Comme promis, voilà la suite ! J'espère que le début vous a plu, je ne sais pas si vous avez laissé des reviews vu que j'ai enchaîné directement sur ce chapitre. Mais je répondrai à vos reviews dans le chapitre suivant !
Bon, finit les blablatages, et place au chapitre !
Je suis... et je ce que je veux c'est...
- Montres toi ! Grognai-je.
Les broussailles s'écartèrent pour laisser apparaître un jeune homme brun. Il portait un étrange chapeau blanc à taches noir, ce qui me fit bêtement penser à une certaine vache qui avait dû passer un sale quart d'heure, avait des cernes sous ses yeux d'un noir profond, portait un sweat jaune avec un... truc qui souriait en mode flippant dessus, et un jean bleu à taches noires.
Ses vêtements mettaient en valeur sa musculature qui avait l'air pourtant peu développée au premier coup d'œil, mais je ne m'y trompai pas. Les prédateurs les plus dangereux n'arboraient jamais la musculature d'une machine à tuer.
Et je pouvais affirmer que cet homme avait une musculature de prédateur, discrète, mais d'une grande puissance. Il était étrange avec son visage aux pommettes hautes, ses mâchoires carrées, ses yeux noirs mystérieux et ce maintien fier, bien que nonchalant.
C'était également ma première rencontre avec un humain depuis bien longtemps, et je sentais la tension augmenter au fur et à mesure qu'il s'approchait de moi.
….
Qu'il s'approchait ?!
- HEHO ! T'approche pas comme ça toi ! Pas bougé ho !
J'avais passé tellement de temps avec les animaux que j'avais perdu l'habitude de la proximité qu'avaient les humains, si bien que cinq mètres me paraissait largement suffisant. Ma nervosité me poussa à reculer de quelques pas.
Il s'arrêta, surpris, avant de froncer les sourcils, et la tension augmenta encore d'un cran alors que son ton devenait menaçant :
- Ne me donne pas d'ordre.
Je haussai un sourcil. Tiens, corde sensible ? Je remarquai alors le manche d'un sabre par-dessus son épaule, et plissai le museau en réfléchissant. Ses mains, le long de ses flancs, avaient les marques de l'utilisation de sabre et la façon de les tenir toujours légèrement entrouvertes, les doigts souples et fins.
Je décidai de sagement suivre son conseil en changeant de sujet :
- Qui es-tu ? Grondai-je, le fixant méchamment.
Il sembla surpris par ma question, et émit un petit rire qui me déconcerta. L'était en colère il n'y a pas deux secondes, et le voilà qui ricanait pour un rien. Je ne comprenais vraiment rien aux humains. Je me concentrai sur la conversation en gardant un œil sur mon problème : elle.
L'homme secoua la tête, et son sourire disparut presque aussitôt. Décidément ses sautes d'humeur allaient me donner le tournis.
- Excusez-moi miss, je ne me moquais pas de vous.
Et le voilà qui me vouvoyait en faisant preuve de politesse ! Comme si ma question l'avait rappelé à l'ordre. Il était peut être fou.
- C'est drôle, mais j'avais bien l'impression que tu riais. Rétorquai-je agressivement.
Ce n'est certainement pas parce qu'il a commencé à être poli que je vais lui rendre la pareille à ce mâle. Il ne releva d'ailleurs pas mon agressivité, et reprit comme si de rien était :
- Je suis le pirate Trafalgar Law.
Ah, un pirate. Je m'en doutais. Ça ne serait pas le premier imbécile venu qui se pointerait avec un sabre sur le dos. Ni qui se baladerait dans la jungle tout seul d'ailleurs. Mais cela ne m'effraya en rien, et mon manque de réaction sembla le déconcerter à son tour.
Mais sa réaction à lui me surpris au-delà du possible. Il haussa un sourcil et...éclata de rire ! Je le fixai, stupéfaite. Timbré, il était tout simplement timbré.
- Haha ! Tu es vraiment hors du commun. En bien ou en mal après… à voir.
Tiens, le voilà qui me tutoyait de nouveau... je soupirai, me passant une main sur le visage. Je n'avais pas eu de discussion comme celle-ci depuis tant d'années que je me fatiguais et me lassais déjà.
- Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle, mais bon. Tu veux quoi ? Tu es sur mon territoire, ce qui pourrait faire de toi une proie potentielle. Lui rétorquai-je avec aplomb, la menace à peine voilée.
Il sembla réfléchir.
POV Law :
Vraiment étrange cette gamine. Elle était humaine, et se comportait comme un animal. Elle l'intéressait beaucoup. A première vue, elle semblait forte, et avait quelque chose d'attrayant. Toutes ces cicatrices qui lui barraient le corps, la crasse qui la recouvrait, et le fait qu'elle était couverte de sang ne gâchaient en rien le magnétisme agressif qu'elle dégageait.
Ça lui donnait un côté meurtrier assez attirant. A sa façon de se tenir, il devina un corps souple, habitué à vivre en forêt et à lutter pour vivre. Son port de tête plein de fierté ne le trompait pas.
D'ailleurs ses vêtements confirmaient sa supposition, personne dans l'île n'étant aussi...sauvage. Ses longs cheveux bruns éclaircis et collés par la poussière et la sueur tombaient en cascade désordonnée autour de son visage, jusqu'en dessous de ses omoplates, sa poitrine ronde couverte par un t-shirt usé, sa peau foncée, sa taille presque maigre, ses longues jambes …
Il releva les yeux vers elle, et s'aperçut qu'elle était gênée. Elle n'avait pas l'air d'apprécier qu'on l'examine de la tête aux pieds. Oui, vraiment cette petite l'intéressait. Restait à savoir si elle savait se battre.
Et il avait une petite idée de la façon dont il pourrait la forcer à venir se mesurer à lui. Un sourire se dessina sur ses lèvres.
POV Aylan :
Il m'énervait à me détailler comme ça. Un sentiment que je n'avais plus ressenti depuis longtemps m'envahit. La gêne. Comme il ne reprenait pas la parole, je me décidai à partir. Il ne fallait pas que mon problème décide de venir faire un tour dehors alors que j'avais réussi à le refouler depuis autant d'années.
Il finirait bien par partir de mon territoire de toute façon, ou alors il se ferait tuer par une bête sauvage. Aussi habile qu'il pouvait l'être avec son arme, il ne connaissait pas cette jungle autant que moi. Et je vous assure que certaines créatures vivant dans ces bois me feraient fuir sans perdre une seconde. Alors que je reculais vers ma proie dans l'intention de m'en saisir et de partir rapidement, il reprit la parole :
- Tout d'abord, avant de filer comme une voleuse, dis-moi ton nom miss.
Je reniflai en plissant le museau et lui jetai un regard méprisant, mécontente qu'il me donne à moi aussi des ordres. Il s'en aperçut, et ajouta, moqueur :
- S'il te plaît.
Je soupirai. Bon, plus vite il aurait sa réponse, plus vite il me ficherait la paix. Et puis, je connaissais son nom, pourquoi refuserai-je de lui donner le mien ?
- Aylan. Dis-je d'un ton où se glissait une note d'impatience.
Je commençais à avoir vraiment faim, et la douleur de mon estomac vide se rappela brutalement à moi par un gargouillement. Cela fit sourire mon interlocuteur casse-pieds, et je serai les dents. Il n'y avait rien de drôle à voir quelqu'un mourir de faim que je sache.
- Aylan donc.
Un nouveau sourire, plus doux, vint sur ses lèvres, si bien que je ne m'attendis absolument pas à la suite.
- Tu m'as demandé ce que je voulais. Eh bien, j'en veux à ta proie, ce magnifique bœuf derrière toi. Alors sois gentille et donnes-le moi sans protester.
Me hérissant, je me remis en position de combat en relevant mon couteau que j'avais abaissé. Instinctivement, je dévoilai mes dents, menaçante. Il s'était aventuré sur un terrain que je connaissais par cœur : la défense de son bien dans les règles de la jungle.
Tous les coups sont permis, le vainqueur prend sa proie au perdant, le perdant meurt ou s'enfuit avec un souvenir définitif tracé dans la peau. Des règles simples qu'il fallait connaître ici. Un feulement sortit de ma bouche alors qu'il levait le bras pour attraper son sabre. Comme je m'y attendais, ses doigts prirent immédiatement la forme du manche, et il retira la longue lame de son fourreau en prenant son temps.
- Nodachi. Me dit-il avec un sourire, le métal à nu brillant dans sa poigne.
- Tu parles trop, répliquai-je, et sans plus de cérémonie, je me jetai sur lui.
Il fendit l'air avec son sabre à l'endroit où je me trouvais un instant plus tôt, et je me glissais sous sa garde en lançant en avant mon bras droit, qui tenait mon couteau, cherchant à l'éventrer.
Mais c'était un combattant rodé, et s'il avait été surpris par ma vitesse, il ne se déconcentra pas pour autant. Sa main gauche saisi mon poignet et le tordis dans l'autre sens, vers mon visage.
J'évitai la lame en renversant la tête, me glissant à genou entre ses jambes, entraînant sa main du même coup. Il ne commit pas l'erreur de conserver sa prise sur mon poignet, et me lâcha immédiatement pour se retourner à une vitesse effarante.
Il frappa mon dos exposé avec son pied, m'éjectant contre un arbre cinq mètres plus loin. Je le heurtai en étouffant un gémissement, avant de m'écrouler par terre, tachant de retrouver ma respiration. Il n'avait pas mis toute sa force dans son coup, sinon il m'aurait brisé la colonne vertébrale.
Pourquoi m'avait-il épargné ? Une colère sourde m'envahit. Me prenait-il pour une de ces créatures chétives vivant dans ce village ? Il allait regretter sa méprise. Je me retournai et me remis rapidement sur mes jambes, ignorant le cri de protestation de mon dos, dont la douleur me fila à travers le corps.
Trafalgar Law m'attendait, son habituel sourire aux lèvres, en position de combat légèrement de profil, son nodachi pointé vers moi et en position d'équilibre, la main gauche éloignée du corps et les jambes légèrement écartées.
Sa position était parfaite, aucune ouverture. J'eus un frisson excité. Je repris ma position, relativement proche de la sienne, sauf que je pliais les jambes bien plus que lui, à la manière d'un chat.
Je lui tournai autour, et il suivit le mouvement, pivotant souplement sur ses jambes, cherchant mutuellement une ouverture. Soudain, je bondis. Le combat se poursuivit sans que ni moi ni lui ne trouvent la faille qui ferait ployer l'autre, échangeant coups et parades largement ponctués d'esquives de ma part.
Il se battait remarquablement bien, et si je n'avais pas plus de vitesse que lui, je me serai déjà faite massacrer. Plus d'une fois, ma célérité durement acquise durant mes années de courses dans les arbres ou devant une grosse grosse bestiole pleine de dents me sauva la vie, et la lame du pirate me frôlait la peau à un millimètre. J'esquivais, esquivais encore, sans pouvoir contre-attaquer. Peu à peu j'en étais réduite à être harcelée sans pouvoir rompre le combat ou ralentir l'échange brutal.
Notre combat nous éloigna de la petite clairière où avait eu lieu notre discussion, et rapidement, nous nous retrouvâmes au bord de la falaise qui surplombait la mer. Je m'essoufflai peu à peu, la faim se faisant sentir cruellement, et devais rapidement trouver une idée pour me sortir de là.
Trafalgar Law se fendit soudain, et sa lame vint érafler la peau de mon ventre, en parallèle avec ma cicatrice. Mais, au lieu de m'écarter, je m'avançai d'un coup vers lui, enfonçant encore plus loin le nodachi dans mon flanc alors que le début de la lame déchirait mon haut, et, ignorant la douleur qui fusa dans mon ventre, je parvins à lui planter mon couteau dans le bras droit.
Celui qui tenait son sabre. Je ne réussis même pas à lui arracher un grognement de douleur, et il saisit mon bras pour m'attirer encore plus près d'un mouvement sec tout en éloignant son bras vers l'arrière pour retirer son arme. Je sentis son Nodachi mordre ma cuisse droite et finir de déchirer mon t-shirt noir, qui tombait à présent en lambeaux.
- Tu abandonnes ? Souffla-t-il. Nos visages étaient beaucoup trop proches.
Son haleine fraîche vint effleurer mes lèvres et je tressaillis.
- Jamais ! Grondai-je, tentant de mordre la main qui me tenait. Pour qui tu me prends ?!
- Dans ce cas...
Il dégagea complètement son Nodachi d'un coup sec, m'arrachant un cri de douleur, et, avançant d'un pas... me fit basculer de la falaise. Je glapis en sentant mon corps valser vers les pics rocheux dépassant de la mer.
- YYAAAHH !
Une main rattrapa solidement mon avant-bras et mon corps heurta avec violence la paroi rocheuse, y laissant une marque sanglante, et je me retrouvais à me balancer à quarante mètres de hauteur, retenue juste par une main. L'adrénaline du combat tomba d'un seul coup, laissant place à l'effroi.
- Non mais t'es malade ! Hurlai-je en paniquant aussitôt.
Je sentis alors une brûlure bien connue et que je haïssais plus que tout m'envahir, partant de mes reins et remontant le long de mon dos. Je me figeai. Mes yeux me brûlèrent et je sus qu'ils viraient peu à peu au rouge sang. Oh non, pas ça !
POV Law :
Il la retenait par une main, allongé sur le sol, de son bras gauche, le poignard d'Aylan toujours planté dans son bras droit sur lequel il s'appuyait pour se retenir. Elle pendait dans le vide, le sang de sa blessure coulant le long de ses membres et tombant en gouttes à gouttes rapide de très haut vers la mer et les pics acérés.
La jeune femme ne pourrait plus tenir longtemps, sa blessure était assez sérieuse. Elle releva vers lui des yeux emplis de terreur qui, étrangement, viraient peu à peu au rouge sang. Avant qu'elle n'ait le temps de faire quoi que ce soit, il lui lança :
- Rejoins mon équipage !
