de le nier parce que tu as rajouté des contraintes inutiles dans l'équation. Je ne céderai rien, Bulma, mais il ne tient qu'à toi qu'on en revienne à l'équation de base. »

Plongée dans son regard noir, Bulma s'apprêta à lui répondre, tenter une ultime riposte avant de s'avouer vaincue, mais il la lâcha brusquement. Ses jambes flageolantes faillirent se dérober sous son poids tandis que Végéta, droit et fier, enroulait à nouveau sa queue autour de sa taille. Il avait gardé les bras croisés pendant toute la durée de la « discussion ».

L'intéressé ricana puis tourna les talons et emprunta la direction de la maison en lançant par dessus son épaule : « Je retourne m'entraîner, je t'ai laissé un droïde à réparer, tu sauras quoi faire, je suppose ? On se voit ce soir. Je ne suis pas le bienvenu dans ta chambre, mais tu peux toujours tenter ta chance dans la mienne… Tu peux toujours essayer de te faire pardonner, on ne sait jamais... »

Et soudain, le temps d'un battement de cils, il était parti.

Bulma resta longuement plantée là au milieu de la pelouse. Les oiseaux et les chats réinvestissaient le quartier qu'ils avaient fui quelques temps plus tôt, les chiens après les chats, les humains après les chiens, et tout rentra dans l'ordre dans l'indifférence totale des dinosaures.

Elle cilla.

Puis se retourna et se dirigea d'un pas mal-assuré vers son laboratoire, dont elle referma la porte derrière elle. Là, elle prit une grande inspiration, prête à hurler de toute la force de ses poumons.

Au lieu de cela, elle tomba à genoux par terre, les mains sur son ventre bombé. Épuisée. Vide.

Que pouvait-elle faire ?

À quelques dizaines de mètres de là, Végéta avait changé d'avis et bifurqué vers sa chambre au lieu de la salle de gravité. Il avait grandement besoin d'une douche. Froide. Très froide. Son attaque menée à la perfection avait aussi joué contre lui. Il avait déjà du mal à marcher dans cet état, inutile de penser retourner s'entraîner ainsi. Il avait l'odeur de l'humaine partout sur lui et ne parvenait pas à la sortir de sa tête. Il commençait même à regretter de ne pas l'avoir prise sur-le-champ, sans le couvert de la nuit. Mais il ne voulait pas que l'humaine lui reproche ensuite d'avoir abusé d'un moment de faiblesse de sa part. Il voulait qu'elle vienne se rendre à lui, parfaitement consciente et consentante. S'abandonner et lui appartenir. Il devait attendre jusqu'à ce soir.

Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas pris de douche froide. Et il ne s'était presque jamais servi des multiples flacons dégageant des odeurs artificielles qui s'accumulaient dans une petite étagère creusée dans le mur de la douche. Il avait vu Bulma s'en servir, cette unique fois où ils avaient pris une douche ensemble, et sentait régulièrement sur elle ces odeurs artificielles lorsqu'elle venait de prendre une douche. Inutile de savoir lire les hiéroglyphes humains pour avoir compris qu'il s'agissait de produits lavants.

Végéta ne s'en servait presque jamais, mais ce jour-là il le fit, se couvrant entièrement de ce gel moussant dont le parfum beaucoup trop fort rappelait la menthe. Il insista bien sur le bout de sa queue, constatant avec dépit que l'odeur de Bulma restait comme imprégnée dans les poils. Il écrasa le membre de fourrure entre ses doigts jusqu'à sentir clairement la douleur et serra les dents. Le fait que sa queue ait repoussé n'était pas forcément un avantage. Il commençait sérieusement à se demander si la glande responsable de la transformation en singe géant n'influençait pas aussi sur son humeur, notamment sur ses pulsions sexuelles. Serait-il mieux en contrôle de lui-même s'il se l'arrachait ? Parviendrait-il à s'entraîner plus sereinement et se concentrer sur son véritable objectif ? La douleur que cela causerait parviendrait-elle à faire partir cette maudite érection, qui pointait vers le ciel avec espoir ?

Bon, il était temps de retourner s'entraîner tout de suite, ou il risquait de faire quelque chose de stupide ou de détruire sa jolie salle de bains, ou les deux. Peut-être qu'en montant un peu l'intensité de la gravité en vagues, il parviendrait à retrouver son focus. Et son véritable objectif.

La douceur du savon l'aida à trouver une solution temporaire pour retrouver son calme.

ooooo

« Allô Bulma ? »

Au bout du téléphone, on entendait de nombreuses voix et le son rythmé des basses, c'est tout juste si l'on entendit la voix de la personne au bout du fil qui criait pour se faire entendre : « Oui papa ?

-Bulma ! Enfin tu réponds ! Mais où es-tu ma fille ?

-Quoi ? Parle plus fort, je ne t'entends pas !

-Où es-tu ?

-Je l'ai dit à maman, je suis à un festival de musique ! » Le son des voix et des basses s'atténuait, signalant au plus grand soulagement des parents Briefs que leur fille s'éloignait du vacarme.

-Oui, mais c'était il y a quatre jours !

-Je sais, mais j'avais besoin de vacances et de me détendre un peu ! Ne vous en faites pas, je vais bien ! Tout le monde est très gentil avec moi ! Oh ! Et le bébé bouge ! C'est incroyable !

-Ah bon vraiment ? S'exclama madame Briefs en arrachant le combiné à son mari. Tu es sûre ?

-Oui ! Répondit joyeusement la voix. Et mes camarades l'ont senti aussi ! On a même trinqué en l'honneur du bébé qui danse !

-Quoi ?! Mais tu ne dois pas boir...

-Maman ! S'amusa la voix. Évidemment, on a trinqué à la limonade !

-Mais, quand-est-ce que tu reviens, ma fille ? S'enquit le père en reprenant poliment la parole.

-Ouiii ! Renchérit la mère en agrippant au combiné. Nous aussi on veut sentir notre merveilleux petit fils qui danse ! »

Au bout du fil, Bulma rit un moment avant de répondre calmement : « Je ne sais pas trop. Ce festival dure encore deux semaines.

-Oh misère. S'inquiéta le père. Bulma, j'ai enfin réussi à convenir d'une date avec monsieur Vendredi, il arrive jeudi !

-Hein ? Quoi ? Il se passe quoi vendredi ou jeudi ?

-Monsieur Vendredi ! Articula le vieux scientifique.

-Ah ! Le fournisseur potentiel de billes de carbone ?

-Oui. Il vient jeudi !

-Quoi ? Après demain ?

-Oui. Confirma-t-il. Bulma, je sais que tu as besoin de vacances, je suis vraiment désolé, mais j'ai besoin de toi. Tu me connais, je suis nul pour négocier, et il est dur en affaires. Nous avons vraiment besoin de ce contrat de billes de carbone si on veut développer les bâtiments auto-réparants !

-Je sais papa. Ne t'inquiète pas, je ne vais pas te laisser tomber... Je... Je rentrerai demain soir.

-Merci ma fille. Je savais que je pouvais compter sur toi.

-Oh, intervint à nouveau la mère. Et Végéta t'a cherché partout. Il avait l'air de bien mauvaise humeur. Je lui ai dit que tu avais besoin de repos et que s'il n'était pas content, le vaisseau spatial était paré. »

Au bout du fil, Bulma sembla hésiter à répondre : « Et... Qu'est-ce qu-il a fait ? Il est parti ?

-Non non, pas du tout. La rassura son père. J'ai suivi tes instructions et je lui ai donné tous les jours deux droïdes dans le stock que tu avais préparé d'avance pour lui, mais... Je crois qu'il ne connaissait pas l'existence de cette réserve...

-Quoi ?! Tu l'as emmené dans ma réserve ?

-Euh… Oui...

-Et merde, jura la voix de Bulma. Laisse-moi deviner, il a voulu prendre tous les droïdes d'un coup ?

-Euh... Oui...

-Et tu lui as bien dit que c'était dangereux ?

-Bien sûr...

-Et il les a quand même tous activés en même temps ?

-Euh... Oui...

-Et ? S'enquit Bulma.

-Eh bien... Ton système de coupure automatique lui a sans doute sauvé la vie. Ta mère l'a soigné. Pour l'instant il s'entraîne avec son bras cassé et sa cheville tordue. Les traces de brûlures sont en bonne voie de guérison.

-Quelle fougue dans son regard ! Renchérit la mère. C'est beau de voir quelqu'un de si dévoué à devenir si fort ! Il m'a même preeeeeesque remerciée de l'avoir soigné ! Pour un peu je lui aurais pardonné d'être un méchant !

-Eh bien... Soupira Bulma. Il est temps que je rentre alors, sinon ça va être le chaos total. En plus j'ai deux ou trois choses à lui dire à lui aussi...

-Merci Bulma. Soupira son père. Je ne me vois vraiment pas affronter Vendredi sans toi.

-Mais mon chéri ! Signala la mère. Demain c'est mercredi, pas vendredi !

-Je retourne danser ! Les interrompit Bulma qui sentait arriver la discussion passionnante entre ses deux parents. Papa, maman, je vous embrasse fort, à demain !

-On t'embrasse aussi, ma fille ! Répondit le père.

-Est-ce qu'on embrasse Végéta de ta part ? Demanda la mère.

Tuuuuuut tuuuuuut tuuuuut Bulma avait raccroché à temps.

Celle-ci, debout sous un palmier au bord de la mer, soupira en rangeant son portable dans sa poche, et s'en retourna tranquillement rejoindre ses camarades sur la piste de danse où la musique battait son plein. Rien mieux que la musique pour lui faire oublier ses tracas, et quatre jours de danse sans discontinuer, dans cet endroit paradisiaque à plusieurs centaines de kilomètres de chez elle, avaient fait des miracles. Et il lui semblait que sa réponse vis-à-vis de la proposition de Végéta s'en trouvait on ne peut plus claire.

NON. Tu ne m'auras pas sans concessions.