[note de l'auteure] Bonjour bonjour ! Je constate avec soulagement que cette fois-ci je n'ai pas mis un an avant de poster le chapitre suivant ! Ceci dit, en plus de la difficulté à trouver du temps pour écrire (bon ça c'est devenu normal), là j'ai l'impression de m'être ajouté une difficulté supplémentaire avec un choix narratif qui était loin d'être le plus facile à rédiger (en choisissant d'être dans la tête de quelqu'un d'autre par exemple). J'ai l'impression d'avoir joué au funambule, c'était intéressant (c'est pour ça que j'avais envie d'essayer), mais bien galère. Bref, vous me direz si ça en valait la peine ou pas…
Juste comme ça, je re-rappelle que cette fic est notée M pour contenu mature, parce qu'il pourrait y avoir un nouveau type de contenu susceptible de surprendre. J'espère donc que ça ne choquera pas certaines personnes qui pourraient être anti-allaitement ou pas spécialement informées sur le sujet. Si ça vous a dérangé.e, je vous laisse me le signaler en commentaire, mais ne comptez pas sur moi pour priver prochainement Bulma de cette relation magique avec son enfant. Voilà.
Et surtout… mille mercis pour l'avalanche de commentaires que vous m'avez offerte pour le précédent chapitre ! Je n'en reviens pas que vous ayez été si nombreux.ses à revenir me lire un an plus tard ! Et merci tout particulier à celleseux d'entre vous qui ont encore pris la peine de m'envoyer des encouragements tout du long. Ça me touche beaucoup !
Merci aussi pour les idées que vous m'avez envoyées pour ce qui pourrait se passer pour la suite ! J'en ai noté quelques unes bien précieusement !
Bonne lecture et belle fin d'été à .s ! Au plaisir !
…
[Disclaimer] Alors j'ai pas mal de citations piquées à d'autres auteurs dans ce chapitre :
Déjà trois chansons :
- Le géant de papier, de Jean-Jacques Laffont (désolé, j'ai triché un mot pour mieux coller à l'histoire)
- Je m'attendais pas à toi, de Patrick Bruel (soooo cliché)
- Celle que j'aime, chanson traditionnelle
Et puis un paragraphe (pas en entier) tiré d'un livre : « Massages secrets pour les amants », du Dr Andrew Stanway. Si certain.e.s d'entre vous connaissent ce livre, le massage du chapitre « Override » vous aura peut-être semblé familier.
Voilà j'ai fini !
Qu'est-ce que ça veut dire ?
La bouche et la langue : la plupart des gens aiment embrasser et embrassés, mais peu nombreux sont ceux qui font quelque chose pour dynamiser le potentiel érotique de la bouche et de la langue en dehors du moment où ils embrassent. Ils mettront volontiers leurs parties génitales dans la bouche de l'autre, mais pas les doigts ! Bien sûr, la notion de massage de la bouche et de la langue peut être complètement inconnue, mais souvent, il y a des associations anciennes, plus primitives. Pour certaines personnes, cette pratique est si intime qu'elles trouvent cela insupportable. Pour elles, cela peut évoquer de vieux souvenirs, ensevelis jusqu'à présent, d'expériences malheureuses de l'enfance, où elles étaient nourries -ou non nourries.
OOOOO
« Eh ben ! Si j'avais su que c'était aussi efficace… » Souffla Végéta, la bouche encore tout contre celle de Bulma.
Il avait réussi. Il avait osé. Ce n'était pas si dur finalement. Il fallait le faire. C'était la seule façon qu'il avait trouvée de se substituer décemment aux excuses dont elle avait besoin en essayant de lui faire savoir ce qu'il ne savait pas dire. Et la sensation était bien plus prenante qu'il n'avait pu l'imaginer. Il s'était attendu à du dégoût, mais passée la première seconde, il n'en était déjà plus rien, et il se retrouvait surpris par cette sensation presque électrique qui traversait ses lèvres. Par ce simple contact, il l'avait sentie tressaillir, puis hésiter, et d'un coup s'abandonner. Par la gorge délicate qu'il tenait toujours enserrée dans sa paume, Végéta avait senti le pouls qui s'accélérait. Il avait senti la profonde expiration chaude contre sa joue, c'est ce qui lui avait fait ouvrir des yeux qu'il n'avait pas eu conscience d'avoir fermés. Bulma le dévisageait, ses yeux mi-clos bouillonnant de mille question.
Mais lui aussi, il avait des question. Il n'avait eu de cesse depuis des mois d'en chercher vainement les réponses. Il était lasse de débattre avec lui-même. Ce soir, son instinct avait été le seul à lui fournir une piste de ce à quoi il aspirait, et il était déterminé à la suivre. Il avait donc besoin de réponses et n'avait nulle intention de se défiler ni d'attendre davantage :
« Tu m'aimes. » Murmura-t-il. Pas vraiment une question, mais une hésitation dans le constat. Il avait besoin de savoir de quoi il en retournait au juste.
En face de lui, les grands yeux bleus papillonnèrent. Tant d'émotions défilaient dans ce regard d'océan qu'il n'y comprenait rien. Ça avait toujours été comme ça. Trop d'émotions incompréhensibles, mais si fièrement assumées que les contempler avait quelque chose d'aussi fascinant que le reflet d'une pleine lune sur des vagues.
Perplexe. Agacée. Méfiante.
Première seconde. Elle détourna le regard pour fixer un point sur le côté.
Non ! Elle n'avait pas le droit ! Il avait besoin de savoir ! Il avait besoin de comprendre ! Maintenant !
Deuxième seconde. Délaissant sa gorge, il lui saisit le menton le plus délicatement possible pour l'obliger à le regarder à nouveau dans les yeux. « Dis-moi. » Lui enjoignit-il.
Troisième seconde. Elle le fixa.
Alors il la vit. L'étincelle.
Elle fronça les sourcils et dressa l'échine. Fière. Manifestement, elle aussi avait lu dans ses yeux. Il s'était sans doute trahi : l'incertitude. Il en était rongé. Il avait besoin qu'elle lui réponde. Il avait besoin d'elle.
« Oui. » Répondit-elle d'une voix posée, le regard franc malgré ses lèvres qui tremblaient légèrement.
Il la fixa longuement, concentré, tentant de ne pas rester fasciné par cette vue pour choisir ses mots avec soin : « Pourquoi ? Et pourquoi tu me dis ça ? Tu as bien conscience que c'est un concept inconnu pour moi ? »
Elle sourit cette fois, d'un air amusé. Le visage au bout des doigts de Végéta s'inclina insensiblement vers lui : « Si j'en juge par la violence de tes réactions avec la notion d'amour depuis les premières fois qu'on s'est parlé, moi je crois au contraire que tu sais très bien ce que c'est... Tu as juste peur de ce que ça implique. »
Végéta la lâcha et recula d'un pas pour croiser les bras. Pourquoi fallait-il qu'elle soit toujours aussi insupportable ? Ça ne lui avait pas manqué, ça ! « Absolument pas. » Lâcha-t-il de but en blanc.
En face de lui, Bulma soupira et croisa les bras à son tour, sans répondre ni cesser de le dévisager fixement.
Il se sentit soudain ridicule et obligé de tenter une justification. Il soupira à son tour : « Dans ma culture, c'est un sentiment qu'on méprise. Un bon guerrier ne ressent que l'euphorie du combat, éventuellement la colère, le reste ce sont autant de points faibles que des ennemis peuvent exploiter.
-Pour un peuple qui se prétendait libre et supérieur, vous étiez quand même vachement endoctrinés contre votre nature, tu ne trouves pas ?
-On avait nos raisons. » Claqua Végéta, tentant de revenir au sujet qui lui brûlait les lèvres autant que leur baiser un instant plus tôt. Il soupira et décrocha brièvement son regard : « Écoute, le fait est que j'ignore tout de ce sentiment sinon qu'il s'agit d'un terrible aveu de faiblesse. Tu me l'as dit toi-même : ce sont des choses qui ne se disent pas à la légère. Alors dis-moi : pourquoi tu m'as dit ça ? Dans quel but ? Qu'est-ce que tu attends de moi en échange ? »
Elle le fixa longuement. Il avait du mal à déchiffrer ce qui se calculait derrière ce bleu d'azur scintillant, mais c'était clairement intense. Pourquoi se sentait-il nerveux ? C'était elle par son aveu qui devait se sentir à découvert et vulnérable. Pourtant elle dressait à présent la tête et le fixait avec honnêteté, et c'était lui qui se sentait à nu, en quête de réponses.
« Tu me donneras ce que tu voudras, Végéta. Répondit-elle enfin. Je ne te demande rien de plus qu'un peu de respect, comme depuis toujours. Pour moi, aimer, c'est donner sans attendre en retour. Je souffre de ton absence et je suis heureuse si je peux te rendre heureux. Tout dépend de si tu veux bien de moi ou pas. »
Il la contempla un long moment, hésitant et sévère à la fois. Tout ça n'avait pas le moindre putain de sens, mais avec elle, ça sonnait presque comme un concept simple. Elle parlait de souffrance et de bonheur avec la facilité déconcertante de ceux qui n'ont jamais subi l'asservissement ni le chantage. Autrefois il aurait trouvé cela méprisable. À présent il se sentait presque (presque) reconnaissant pour sa franchise.
« Ceci dit. Reprit-elle en pinçant les lèvres et détournant à son tour le regard de côté. En te disant ça, je suppose que... que j'espérais te donner envie de rester auprès de moi... Sans lien, sans contrainte, sans changer... Juste rester quelques temps. »
Évidemment, elle le connaissait trop bien pour lui dire tout ce qu'elle espérait pouvoir vivre avec lui. Évidemment, il la connaissait trop bien pour ne pas soupçonner les non-dits. Peu importait.
« Mais au lieu de ça, tu es parti. » Termina-t-elle en soupirant.
Végéta cilla, détestant cette sensation pesante qui venait d'apparaître au niveau de son estomac comme s'il venait d'avaler une pierre. Ne trouvant rien à répondre et n'ayant nulle intention de se justifier davantage, il expira bruyamment par le nez et détourna à son tour le regard vers l'armoire à côté d'eux, qui n'avait pourtant rien d'intéressant.
Une, deux, trois secondes.
« Alors dis-moi. » Reprit la voix de Bulma.
Il releva la tête. Voilà qu'elle avait à nouveau dressé l'échine et lui envoyait un regard déterminé derrière des sourcils froncés : « Puisque tu es revenu, est-ce que cette fois tu comptes rester ? Ou est-ce que je me fais juste du mal à espérer pour rien ?
-Ça dépend... » Répondit prudemment Végéta en ayant l'impression d'essayer de défaire un nœud dans un fil d'araignée. Mal à l'aise avec toute cette sentimentalité qu'elle lui présentait, il croisa plus fort ses bras contre son torse et opta pour la provocation : « Écoute, je ne sais pas quelle durée tu espères et je ne te ferai pas de promesse, mais disons que... pour le moment, j'ai comme l'impression que tu n'arrives pas vraiment à te défendre toute seule et que ton rejeton est bien parti pour devenir un mollasson pire que celui qui nous est venu du futur, ce qui est dommage... D'un autre côté, la bouffe ici est bonne et ta maison est décemment confortable, alors s'il y a assez d'action avec toi pour ne pas m'ennuyer... oui... je pense rester pour le moment. »
Il tenta de lui offrir son habituel rictus moqueur, espérant l'agacer. Mais en retour, elle lui offrit un sourire doux en papillonnant des cils d'un air malicieux. Merde ! Ça ne marchait pas. Avait-il donc perdu la main à ce point ou était-ce elle qui lisait à travers les lignes ? Elle était si belle à lui sourire comme ça... Voilà qu'il avait l'impression d'avoir toute la trachée qui se tortillait. Ce n'était pas spécialement désagréable mais il ne comprenait pas d'où sortaient toutes ces réactions physiologiques si bizarres qu'elle seule savait provoquer. En fait, c'était probablement ce qu'il y avait de plus difficile pour lui quand il affrontait Bulma... c'était de s'affronter lui-même.
Elle inclina lentement la tête vers lui et ses sens se mirent en alerte, lui permettant de regagner son focus. Il détourna brièvement le regard : « Par contre... »
Elle interrompit son mouvement pour le dévisager, attendant la suite de la question.
« Est-ce que ça veut dire... » Tenta-t-il en cherchant ses mots. Il serra les poings contre ses avant-bras, fronça les sourcils et planta encore plus profond son regard sévère dans le sien, refusant de perdre sa chance d'avoir la réponse qui lui manquait : « Si je reste. Toi qui me dis que tu es prête à ne rien attendre en retour de ma part. Toi qui es venue me chercher sur le bord de cette falaise après la défaite de Cell. Est-ce que tu seras là à nouveau si.. disons… si jamais je… Imaginons. Je n'ai jamais besoin de rien ni de personne, mais...
« Oh, bon sang ! » Soupira Bulma. Et l'empêchant de s'embourber plus avant dans sa phrase, elle enveloppa ses bras autour de son cou et planta un profond baiser sur ses lèvres.
...
Un peu surpris, il recula légèrement la tête pour la fixer à nouveau, mais les yeux bleus étaient mi-clos, et ce fut comme si elle s'adressait à ses lèvres lorsqu'elle murmura : « Oui, Végeta, je serai là pour toi n'importe où n'importe quand si tu as besoin de moi.
-Je n'ai pas besoin de toi, marmonna-t-il sans conviction tandis que ses mains s'étaient posées sur sa taille à elle par réflexe. C'est juste que... Ça m'arrange bien... »
Elle se mit à rire et planta un nouveau baiser sur ses lèvres avant d'ouvrir à nouveau les yeux et le fixer, à deux centimètres de distance, avec douceur et confiance : « Moi aussi je t'aime, Végéta.
-Quoi ? Non mais tu ne comprends pas ! Je n'ai jamais dit qummmm. Mais arrête enfin ! Je ne... Mmmm... Arrête ça !
-Je n'attends pas non plus de toi que tu le dises. Clarifia Bulma avant de tenter à nouveau de lui voler un baiser. Mais tu ferais mieux de prendre ce que j'ai à te donner sans rechigner parce que tu sais très bien que c'est ce que tu cherches, sans avoir à le demander. »
Une seconde. Il la regarde. Ses grands yeux bleus brillent d'une nouvelle lueur.
Deux secondes. Il la regarde. Elle sourit. Sa bouche voluptueuse est entrouverte.
Trois secondes. Il ferme les yeux.
Échec et mat.
OOOOO
Elle avance alors il recule.
Ses lèvres bougent savamment contre les siennes comme si elle cherchait à le manger. Il tente de suivre le mouvement, décidé à apprendre vite, mais s'écarte précipitamment en sentant une langue contre sa lèvre supérieure. Qu'est-ce que c'est que cette nouvelle manœuvre encore plus intrusive ? Il cille violemment en questionnant les yeux bleus du regard.
Bulma lui renvoie un sourire compatissant avant de brusquement placer ses mains sur son torse et le repousser fortement.
Cette manœuvre-là, il connaît et se laisse docilement tomber assis sur le lit derrière lui. Mais il ne parvient pas à s'empêcher une remarque sarcastique : « Je croyais que tu ne voulais pas m'exprimer ta reconnaissance comme ça...
-C'est vrai. Répond le sourire doux. C'est pas ma reconnaissance que j'ai envie de t'exprimer en ce moment. »
Il hausse un sourcil, pas sûr de comprendre ce qu'elle essaye de lui dire. Mais elle se contente de se pencher vers lui pour l'embrasser à nouveau. L'effet est toujours aussi électrique, et Végéta n'arrive pas à déterminer s'il trouve cela agréable ou malaisant. Pourvu qu'elle n'en fasse pas une habitude !
À nouveau, la langue de Bulma vient passer sur ses lèvres et à nouveau il recule, se retrouvant mi-allongé : « Mais qu'est-ce que tu fais ?
-Je... Hésite-t-elle. Je t'exprime ce que je ressens pour toi.
-En me léchant la bouche ?
-Hum... Oui.
-Ah. » Il n'avait pas prévu ça. La sensation est très bizarre. Quelque chose remue et se soulève dans sa poitrine et au niveau de sa glotte, il a l'impression qu'il va manquer d'air. Il est pourtant résolu à prendre tout ce que Bulma a à lui donner. Il le veut. Il la veut. Ça au moins il en est sûr à présent. Mais pourquoi est-ce si compliqué ?
La belle terrienne pousse un profond soupir et blottit son visage à elle contre son cou à lui. Le nez dans une jungle de cheveux bleus, Végéta reste perplexe, sans trop savoir quoi faire, mais enroule finalement ses bras autour de la taille de Bulma pour qu'elle puisse rester collée contre lui alors qu'il se laisse tomber sur le dos. Un souffle chaud lui chatouille le cou. Puis une paire de lèvres effleurant sa peau au même endroit lui envoient un frisson dans toute l'épaule en murmurant : « Tu m'as tellement manqué... »
Première seconde. Il ne répond rien. Mais il lui semble comprendre le concept qu'elle évoque. Peut-être même (juste peut-être) se sent-ils un peu plus léger, comme si elle avait parlé pour eux deux. Contre lui, le délicat corps de sa terrienne semble si frêle. Ça fait combien de temps ? C'était il y a une éternité, c'était hier, c'était dans une autre vie. Il ne veut plus jamais la lâcher. Il la veut sienne.
Deuxième seconde. Il ferme les yeux. Tout l'air est empli de ce parfum d'épices et d'océan qui la caractérise si bien. Il le respire à pleins poumons. C'est agréable. Il est bien.
Troisième seconde. Un petit rire contre son épaule le fait rouvrir les yeux. Il a niché sans s'en rendre compte son nez contre le cou de Bulma. Il recule discrètement en espérant qu'elle ne s'en est pas aperçu.
Elle recule à son tour son visage et Végéta doit réfréner une pulsion de la plaquer à nouveau contre lui. Quoi ? Encore des questions ?
Elle le dévisage. Perplexe. Hausse les sourcils. Puis sourit à nouveau doucement. Bordel qu'elle est belle. S'il osait, il enroulerait ses bras autour de...
« Attends, murmure-t-elle, je sais... » Voilà qu'elle s'éloigne. Voilà qu'elle se lève. Voilà qu'elle recule.
Mais qu'est-ce qu'elle fout ! S'offusque silencieusement Végéta, relevé sur ses coudes, en la suivant du regard d'un air sévère.
Apparemment amusée par sa réaction, la belle humaine lui envoie un clin d'œil et tend le bras vers le mur derrière elle.
Et éteint la lumière.
OOOOO
Boboum boboum. Première seconde. Un bruit de souffle. Discret, nerveux.
Boboum boboum. Deuxième seconde. Un bruit de pas. Hésitant, léger.
Boboum boboum. Troisième seconde. Le bruit feutré d'une main glissant sur un drap.
N'y tenant plus, Végéta enroula ses bras autour du corps de cette délicate silhouette qu'il n'avait aucun mal à localiser sous ses moindres contours. Son parfum océanique, son aura minuscule s'agitant comme les remous d'un cours d'eau. La chaleur de sa peau. Enfin sa peau. Il y plongea. Il parcourut sa gorge de ses lèvres, respirant son parfum comme un plongeur à un tuyau d'oxygène. Il cherchait le contact de sa peau comme si c'était sa nouvelle raison de vivre, plaquant ses lèvres dans son cou, ses seins, ses cheveux, il la respirait, il la buvait, ivre de son parfum et son contact comme si elle était la plus puissante des drogues.
Bulma lui répondit avec non moins d'enthousiasme. Collée à lui et frissonnant à la moindre caresse, elle le surprit d'un coup à lui mordre l'épaule pour immédiatement la lécher ensuite. Elle lui agrippait et griffait les épaules avec ce qui semblait être toute sa force. Elle lui en voulait donc tant que ça d'être parti ? Pourquoi était-il parti déjà ? Il ne savait plus...
Perdu dans son océan d'épices, il ne prêta aucune attention à une série de claquements secs qui retentirent à intervalles réguliers, ni aux boutons de sa chemise qui tombèrent au sol les uns après les autres, seulement à la bouche de Bulma qui parcourait son torse comme on explore un territoire conquis, graduellement à mesure qu'elle faisait sauter les boutons d'un geste sec et calculé, déposant un baiser sur chaque muscle et chaque cicatrice sur son chemin. Et comme chaque fois qu'elle accordait une telle attention à son corps, des bribes de souvenirs sensoriels semblaient refaire surface au fond de son esprit pour disparaître aussitôt, comme des bulles s'échappent de la vase au fond d'une mare pour aller mourir à la surface. La froideur d'une lame de couteau, la brûlure sèche d'un fouet à laquelle il n'avait jamais accordé d'importance, le rayon d'énergie de Frieza qui lui avait perforé le torax. Sa chair se rappelait tous ces détails avec une précision soudaine, qui se volatilisait immédiatement comme une bulle explose à la surface de l'eau, allégeant peut-être même un peu (peut-être) les souvenirs enfouis dans sa chair.
La main de Bulma s'attarda contre la partie droite de sa poitrine, là où elle seule savait que se trouvait son cœur.
Végéta fut plus en difficulté lorsque, enfin libéré de sa chemise, il tenta de s'en prendre à la robe de Bulma. Peu patient, il saisit le décolleté dans chaque main, prêt à le déchirer d'un seul mouvement, mais fut interrompu par ses délicates mains sur les siennes. Elle le guida autour de sa taille et jusque dans son dos où ses doigts trouvèrent une fermeture éclair. Le mouvement conduisit Bulma à se cambrer en arrière au moment où Végéta devait se rapprocher. Il décida donc finalement de prendre tout son temps pour tirer lentement cette fermeture-éclair, puis de dégrafer le soutien-gorge qui se trouvait dessous, profitant d'avoir le nez blotti entre ses seins d'où émanait un nouveau parfum auquel il n'avait pas fait attention jusqu'alors, mais qui provoquait un incroyable sentiment de sécurité et de calme. Ce sentiment s'amplifia lorsque la robe de Bulma glissa le long de son corps et jusque sur ses hanches. Phéromones ? Certainement, mais il n'en avait rien à foutre, il était là pour savourer.
Les bras de Bulma s'enroulèrent autour de sa tête, l'invitant à se coller davantage contre cette poitrine voluptueuse et au goût sucré. Il sentait ses doigts à elle qui glissaient dans ses cheveux à lui, tirant, massant, griffant, embrassant. L'impatience la gagnait-elle donc autant que lui ? Songea-t-il en laissant glisser ses mains à lui jusque sur ses hanches où était tombé le haut de la robe. Il entreprit de la faire descendre davantage, ses doigts fébriles parvenant avec difficulté jusqu'à la bordure d'un sous-vêtement au toucher de dentelle.
Il fallut à Bulma l'initiative de se séparer de lui quelques secondes, le temps de laisser sa précieuse robe tomber au sol. Elle en profita pour s'en prendre immédiatement au pantalon de Végéta, au plus grand soulagement de celui-ci, car il commençait à s'y sentir douloureusement à l'étroit. Elle défit la ceinture avec nettement plus d'aisance que lui lorsqu'il avait tenté de fixer ce machin. C'en était presque frustrant, mais il n'y songea pas davantage car son pantalon glissait sur ses mollets. Puis il sentit une main frêle remonter le long de sa jambe, indiquant que sa partenaire revenait enfin à lui. Et d'un coup, une vague dans son parfum et son ki. « Bah ? Tu... Tu n'avais pas de caleçon ? Bredouilla la voix de Bulma.
-Pas de quoi ? Demanda-t-il agacé, peinant pour parler avec son larynx qui vibrait à chacune de ses respirations.
-De... Non laisse tomber. » Et elle fondit à nouveau dans ses bras, au plus grand soulagement de Végéta qui s'empressa de la plaquer à nouveau tout contre lui. Il lui semblait la découvrir pour la première fois. Il lui semblait la connaître par cœur. Il était fasciné. Il faisait de son mieux pour éviter de la serrer trop fort, de crainte de briser ce corps si fragile entièrement offert à lui. Ce n'était en fait pas si difficile au vu des sensations agréables offertes par la caresse de leurs deux peaux qui se trouvaient et se retrouvaient enfin. Il n'avait pas prêté attention à tous ces détails pendant la période sombre qui avait suivi le combat contre Cell.
Le bassin de Bulma commençait à onduler contre lui, faisant monter la tension et la sensation désagréable de sa peau à lui contre ce ridicule sous-vêtement qu'il lui restait, à elle. Comment ce pathétique bout de tissu irrégulier osait-il se mettre en travers de son chemin ? Il la voulait toute à lui. Il voulait se noyer en elle. Autrefois il aurait serré les dents, grogné avant de résoudre le problème rapidement. Lui qui n'avait jamais envisagé les relations avec quiconque autrement que comme des rapports de force et de domination, voilà à présent que sans y réfléchir, il collait ses lèvres contre la gorge de Bulma et la prenait par la taille pour faire pivoter leurs corps et se retrouver au-dessus d'elle, faisant glisser la dentelle vers le bas au passage, et jusqu'à ses pieds, avant de revenir glisser tout aussi lentement au-dessus d'elle, avec maintes précautions comme s'il craignait qu'elle lui file entre les doigts comme de l'eau.
Là il prit le temps de la contempler sans la voir dans l'obscurité totale. Son parfum enivrant était libéré à l'air libre sans plus la moindre entrave. À son souffle saccadé qui semblait attendre, il devinait ses lèvres entr-ouvertes et son regard voilé. La peau douce et fine sous ses mains à lui, le ventre, les flancs, les seins, la gorge, les cheveux.
Puis il sentit deux mains douces se glisser de part et d'autre de son visage et se poser sur ses joues. Il s'attarda dans la sensation agréable avant de sentir la discrète pression qui semblait l'inviter à avancer vers elle. Hésitant et appréhendant légèrement la suite, il se laissa porter et appuya ses mains sur le drap, de part et d'autre de la tête sous lui.
Première seconde. Son nez se posa doucement contre celui de Bulma, puis leurs fronts.
Deuxième seconde. Ils restèrent ainsi, respirant de concert, apaisés.
Troisième seconde. Avait-elle peur de le brusquer ?
À la fin de la troisième seconde, il posa volontairement sa bouche contre la sienne. Il n'avait pas peur.
Il y eut à nouveau cette sensation électrique, d'abord désagréable puis ensuite intrigante. Il tentait de remuer les lèvres de concert avec elle, comprenant de mieux en mieux pourquoi elle faisait mine de le manger : lui aussi avait maintenant envie de la dévorer. Le baiser lui permettait de le lui faire savoir de manière bien plus efficace qu'en lui léchant l'oreille, d'ailleurs ! Et voilà que sans y prêter attention, c'était maintenant lui qui venait de lécher la lèvre supérieure de Bulma. Celle-ci inspira bruyamment et serra davantage son visage à lui entre ses deux petites mains, tandis qu'il sentait ses lèvres sourire sous les siennes...
Puis leurs deux bouts de langue se rencontrèrent.
Ce fut comme un second électrochoc, encore plus puissant que le premier quand leurs lèvres s'étaient touchées. Un peu comme de découvrir qu'il est possible de surpasser le niveau de super-saiyan. La sensation était tout autant électrisante et son niveau d'énergie difficile à stabiliser. Il recula d'abord la langue avant de se raviser. Il la voulait, il n'avait pas peur, il voulait tout d'elle. Il revint.
Timidement d'abord, leurs deux langues se saluèrent à nouveau. Cette sensation était vraiment étrange et donnait l'impression dérangeante de mélanger tous les organes, comme on remue la vase au fond d'une mare immobile. Et ressortant de l'ombre, comme des bulles d'air libérées dans l'eau, des bribes de souvenirs sensoriels enfouis en lui à son insu. Une saveur sucrée. Une sensation de faim. Une douleur dans une mâchoire brisée. Le goût du sang. La peur de la faim. Un goût de bois mâchonné. Un goût de pleine lune sanglante. Un parfum de victoire. L'angoisse d'avoir bientôt à nouveau faim. Un douloureux goût de bile. La faim, trop souvent la faim. Et la langue de Bulma qui passait doucement contre la sienne. Était-il en train de partager cela avec elle ? Hmmm... Si c'était le cas, qu'était-elle en train de partager avec lui ?
Je t'exprime ce que je ressens pour toi. Résonna le souvenir, tandis que la langue de Bulma, de moins en moins timide, tentait doucement de conquérir tout l'espace de sa bouche à lui, à chercher querelle avec sa langue, son corps semblait chercher à se coller avec davantage de passion tout contre lui, à tenter par un doux mouvement coordonné de ses doigts agiles, de masquer le tremblement de ses mains sur ses joues, à respirer le même air que lui, semblant l'inviter à prendre possession de sa bouche à elle en retour, à la posséder toute entière, à pénétrer en elle, dans son histoire et dans sa vie.
Il accepta l'invitation.
Quand il entra en elle, doucement mais avec assurance, c'était comme si elle lui appartenait totalement. Ils durent décoller leurs bouches pour trouver leurs souffles mais gardèrent leurs visages en contact. Elle tenait entre ses bras comme si elle avait été moulée sur-mesure rien que pour lui (ou peut-être était-ce l'inverse?), il ne la lâcha à aucun moment. Agrippée à ses épaules massives comme si sa vie en dépendait, elle lui appartenait plus que jamais, laissant courir ses mains et ses ongles sur toute la largeur de son dos, plaquant son nez dans son cou et ses dents contre son épaule, tandis qu'il s'enfonçait de plus en plus profondément en elle au rythme de leurs respirations synchronisées, le nez lové dans le cocon rassurant et parfumé de ses cheveux. Assoiffé de ce parfum enivrant. Affamé de sa peau. Lentement mais durement en elle, et sans jamais rompre le contact de son corps contre le sien.
La vague de folie s'abattit sur eux sans prévenir. Elle murmura son nom contre son épaule et il répondit le sien dans ses cheveux en un souffle entrecoupé.
Ils n'avaient même pas commencé à reprendre leurs souffles lorsqu'elle l'embrassa à nouveau.
OOOOO
Demandez-moi de réduire en poussière
cette planète où un dieu se perdrait
elle est pour moi comme une fourmilière
qu'on écrase du pied
Demandez-moi de tuer la lumière
et d'arrêter ce soir le cours du temps
Tout me paraît réalisable
Et pourtant
Quand je la regarde
Moi le guerrier au cœur d'acier
Devant son corps de femme
je suis un géant de papier.
…
Si forte d'être fragile
un rire après la nuit
les princesses que j'ai lues
étaient moins farfelues
j'm'attendais pas à toi
j'm'attendais pas à ça
j'm'attendais pas à moi
dans ce rôle-là
...
L'amour nous mène
et nous ramène
à demi-pas.
Si c'est toi qui mènes
je vais où tu vas.
...
Les premiers rayons du soleil filtraient au travers des rideaux.
Entr-ouvrant les yeux, Bulma les referma aussitôt, trouvant la lumière trop vive à son goût. Elle avait encore sommeil. Tellement sommeil. Avait-elle seulement dormi ? Des musiques lui parvenaient depuis la porte de sa chambre, ce qui voulait dire que sa mère avait encore mis la musique à fond dans le but de réveiller la maisonnée « dans la gaieté », ce qui, la concernant, consistait à passer toute une série de chansons d'amour qui manquaient toujours cruellement de batterie et de guitare électrique au goût de Bulma. Et à mettre le son beaucoup trop fort pour les fragiles oreilles de son petit Trunks. À demi-endormie, elle laissa les paroles la bercer un moment et sourit d'amusement.
Un grognement à côté d'elle la fit sursauter. C'est là qu'elle réalisa n'être pas seule dans son lit. Elle ne l'avait d'ailleurs pas été de la nuit. D'où son cœur léger. D'où sa fatigue.
« Ton espèce sait faire autre chose que de brailler inutilement ? » Grogna la silhouette allongée à son côté, un bras posé sur ses yeux.
Elle se retourna avec un sourire malicieux : « C'est une provocation ? »
La bouche sourit.
« Et toi, renchérit-elle, ton espèce sait faire autre chose de plus intéressant que de se plaindre ? » Elle fit glisser ses doigts sur son torse, faisant glisser le drap dans son mouvement.
Le bras posé sur les yeux se souleva doucement. Un regard noir et profond comme l'Univers et tous ses trous noirs se planta calmement dans le sien. « C'est une provocation ? »
Première seconde. Le choc des regards.
Deuxième seconde. Le rapprochement des corps.
Troisième sec…
« Mamaaaaaa ! Mazé mama euvéééé ! Bizou mama ! » Martela une toute petite voix accompagnée d'un tambourinage rythmé contre la porte.
« Ah zut... » Murmura Bulma avec un sourire d'excuse.
La poignée de la porte bougea une, deux, et trois fois avant de céder le passage à un minuscule humain haussé sur la pointe de ses pieds. Celui-ci entra dans la pièce sans hésiter, claironnant « Bizous mama tété mama ! ». Mais arrivant à côté du lit, il s'immobilisa et se tut brutalement, observant avec de grands yeux méfiants un point à l'autre bout du lit. Bulma jeta un œil derrière elle pour confirmer que Végéta s'était lui aussi assis. Il regardait son fils en retour, silencieusement. Trunks tendit le bras pour saisir la main de sa mère et la coller contre sa joue, soudain timide. Elle intervint : « Tu as vu Trunks ? Tu le reconnais ? Qui est-ce qui est enfin rentré à la maison ? »
Toujours muet, le bambin resta agrippé au bras de Bulma sans cesser de fixer Végéta, les yeux grand ouverts. Ce dernier lui renvoyait un regard calme mais tout aussi fixe. Bulma les dévisagea tour à tour.
Première seconde. La petite main de Trunks vint se poser sur la poitrine de sa mère, cherchant un repère sécurisant.
Deuxième seconde. Végéta fronça les sourcils.
Troisième seconde. L'enfant laissa échapper un gloussement amusé.
« N'è papa !
-Oui bravo ! » L'encouragea Bulma ravie.
Elle tendit les bras et hissa le bambin sur ses genoux.
« Hnn ! » Entendit-elle à son côté. Elle tourna la tête juste à temps avant de voir s'estomper un discret rictus sur les lèvres du guerrier impassible. Elle relâcha un petit soupir de soulagement. La confrontation semblait bien se passer.
« Papa n'è pati. Pu pati papa ! Co zoué doudou boum boum boum doudou wouhouhou boum boum boum BOUM ! » S'exclama joyeusement Trunks, en ponctuant chacune de ses onomatopées d'une frappe énergique sur le drap.
Bulma haussa les sourcils et se tourna vers Végéta : « Sérieusement ? C'est TOI qui lui as appris à lancer son doudou partout ?
-Sérieusement ? Répliqua celui-ci. Tu comprends ce qu'il dit ? »
Bulma ne put s'empêcher de rire en réponse avant de rétorquer : « Donc tu ne déments pas ?
-Hum... Je t'ai p...
-Téter mama ! » Décréta brusquement le bambin. Et mû par un empressement soudain, il tira sans scrupules sur le drap que Bulma tenait contre sa poitrine nue. « Tétou ! » S'exclama-t-il avec un large sourire de satisfaction en s'avançant vers son objectif. Il saisit un sein entre ses petites mains et l'enfourna dans sa bouche, ferma les yeux et se laissa tomber sur le côté sans plus le moindre instinct de survie qu'une confiance aveugle en sa mère qui eut tout juste le temps de lever son coude pour le glisser sous la tête de son bébé avant que celui-ci ne risque de tomber par terre.
S'ensuivit un instant de silence bienheureux pendant lequel Bulma contempla avec émotion son petit trésor en train de téter.
Puis elle tourna la tête sur le côté, appréhendant légèrement la façon dont Végéta percevait la scène. Elle le trouva avec un air surpris ou peut-être pensif sur le visage, regardant lui aussi leur enfant.
« Ça va ? À quoi tu penses ?
-Je viens de comprendre ce que c'était que ces phéromones et ce liquide épouvantablement sucré auxquels j'ai eu droit cette nuit...
-Hein ? Quoi ? Mais comment... Aaaaaeeeeeuh bah mince alors... »
La gêne de Bulma sembla amuser Végéta car ce dernier lui renvoya un rictus narquois. Il était de retour dans son élément.
Bulma lui renvoya un soupir exaspéré, tentant la contre-offensive : « Comment ça se fait que tu ne te rends compte de ça que maintenant ? J'allaite Trunks depuis sa naissance.
-Qu'est-ce que j'en sais ? C'est la première fois que je prends une douche de lait !
-Une douche ?! S'offusqua Bulma se sentant rougir de confusion. Eh tu exagères !
-Sans doute. Continua de la narguer Végéta. Disons plutôt que j'ai eu l'impression que tu pleurais sur moi sauf que ce n'était pas salé... Ça allait bien avec tes gémissements pourtant...
-Oh parce que tu vas attaquer sur ce terrain-la maintenant ? S'enflamma Bulma en montrant les dents. Méfie-toi ! J'ai plus d'expérience que toi à parler de ces choses-là ! Dis-toi que les gémissements ne sont peut-être pas un hasard en même temps que les hormones qui déclenchent entre autres l'éjection du lait.
-Et donc ?
-Et donc que ce n'est peut-être pas un hasard si tu n'as eu ni l'un ni l'autre lors de ton dernier séjour ici ! »
Il fronça les sourcils.
Touché ! Jubila Bulma.
« Ça veut dire qu'il va falloir que je m'habitue à ce goût horrible jusqu'au sevrage du petit alors ? Déduisit Végéta.
-Oooh, c'est bien audacieux comme promesse ! » Roucoula-t-elle avec un sourire carnassier qui tentait de masquer son tressaillement. Malgré le ton provocateur, ce qu'elle entendait entre les lignes la faisait trépigner de joie et de désir à la fois.
« Bah ! Éluda le beau guerrier en rompant le contact visuel d'un air désinvolte. Tant pis, si c'est le prix à payer pour savourer tes jolis seins. »
Cette fois, Bulma s'empourpra pour de bon. Végéta ne lui avait encore jamais parlé de la sorte.
S'ensuivit un duel de regards interminable aux multiples expressions tandis que l'enfant contre elle finissait de téter calmement. C'était à la fois jubilatoire et surréaliste pour Bulma. Elle était sur un petit nuage et peinait encore à croire que Végéta était bien là, à ses côtés, à la provoquer pour le simple plaisir de l'énerver, lui qui l'avait embrassée hier soir. C'était magique. Rien que d'y penser, elle se pencha vers lui pour poser brièvement ses lèvres sur les siennes.
« Tsss ! Ne me dis pas que tu vas en faire une habitude ! Se plaignit son amant en fronçant les sourcils.
-Hihihi ! Moi aussi je t'aime.
-Mais c'est pas ce que j'ai dit ! » Se défendit-il en rougissant.
Sa réaction arracha un nouveau petit rire à Bulma qui se pencha pour lui voler un second baiser : « Ne t'en fais pas. Ce sont des moments trop magiques pour qu'on en fasse des banalités.
-Hnn. »
Une, deux, puis trois secondes s'écoulèrent dans un silence apaisé.
Puis Végéta grogna : « J'ai faim. »
Bulma lui renvoya un sourire entendu : « Moi aussi. Ça te dit d'aller manger dès que Trunks aura f...
-Mazé ! Mazé ! S'exclama le petit être en écarquillant les yeux, lâchant sa prise.
-Ah bah voilà on va bien s'entendre. Lui sourit Bulma. On va manger Trunks ?
-Mazééé ! Peti déeuné ! Dupiiiiin ! Dé gooooooooo !
-Ah oui ? Mamie a fait des gaufres, tu dis ?
-Gotudi ! »
Et d'un coup, Bulma se retrouvait seule dans le lit. Les deux garçons s'étaient levés d'un coup. Végéta inspectait les vêtements au sol en quête sans doute de quelque chose à mettre sur son corps nu. Les rayons du soleil jouaient sur les muscles de son dos...
« Euvé mama ! Pressa Trunks en tirant Bulma de sa contemplation.
-Oui oui d'accord ! Laisse-moi juste m'habiller mon trésor, j'arrive pour manger. »
OOOOO
Végéta et Bulma marchèrent côte à côte le long du couloir qui les menait à la salle à manger, suivant ce bambin qui clopinait aussi vite qu'il le pouvait de sa démarche bancale, en vocalisant sa gaieté à coup d'onomatopées que seule Bulma semblait comprendre.
Les deux autres autochtones qui vivaient sous ce toit étaient installés à table.
« Bonjour ma chérie ! Alors tu... Oh mon dieu ! Mais c'est Végéta !
-Ça alors quelle bonne surprise ! Comment vas-tu mon garçon ? »
Quand diable s'étaient-ils mis à le tutoyer ?
« Oh vite ! Il faut que je dise aux droïdes de faire plus de gaufres !
-Tu es arrivé hier soir je suppose ? » Demanda encore le père.
Végéta hocha la tête mais resta planté sur le pas de la porte de la salle à manger, soudain indécis.
« Végéta m'a accompagnée au congrès d'hier soir. Raconta Bulma en embrassant son père sur la joue. D'ailleurs il m'a tirée d'un très mauvais pas, je te raconterai plus tard, mais on a vraiment eu de la chance qu'il soit là.
-Comme toujours. Commenta calmement l'aïeul. Installe-toi mon garçon, c'est bon de te revoir, tu es ici chez toi. »
Chez lui ?
-Mama ! Veu dé gooo aidééé ! » Intervint le petit Trunks qui avait réussi à se hisser tout seul sur sa chaise haute, mais restait planté là-haut à un mètre de la table, tendant avec espoir bras et jambes vers les denrées appétissantes qui s'y trouvaient. Bulma accourut à sa rescousse en riant. Elle semblait dans son élément.
Lui non.
Mais la bouffe sentait bon.
« Voilà ! Chante-déclama madame Briefs en surgissant de la cuisine avec un plateau dans les bras. Cinquante gaufres supplémentaires en préparation, et voici déjà les confitures et des biscottes pour patienter ! Si seulement j'avais su...
-Cofitu cofitu ! » Réclama le bambin, une gaufre déjà à moitié entamée à la main. Bulma lui tartina une fine couche de confiture avec une assurance et un naturel évidents.
« Pou mama ! » Annonça alors l'enfant en tendant le bout de gaufre pré-mâché vers la bouche de sa mère.
Celle-ci lui sourit et prit une petite bouchée : « Miam merci ! Et le reste, c'est pour qui ? »
Elle était dans son élément. Végéta le savait pour l'avoir tant observée dans l'ombre.
Mais lui, se sentait étranger à tout ça...
« Pou papa !
-Ah bon ? Mais et pour toi alors ? Tu ne veux pas manger ta gaufre ? »
La tentative de diversion de Bulma ne fonctionna pas. Le petit être avait entrepris de descendre de sa chaise haute avec son bout de gaufre plein de confiture à la main, et se dirigea vaillamment vers son père, toujours planté dans l'entrée.
« Oh comme c'est attendrissant ! S'exclama madame Briefs. Trunksounet n'a aucun mal à te reconnaître ! Tu as dû beaucoup lui manquer à lui aussi ! D'ailleurs... »
Végéta ferma les yeux et inspira profondément, coupant toutes ses perceptions du monde environnant pour se concentrer sur un souvenir agréable. N'importe quoi qui l'empêche de tout détruire ou de s'enfuir à nouveau.
OOOOO
Il faisait nuit. Kamel traversait hâtivement le parking en direction de son véhicule volontairement stationné à distance des regards indiscrets. Ce soir, c'était le grand final, son but était si proche qu'il en devenait palpable mais il était nerveux. Tout pouvait encore retomber. Il avait hâte d'en finir. Vivement que Laion arrive avec la fille Briefs. Il avait le temps de bien disposer les papiers pour ne pas lui laisser le temps de réfléchir.
Il avait remarqué un convive sortant de la salle de réception par la porte principale qui avait semblé le repérer et le suivre jusqu'au bout du parking. Kamel connaissait bien les gens comme ça, les sans-gêne qui ne comprennent pas que certains moments ne sont pas opportuns pour aborder une personne pour la première fois, même à un congrès organisé justement pour faciliter les rencontres. Lorsque Kamel se tourna franchement vers l'intrus, envoyant un regard agacé, ce dernier lui adressa un signe de la main en pressant franchement vers lui cette fois. Une coiffure non conventionnelle et pas de cravate. Pas de doute, un nouveau venu dans le secteur industriel. Certainement le fondateur d'une quelconque startup, avide de contacts dans le milieu, au point de vouloir l'aborder, lui Kamel de Laseris Corp', en plein milieu du parking !
« Bonsoir ! Vous n'imaginez pas comme je suis ravi de vous rencontrer ! Appela l'inconnu en tendant la main.
-Kamel. Se présenta formellement celui-ci en saisissant la main tendue. Codirigeant de Laseris Corp. À qui ai-je... » Il fut interrompu par une douleur foudroyante dans sa main, irradiant tout son bras. Une main plaquée contre sa bouche et le faisant reculer jusqu'à heurter son véhicule étouffèrent son hurlement.
-OK le minable. Maintenant tu vas m'écouter attentivement. »
...
« Aaaaaaaaaaaaaaah ! » Kamel se retrouva brusquement assis dans son lit, la respiration folle et couvert de sueur. Il lui fallut plusieurs minutes pour sortir du cauchemar qu'il venait de revivre en rêve. Puis il tourna le regard vers sa main droite, fraîchement plâtrée jusqu'à mi-bras. Jamais il n'avait eu aussi mal ni peur de sa vie, ni même envisagé que ce soit possible. Le médecin n'en avait pas cru ses yeux à la radio.
OOOOO
« Pou papa na goooooo » Décréta le minuscule saiyanoïde arrivé devant Végéta, qui en tirant sur sa chemise (ouverte faute de boutons) avec ses mains couvertes de confiture, tenta d'attirer son attention.
Madame Briefs continuait de déblatérer des absurdités.
Monsieur Briefs souriait stupidement.
Végéta inspira puis expira profondément, se remémorant avoir savamment réussi à broyer chacun des os de la main qu'il avait serrée. Crac crac crac. Et recrac. C'était jouissif. Voilà, caaalme. Il rouvrit les yeux.
Et rencontra le regard de Bulma.
Une seconde. Son regard bleu, plein de prudence, de questions, d'incertitudes. Comme hier soir avant que...
Deux secondes. Ce regard scintillant comme la pleine lune sur les vagues. Ça aussi, il s'en souvient. Ses bras à elle enroulés autour de son cou à lui. Leurs lèvres qui se découvrent et se dévorent.
Trois secondes. Elle lui sourit, et ses yeux brillent malgré une fatigue visible. Lui aussi il se rappelle avoir peu dormi. Il se rappelle sa peau, son parfum, son corps, leurs souffles synchronisés. Il se rappelle tout vouloir posséder d'elle et de sa vie. Il aurait été prêt à asservir l'Univers tout entier à la recherche d'une once de la sensation incroyable que lui procurait ce simple sourire.
À la fin de la troisième seconde, il s'accroupit devant son fils pour le regarder en face, prit le morceau de gaufre écrasé de sa petite main couverte de confiture et l'enfourna dans sa bouche. « Miam ! Il y en a encore ? Retourne vite dans ta chaise alors, sinon je vais tout manger !
-Vatou mazééé ! » Répéta l'enfant en faisant joyeusement volte-face.
Et Végéta entra dans la pièce d'un pas décidé.
