[note de l'auteure] Bonjour tout le monde, et merci pour vos nombreuses réactions, j'avoue avoir été prise au dépourvu, mais ça fait vraiment plaisir ^^ J'aimerais bien vous répondre à tous, mais c'est pas possible quand vous n'avez pas d'identifiant Fanfiction. Donc eh bien merci beaucoup pour votre enthousiasme ! Thank you so much! Muchas gracias!
Bon, ce chapitre est assez court, donc j'espère que vous ne m'en voudrez pas pour ça. Il a été dûr à écrire, mais il était dans mes cartons depuis tellement longtemps que je suis vraiment heureuse de pouvoir enfin le partager avec vous aujourd'hui. Je ne pensais pas y arriver un jour.
Et d'avance, je vous présente mes excuses pour le retard que prendra le prochain chapitre parce que je n'ai quasiment pas d'ébauche pour la suite.
A bientôt et bonne lecture !
Quand tout bascule
« VÉGÉTAAAAAAAA ! » Hurla la voix de la furie en débarquant dans la salle à manger.
Déjà loin, l'intéressé ralentit un temps son vol dans le ciel déjà presque noir pour regarder derrière lui.
Une seconde.
Deux secondes.
Trois secondes.
Une tête aux cheveux bleus émergea par la fenêtre ouverte, suivie d'un bras au bout duquel un poing rageur était brandi sans direction particulière. Elle ne le voyait pas. « Végéta ! Je sais que tu m'entends ! Reviens ici tout de suite espèce de sale lâche ! Tu me dois une explication là ! Qu'est-ce que tu... » À mesure que le guerrier s'éloignait, les cris de la furie, de moins en moins intelligibles, ressemblaient de plus en plus aux couinements d'une souris prise au piège.
S'amusant de cette comparaison, Végéta continuait sa route vers le pôle sud en prenant de l'altitude et masquant son énergie au maximum, au cas où la folle se prendrait d'envie d'utiliser son détecteur pour se lancer à sa poursuite.
Il n'avait pas envie de parler maintenant. Ça viendrait bien assez tôt, à moins qu'il n'envisage de se passer de robots de combat pendant un certain temps (et c'était non). Mais il avait besoin de réfléchir aux implications possibles de la découverte qu'il venait de faire ce soir. Si ce qu'il avait entendu était juste, alors il avait enfin compris cette notion humaine qui lui paraissait si stupide.
Ce n'est pas comme si vous aviez un mari jaloux qui viendrait me casser la figure en me voyant danser avec vous, n'est-ce pas ?
Officialiser une relation, pour les terriens... ça servait à marquer son territoire.
Il lui restait à déterminer ce qu'il souhaitait faire de cette information.
ooooo
Penchée par la fenêtre du salon, les cheveux dans la figure à cause du vent, Bulma frôlait la crise de nerfs. Qu'avait-il dit au juste, cet enfoiré, et de quel droit ? Elle avait entendu le bruit typique d'un guerrier qui décolle à l'instant même où elle avait fait irruption dans le salon pour exiger des explications. Végéta la laissait délibérément seule.
Peut-être même qu'il l'observait de loin en ricanant.
Accourrait-il si elle sautait par la fenêtre ?
Elle regarda vers le bas avec incertitude et préféra ne pas tenter l'expérience. Son cerveau pédalait à cent à l'heure sans réaliser qu'il avait déraillé. Elle ne comprenait plus rien, ne savait pas quoi penser, et respirait tellement vite que la tête lui tournait. Elle oscillait entre colère et panique. Elle avait besoin d'explications sur-le-champ. Mais la seule personne à même de lui en fournir était partie faire une petite promenade Dieu sait où.
...
Son détecteur !
Elle se précipita vers sa chambre et trébucha sur un tapis dans le couloir sombre, se rattrapant de justesse à un mur en enroulant son bras libre autour de son ventre en un geste protecteur. Puis elle reprit sa course après avoir allumé la lumière, et entra comme une furie dans sa chambre.
Son détecteur était rangé à sa place. Elle le prit avec tant de fébrilité et de rage qu'une soudure qu'elle avait faite à la va-vite lors de la dernière réparation céda sous ses doigts. « Merde ! » Pesta-t-elle à mi-voix lorsque l'écran qui aurait dû se trouver devant son œil se trouva suspendu à son oreille par deux fils électriques. Aucun affichage évidemment.
Il lui fallut deux minutes interminables pour descendre les marches en direction du rez-de-chaussée, passer en trottinant sous le regard intrigué des dinosaures nocturnes et chats du jardin intérieur, traverser le jardin extérieur dans la pénombre, arriver à bout de souffle devant la porte de son laboratoire. La panique l'obligeait à avancer, la colère la maintenait debout. Le cœur battant la chamade, elle empoigna son fer à souder, un morceau d'étain, et répara le dispositif en évitant de justesse de se brûler à de multiples reprises.
Le stress est mauvais pour le bébé... Se remémora-t-elle avec une pointe de honte et de tristesse.
Mais que pouvait-elle faire d'autre ? Attendre que cet enfoiré revienne et daigne s'expliquer ? Elle n'avait jamais été patiente, encore moins tolérante...
Bip.
La carte de la Terre entière s'afficha sur l'écran devant son œil gauche. Grâce à son paramétrage, seules les plus grosses puissances y étaient détectées sous forme de taches lumineuses de différentes couleurs. Une jaune vers l'île de la Kame House, un amas clair et violet localisé vers la région où vivaient les Son, et c'était tout. Les autres masquaient leur énergie. Pas de tache bleue.
Se laissant tomber sur sa chaise, Bulma enfonça sa tête dans ses mains en empoigna ses cheveux, tentant de se maîtriser pour ne pas hurler. Elle détestait quand une information importante lui échappait ainsi, surtout quand elle réalisait que l'un des plus gros contrats qu'aurait pu conclure Capsule Corporation depuis des années venait de tomber à l'eau, sans aucune raison apparente.
Et elle qui s'était fait chier à rester aimable, polie et avenante pendant trois putain de jours de merde, tout ça pour rien !
Qu'est ce qui s'était passé bordel ? Qu'est-ce qui lui avait échappé ? Végéta avait-il juste cherché à se venger du manque d'attention dont il était victime depuis une semaine ? Parce que si tel était le cas, il pourrait toujours courir pour que ses robots de combat soient réparés ! Ou avait-il agi pour d'autres raisons ? Une petite partie d'elle-même aurait voulu se demander s'il était capable de jalousie, mais cette pensée la faisait juste déprimer. C'était impossible. Non, non, non, il ne voulait pas d'elle, tant mieux, elle avait tourné la page. Au pire il avait juste voulu éloigner les gêneurs de son plan cul pour avoir le champ libre et reprendre ses avances sur elle… Quel enfoiré.
Mais qui pourrait lui dire ce qui s'était passé durant ces trois maudites minutes où elle avait laissé Vendredi sans surveillance ?
Clic.
Surveillance... Les caméras de sécurité ! Celle qui avait été installée dans le salon depuis la dernière intrusion dans sa maison (cette fameuse nuit où tout avait basculé).
Bulma manqua de tomber de sa chaise en se précipitant vers son ordinateur à l'autre bout de la pièce, trébucha sur un tas de ferraille au sol qui attendait des réparations, et commença à se ronger les ongles en attendant que cette maudite machine s'allume, puis se connecte au réseau interne. Dans sa précipitation, elle cliqua sur la mauvaise icône et manqua de s'arracher des cheveux lorsque l'ordinateur commença à charger le tableau de bord des statistiques de la salle de gravité. Cette fois elle hurla. « Rhaaaaa ! Mais non ! Pas ça, machine stupide ! Les caméras de surveillance ! Viiiiite ! Mais pourquoi je t'ai pas installé de commande vocale ! »
Stoïque, l'ordinateur ne répondit rien et continua à charger ses graphiques, qui d'ailleurs, montaient dangereusement dans le rouge sur les jours précédents, jusqu'à ce que Bulma parvienne à fermer rageusement le logiciel pour ouvrir celui qu'elle voulait à la place.
Puis elle attendit durant cinq minutes interminables que la machine télécharge les derniers enregistrements de vidéosurveillance depuis le réseau. Puis elle sélectionna enfin la caméra du salon. La pièce s'afficha en grand angle et en plongée depuis l'un des coins de la pièce. La caméra était dissimulée dans une plante verte.
De plus en plus nerveuse, Bulma avança la date puis l'heure jusqu'à se voir dans la pièce, buvant calmement un verre avec Vendredi. Elle avança un peu plus jusqu'au moment où elle se vit pliée en deux lâcher son cavalier de danse improvisé comme si elle venait de recevoir un coup de poing dans le ventre. Elle caressa distraitement son abdomen, remerciant silencieusement son bienveillant petit locataire d'avoir écourté ce moment un peu gênant.
Puis elle appuya sur lecture et se vit quitter la pièce, accordant à peine un regard à Végéta qui se tenait depuis bien plus longtemps dans la limite du champ de la caméra.
Lui, la suivit des yeux.
Puis Vendredi qui lui adressa son sourire aimable et parla.
ooooo
« Ah, celle-là ! Un sacré bout de femme, et qu'est-ce qu'elle est belle. » Fit Vendredi en s'adressant à l'inconnu resté en retrait.
« Oui, ça fait partie de sa stratégie. Répondit Végéta après un regard bref.
-Comment ça ?
-Pour manipuler les gens. Expliqua le saiyan avec une pointe de sarcasme en s'avançant vers la table du salon pour saisir une pomme dans la corbeille à fruits avec sa main valide.
-Ah. Oui, j'imagine qu'elle doit être douée pour ça...
-Ça oui ! Répondit-il en essuyant distraitement le fruit sur son T-shirt. La preuve, c'est que tu ne t'es même pas rendu compte qu'elle n'en a rien à faire de toi.
-... Je vous demande pardon ? » S'étonna Vendredi en perdant son sourire alors qu'il s'avançait vers son interlocuteur.
Végéta le regarda venir en s'adossant à la table, faisant sauter la pomme dans sa main. « Ça se voit pourtant ! Elle te mène en bateau pour s'amuser. Tu ne l'intéresse pas. Un pauvre type dans ton genre n'a aucune chance avec elle. Tu aurais mieux fait de t'en tenir à ta négociation commerciale, là au moins tu aurais une chance d'obtenir quelque chose sans qu'elle te mène par le bout du nez. »
L'homme d'affaire haussa les sourcils et dévisagea le guerrier d'un air curieux : « Oh, je vois... Vous vous êtes fait avoir aussi, ou bien c'est ma concurrence qui vous dérange ? »
Aïe... Le regard de Végéta s'assombrit d'un bloc. Celle de ses mains qui dépassait du bandage abîmé à son bras se serra en un poing d'où saillaient les veines bleuies, les doigts de l'autre main s'enfoncèrent dans le fruit qu'il tenait comme dans du beurre. Mais l'autre ne s'interrompit pas là, pensant sans doute avoir marqué un point et lui renvoya un sourire condescendant : « Mais je vous comprends, mon brave. Ça ne doit pas être facile pour vous. Mais il faut se rendre à l'évidence, nous ne jouons pas tout à fait au même niveau...
-Oh ? » S'étonna Végéta avec un sourire sarcastique qui faisait froid dans le dos.
Vendredi ne se laissa pas démonter : « À l'évidence, une dame comme miss Bulma a besoin de quelqu'un de sa stature et qui sache l'apprécier à sa juste valeur. Influent, intelligent, riche, galant... »
Il y eut une seconde de battement durant lequel tout autour sembla congelé, puis brusquement, Végéta lâcha un rire moqueur : « Ha ! Alors ça c'est vraiment stupide ! Elle est déjà bien assez riche, influente et intelligente à elle toute seule ! Et la stature, parlons-en ! Elle s'ennuie à mourir avec les jacasseurs inutiles dans ton genre !
-Écoutez monsieur, s'agaça Vendredi en serrant davantage les bras sur sa poitrine fièrement bombée, je pense sincèrement, et dès le premier coup d'œil, que même si j'accordais foi à votre discours agressif et futile, j'ai tout de même de nettement meilleures chances qu'un rustre comme vous auprès d'une femme distinguée comme elle.
-Ah oui ? » Le guerrier se souleva de son appui contre la table et s'approcha lentement du gentleman jusqu'à n'être plus séparé de lui que de quelques centimètres. Il faisait une bonne tête de moins que Vendredi, mais celui-ci eut néanmoins un léger mouvement de recul. Sur le ton de la confidence, Végéta ajouta : « Dans ce cas, toi qui es si intelligent, avant d'essayer de faire des généralités sur Bulma, tu as remarqué qu'elle était enceinte ? Alors dis-moi » Il avança encore le visage vers l'autre qu'il fixait d'un regard glacial. « qui de nous deux est le père ? ».
ooooo
Dans un silence glacial et une immobilité floue où le temps sembla figé, l'image de Végéta à l'écran laissa ce qui semblait être un regard appuyé à l'homme à cravate face à lui. Puis pivota lentement sur ses talons et sortit tranquillement du champ de la caméra en mordant dans sa pomme. Derrière lui, l'homme à cravate était blême.
...
Bulma leva une main tremblante et appuya sur le bouton pause.
...
Puis elle contempla sans le voir l'écran figé devant elle.
...
Puis elle se prit la tête entre les mains.
ooooo
La nuit est tombée.
Le temps a changé.
Le vent s'est levé.
Si je sors,
Je me perdrai dans l'obscurité.
Si je dors,
Je me perdrai dans mes pensées.
Tic tac tic tac tic tac
Dehors c'est la tempête.
Tout tourne, même dans ta tête.
Ne laisse pas tes mains s'arrêter.
Ne laisse pas tes pensées démarrer.
Ne laisse pas tes paupières se fermer.
Continue de réparer.
Continue d'avancer.
Si tu sors,
tu vas crier.
Si tu dors,
tu vas pleurer.
Tic tac tic tac tic tac
Le jour va se lever.
Le brouillard s'est installé.
Le vent n'a pas cessé.
De tourner tourbillonner.
Comme ses pensées.
Ses mains ont fini par glisser.
Et la fatigue par l'emporter.
Tic tac tic tac tic tac
Quelle que soit la nuit et quels que soient les rêves,
Tout reprend à zéro quand un jour nouveau se lève.
ooooo
Végéta rentra le lendemain soir.
Ce n'était pas qu'il avait faim, même s'il aurait volontiers accepté un bon repas chaud. Ce n'était pas que sa salle de gravité lui manquait, même s'il avait hâte d'y retourner. Ce n'était pas qu'il manquait de cibles sur lesquelles s'entraîner, même s'il espérait que ses robots seraient réparés. Ce n'était même pas pour la perspective alléchante d'une douche chaude. C'était à cause de l'humaine, auprès de qui il ne voulait certainement, certainement pas passer pour un lâche.
Il n'avait aucune idée de ce qu'avait pu lui dire le nobliau à cravate de leur petite conversation, mais il savait que Bulma le tenait pour coupable de la fuite précipitée de son gros poisson qu'elle n'avait pas réussi à harponner. Elle voulait des explication. Et lui, il voulait mettre deux ou trois choses au clair avec elle. Il avait particulièrement détesté son comportement et ses paroles sur ces derniers jours. Ça ne se passerait pas comme ça. Pas avec lui. Il avait déjà trop toléré.
Trop de tension.
Mais il ne serait pas celui qui irait vers elle. Il se doutait trop bien qu'elle guettait son retour. Aussi il se contenta d'entrer dans la maison par la porte principale et de gravir tous les étages jusqu'à sa chambre, prenant les escaliers pour rééduquer sa cheville convalescente, en claquant la langue au moment où il passa par le salon. Les droïdes ménagers s'activèrent immédiatement à la préparation de son repas, presque à son soulagement.
Arrivant dans sa chambre, il commença immédiatement à se changer, remplaçant ses vêtements en loques et trempés par des neufs, comme à son habitude. Il arracha sans y prêter garde les restes informes du bandage qui avait été autour de son bras durant plusieurs jours, amer que l'humaine ait cessé de prendre soin de ses blessures comme elle l'avait fait au début. Il avait presque fini de se changer lorsqu'un poing décidé vint frapper à sa porte. Un ki insignifiant en forme de pelote d'épingles, doublé d'un second ki un peu plus puissant qui pulsait calmement au milieu du premier, lui indiquait sans surprise qui se trouvait là. Sans s'inquiéter de son allure, il lui ouvrit la porte torse-nu avec son bras encore bleui de ses récentes blessures.
Tendu.
Bulma ne broncha même pas. Ses yeux errèrent moins d'une demi-secondes sur son torse duquel ils ne parvenaient d'ordinaire pas à décrocher et ignorèrent son bras meurtri, se contentant à peine de froncer les sourcils. Elle se tenait là, son poids sur un pied, les bras fièrement croisés au dessus de son gros ventre, la mine sévère.
« Tu me dois des explications. » Déclara-t-elle froidement.
Il ricana. Tendu mais prêt. Elle était diablement sexy quand elle était en colère. Et en plus elle était venue jusqu'à sa chambre... Mais il devait garder son focus. Il devait mettre les choses au clair avec elle avant d'envisager quoi que ce soit d'autre.
« Par rapport à quoi ? Demanda-t-il en la fixant intensément.
-Ne joue pas à ça avec moi. Claqua-t-elle. La caméra de surveillance a enregistré toute ta conversation avec Vendredi. À quoi tu joues ?
-Qu'est-ce qui te dérange dans ce que je lui ai dit ? Siffla-t-il en serrant les poings. La vérité ?
-Non mais enfin ! Tu te moques de moi ? S'exaspéra la furie aux yeux bleus. Tu ne veux pas de place dans ma vie ni celle de mon bébé, tu ne veux pas qu'il sache qui est son père, tu me craches au visage que je ne suis rien pour toi, qu'il ne s'est rien passé entre nous, tu es détestable et méprisant, et voilà que tout d'un coup, pour emmerder un inconnu dont tu ne sais rien, tu n'as pas hésité à reconnaître ton enfant ! Ton enfant dont tu étais le géniteur et pas le père ! Tu as conscience de la portée symbolique de ce que tu viens de faire pour nous ? Mon enfant a finalement un père et je ne comprends pas pourquoi tu as changé d'avis comme ça ! Il s'est passé quoi dans ta petite tête d'extraterrestre psychopathe ? Tu cherches quoi au juste ? Me faire tourner en bourrique ? À quoi tu joues bordel ?
-Toi, à quoi tu joues ? Tonna Végéta en retour en pointant vers elle un index menaçant. Tu m'évites, tu ne fais pas ton travail, et maintenant tu t'amuses à faire du charme à ce moins-que-rien juste sous mon nez en m'ignorant !
-Non mais oh ! S'exclama Bulma en agitant la main en l'air d'un geste exaspéré. Je fais ce que je veux de ma vie avec qui je veux, Végéta ! Tu ne veux rien avoir à faire avec moi, qu'est ce que ça peut te faire tout d'un coup ?
-Est-ce que tu sais combien de centaines de personnes j'ai réduites en cendres pour des provocations cent fois plus négligeables ?
-Je ne te provoque pas, je vis ma vie ! Répliqua la furie, regard planté droit dans le sien à moins d'un mètre de lui. Maintenant, toi, qu'est-ce qui t'a pris de...
-Si, L'interrompit Végéta d'un ton catégorique. Tu me provoques ! Tu y passes ton temps ! Généralement c'est une chose que les gens évitent de faire pour une bonne raison. Et ma patience a des limites.
-Arrête avec tes menaces et tes sous-entendus ! Claqua-t-elle agacée. Ça ne prend pas sur moi ! Je suis une adulte indépendante qui mène sa vie comme elle l'entend !
-Ah oui ? Eh bien je te préviens, tu n'auras plus grand chose à mener comme tu l'entends si tu recommences ne serait-ce qu'une seule fois à encourager un minable à s'approcher encore plus près de toi et se mettre à puer en permanence dès qu'il te voit.
-Attends, c'est pour une histoire d'odeur que tu me fais une crise ?
-Arrête jouer l'idiote avec moi ! S'énerva-t-il, tendu comme un arc et les nerfs à fleur de peau. Si je revois ce minable, je te jure que je le pulvérise ! Et ça vaut pour tous les autres crétins d'humanoïdes que tu laisseras te tourner autour pour t'amuser et me provoquer ! Tu joues à un jeu trop dangereux pour ta jolie petite tête, et tu n'as rien à y gagner, alors arrête tout de suite ce petit manège pathétique ! J'ai toujours fait payer chèrement à ceux qui ont jamais osé se moquer de moi, et je n'ai pas l'intention de faire une exception pour une terrienne insignifiante, même ma scientifique ! Est-ce que c'est clair ? »
Là ! Cela ne plaisait jamais à l'humaine qu'il impose son autorité, mais là, il lui fallait un recadrage. Il ne tolérerait plus un tel comportement de sa part. Elle allait trop loin dans la provocation.
Il ne supportait plus cette tension.
Elle n'allait sans doute pas aimer ça. Elle allait sans doute se mettre à crier. Ils allaient sans doute se disputer. Peu importait, il était le plus fort.
Du moins, c'était ce que pensait Végéta.
Aussi, il se trouva pris au dépourvu lorsque, au lieu de lui rétorquer par une de ses remarques acides auxquelles il aimait tant répondre, elle resta un moment à le dévisager avec ses grands yeux bleus pleins de surprise.
Il serrait les poings et la mâchoire à s'en briser les articulations.
Elle cilla et demanda d'une voix très douce : « Végéta, je rêve ou tu es jaloux ? »
La réaction fut immédiate et dès la première seconde. Le guerrier relâcha d'un coup toute son énergie et sa tension dissimulées. L'onde de choc autour de lui repoussa violemment la femme enceinte contre le mur du couloir en face.
« Ouch ! »
À la deuxième seconde, les bras enroulés autour de son ventre, elle leva vers lui un regard empli de détresse et d'incompréhension... Cette femme... Ne baissait-elle donc jamais les yeux ?
Cette pathétique créature... Non seulement elle le provoquait, mais en plus elle venait de l'insulter.
L'insulter.
À la troisième seconde, son brillant esprit calculateur trébucha sur le mot qu'elle venait d'employer.
Autour de lui, son aura de puissance et de colère tressauta. La réplique acerbe qu'il allait lancer s'étouffa dans sa gorge.
Et il resta planté là, à cheval entre la révolte et l'atterrement : c'était ça ?
Lui ?
Jaloux ?
Elle était parvenue à...
Elle avait à nouveau réunni à l'induire en erreur, prétextant chasser un gros poisson pour mieux harponner la baleine. De quoi la tuer sur-le-champ pour son audace et son impertinence.
Mais en face de lui, les yeux bleus ne chantaient pas la victoire d'une partie de oorlog quelconque malgré la faille béante qu'il venait inconsciemment d'ouvrir dans ses défenses. Ils scintillaient d'un reflet étrange empli de douceur et de questions. Le ki en épingles s'était adouci, presque complètement effacé sous la puissance de la seconde aura d'énergie qui s'était mise à pulser en provenance de son ventre, comme en réponse à la sienne. Une telle énergie était inattendue en provenance d'un humain, encore moins d'un fœtus. Et pour cause, ce fœtus. n'était qu'en partie humain... L'autre partie était clairement saiyan. L'autre partie était de lui.
S'était-il fait avoir ? Les yeux bleus, le parfum d'épices et d'océan, l'esprit aiguisé, les courbes attirantes... Tout le monde se faisait avoir par elle. Il s'était cru au dessus de cela.
Encore une erreur de calcul.
Végéta détourna brutalement la tête vers le côté, s'accordant le temps de réfléchir sans qu'elle ne puisse lire dans ses yeux s'il trahissait une hésitation, un point faible ou décidait de la tuer.
L'avait-elle berné consciemment ?
Le regard doux en face de lui, qui ne le lâchait pas, lui soufflait que non. Elle avait voulu déposer les armes face à lui plusieurs mois auparavant. Elle qui ne déposait les armes face à personne. Elle avait toujours le dernier mot avec tout le monde. Mais ce soir-là, où elle lui avait annoncé qu'elle était enceinte, elle s'était rendue à lui.
Et lui, il l'avait rejetée, ne comprenant pas l'intérêt de ce qu'elle demandait et offrait à la fois. Elle lui avait offert, à sa manière terrienne, de marquer son territoire sur elle. Il avait méprisé son offre. Il avait pris cela pour ce que cela représentait pour lui : un aveu faiblesse.
Méprisable.
Et aujourd'hui c'était lui qui venait de trahir une faille face à elle.
Comment se sortir de ce pétrin maintenant... en se garantissant d'obtenir ce qu'il voulait ?
Mais que voulait-il au juste ?
Bulma restait figée, une main sur son ventre pour amortir les chocs qui s'étaient déclenchés à l'intérieur, comme en réponse à l'aura agressive de Végéta.
Face à elle un homme en colère, désorienté, fixait le tapis avec fermeté, poings et dents serrés, mais muet, incapable de comprendre ni encore moins de mettre des mots sur ce qu'il ressentait ni pourquoi il était ainsi tendu, mais qui venait pourtant de le lui en avouer une partie.
Lui avouer entre les mots qu'il ressenait quelque chose pour elle, fut-ce au moins de la jalousie quand un autre mâle posait les yeux sur elle. Lui qui ne ressentait rien.
Le temps d'un battement de cils, elle entrevit tout un univers de possibles.
Dans un univers parallèle, aucun super-saiyan du futur n'était venu leur annoncer un cataclysme imminent.
Dans cet univers parallèle, Bulma ne savait pas que l'homme en face d'elle, le père de l'enfant qu'elle portait en elle, mourrait quelques mois plus tard dans un combat désespéré. Dans cet univers parallèle, elle l'avait regardé longuement, comme elle le faisait à présent. Puis elle avait risqué, d'une voix très douce, à peine un souffle : « Végéta, regarde-moi ».
Première seconde, il avait froncé les sourcils et serré davantage ses bras croisés sur sa poitrine et sa queue enroulée autour de sa taille.
Deuxième seconde, une légère brise s'était levée, Bulma avait frissonné.
Troisième seconde, il avait lentement, très lentement tourné la tête vers elle. Il avait planté dans ses yeux bleus son regard noir déterminé.
Alors Bulma avait laissé se dessiner sur ses lèvres un sourire timide. Puis avait risqué un pas vers lui. Puis un deuxième. Puis jusqu'à lui. Le visage à quelques centimètres du sien, elle avait alors plongé un regard grave dans ses yeux noirs avant de murmurer : « Si ce que tu veux, c'est être avec moi, il te suffit de le dire. Mais est-ce que tu en as le courage ? »
Il avait fait un léger pas vers l'arrière en fronçant les sourcils, l'incompréhension et la méfiance lisibles dans ses yeux sombres.
Bulma avait détourné son regard vers le sol pour soupirer : « Un jour peut-être, tu auras ce courage. » Elle lui avait tourné le dos, puis, sans le regarder, s'était éloignée dans le couloir. « Mais en attendant, tu n'as rien à me dire. Donc je crois que nous avons fini de parler. Je vais rappeler Vendredi et essayer de lui expliquer que tu as raconté n'importe quoi. »
Elle n'avait pas fait trois pas qu'une main lui avait agrippé le coude et l'avait forcée à faire volte-face. Elle avait tenté de se dégager mais il l'avait retenue par les bras face à lui, le regard ferme. « Non. »
« Et quoi non ? Avait-elle demandé d'un air énervé. De quel droit tu pourrais décider quels hommes je fréquente ?
-Si jamais il remet les pieds ici, je le tue ! S'était-il à son tour énervé.
-Et de quel droit ?
-Parce que tu es à moi ! »
Première seconde, tous deux étaient restés immobiles, laissant le temps aux mots sortis spontanément de s'imprimer en eux, de trouver leur sens.
Deuxième secondes les yeux de Végéta s'étaient plissés tandis que ceux de Bulma s'étaient grand ouverts.
Troisième seconde, elle avait sourit et s'était jetée contre lui, sa bouche rencontrant la sienne et son corps se collant contre le sien. Sous l'effet de la surprise, les mains de Végéta autour de ses bras s'étaient desserrées et s'étaient naturellement trouvées enroulées autour de sa taille tandis que les bras libres de Bulma s'enroulaient autour de son cou.
Il avait mis quelques secondes avant de réagir, puis avait détourné la tête pour plonger son visage dans le cou de Bulma. Là il avait souri en dévorant sa peau au parfum envoûtant d'épices et d'océan. Son habituel sourire arrogant. Son sourire de vainqueur. Il avait soulevé sa femelle par la taille, reculé de quelques pas, et fermé la porte avec son pied convalescent avant de se jeter avec elle sur le lit. Il était temps pour lui de terminer ce qu'il avait commencé. Passer une troisième nuit complète avec elle. Cette nuit et toutes les autres nuits qui suivraient.
C'est à l'instant où, nue au dessus de lui, Bulma était sur le point de laisser glisser son corps sur le sien, qu'elle s'était penchée sur lui et avait approché ses lèvres de son oreille pour y murmurer entre deux mordillements : « Toi aussi tu m'appartiens, Végéta. »
Oui, dans cet univers parallèle, tous deux étaient enfin parvenus à surmonter leur peur d'être attirés l'un par l'autre et n'avaient plus désormais partagé qu'un seul et même lit. Dans cet univers parallèle, le petit Trunks qui allait bientôt naître avait eu un homme pour poser les yeux sur lui le jour de sa naissance, que chacun savait être son père, si distant fut-il. Bien sûr, ils ne parviendraient jamais vraiment à mettre au clair tous leurs différents et les disputes seraient nombreuses, mais en cet instant, ils étaient enfin tombés d'accord, et avaient mutuellement déposé les armes.
Parce que, cette chose que tout le monde cherche mais que l'on ne peut ni prendre ni exiger, ils pouvaient se l'offrir l'un à l'autre. Ils l'avaient fait.
Dans cet univers parallèle où tout se finirait dans le sang, dans les larmes et la solitude.
Dans cet univers parallèle.
Le temps d'un battement de cils, Bulma avait entrevu ce qu'il pourrait ou aurait pu advenir d'eux si elle répondait ce qu'elle voulait répondre. Ce que tout son être voulait répondre et offrir. Ce qu'elle aurait répondu si elle n'avait pas su, prévenue par un mystérieux voyageur en provenance de cet univers parallèle, que l'homme en face d'elle, l'homme au regard détourné vers le côté, incapable de comprendre ni encore moins de reconnaître ce qu'il ressentait, mais qui venait pourtant de lui en avouer une partie, cet homme qui ne ressentait rien mais qui finalement était capable de jalousie pour elle, cet homme allait mourir dans moins d'un an. Emportant avec lui tous leurs espoirs de bonheur. Pour elle, pour leur enfant, mais aussi pour lui. Il allait mourir, et se serait sa faute à lui, et uniquement à lui si elle risquait de pleurer jusqu'à la fin de ses jours pour un saiyan égoïste incapable de survivre face à deux minables robots.
Hors de question !
Levant la tête fièrement, croisant les bras, et refermant son expression tout comme son cœur, elle claqua : « Mettons les choses au clair une bonne fois pour toutes Végéta. Je ne t'appartiens pas. »
L'homme énervé face à elle releva immédiatement la tête pour la fixer de son regard noir.
Elle continua, sa colère grandissante, faisant les cents pas face à lui en pointant vers lui un index menaçant : « Je mène ma vie comme je l'entends ! Pour qui tu te prends pour oser présumer de ce que je dois faire ou pas ? De qui je peux fréquenter ou pas ? Tu ne veux pas être avec moi, il me semble. Tu m'as laissée toute seule, tu te souviens ? Eh bien maintenant que j'y ai réfléchi, je me dis que c'est bien mieux comme ça ! Et ça va rester comme ça. Je ne suis pas à toi. Je refuse de tomber amoureuse d'un type qui est censé mourir dans moins d'un an. C'est minable ! Un homme digne de moi doit savoir me protéger, moi et mon enfant. Toi tu n'es même pas capable de sauver ta propre peau ! Eh ! Tu n'es même pas capable de te changer en super saiyan ! Dis-moi bien quelle valeur tu peux avoir à mes yeux, avec tous les efforts que je consacre pour t'aider à t'entraîner ? Ta petite crise de jalousie est complètement déplacée et en plus elle m'a coûté très cher ! Alors tu sais quoi ? Dégage ! Je ne veux plus te voir ! Retourne t'entraîner ! Reviens quand tu seras plus fort, on verra à ce moment-là si tu es digne de moi ! Oh, et puis si tu n'arrives pas à te transformer, ne reviens pas ! On n'a pas besoin d'un boulet. »
Il n'avait pas bougé, n'avait pas cillé, ses muscles ne s'étaient pas tendus, mais pourtant elle le sentait, elle sentait la tension dans l'air comme cet affreux goût de fer qui envahissait sa bouche au point de lui donner envie de cracher par terre. L'ombre de son front lui masqua les yeux durant trois secondes interminables, jusqu'à ce qu'il redresse brusquement la tête. Il la transperça du regard, et d'une voix ténébreuse et tranchante comme le plus terrible des blizzards dans un désert de glace qu'il répondit : « Ne t'attends pas à quoi que ce soit de ma part quand je reviendrai, misérable humaine. »
Puis, calmement, il fit un pas sur le côté, avant de brutalement s'envoler à travers la fenêtre de sa chambre qui vola en milliers d'éclats avec autant de facilité que Bulma venait de briser leur avenir.
Il fonça sans hésiter en direction du vaisseau spatial. Le temps d'ouverture de la porte lui parut infini, tout comme le temps de fermeture une fois qu'il y fut entré. Sa respiration se faisait de plus en plus bruyante à mesure que le temps passait et qu'il lui était de plus en plus difficile de contenir sa rage. À peine la porte fermée, il se dirigea d'un pas lent et contrôlé vers le panneau de commandes, remarquant au passage que le plein de carburant avait été fait. Salope ! Avait-elle prévu son coup ?
Pourquoi ne l'avait-il pas tuée au fait ?
Il prit appui sur le panneau, et jeta un dernier regard de dégoût à la planète Terre. Le jardin silencieux se prélassait sous les rayons de soleil paresseux de la fin d'après-midi. Il fixa la petite silhouette de l'humaine enrageante, immobile à la fenêtre du cinquième étage, presque solennelle. Il jura à nouveau, en saiyan cette fois. Elle avait raison. Voilà pourquoi il ne l'avait pas tuée. Elle avait raison et le poussait à faire ce qu'il aurait dû faire depuis bien plus longtemps. Partir.
Qu'est-ce qui lui avait pris ? Il n'aurait jamais les pensées claires en sa présence. La vie sur Terre a commencé à le changer, peu à peu, gagnant lentement du terrain comme une gangrène impossible à stopper à part à s'arracher un membre.
En cet instant, il lui fallait trouver quelque chose, sur-le-champ, pour ne pas laisser glisser sa rage hors de contrôle et tout détruire.
Il était hors de question de continuer comme cela, de se laisser devenir vulnérable, influençable. Il reviendrait super-saiyan ou il ne reviendrait pas. Jamais. Après ça, tout serait du passé. Il pouvait tout laisser derrière lui. Il n'aurait plus jamais besoin de rien. Plus aucun point faible. Plus aucun. Il regarda sa queue qui fouettait rageusement l'air derrière lui, laissant des traces d'impact lorsqu'elle heurtait le sol par accident. Il la prit dans sa main. Le regard vide.
Colère sous contrôle. Plus aucun point faible. Le passé derrière lui.
Tout ce qu'il eut à faire fut de tirer un coup sec et de serrer les dents quelques secondes, bloquant ses genoux contre les trois secondes de faiblesse qui s'ensuivirent. Ses jambes vacillèrent, sa vision flasha en un rouge affreusement douloureux, mais il tint debout. Au bout de trois secondes, il contempla, méprisant, le membre inerte gisant dans sa main, encore parcouru de faibles spasmes. Sa rage endolorie s'était quelque peu atténuée. Son corps hurlait de douleur presque plus fort que sa tête. Plus rien ne saurait l'arrêter, plus rien ne saurait le retenir, il était libre et n'avait aucun point faible. Certainement pas un membre trop fragile et maladroit, déclenchant une transformation obsolète en même temps qu'il offrait un point faible trop évident. Certainement pas cette planète minable, ni l'eau chaude, ni la bouffe, ni aucun de ses habitants méprisables. Il ricana, ré-ouvrit la porte, jeta sa queue par l'ouverture, cette chose autrefois l'un de ses propres membres, clé de la transformation en singe géant et signe distinctif des saiyan, désormais rien moins qu'un bout de chair et d'os arrachée, jetée comme un déchet avec sa colère évanouie, muée en excitation aveugle à l'horizon de nouveaux défis. Sans plus un regard il referma la porte et appuya sur le bouton de décollage. Le vaisseau disparut dans le ciel.
Si seulement il avait pu s'arracher le cœur dans la foulée, il l'aurait fait.
ooooo
Bulma descendait les marches d'escalier comme une somnambule lorsqu'elle entendit le vaisseau décoller. Il en avait mis du temps ! Cette fois-ci, il ne reviendrait pas avant l'arrivée des androïdes, elle le savait. Mais mieux valait ne pas y réfléchir. Ne pas penser. Mais alors qu'elle ne réfléchissait pas, elle se rendit compte qu'elle se dirigeait instinctivement vers le rez de chaussée, et de là vers l'endroit où s'était trouvé le vaisseau quelques secondes auparavant, comme si son corps cherchait à combler un vide physique en espérant que cela ferait de même pour le vide mental grandissant qu'elle sentait dans son cœur. Le vaisseau était parti, ne laissant derrière lui qu'une zone d'herbe jaunie. Le regard de Bulma fut attiré par un étrange objet gisant là au sol, semblable à une corde dont une des extrémités aurait été trempée dans du sang. C'était une queue de fourrure. Dernier signe que son propriétaire avait été là quelques minutes auparavant, et qu'il venait de quitter sa vie. De manière brutale et définitive. Une rupture sanglante.
C'est à cet instant que le déclic se produisit et que les larmes se mirent à couler. Elle se laissa tomber à genoux et ramassa l'objet au sol en le caressant sous ses doigts. Elle avait froid.
Qu'avait-elle fait ?
Elle avait eu une chance de se rapprocher enfin de Végéta, sans doute la seule et unique occasion qu'elle aurait eu dans sa vie, et... et elle... elle avait tout gâché ! Elle avait tout brisé, c'était fini, et elle le savait. Gâché leur espoir et brisé leur possible avenir ensemble. En miettes et tout piétiné.
Il ne lui pardonnerait jamais.
Mais peut-être, espérait-elle, peut-être qu'en ce faisant, elle lui avait sauvé la vie.
