[Note de l'auteure] Salut tout le monde ! J'ai encore traîné à écrire ce chapitre, mais ce n'est pas ma faute, c'est celle des vacances ! Bref, me revoilà pour un petit chapitre. J'ai préféré couper plus tôt et à un moment qui me semblait opportun au lieu de vous faire un chapitre deux fois plus long dans trois mois de plus !
Encore une fois, merci à vous toutes et tous pour vos commentaires sympatiques, constructifs et enthousiastes. Ça me fait toujours aussi plaisir !
Hey ! Nous voilà au quarantième chapitre ! Déjà 40 ! Seulement 40...
Bonne lecture et à bientôt !
Aspirine
« Trunks ! Dieu merci, tu vas bien ! »
Le malheureux guerrier qui venait juste de poser pied devant la porte de Capsule Corporation n'eut ni les réflexes ni la forces suffisantes pour éviter l'attaque de la furie qui fondit sur lui et entreprit de le contrôler sous tous les angles à la recherche de la moindre égratinure. Elle ne repéra que quelques trous dans ses vêtements.
« Tu n'es pas blessé au moins ? Mais qu'est-ce qui s'est passé enfin ? Ces incapables de journalistes ! On ne voyait plus rien de ce qui se passait à la fin ! J'étais morte d'inquiétude ! Et puis la terre s'est mise à trembler ! Est-ce que...
-Aïe... Geignit le guerrier assailli en portant la main à son front.. Doucement, s'il te plaît, maman... J'ai un mal de crâne pas possible et qui empire de plus en plus.
-Ah... Excuse-moi... Mais ne reste pas planté là ! Viens. Entre ! » Proposa la mère plus doucement. Elle referma la porte derrière son fils avant d'ajouter : « Est-ce que tout le monde va bien ?
-Euh... Oui... Enfin...
-TRUUUUNKS ! Appela une voix joyeuse et chantante dont la gaieté contrastait avec la terreur collective qui secouait encore la Terre quelques heures auparavant.
-Oh ? Bonjour. Répondit poliment celui-ci en se tournant pour saluer ses deux grands-parents qui traversaient à la hâte le jardin intérieur à sa rencontre, suivis par plusieurs chiens, perruches et un tyrannosaure joueurs.
-C'est gentil de revenir nous voir ! Qu'est-ce que tu veux boire ? Viens, installe-toi ! Nous avons un délicieux jus de pomme qui...
-Doucement maman ! Intervint Bulma en voyant son fils grimacer. Trunks a mal à la tête...
-Oh ! Désolée ! Je vais te préparer du thé à la menthe alors ! »
Se doutant que ses choix étaient restreints, le jeune guerrier se garda bien de préciser qu'il n'aimait pas trop la menthe. Il prit donc docilement place à la table de jardin avec sa mère et son grand père, et un chat qui sauta sur ses genoux pour y ronronner à son aise. Ils furent bien vite rejoints par sa grand mère portant une théière fumante suivie d'une délicieuse odeur de menthe et de son cortège de perruches.
C'est le moment que choisit bébé Trunks pour se manifester au travers du babyphone que Bulma transportait sur elle. Elle s'absenta donc quelques minutes pour aller le chercher tandis que son fils adolescent tentait d'adoucir sa migraine à coup de thé-menthe (accompagné de beaucoupde sucre pour tenter d'en masquer le goût), en écoutant ses grands-parents parler paisiblement de la pluie et du beau temps comme s'ils ne venaient pas de frôler la fin du monde le matin même. Il en était à sa cinquième tasse lorsque sa mère revint, portant un bébé en pleurs dans un bras, et un verre d'eau dans l'autre main : « Tiens, je t'ai trouvé de l'aspirine.
-Oh merci maman ! » S'exclama son fils avec gratitude en prenant le verre qu'elle lui tendait.
Bulma s'installa à côté de lui et entreprit de donner le sein à son bébé affamé par sa longue et périlleuse sieste. « Alors, raconte-nous, Trunks, qu'est-ce qui s'est passé ?
-Euh, quel Trunks ? » Demanda Trunks.
La mère leva vers son fils adolescent un regard moqueur, le temps que celui-ci comprenne l'absurdité de sa question. Il avala donc son aspirine avant de répondre : « Jusqu'à quand est-ce que vous avez pu suivre ce qui se passait à la télé ?
-Jusqu'au moment où Gohan... Le petit Gohan... Il s'est mis à crier... Il disait à Cell de ne pas faire quelque chose, mais on n'a pas entendu quoi... Je ne comprends pas... Comment Goku a-t-il pu envoyer son propre fils se faire massacrer ?
-Il ne s'est pas fait massacrer. La rassura aussitôt Trunks. En fait, Gohan a été époustouflant.
-Hein ? Ah bon ?
-Oui. Oui. C'était incroyable ! Il s'est énervé, et ensuite il a mis Cell à terre en deux coups de poing !
-Oh ! Mais c'est merveilleux ! S'exclama madame Briefs tandis que sa fille et son mari souriaient de soulagement.
-Sauf que... Reprit Trunks en plongeant son regard vers le fond de son verre vide. Sauf que... Sauf que ensuite Cell a paniqué... » Hésitant, Trunks dévisagea sa mère qui lui renvoya un regard intrigué. Il venait seulement de réaliser qu'elle ignorait que Goku était mort.
« Mais alors c'était bien le petit Gohan qu'on a vu à la télé ? Il n'était pas brun ? Ça ne lui va pas très bien cette nouvelle couleur. D'ailleurs, il lui faudrait un bon coup de peigne à ce pauvre enfant, vous ne pensez pas ? Au fait... »
Madame Briefs s'était mise à monologuer, prenant bien vite à parti son mari.
Rôdée à cet exercice, Bulma ne lâcha pas son fils des yeux tandis que celui-ci continuait d'hésiter. D'une voix douce mais ferme, elle demanda : « Trunks. Dis-moi ce qui a mal tourné. »
L'interpellé soupira et préfera se refocaliser sur son verre vide en espérant que l'aspirine ferait vite effet. « Cell a menacé de se faire exploser... et la Terre avec.
-Oh.
-C'était trop tard pour stopper le processus avant l'explosion. Alors... Goku l'a téléporté ailleurs.
-Ah ! Haha c'est la meilleure ! Donc ce crétin de Cell a explosé tout seul quelque part sur une planète déserte, et tout le monde est sauvé ? Se réjouit Bulma. Comme d'habitude, on peut toujours compter sur Goku dans une situation désespérée ! On l'a échappé belle on dirait ! » Ce fut le silence de son fils et son triste sourire qui la firent reconsidérer ce qu'il venait juste de dire : « Attends une minute... Où est Son Goku ?
-Il... Il est mort dans l'explosion. »
S'ensuivit un silence pesant au bout duquel la brillante scientifique parvint à une conclusion : « Ah merde. »
« Voyons, ma fille ! L'interpella madame Briefs. Un peu de tenue voyons ! On ne dit pas de telles grossieretés devant son fils ! Les bébés retiennent tout tu sais ! »
Le bébé en question ne prêtait attention à rien d'autre que le sein auquel il était accroché.
« Son Goku est mort, maman. Clarifia Bulma.
-Oh flûte !
-Et je suppose que les nouvelles dragon ball n'ont pas marché ?
-Non. Confirma tristement Trunks.
-Pfff ! Donc il va falloir qu'on aille rendre visite aux nameks sur leur nouvelle planète...
-Oh oui ! Les nameks ! Se réjouirent à l'unisson les grands-parents.
-Euh... En fait... »
Il fallut à Trunks plusieurs longues minutes pour expliquer à sa mère interloquée que Son Goku ne souhaitait pas revenir à la vie, notamment parce qu'elle avait sous-entendu un jour qu'il était la cause qui leur attirait si souvent des ennuis. Il comptait rester mort, pour de bon. Le jeune garçon vit alors sa mère peu à peu perdre son assurance au fur-et-à-mesure qu'elle réalisait que son meilleur ami était bel et bien parti cette fois. Cela lui paraissait si improbable... Elle pensa à Chichi et Son Gohan...
« Alors... Il s'est... sacrifié ? Conclut-elle cette fois d'une voix vascillante.
-J'ai l'impression que les choses ne seront plus vraiment les mêmes sans lui. » Fit tristement remarquer monsieur Briefs tout en tentant de réconforter sa femme en pleurs contre son épaule.
Le petit Trunks cessa même un moment de têter pour observer la scène avec curiosité. Mamie avait peut-être faim aussi ?
« Alors... Reprit Bulma amère. Voilà donc ce que nous a coûté cette victoire...
-Oui. Admit sombrement Trunks. Enfin... en fait... Ce n'était même pas une victoire...
-Comment ça ?
-Cell n'était pas mort.
-QUOI ?! Mais c'est n'importe quoi ! Comment ? Comment c'est possible ?
-Les autres m'ont dit qu'il s'était régenéré et puis re-téléporté vers la Terre.
-Mais c'est pas possible ! Mais il est bien mort, dis-moi ! Qu'est-ce qui s'est passé ? Comment avez-vous fait ?
-Je ne sais pas trop... Je n'ai pas tous les détails... En fait j'étais mort. Cell a tiré à l'aveuglette en réapparaissant sur le champ de bataille. »
Une seconde.
Deux secondes.
Trois secondes.
« QUOIIIIIII ?! Non mais il est où cet enfoiré de Cell, que j'aille lui en mettre une personnellement pour avoir osé s'en prendre à mon fils ! Je m'en vais lui mettre la raclée de sa vie, moi ! Le piétiner avec des talons aiguille jusqu'à ce qu'il soit rentré sous terre avec du verre pilé, et là je vais lui verser de l'acide à soixante dix degrés dessus avec des...
-Maman. Intervint Trunks en levant les mains en signe de paix. C'est bon. Tout va bien. Gohan a tué Cell.
-Eh bien je vais chercher les dragon balls pour ressuciter ce connard et lui faire comprendre qu'on ne touche pas à mon bébé adoré !
-Je n'ai rien compris. Fit remarquer madame Briefs en sechant ses pleurs. Cell est venu ici pour frapper notre bébé Trunks ?
-Aïe... Geignit Trunks. S'il te plaît maman, ne crie pas trop fort j'ai si mal à la tête...
-Oh... Se radoucit immédiatement la mère. Oui bien sûr, pardon. Ça doit être normal vu que tu viens d'être ressuscité je suppose.
-Ah ?
-Mais ce n'était pas à Son Gohan de s'occuper de cet enfoiré ! Reprit-elle toujours avec autant de rage mais d'une voix légèrement plus douce. Tu es MON fils ! J'aurais bien voulu être là pour lui faire regretter de jamais avoir osé essayer de prendre mon fils pour cible ! Non mais pour qui il se prend cet espèce de raclure de...
-Ma chérie, pas de gros mots !
-... Enflure de souillure de résidu de... Qu'est-ce qui te fait rire, Trunks ? Tu ne m'en crois pas capable ?
-Je ne ris pas. Se défendit Trunks qui avait un demi-sourire aux lèvres. C'est juste que je te connaissais mal sous cet angle. Dans le futur tu m'encourages à aller de l'avant par moi-même, mais toujours c'est toi qui m'empêches de prendre des risques trop importants. Alors je t'imaginais mal foncer tête baissée s'il m'arrivait quelque chose...
-Mais bien sûr que si voyons ! Rien que d'y penser, ça me met tellement hors de moi que je pourrais aller tabasser ce Cell moi-même ! Eh ! Je te vois ! Tu es en train de rire !
-Non, non... C'est juste que... J'étais en train de penser... Après tout, mon père non plus je n'imaginerais pas qu'il puisse réagir comme ça.
-Ah... Remarqua Bulma en haussant un sourcil. Non c'est vrai que c'est difficile à imaginer. Je suis dés...
-Parce que c'est ce qu'il a fait, apparemment. » Ajouta rapidement Trunks en concentrant son attention sur les yeux bleus de sa mère. Ceux-ci passèrent par toutes les nuances de l'étonnement au rire puis à l'incrédulité.
« Tu me fais marcher... Qui t'a dit ça ? Qu'est-ce qu'il a fait au juste ?
-C'est Yamcha. Il m'a dit que quand il a dit que j'étais mort, mon père était entré dans une rage folle et qu'il s'était jeté sur Cell. Il a attaqué avec une puissance incroyable. Et puis apparemment il s'est fait battre assez rapidement et Son Gohan lui a sauvé la vie. Il m'a dit aussi qu'il avait jeté une attaque dans le dos de Cell pour aider Gohan sur l'attaque finale... Mais... Je ne sais pas... Dis-moi maman, Yamcha... Quand il raconte des histoires, il doit pas mal accentuer les faits, non ? »
Bulma resta sans voix, serrant contre elle son bébé qui ne prêtait toujours pas la moindre attention à son entourage. Puis elle répondit dans un murmure : « Non. Yamcha n'accentue que ses exploits personnels, pas ceux des gens qu'il déteste.
-Hein ? Vraiment ? Mais alors... tu penses que c'est vrai ?
-Oui. » Ils restèrent un moment silencieux, puis soudain, Bulma força un sourire : « Après tout, c'est ton père. C'est parfaitement normal voyons ! » Sa voix tremblait légèrement.
Tous restèrent un moment silencieux, puis Trunks murmura : « Après m'avoir si souvent ignoré et rabaissé... Je croyais que je ne signifiais réellement rien pour lui.
-Oui, ton père est comme ça. Il ne prend en considération que les gens qui ne se laissent pas écraser. Et il ne le dit jamais... Je pense qu'il prend ça pour un aveu de faiblesse. Alors il faut lire entre les lignes, et dans ses actions aussi. Cherche bien. Il ne t'a jamais fait comprendre qu'il était fier de toi ? Il n'est jamais venu à ton aide à ton insu ?
-Eeeeeuh... » En cherchant bien, Trunks se souvint de ce premier combat contre son père, dans la fournaise de la salle de l'esprit et du temps. Après s'être évanoui de déshydratation, il s'était réveillé dans une baignoire pleine. Il se souvint du jour de leur sortie de la salle et de leur premier combat contre Cell, alors que Végéta menait et s'enorgueillissait de sa victoire facile. Pour intimider davantage leur ennemi, il avait désigné son fils et précisé qu'il était presque aussi fort que lui. Il était fier... En y réfléchissant encore... Saleté de mal de crâne...
« Mamaaaaa ? Cor mazééé ? Interrompit la petite voix fluette de Trunks ayant vidé sa réserve de lait maternel.
-Oh, tu as encore faim mon bébé ?
-Mazéé. Quémanda l'enfant.
-Et qu'est ce que tu veux manger dis-moi ?
-Mama !
-Hihi, tu as déjà tout bu. Répondit Bulma. Tu auras du lait ce soir d'accord ?
-Duléé... Répéta Trunks.
-Oui, ce soir. Pour l'instant, que dirais-tu d'une banane ? »
Le bébé cilla longuement, comme en réflexion intense, avant de répondre avec un grand sourire : « Bananaaaaaa ! »
Ainsi s'achevèrent les retrouvailles. Sur le conseil de sa mère, le grand Trunks alla s'installer dans sa chambre d'amis pour se reposer, tandis qu'elle emmenait le petit avec elle vers la cuisine. Elle en profita pour se prendre le temps d'assimiler toutes les informations que venait de lui donner son fils.
Son Goku est mort. Il ne reviendra pas.
La Terre a été sauvée par Son Gohan. Le mignon gentil petit Son Gohan.
Végéta n'est pas complètement un connard insensible. Pas complètement.
Aucune de ces trois informations n'est facile à reconnaître. Comment...
« Mamaaaaaaa ! Mazééé ! »
Absorbée dans ses réflexions, Bulma s'était arrêtée, fixant la banane épluchée qu'elle avait dans la main, à un mètre de son bébé qui, depuis sa chaise haute, tendait désespérément les bras et sa bouche grande ouverte vers son festin.
Alors elle coupa là ses réflexions pour parer au plus urgent.
Ce ne fut que bien plus tard, lorsque l'après-midi fut écoulé et la soirée bien entamée, que la jeune mère trouva enfin un moment pour elle pour se remettre les idées en place.
Petit Trunks était au lit. Les grands parents étaient dans leur salon à regarder la télé.
Grand Trunks s'était joint à eux le temps de dévorer son dîner et reprendre une aspirine. Il avait pu donner à sa mère plus de détails sur le combat qui avait secoué la planète plus tôt dans la journée, mais avait souhaité retourner dormir assez vite car il reprendrait la route dès le lendemain vers son époque où un nouveau combat l'attendait. Mais juste au moment de souhaiter la bonne nuit à sa mère, il s'interrompit « Oh attends ! J'ai failli oublier de te donner ça ! » Il sortit de sa poche sa trousse à capsules d'où il extirpa un morceau de papier plié. « C'est de la part de ton toi du futur. Elle m'a dit de te le donner si... Seulement si... Si papa survivait. »
Surprise, Bulma fixa le morceau de papier sale sans le prendre, et son fils se sentit obligé de se justifier : « Désolé pour la présentation, le papier, c'est devenu rare à mon époque. »
En fait, c'était le contexte et non le papier qui avaient bloqué la jeune maman. Pourquoi dans le futur, avait-elle tenu à s'envoyer un message à elle-même seize ans plus tôt ? Pourquoi seulement si Végeta survivait ? Pourquoi cette sensation bizarre lorsqu'elle entendait pour la première fois son fils prononcer le mot Papa ?
« Qu'est-ce que c'est ? Finit-elle par demander, se méfiant du morceau de papier jauni.
-Un message je pense. Mais tu l'as codé, donc... Enfin... Ce n'est pas que j'ai essayé de le lire hein ! C'est pas ce que j'ai voulu dire... C'est... C'est juste que... le papier s'est déplié par inadvertance et j'ai glissé un oeil sans faire attention, je...
-Par inadvertance ? » Moqua Bulma en prenant la feuille et commença à défaire le savant pliage qui avait clairement déjà été déplié et maladroitement replié une fois. Les symboles décousus sous ses yeux ne correspondaient à aucun alphabet. Elle connaissait ce code. Elle l'avait inventé elle-même il y a longtemps, pour correspondre secrètement avec sa soeur Tights, partie très jeune mettre sa science au service d'une société de services secrets dont personne ne savait presque rien.
« Le papier manque à ton époque, et moi j'ai réussi à trouver des feuilles de papier transparent pour m'écrire un message à moi-même ?
-Du papier transparent ?
-Pour l'encodage. Expliqua-t-elle brièvement avant de conclure. Donc, bon... je suppose que je dois lire ça toute seule. » Elle pouvait lire le désappointement sur le visage de son fils et lui renvoya un clin d'oeil compatissant : « Ne t'inquiète pas, je t'apprendrai à déchiffrer ce code un jour. Mon moi du futur en sera sûrement ravie. Allez ! Vas donc te reposer ! Une dûre journée t'attend demain, et je croyais que tu avais mal à la tête ! »
Une fois son fils parti, Bulma resta seule au milieu du couloir avec son bout de papier dans les mains, fronçant les sourcils, hésitant. « Qu'est-ce que j'ai bien pu vouloir me dire d'important qui concerne Végéta ? » Elle voulut ajouter pour elle-même une remarque méchante à propos du saiyan, bénéfique pour son auto-persuasion de ne plus s'intéresser à lui. Il n'y avait sûrement rien d'intéressant à dire à propos de ce connard !
Mais les mots ne franchirent pas sa bouche. Le connard en question faillissait à sa définition. Comme un parent normal, il avait été affecté par la mort de son fils. Au point d'en avoir perdu son légendaire sang-froid. Et à l'heure qu'il était, sa fierté avait sûrement du mal à se redresser de ce constat cuisant, ce terrible aveu de faiblesse.
Alors elle regarda la papier.
Puis alla s'enfermer dans son laboratoire.
Elle sortit d'un placard un objet ressemblant à une imprimante, le configura, et y glissa la feuille de papier qui se froissa au passage et manqua de se déchirer. Bulma dut s'y prendre à trois reprises. Puis elle appuya sur un bouton, et l'objet se mit à imprimer des tirets sur des feuilles de papier transparent. Une feuille pour les lignes verticales, une pour les horizontales, et deux pour les diagonales. Et dire que dans le futur, elle avait probablement réalisé tout l'encryptage à la main avec des morceaux de verre ! Plissant le nez, la scientifique s'empara des quatre feuilles et entreprit de les retourner chacune dans un sens précis, jusqu'à voir apparaître les familières lettres de son alphabet terrien, taillées en formes octogonales.
C'était bien ce qui lui semblait.
Elle s'était donné tout ce mal... juste pour cinq lignes d'écriture.
Note à moi-même du passé : ne fais pas ce pari stupide avec Végéta qu'un jour il t'aimera. J'ai compris trop tard qu'il ne serait plus Végéta s'il disait je t'aime. Et moi, ça ne m'a pas aidée de perdre. Ce jour-là, il m'a dit de veiller sur notre fils et il est parti se battre. Ça fait 16 ans et je pleure encore sa mort. S'il te plaît, n'échoue pas comme je l'ai fait.
…
Végeta ne serait plus lui-même s'il disait je t'aime...
Oui, évidemment !
Bulma le savait, ces sentiments d'attachement étaient étrangers au saiyan. C'était d'ailleurs notamment pour cela qu'elle avait pris ses distances avec lui.
Et voilà qu'aujourd'hui, il s'était jeté à corps perdu dans la gueule du loup pour venger son fils.
Il pouvait aimer.
Quel choc ça avait dû être pour lui...
Ça fait 16 ans, mais je pleure encore de l'avoir perdu.
Et elle, elle avait pris ses distances...
Écarquillant les yeux de stupeur, Bulma laissa tomber les feuilles de ses mains et lâcha un juron avant de se précipiter vers la sortie. Elle claqua la porte derrière elle et traversa en courant le jardin vers sa maison où en l'espace de deux minutes, elle avait saisi sa trousse à capsules, son babyphone à longue portée, vidé tout le tiroir de la commode de sa chambre pour y retrouver son détecteur à ki, elle l'avait réglé en dévalant les escaliers, puis décapsulé son jet aéropropulsé dès qu'elle fut dehors et sauté dans son siège. Réglage : hautes puissances. Carte : la Terre entière.
Il y eut un moment de battement pendant lequel la scientifique analysa fébrilement une à une les tâches lumineuses qui s'affichaient sur son écran. Il n'y en avait plus qu'une vers la maison des Son, remarqua-t-elle avec un pincement au coeur. Un scintillement bleu recentra son attention. La lueur bleue sombre était là ! Mais le détecteur devait mal fonctionner, car la lueur vascillait.
Peu importait, elle avait le lieu.
« J'arrive, Végeta. » Murmura-t-elle avant d'appuyer sur le turbo.
ooooo
Il s'est trompé.
Il n'est rien.
Il ne veut plus rien.
Ne plus rien ressentir. Ne plus jamais se battre. Juste laisser tomber.
Depuis combien de temps est-il là ? Une heure ? Un jour ? Quelle importance ?
Il lui semble vaguement s'être placé dos au soleil en arrivant sur cette île. Il lui semble l'avoir regardé se coucher. Maintenant il fait nuit noire. Pas une seule étoile dans le ciel, les nuages sont trop denses, la pluie menace. Le vent ne s'est pas calmé.
Cela lui convient. Ça lui correspond.
Mais ça ne semble pas être le cas du véhicule volant qu'il entend se poser derrière lui en une manoeuvre risquée
Végéta ne se retourne pas. Il ne veut pas la voir. Il sait déjà qui est là sans étendre ses sens. Avant d'entendre la portière s'ouvrir, avant le pas léger qui s'arrête à plusieurs mètres de lui, avant le bruit d'étoffe froissée dès la première bourrasque de vent froid, et avant que cette même bourrasque ne lui apporte les effluves d'un parfum d'épices boisées riche en souvenirs.
Il savait que c'était elle, et elle savait qu'il le savait. Elle attendait.
« Qu'est ce que tu fiches ici ? »
À quoi s'attendait-elle au juste en venant ici ? Il ne voulait voir personne ! N'etait-ce pas évident ?
« Je suis venue te chercher. » Répondit une voix légèrement hésitante dans son dos.
Un bruit de pas.
« Ah bon, et pour aller où ?
-Chez nous. » Répondit la voix accompagnée d'un nouveau bruit de pas.
« Je n'ai pas de chez moi. » Répondit amèrement Végeta en reportant son attention sur le bruit des vagues en contrebas.
« Tu sais que tu auras toujours une chambre et un repas chaud prêts pour toi à Capsule Corp'.
-Ah oui ? Fut sa réplique acerbe. Et pourquoi vous vous donneriez tant de mal ? Vous n'y gagnez rien. »
Nouveau bruit de pas. Une hésitation, puis : « Parce que... tu es des nôtres. »
Végéta serra les poings « Non. Je ne suis pas des vôtres, Bulma. Personne ne fait jamais rien sans intérêt. Arrête de me baratiner ! J'en ai assez. J'en ai marre de toutes ces conneries que tout le monde me raconte ! Viens chez les terriens, ils ne demandent rien en retour ! Entraîne-toi plus dûr, c'est ta destinée de devenir le plus fort de l'Univers ! Méprise les faibles, les forts n'ont besoin de rien ni personne ! C'est tellement pathétique ! Je démissionne ! C'est fini. J'en ai raz-le-bol de me battre pour un but qui n'a pas de sens et dont on me prive toujours ! Je ne me battrai plus jamais. »
Il en avait trop dit. Il n'avait pas pu s'en empêcher. Il avait même failli se retourner vers elle. Mais il ne voulait pas que quiconque le voie ainsi. Surtout pas elle. Elle verrait la faiblesse dans ses yeux.
Il voulait qu'elle parte. Pourtant il attendait sa réponse.
Il ne prêtait presque plus attention aux vagues qu'il fixait obstinément ni au vide devant lui. Il entendit bien les bruits de pas, mais la réponse de la terrienne le prit totalement au dépourvu : deux mains fines se glissèrent sur ses flancs et s'enroulèrent autour de son torse en une étreinte qui se voulait puissante. Au travers de son armure, il sentit le corps chaud de l'humaine qui se collait contre son dos comme une forme parfaitement maléable. Il sentit son front chaud se poser très doucement contre sa nuque nue. Il sentit son parfum envahir ses sens.
Qu'est-ce que c'était que ça ?
Ils restèrent longtemps dans cette position étrange. Il ne savait simplement ni ce qu'elle tentait de faire ni comment il était censé réagir.
Puis un souffle chaud contre son échine lui murmura : « Rien de ce qu'on fait ne sert à rien. Et tu fais quand même partie des meilleurs. Sans ton intervention on serait tous morts Végéta.
-D'où tu sors ça ? Grinça-t-il en repassant ses souvenirs amers. Trois fois j'ai failli tous nous faire tuer pour des conneries ! Trois fois je me suis fait aplatir ! Toutes ces années je me suis entraîné pour rien !
-Non, tu es vivant. On est tous vivants. On a réussi. C'est fini.
-Non, j'ai échoué.
-Tout est question de point de vue.
-Va-t-en ! »
La requête était sans appel. Il avait assez discuté. Il ne voulait pas rester auprès d'elle dans cet état plus longtemps. Un guerrier souffrait seul. Ou bien était-ce aussi une des nombreuses illusions futiles qu'il avait crues vraies toute sa vie ?
« Non. Je ne vais nulle part sans toi. » Soupira doucement la voix dans son dos.
Comme il ne répondait pas, elle poursuivit, en relevant la tête pour murmurer à son oreille comme une confidence « Moi aussi je suis fatiguée de me battre. »
Elle ne se battait pas, que racontait-elle encore ?
« J'en ai marre de lutter contre ce que je ressens pour toi. Donc je te le dis, je ne lutterai plus. » Elle se serra encore plus fort contre lui en frissonnant sous le vent violent. « À partir de maintenant je te donnerai tout ce que j'aurai envie de te donner sans rien attendre en retour.
-Hn !
-Je ne te demande pas de me croire, tu verras bien. »
Végéta baissa la tête.
De toutes manières il ne savait plus du tout que croire ou non. Ceci n'était qu'un non-sens de plus. Il ne comprenait même pas ce qu'elle voulait dire et s'en moquait bien. Plus rien n'avait d'importance.
Ils restèrent ainsi un long, très long moment. Quelques gouttes de pluie commencèrent à tomber, cachant l'odeur et le goût des larmes qui coulaient enfin. En face d'eux, l'océan déchaîné semblait refléter leurs âmes perdues. Le vent hurlait.
Bulma éternua. Elle commençait à grelotter.
« Rentre. Ordonna finalement Végéta
-Viens. Pria Bulma
-Non.
-Alors je reste.
-Tu prends froid.
-Alors prends-moi dans tes bras.
-Vas-t-en ! » Cria-t-il.
Bulma éloigna sa tête de la nuque brûlante où elle s'était réfugiée, le cœur douloureux. Elle ne savait plus quoi lui dire pour le réconforter, le faire revenir, se relever. Cela risquait sans doute de prendre plus de temps , beaucoup plus de temps que ça. Elle sentait son désaroi comme un horrible goût de rouille dans sa bouche. Elle le sentait distant.
Il voulait qu'elle parte. Soit.
Aussi horrible que soit l'idée de le laisser tout seul au bord de cette falaise, s'il avait besoin d'être tranquille elle respecterait sa demande.
À regret, elle recula lentement.
Végéta sentit la paire de bras frêles glisser lentement de sa taille alors qu'elle obtemperait. Elle s'éloignait enfin. L'air froid circula à nouveau entre eux et il réprima un frisson. Pas à cause du froid bien sûr, mais parce que son être découvrait soudainement un nouveau sentiment duquel il s'était cru immunisé : la détresse. Sans qu'il l'ait remarqué, l'étreinte ridicule de cette faible humaine avait supporté et atténué une partie de sa douleur, il avait repris pied dans la réalité, et maintenant cette même douleur dévalait à nouveau en lui comme un torrent d'horreur : il allait à nouveau se retrouver seul, à la dérive. Il se retourna en un éclair et lui saisit le poignet, soudain affolé à l'idée de perdre le contact physique avec elle, point d'ancrage dans l'existence.
Première seconde. Leurs regards s'entrechoquèrent. Elle le contempla de ses grandes orbes bleues qui semblaient vouloir lire au travers de lui, son regard doux et surpris, sans la moindre trace de malice. Alors il cria par les yeux ce que sa bouche ne parvenait pas à demander : reste. C'était sans doute une grimace affreuse...
Puis dès la deuxième seconde, il détourna le regard et relâcha sa prise sur le poignet de Bulma. Il maudissait ce sentiment de faiblesse.
À la troisième seconde, il l'entendit expirer un sourire, et sentit sa fragile main s'accrocher à son tour sur son poignet à lui, en se rapprochant à nouveau. Lentement, très lentement, elle glissa son visage dans son cou et passa son deuxième bras autour de lui pour le serrer contre elle. Il sentit sa poitrine voluptueuse se presser contre son torse.
Au bout d'un long moment, il pencha également la tête dans le cou de la jeune femme pour inhaler son parfum, et lâcha son poignet pour la serrer contre lui de ses deux bras.
Ce qu'elle lui offrait, en cet instant, c'était du soulagement.
Puis tout se passa très vite. Son odeur, son corps à elle contre lui, il commença à la serrer plus fort, à respirer plus fort, à passer ses mains dans son dos mouillé par la pluie qui ne tombait de plus en plus dru. La réponse de la terrienne ne se fit pas attendre, caressant son dos, embrassant son cou. Deux corps émerveillés de se retrouver. Deux corps en détresse à l'idée de se perdre à nouveau l'un l'autre. Deux corps se perdaient l'un dans l'autre. L'un criait Je t'aime, l'autre Ne me laisse pas.
L'armure à moitié brisée tomba au sol en premier, bien vite suivie de la veste de Bulma. Les vêtements sur l'herbe mouillée entre deux rochers firent un matelas. La pluie et le vent furent la couverture. Peau contre peau en guise de draps. Il la serrait dans ses bras, offrant la chaleur de son corps en échange d'un répit pour son âme. Elle répondait avec autant de ferveur, offrant enfin tout l'amour qu'elle avait si longtemps retenu prisonnier. Ce faisant, elle le savait, elle enchaînait son cœur.
Et elle s'en fichait éperdument.
La pluie chantait, l'océan dansait, le vent sifflait, et sur la falaise, deux corps s'aimaient comme si c'était la fin du monde. La fin du monde qui pourtant n'avait pas eu lieu.
ooooo
Tous deux crièrent, puis Végéta s'effondra sur elle.
Bulma resta agrippée à lui alors que tous deux reprenaient leur souffle.
Puis elle éternua brutalement et renifla. Il redressa la tête de son cou pour rencontrer son regard. La lueur dans ses yeux noirs semblait étonnamment distante à présent. « Tu as froid.
-Oui, avoua-t-elle.
-Rentrons. » Déclara-t-il après une hésitation.
Elle répondit par un sourire, puis il se leva, nu, et regarda autour de lui, hésitant.
« Je dois avoir des capsules avec des vêtements dans le jet, intervint-elle.
-Parce que tu avais prévu ça ? S'étonna-t-il, perplexe
-Absolument pas. Mais je suis une maman qui s'est récemment promis de toujours avoir tout ce qu'il fallait sous la main en cas de pépin. » Reconnut-elle avec un sourire d'excuse.
Sur ces mots, elle se leva à son tour et se dirigea en grelottant vers l'engin, ouvrit la porte et retira d'un petit compartiment une trousse à capsules. Elle se retourna pour trouver Végéta juste derrière elle, un tas de vêtements trempés et boueux dans un bras, son armure sous l'autre. L'expression sur son visage était tendue.
« Ça va ? » s'inquiéta-t-elle.
Mais elle ne reçut en réponse qu'un grognement. Il fixait un point à l'horizon. Il obtempéra quand elle lui proposa de monter à bord pour se mettre à l'abri de la pluie et déposer les vêtements sales dans une capsule vide. Elle en ouvrit ensuite une autre contenant une pile de linge, dans laquelle elle trouva une serviette, une robe et une veste pour elle, un pantalon de jogging et un pull pour Végéta. Ça ferait l'affaire.
Elle le regarda alors qu'il s'habillait sans un mot. Où était ce guerrier farouche qui avait hanté ses rêves et fantasmes bien plus qu'elle n'aurait jamais osé l'avouer ? L'homme à côté d'elle ressemblait à une coquille vide. Il semblait s'être renfermé sur lui-même, le temps de digérer que toute sa vie s'était retournée et avait perdu son sens. Elle comprenait, mais le voir dans cet état ne semblait pas naturel et la mettait très mal à l'aise. Elle pria pour qu'il se remette vite...
« Atchaaaaa ! »
Peu importait ce qu'il ferait ou dirait une fois qu'il serait remis. Tant pis si il la rejetait, tant pis si il les abandonnait. Elle serait là pour lui tant qu'il aurait besoin d'elle. Au moins elle aurait la conscience en paix même si son cœur ne l'était pas.
« Rentrons chez nous » Déclara-t-elle en allumant le moteur.
Ele n'obtint pas de réponse.
