Dangers, Apparence et boule de poil
- Un roi des mers ? Demanda aussitôt Law, sur ses gardes malgré tout.
- Non, ça flotte. Sûrement un navire !
- A part les Marines, très peu de navires peuvent traverser cette partie de l'océan. Dit-il dans le denden mushi avec satisfaction. Jean Bart ! Préviens l'équipage ! Qu'ils se préparent, on va avoir de quoi s'amuser aujourd'hui.
- J'arrive ! Dis-je, ravie.
- Ne te paume pas ! Je ne viendrais pas te chercher.
Et il me raccrocha au museau. Je lui tirai la langue à travers la bestiole ressemblant à un escargot. J'enfilai rapidement les vêtements de rechange que j'avais pris l'habitude de laisser près du canapé -marre de me balader en pyjama dès que je devais faire un tour de garde- ainsi qu'une paire de couteaux de lancer. Je me tournai ensuite vers Kidd, qui s'était recouché très dignement sur le coussin.
- Mon vieux, j'apprécierais que, pour une fois, tu te montres très coopératif.
Il me regarda, confortablement installé, la tête penchée sur le côté. Déké ?
- Ça ne te dirait pas d'aller à la salle de contrôle ? Demandai-je avec mon plus beau sourire.
Il ne bougea pas d'un iota. Hé galère. Déjà, allez savoir s'il captait. Bon, essayons autre chose.
- Oh mon dieu Law va arriver dans deux secondes, vaudrait mieux se planquer dans la salle de contrôle ! Débitai-je en prenant ma tête dans mes mains avec un air horrifié.
Je ne sais pas s'il comprit, mais au moins il s'envola en catastrophe, coassant des couinements. Je le suivis dans l'escalier et les couloirs pendant deux/trois minutes, avant de reconnaître l'odeur de pain d'épices et beurre de Penguin. Toute fraîche. Parfait ! Je la suivis rapidement, le museau plissé.
L'odeur me mena droit vers la salle de contrôle, où tout l'équipage s'était réuni, soit une vingtaine de personnes. Penguin m'accueillit avec un grand sourire, Sachi avec un petit signe, et Bepo un grognement de bienvenue un peu nerveux. Law se trouvait au centre du cercle formé. Dès qu'il l'aperçut, Kidd vira de l'aile à toute vitesse et repartit aussi se percher au sommet d'une étagère.
Merci quand même ! Ricanai-je intérieurement.
- On va remonter dans quelques minutes, juste le temps de se rapprocher et de vérifier qui est notre visiteur exactement. Ordonnait Law. Akar, tu vas avec Sachi dans la salle des machines, Jean Bart, reste à la barre, préviens-moi si quoi que ce soit te paraît anormal. Penguin, Bepo et Kadj, vous restez ici. Toi aussi Aylan, si je te laisse filer on ne te retrouvera pas avant l'année prochaine.
Je grognai, vexée.
- Karro, tu prends tous les autres, et vous filez vers l'arrière de la salle des machines. Profitez-en pour voir si les réparations ont tenu le coup, c'est le moment ou jamais.
Tous obéirent au quart de tour. Bepo s'approcha de moi d'un pas nerveux.
- Tu n'aimes pas te battre ? Demandais-je avec curiosité en le dévisageant.
- Pas spécialement. J'y suis obligé. Me répondit-il avec un sourire plein de dents comme je les aime.
Je lui rendis son sourire, et enfouis mon museau dans sa fourrure si douce. Il frotta avec gentillesse le sien contre ma mâchoire. Ça faisait un bien fou de reprendre les gestes familiers ! Trafalgar me rappela cependant :
- Aylan, montre-moi un peu ce que tu as vu.
Accoudé de dos sur les panneaux de contrôle, il attendait la suite des événements. Tout excitée à l'idée de livrer un combat, j'étais ravie d'avoir mis des lames de réserve dans la vigie, et elles pendaient à une ceinture de cuir, enserrant un vieux bermuda rouge bordeaux de Law, et j'avais comme tee-shirt un large débardeur noir que m'avait donné Penguin, qu'une « amie » à lui avait oublié.
Il avait mis le terme entre guillemets. Je n'avais pas compris.
Au bout de trois minutes, nous eûmes confirmation que c'étaient bien des marines. Law lança la remontée du sous-marin, après avoir vérifié s'il ne risquait pas d'y avoir un amiral ou autre petit problème soucieux à bord.
Je me demandai qui étaient ces amirals, mais ce n'était apparemment pas le moment de poser des questions. Je sortis mes lames, les fis tournoyer dans mes mains, impatiente. La sensation d'oublier un morceau de mon estomac en bas m'envahit encore alors que le sous-marin s'élevait, mais j'étais trop enthousiaste pour y prêter attention. Tout le monde se prépara à sortir sur la grande plate-forme extérieure, armes en main pour la plupart, sauf Penguin, Sachi et Bepo, sans surprise les mains vides. Combat à mains nues pour eux.
- Pas de survivants vous tous compris ? Et on ne joue pas au héros, après c'est moi qui recouds. Nous menaça Law. Aylan, on va voir si ton entraînement a été utile en fin de compte.
Kss ! J'allais lui montrer moi. Je refis faire des pirouettes à mes lames, sans daigner le regarder, et il fit de même, son Nodachi sur l'épaule. On pouvait sentir la fébrilité des hommes, et l'odeur de leur excitation en vue du combat alourdissait l'air. Je ne savais pas que j'étais capable de sentir ça...m'étais-je améliorée ? Niark !
Les hommes exprimaient décidément beaucoup plus leurs sentiments par l'odeur que par l'expression. Enfin une caractéristique animale. M'enfin, ce n'était pas tout à fait vrai. Je pouvais en général comprendre Penguin même avec le museau plein d'eau de mer.
Me demande si un jour j'arriverai à sentir toutes les émotions...songeai-je, la tête penchée sur le côté. Je dis ensuite à Kidd de rester sagement là et ajoutai une poignée d'amande pour faire bonne mesure près de lui. J'en avais toujours sur moi comme casse-croute pour mes tours de garde. Law précisa que ce n'était pas du tout un problème s'il nous accompagnait, il ferait fuir n'importe qui, croyant qu'il avait la rage quand il glapirait ses inepties.
Je lui répliquais que Kidd était courageux et ajoutai très sérieusement que le perroquet lui avait déjà sauvé la vie et qu'il devrait être reconnaissant. Ah mais. L'équipage l'avait regardé avec des grands yeux. Il n'avait pas aimé.
Mon cœur cogna de plus grands coups dans ma poitrine au fil de secondes, ma respiration se faisait plus hachée. Ça me démangeait de manier mes lames entourées d'ennemis, de prouver que je méritais ma place dans la meute, que je n'étais pas une faible à chasser du territoire. Je m'étonnai même d'une telle frénésie. Enfin, le sous-marin creva la surface juste à côté du navire de guerre de la Marine, sous le jour qui commençait à poindre dans un ciel dégagé.
Immédiatement, tout l'équipage fonça dehors et bondit sans perdre une seconde sur le navire, suffisamment proche pour y accéder d'un saut. L'avantage du sous-marin et de l'effet de surprise. Je les imitai avec un temps de retard, sentant mon sang se mettre à bouillir alors que j'arrivai sur le pont.
Les marines avaient détecté de justesse la présence du sous-marin de Law, et se tenaient prêts à contre-attaquer. Des éclats de voix surgirent de partout à la fois et un violent combat débuta. Je me ruai dans la mêlé avec un cri ravi, tailladant les marines se présentant devant moi.
Ils étaient nombreux, très nombreux, mais beaucoup moins fort. Mon sourire s'élargit alors que je plantais mon couteau dans le ventre d'un soldat après avoir esquiver son sabre trop lent. Je tirai vers le haut et retirai la lame d'un coup sec, faisant gicler son sang sur le pont de bois clair. Je pris une seconde et regardai autour de moi. L'équipage était en sous-nombre, un désavantage que notre capitaine réduisait à toute vitesse…
Law créait ses grandes sphères bleutées et avait entamé un véritable massacre dans les rangs, un sourire très, très flippant. Je restai un instant figée en le voyant. Il était… beau quand il combattait. Une sorte de danse mortelle et souple. Et cette expression sur le visage... Je secouai la tête, me concentrant sur le combat. Partout les marines se faisaient massacrer, le pont résonnait des cris de douleur et de peur des soldats. Mais aucun ne reculait face à la sauvagerie et la force de frappe des Hearts, il fallait le reconnaître.
Je me jetai sur un nouveau détachement assailli par Akar et Belern, pirouettant avec aisance, tailladant les gorges, tranchants les mains, lacérant les visages. Un sabre m'atteint par derrière, m'entaillant l'épaule légèrement. Je me retournai en grognant de rage vers celui qui avait osé faire ça.
Apparemment c'était l'alpha du bateau. Son long sabre était joliment décoré avec une belle garde entourée d'un filin rouge et or. Grand, brun, des yeux clairs luisant d'une détermination quasi suicidaire, il se jeta sur moi en fendant l'air de son sabre. J'esquivai les premiers coups de justesse, puis me glissai avec agilité sous sa garde et le fis trébucher. Ma lame entailla son avant-bras en remontant et je me dégageai dans un saut périlleux arrière, esquivant encore son arme qui fendit l'air là où ma tête se trouvait un instant plus tôt. Rapide le Marine.
Il ne me laissa d'ailleurs pas le temps de m'éloigner plus, et plongea, son sabre en avant, en rugissant milles malédictions. Me forçant au calme, je laissai la lame s'approcher de moi, puis me décalai sèchement au dernier moment. Son élan l'emporta sur ma droite, et je relevai vivement ma main, le laissant s'empaler l'œil sur mon poignard. Un gargouillement plus qu'un cri s'échappa de ses lèvres.
Je dégageai ma lame couverte de sang, tout comme moi, et je repartis au combat, fière d'avoir tué mon premier gradé. Soudain, j'entendis un cri :
- Une fille dans l'équipage de Trafalgar Law !
Je relevai la tête. Sur le pont supérieur, plus petit, deux hommes se tenaient au bastingage sans se mêler au combat, des avis de recherches dans les mains pour l'un, un homme brun, et un appareil photo pour l'autre blond.
Bonne idée ! Il était temps que l'on sache que j'étais dans l'équipage de Law ! Je sautai agilement au-dessus de plusieurs combattants, puis, sectionnant une corde liée au bastingage, je m'y accrochai pour atterrir juste devant eux.
Une arme à feu surgit dans la main du premier que je m'empressai de lui ôter d'un violent coup de pied dans le poignet. Qui craqua sinistrement alors que l'homme couinait. J'attrapai le brun par le col, le ramenant avec brutalité vers moi. La terreur brillait dans ses yeux. Il fallait admettre que couverte de sang, une moitié de tatouage sur le cou, des mèches noires et blanches et des canines pointus, ça devait en jeter.
Je me surpris à apprécier cette terreur dans ses yeux. Wow, tu ne vas pas faire comme Law non plus ! me gourmandai-je. Je lui tranchai la gorge sans attendre et il s'effondra dans un gargouillement. Je me tournai alors vers l'autre, agenouillé au sol, et je lui crachai au visage :
- Écoute moi bien toi ! Je suis Aylan et maintenant je fais partie des Heart pirates ! T'as imprimé ?
Il glapit faiblement, terrorisé.
- Réponds !
- Vous...vous êtes Gold. D Aylan ?! s'étrangla-t-il.
- Mais qu'est ce que vous avez tous avec mon nom ! Ca te pose un problème ?!
- Ah non non ! Rien du tout ! Très, très joli nom, je vous jure !
Dégoûtée par son manque de courage, je le balançai dans la cabine derrière, défonçant joyeusement une nouvelle porte. Décidément, ça allait devenir une manie. Alors que je m'apprêtais à redescendre, mes yeux tombèrent sur la pille de photos et d'avis de recherche tachés de sang. Je marquai une pause, et la pris par curiosité. Une photo retint mon attention immédiatement. La photo d'une petite fille, couverte de sang, en pleurs, accroupit sur des dalles en pierre. Une petite fille aux yeux turquoises.
Alors que je fixai choquée mon moi plus jeune, une vague de colère crût en moi, et cette fois, je n'avais aucune envie de la refouler. Je l'acceptai même avec une euphorie malsaine. C'était leur faute si j'avais été si seule pendant autant d'année, je ne savais pas comment mais j'en avais l'intime conviction.
J'inspirai profondément. L'odeur puissante et métallique du sang emplie ma truffe à satiété et tellement brusquement que je me sentie perdre pied. La zone d'ombre, restée jusque-là inactive, sembla s'éveiller, et une voix s'éleva dans ma tête.
- Regarde...
Une voix sombre et douce, qui donnait des frissons, mais qui était si charmante. Elle me fit perdre le fil de mes pensées, et je me concentrai uniquement sur elle, tachant de rester sur mes gardes, mais avide de cette colère qui bouillait également en elle. Jamais la Bête ne m'avait parlé ainsi.
- Re… regarde quoi ? Dis-je intérieurement, butant sur mes mots sous le choc.
- Là-haut. Murmura la voix.
Je levai les yeux, et vis une grande ombre planer dans le ciel. Cela ressemblait à un rapace, mais jamais rapace n'avait été aussi grand, ni avec une aura aussi dangereuse. Ma vue disparut juste après et je couinai, me laissant dans le noir complet, sans aucun de mes sens.
- Qu'est ce que...
- Si tu veux savoir, il va falloir me laisser faire.
- Ah mais bien sûr, et oublies pas la sauce mayonnaise par-dessus la pile de cadavres cette fois ! Crachai-je hargneusement, la peur me rendant un semblant de contrôle. Pourquoi je te ferais confiance ?
- Si tu ne le fais pas, quelqu'un que tu aimes va mourir tu sais ? Je peux l'éviter...si tu me laisse faire.
L'étrange voix semblait rouler les « r » avec délicatesse, et donnait envie de l'écouter. Mais je secouai la tête.
- Qui va mourir ?
- Si je te le dis, me laisseras-tu faire ?
- Tu cherches continuellement à prendre le contrôle de moi-même. Ça ne va pas la tête !
- Et si je te promets de te rendre les rennes juste après l'avoir sauvé ? Susurra-t-elle.
Je bugai. C'était nouveau ça, en plus de savoir parler, ça négociait ?
- Tu ferais ça ? Répliquai-je, absolument pas convaincue.
- Je te promets de te laisser la place dès que j'aurais sauvé l'être cher à tes yeux.
Je ne connaissais pas le mensonge. Et quand bien même, j'avais le sentiment qu'elle était sincère. Mais je n'étais pas naïve pour autant.
- Pourquoi m'aides-tu ?
Un rire totalement inattendu et joyeusement glacial surgit.
- Ça ne fait pas partie du marché ça. Tu comprendras...plus tard tu sauras.
Je restai un instant à réfléchir, me mordant la lèvre.
- Tic tac tic tac...Il ne reste plus beaucoup de temps petite chose. Que décides-tu ?
Avais-je vraiment le choix ?
- Dis-moi qui va mourir, j'accepte. Finis-je par dire à contre cœur, mettant fin à l'échange.
- Il vaut mieux que je te montre ! Jubila-elle alors qu'un autre rire, victorieux cette fois, s'échappait de lèvres invisibles.
Ma vision et mes autres sens se rétablirent d'un coup, et je me redressai. J'étais couchée sur le pont supérieur, j'avais dû tomber pendant ma… conversation interne. Je tournai la tête vers le bas, où les combats faisaient encore rage, puis regardai en haut. Mes yeux s'adaptèrent brutalement et me permirent de voir un rapace de plus de quatre mètres de longs, aux serres aussi longues que mes avants-bras. Wow. Ça c'était du bestiot.
Il avait une marque sur le ventre, marqué au fer rouge...le sigle de la marine...depuis quand ils avaient ces monstres ? Je regardai l'immense oiseau plonger d'un coup sur le navire, les yeux fixés sur...Law.
- Non... Sifflai-je.
Trop concentré sur ses créations de sphères bleutées, il n'allait pas pouvoir esquiver vu la vitesse du rapace ! Alors que je cherchais désespérément un moyen de le prévenir, une brûlure familière envahit mon dos avec violence, et remonta ma colonne vertébrale à une vitesse hallucinante, bien trop rapide. Je compris sur le champ que mon acceptation m'avait conduit bien plus loin que ce que j'imaginais.
Je me laissai pourtant faire, fixant avec angoisse Trafalgar de mes yeux qui viraient au rouge sang. Je me cambrai brutalement en arrière sous la douleur, alors qu'un rugissement surpuissant sortait de ma gorge. Les combats s'arrêtèrent d'un coup, les yeux se levèrent.
Des torrents de souffrances m'envahissaient, je sentais mon corps se modifier de l'intérieur comme de l'extérieur, brisant les os, déformant les organes à toute vitesse...
Je hurlai.
Je tachais de ne pas lutter, de maîtriser mes réflexes durement acquis pour contenir la Bête. La panique m'étouffait alors que la douleur augmentait. Je serrai inutilement les dents. Un nouveau cri m'échappa. Mes os semblaient s'enflammer. Mes muscles fondre. Ma peau se déchirer. Une souffrance comme que je n'en avais jamais connu me transperçait le corps, me tordant de douleur sur le pont supérieur sans rien voir d'autre autour de moi.
Je sentis l'os de ma mâchoire s'allonger, mes lèvres s'ouvrirent de force pour laisser passer des crocs. L'articulation de mes épaules se déformait pour forcer mes bras à revenir sous mon corps. Une douleur me perçât le coccyx. Mes ongles grandirent brusquement et mes jambes prirent un angle étrange.
Tout cela se passait à une vitesse hallucinante, alors que j'avais l'impression de la transformation durait des heures. Tout mon corps s'engourdissait sous la douleur. Je perdis complètement pied.
POV Law :
S'amusant à semer la panique dans les rangs, Law sectionnait les organes de l'un pour les mélanger avec d'autres, ou torturait gentiment deux ou trois soldats qui avaient eu le malheur de se retrouver là.
Il gardait un œil sur Aylan, pour voir ses progrès, et était satisfait. Elle pirouettait entre ses ennemis avec aisance. Il se concentra sur ses bulles, reprenant un travail qui était sa passion. Les hurlements des marines résonnaient tout autour. Ça il connaissait. Mais il ne s'attendait pas, mais alors pas du tout, à entendre le rugissement puissant d'un fauve sur ce pont.
Si puissant que tous les combats cessèrent. Les deux camps se regardèrent quelques secondes avec hébétude, semblant se demander : C'est à vous ça ?
Law leva les yeux vers le haut du navire, et aperçut Aylan, à genoux sur le sol, le dos tordu par la souffrance, la bouche grande ouverte sur ses canines...qui étaient trois fois plus longues qu'avant. Un brusque frisson le parcourut et ses yeux s'écarquillèrent d'un millimètre. Un nouveau cri s'échappa des lèvres de la pirate, de pur souffrance cette fois. La Bête reprenait le contrôle ? Après avoir été si sage pendant tout ce temps ?
Fronçant les sourcils, Law se glissa rapidement entre les hommes vers le ponton supérieur quand soudain, un bruit de déchirure ré-attira son attention sur sa nakama.
Relevant les yeux, il...ne vit Aylan nul part.
A la place se dressait un superbe félin blanc presque aussi grand que lui, avec une large musculature puissante, un pelage épais, une longue queue souple se balançant derrière elle. Il se pétrifia devant cette vision. Ce gigantesque animal, ici...comment ?!
Le blanc de son épaisse fourrure semblait être un blanc os, presque poussiéreux. Law nota que cette panthère était en fait un tigre à dents de sabres, avec ses longues canines dépassant de ses babines, ses oreilles plus rondes, sa musculature imposante, très développée au niveau des épaules et des cuisses, l'angle de ses pattes arrières plus prononcé, sa longue queue plus épaisse.
Aucun doute. Sauf que cette bête n'avait vécu que sur une seule île qui se trouvait, il y a longtemps, dans le Shin Sekai d'après des légendes.
Mais il n'eut pas le temps d'y réfléchir plus. Une grande ombre l'enveloppa brusquement et Law fléchit les genoux en levant les yeux. Pris de court par l'apparition de l'animal, il ne parvint pas à esquiver entièrement l'attaque du deuxième animal improbable de ce bateau qui le prit totalement au dépourvu. Les serres vinrent entailler profondément son épaule droite dans un éclair de douleur, là où elles auraient dû toucher la gorge.
Se redressant prestement après une roulade de côté, Trafalgar sut qu'il n'aurait pas le temps d'esquiver la deuxième patte, trop proche de lui. Une masse le percuta alors avec violence par derrière, se prenant le coup de serres sur le dos à sa place, et l'éjecta devant avec une force prodigieuse. Law roula de nouveau au sol plusieurs fois avec violence et resta sonné quelques secondes. Ses oreilles tintaient et sa vision vacillait. Il dût rassembler ses forces, avant de parvenir à se redressa péniblement dans un grognement guttural.
Le médecin releva la tête et sa vision s'éclaircit finalement sur une scène surnaturelle. Un violent combat avait pris place sur le pont entre les deux créatures aux forces incroyables. Les plumes et les poils volaient en tous sens dans un sanglant mélange de pattes et d'ailes. Les cris perçants à vous vriller le cerveau de l'oiseau ne le rendaient en rage et force que devant les rugissements du félin.
Mais c'était quoi ce bordel ? D'où sortaient ces créatures gigantesques ? De nouvelles expériences de la Marine ? Si oui, pourquoi se battaient-ils, et par l'enfer pourquoi le tigre lui avait-il sauvé la vie ?
Alors que les deux équipages s'empressaient de céder la place aux deux lutteurs, quelques hommes de son équipage se précipitèrent vers lui pour le relever. Sans se soucier d'eux, Trafalgar Law réfléchit très vite, tentant de remettre les pièces du puzzle en place. Aylan avait peut-être un fruit de type zoan. Mais elle ne lui en avait jamais parlé, et avait pu attaquer la plante dans la jungle sans se faire pomper son énergie. Solution éliminée.
Soit ce n'était pas Aylan mais une autre expérience de la Marine. Là, il n'en avait rien à foutre hormis le détail assez gênant qu'elle lui avait évité de se faire trouer la peau sans raison apparente.
Soit c'était Aylan, et là, c'était un chouillat plus contrariant.
POV Aylan :
Le noir. Je ne voyais absolument rien. La douleur quittait peu à peu mes membres et je soupirai de soulagement. J'étais où au juste ?
- Laisses moi voir ! Tempêtai-je dans le noir de ma tête.
- Tu en es sûre ? ronronna une voix, pleine de jubilation excitée.
- T'es sourde ou quoi ! Et n'oublie pas notre promesse ! Grondai-je, tentant de maîtriser ma peur.
- Et bien, regarde dans ce cas !
Ma vision s'éclaircit soudainement...dans un nuage de plumes marrons.
- Bon sang ! C'est quoi ça ?!
Je m'aperçus que, même si je pouvais voir, c'était uniquement par les yeux de la Bête, et que je ne pouvais absolument pas intervenir, même en paroles. Ma voix résonnait dans l'esprit de la Chose. Le sentiment d'impuissance me frappa violemment, et la colère monta en moi.
- Tu as intérêt à te souvenir de notre accord ! Hurlai-je à la Bête.
- Mets-la en veilleuse deux secondes, vermine. Je suis occupée !
La joie dans la voix de la bête me fit grimacer, et j'espérais ne pas avoir fait une grosse, très grosse boulette. Soudain, je remarquai une chose étrange. Je pouvais ressentir mon corps. Et j'avais une question très bizarre à poser.
Depuis quand j'avais une queue ?
Là j'avais du mal à saisir. C'était quoi ce corps ? La Bête colla un puissant coup de patte dans la tête du rapace, lacérant de ses longues griffes – griffes ? - recourbées l'arrière de son crâne et esquiva les serres tendues vers elle par une pirouette en arrière.
Retombant sur ses quatre pattes – Quatre pattes ?- Elle repartit à l'attaque à une vitesse effarante et mit fin au combat en plantant ses longs crocs dans la gorge de l'oiseau, tranchant l'artère. Il agonisa dans un croassement, et le goût du sang envahit ma bouche, bien plus fort que sous ma forme humaine. Pattes...dents...queue...crocs...j'étais devenue une panthère gigantesque.
Wow wow wow ! C'est quoi ce délire ?!
- Qu'est ce que tu as fais ?! Glapis-je, paniquée.
- J'ai simplement repris ma forme véritable. Et maintenant, tu m'excuseras, j'ai des proies dont je dois m'occuper. Répliqua-t-elle d'une voix distraite.
- Non ! NON ! tu as promis sale chat galeux !
Elle m'ignora et courut avec souplesse droit sur Law, soutenu par Akar, qui avait les yeux cernés fixés sur moi. Est ce qu'il savait au moins que c'était moi ?! La peur m'envahit, commençant à me faire paniquer à mesure que chaque foulée me rapprochait, la rapprochait, de mon alpha. Je rugis, hystérique.
- Ne.. Ne t'avise même pas de le toucher saloperie !
POV Law :
Il se sentit pâlir alors que le combat brutal entre les deux monstres touchait à sa fin et que le tigre tournait ses yeux vers lui. Des yeux sanglants peuplés de meurtres et de torture. Il ne restait plus que quelques marines sur le pont, rapidement éliminé par son équipage, qui avait retrouvé ses esprits après que leur capitaine ait manqué de se faire décapiter.
Un frémissement sembla agiter l'air et Law se crispa.
Le félin bondit alors vers lui à une vitesse incroyable. Il ne l'évita que de justesse, par un roulé-boulé sur la gauche et Akar bondit dans l'autre direction pour tenter de la prendre à revers. Mais quand il se releva, elle était déjà sur lui et le plaqua au sol, les pattes sur ses épaules, vidant l'air de ses poumons. Elle était très lourde et d'une puissance impressionnante. Il ne pouvait plus bouger, son Nodachi serré dans sa main, inutile. Par tous les démons…
- CAPITAINE !
Deux hommes pointèrent l'étrange animal de leur arbalète/fusil, et la Bête gronda.
- STOP ! Restez où vous êtes ! Ne bougez pas ! Hurla Law.
Ils se figèrent. Le Chirurgien de la Mort aperçut du coin de l'œil Akar juste derrière la queue voletante de l'animal, les yeux écarquillés et meurtriers, prêt à se jeter dans un combat perdu d'avance. Le tigre planta le bout de ses griffes dans ses épaules, faisant couler le sang sur le pont. Ils se fixèrent, tachant de faire ployer l'autre par la force du regard. Le sang de l'oiseau dégoulina de la gueule de l'animal, et goutta sur le visage du jeune capitaine qui plissa les yeux.
Mais alors que le félin dévoilait ses longs crocs, il se figea. Ses yeux cillèrent, comme étonnés. Un frémissement sembla le parcourir. Son pelage blanc os vira peu à peu à un noir complet. Ses yeux se fermèrent lentement. Puis il s'écroula...sur Law.
-Haghff... !
Le jeune homme souffla brutalement quand l'air fut expulsé une deuxième fois de sa poitrine. Ses hommes accoururent en criant et le dégagèrent de la créature. Soulevant péniblement le lourd animal, ils le roulèrent sur le côté avec l'aide de Jean Bart qui les avait rejoints, et Akar saisit le bras du rookie pour le tirer un peu plus loin.
Law se redressa dans une grimace, engourdi. Il avait de la chance de n'avoir aucune côte cassée. Essuyant la sueur qui coulait de son front et le sang épais et puant qui avait goutté sur ses joues, le capitaine contempla les deux énormes animaux étendus en face de lui.
- C'est quoi capitaine ? Murmura Penguin à ses côtés. Comment ça peut exister une bête pareille ?
- Aucune idée. Répondit-il après une inspiration plus stable.
Soudain, la question qu'il redoutait résonna dans l'air immobile chargé de l'effluve du sang.
- Où est Aylan ?
POV Aylan :
- Arrête ! Arrête ça tout de suite ! Je vais te dépecer morceau de peau par morceau de peau ! T'arracher les yeux et les remplacer par un tison ardent ! Arrête !
Je ruai intérieurement pour reprendre les rennes et l'empêcher de blesser Law. Elle riait de mes efforts inutiles, mais je continuais à chercher. Soudain, alors que je cédais réellement à la panique, elle murmura, rieuse :
- J'ai promis, je tiens ma parole... tu ne vas pas être déçue petite chose !
Et sa voix disparut de ma tête.
Elle me rendit le contrôle sur un dernier rire dégoulinant de cruauté et de douceur mêlées. Juste avant qu'elle ne plonge ses crocs dans la nuque de Law.
Je perdis la vue et mes autres sens dans un vertige tourbillonnant et noir. Je dû batailler pour reprendre le contrôle de mon corps pendant je ne sais combien de temps. Enfin, je me sentis revenir à moi-même avec un soulagement inégalé. Je papillonnai doucement des yeux, soufflai un peu par le museau, toujours étendue sur le pont.
J'allais tuer cette pourriture de Bête. La peur alourdissait encore mes membres, et un frémissement m'agita, alors que je tentais de bouger. L'équipage recula de deux pas tandis que je me redressais très péniblement sur mes mains, les jambes toujours à terre.
- Tout va bien ? Lançai-je à la cantonade d'une voix rauque.
Pas de réponses, mais ils se mirent sur la défensive. Je me relevai totalement, en alerte, sentant la tension peser sur le navire.
- Hé ho. Qu'est ce qui ne va pas ?
Je regardais derrière mon épaule. Rien. C'était bien moi qu'ils fixaient. C'était quoi leur problème ? Ils me regardaient comme si j'allais les bouffer d'une seconde à l'autre. Mes oreilles fonctionnaient bizarrement, je ne reconnaissais pas ma voix, mais je n'y fis pas attention, pensant que je m'étais pris un coup sur la tête par ce stupide rapace.
Soudain, un des hommes lança brusquement un couteau vers moi. Un grognement m'échappa alors que je me plaquai au sol pour esquiver la lame. Il alla se planter dans le bastingage derrière moi avec un bruit mat.
- Hé vous êtes malades ! rugis-je avec colère.
- Attendez !
Law avait levé un bras. Il me fixai avec gravité. Il s'approcha doucement, et tendit une main prudente vers moi. Non mais il croyait quoi ? Que j'allais la renifl-...
Mais c'est ce que je faisais en plus !
Qu'est ce qu'il m'arrivait ? Je ne réussis pas à m'empêcher d'effleurer de ma truffe le bout de ses doigts, et son odeur, surpuissante me fit frissonner.
Je rampai quelque peu vers lui, incertaine.
- Aylan ? Murmura-t-il alors, coupant mes réflexions. C'est toi ?
Je le regardais sans comprendre. C'était étrange, sa voix me paraissait rude, difficile à comprendre. Je n'en percevais que l'essentiel, et j'avais surtout compris qu'il ne me reconnaissait pas. Je plissais les yeux, commençant à comprendre. Certaine de le regretter, je me forçai à un œil à mon corps. Oh m-... je trébuchai sur mes pattes et retombai aussi sec par terre dans un mouvement de panique. J'étais toujours sous forme de félin ! Pas étonnant qu'ils m'aient attaqué. Un profond soupire de désespoir sortit de ma gueule sous forme de feulement rauque.
Law recula précipitamment devant mes gesticulations affolées et mes nakamas se crispèrent sur leurs armes.
Holà ! Il fallait que je fasse très attention à mes réactions sous cette forme, et maîtriser en priorité la panique qui s'en donnait à cœur joie, hérissant les poils de ma colonne vertébrale. Je m'efforçai de me contrôler, de détendre mes oreilles plaquées en arrière sur mon crane, les redressant en signe d'amitié. Puis je pliai mes pattes avant et rampai doucement vers mon alpha en poussant de petits gémissements plaintifs : « Très gentil minou que je suis ! Oh oui, moi très gentil petit minou, pas faire de mal ! »
Il me regarda faire avant de se tourner vers Bepo...Bepo. Bien sûr ! Lui me comprendrait !
- Bepo ! Appela-t-il. Tu comprends ce qu'il dit ?
L'ours s'approcha et s'accroupit avec méfiance près de son capitaine. Je levai vers lui mes yeux.
- Ses yeux ! S'exclama-t-il. Ils sont...
- Turquoises, oui. C'est bien pour ça que je pense que c'est elle.
Des cris de surprise s'élevèrent. Bepo se concentra sur moi.
- C'est moi ! Tentai-je de dire. Moi ! C'est Aylan !
Ma voix animale semblait hachée, très grossière dans son rythme, et j'avais du mal à articuler avec ces crocs. L'équipage eut un mouvement de recul.
- Je ne comprends pas. Parle plus doucement. Dit Bepo en langage animale, et sa voix me parut chantante, bien plus facile à saisir.
Je fis une deuxième tentative. Ratée.
- Bepo ? Demanda Law.
- Je ne sais pas bien. Reprit le second, hésitant. Cet animal ne connaît pas le langage des bêtes. Il le parle très mal, personne n'a dû lui apprendre, ce n'est que l'instinct qui le fait parler ainsi.
Je comprenais mieux maintenant. Pourquoi il fallait que je ne connaisse pas ce langage ! La Bête n'aurait pas pu me léguer le manuel avec ce corps ? Non non, il fallait qu'elle emmerde tout le monde jusqu'au bout tient.
- Tu en conclu ? Continua le capitaine avec curiosité.
Même pas un brin inquiet ou soucieux pour moi celui-là. Je soufflai avec irritation aussi doucement que possible, mais cela sortit tout de même comme un râle.
- Soit c'est Aylan, ce qui expliquerait qu'elle ne connaisse pas le langage animal, soit c'est un animal très bizarre qui a vécu isolé toute sa vie.
- Mais lui, il te comprend ?
- On va essayer.
Il reprit la langue des bêtes comme il l'appelait. J'écoutais attentivement.
- Lève-toi s'il te plaît. Demanda Bepo.
J'obtempérais immédiatement, si vite que Akar et quelques autres saisirent à nouveau leurs armes. Tant pis. Il fallait qu'ils comprennent que c'était moi.
- Je crois qu'il me comprend. Déclara Bepo en langue humaine. Bouge l'oreille si c'est oui. Reprit-il pour moi. Es-tu Aylan ?
J'agitai énergiquement l'oreille droite. Bepo fixa son capitaine.
- C'est bien elle. Déclara-t-il gravement.
Trafalgar eut l'air… soulagé étrangement.
- Mais comment est-ce possible ?! S'écria Penguin, affolé. Elle n'a pas mangé de fruit du démon ! Si ?
- C'est la Bête. Dit calmement Law. Il n'y a pas d'autre explications. Demande-lui si elle peut reprendre forme humaine.
Sa question jeta un froid dans les rangs. L'ours se tourna vers moi, hésitant maintenant qu'il savait que c'était moi, ne sachant pas trop comment aborder la situation. Je me recouchai plus lentement, attendant la suite des événements en étant le plus calme possible. Ne pas paniquer, ne pas paniquer, ne pas…
- Peut être qu'elle nous comprend aussi, capitaine. Essaya Penguin.
Il s'approcha de moi, le premier qui osait si près. Il s'accroupit devant ma tête, et avança une main hésitante.
- Je peux... ?
Je soufflai en signe d'assentiment, puis le voyant toujours immobile, j'appuyais de moi-même ma tête contre sa paume. Ravi, il se tourna vers Law.
- Elle me comprend ! Regardez !
Il me cajola derrière l'oreille. C'était très agréable ces grattouilles. Je voulus lui donner un petit coup de tête, mais j'y mis tellement de force que je le jetai par terre. Navrée devant son air douloureux alors qu'il frottait son épaule, je posai ma tête sur le sol avec un feulement désolé.
- Elle s'excuse. Traduisit Bepo.
- Tu la comprend maintenant ? S'étonna Penguin en se tournant vers lui.
- Désolé...j'ai compris l'essentiel...
Penguin revint vers moi et me sourit.
- C'est pas grave Aylan.
- Peux-tu reprendre forme humaine ? Demanda alors de nouveau Law avec calme.
Je me relevai et me tournai vers lui, en tachant de faire des mouvements plus lents. Je ne maîtrisais pas la force de ce corps. Il me regardait avec gravité. Je fermai les yeux, et fouillai en moi.
Rien. Je ne savais même pas ce que je devais chercher, la Bête ou un indice qu'elle aurait laissé... La Bête avait dit que je comprendrais pourquoi elle m'aidait. C'était ce qu'elle voulait dire ? Qu'il n'y avait aucun moyen pour moi de redevenir humaine ?
Je me concentrai plus fort, essayant sous différent angles de recherche dans mon esprit. Mais rien à faire, le noir complet. Je me lassai très vite du sujet d'ailleurs, beaucoup trop vite à mon goût. Et je commençais à avoir une furieuse envie de viande crue. Le félin allait-il… grignoter mon côté humain au fil des jours ? Je repoussai vivement la question bien trop stressante pour le moment. Je rouvris les yeux et secouai la queue, sachant instinctivement que cela signifiait non.
- Non. Traduisit Bepo, elle ne sait pas.
- Bon, très bien, inutile de paniquer. Soupira Law. La seule chose que l'on peut faire, c'est aller trouver sur Grand Line cet homme que tu cherchais Aylan. On verra bien, peut être aura-t-il une solution si le problème n'est toujours pas réglé d'ici là.
Je soufflai en signe d'acquiescement. Law se leva avec quelques difficultés, la main sur sa blessure à l'épaule, puis, après avoir observé l'oiseau – l'avait l'air très intéressé d'ailleurs-, il me regarda longuement, songeur. J'agitai nerveusement ma queue, assise non loin de lui.
Après une hésitation, il revint vers moi. S'approcha. S'accroupit. Et tendit la main vers ma tête, lentement en me fixant droit dans les yeux. Je lui rendis son regard un long moment, et le courant qui était passé entre nous au début de notre relation sembla se ressouder et un imperceptible sourire sembla relever la commissure de la bouche de Law. J'appuyai mon front fermement contre la paume du Chirurgien de la Mort. Une étincelle dansa au fond de ses yeux orageux.
Il frotta plus fort ma fourrure. Un bruit sourd me taquina soudain les tympans, que j'ignorai.
- Aylan ? Dit Law avec un soudain sourire.
Je répondis par un mouvement d'oreille, concentrée sur ses caresses.
- Tu sais que tu ronronnes ? Termina-t-il en éclatant finalement de rire.
A suivre...
Voilà ! Et c'est partie pour une Aylan en mode minou minou ! Un morceau de fromage ?
( J'aime pas le fromage !)
Avec fromage !
( Sans fromage !)
Bon, avec ou sans fromage ?
( Tout bien réfléchis...fais-moi une salade de pomme de terre.)
