Communauté quand tu nous tiens
Alors que quatre hommes partaient mettre les moteurs en route, je sortis et tournai immédiatement à droite, vers la porte d'entrée. Pas question que je parte sans Kidd, et je me ferai un plaisir de rappeler à Law qu'il l'avait accepté, et que mon perroquet lui avait sauvé la vie.
Debout, avec la mer à un petit mètre sous moi, la porte ouverte dans mon dos, je contemplai la nuit déjà très avancée, les silhouettes des arbres dans la pénombre, puis tournai mon regard vers les étoiles. Le ciel était complètement dégagé, et la vue superbe.
Je connaissais ce ciel par cœur pour l'avoir mainte fois observé, étant seule dans la jungle. Je m'en détournai au bout de quelques instants, et lançai un hululement strident, repris quelques instants plus tard par mon pigeon volant. Les branches basses près de la plage s'agitèrent, et Kidd en surgit, avant de foncer sur moi à vitesse grand V. Je tendis le bras pour qu'il se réceptionne, mais il ne ralentit pas. Bien au contraire !
Je reculai d'un pas hésitant vers l'arrière, le voyant accélérer encore. Mais qu'est-ce qu'il lui prenait ?
Avant que je n'aie eu le temps de réagir, le perroquet, les plumes tellement hérissées qu'il ressemblait à une énorme boule duveteuse, me fonça dessus et percuta mon estomac violemment, me faisant basculer vers l'arrière. Je tombais sur les fesses, Kidd se débattant sur mes cuisses. Je l'attrapai et tachai de le calmer.
- Hé là ! Qu'est ce qui t'arrive toi ?!
- KIIIDOUDOUDINDON ! Glapit-il.
Pour une fois, je passai outre. Je refermai mes mains sur les ailes de Kidd pour les rabattre doucement sur ses flancs. Puis je me retournai lentement vers les couloirs du sous-marin, imaginant facilement mon aura virer au noir total, inspirai une grande goulée d'air, et hurlai à pleins poumons :
- LLLLAAAAAAWWWWWWWW !
POV Law :
Le cri, furieux, atteignit les oreilles du capitaine alors qu'il passait un couloir pour rejoindre la cuisine, où il avait laissé son chapeau. Il tressaillit sous l'intensité du cri.
- Qu'est-ce que j'ai encore bien pu faire. Soupira-t-il. Mais quelle casse-pied...
- Je t'entend Law !
Law se tourna vers la voix, et découvrit Aylan, devant la porte ouverte, assise par terre, la tête tournée vers lui, qui le regardait d'un air furieux. Il pencha la tête sur le côté, et la regarda un moment.
- Tu t'es payé la porte ? Suggéra-t-il avec ironie. Je sais que tu n'as pas la lumière à tous les étages dans ce qui te sert de cerveau mais…
POV Aylan :
Gné ! Haha, très drôle Trafalgar. Je lui relançai un regard noir, et il répondit par son sourire en coin.
- Que me vaut le plaisir d'entendre ta voix si délicate à travers tout Grand Line ?
- Ça ! Rétorquai-je en lui mettant Kidd sous le nez après m'être relevée sous son regard goguenard.
- C'est un perroquet. Conclut-il.
- Mais encore ? relançai-je en essayant de me calmer.
Il observa Kidd de la tête aux pattes. Il fit mine de réfléchir, histoire de me faire un peu plus enrager.
- C'est ton perroquet. Tenta-t-il une seconde fois, un sourire narquois collé aux lèvres. Comment s'appelle-t-il déjà...
- Law, tu ne peux pas être sérieux deux secondes ? M'exaspérai-je.
- Avec toi sûrement pas. Et puis, tu es mal placée pour me faire ce genre de reproches. Pour me faire des reproches tout court d'ailleurs.
Il jouait avec mes nerfs, et il adorait ça, je le voyais bien. Seulement moi, j'avais toujours en tête le risque de la Bête et de mes colères qui pouvaient aller très loin. Il ne comprenait pas la puissance que je pouvais avoir une fois sous cette forme. Même moi je ne le savais pas, admis-je, alors comment le pourrait-il ? Ne voyant aucun signe susceptible de donner lieu à une nouvelle transformation, je me détendis, mais décidai de rester constamment vigilante.
Dans la jungle, mes pertes de contrôle n'étaient pas à surveiller, elles arrivaient quand elles arrivaient, et je n'y pouvais rien, et ne voulais pas y pouvoir quelque chose. Cette fois, les choses étaient différentes, et m'entraîner à les refluer au maximum devenait ma priorité.
- Ce perroquet, fis-je avec lenteur, est complètement...
- Cinglé ? Proposa Law, un air franc et innocent sur le visage.
- Paniqué. Terminais-je en l'assassinant du regard.
- J'avais remarqué. Fit-il alors, toujours angélique.
Je sentis des pointes d'énervement titiller mon estomac.
- Et qui en est responsable ? Persiflai-je.
- Hé ! Je n'ai absolument rien fait. Tu n'avais qu'à le surveiller ton dindon.
- Ce n'est pas un dindon, c'est un perroquet. Et la faute à qui si je n'ai pas pu ! Tu m'as balancé ton poing en pleine face !
- Ce n'est pas exactement ce qu'il s'est passé. Dit Law avec un air songeur, comme séduit par l'idée. Et si ta satanée peluche est complètement affolée, c'est qu'elle a dû éviter de justesse la balle que lui destinait Karro. Je n'y suis pour rien.
- Quoi ?
- Quel mot n'as-tu pas compris ? Répliqua ironiquement Law.
Il aimait bien cette phrase. Manquant décidemment d'humour, je répondis très sérieusement :
- Balle.
- Quoi balle ?
- Je n'ai pas compris ! C'est quoi une balle ? Je suppose que ce n'est pas le joujou si ça peut tuer un animal.
- Ah. Une balle c'est un objet rond que tu mets dans un fusil, une sorte de long bâton d'acier si tu veux, et qui est lancée par le fusil à très grande vitesse.
- Ah oui les fusils… Très grande vitesse?
- Suffisamment pour atteindre ton cœur.
- Ah.
Son explication m'avait refroidi, je n'imaginais pas l'existence de ce genre d'arme. Caressant doucement le dos duveteux de Kidd, je le pressais contre moi, tachant de le rassurer.
Law me regardait avec attention, et je ne compris pas pourquoi, avant sa remarque, avec un léger sourire :
- Ton tee-shirt est vraiment fichu maintenant.
Je baissais les yeux, et vis que le peu de tissus ayant survécu à la jungle n'avait pas tenu le coup sous le choc causé par « l'aventrissage » du perroquet, suivis de ses coups de pattes paniqués.
Et donc, il dévoilait quasiment toute ma poitrine, simplement cachée par la bande de cuir brun qui entourait mes seins, et n'était pas particulièrement protectrice étant donné que cette bande était elle-même en piteux état. Je croisai instinctivement les bras sur mon torse, sentant de nouveau, à mon plus grand agacement, mes joues s'enflammer devant son regard étrange. Contenant mon énervement, le dépassant avec dignité, je m'enfonçai dans le couloir en lâchant au passage un :
- M'en fous. Je vais me coucher.
Alors que je marchais avec élégance et fermeté, Law me rappela, d'une voix lasse et...une pointe de déception volontairement soulignée :
- Aylan, ma chambre, c'est à l'opposé.
….
Je vous ai déjà dit que je haïssais ce type ?
OOo
Assise sur le lit, après que le capitaine m'ait guidé jusque-là, je m'appliquai à aplatir les plumes de Kidd, toujours ébouriffées. Law prenait une douche dans la salle de bain, et j'entendais d'ici l'eau couler. Après l'avoir vu à demi nu et endormi, me demandais à quoi il ressemblait entièrement dénudé sous l'eau chaude. Et l'image qui me vint me donna d'infimes papillons dans le ventre. Mm, intéressant.
Je chassai Kidd de mes genoux, silencieux depuis sa frayeur de tout à l'heure, qui s'envola avec fatigue vers le haut de l'armoire de Law où il s'installa pour la nuit. Je basculai en arrière et tombai très élégamment sur le dos sur le matelas.
L'image de Law sous la douche, entouré de vapeur me revint en mémoire, enflammant un peu plus mon bas-ventre pour une raison inconnue, mais pas désagréable. Mon imagination gambada un peu plus loin… Je me redressai soudain, les joues en feu, alors que Law sortait de la salle de bain, une serviette longue autour des hanches, le corps encore luisant d'humidité. La porte ouverte derrière lui laissa s'échapper un nuage de vapeur chaude.
Je le fixai un instant, alors que les papillons revenaient, puis me détournai avec un début de gêne, marchant vers l'armoire d'un pas qui se voulait assuré pour me trouver de nouveaux vêtements. Surtout ne rien laisser paraître.
Je sentis son regard inquisiteur sur ma nuque alors que je sortais ce qui me passait sous la main du meuble.
- Tu prends n'importe quoi. Murmura alors Law juste au creux de mon oreille, me faisant sursauter. Laisse-moi faire.
So torse nu effleura mon dos. Il passa ses bras autour de moi et attrapa du premier coup un tee-shirt noir et un short blanc. Je cessai de respirer à partir du moment où sa peau nue et humide entra en contact avec mon dos en partie dégagé par les lambeaux du T-shirt.
Sentant son torse se soulever et s'abaisser avec lenteur, au rythme de sa respiration, mes joues s'enflammèrent de plus belle tandis que mon corps semblait réclamer...quelque chose. J'ignorai quoi, et une partie de moi me disait que je n'avais qu'à l'écouter pour le savoir. C'était si simple, juste laisser faire. Je n'avais qu'à me retourner et le regarder, le reste se ferait tout se-...
Je me dégageai brutalement de l'emprise de Law autour de moi, attrapant les vêtements qu'il tenait au passage, passai sous son bras droit et filai vers la salle de bain sans plus attendre.
- Aylan ! Me rappela Law.
Je ne répondis pas, trop concentrée sur les sensations qui s'agitaient en moi. Je fermai la porte, et, m'appuyant contre le chambranle, je restai là, haletante, tachant de retrouver mes esprits. La sensation de sa peau contre la mienne... Son torse brûlant contre mes omoplates. Son odeur qui avait envahi mon museau alors qu'il se penchait... J'avais très envie de retourner dans la chambre et approfondir mes impressions avec le corps de Law… mais de l'autre côté, mon instinct me disait que si je le faisais, je ne serais plus à même de me contrôler parfaitement. Pas encore.
Je frappai d'énervement le bord de l'évier et me fis mal aux jointures.
- Gsrsrsghhk…. Saloperie de tes grands morts.
A suivre…
