[Note de l'auteure] Alors d'abord, bonne et heureuse année à vous tous ! Honnêtement je ne pensais pas que ça aurait un tel succès de vous annoncer mon taux d'avancement du chapitre suivant, mais vous m'avez carrément explosé mon compteur de reviews, je n'en revenais pas ! Alors pour chacun de vos encouragements, messages enthousiastes, ondes positives, je vous dis un grand merci ! J'espère être à la hauteur de vos attentes, même si je me doute que ce chapitre va en laisser plus d'un sur sa faim, car malheureusement, j'aime bien laisser l'histoire se dérouler en douceur…

Bonne lecture à vous tous, bon week-end, gros bisous, et à très bientôt j'espère !


Démêler le vrai du faux

« Néééou Papa ? »

...

Bulma aurait dû s'y attendre, et malgré cela, elle se sentit complètement prise au dépourvu lorsque la question survint. Son enfant pointait du doigt la chaise qu'avait occupée Végéta pendant toute la journée de la veille. La chaise, bien sûr, ce matin, était vide. Et elle, avait mal dormi.

« Queeeeeeeu naléé Papa dodo ?

-Non Trunks, Papa ne fait pas dodo. Tenta d'expliquer tendrement sa mère. Il est... parti se promener.

-Oh... Fit observer le père de Bulma d'un air pensif, le nez dans sa tasse de thé.

-Ah bon ? Renchérit sa mère. C'est dommage qu'il ne m'ait pas prévenue, j'avais quelques emplettes à faire en ville, il aurait pu les faire pour moi...

-Aaaaaaa pa dodo papa ?

-Il avait besoin de se changer les idées. Clarifia Bulma. Je ne pense pas qu'il reviendra avant un bon moment... Non mon chou, papa est en promenade, dehors.

-Ooooh ! S'émerveilla le petit être. Papa queeeeeu léé dowo vè Tunks ?

-Non, lui répondit tristement sa mère. Papa est parti se promener tout seul. Mais si tu veux, moi je peux t'emmener en ballade. Tu veux aller voir la mer ?

-Nweeeeeee nweeeee...

-Ou tu préfères aller au parc ?

-Opaaaac ! » S'enthousiasma l'enfant.

Bulma eut juste le temps de pousser un soupir avant que celui-ci ne demande à nouveau :

« Néééee Papa o paac ? »

Les jours à venir promettaient d'être difficiles...

ooooo

Les jours à venir promettaient d'être difficiles.

Une nouvelle montagne de glace explose. Un homme scintillant d'une aura dorée émerge de ce chaos fracassant de pierre et de glace. Il l'a détruite avec ses propres poings. Sans attendre, sa silhouette volante fonce au travers du blizzard en quête d'une nouvelle cible. Il a accumulé bien trop d'énergie à force de repos, il ne parvient pas à l'épuiser. Pourtant même avec moins d'une vingtaine de jours sans effort physique, il sent que sa force a baissé, il se sent faible et cette nouvelle pensée lui est intolérable. Alors il enfonce ses poings nus dans la glace et le roc sous ses pieds, faisant fi du froid et de la douleur. Le cratère se creuse et se transforme en canyon. Le froid engourdit ses membres et ralentit peu à peu sa progression. Alors enfin il parvient à reprendre le fil décousu de ses pensées prises dans un tout autre chaos.

Tu me rends folle. Je ne sais pas si tu as la moindre idée de l'effet que tu as sur moi. Je n'ai jamais rencontré personne qui soit capable de me faire vibrer à ce point. Je crois que ça me rend accro. Accro à toi.

Comment démêler les paroles sincères de celles prononcées pour plaire ? Comment se pouvait-il qu'elle ressente exactement la même chose que lui en réciproque ? N'était-il pas plus logique de croire qu'elle avait copié ses pensées ?

Mais cette larme sur son doux visage était-elle également une supercherie ?

Où est la vérité ? Où est le mensonge ? Que peut-il croire ? Où doit-il se méfier ? Il est tellement lasse de errer dans ce monde d'incertitudes !

Que veut-elle ?

Et que veut-il ? Même cette simple question semble une énigme.

ooooo

« Il n'y a pas des milliers de méthodes pour résoudre une énigme, il n'y en a qu'une. Et la première étape, c'est de clarifier exactement quel est le problème et ce qu'on cherche à obtenir. Ensuite, il faut mettre à plat tout ce qu'on sait et sur quoi on peut s'appuyer pour nos hypothèses et nos calculs. Alors, reprenez les faits calmement et expliquez-moi clairement ce qui s'est passé. »

La voix de Bulma était ferme et posée, elle eut immédiatement un effet apaisant sur l'équipe de techniciens paniqués qui l'entouraient. Elle était à leur écoute et ne cherchait à blâmer personne pour la défaillance technique majeure qui venait d'avoir lieu dans l'usine. Ils allaient réfléchir ensemble à une solution rapide. Elle avait juste eu besoin d'obtenir d'eux qu'ils gardent la tête froide, tandis que les rapports des pompiers attestaient que tous les blessés pris dans l'incendie avaient pu être évacués et que la vie de personne n'était plus en danger. Ce, grâce à une organisation d'entreprise parfaitement opérationnelle et millimétrée, et une discipline parfaite des équipes. Une telle explosion aurait pu causer énormément plus de dégâts dans d'autres circonstances.

« Bien. Donc l'explosion a eu lieu dans la zone de confinement des modules de compression dimensionnelle. On ignore encore ce qui a causé ça, mais notre priorité, c'est d'éteindre le foyer de cet incendie pour que les pompiers puissent enfin réussir à maîtriser le reste. Qu'est-ce qui a déjà été essayé ? Qui a une hypothèse sur la nature de ces flammes violettes ? Comment et à quelle vitesse est-ce qu'elles évoluent ? Est-ce qu'il y a eu d'autres explosions ? »

Cette fois les techniciens présentèrent les faits clairement et chacun leur tour. La patronne écoutait en fronçant les sourcils, signe de son intense concentration. À ses côtés, un peu en retrait, Monsieur Briefs observait sa fille du coin de l'œil avec un sourire de fierté au coin des lèvres. Il n'avait rien d'autre à faire. Aussi, lorsqu'un groupe de journalistes s'approcha pour leur demander plus d'informations, il la dissuada d'un geste nonchalant de les envoyer promener : « Continuez sans moi, je m'en charge.

-Mais, papa, on a besoin d'une solution rapide ici...

-Justement. Vous n'avez pas besoin de moi. » Leur sourit avec confiance l'illustre bâtisseur de Capsule Corporation avant de se retourner vers les micros et caméras qui envahissaient son champ de vision. « Messieurs, je répondrai à toutes vos questions, mais j'aimerais qu'on laisse mes équipes se concentrer. Venez, allons par là. »

« Monsieur Briefs, pouvez-vous nous expliquer ce qui s'est passé ?

-Cet incendie est-il toxique ?

-Y a-t-il des morts ?

-Peut-on éteindre ces flammes étranges ?

-Vos équipes sont-elles assez compétentes pour régler ce problème ?

-Pensez-vous qu'on a joué avec des technologies trop puissantes pour notre nature humaine ? »

Pris d'un léger vertige, l'illustre inventeur venait de se rappeler pourquoi il préférait toujours se tenir à l'écart des médias. Il dut demander un siège pour s'asseoir et un verre d'eau avant de commencer à répondre à leurs questions : « Bon, je vais reprendre tout le contexte depuis le début pour que nous puissions clarifier exactement quel est le problème et les informations sûres sur lesquelles nous pouvons nous baser pour le moment. »

ooooo

Sur quelles certitudes pouvait-il se baser ?

Cette question qui aurait pourtant semblé basique venait seulement de s'imposer comme un passage évident pour Végéta, tandis qu'il volait à une allure modérée en direction de l'endroit où il s'était installé avec son vaisseau spatial deux ans plus tôt, lorsqu'il était rentré sur Terre avec le fier objectif de réduire en cendres deux androïdes, son rival Karkarott, et tous les espoirs de ses alliés. Or il était là, seul, sans gloire et sans plus aucune conviction, sans plus trop réellement savoir qui il était ni ce qu'il voulait, hormis qu'il lui fallait quelque chose à se mettre sous la dent et sur le dos. Cela faisait bientôt deux jours qu'il cassait des glaçons dans un désert de glace, nu comme un ver et affamé.

Le vaisseau spatial l'attendait à l'endroit où il l'avait laissé, non loin d'un lac dans une forêt située à l'intérieur du cratère d'un volcan éteint. Un endroit relativement inaccessible pour les terriens, ce qui lui garantissait un certain calme. Le vaste engin semblait n'avoir été laissé là que depuis à peine plus d'un mois, ce qui d'ailleurs était le cas en considérant que deux années dans la chambre de l'esprit et du temps représentaient deux jours dans le monde réel. Végéta y trouva sa vieille armure dont il enfila la combinaison, ainsi que quelques restes de provisions lyophilisées, mais il aurait à peine de quoi assouvir son appétit plus de deux ou trois jours terrestres. Ça ferait l'affaire pour le moment, ensuite il devrait sûrement chasser.

Tout en réhydratant son repas avec habitude, il reprit le fil de sa réflexion.

Sur quelles certitudes pouvait-il se baser ?

Il était Végéta, le prince des saiyans. Un titre honorifique unique indiquant sa supériorité dans une nation de guerriers aujourd'hui disparue. Autant le reconnaître, il était prince de personne à présent. Ce titre lui avait-il seulement jamais servi à quoi que ce soit d'ailleurs ? Oui, deux choses. À être reçu avec certains honneurs sur certaines planètes où Frieza l'avait parfois envoyé en missions diplomatiques, ce qui n'avait plus d'intérêt aujourd'hui. Et à se relever lorsqu'il prenait un coup dur. À nourrir sa fierté.

Bref, le titre honorifique n'avait plus vraiment d'intérêt. Ce qui comptait, c'était sa fierté.

Et que ces nouilles aux épices étaient vraiment un délice...

ooooo

« Le titre honorifique n'a pas d'intérêt sans l'usage qu'on en fait. J'ai toutes mes raisons de venir mettre les mains dans le cambouis ici avec vous, sinon de quel droit je prétendrais pouvoir codiriger Capsule Corp ?

-Mais c'est lourd... Laissez-moi vous aider mademoiselle !

-Si c'était trop lourd pour moi j'aurais demandé de l'aide, merci. Ne t'en fais pas j'ai mis mes renforts de bras exosquelettes. Tu as déjà fini ta partie ?

-Euh...

-Retourne-y dans ce cas si tu n'as pas d'objection sur la procédure ! Chaque minute compte. Je compte sur toi comme sur vous tous. »

Obtempérant à contrecœur, le technicien s'en retourna à sa tâche de déplacement de boulons tandis que Bulma travaillait seule à la modification de l'unité énergétique, assistée de deux personnes qui lui procuraient le matériel nécessaire plus vite que leur ombre. Au total, toutes les modifications sur ce module de fixation de jellybilles furent apportées en moins d'une heure. Monsieur Briefs n'était toujours pas revenu de son interview lorsque le champ de force ainsi nouvellement crée fut activé tout autour du foyer de l'incendie, formant une jolie sphère translucide autour des flammes violettes qui semblaient ne jamais vouloir s'éteindre.

Le phénomène attira immédiatement l'attention des médias qui étaient pour la plupart massés autour du pauvre monsieur Briefs. « Tiens ? Commenta ce dernier. Donc ils ont choisi de faire un bouclier énergétique ? Ils n'ont pas traîné à le mettre en place ! La situation devait être grave...

-Monsieur Briefs, qu'est-ce que vous entendez par grave ?

-Que probablement cet incendie s'est déclaré dans une dimension capsulaire, donc qu'il aurait été impossible de l'éteindre directement.

-Monsieur Briefs cette espèce de dôme nous tient-elle hors de danger ?

-Tout à fait.

-Vous êtes sûr ?

-Tout à fait.

-Mais pour combien de temps ?

-Tant que le bouclier sera alimenté il n'y a rien à craindre.

-Monsieur Briefs, cet événement risque-t-il de se reproduire ?

-Le risque zéro n'existe pas, mais si vous voulez mon avis nous allons commencer par renforcer nos dispositifs anti-malveillance.

-Vous voulez dire que cette explosion a été provoquée par quelqu'un ?

-Non, je veux dire qu'elle n'aurait jamais dû se produire en conditions normales et que nous allons devoir investiguer.

-Vous pensez pouvoir gérer ce genre d'enquête en interne et faire obstruction à la police ? Votre industrie aurait-elle des informations à cacher ?

-Absolument pas, la police nous sera sans doute même d'une grande aide pour déterminer ce qui s'est passé.

-Monsieur Briefs, vous semblez un peu dépassé par les événements. Êtes-vous sûr que vous êtes en mesure de gérer une telle crise ?

-Oh oui ! Mais vous savez, moi j'ai soixante-sept ans et récemment je me consacre surtout à créer des jouets pour enfants. J'ai parfaitement confiance qu'avec ma fille à la codirection et l'efficacité de nos équipes, le problème sera géré au mieux.

-Donc vous pensez à prendre votre retraite, Monsieur Briefs ?

-Oh ? C'est une bonne question ça... Je n'y avais pas pensé... »

ooooo

« Flash info express. Une explosion dans une usine à hop-pop capsules proche de la capitale Ouest. Des flammes mortellement destructrices sont actuellement contenues sous un fragile bouclier énergétique bricolé en moins d'une heure par les ingénieurs de l'entreprise. Le dirigeant de la société milliardaire annonce son départ à la retraite, se déclarant complètement dépassé par les événements. L'affaire est entre les mains de la police pour déterminer les causes de la catastrophe tandis que la centaine de salariés de Capsule Corp' est au chômage technique. »

« Explosion à l'usine de Capsule Corp' : y a-t-il eu un sabotage dans cette affaire qui a envoyé 28 personnes à l'hôpital ? ''Nous allons renforcer nos dispositifs anti-malveillance.'' A déclaré le dirigeant de l'entreprise. ''C'est typique des industriels de pointer du doigt un élément extérieur avant d'envisager de remettre en cause leur fonctionnement en interne.'' Remarque le commissaire de police chargé de l'enquête. »

« Incident à Capsule Corp' : les pompiers ont mis plus d'une journée entière à maîtriser l'incendie, tandis que d'étranges flammes violettes ne faiblissent toujours pas d'intensité sous une barrière électromagnétique fabriquée en urgence, ce qui inquiète les habitants voisins. Le dirigeant de la société s'est dit dépassé par les événements et a déclaré prendre sa retraite prochainement. »

« Incidents de Capsule Corp' : trois jours après le drame, on s'interroge sur qui est vraiment aux commandes de l'entreprise la plus riche de la planète. On apprend à l'instant que l'inventeur des hop-pop capsules, âgé de 67 ans et proche de la retraite, n'était pas le seul à diriger l'entreprise. Sa fille en assure officiellement la codirection avec lui. Une tâche sans doute bien lourde pour cette jeune mère célibataire que l'on ne voyait généralement apparaître que lors des événements officiels. »

« Revenons à présent sur cette catastrophe qui a secoué les industries Capsule Corp' pendant près de cinq jours. L'incendie toxique contenu sous un champ de force précaire depuis plusieurs jours a enfin été maîtrisé ce matin. Il a fallu une bombe très spéciale créée en urgence par les ingénieurs de l'entreprise pour souffler les flammes et refroidir ensuite brutalement la zone. Tout a heureusement été contenu dans le petit champ de force. L'actuel dirigeant de l'entreprise se veut rassurant quant à la façon dont ont été gérés les événements : « Non, ce bouclier énergétique n'avait aucune chance de lâcher à moins de ne plus être alimenté. » « Ces flammes ne sont pas toxiques, leur couleur étrange est due à la combustion du [...] une molécule utilisée dans les modules de compression dimensionnelle des hop-pop capsules. Le gaz de combustion est parfaitement inoffensif. ». Des manœuvres sans danger donc, et apparemment réalisées en parfaite synchronisation avec les brigades de pompiers. Mais quel crédit peut-on encore vraiment accorder à un septuagénaire proche de la retraite, avouant lui-même ne plus fabriquer que des jouets pour enfants ? »

« Les retombées de l'incident à l'usine de Capsule Corporation : les ventes de hop-pop capsules ont reculé de 24% en une semaine ainsi que les ventes de jouets pour enfants. ''Je ne veux pas que ça explose à la figure de mon enfant.'' Déclare une acheteuse. En effet, les demandes de preuves de l'innocuité des produits affluent depuis une semaine, recevant bien peu de justifications en retour de la part des gestionnaires de la firme multimilliardaire. Ainsi, tous nos enquêteurs se sont tous vu recevoir la même réponse : ''L'explosion qui a eu lieu dans notre usine s'est déclenchée au niveau d'une de nos machines, non au niveau d'un mécanisme contenu dans vos hop-pop capsules. Celles-ci sont toujours aussi sécuritaires qu'elles l'ont toujours été.'' Mais quel crédit accorder à une entreprise dirigée par un homme prêt à prendre une retraite confortable avec les milliards de profit accumulés depuis l'invention des capsules ? ''Ça se voit que les industries Capsule Corp' battent de l'aile depuis quelques années.'' Déclare le dirigeant d'une société qui approvisionnait l'usine sinistrée en matières premières. ''Sans son créateur aux commandes, la société risque de partir à la dérive malgré tous les efforts que déploiera sa fille pour poursuivre l'œuvre de son père. C'est une jeune femme très dynamique mais elle n'y parviendra pas seule. Celui qui saura se placer à ses côtés se retrouvera à la tête d'un véritable empire.'' »

« Actualité People : La femme à marier numéro un sur Terre ! En attendant que la fille de mister Satan soit en âge de séduire, messieurs, une nouvelle femme vient d'apparaître sur les tableaux ! Bulma Briefs, co-dirigeante et héritière des industries Capsule Corporation. ''Celui qui saura se placer à ses côtés se retrouvera à la tête d'un véritable empire.'' affirmait hier un proche de l'entreprise. Cette jolie femme de 35 ans passe son temps à concilier sa vie entre participer aux réunions d'entreprise et élever seule son bébé d'à peine un an, aux côtés de ses parents chez qui elle vit toujours en pleine Capitale Ouest. Une tâche bien lourde à porter seule. Mais qui saura conquérir le cœur de la belle en détresse ? »

Chaque nouveau jour, les parents de Bulma contemplaient un nouvel article de journal avec un air de plus en plus atterré : « Bulma ne l'a pas encore vu ?

-Non. On fait quoi, on le brûle ?

-Ça ne sert à rien, elle finira par le savoir...

-Juste celui-là...

-Hum... On pourrait essayer... Mais ce n'est pas très honnête. Qu'est-ce qu'elle fait aujourd'hui ?

-Après sa promenade du matin avec Trunks, elle a rendez-vous avec le commissaire de police et les équipes pour lui apporter les vidéos de surveillance pour qu'ils puissent identifier si quelqu'un est entré sans autorisation. Les équipes ont écarté l'hypothèse de l'incident technique sur le dimocompresseur à la réunion d'hier soir. Elle revient manger ce midi et elle emmène Trunks avec elle cet après-midi pour la supervision du chantier de déblaiement.

-Tu penses que je devrais y aller à sa place pour la décharger un peu ? S'inquiéta le père.

-Inutile, mon cher. Avec ou sans toi, elle ira. Tu n'avais pas un nouveau prototype de robot-jouet à terminer ?

-Ah oui, c'est vrai... »

La mère de Bulma soupira avant de déclarer : « Je vais refaire une tarte aux fraises pour ce midi. Bulma sera de meilleure humeur avant de tomber sur cet article.

-Hum... Hésita le père. Tu crois que je peux manquer le dessert ? »

Sa femme le considéra pendant plusieurs longues secondes, un doigt posé sur sa joue, avait de répondre d'un air perplexe : « Comment ça ? Qu'est-ce que tu cherches à fuir au juste ? Ta fille ou ma cuisine ? »

ooooo

Qu'est-ce que tu cherches à fuir au juste ?

Est-ce que tu cherches à fuir ?

Tu fuis ? Toi ? Vraiment ?

Tssss !

Oui, tu as fui. Si n'importe qui d'autre avait réagi comme tu es en train de le faire, tu aurais dit qu'il fuit. Et qu'il est un lâche.

Est-ce que tu es un lâche ?

Il y a peu, tu n'aurais pas hésité à répondre que oui, fuir est un acte de lâcheté. Aujourd'hui tu doutes. Tu doutes de tout.

Ce n'est pas un mal de douter, tant que ça te fait avancer. Tu en as assez de piétiner. Ce n'est pas dans ta nature, et c'est plutôt une bonne chose. Il est temps d'aller de l'avant.

Mais te voilà bien avancé d'avoir fui !

Toi. Tu as fui.

Es-tu un lâche ?

Voyons-voir, avais-tu déjà fui auparavant ? Non, c'était au pire des retraites stratégiques !

Donc une retraite stratégique c'est comme une fuite, mais sans la lâcheté ? Y a-t-il vraiment une différence à part le point de vue ?

Oui sûrement... Une retraite stratégique sert à... préparer une stratégie !

Et là, c'est une retraite stratégique alors ?

C'est quoi ta stratégie ?

Attends, une stratégie pour quoi faire au juste ? C'est quoi ton objectif ?

On touche du doigt le gros du problème : tu n'as pas d'objectif. Tu n'en as plus.

Tu n'as plus rien.

C'est bien la première fois de ta vie que tu te retrouves sans objectif. Mais peut-on te blâmer quand tous tes repères se sont écroulés ? Ce serait comme avoir une boussole et pas de carte.

D'un autre côté, qu'est-ce que tu en as à foutre qu'on te blâme ou pas ? C'est pas ça qui va te faire avancer, et toi, tu en as marre de piétiner. Avançons donc !

Te voici donc avec un nouvel objectif : te trouver un objectif. Et des repères pour avancer un peu plus efficacement.

Ouais, parce que si ton objectif c'est juste d'avoir un objectif, on n'ira pas bien loin, c'est moi qui te le dis !

Alala ! Qu'est-ce que tu ferais sans moi ! Non, ne me remercie pas, ça n'a pas de sens de se remercier soi-même ! Attention tu diverges !

Bon, reprenons. Tu viens de réaliser une subtile retraite stratégique... Ouais bon, une retraite stratégique pas subtile du tout et absolument pas anticipée non plus d'ailleurs. Mais comme tu réfléchis à ta stratégie, ce n'est pas une fuite, ce n'est donc pas de la lâcheté. Ni un aveu de faiblesse. Noooon absolument pas ! Tu as le droit de te retirer pour réfléchir tout de même ! Tu es un stratège, pas un bourrin !

Il était temps de t'en rappeler...

C'est une retraite stratégique donc. Et la stratégie que tu vas devoir construire maintenant devra servir tes objectifs.

Ton objectif c'est... de te trouver de nouveaux points de repère fiables qui te permettront de tirer au clair ta situation et d'avancer vers tes objectifs futurs.

Une carte.

Oui, ça a l'air bien, ça, comme objectif.

Maintenant, la stratégie.

Qu'est-ce qui pourra te permettre de mieux tirer ta situation au clair ?

Démêler le vrai du faux.

Par quoi tu commences ?

Bonne question.

Et si tu commençais par discerner et analyser ce qui t'a fait fuir ?

Attends, rappelle-moi... Qu'est-ce que tu cherches à fuir au juste ?

Comment ça ? Tu fuis ? Toi ?

Attends... On tourne en rond là !

Stop. N'essaie pas de te défiler. Ce petit jeu a déjà trop duré. Tu n'es pas comme ça. Toi, tu regardes tes ennemis en face. Alors regarde aussi ta fuite et mets au moins un nom dessus.

Qu'est-ce qui t'a conduit à cette... retraite stratégique ?

ooooo

« Bulma ! »

Le cri lancé au travers du groupe de techniciens aux couleurs de Capsule Corporation en conduisit plusieurs à se retourner. Sans cesser leur marche, certains ignorèrent bien vite le journaliste qui tentait d'apostropher leur directrice, tandis que quelques uns, dans un sursaut de bienveillance, tentèrent d'accrocher son regard pour lui envoyer de silencieux signaux d'alerte. Il était encore temps pour ce pauvre petit bonhomme de rebrousser chemin et de s'en sortir indemne.

Mais bien sûr, l'élément perturbateur n'en perçut rien, et tenta une percée au sein du groupe en déplacement : « Mam'zelle Bulma ! Auriez-vous quelques minutes à m'accorder s'il vous plaît ? »

La femme aux cheveux bleus vêtue des mêmes couleurs que les autres techniciens de l'entreprise cessa sa marche et le dévisagea froidement : « On se connaît ?

-Eeeeeuh non, enfin pas enc...

-Alors dans ce cas, moi c'est mademoiselle Briefs. »

N'osant intervenir, les techniciens du groupe continuèrent leur marche en silence et entrèrent dans le bâtiment vers lequel ils s'étaient dirigés, laissant la porte ouverte.

Le journaliste haussa les sourcils puis prit une longue inspiration avant de reprendre sa phrase : « Mademoiselle Briefs, auriez-vous quelques minutes à m'accorder pour quelques questions s'il vous plaît ?

-Monsieur, soupira la femme, je suppose que si vous êtes comme par hasard ici pile à cette heure-ci c'est que mon emploi du temps a de nouveau fuité. Alors si vous avez mon emploi du temps ou juste un minimum de sens de l'observation, vous aurez bien compris que là, maintenant, je m'apprête à entrer en réunion.

-Eh bien... Justement... Répondit le journaliste avec un petit sourire en coin. Si mon intervention peut vous aider à vous épargner quelques minutes de réunion, j'en serai ravi...

-Pas moi. Claqua-t-elle. Je suis désolée pour vous si vous pensez que toutes les réunions du monde sont forcément des calvaires, mais les nôtres sont nécessaires et bien chargées vu la situation actuelle. Et sérieusement, comment est-ce que vous vous imaginez que la réunion va se tenir si je n'y suis pas ?

-Oh, allez mademoiselle ! Je suis sûr que votre absence ne se remarquera même pas ! Vous seriez sûrement bien plus heureuse à retourner vous occuper de votre enfant si je peux vous servir d'excuse pour sauter cette réunion ! »

Le regard sérieux que lui renvoya alors la femme aux cheveux bleus lui sembla bien lourd. Elle prit une profonde inspiration.

Allez ! C'était gagné ! Se réjouit le journaliste...

Juste avant que la femme se mette à hurler.

« Mon absence se remarquera, sombre crétin ! C'est moi qui dirige la réunion, je suis la codirectrice en charge du sujet ! Vous vous imaginez quoi à la fin ? Que je me tourne les pouces ? Qu'il n'y a aucune décision à prendre peut-être ? C'est quoi votre problème à vous autres les journalistes, à croire que je ne fais rien ? Vous me faites perdre mon temps ! Et oui, après cette réunion j'aimerais bien voir un peu mon fils, et les gens qui m'attendent pour commencer cette réunion aussi espèrent voir leur famille ensuite ! Alors retournez-donc vous occuper de la votre si vous en avez une et fichez-nous la paix ! Vous rendrez service à tout le monde ! »

Puis, sans attendre de réponse, la dirigeante reprit sa marche en direction de la salle de réunion où l'attendaient les autres techniciens.

« Mais... Mais... Tenta une dernière fois le journaliste livide. Quand est-ce que vous aurez un petit moment pour répondre à mes questions alors ? »

La femme aux cheveux bleus ne lui répondit pas. Elle se contenta de lever le poing au dessus de son épaule, majeur levé, avant de refermer la porte derrière elle.

Par la fenêtre juste à côté, trois techniciens hilares avaient suivi la scène et tentaient de se retenir de pouffer de rire.

« Non mais tu as vu sa tête ?

-Ouais ! À mon avis, celui-là il vient de perdre son scoop !

-Vlan ! Et ça c'est pour avoir dit que notre bouclier énergétique était du bricolage !

-Pfff ! Ouais ! Ah franchement, elle a fait ma journée, la patronne !

-À quel journal est-ce qu'on envoie la date de notre prochaine réunion ? »

L'entrée dans la salle de ladite patronne coupa court à la conversation : « Bon. Soyons honnêtes une bonne fois pour toutes : qui pense que cette réunion de travail est inutile ? »

Silence respectueux.

« Très bien. Dans ce cas on commence. L'équipe qui devait investiguer sur le dimocompresseur, est-ce que vous avez trouvé des failles avec les hypothèses qu'on avait listées ? »

ooooo

La situation étais déjà bien assez complexe pour ce récit, mais introduisons tout de même de nouvelles nouilles dans le potage !

ooooo

« Bien, monsieur Caroni, nous pouvons commencer.

-Docteur, j'ai beau faire mes exercices, je m'embrouille. Je n'arrive pas à démêler le vrai du faux dans ce qui s'est passé ce jour-là.

-C'est encore à propos du combat contre Cell il y a deux mois ?

-Oui. Je sais bien que j'ai sûrement reçu un coup sur la tête en affrontant ce monstre, mais quand même, je ne comprends pas. Qui c'était ces types complètement inconnus des médias ? Et pourquoi est-ce que eux et Cell utilisaient les mêmes tours de passe-passe idiots pour faire croire qu'ils volaient et que leurs mouvements étaient trop rapides pour être vus ?

-Qu'est-ce que vous en pensez ?

-Eh bien... Et si ces gens étaient vraiment capables de voler ? Et si leurs aptitudes au combat étaient vraiment à un niveau au dessus du nôtre ?

-Vous pensez vraiment que des gens comme ça puissent exister, qui soient à ce point plus forts que Mister Satan et vous-même ?

-Euh... Non, personne ne peut être plus fort que Mister Satan...

-Dans ce cas ces gens utilisaient juste des tours de passe-passe, vous ne croyez pas ?

-Si. Oui. Sûrement. Il n'y a pas d'autre explication. Mais... Dans ce cas pourquoi Cell utilisait-il les mêmes tours ? Tous ces jeux de lumière, ça n'a pas de sens !

-Vous êtes sûr que ça n'a pas de sens ?

-Comment ça docteur ?

-Eh bien, vous avez vu à quel point vous êtes troublé, Caroni ? Et pourtant vous figurez parmi les trois plus grands guerriers de la planète !

-Vous voulez dire... Vous voulez dire que ces tours de passe-passe auraient pu servir à nous impressionner ?

-Qu'en pensez-vous Caroni ?

-Eh bien... Oui, c'est vrai que j'étais un peu paralysé par la peur. Mais alors ces gens, pourquoi est-ce qu'ils jouaient dans le jeu de Cell ? Pour l'impressionner aussi ?

-Vous l'avez dit vous-même. Ils jouaient sans doute dans le jeu de Cell... Qu'est-ce qui vous dit que ce monstre barbare ne les avait pas recrutés pour vous donner l'illusion d'un combat d'une autre dimension ?

-Vous voulez dire que ces gens étaient peut-être de son côté ?

-Qui sait ? Il n'y a que vous pour savoir ce que vous avez vu, Caroni, moi je ne fais que vous écouter. Mais nous savons tous deux à quel point ce Cell était un grand illusionniste.

-Mais c'est vrai ! Je n'y avais pas pensé ! Mais bien sûr ! Tout ça n'était qu'un énorme tour de magie de mauvais goût alors ! Enfoiré de Cell ! Je me suis laissé berner par quelques explosifs ! Si ça se trouve, même ces gens n'existaient pas !

-Voyons... Vous croisez beaucoup de gens avec des cheveux dorés et lumineux dans les rues vous ? Ou des gens qui ressemblent au démon Piccolo ?

-Eeeeeeuh, non, jamais... Mais évidemment ! Ces gens n'étaient que des illusions ! Un tour de passe-passe de plus de la part de ce cinglé de Cell pour nous déstabiliser ! Et moi je me suis fait avoir ! Il n'y a que Mister Satan qui a su garder la tête froide ! J'ai tellement honte !

-Allons allons ! Caroni ! Vous êtes là pour vous relever de cette épreuve épouvantable, pas pour vous blâmer. Ce qui est fait est fait, et nous sommes tous sains et saufs. L'important pour vous à présent, c'est de vous relever plus fort. Quelles leçons retirez-vous de ces événements ?

-... Je ne me laisserai plus berner par des tours de passe-passe ridicules ! Et je ferai toujours confiance à Mister Satan en cas de doute !

-Voilà de bonnes résolutions. Et vous avez réussi à reprendre un quotidien plus serein ?

-Un peu. Je suis très peu retourné à la salle de sport, mais maintenant je sens que je vais être mieux capable de me concentrer... Oui, je peux le faire. Je vais reprendre mon rythme d'entraînement, non, je vais m'entraîner encore plus dur. qu'avant pour faire honneur à l'élite des disciples de Mister Satan !

-Excellent état d'esprit. Et à part le sport ?

-Eh bien... Je n'ai pas beaucoup osé sortir ces derniers temps... Je suis surtout resté chez moi à suivre les informations à la télé. Mais j'ai eu de nombreuses admiratrices qui sont venues jusque chez moi pour me témoigner leur soutien et m'offrir du réconfort. Vous savez, ça fait beaucoup de bien d'être considéré parmi les héros même si ce n'est pas moi qui ai porté le coup final à ce monstre.

-Eh bien c'est très bien. Continuez comme ça ! Fixez-vous des objectifs, restez connecté au monde et rencontrez de nouvelles personnes qui vous aideront à revaloriser l'image que vous avez de vous même. Vous n'êtes pas Mister Satan, Caroni, mais vous êtes son meilleur élève, et vous avez osé relever le défi d'aller affronter ce terroriste de Cell au péril de votre vie et pour sauver le monde. Que vous ayez réussi ou pas, vous êtes un héro. Et le meilleur moyen de vous en convaincre c'est de laisser les gens vous le dire et vous témoigner leur reconnaissance.

-Merci docteur. Vous avez raison, je vais essayer de sortir plus souvent. Aller à la rencontre des gens, peut-être même les aider, devenir plus influent et profiter de la vie...

-C'est très bien Caroni. Nous en avons fini pour aujourd'hui. Vous penserez bien à payer au secrétariat en partant ? »

ooooo

« Attention à ne pas se baser sur une idée fausse au départ, ou on risque de faire complètement fausse route sur les conclusions.

-Mais... » L'inspecteur de police s'essuya le front avant de s'appuyer à nouveau sur la table à laquelle il était assis avec deux de ses collègues. Ces derniers échangèrent entre eux un regard gêné, laissant leur responsable seul à débattre face aux trois agents de Capsule Corporation assis face à eux. Assise au milieu, fermement accoudée sur cette même table, la femme aux cheveux bleus et au regard assuré suscitait une certaine intimidation.

« Madame Briefs. Reprit bravement l'inspecteur. C'est vraiment déplacé de votre part de vouloir écarter la piste de la défaillance technique comme vous avez cherché à le faire depuis le début.

-Et c'est pourquoi nous n'avons pas écarté cette hypothèse inspecteur, nous l'avons étudiée de long en large. Ça fait bientôt un mois que l'incident a eu lieu et vous hésitez toujours à inspecter la piste de la malveillance. Mes équipes et moi-même commençons à trouver ça déplacé de votre part. »

Les deux techniciens assis de part et d'autre de Bulma échangèrent un regard. L'inspecteur fronça les sourcils et dévisagea fermement cette personne qui commettait l'affront de remettre en cause son professionnalisme. « Madame. Ce n'est pas à vous de nous dire comment travailler. Vous me dites qu'il est impossible qu'un incident ait pu survenir au niveau des machines situées dans la salle où a débuté l'incendie. Pourtant vous saviez que c'était un secteur à risque de votre usine.

-Oui. C'est pourquoi toutes les mesures de sécurité étaient prises. Quincé ici présent et responsable du site peut témoigner qu'elles étaient toutes en application. Tous nos enregistrements de surveillance et d'autocontrôle en témoignent.

-L'erreur est humaine madame. Vous ne pouvez pas être sûre à 100% qu'il n'est pas arrivé une défaillance inattendue sur votre matériel ! S'agaça l'inspecteur.

-Je peux en être sûre à partir du moment où mes équipes investiguent sur cette théorie depuis près d'un mois maintenant ! S'agaça à son tour la scientifique. Je vous l'affirme avec certitude, il n'y a pas eu de défaillance technique accidentelle !

-Et ce n'est pas à vous de tirer cette conclusion, madame ! Le document de deux cent pages que vous nous avez remis a été rédigé par vos services, ce n'est pas un rapport indépendant ! Et il est incompréhensible.

-Évidemment, personne d'autre que mes équipes ne sait travailler sur les unités capsulaires ! Si vous voulez un résumé, je peux vous le faire : si l'incendie avait eu une origine accidentelle, alors, parmi la totalité de nos appareils répertoriés, il y a une trentaine d'éléments qui étaient susceptibles de provoquer un incendie en cas de défaillance. Parmi eux, il n'y en a plus que trois à partir desquels l'incendie pouvait être trans-dimensionnel ou le devenir. C'est-à-dire avec des flammes violettes. Dont deux uniquement en cas de tremblement de terre ou raz-de-marée avec effondrement du bâtiment sans mise hors tension. Pour le troisième, si cette défaillance avait existé, elle aurait eu environ 87% de chances chaque jour de provoquer un incendie de ce type. Nous avons cinq usines équipées, ce qui nous fait, en prenant en compte leur date de mise en fonctionnement, une probabilité que ce genre d'accident ne soit encore jamais arrivé inférieure à 0,0000000000000001%, et c'est sans compter les unités prototypes. En clair, si ces machines avaient été dangereuses ou instables, mon père serait mort dans une explosion avait d'avoir eu le temps de commercialiser la première hop-pop capsule.

-Ça ne change rien que ce n'est pas à vous de tirer cette conclusion ! S'exclama l'un des acolytes de l'inspecteur. Forcément que les gestionnaires d'une entreprise cherchent à cacher qu'ils ont la responsabilité d'un accident !

-Et vous croyez qu'on s'est décarcassés à étudier votre piste en long et en large pour quoi alors ? Rétorqua le dénommé Quincé. Personne d'autre n'aurait pu le faire ! »

Il s'interrompit lorsque Bulma leva la main, les yeux fermés et l'air sévère : « Monsieur l'inspecteur. Je ne vous demande pas d'abandonner la piste de la défaillance si vos scientifiques pensent pouvoir faire mieux que nous. Cependant, vous voyez, en tant que gestionnaire de cette entreprise, nous ne nous considérons pas seulement comme responsables mais aussi comme victimes. Ce que je vous demande donc, c'est pourquoi vous n'avez pas étudié la piste d'un incendie d'origine criminelle ?

-Parce qu'elle ne tient pas la route madame.

-Et pourquoi donc ? Nous avons porté plainte en ce sens et à ce jour, on nous laisse complètement sans nouvelles. »

Les trois inspecteurs plissèrent les yeux en un long moment de silence où l'on entendit plus que le cliquetis de l'horloge au mur.

Puis d'un coup, l'homme de droite lâcha une expiration de mépris : « Les grandes entreprises comme vous ça se croit tout permis. On n'a pas de comptes à vous rendre.

-Oui, surenchérit celui de gauche. Et ne vous étonnez pas si on finit par prouver que vous avez juste cherché à tirer profit de la situation pour accroître votre réputation en vous faisant passer pour des victimes.

-Madame. Tempéra l'inspecteur. Que diriez-vous si vous saviez que nous étudions aussi la piste que cette salle très spécifique et hautement protégée, était en fait une salle pour des productions d'objets moins... conventionnels ?

-Je dirais que vous perdez votre temps. Répliqua la femme sans flancher.

-Complètement ! Approuva le technicien situé à la gauche de Bulma. Comment est-ce que vous voulez qu'une usine à hop-pop capsules fonctionne sans compresseur dimensionnel ? Et d'ailleurs, ça n'empêche pas qu'on a porté plainte !

-Quand est-ce que vous arriverez à nous dire qui a mis le feu dans notre usine, à la fin, au lieu de tourner en rond avec vos pistes complètement farfelues ? Surenchérit le second technicien. La reconstruction est complètement bloquée en attendant !

-Ne nous faites pas croire que c'est un problème d'argent ! Ironisa l'inspecteur de droite.

-Vous patienterez le temps qu'il faudra. Confirma l'inspecteur du milieu. Nous n'avons pas à vous livrer nos conclusions intermédiaires. Et quand on trouvera le pot aux roses, ne vous en faites pas on vous le dira. On le dira aux médias aussi... Vous êtes sûrs de vouloir ça ?

-Évidemment ! On n'attend que ça, de savoir la vérité ! »

La réponse unanime des trois représentants de Capsule Corporation n'était manifestement pas celle à laquelle s'attendaient les inspecteurs, car tous prirent une expression déçue. Puis l'inspecteur soupira : « Bon, tant pis, c'était votre dernière chance de retirer votre plainte discrètement. Je...

-Quoi ?! Mais pourquoi faire ?

-Cette réunion est terminée, je vous souhaite une bonne journée messieurs dames. »

En remontant le couloir qui les menait vers le hall du commissariat, Bulma et ses acolytes s'échangèrent des regards attristés. Puis Bulma soupira : « Bon, vos deux enregistrements sont valides ?

-Oui, le mien est en train de se télécharger vers le réseau. Confirma l'un.

-Pareil. Confirma l'autre. Mais quand même, je n'en reviens pas ! Les enquêteurs ne fonctionnent vraiment qu'avec des préjugés !

-Ceux-là, on dirait bien oui. Acquiesça Bulma. Espérons qu'ils mettront des gens compétents sur notre dossier quand on aura fait recaler ceux-là.

-Ils auront tous des préjugés...

-Là c'est toi qui as un préjugé, Quincé. Et peu importe s'ils en ont, tant qu'ils agissent en professionnels et qu'ils trouvent le coupable, c'est tout ce qu'on leur demande. Et puis ils ont sans doute de bonnes raisons de penser ce qu'ils pensent quand on voit ce qui se fait parfois ailleurs. On a besoin de pouvoir faire confiance à leur travail, pas d'être leurs amis. Au moins qu'ils nous regardent franchement, et pas de biais. »

ooooo

Les yeux dans les yeux. La main dans la main.

Ces gens qui vont par deux. Sans penser au lendemain.

Des enfants courent, crient, rient. Leurs parents les regardent. Et s'échangent des regards entre eux.

La complicité.

Et cet enfant qui revient. Il montre un objet à ses parents, et eux lui sourient, acquiescent.

Et l'enfant joyeux repart en courant et criant.

C'est donc ça, être une famille, pour les terriens ?

L'enfant s'est un peu éloigné, les parents échangent un regard, un sourire. Puis encore et à nouveau cet étrange bouche-à-bouche répugnant.

C'est donc ça, l'amour, pour les terriens ?

Une telle oisiveté ? Tant de naïveté, tant d'insouciance, et surtout un tel étalage de sentiments en plein public, sans pudeur, sans peur ?

Mais quel est donc l'intérêt ? Où est l'avantage évolutif à ce comportement si démonstratif ? Si vulnérant ? Quel peut bien être le but dans la vie de ces gens ? À part survivre et se reproduire, il ne semble pas y en avoir. Tous ces êtres sont pathétiquement insignifiants. Ils vivent, se reproduisent, et meurent sans avoir rien accompli d'intéressant dans leur vie, à part choisir un partenaire d'accouplement, lui faire du bouche-à-bouche et des enfants.

On a beau les observer, ils semblent tous faire pareil, quel que soit l'endroit sur Terre et la couleur de la peau. Les coutumes varient, l'amplitude du comportement démonstratif aussi, mais tout revient au même. Ces terriens sont-ils donc tous pareils ? Si insipides ?

« Excusez-moi monsieur... Vous attendez quelqu'un ? »

Une humaine. Maigre. Sans muscles. Parfumée à l'éthanol. Un sourire poli et de grands yeux interrogateurs. Aucune menace. Inintéressante.

« Non. » Répondit Végéta en reprenant son observation du parc et des enfants sur les structures de jeux. Il pensait pourtant être discret, adossé à cet arbre dans une zone éloignée des chemins. Peine perdue, il finissait toujours par y avoir un terrien pour venir tenter de lui faire la conversation. Principalement des femelles d'ailleurs.

« Oh. Vous surveillez un enfant peut-être ?

-Non.

-D'accord... Vous êtes juste ici pour profiter du calme alors ?

-Non.

-Olala ! Se mit-elle à rire nerveusement. Excusez-moi, je dois vous paraître bien indiscrète ! Je me demandais juste ce que vous faisiez depuis tout à l'heure...

-J'analyse. » Répondit platement le saiyan. D'ordinaire, à ce stade de la conversation, les éléments perturbateurs lui avaient en général déjà foutu la paix. Malheureusement, celle-ci semblait tenace :

« Oh, donc c'est pour ça que vous avez l'air si sérieux ! Vous faites de la météorologie ? De la sociologie ?

-Hmf... Grogna Végéta. Je me demande pourquoi les humains sont tous aussi ennuyeux.

-Oh... Sans doute parce que vous n'avez pas encore trouvé le bon interlocuteur, ou interlocutrice... Lui sourit l'humaine.

-C'est leur comportement que je ne comprends pas. Soupira Végéta, agacé de se faire rappeler une certaine autre interlocutrice. Ils ont tellement l'air de se satisfaire de vivre des vies aussi insignifiantes.

-Oulà ! Vous avez des pensées bien sombres dites donc !

-Je constate, c'est tout.

-Ah. Mais comment est-ce que vous pouvez tirer des conclusions pareilles sans connaître les gens ?

-Je n'ai certainement pas envie de les connaître. Répliqua Végéta toujours sans accorder un regard à cette perturbatrice.

-Vous n'avez pas besoin de tous les connaître, seulement les personnes qui peuvent vous apporter des réponses. Si vous voulez, j'ai un peu de temps pour... » L'humaine s'interrompit en balbutiant lorsque son interlocuteur tourna d'un coup les yeux vers elle. Le regard qu'elle avait trouvé sérieux et intrigant vu de loin était glacial et terrifiant maintenant qu'il se posait de près sur elle.

« Quelqu'un qui pourrait m'apporter des réponses ? » Répéta-t-il.

Soudain extrêmement mal à l'aise sous ce regard scrutateur, elle voulut retirer sa proposition, mais n'en eut pas le temps. L'homme grimaça et détourna à nouveau le regard : « Mouais. C'est vrai que je me demande bien pourquoi je me fais chier à rester ici. »

Et là, comme ça, sans un au revoir ni même prévenir, l'homme se repoussa de l'arbre auquel il était adossé, tourna les talons et s'éloigna à grands pas. Sur son passage, il renversa une bande de badauds occupés à jaser au dessus d'un magasine qui tomba par terre. Sur la première page, le portrait d'une femme aux cheveux bleus, celle qui faisait plusieurs fois la Une des journaux depuis maintenant deux mois, une hop-pop capsule à la main et un bébé sur l'autre bras.

Un peu sonnée par cette étrange discussion, la femme soupira et leva les yeux au ciel. Pourquoi les beaux hommes musclés étaient-ils toujours aussi inaccessibles ?

ooooo

« Bulma, ton rendez-vous est arrivé.

-Quoi, déjà ? Mais il est moins dix !

-Je sais bien, ma douce, tu veux que je dise à ce charmant jeune homme de patienter ? Je peux rester avec lui le temps que tu sois prête si tu veux. »

Bulma, assise par terre avec Trunks au milieu d'une montagne de jouets, prit le temps de tourner vers sa mère un regard dubitatif : « Un charmant jeune homme hein ?

-Oui, s'amusa celle-ci, enfin je veux dire, pas aussi charmant que Végéta, Goku ni même Yamcha, mais bien assez charmant pour que j'aie envie d'aller lui tenir compagnie dix minutes !

-Hum, je ne comprendrai jamais ce que tu leur trouves de charmant à ceux-là, mais si ça te convient, oui merci beaucoup si tu veux bien aller le faire patienter.

-Youpiiiii ! À tout à l'heure trésor ! »

À peine sa mère partie, Bulma soupira en se retournant vers son fils occupé à empiler des jouets les uns sur les autres en une structure à l'équilibre douteux : « Et voilà, ça va déjà être la fin de ma pause. Et moi qui avais gardé mon après-midi pour toi, voilà que je me retrouve avec deux rendez-vous soit-disant hyper-importants ! Pfff ! Je te jure, dès que j'ai reconstruit mon usine et coincé celui qui me l'a fait exploser, je t'emmène en vacances !

-Ooooh ! S'exclama le petit Trunks en tentant à grand peine d'empêcher sa structure de s'écrouler avec ses mains. Mamaaaa pa daboum !

-Hum. S'attendrit Bulma en tendant la main vers l'édifice de son fils, il va falloir que je t'apprenne à calculer les équilibres et rapports de forces, toi. » Ce faisant, elle s'empara délicatement de la petite voiture coincée entre un diable à ressort et un mini-robot chanteur, et la décala de quelques centimètres sur le côté. Puis elle fit de même avec le dinosaure en plastique placé plus haut. « Voilà, mon chou, ça va tenir. »

Retirant prudemment ses mains du dernier jouet posé, Trunks écarquilla les yeux en admirant son œuvre, presque plus haute que lui, tenir seule debout, et poussa un cri de joie en frappant des mains. Ce faisant il donna un coup de pied par erreur dans la base de l'édifice, qui chancela violemment avant de s'effondrer sur elle-même.

Désillusionné, l'enfant resta figé à contempler les ruines face à lui avant de commencer à pleurer. Bulma le prit dans ses bras pour le réconforter : « Allez, c'est pas grave ! Ne t'en fais pas mon cœur, je t'apprendrai aussi à consolider ce que tu crées pour que personne n'arrive à te les casser. Et crois-moi, j'en connais un rayon sur le sujet ! »

Elle eut comme une impression de froid d'avoir prononcé ces paroles. Comme un souvenir douloureux qui ressurgirait comme une vague dans un océan mort, avec un arrière-goût de métal, et un parfum de câbles électriques brûlés, mais sans image ni nom. Elle frissonna. « Allez ! On recommence ? Je suis sûre qu'on a encore le temps d'en construire une autre avant que je ne parte ! »

Mais trop tard, l'enfant était déconcentré. Il tentait de reconstruire son édifice en jetant en permanence des regards soudains vers la fenêtre. La structure s'effondra deux fois.

Bulma arriva donc dix minutes en retard à son rendez-vous, se présentant avec son enfant dans les bras pour le confier à sa mère occupée à faire la conversation au nouveau-venu. Elle les trouva sans surprise installés à la table du jardin intérieur devant une tasse de thé. Kiki le tyrannosaure arriva gaiement à sa rencontre et la jeune mère prit le temps de ramasser l'os que le dinosaure avait déposé à ses pieds pour le lancer au loin.

Puis elle avança en tendant la main vers l'étranger attablé avec sa mère. Il lui semblait avoir déjà vu ce visage angélique quelque part. « Bonjour, je suis Bulma Briefs.

-Enchanté, vraiment, c'est un plaisir de faire votre connaissance mademoiselle Briefs. » Répondit l'homme en tendant à son tour la main pour serrer celle de Bulma, y déposant ce une rose ce faisant.

« Merci... Et vous êtes ? » Demanda Bulma perplexe en contemplant la rose.

Ce fut au tour de son visiteur de prendre un air perplexe. Mais il se ressaisit rapidement et lui renvoya un sourire cordial dévoilant une rangée de dents impeccablement blanches : « Je suis Caroni, artiste martial, et un des meilleurs disciples de Mister Satan.

-Ah. S'intéressa poliment Bulma en déduisant qu'elle avait sans doute vu ce joli visage à la télévision parmi une bande d'heureux inconscients. Et que me vaut la visite d'un grand artiste martial comme vous ?

-Eh bien...

-Ava Aaa. Pou mwaaaaa ! » Interpella alors le petit enfant dans ses bras en tendant les mains pour s'emparer de la fleur. Constatant que celle-ci n'avait pas d'épines et reconnaissant la variété botanique, Bulma la lui donna. Aussitôt, le petit saiyan entreprit de mettre les pétales dans sa bouche et de les mastiquer en bavant.

« Euh maman, demanda Bulma, est-ce que...

-Oui, bien sûr trésor, je vais m'occuper de ce petit ange ! Tu viens avec moi Trunksounet ? »

En l'absence de protestation du petit baveur trop occupé à dépecer sa fleur, celui-ci fut transféré dans les bras de sa grand-mère qui les salua avant de partir.

Puis Bulma retourna son attention vers le visiteur qui avait observé la scène d'un air perplexe. Elle mettait toujours un point d'honneur à ne pas conserver les fleurs et autres présents colorés offerts par les importuns qui avaient franchement été trop nombreux à lui tourner autour depuis quelques mois. Satanés médias qui ne trouvaient rien d'autre à raconter sur sa géniale personne hormis le fait qu'elle soit mère célibataire et riche héritière ! Heureusement, aucun de ces nigauds n'avait encore eu l'audace de revenir une deuxième fois à la charge.

« Vous vouliez un rendez-vous pour me parler d'une affaire spéciale, c'est bien ça ?

-Oui, c'est bien ça. Se reprit le blond. Voyez-vous, je fréquente énormément la salle de sport en ce moment. Je ressens comme un cruel besoin d'améliorer mes performances au vu des récents événements. Un besoin de me sentir capable de protéger la Terre.

-Mhm...

-Et voilà, je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer que notre tapis de course le plus performant et difficile portait le logo de votre entreprise.

-Ah, ce tapis-là. » Approuva Bulma d'un air ennuyé. Elle avait inventé ce gadget plusieurs années auparavant suite à un pari avec Yamcha. Il avait mis deux semaines à dompter la complexité de toutes les fonctionnalités qu'il offrait alors qu'il avait parié sur moins de dix jours. Elle avait mis moins de deux jours pour concevoir et confectionner ce bidule. Un jeu d'enfant.

Elle avait oublié que suite à l'événement, une dizaine de modèles de ce tapis de course avaient été commercialisés. Principalement pour des parcs d'amusement en quête de défis impossibles à proposer à leur public. Le dojo de Mister Satan en avait donc un aussi ? Amusant...

« Oui. Je m'entraîne dessus comme un forcené, vous savez. Mais toutes ces fonctionnalités ! Un tel niveau de difficulté ! Vous avez un réel talent pour concevoir ce genre de machine mademoiselle !

-Je sais. Se flatta Bulma.

-Alors voilà. Je me demandais si vous accepteriez d'en concevoir d'autres pour moi. Un partenariat entre une brillante inventrice et le numéro deux des combattants sur Terre. Qu'en dites-vous ? »

Bulma se figea. Elle avait envie de lui éclater de rire au nez, mais un profond sentiment de mélancolie l'en empêchait, lui tordant quelque chose dans la gorge.

Elle prit donc le temps d'analyser les faits en contemplant le joli sourire que lui offrait son interlocuteur. Comment cet imbécile faisait-il pour se croire numéro deux alors qu'il s'était trouvé aux premières loges lors du combat contre Cell ?

Enfin bon. Elle savait bien que Gohan était plus heureux dans l'anonymat, elle devait donc jouer une autre carte : « Vous proposez une alliance aussi sérieuse à une personne que vous ne connaissez même pas ? S'étonna-t-elle sceptique.

-Oh, j'ai bien assez entendu parler de vous pour savoir que vous êtes la personne qu'il me faut !

-Ah oui ? Défia-t-elle. Alors d'après vous, je suis juste une brillante inventrice, ou bien je suis la numéro un ?

-Euh... Hésita-t-il. Je ne demande qu'à reconnaître votre talent si seulement j'en avais droit à un aperçu... Je parle de technologie bien sûr, quoique je ne doute pas que vous ayez bien d'autres talents...

-Évidemment. Claqua Bulma en grimaçant. Mais c'est bien ce qu'il me semblait, vous me proposez une alliance sans même me connaître. J'ai peur que la barre ne soit trop haute pour vous monsieur.

-Oh, vous me sous-estimez mademoiselle !

-Non, c'est vous qui me sous-estimez.

-Alors mettez-moi au défi ! »

Bulma soupira. Maudite conscience professionnelle ! : « Ce sera vite fait, suivez-moi. »

L'annexe à son laboratoire, dont les étagères croulaient sous les multiples gadgets qu'elle avait conçus pour Végéta était froide et sans vie. Tellement froide. Il y traînait comme un parfum de métal en fusion. Comme un goût de métal rouillé. Comme le souvenir d'une explosion et d'un torse musclé pour la protéger d'une bande de cambrioleurs mal intentionnés...

Bulma frissonna et jeta un coup d'œil vers la fenêtre, avec l'impression dérangeante d'être observée. Elle ne vit qu'un oiseau qui s'envolait brusquement. Il lui fallut bien se ressaisir.

Elle s'empara d'un droïde entassé au fond de la pièce sur un monticule d'objets devenus inutiles, et rejoignit son visiteur qui l'attendait dans le jardin. Elle le trouva adossé au mur près de la porte et lui désigna l'objet sans daigner lui renvoyer son sourire : « Ce droïde vous envoie une légère décharge électrique à chaque fois qu'il vous touche. Attention, il vous fonce dessus, ça peut cogner un peu fort. Il faut appuyer sur ce bouton rouge dans son dos pour le désactiver. La personne pour qui je l'avais conçu le désactivait au bout de dix secondes en moyenne. Vous pensez pouvoir rivaliser ?

-Évidemment !

-Bien. Soupira-t-elle. Dans ce cas... Vous êtes prêt ? »

Deux minutes et cinquante sept électrisations plus tard, Bulma, après s'être curé les ongles, appuya sur le bouton de désactivation télécommandé pour empêcher son droïde de s'acharner sur un homme à terre.

« Bien, monsieur Caroni, ce sera tout pour la démonstration.

-Mais... c'est impossible, comment peut-on battre cet engin ? Haleta se dernier en se relevant pantelant.

-La personne pour qui je l'avais conçu n'avait aucun mal. Fit remarquer Bulma en ramassant le robot et le lui tendant. Vous voyez, je ne suis pas seulement une brillante inventrice, je suis une numéro un. Tenez, vous pouvez garder ça en souvenir. Avec la télécommande.

-Euh... Merci... Hésita-t-il encore abasourdi. Merci beaucoup... Mais... Qui ? Qui vient s'entraîner ici ?

-Vous comprendrez que j'ai un secret professionnel à préserver pour mes clients ? Fit remarquer Bulma en tournant les talons vers la sortie du jardin pour signifier à son visiteur que le rendez-vous d'affaires était terminé.

-C'est Mister Satan, n'est-ce pas ? »

Bulma s'arrêta et fit face à l'homme qui boitait vers elle en croisant les bras. Elle prit bien soin de choisir ses mots : « Le jour où vous arriverez à battre mister Satan, je vous laisse lui poser la question de quel a été son secret pour vaincre Cell. »

Sa remarque n'eut pas l'effet escompté car Caroni lui renvoya immédiatement un sourire qui dévoilait largement ses dents blanches : « D'accord. Ce sera mon prochain objectif dans ce cas ! Et ensuite je reviendrai vous voir ! » Annonça-t-il fièrement en tendant triomphalement son droïde électriseur.

Bulma hésita, aussi il se pressa d'ajouter : « À moins que vous ne soyez motivée pour qu'on se revoie avant ? Vous êtes une femme absolument passionnante, je serais ravi de vous entendre parler de vous.

-Merci mais n...

-Ne vous en faites pas, je vois bien qu'une belle et célèbre dame comme vous ne fréquente que des numéro un, mais je saurai me montrer discret en attendant d'atteindre la première place...

-Non merci. Claqua-t-elle.

-Je pourrais peut-être vous inviter au restaurant, qu'en dites-vous ?

-Non. Merci. » Répéta-t-elle fermement, pressée de reconduire l'importun vers la sortie. Elle avait passé l'âge d'apprécier se faire draguer par n'importe quel garçon de passage, si beau et galant soit-il. Et puis elle avait toujours cette espèce de goût métallique dans la bouche et une envie pressante d'éloigner cet intrus de ses précieuses inventions.

Ils se saluèrent poliment devant l'entrée du jardin. Puis Caroni tenta de lui effleurer le bras en murmurant : « Je vous rappellerai plus tard pour vous reproposer un restaurant. Et si un jour la solitude vous pèse, vous avez mon numéro. »

Elle recula son bras comme si elle avait à son tour reçu cinquante-sept décharges électriques : « Non mais oh ! Faut que je vous le dise combien de fois ? J'ai dit non, c'est non, alors bas les pattes ! Et inutile de me recontacter. Je ne suis pas intéressée ! »

Le sourire désabusé que lui renvoya monsieur dents-blanches ne lui convint pas du tout, et encore moins sa réponse : « Allez, à bientôt belle demoiselle ! » Sur ce il lui tourna le dos en feignant de ne pas l'entendre crier d'aller se faire voir. Il jeta une rose par dessus son épaule avant de monter dans son véhicule.

Bulma pestait, toute sa bonne humeur évaporée, et s'en fut en tapant des pieds piétiner la fleur. Elle était même en train de sauter à pieds joints dessus lorsqu'elle aperçut une nouvelle personne se diriger vers elle avec intention.

Merde c'est vrai... Elle avait un second rendez-vous aujourd'hui.

« Bonjour, se présenta la femme à la peau mate et aux cheveux noirs généreusement bouclés. Mon nom est Ber. Novam Ber.

-Bonjour. Lui répondit Bulma en croisant les bras au lieu de serrer sa main tendue. Je suis Bulma Briefs. Et allons droit au but : je suis de mauvaise humeur et j'ai juste envie de retourner voir mon fils donc j'espère que vous saurez être concise.

-D'accord. Répondit jovialement son interlocutrice. Allons droit au but donc. Je suis reporter et je cherche un scoop. »

L'humeur de Bulma passa de la hargne à une colère froide.

« Je crois que mon entreprise et moi avons déjà suffisamment fait les frais des scoops de tous les médias de la planète récemment. Fit-elle remarquer.

-Je sais. Mais c'est peut-être parce que vous n'avez pas encore cherché à retourner la situation à votre profit.

-Et comment vous voulez que je fasse confiance à l'auteure d'un scoop qui critique la solidité de mon bouclier énergétique et sur la stabilité de nos hop-pop capsules ? »

Cette fois, son interlocutrice perdit son sourire jovial pour hausser les sourcils.

« Quoi ? Fit remarquer Bulma en faisant signe à la femme de la suivre dans l'allée qui menait à sa maison. Moi aussi je me renseigne sur les personnes qui me demandent rendez-vous !

-Oh. Et vous acceptez quand même de me recevoir ?

-Uniquement parce que vous prétendez que c'est Maï qui vous envoie.

-Ah donc vous connaissez vraiment Maï ? Et moi qui croyais qu'elle me disait ça pour se vanter.

-Si Maï se vantait d'être mon amie, commenta froidement Bulma en ouvrant la porte et pénétrant dans le jardin intérieur, elle ne le resterait pas longtemps, et en ce moment elle se ferait pas mal harceler par des rapaces de journalistes. C'est une personne qui sait prendre du recul pour analyser les choses, et cherche toujours à discerner le vrai du faux, et elle a mon respect pour ça. Maintenant, ce qui m'intrigue, c'est pourquoi elle m'envoie une journaliste qui a cassé du sucre sur le dos de ma société.

-Eh bien en fait je vais souvent la voir pour dénicher des documents très spécifiques, c'est une documentaliste hors-pair. Mais là, elle a refusé de me fournir les informations que je recherchais sur Capsule Corporation, et m'a convaincu que je tenais un scoop bien plus gros si je recherchais les raisons de ce qui a bien pu déclencher l'explosion.

-Ah. Je crois que je ne veux pas savoir sur quoi vous enquêtiez si même Maï vous a refusé des documents.

-Non, assurément pas. Sauf si vous avez peur de ce que je pourrais découvrir en creusant le sujet de l'origine de l'incendie ?

-Absolument pas. En fait, ça m'arrangerait si quelqu'un essayait enfin de faire avancer cette enquête. Je ne peux pas embaucher de détective privé sans me faire accuser de vouloir fausser l'enquête, mais la police refuse toujours de creuser la piste criminelle. Nous avons dû porter plainte pour demander à remplacer les personnes en charge du dossier.

-Ah bon ? C'est louche ce que vous me dites là !

-Je sais. Je n'ai pas à me justifier alors que c'est ma société qui est victime d'une injustice. Mais si vous voulez je vous montrerai la vidéo en caméra cachée de notre dernière conversation avec les chargés d'enquête, et vous comprendrez pourquoi on a été obligés de porter plainte.

-D'accord. Voilà qui est intéressant !

-Si vous fréquentez Maï, j'ose espérer que vous savez utiliser une information qu'on vous donne sans la tordre dans tous les sens pour lui faire dire n'importe quoi. Mais vu vos deux précédents articles à notre sujet, j'en doute.

-Non, je fais toujours attention à ne pas tordre mes données, par contre je me permets de creuser absolument toutes les hypothèses possibles, même les plus folles, tant qu'aucune information ne me contredit. Je n'ai pas confiance en une millionnaire qui a grandi dans le luxe et qui est devenue la femme à marier numéro un sur Terre, et vous avez raison de vous méfier de moi parce que j'aime et j'ai le pouvoir de pourrir les gens pourris.

Bulma haussa les sourcils et croisa les bras, absolument pas impressionnée, juste agacée.

La journaliste poursuivit : « Mais voilà. Maï m'a proposé de creuser la question : et si Capsule Corp était vraiment victime de vandalisme ?

-Bon. Puisque nous sommes d'accord sur notre relation de non-confiance, je suis d'accord que vous pourriez être une ressource intéressante pour enquêter sur ce qui s'est passé dans mon usine qui A été vandalisée. Je n'ai rien de compromettant à cacher. Je pourrais vous transmettre tous nos enregistrements de télésurveillance et registres d'entrées et sorties, mais je ne vois pas pourquoi vous me feriez confiance avec ces données.

-Je ne vous ferai pas confiance, mais j'irai recroiser les informations ailleurs. On apprend beaucoup de choses en parlant avec tout le monde vous savez. Et je sais bien faire parler les gens. Je sais repérer les incohérences, si vous me fournissez des informations falsifiées, je finirai par le savoir.

-D'accord. Votre démarche m'intéresse. Je veux bien vous donner les informations à ma disposition à condition que vous me teniez au courant de votre avancée.

-Pourquoi ? Vous cherchez à pouvoir me faire taire si jamais je trouve quelque chose de compromettant ?

-Pfffff ! Vous ne trouverez rien de compromettant du côté des dirigeants ni des productions de Capsule Corp' ! Mais si vous trouvez que mon personnel a été gangrainé, j'aimerais bien le savoir avant qu'on ne me fasse exploser une autre usine !

-Hm... Admit la journaliste. Ça se tient. Mais j'espère vraiment que le jeu en vaut la chandelle. Cette enquête va me demander un travail de fourmi. Ce serait tellement plus facile pour moi de faire mon article sur les objets fabriqués par votre père et vous qui n'ont jamais été commercialisés sur le marché pour des raisons louches. Je n'aurais aucun mal à glisser l'hypothèse que vous fournissez du matériel à une quelconque mafia, pour que derrière vous puissiez mieux vendre vos capsules et robots.

-Pffff ! Oui c'est toujours plus facile d'inventer des conneries que de creuser pour démêler le vrai du faux ! S'agaça Bulma. OK, vous voulez jouer à la mafia ? Et si je vous donnais une invention jamais commercialisée qui vous permettrait de mieux faire un travail de journaliste et pas de bonimenteuse ? »

Sans attendre, elle retira ses boucles d'oreille et les posa sur la table.

Son interlocutrice observa les objets brillants avant de lui renvoyer un regard suspicieux : « Vous ne pensez quand même pas m'acheter avec des bijoux ?

-Non bien sûr. S'agaça Bulma en fouillant dans sa poche. Ce sont des caméras 360 degrés. Et voici... la base pour transférer les données sur ordinateur.

-Quoi ? Ça ? Mais c'est si petit !

-Bienvenue chez les inventeurs de Capsule Corporation. » Ironisa Bulma en croisant les bras.

La femme hésita, puis tendit la main et saisit l'une des boucles d'oreille pour la contempler de plus près. « Comment ça fonctionne ? Ce sont des boutons de commande ces petits picots ?

-Oui. Répondit Bulma. Celui-ci est le bouton de marche/arrêt du film.

-Et celui-là ?

-Changement de couleur de la boucle d'oreille. »

La brune haussa un sourcil en dévisageant la scientifique d'un air sceptique, puis tenta prudemment de tourner la minuscule molette habilement camouflée dans la forme de la boucle d'oreille. Celle-ci vira du jaune au vert, puis au bleu.

« Ça fait louche de se promener toujours avec les mêmes boucles d'oreille. Expliqua Bulma. Et puis il faut bien assortir les couleurs avec nos vêtements. »

La journaliste resta longuement pensive, manifestement impressionnée. Puis elle fronça les sourcils et demanda : « Et vous n'avez pas peur que je parte avec ? Vous ne pourriez rien faire pour les réclamer sans qu'on croie que vous avez voulu m'acheter.

-C'est vrai. Mais vous vous rendrez vite compte que je ne vous ai pas donné le chargeur. Vous ne pourriez rien faire pour le réclamer sans qu'on croie que vous vous êtes laissé acheter.

-Oh. Bien vu. Approuva la brune.

-Merci. Répondit platement l'inventrice.

-Mais pourquoi vous me donnez ça ? S'enquit-elle.

-Parce que si Maï vous envoie, c'est que vous avez une chance de trouver par qui mon usine a été sabotée. Ça peut vous aider. » Lui répondit Bulma d'un air sérieux.

Novam Ber leva les yeux et les deux femmes se jaugèrent longuement du regard.

Puis elle redressa la tête avec sérieux : « Maï avait peut-être raison tout compte fait... Soit vous mentez très bien, et dans ce cas je me ferai une joie de vous pourrir preuve à l'appui, soit je tiens bel et bien un scoop sur un sabotage.

-Tout compte fait, nous avons peut-être une chance de bien nous entendre. » Conclut l'inventrice en lui offrant de s'asseoir.

Elle remarqua que le goût métallique qu'elle avait eu toute la journée en bouche s'était enfin dissipé. Du stress sans doute.

ooooo

« Ouais, non franchement, ça valait le déplacement. ... Ouais... Non elle est vraiment aussi canon que sur les photos. ... Si si je crois que c'est vraiment elle qui a inventé cette machine, au moins elle sait comment ça marche. Elle en a d'autres comme ça. ... Mais non t'inquiète, rien d'insurmontable pour moi ! Je suis le numéro deux quand même ! Elle a essayé de m'intimider pour tester ma motivation, mais j'ai bien vu qu'elle était contente que je m'intéresse à ses gadgets. ... Ouais... Non elle se la joue difficile... Bah oui ! Forcément c'est qu'il y en a du monde qui doit lui tourner autour ! Mais j'ai bien vu que derrière son air froid elle me dévorait des yeux, c'est clair ! Je lui laisse une semaine pour me rappeler, et sinon je ferai un passage impromptu dans un des parcs où elle va promener son gosse... Mais si ! Elle essaye juste de se faire désirer, je sais comment sont les femmes dans son genre ! Ça se voit qu'elle est déjà dingue de moi, elles le sont toutes ! Et je m'y connais en femmes, je suis le numér... »

BAM !

La voiture s'arrêta subitement.

« Caroni ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Caroni ? » Appela le téléphone qui venait de passer au travers du pare-brise sans subir de dégât (technologie Capsule Corp' obligeant).

Un peu sonné, l'interpellé suspendu à sa ceinture de sécurité leva la tête. Il lui fallut plusieurs secondes pour identifier la forme de l'obstacle au milieu de la route qu'il venait de heurter de plein fouet. Une forme humaine dont le visage, à peine visible sous la lumière des réverbères, lui envoyait un regard froid et menaçant.

Il crut se vider de son oxygène et se congeler sur place. C'était un cauchemar. Un putain de cauchemar. Ce n'était pas possible autrement. Un cauchemar. Ce type n'était qu'une illusion créée par Cell. Cette coiffure en flamme. Cette posture impassible. Il se souvenait. C'était un cauchemar.

Sa voiture était venue s'encastrer de plein fouet sur un cauchemar.

Et bordel, pour une illusion, ça secouait !

L'homme apparu de nulle part, qui semblait ne pas avoir bronché lors de l'impact, le dévisageait sombrement au travers du pare-brise en miettes, à peine à un mètre de lui, à l'emplacement où aurait dû se trouver le moteur du véhicule.

Panique.

Calme-toi calme-toi calme-toi.

Respire.

Affronte tes peurs.

« Non mais vous êtes malade ? » S'exclama Caroni en rassemblant tout son courage pour bomber le torse en détachant se ceinture de sécurité.

L'intrus ne broncha pas. Il le dévisageait bras croisés, d'un air impassible. Cela donna au blond le courage qui lui manquait et il sortit de son véhicule pour confronter le trouble-fête.

« Qu'est-ce que vous foutez en plein milieu de la route ? Vous avez vu l'état de ma voiture ? C'est quoi ce tour de passe-passe ? Ça ne prend pas sur moi ! »

Ce fut tout ce qu'il eut le temps de dire.

L'homme était à plus de deux mètres de lui, pourtant, l'instant d'après, une main à la poigne de fer était nouée autour de la gorge de Caroni. Celui qui se croyait numéro deux de la Terre eut tout juste le temps de décocher un coup de pied à son agresseur, tandis que ses mains portées par un réflexe de survie futile, tentaient de défaire la prise sur sa gorge au lieu d'attaquer elles aussi. Lorsque son adversaire bloqua le coup avec sa seconde main, il lui sembla avoir frappé dans un mur et s'être brisé les orteils. Ses mains ne lui étaient d'aucun secours contre cette poigne d'acier.

L'homme le laissa se débattre durant trois secondes interminables, puis il approcha son visage du sien. Le regard impitoyable qu'il lui offrait alors acheva de lui glacer le sang. C'était trop réaliste pour une illusion. Était-ce vrai ? Était-ce faux ?

« C'est pas possible... » Murmura-t-il avec le mince filet d'air qui lui était donné pour respirer.

C'est alors que le cauchemar se mit à parler d'une voix d'un calme glaçant : « Tu n'iras plus jamais importuner Bulma. Si elle ne te recontacte pas, déduis-en que non, ça veut dire non. Ça au moins c'est une information fiable, même pour un crétin comme toi. »

Il va me tuer. Songea Caroni avec effroi, avant de se retrouver soudainement étalé par terre, enfin libre de tousser et se rouler en boule en quête de sa respiration. Le bitume avait une texture douce et profondément rassurante sous sa joue.

Depuis le sol, il observa l'inconnu retourner vers sa luxueuse voiture dont le capot fumant était complètement enfoncé. Il contourna le véhicule, se pencha et... le souleva d'une seule main.

C'était un putain de cauchemar.

Calmement, l'homme transporta la voiture face au lampadaire le plus proche dans lequel il donna un coup de pied qui semblait aussi léger que s'il avait voulu essuyer sa semelle, mais qui fit plier la structure métallique comme si elle avait été faite de beurre. Puis il laissa tomber la voiture en face, positionnant le lampadaire dans l'indentation creusée dans le capot lors de l'accident.

Puis de nouveau, le regard impitoyable se fixa sur Caroni qui souhaita être une feuille morte ou même une crotte sur le trottoir, pourvu qu'on l'oublie.

« Invente et raconte ce que tu veux, mais je ne veux plus jamais entendre parler de toi, c'est clair ? »

Caroni ne répondit pas. Feuille morte feuille morte feuille morte...

« C'est clair ? Répéta l'inconnu en haussant le ton.

-Oui. Répondit Caroni d'une toute petite voix.

-Tant mieux. » Conclut l'inconnu.

Le temps sembla se figer tandis qu'à nouveau trois secondes interminables s'écoulèrent sous le regard appuyé du cauchemar. Puis celui-ci esquissa un mouvement qui semblait une préparation d'attaque, et Caroni se roula en boule sur le sol, terrorisé. Un puissant coup de vent le fit rouler sur lui-même, puis plus rien. Quand Caroni osa enfin rouvrir un œil, l'inconnu avait disparu.

« Caroni ? Caroni est-ce que tu vas bien ? » Appelait désespérément son téléphone à une vingtaine de mètres de là.

En se relevant sur ses jambes tremblantes, il réalisa que ce qui venait de se passer avait probablement duré moins de deux minutes.

« Allô ? ... Oui ça va… Je... Je viens de heurter un lampadaire... »

Personne ne croirait autre chose de toutes manières. Il avait soudain une profonde envie de plaquer sur-le-champ sa carrière de combattant prestigieux et sa renommée pour aller apprendre à fabriquer des chaises en bois dans un tout petit village si pourri qu'il n'aurait pas de nom.

ooooo

À plusieurs kilomètres de là, Bulma berçait tendrement son bébé qui s'était réveillé en pleurs.

« Heureusement que tu es là toi. Murmura-t-elle entre deux berceuses. Si tu savais comme ma vie est chiante en ce moment... »

Une fois son bébé rendormi, elle tenta de retourner un temps à son laboratoire pour terminer quelques calculs sur son ordinateur. Mais en arrivant dans la pièce, le regard de Bulma tomba par hasard sur un petit écran abandonné sur un coin de son bureau. Celui-ci indiquait des niveaux de carburant et le diagnostic d'état d'un appareil construit par Capsule Corp. Les coordonnées spatiales qui s'affichaient étaient celles de la planète Terre. Poussant un soupir exaspéré, Bulma fit volte-face et sortit de son laboratoire en laissant tout en plan et claquant la porte derrière elle. Là, seule au milieu de son jardin plongé dans l'obscurité nocturne, elle cria en direction des étoiles. « Merde à la fin ! C'est chiant les hommes ! Soit ça ne réfléchit pas, soit ça réfléchit trop ! Sérieusement ! Allez ! Décide-toi ! Tu te casses ou tu reviens ? La Terre entière est au courant que je suis le meilleur parti de la planète, et toi qui me connais mieux que quiconque, tu n'as pas encore pas compris ça ? Bordel ! C'est pourtant pas difficile de voir que je suis la fille la plus géniale de l'Univers ! »

Marchant à grands pas en direction de la maison, elle repéra une ombre qui se déplaçait précipitamment dans sa direction au travers du jardin.

Bulma soupira et se pencha pour le prendre dans ses bras. « C'est vrai quoi ! Je suis la fille la plus géniale de l'Univers. Toi au moins tu l'as compris.

-Ronronron. » Acquiesça Grigri le chat.

ooooo